Macron lâché par Philippe et Attal : la panique avant 2027
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Questions et réponses
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- 0:49OuverteRéponse partielle
Qui va défendre le bilan d'Emmanuel Macron ?
- 2:08OuverteRéponse directe
Que penses-tu de l'embellissement du bilan de Macron ?
- 4:09OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui t'a le plus déçu dans la pratique du pouvoir ?
- 11:20FerméeÉludée
Êtes-vous candidat à l'élection présidentielle ?
- 13:27OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il reste de la place pour Xavier Bertrand ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:53InvitéFait
« Emmanuel Macron a fait, ou essayé de faire, tout ce qu'il avait dit avant son élection. »
- 2:00InvitéFait
« On aura fait un certain nombre de réformes qu'on disait impossibles. »
- 2:31InvitéFait
« Le bilan en matière de mesures à la fois fortes et symboliques est très, très pauvres, clairement. »
- 4:09InvitéFait
« Je pense que là où j'ai été le plus déçu, c'est sur la pratique du pouvoir. »
- 7:20InvitéChiffre
« En dix ans, les arrêts maladie ont augmenté de 30%, 8,8 millions d'arrêts prescrits en 2025, et ça coûte cher, 17 milliards d'euros par an à l'assurance maladie. »
- 7:43InvitéFait
« Ce que veut faire Édouard Philippe, c'est mettre tout le monde à égalité, dans le public comme dans le privé, deux jours de carence effectifs. »
- 16:31InvitéFait
« Il faut augmenter le SMIC. »
Temps de parole
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Bonjour tout le monde, ravi de vous retrouver sur Le Média TV. Bienvenue pour un nouvel épisode des Indiscrets, votre rendez-vous hebdomadaire politique avec Niels Vilke. Tous les vendredis, il nous offre les indiscrétions du monde politique, les petits secrets des plus grands. Et avouons-le, on adore ça. Au sommaire de cette émission, on va parler du bilan Macron et qui va devoir l'assumer dans l'arène publique. Et on reviendra sur les journées d'été du MEDEF à Roland-Garros, où l'on a pu voir le premier débat présidentiel pour 2027. C'est parti pour les Indiscrets. Bonjour Niels, comment ça va ? Salut Amine, salut à toutes et à tous.
Bon, la première question, c'est vrai qu'elle va nous tenir pendant toute la campagne. Qui va défendre le bilan d'Emmanuel Macron ? Une question, à force, c'est de constater que ça ne se bouscule pas au portillon à huit mois de la fin du mandat de l'actuel président. Alors, ce sont ses anciens collaborateurs qui s'y collent, rien de moins qu'Alexis Collère, dimanche dernier, l'ancien secrétaire général de l'Elysée, surnommé le vice-président ou encore le vice-président, ou encore le cerveau bis, en raison de sa proximité avec le chef de l'État, défend péniblement le bilan d'Emmanuel Macron dans la tribune dimanche.
Enfin, quand je dis qu'il défend le bilan du président, il faut surtout comprendre qu'il défend, en réalité, son bilan à lui. Il a été nommé le secrétaire général, je le disais, dès l'élection de Macron en mai 2017. Il a été son bras droit, le plus puissant de l'Elysée, jamais nommé sous la Ve République. C'est lui qui a filtré l'ensemble des dossiers politiques, économiques, sociaux qui arrivaient sur le bureau présidentiel. Il est très largement l'auteur de la politique souhaitée par Emmanuel Macron et évidemment de son programme en 2016. Il est à la fois auteur, finalement, et légataire de ce bilan. Alors, voilà ce qu'a déclaré notamment Alexis Collère à la tribune dimanche.
Emmanuel Macron a fait, ou essayé de faire, tout ce qu'il avait dit avant son élection. On aura fait un certain nombre de réformes qu'on disait impossibles. Les ordonnances travail, la réforme fiscale, celle de la SNCF et du statut de cheminot.
On a déverrouillé quelque chose et démontré qu'avec beaucoup d'énergie, on pouvait avancer.
Et t'as posé la question à un conseiller politique d'Emmanuel Macron, justement. Et oui, on le connaît bien, Jean-Bernard Gallo Renucci, qui intervient souvent dans l'émission et sur le média. Alors, il a travaillé plus exactement avec la droite, avec Macron, avant de devenir l'un de ses contenteurs les plus critiques. Et je lui ai demandé, effectivement, de réagir à cet embellissement du bilan de l'actuel président. Écoutez.
Le bilan en matière de mesures à la fois fortes et symboliques est très, très pauvres, clairement. D'accord ? J'ai été voté sous les deux mandats, confirmé ou un peu transformé lors du second. Je pense en compte aux lois EGALIM sur lesquelles elle est arrivée à donner. Voilà. Alors, en réalité, Emmanuel Macron est bien seul pour défendre ses réalisations
à l'heure du dernier compte à rebours de sa présidence. Alors, il y a bien Sébastien Lecornu ou encore Sabrina Grestirou-Bach qui tente d'en faire l'éloge. Enfin, honnêtement, qui les écoute encore, ses secondes couteaux. Le bilan de Macron est aussi devenu un boulet pour ses successeurs potentiels qui sont sur les rangs. Et notamment, Édouard Philippe et Gabriel Attal, deux anciens premiers ministres, qui ont appliqué activement et sans état d'âme le programme macroniste, avec bien souvent une grande brutalité. Rappelez-vous des violences policières pendant les Gilets jaunes. Et voici ce que déclare notamment Gabriel Attal. C'était dans Society, c'était à la mi-juin.
Je pense que là où j'ai été le plus déçu, c'est sur la pratique du pouvoir. Il y avait l'idée, en 2017, que globalement, un énorme mouvement de transformation du pays se mettrait en place et auquel tout le monde pourrait participer. Qu'on soit syndicaliste, associatif, élu local. On se dit que tout le monde pourra participer
et qu'on va changer la manière de faire de la politique. Au final, ça a été assez classique, vertical, voire brutal parfois.
Et ça ne plaît pas beaucoup à Macron, justement, le fait que ses héritiers ne veulent pas le défendre. Oui, évidemment. Il est piqué au vif. Alors, il a profité d'un événement funeste pour rappeler à Attal et Édouard Philippe ce qu'il lui devait. Mercredi dernier, on a vu les macronistes de la première heure se rendre en ombre au funérail du sénateur François Patria, mort le 19 août des suites d'un grave accident de vélo. Deux jours auparavant, il avait été retrouvé inanimé sur une route de Pouilly, en Auxoix, en Côte d'Or, son fief, avant d'être hospitalisé. Alors était présent l'arrière-band de la Macronie.
François Bayrou, Bruno Le Maire, Jean-Michel Blanquer, Le Cornu, évidemment, en tant que représentant chef du gouvernement et représentant du gouvernement, mais aussi Richard Ferrand, Alexis Collère, Julien Denormandie, ou encore le commissaire européen Stéphane Séjourné, qui est aussi le compagnon de Gabriel Attal. Et donc, le président a transformé ses funérailles en un moment de politique. Écoutez-le.
Et oui, dans des temps où beaucoup pensent que l'inventeur vaut mieux que d'assumer bravement. Il assumait bravement. Là où beaucoup pensent que l'esprit de défaite a déjà gagné, lui, il se battait. C'est ça, Fonfon. Et c'est ce que vous avez connu, chacune et chacun, dans le combat politique national, local, et dans toutes les missions qu'il a exercées.
Bon, on voit très bien que Macron considère ces critiques comme des trahisons, finalement. Oui, exactement. Et puis, surtout, le manque de courage de ces deux candidats à la succession, Attal et Édouard Philippe. Mais ça montre aussi, finalement, l'effarement du bloc central et de la droite face au raz-de-marée de la France insoumise et surtout du RN. La victoire de l'un des deux, quel qu'il soit, sans mettre, bien sûr, sur le même plan LFI et le fascisme, signifierait la fin du rêve de la start-up nation, de la mondialisation rêvée ou encore du dépassement des clivages, tout ce que le macronisme prétendait incarner.
Sauf qu'à ce jour, LFI et le RN possèdent tout ce qui fait défaut au bloc central, un codida bien identifié, un programme clair, même si c'est plus clair du côté de la France insoumise que du RN, notamment sur le plan économique et les retraites, et surtout, une base de fidèles. Alors, il faut bien avouer que le RN est devenu, hélas, le premier parti à l'Assemblée nationale et qu'il caracole en tête des sondages, aidé, il est vrai, par les médias dominants. Pendant ce temps, Attal et Philippe se disputent les restes du macronisme. Alors, le premier a multiplié les déplacements sur le terrain cet été.
On en parlait il y a deux semaines pour faire parler de lui, avec notamment des propositions racistes en harcelant les gens du voyage. Et le second, Édouard Philippe, promet du sang et de la sueur aux travailleurs. Voilà, notamment, ce pan de son programme.
En dix ans, les arrêts maladie ont augmenté de 30%, 8,8 millions d'arrêts prescrits en 2025, et ça coûte cher, 17 milliards d'euros par an à l'assurance maladie, une part majoritaire croissante des dépenses totales de la Sécurité sociale. Voilà pourquoi Édouard Philippe parle de dérives préoccupantes, aussi bien pour les comptes publics que pour l'activité des entreprises et des administrations. Ce que veut faire Édouard Philippe, c'est mettre tout le monde à égalité, dans le public comme dans le privé, deux jours de carence effectifs.
La journée de carence d'ordre public, c'est un jour de congé maladie non indemnisé, c'est-à-dire que l'employeur a l'interdiction de compenser et de rembourser le salarié par un régime complémentaire. Le but, c'est évidemment de limiter les arrêts. On hésite plus à en demander un quand on n'est pas payé, forcément.
Édouard Philippe, qui semblait justement bien placé au début de cette campagne face au RN, mais qui s'écroule un peu ces dernières salariés. Oui, au point que certains se demandent si M. Horizon ne va pas finir comme un autre Édouard à droite. Regardez.
Je vous demande de vous arrêter. Je vous demande de vous arrêter.
Voilà, alors évidemment, du côté d'Horizon, on m'explique que c'est plutôt le camp Attal qui essaye de couler Édouard Philippe. Bon, c'est de bonne guerre. Alors, le problème de toutes ces petites stratégies, c'est qu'il n'est pas sûr que ça permette au bloc central de sortir de ce bourbier dans lequel il s'est engoncé. Édouard Philippe et Gabriel Attal semblent être enfermés dans leurs costumes de mauvais gestionnaires. Ils sont largement responsables d'un système en faillite qu'ils ont alimenté. Comme le rappelle Jean-Bernard Gaillot Renucci. Écoutez.
À eux deux, ils représentent quasiment 5 ans. Or, quand bien même, ils n'ont pas été anciens entre aux 27 ou aux rivières de sang.
Ce qu'on a réussi à avoir effectivement lors du débat organisé par le MEDEF entre les 7 candidats à la présidentielle, ou en tout cas ceux qui étaient invités, on a appris dans l'entourage de Yael Brun-Pivet la confidence d'une proche de la présidente de l'Assemblée nationale qui est persuadée qu'il y a un candidat qui va finir par émerger dans le bloc central et à droite et qu'effectivement, les macronistes vont finir par s'unir derrière ce candidat. Voilà. Alors, on ne sait pas trop si Yael Brun-Pivet va avoir raison ou pas. Elle n'avait pas vu venir la dissolution, mais enfin, pourquoi pas ? Alors, le salut pourrait aussi venir d'un candidat de dernière minute.
On a vu Xavier Bertrand faire son grand retour. L'ancien ministre de Chirac et Sarkozy s'est déclaré candidat lors de l'université de rentrée du MEDEF ce jeudi. Donc, écoutez, Xavier Bertrand, c'est très court.
Êtes-vous candidat
à l'élection présidentielle ? Je le saurais. Vous le saurez. Voilà. Et on a appris que le président de la région des Hauts-de-France a dîné avec Claude Chirac, donc la fille de l'ancien président dans la demeure familiale du château de Biti cet été pour se relancer. Alors, il a une qualité quand même, Xavier Bertrand. Il n'a jamais été premier ministre d'Emmanuel Macron comme Édouard Philippe et Gabriel Attal. Et il pourrait aussi incarner une alternative à Jean Castex dont Macron pousse discrètement la candidature. On l'a appris depuis un certain temps car Castex a été le directeur de cabinet à deux reprises effectivement de Xavier Bertrand.
On l'a un petit peu oublié et c'est Jean-Bernard Gaillot Renucci qui me l'a rappelé.
Il n'a jamais été le premier ministre d'Emmanuel Macron. Finalement, Édouard Philippe n'a jamais été.
Mais Xavier Bertrand va faire face à une grosse concurrence au centre et à droite. Est-ce qu'il lui reste de la place ? Oui, il n'est pas tout seul. Et puis hier, en parlant justement de l'université d'été du MEDEF, je peux te dire que les autres candidats et les entourages de candidats se sont chargés de se moquer et de railler cette candidature. Pour le moment, le bloc central et la droite semblent surtout condamnés à faire campagne avec un mauvais casting et de mauvaises recettes. En parlant de la rentrée du MEDEF, le Média y était hier et vous l'a fait vivre sur Instagram et dans un reportage qui devrait sortir bientôt.
Et oui, dis donc, c'est toi qui étais sur place et qui t'es fadé effectivement des heures entières. Tout ça sous une pluie battante et je peux comprendre. Pourtant, François Hollande n'était pas présent. C'était quelque chose. Il y avait sept candidats à la présidentielle qui avaient été invités par le MEDEF. On a appris notamment cette semaine que Fabien Roussel, lui, n'était pas sur la liste des grands candidats. Il a dû se contenter d'un petit débat, d'un mini micro débat avec David Linard à côté, entre guillemets, des adultes. les adultes faire parler des grands sujets, des sujets sérieux.
Mais bon, en tout cas, ils se sont tous retrouvés à Roland-Garros sur le cours Philippe Chartrier qui a été transformé pour l'occasion en annexe du MEDEF. Regardez ça.
On va remettre IFOP fiducial pour LCI Le Figaro et sous de radio. Marine Tondelier est arrivée. C'est elle, Marine Le Pen, qui est gagnante dans tous les cas de figure. On rappelle qu'ils se connaissent bien. Ils ont déjà disputé ensemble trois présidentielles. Ils les ont perdues. Marine Le Pen, avec un avantage quand même, elle a été qualifiée deux fois déjà au second tour par Jean-Luc Mélenchon qui a toujours été quatrième ou cinquième en bas du podium, comme on dit.
On a notamment pu observer des apartés entre Marine Tondelier et Jean-Luc Mélenchon. La patronne des Verts a même tenté de rattraper le patron de LFI qui a failli se gaufrer avant le débat. Peut-être a-t-il une fourberie des patrons qui s'est connue faire trébucher LFI plus sérieusement ? Mélenchon, comme les autres, devait répondre à des questions de chefs d'entreprise sur des thèmes très orientés et un peu obligatoires. Réduction de la fiscalité des entreprises, de la dette ou encore la réindustrialisation de la France. Ce n'était pas hyper original. Il faut quand même dire que le MEDEF a été malin en faisant miroiter une communication tournée vers l'extérieur.
Il s'agit d'abord d'une grande opération d'ouverture à la société civile avec l'exaltation évidemment des valeurs patronales, travail, réussite individuelle, etc. Alors, on veut nous faire oublier évidemment que le MEDEF a reçu 270 milliards d'euros de cadeaux sous François Hollande et Emmanuel Macron. Et désormais, le MEDEF veut faire croire qu'il se soucie de l'intérêt général et réussir évidemment à rassembler les principaux candidats à la présidentielle. C'est un peu la réussite ultime pour un lobby. Le moment le plus représentatif de ces rencontres, on en parlait ensemble Amine, moi j'ai trouvé celui-là.
Regardez la réaction de tous ces patrons quand Mélenchon évoque une augmentation du SMIC. Il faut augmenter le SMIC.
Il faut augmenter le SMIC. Si vous n'augmentez pas les salaires, vous ne rigolerez pas longtemps parce que vous aurez la récession. Et dans ce pays, les salaires et la consommation populaire, la consommation populaire, c'est 55% du PIB. Alors vous rirez jaune si vous ne partagez pas davantage.
Voilà, ça donne un peu la tonalité du débat public sur le salaire et les conditions de travail en France. Bon, en attendant, le MEDEF peut se targuer d'avoir réussi à s'imposer comme l'organisateur du premier débat à la présidentielle qu'à l'époque. Et ce sont ces images qui ont été diffusées hier sur LCI et sur BFM. La chaîne LCI qui appartient, comme on le sait, à la famille Bouygues a décroché l'exclusivité du débat il y a quelques mois en toute discrétion. Évidemment, ce qui n'a pas plu à la concurrence.
Alors, j'ai posé la question à un proche de Gabriel Attal pour essayer un petit peu de comprendre si c'était le MEDEF qui avait convoqué les candidats ou si c'était plutôt les politiques qui y trouvaient leur compte à ce type de rencontre. Voilà ce qu'ils m'expliquent. Les politiques sont demandeurs du débat avec le MEDEF car les caméras sont là. C'est le premier grand débat de la présidentielle retransmis en direct. Pour gagner une élection nationale, il faut à la fois séduire les territoires mais aussi les instances patronales et notamment à Paris. Il y a une forme d'adoubement. C'est un consensus qui s'établit à un moment donné et autour d'une personne.
Et puis, il y a la place prépondérante donnée au RN et à la droite. Amine, tu vas nous en parler. On a appris hier par un off de politico que Marine Le Pen avait demandé et obtenu une loge pour elle seule alors que les autres candidats devaient se contenter d'une pièce commune. Alors ça, évidemment, c'est pour l'anecdote. Mais toi, tu étais sur place, Amine, et tu as pu observer ce tapis rouge qui est déroulé à Marine Le Pen.
Oui, on était sur place avec mon collègue André Manivit et c'était assez frappant parce qu'à son arrivée, déjà, elle est accueillie un peu comme une superstar avec tous les journalistes qui l'attendaient mais aussi des adhérents du Medef ou des gens qui étaient là, des sympathisants qui prenaient des photos de loin, qui s'essayaient de s'approcher pour lui demander une photo. Il y avait vraiment une ambiance pour avoir fait l'entrée de tous les candidats. Il y avait peut-être une euphorie de ce type-là que pour Édouard Philippe et Jean-Luc Mélenchon mais sinon, il n'y avait pas autant d'appréciation de la part des personnes qui étaient sur place.
D'ailleurs, c'est quelque chose qu'on a pu remarquer en parlant aux gens, en faisant nos micro-trottoirs, c'est le discours du RN est un peu devenu complètement normalisé. On entend des mots sur l'immigration, sur les étrangers, quelque chose qu'on pouvait ne pas imaginer dans cette droite un peu start-up nation, un peu créatrice d'entreprises qui comptent beaucoup quand même sur l'immigration comme pour le travail. Mais aussi, il y avait ce que tout le monde a pu voir à l'écran, c'est les standing ovation pour Marine Le Pen, les applaudissements. Il n'y avait pas beaucoup d'hésitation de la part du public du MEDEF au moment où ils avaient envie d'applaudir la candidate d'extrême droite.
D'ailleurs, on a entendu Marine Tondelier évoquer l'immigration par le travail qui est quand même un discours plutôt de droite puisque le principe à gauche, on ne considère pas que les immigrés sont là soit pour être des héros, soit pour être des travailleurs forcenés. Donc voilà un petit peu l'extrait de Marine Tondelier que je voulais vous montrer. Regardez.
L'économie française ne pourrait pas tourner en 2050 103,6 millions de travailleurs étrangers. C'est ça la réalité. Et je suis applaudie par le MEDEF et je m'en réjouis.
Alors bon, il y a quand même eu un couac dans cette campagne en faveur de Marine Le Pen. On a appris au même moment où elle se montrait devant les journalistes, devant vous, que le conseiller économie du RN, François Durvy, proche de ce terrain, le milliardaire d'extrême droite et recruté par Bardella pour sa propre campagne, quittait le navire RN. Alors elle affirme que c'était sa décision mais son sourire crispé devant les journalistes disait plutôt le contraire. Ça va quand même dans le sens de ce qu'on peut observer depuis plusieurs mois. En réalité, ce tapis rouge qui est déroulé à Marine Le Pen et cette normalisation de son discours.
On voit bien que les médias dominants et le patronat main dans la main préparent l'arrivée du RN au pouvoir avec des procédés plus ou moins grossiers. Voilà, illustration notamment hier sur BFM Business.
Arrêtez de répondre à Jean-Luc Mélenchon sur la question de l'effacement de la dette. Beaucoup d'économistes sont tombés dans le piège à discuter sur des questions de masse monétaire, d'inflation, sur des sujets techniques comme par exemple Olivier Blanchard qui se retrouve à discuter avec Manuel Bompard comme s'ils étaient deux économistes. Alors ça, vraiment trois.
Voilà, donc Mélenchon, c'est pas sérieux. Marine Le Pen, c'est sérieux. Bien que condamnée en appel pour détournement de fonds publics dans l'affaire des assistants parlementaires, on le rappelle, condamnation définitive même si elle s'est pourvue en cassation, la chef de file des députés RN a choisi de s'élancer pour sa quatrième présidentielle d'affilée. Elle a relégué Bardella en seconde position et ça, ça n'a pas plu au MEDEF parce qu'il imaginait, c'est toujours le grand fantasme du patronat, il imaginait effectivement que Bardella allait être plus malléable sur les sujets économiques et notamment Bardella là lui voulait plutôt revenir sur la position du RN sur les retraites.
Alors il n'est pas venu hier, il n'a pas fait le déplacement pour aller voir sa patronne mais le MEDEF semble pouvoir se contenter de Marine Le Pen comme tu l'as constaté et comme tu as pu en témoigner dans l'émission. Elle semble loin quand même l'époque où le patronat présentait le RN comme dans le 2017. Regardez cet extrait que j'ai retrouvé. À l'époque, la présidente du MEDEF c'était Laurence Parizeau. Voilà ce qu'elle déclarait sur le Rassemblement National ou le Front National.
Aujourd'hui, nous sommes face à un choix qui est soit un candidat démocrate, centriste, qui a un programme cohérent ou bien une candidate extrémiste, je dis bien extrémiste, qui par sa culture, par son entourage, par ses déclarations, a montré sans aucun doute qu'elle avait capacité capacité à mettre la France sur une logique très autoritaire. Je pense même que si elle arrivait au pouvoir, elle serait capable d'installer un régime très dur.
Voilà, et puis en 2024, ça c'est un petit peu plus proche de nous quand même maintenant, c'est Patrick Martin, le président du MEDEF actuel, qui a affirmé que le programme économique du RN était un danger. Voilà, c'était avant les législatives à l'entre-deux-tours. Alors désormais, le MEDEF se montre beaucoup plus prudent, voire encourage le Rassemblement national. Marine Le Pen et Bardella dînent avec les patrons, sont invitées à des soirées, on l'a vu, on l'a lu dans la presse, on en a parlé aussi sur le média, et surtout, ils modifient leur discours au RN pour paraître plus en phase avec les priorités du patronat.
Marine Le Pen avait soigneusement préparé son rendez-vous au MEDEF, premier d'une longue série, où de toute façon, ils vont tous se retrouver côte à côte lors de différents débats. Elle a passé une partie de son mercredi entouré du député RN Jean-Philippe Tanguy, le monsieur économique, qu'on appelle aussi son roquet à l'Assemblée nationale, c'est celui qui crie tout le temps contre la France insoumise et la gauche en général. Il y avait aussi son ouvrage à droit à l'Assemblée, Renaud Labbé, plusieurs conseillers, à midi, ils ont déjeuné évidemment dans un très beau restaurant, très chic, du 7e arrondissement, pour un repas de travail, c'est ce que nous apprennent nos confrères du Parisien.
Les chefs d'entreprise ne se lèvent pas Le Pen, Philippe, Attal, Rotaillot, je ne sais qui. Les chefs d'entreprise, et c'est encore plus vrai aujourd'hui parce que la situation est sur un point de bascule, se lèvent tous les matins en se demandant s'ils vont regarnir leur carnet de commandes, s'ils vont pouvoir faire les... Ce qui est en train lié aux décisions politiques qui seront prises en mai 2027. Les non-décisions actuelles et effectivement les décisions qui seront prises en 2027. Mais que voulez-vous ? On est en face d'une urgence économique. Nous, ce qui nous intéresse, c'est de savoir si les candidats prennent en compte cette urgence économique.
Alors, en conclusion de cette rencontre, le patron du MEDEF, Patrick Martin, s'est lui satisfait d'avoir entendu beaucoup de choses qui lui avaient fait plaisir. Voilà, c'est ce qu'il a dit aux journalistes. Eh bien, écoute, ça se comprend. Merci Nils pour toutes ces indiscrétions. Je te dis et je vous dis à la semaine prochaine. Mais avant, n'oubliez pas, pour qu'on puisse continuer de vous proposer ces formats tout au long de cette campagne présidentielle, rendez-vous sur cap sur dica.lemédiatv.fr. Je vous laisse avec la suite de nos programmes.
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