Municipales : quelle rampe de lancement pour la présidentielle ? | Les débats de Débatdoc
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Les 15 et 22 mars dernier se sont donc déroulé les élections municipales et être maire s'avère tout sauf un long fleuve tranquille, en particulier dans les villes de moins de 9000 habitants qui constituent pourtant 96 % des communes françaises comme en témoignait à l'instant ce documentaire réalisé par Laurent Luto. l'occasion pour nous maintenant avec nos invités dans ce débat de se demander pour qui ces élections municipales ont constitué une bonne rampe de lancement pour la présidentielle. Bris Sokol est avec nous.
Bienvenue à vous. Euh vous êtes politologue, auteur avec Frédéric Dabre L'écharpes et les tempêtes face aux mafiance inattendue. C'est un ouvrage qu'on peut se procurer aux éditions euh de l'eau.
Astrid de Villen est également avec nous. Euh bienvenue à vous Astrid de Villène. Vous êtes journaliste sur France Culture où vous présentez notamment l'esprit public.
émission de référence, il en a un d'ailleurs hein chez nos confrères de France Culture et auteur de ce livre Les sept péchés capitaux de la gauche. C'est un ouvrage lui disponible aux éditions euh Jean-Claude Latémèvre est avec nous. Bienvenue à vous Rémy Le Fèvre.
Vous êtes enseignant, chercheur, professeur de sciences politiques à l'université de Lille et auteur de Faut-il désespéré euh de la gauche. Un ouvrage toujours d'actualité semble-t-il. On va sans doute en parler d'ailleurs euh sur ce plateau, il est publié aux éditions textuelles.
On va commencer avec vous Rémy Le Fœuvre avec un constat s'il en est un qui a capitalisé et très vite sur ses municipales, c'est Édouard Philippe parce qu'il a été réélu assez largement d'ailleurs au Havre et tout de suite après effectivement il s'est lancé dans cette campagne présidentielle. C'est le premier finalement avoir capitalisé très fortement sur une réélection à l'occasion de ces municipales dans une ville importante, le Havre, dans une ville plutôt de gauche. Donc c'était pas facile de d'être élu même s'il a un bon bilan.
Euh alors moi je capitalisais effectivement c'est une rampe de lancement pour lui mais c'est pas ça qui va faire son élection. C'est-à-dire que alors Édouard Philippe, il a une image quand même de d'un de premier ministre ancré dans le local dans une ville de gauche populaire industrielle. Voilà, donc il y a un côté proximité sur lequel il va jouer.
Euh c'est clair que s'il avait perdu au Havre, c'était fini pour lui. Euh après, est-ce que ça lui donne vraiment une valeur ajoutée considérable dans l'élection présidentielle d'avoir été lieu au Havre ? C'est pas sûr en fait.
Mais en tout cas, ça lui a permis de de donner une d'être déjà d'être présidentiable, de confirmer sa présidentialité et ensuite effectivement de lancer sa sa précampagne, sa candidature. Hm. Alors euh lancement peut-être de ce qui est la candidature du bloc central, h c'est peut-être la la figure qui sort le plus aujourd'hui de ce fameux bloc central.
On pourrait rajouter Gabriel Atal qui lui aussi n'a pas tardé d'ailleurs à officialiser sa candidature. Après évidemment Édouard Philippe. Euh on pourrait peut-être y mettre aussi Bruno Rotaillot he après tout dans ce bloc central qui lui représente les LR et qui s'est fait désigner par sa formation politique comme étant le le candidat de des Républicains à l'occasion de ses présidentielles.
Qu'est-ce qu'on peut dire de l'implantation locale telle qu'elle est sortie de ces élections municipales et de ces trois candidats déjà en liste pour cette présidentielle à l'intérieur de ce bloc central au sens large ? On va dire ce qui est intéressant c'est que par rapport aux dernières élections municipales, le bloc central finalement s'inscrit sur le plan territorial. Il gagne des villes comme Bordeaux, il gagne des villes comme comme Ansy, mais ça ne raconte pas un récit national.
Euh on voit bien que ces élections municipales euh on a retrouvé un peu le clivage droite gauche. Alors il y a eu beaucoup de turnovers malgré tout, notamment dans les villes moyennes où on voit euh la droite et le Parti socialiste qui reste quand même très ancré dans les territoires, notamment notamment. Alors ce qui est intéressant c'est que lorsqu'on fait l'analyse un peu des résultats, c'est qu'on sait pas très bien.
Il y a ceux qui sont LR, il y a ceux qui sont d'hivers droite, il y a ceux qui sont proche d'Édouard Philippe mais qui sont au centre et à la fois à droite. Donc c'est très difficile d'avoir une photographie. j'allais dire très dicotomique droite et gauche de ces élections municipales.
Néanmoins, on voit bien que dans notamment dans la villes moyennes ou dans les petite ville de moins de 20000 habitants, on on ressent on retrouve ce clivage droite gauche et c'est un peu le paradoxe, c'est-à-dire que on a des élections municipales où les partis traditionnels sont encore présents, sont inscrits dans nos territoires. Alors qu'à l'échelle nationale, si on regarde le Parti socialiste, si on regarde les Républicains, ce sont des partis qui se sont depuis 10 ans considérablement affaiblis. Et l'air, c'est 1267 ma 8,7 millions de voix et à la sortie de ces élections sont la première implantation locale et l'air avec ce paradoxe effectivement c'est sur le plan national, il y a un vrai décalage leader des LR aujourd'hui absolument il y a un vrai décalage et n'a pas cette force.
C'est pour ça que tirer des conclusions comme ça immédiates des élections municipales, les projeter sur les élections présidentielles, je pense que c'est ça ne suffit pas. Je pense qu'il y a d'autres éléments, on en parlera. Il y a la sociologie des territoires.
Moi, je crois beaucoup à la sociologie des territoires, mais on en parlera dans l'analyse et puis il y a les récits. Voilà. Et aujourd'hui les deux récits depuis 2020 22 que l'on voit apparaître à l'échelle nationale, c'est le récit évidemment de la France insoumise et c'est le récit du Rassemblement national entre cette nouvelle France et puis ce que d'autres qualifient cette France plutôt territoriale ou cette France éternelle.
On va revenir sur le cas du du Rassemblement national et de la gauche et principalement d'éfie. Euh néanmoins, on s'interrogeait beaucoup sur cette implantation locale de ce qu'on a appelé le macronisme. Alors c'était la République en marche, aujourd'hui c'est horizon plus Renaissance. et peut-être plus le euh cette implantation locale du macronisme euh elle ne s'est pas franchement effectué en réalité quand on regarde les chiffres.
Si non, c'est vrai mais en même temps c'est un parti jeune entre guillemets qui a qui n'a que 10 ans. C'est vrai que ça n'a pas été sa priorité de s'implanter dans les territoires, mais je trouve quand même que cette élection municipale n'est pas si ratée. On s'attendait quand même à pire, je trouve.
La victoire de Bordeaux est quand même symbolique avec Thomas Caznav. Ansy, vous en avez parlé et puis même quelques communes un petit peu plus dans des zones un petit peu plus rurales. On voit bien quand quand vous parliez du bloc central qui est en train de se déchirer en vue de cette présidentielle que Gabriel Atal lui capitalise aussi sur des maires amis en Occitanie où il a fait son lancement de de campagne de campagne, sa déclaration de candidature, ce qui est pas vraiment ce qui était pas gagné pour un parti qu'on disait quand même assez urbain voir mondialisé.
Voyez Gabriel Attait plus cette image quand même de jeune global plus que avec un ancrage local. Donc il joue là-dessus. Là où je mettrais quand même une mesure, c'est je trouve qu'Edouard Philippe en FF a une très belle victoire au Havre qui était pas gagné hein.
En tout cas les sondages ne était pas aussi enthousiaste au début face notamment un candidat communiste he vous l'avez souligné tout à l'heure cand gauche qui faisait communiste et et avec évidemment sur place une volonté de se payer le le président. Donc il a vraiment bien géré ce second tour et pour autant je trouve qu'il s'effondre un peu d'un point de vue de la stratégie derrière. C'est-à-dire que moi, j'aurais enclenché la mécanique, j'aurais vraiment profité de cette rampe de lancement.
Je trouve qu'il y a eu un flottement un peu qu'on a pu sentir dans ces équipes. Là, il y a un meeting qui va arriver le 5 juillet, mais on sent que lui, c'est ce qui est difficile pour lui, c'est la gestion du temps. H vous voulez rajouter quelque chose ?
Oui. Ce qui est très frappant quand même globalement, si on si on a un paysage global, c'est qu'en gros, on a les parties du vieux monde politique LRPS qui continue à être ultra hégémonique localement, hein. C'est quand même très très impressionnant.
Et puis on a les trois euh partis plus récents, donc Renaissance, le RN et les filles qui en fait sont des nain politique sur le plan local. Faut faut être clair. Renaissance c'est 100 ma c'est 70 mafis c'est 10 maires à l'échelle de 35000 communes.
Donc on est dans une vie politique quand même très étonnante. Pendant très très longtemps, souvenez-vous hein, municipal de 2008 ou 2014, il y avait le PSLR qui se partageait tous les pouvoirs et en gros quand le PS était au aux manettes nationale, il prenait une raclée aux élections municipales et quand c'était quand c'était la droite, c'était l'inverse. On n plus du tout sur ce schéma là.
Et du coup, les relations entre locales et nationales sont quand même sacrément sacrément bousculées. Ce qui ne veut pas dire que pour ces partis politiques euh émergent, c'est pas très important de jouer la carte du local parce que Horizon est un parti malgré tout d'élus locaux. Renaissance avait besoin de de mettre des d'accrocher des victoires.
On a vu qu'elle fi a fortement investi les élections municipales et le RN pareil. le RN, bon voilà a beaucoup joué aussi euh l'image de l'implantation dans les territoires. Donc euh les relations entre locales et nationales sont à la fois changeante mais en même temps avec des fondamentaux qui est la proximité, le local, ça reste important pour les partis politiques.
Alors ce qui va compter par nature dans cette élection présidentielle, c'est l'incarnation politique. On va revenir à Lfi. Les filles n'avaient jamais autant investi sur une élection municipale que celle que nous avons vécu avec les résultats que nous connaissons, autrement dit quelques villes de gagner et puis très bons scores du côté urbain des grandes villes notamment et puis un Jean-Luc Mélenchon qui lui aussi prend ce leadership sur sur la gauche depuis ces élections municipales.
C'était calculé. C'est assez justifié de voir Jean-Luc Mélangeon essayer de capitaliser sur ce qu'on été à la fois les résultats et à l'occasion de ces municipales de sa formation et l'investissement mis par cette formation, c'était du jamais vu sur les municipales du côté desfi. Jamais, on vous a absolument raison, c'est du jamais vu.
C'est la première fois qu'on assiste à une territorialisation desfis. Mais Jean-Luc Mélenchon l'a toujours dit. C'est-à-dire que il a il a perdu la qualification au second tour de l'élection présidentielle la dernière fois à peu près 450 500000 voix.
Donc il a dit je vais aller chercher ce qu'il appelle lui cette Nouvelle-Fance notamment dans les quartiers populaires dans les dans les métropoles. Je vais aller chercher de nouveaux électeurs. C'est ce qu'il a fait.
C'est ce qu'il a fait aux européennes et c'est ce qu'ils ont fait déjà pardon législative de de 2022 aux européennes aux législatives de 2024 qui s'est concrétisé dans certains territoires au municipal. Pour ça que moi je parle de Quand vous dites territoire, ça c'est surtout concrétisé dans les grandes villes. C'est pour ça que je parle de certaines grandes villes et certaines grandes villes.
C'est pour ça que je parle de territorialisation. Et si vous voulez, ce qui est intéressant, c'est que moi je pense que il faut plus qu'on fasse uniquement une analyse politique du vote, il faut qu'on fasse une analyse sociologique du vote. Bourdieu disait vous savez, il y a le capital économique, il y a le capital culturel.
Et bien aujourd'hui, moi dans les études que je fais, il y a ce qu'on appelle le capital résidentiel. C'estàd que quand vous regardez les résultats notamment desfis, vous le regardez à la Cour Neuve, vous le regardez à Roubé, vous le regardez à Saint-Denis, en fait il ce sont des territoires bien sûr, ce sont des territoires qui ont des caractéristiques particulières. Ce sont territoires où toute pauvreté est le plus élevée.
Ouais. Ce sont les territoires quand je parle du capital résidentiel où le nombre de de personnes qui vivent en HLM est le plus élevé et c'est le nombre de territoires où vous avez le plus grand nombre de HLM. C'est le nombre de territoires où la jeunesse est surreée par rapport à la population de ces territoires.
Donc vous voyez bien que LFI s'implante là où vous avez des caractéristiques sociologiques très particulières. Ouais. avec quand même un plafond de verre pour LFI dans les grandes villes, pas toutes mais prenons Toulouse qui a quand même été le cas emblématique de ces élections.
François Picmal n'y arrive pas n'arrive pas à l'emporter et on a vu je crois dans les analyses post second tour que c'est le RN aussi qui est allé faire barrage à LFI qui s'est surmobilisé par rapport à d'habitude pour élire réélire Jean-Luc Moud. Il y a eu le cas de Limoge aussi, Union de la gauche qui pensait pouvoir l'emporter dans une ville historiquement à gauche qui l'a laissé à la droite. Euh mais il y a l'inverse, il y a Nant.
Euh Nant avec cette union de du Parti socialiste et d'FI qui a été très critiquée hein de la part de la ME euh sur place et qui l'emporte quand même donc sans doute avec le soutien de LFI. Donc attention aussi je trouve à ne pas faire trop de prédictions. C'est-à-dire que c'est pas un scrutin local.
On dit souvent c'est 35000 élections. C'est pas ça qui va forcément donner le résultat de l'élection présidentielle. Pour moi, ce sont des signaux faibles, ce sont des symboles, c'est évidemment un signal et il y a beaucoup de choses qui se concrétisent dans les 3 mois là qui se sont passés, mais ça ne fera pas tout.
Est-ce qu'à votre avis, on on a là le résultat d'une véritable stratégie mise en place par le leader de LFI. Je mise beaucoup sur ces municipales et derrière je vais pouvoir capitaliser sur un segment euh bien ciblé, bien défini. Euh est-ce qu'on peut traduire les choses comme ça ou d'abord si on reprend, il y a eu deux élections municipales pour LFI 2020-26 Mélenchon n'avait pas le choix, il ne pouvait pas enjamber les élections municipales parce qu'il y avait les élections présidentielles et il a été chirurgical c'est-à-dire qu'il s'est dit je vais euh cibler en fait ma stratégie sur les grandes villes, les villes avec des banlieux avec des populations issu d'immigration.
C'est très clair. Il y a pas eu il y a eu que 500 candidats LFI euh sur 35000 hein. Donc il a pas euh LFI a pas la capacité à euh elle a pas le maillage territorial pour présenter beaucoup de candidats.
Par contre clairement, ils ont visé ils ont visé les villes où il pouvaient pouvaient gagner Roubé Saint-Ni qui et ça ça a marché puisqu'ils ont gagné 100000 habitants, 150000 habitants et puis ensuite les grandes villes. les grandes villes Toulouse, Montpellier, Marseille, Lyon où ils ont fait des scores importants même s'ils n'ont pas converti ces scores en partant tout seul très souvent dès le premier tour très clairement avec avec une stratégie aussi très clairement d'affirmation par rapport à au vert par rapport au socialistes. Donc moi ce que je trouve assez fabuleux dans la séquence municipale pour Mélenchon, c'est que au fond il a gagné neuf villes et il est apparu comme il a réussi en fait à donner l'impression qu'il avait fait une percée aux élections municipales. alors qu'il a que neuf villes et puis effectivement il y a Bagayoko qui est le maire de Saint-Denis qui est devenu un an à l'issue de ses élections municipales un emblème de de LFI et qui est très très valorisé et c'est pas un hasard si Jean-Luc Mélenchon organise son premier meeting son premier meeting euh de de électoral à Saint-Ni avec les images spectaculaires de du haut de la basilique les 26000 personnes.
Donc donc il y a il y a très clairement une stratégie de de communication de Mélenchon qui a été très habile et et ce premier meeting c'était le le 7 juin dernier. Vous l'avez dit à à San qui est intéressant c'est que depuis 2022 et lesf semble avoir gagné si vous voulez le combat idéologique à gauche. Premier tour des élections municipales.
Le Parti socialiste quand on regarde premier tour en nombre de voix je crois que c'est 7 millions 6 ou 7 millions et les fill c'est 650000 et pourtant le récit le récit c'est LI a remporté le premier tour des élections municipales et le second c'est-à-dire que en politique parfois et souvent la symbolique et le récit est plus fort que la réalité électorale. Et c'est le cas et c'est le cas aujourd'hui, c'est LFI préampte. La gauche, on l'a vu lors des élections législatives de 2022, on l'a vu en 2024, le Parti socialiste est contraint à l'époque de faire alliance avec les filles.
Ça nous amène à parler de la gauche, on va dire non mélanchonniste, hein, s'il faudrait bien classifier un temps soit peu les choses. Alors, alors on y met évidemment les écologistes et le PS dont on qui reste un parti pivot he localement le PS et les écologistes. Rien que le fait, rien que le fait de s'appeler la gauche non mélanchonniste, ça veut bien dire ce que vous étiez en train de nous dire.
C'est-à-dire qu'il se positionne contre quelqu'un au lieu de se positionner en propre. Euh, elle est difficile à lire cette gauche non mélanchonniste parce que par exemple les écologistes, je trouve qu'il y a eu aussi beaucoup de résultats en trompe l'œil dans cette élection. Les écologistes qui perdent quand même des villes symboliques, he Poitier, Strasbourg, Bordeaux et pourtant qui gagnent quand même à Lyon.
Euh c'était pas simple face à Jean-Michel Holas avec une alliance avec Alfi. Et là où je trouve qu'il y a aussi un autre enseignement euh important de cette élection, c'est moi ce que j'observe depuis longtemps et qui me désespère, le clivage Paris-Pince et notamment le clivage platotter les Parisiens. Ce qui se passe vraiment dans le dans le pays.
Et vous vous souvenez quand même de la mort de Quentin de Rang, que cette France insoumise, les dérapages, il y a eu énormément de critiques et souvent à juste titre et c'est pas pour ça que la France insoumise s'effondre. Je je vous rejoins. Je pense que la France insoumise, elle capitalise sur c'est pas que de la communication, c'est-à-dire que c'est aussi du symbole très fort.
Bali bagayoko, c'est un maire qui c'est un personnage politique qui a émergé. Euh c'est quelqu'un qui est élu au premier tour. Donc en effet en chiffre c'est pas beaucoup mais ce qui compte souvent dans le récit c'est la nouveauté, c'est les symboles, c'est là où ça se passe.
C'est vrai que les autres parties sont tellement anciens que bon qui conservve des villes moyennes, ça ne surprend personne. En revanche, j'ajoute quand même une nuance aussi qui qui permet pas de lire ce scrutin, c'est ce que Gill Finkelstein appelle la vague sous-marine. C'est-à-dire toutes ces villes de moins de 9000 habitants qui vous le disiez en introduction constituent le gros en fait des troupes. 96 % des communes françaises.
Et oui, on l'oublie. Voyez encore une fois sur les plateaux télé dans le débat national, on parle beaucoup des grandes villes et en effet grand succès pour la gauche non mélanchonniste. Marseille, Paris, Lyon, on le disait mais en revanche enfin ils sont ils étaient en alliance avec Mélenchon, mais en tout cas c'est un écologiste qui l'emporte.
Mais c'est c'est que 15 % de la population française les grandes métropoles. Donc ça, il faut jamais l'oublier. Et dans ces 9000 dans ces villes de moins de 9000 habitants, beaucoup de mères sont sans étiquettes.
Alors attention, les sans étiquettes, qu'est-ce qu'ils votent ? Qu'est-ce qu'ils vont voter ces élus sans étiquettes au sénatorial ? Peut-être Ren, c'est déjà arrivé. alors même qu'ils ne sont pas avec une une étiquette à reenf et ils n'ont pas l'étiquette LFI les sans étiquettes.
Donc ça ça va être très très intéressant de de scruter ça puisque on ne sait pas en fait ce qui se cache derrière ces sens étiquettes. Alors qu'est-ce qui manque à cette gauche non mélanchonniste pour traduire ce leadership local au même titre que le LR on l'a dit hein dans cette émission sur le plan national. C'est une incarnation justement.
C'est un leader, un leadership qui n'existe pas au moment où nous nous parlons. Beaucoup de choses. Il manque déjà euh un leadership hein euh un leadership et effectivement euh ce qui domine là c'est la multiplication des candidatures.
Il y a un côté un peu burlesque hein. Euh euh et puis c'est aussi une régulation de logique de boutique en fait et d'individualité qui se qui se qui se démultiplie hein. C'estd qu'en fait on a l'impression en fait que chaque beaucoup de gens jouent leur partition.
François Ruffin, Marine Tondelier, le Parti socialiste n'arrive pas à maîtriser euh le jeu de concurrence en interne, hein. Et et donc l'image que donne cette gauche, c'est celle de la fragmentation. Et du coup, quand vous êtes fragmenté, quand quand le bruit médiatique qu'on entend, c'est que celui de la division, c'est très difficile de défendre des idées qui existent.
C'est important le le PS a a posé un projet qui est intéressant travaillé par Chloé. Boris Vallot lance la démarchandisation. Il y a des choses intéressantes en fait ça passe pas le mur du son parce que le bruit qu'on entend qui est assourdissant c'est effectivement les les les déclarations intempestives et puis l'incapacité de la gauche à opposer un récit, une incarnation, un discours à cette espèce de de de machine très très rodée et très très carré, je reprends les termes de Mélenchon, de la France insoumise.
Voilà. Donc franchement c'est très étonnant cette ces élections municipales ont été plutôt très bonnes pour la gauche non mélanchonniste, mais en fait elle ne converti pas en fait cette implantation en un une posture nationale crédible évidemment pardon un manque d'incarnation évidemment et puis on voit bien que tous les les thèmes les thèmes que que portés par la gauche depuis des années aujourd'hui sont présentés par Jean-Luc Mélenchon. Vous prenez le conflit israélo-palestinienou c'est Jean-Luc Mélenchon qui l'a présenté.
Vous prenez la lutte anti anticapitaliste, la lutte contre la marchandisation, même si Boris Valot a fait un travail intéressant. Voilà, c'est pour une majorité des lecteurs de gauche, notamment les jeunes aujourd'hui, celui qui représente l'alternative, parce qu'on va rentrer dans une élection présidentielle, ça on l'a peut-être pas assez souligné, pour moi de d'alternative et de radicalité. Et donc qui incarne cette radicalité, cette alternative, c'est pas le Parti socialiste pour les gens de gauche aujourd'hui, c'est et lesfi.
Et d'ailleurs, je pense quand même qu' on pourrait très bien se dire qu'il y a une place aussi pour la non radicalité parce qu'il y a aussi un centre qui espère une non radicalité. Mais c'est vrai quand on voit le la liste de tous ces personnages qui incarnent la gauche non mélanchoniste, on se dit que ce serait de très bons ministres de gauche, mais qu'il leur manque en fait leur chef, leur leader. Le rassemblement national, on va finir par ça, l'extrême droite peut-être d'une manière plus générale au regard de ces de ces élections avec un point l'interrogation majeure évidemment hein, ça sera le 7 juillet prochain, le résultat d'un d'un procès en appel, hein, c'est l'affaire des des parlementaires européens, appelons-la comme ça.
On va savoir si Marine Le Pen sera inéligible ou pas à nouveau à l'issue de ce ce jugement en appel ou si et si ça sera elle ou Jordan Bardella qui sera candidat à la à la fonction suprême. Néanmoins à l'assunale position de force pour RN confirmation progression'estce implantation notabilisation profonde. Il y a sur le sur le papier 70 villes, donc c'est pas énorme, mais quand on regarde les scores importants dans même dans les grandes villes, Marseille, un très très gros score qui s'attendait à un RN aussi élevé à Marseille et puis globalement les conseils le RN rentre dans les conseils municipaux, rentre dans les intercommunalités, ça c'est aussi important, s'implant très fortement dans certains territoires.
Moi je viens du nord de la France, le bassin minier, c'est 15 villes détenues aujourd'hui par le RN. C'est-à-dire que globalement à terme, c'est des sénateurs euh des conseillers départementaux, peut-être des départements et euh des structures, enfin des des une structuration territoriale. On a eu quand même euh plus de 30 députés RN qui se sont présentés qui du coup s'implantent, euh se notabilisent, banalisent en fait les idées d'extrême droite.
Donc voilà, le RN opération pour eux. Alors euh l'implantation continue, l'implantation continue euh et effectivement il ils maillent le territoire euh et donc il leur dynamique euh continue. L'implantation continue bien évidemment hein, vous l'avez souligné après sur des sur des beaucoup sur des logiques locales.
Moi j'ai j'ai regardé vous avez beaucoup de maires qui ont été élus qui étaient parlementaires et lorsqu'on discute avec un certain nombre de de gens du rassemblement national disent mais c'est dommage par exemple je prends l'exemple de Nî que le député n'est pas voulu y aller assez tôt. Voilà. Donc donc on voit bien que l'influence aussi des législatives quand quand une circonscription est prise par le Rassemblement national derrière vous avez des chances que des communes basculent sur cette circonscription.
On l'a vu lors de ces élections municipales. Mais ce qui est intéressant c'est que quand on regarde les résultats du restant le monde national pas de 2020 mais de 2014 en fait c'est à peu près 15 % à l'échelle nationale. Aujourd'hui c'est 18,5 %.
Ça veut dire qu'ils sont encore à l'échelle locale un score très inférieur aux intentions de vote d'une majorité de Français à l'échelle nationale. Et puis des endroit où le front euh le front républicain comme on l'appelait jadis en tout cas on l'a appelé comme cela en en 2024 a fonctionné a fonctionné et dans des villes importantes. regarder Toulon, regarder Marseille, le RN, on sentait bien un an de l'élection présidentielle aurait aimé avoir au moins une de ses grandes villes à mettre en étendard et on voit qu'il y a quand même un plafond de verre avec, je suis d'accord quand même, de nouvelles implantations importantes et une progression incontestable.
Liin en effet dans le nord mais on pourrait parler aussi de la flèche dans la Sartte des territoires où le RN n'avait pas forcément l'habitude de l'emporter mais quand même des vous l'avez dit NIM plafond de verre aussi parce que attention il il capitalisait souvent le RN sur de toute façon quoi qu'il arrive avec une étiquette Ren vous êtes élu et bien on voit que pas forcément on voit que les incarnations personnelles pour un maire ça compte à NIM ils ont mis le maire d'à côté c'était pas forcément très habile. Et à l'inverse, le candidat de la gauche, c'était un prof d'histoire géo assez charismatique. Donc ça joue aussi à Nice Eric Siotti.
On l'a beaucoup interprété comme une victoire du Rennen. Attention moi qui vient de cette ville, je pense qu'avec n'importe quelle étiquette peut-être qu'ECoti l'aurait emporté. Ça valide tout de même sa stratégie mais il y a vraiment des considérations, des personnages locals, des personnalités parfois une usure du pouvoir.
Donc encore une fois attention aux lectures nationales de scrutin très locaux. La question du elle va se poser. L'avenir du RN cette présidentielle, vous la voyez comment ?
Selon si c'est Marine Le Pen qui qui se présente ou ou si c'est Jordan Bardella ? Il y a un problème de il peut y avoir un problème de leadership ou pas ? On a vu ces dernières semaines que sur les retraites, il y a très clairement des divergences, que sur la stratégie, il y a des divergences, hein.
Très clairement, Jordane Bardala est de plus en plus sur une stratégie libérale de droite, d'union avec la droite, tandis que Marine Le Pen est plutôt sur un ni droite ni gauche. Voilà. Est-ce que en fonction du candidat c'est cette polyphonie va tenir ?
C'est les mois qui vont le dire dans les mois. Quelqu'un veut rajouter quelques très court hein. Oui, c'est c'est l'enjeu de ces prochaines élections présidentielles.
Voilà, c'estd que vous avez les deux grands récits de droite, d'extrême droite et d'extrême gauche. Alors, le challenge, c'est que est-ce que le centre, les centres vont être capables aujourd'hui de présenter au français un nouveau récit ? Bon, je vous acquester et que donne et que donne la fameuse tripolarisation dans une élection à deux tours avec des législatives derrière qui sont loin d'être acquis pour le vainqueur ou la gagnante ?
Ça sera le mot de la fin à Street de Viden. Merci beaucoup vraiment à tous les trois d'avoir participé à ce débatoc aujourd'hui après ce ce très beau reportage hein sur sur les maires de France et notamment les maires des petites communes euh qui étaient très bien illustré hein dans dans ce film et la problématique auquelle sont confrontés ces femmes et ces hommes qui dirigent ses mairies dans nos villages français. Vos réactions ça sera sur hashtag des débadoc.
Euh merci aussi à euh Emeric Colagier euh et bien sûr euh féliciter Gavalda qui m'ont aidé comme à l'accoutumé à préparer cette émission et je vous donne rendez-vous pour un prochain débadoc. Ça sera bien entendu avec son documentaire et son débat. À très bientôt.
Édouard Philippe