Lutte contre les incendies, renationalisation d'EDF, loi pouvoir d'achat... Le "8h30 franceinfo" de Gabriel Attal
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Bonjour Gabriel Attal, on est en train de vivre une canicule historique, une des plus intenses qui est connue la France, avec des records battus dans plusieurs villes, Brest par exemple, record pulvérisé qui date de 49, 39 degrés hier, c'est 4 de plus que le précédent record, et il y a ces incendies qui ravagent une grande partie du pays, la Gironde notamment, est-ce que vous avez déjà une première estimation des coûts de ces incendies monstrueux ?
D'abord, je veux avoir un mot de solidarité extrêmement appuyé pour l'ensemble des personnes qui sont impactées par ces incendies, évidemment les riverains, évidemment les collectivités locales, et évidemment les femmes et les hommes qui se battent contre le feu. Je pense évidemment à nos sapeurs-pompiers, je pense aux agents de l'ONF, l'Office national des forêts, je pense à l'ensemble des personnes et les élus notamment qui concourent à faire en sorte de protéger les riverains et de lutter contre ces incendies.
On a beaucoup augmenté ces dernières années les moyens de la sécurité civile, plus 200 millions d'euros, je le dis en tant que ministre du budget, pour la sécurité civile, pour renforcer notre équipement. On a la plus grande flotte d'Europe en matière d'avions, d'hélicoptères pour lutter contre les incendies, et on va continuer à la renforcer.
Si il en faut davantage, il y en aura davantage, vous dites. Comment ? S'il faut davantage de moyens, il y en aura davantage.
Alors il est déjà prévu qu'il y en ait davantage, puisqu'on a programmé d'ores et déjà des investissements supplémentaires dans les 5 ans qui viennent. Ces 5 dernières années, je le disais, c'est plus de 200 millions d'euros qui ont été dépensés pour la sécurité civile. On a accru notre équipement en matière de Canadair, en matière d'avions Dash, en matière d'hélicoptères bombardiers d'eau lourds. On va continuer à le faire. Au total, sur les deux quinquennats d'Emmanuel Macron, c'est 850 millions d'euros qui auront été mis pour renforcer notre investissement en matière de lutte contre les feux de forêt, en matière de sécurité incendie, avec notamment et essentiellement des moyens aériens.
On va continuer à le faire.
Pour les victimes, que peut faire l'État ? Demandez par exemple aux assureurs de rembourser plus vite. Je pense aux propriétaires agricoles, à ce hangar agricole qui a brûlé notamment dans le Maine-et-Loire, à ces forêts, à ces campings.
Alors, il y a encore très tôt pour estimer le coût de ces incendies, mais évidemment, il y aura un coût. Et moi, ce que je veux dire de manière très claire et très ferme, c'est que l'État sera présent aux côtés de l'ensemble des personnes qui sont impactées par ces incendies. Ce sont évidemment des riverains, des particuliers. Ce sont aussi des entreprises, vous l'avez cité. Ce sont aussi des élus locaux, des collectivités locales. L'État sera à leur côté.
C'est aussi ça le réchauffement climatique, Gabriel Attalin. Des contraintes, des dépenses supplémentaires.
Ça montre que nous devons continuer à agir résolument pour lutter contre le réchauffement climatique et pour favoriser la transition énergétique. On voit bien que le réchauffement climatique aura un impact demain, après-demain sur la planète, mais qu'il en a déjà un aujourd'hui, puisque les sécheresses se multiplient, puisque les températures montent. Et donc, ça montre qu'il faut agir résolument en la matière. C'est ce que nous avons commencé à faire. C'est ce que nous voulons amplifier.
Avant de continuer de parler de ce plan de sobriété énergétique dévoilé par Emmanuel Macron, ou qu'il appelle en tout cas de ses voeux. Juste, est-ce que les 5000 pompiers volontaires qui ont été suspendus parce qu'ils ne sont pas vaccinés manquent aujourd'hui, alors que la France fait face à ces incendies monstrueux ?
Vous savez, sur la question des soignants ou des pompiers qui ont été suspendus du fait de leur non-vaccination, il y a un travail qui est mené en lien avec la Haute Autorité de Santé. Ce que je veux dire, c'est qu'il y a des milliers de femmes et d'hommes qui sont mobilisés sur ces incendies, que nos avions volent avec des pilotes, et que tous les moyens sont mobilisés aujourd'hui pour lutter contre ces incendies, je ne crois pas.
Le chef de l'État, Laurent l'évoquait à l'instant, a annoncé un plan de sobriété pour l'automne, fin septembre, les premières pistes. Est-ce que ce n'est pas trop tard ? Est-ce qu'il ne faut pas accélérer compte tenu de ce que l'on est en train de vivre précisément en ce moment ?
D'abord, on a déjà commencé. Je veux rappeler ce qui a été engagé dans le cadre du plan de relance. C'est près de 3 milliards d'euros qui ont été mis, par exemple, pour renforcer l'isolation thermique des bâtiments publics. Notamment ceux des collectivités locales où l'État finance pour les collectivités locales, les mairies, le fait d'isoler un bâtiment, un gymnase, par exemple, pour réduire la consommation d'énergie. Ensuite, il y a ce que les entreprises peuvent faire et elles ont aussi très largement commencé.
On les a soutenues avec le plan de relance, mais encore hier ou avant-hier, vous avez la grande distribution, par exemple, les centres commerciaux qui ont annoncé un plan massif qui devrait permettre de réduire jusqu'à 40% les consommations d'énergie. Ça va d'éteindre la lumière des enseignes quand elle n'est pas utile jusqu'à revoir la température à l'intérieur de l'hypermarché, équiper les rayons frais de porte pour limiter la consommation d'énergie.
Pour l'instant, la méthode, c'est la bonne volonté. Vous attendez de la part des acteurs des gestes de bonne volonté. On n'est pas encore dans le registre de la contrainte.
Il y a une demande très forte, une incitation très forte, mais je vais vous dire, l'ensemble de ces acteurs et notamment les entreprises et les collectivités locales, d'ailleurs, je pense d'abord à une conscience aiguë de la nécessité de réduire nos consommations, mais aussi une incitation très forte parce que ça coûte de l'argent. Parce que l'augmentation des prix de l'énergie pour une entreprise, pour une collectivité locale, ça a un impact sur le budget. Et donc, de toute façon, pour ces raisons-là aussi, tout le monde est très mobilisé pour réduire les consommations d'énergie. On va continuer à le faire. On le fait aussi pour l'État. Sobriété bien ordonnée commence par soi-même.
Et donc, on doit aussi donner l'exemple. On a commencé à le faire aussi en investissant massivement pour renforcer l'isolation thermique des bâtiments. On l'a fait en développant des projets pour réduire la consommation d'énergie dans les bâtiments publics. Et on a fixé un objectif. On veut que dans les deux années qui viennent, on réduise de 10% la consommation d'énergie. Il y a un travail très dense qui a été engagé. Et sur tous ces sujets-là, il y a effectivement, le président de la République l'a dit, un plan qui sera annoncé pour aller plus loin.
Nationaliser EDF, ça fait partie en quelque sorte de ce plan puisque c'est pour financer le programme nucléaire. Ça va coûter, dit à l'instant, votre collègue de la transition énergétique, 9,7 milliards d'euros à l'État. On a les moyens de financer la renationalisation complète d'EDF et ce plan de création de 6 EPR notamment.
Oui, ces crédits d'un peu moins de 10 milliards d'euros ont été inscrits dans la loi de finances rectificative qui va être discutée cette semaine au Parlement. À partir d'après-demain. Et donc ça tient dans notre objectif de réduction du déficit à 5% cette année. Et donc tout ça a été budgété. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il y a effectivement une dépense, mais c'est un investissement. Parce que vous l'avez dit, c'est ce qui va nous permettre de continuer à investir massivement en faveur du nucléaire et donc en faveur de la production d'énergie, d'électricité dans notre pays. Et on voit bien l'enjeu massif qui est devant nous.
C'est une énergie, pardon, décarbonée, mais c'est aussi une énergie qui dépend de la température des fleuves qui augmente évidemment avec le réchauffement climatique. Et beaucoup de réacteurs se retrouvent à l'arrêt. 30 réacteurs en tout sur 56 à l'arrêt. Pas tous évidemment à cause de la température des fleuves. C'est pas quelque chose tout de même qui vous alerte et qui vous inquiète ?
Si, bien sûr, c'est pour ça qu'on développe beaucoup de programmes. Et on a mis là aussi des moyens financiers colossaux pour investir sur le nouveau nucléaire. Sur les small modular reactors, comme on dit, qui sont les petits réacteurs nucléaires de demain. Donc on investit aussi pour penser le nucléaire de demain, pour intégrer un certain nombre de contraintes. Il y a celles que vous évoquez. Il y a aussi la question des déchets sur lesquelles on est évidemment très mobilisés.
Gabriel Attal, votre collègue justement de la transition énergétique, dit qu'il faut aussi se préparer au scénario de rupture totale du gaz russe. Le premier pays impacté, ce serait sans doute l'Allemagne, notre principal partenaire commercial. Que je comprenne bien, si le gaz russe est impacté, ça aura des conséquences ici en France, notamment sur votre prévision de croissance sur laquelle est bâti le budget ?
Bien sûr, on sait bien que la croissance mondiale est de toute façon soumise à des aléas et qu'une décision comme celle-ci de la part de la Russie aurait un impact sur la conjoncture mondiale et donc en France. Il ne faut pas se voiler la face, il ne faut pas fermer les yeux sur ce sujet-là.
Ça n'a pas de lien avec le marché européen de l'énergie. Oui, et le fait qu'il faudra donc que nous fournissions de l'énergie à l'Allemagne si elle est privée du gaz russe.
Il y a par ailleurs la question du marché européen de l'énergie qu'on veut réformer. Je le rappelle, certains disent qu'il faut en sortir, mais là pour le coup ça aurait un impact massif pour nous puisqu'on s'exposerait à des risques de blackout à certains moments de l'année. Mais évidemment que ça aurait un impact sur la croissance mondiale et sur la croissance française.
Donc il n'est pas exclu que vous ayez à réviser cette prévision de croissance avant la fin de l'année ?
Aujourd'hui je ne vous annonce pas de révision, ce que je dis c'est que c'est évidemment que c'est un aléa qu'il faut anticiper. Ensuite il y a la question de l'impact sur nos vies quotidiennes, sur nos sources d'énergie. Vous l'avez dit, l'Allemagne serait beaucoup plus impactée que nous. Je crois que les Allemands c'est 55% de leurs ressources énergétiques, nous c'est 17%, mais ça aurait un impact. Et donc ça veut dire quoi ? C'est-à-dire qu'il faut anticiper. Je pense que la responsabilité d'un État, d'un gouvernement, c'est de regarder le scénario le plus dur, le plus dangereux, et de partir de ce scénario-là pour anticiper. Et c'est ce qu'on est en train de faire.
Dans le texte qui est examiné au Parlement cette semaine, il y a notamment des mesures pour parer à ce risque-là. Très concrètement, je vous donne deux exemples. On va y arriver. Un, on demande à nos énergéticiens de remplir leur stockage de gaz à 100% pour préparer l'hiver. Et deux, on ouvre de nouvelles sources d'énergie, par exemple un terminal métanier flottant au large du Havre qui permettra de faire venir une nouvelle source de gaz, le gaz naturel liquéfié. Pour cinq ans seulement, il ouvrirait ce métanier. Oui, mais parce que par ailleurs, on diversifie nos sources d'approvisionnement par ailleurs et qu'on est engagé dans une politique de sobriété et de la consommation.
On continue de parler, et notamment de ce texte sur le pouvoir d'achat qui est en ce moment à l'Assemblée. Juste après le fil info, 8h42, voici Louise Buyens.
Après une nuit étouffante, la façade atlantique va un peu mieux respirer. Aujourd'hui, la vigilance rouge est levée. 73 départements sont en vigilance orange pour canicule, orage ou bien les deux. Les flammes continuent de ravager la Gironde ce matin, où plus de 19 000 hectares sont déjà partis en fumée dans le Finistère. C'est 1300 hectares qui ont été détruits dans un incendie déclenché hier dans les Monts d'Arrée. Une deuxième journée de débat attend les députés à l'Assemblée nationale sur les mesures pour le pouvoir d'achat. Mesures insuffisantes, disent les oppositions. Le ministre de l'économie Bruno Le Maire prévient, la majorité n'entrera pas dans une logique de surenchère.
Un homme tué par balle et quatre autres personnes blessées lors d'une fusillade dans le 11e arrondissement de Paris hier soir. La police suit la piste du règlement de compte. Un suspect a été interpellé. Un match nul pour les Bleus hier soir à l'Euroféminin de foot. Un partout face à l'Islande. Pour les quart de finale, les Françaises affrontent les Pays-Bas samedi prochain. France Info
Le 8.30 France Info, Néil à la trousse, Laurin Sénéchal.
On évoquait à l'instant cette loi pour le pouvoir d'achat qui est en débat à l'Assemblée nationale avec une première nuit de débat autour de l'augmentation du montant de la prime Macron. 6 000 euros défiscalisés pour les salariés qui gagnent moins de trois fois le SMIC. Les insoumis dénoncent un enfumage, disent. En fait, la prime qui existait, elle n'était pas pleinement exploitée. C'est les chiffres qu'on a. Montant moyen 506 euros, moins d'un salarié sur cinq qui en a profité. Qu'est-ce qui vous laisse à penser que les entreprises vont davantage se saisir du triplement de la prime ?
D'abord, c'est une prime qui a remarquablement bien fonctionné depuis qu'elle a été mise en place. Je crois que l'an dernier, c'est plus de 4 millions de salariés qui en ont bénéficié. Qu'est-ce qui a changé depuis ? On est dans un pic inflationniste massif qui fait que vous avez beaucoup de Français à qui ça coûte très cher d'aller travailler. Les entreprises le voient. Et l'intérêt des entreprises, c'est évidemment que leurs salariés puissent continuer à venir travailler. Et c'est évidemment d'améliorer la rémunération et le pouvoir d'achat de leurs salariés.
Quand vous êtes une PME et que vous êtes aujourd'hui en difficulté, que vous êtes sur la ligne de crête, augmentez les salaires de vos salariés. Vous pouvez vouloir le faire, mais enfin, vous vous exposez potentiellement, si l'année prochaine est moins bonne que cette année, à être dans de grandes difficultés économiques et à mettre en péril votre entreprise. Vous avez des entreprises qui nous disent, moi, je voudrais pouvoir accompagner mes salariés en matière de pouvoir d'achat. Mais si je fais des augmentations de salaire général, l'année prochaine, si jamais je me retrouve dans des difficultés économiques, je risque de devoir mettre la clé sous la porte.
Et donc, j'aimerais disposer d'outils qui me permettent d'aider, au moins ponctuellement, mes salariés avec un soutien sur le pouvoir d'achat. Et c'est là où la prime, elle vient les accompagner. Parce que cette prime, l'État permet aux entreprises de la verser, sans charge pour l'entreprise, sans impôts pour le salarié. Encore une fois, il y a plus de 4 millions de salariés qui en ont reçu une dans la dernière vague l'an dernier. Et évidemment que notre souhait, c'est qu'ils soient encore davantage plus nombreux à la recevoir.
Mais il faudra un rendez-vous sur les salaires. C'est ce que dit par exemple Eric Wirt, qui siège maintenant sur vos bancs, avec la majorité. Vous dites, il y aura une loi sur les salaires, il y aura des discussions sur les salaires.
Ce qu'on dit d'abord, d'ores et déjà aujourd'hui, c'est que pour les entreprises qui le peuvent, parce qu'il y en a un certain nombre qui le peuvent, il faut effectivement augmenter les salaires. C'est ce qu'a dit Bruno Le Maire, c'est ce qu'il ne cesse de rappeler. Et vous avez des entreprises qui ont annoncé des augmentations de salaires. Et donc oui, c'est un travail qui va continuer à être mené aussi. Mais avec cette prime, on donne un outil supplémentaire massif qui permet aux entreprises d'accompagner leurs salariés pour leur pouvoir d'achat, encore une fois, sans charge ni impôts.
L'enveloppe globale de ce projet de loi pouvoir d'achat, c'est 20 milliards d'euros.
Ce n'est pas un centime de plus ? C'est 20 milliards d'euros qui viennent s'ajouter, je le précise, aux 26 milliards d'euros qui ont d'ores et déjà été engagés.
Et aux 10 milliards d'euros que coûtera la renationalisation d'EDF.
Par exemple, sur la question de l'énergie et du prix de l'énergie.
Je vous dis, on a déjà mis assez, on ne peut pas mettre plus.
Ce que je dis, c'est que depuis près d'un an maintenant, on a gelé les prix du gaz et on a plafonné les prix de l'électricité. Ce qui veut dire très concrètement que toutes les Françaises, tous les Français qui nous écoutent, si on n'avait pas plafonné le prix de l'électricité, auraient vu une augmentation moyenne de leur facture de 350 à 400 euros sur l'année. Alors c'est sûr que c'est une augmentation qui n'a pas eu lieu, donc ça se voit moins que de l'argent qu'on reçoit. Mais pour le voir, il suffit de regarder autour de nous, chez les Italiens, chez les Espagnols, chez les Allemands, où vous avez eu des augmentations massives des prix de l'électricité, ça n'a pas eu lieu en France.
Mais vous entendez ce que dit Marine Le Pen, elle dit que ça a été fait avant l'élection. En fait, Emmanuel Macron, je la cite, pour elle, a acheté son élection, dit-elle, par le « quoi qu'il en coûte » et maintenant il coupe les robinets.
Non, ça n'a aucun sens, on ne l'a pas entendu à l'époque rejeter les mesures qu'on prenait. Et par ailleurs, justement, on continue, puisque le plafonnement que j'évoquais des prix de l'électricité, on le maintient jusqu'à la fin de l'année. Vous voyez bien, y compris après l'élection sur le gel du prix du gaz, on le maintient aussi jusqu'à la fin de l'année. Et on renforce nos dispositifs avec de nouvelles mesures. Je pense à l'amélioration du pouvoir d'achat de nos retraités, puisque les pensions de retraite vont être valorisées de 4%, en plus des 1,2% qui avaient déjà eu lieu. Donc c'est du même montant que l'inflation dès le mois de juillet.
Je pense à nos fonctionnaires, puisque le point d'indice va être relevé de 3,5%. Ça sera sur la feuille de paye pour ceux de la fonction publique d'État dès le mois de juillet. Pour les autres, sur la feuille de paye du mois d'août, mais avec rattrapage du mois de juillet. On agit aussi, je le disais, sur la question du travail avec la prime Macron. On agit sur la question des impôts, puisqu'on va supprimer, on y reviendra peut-être, la redevance télé dès l'automne prochain. C'est 138 euros, un impôt de 138 euros supprimé pour 23 millions de ménages qui le payaient. On va continuer à agir sur la question du carburant, puisqu'on propose une nouvelle indemnité carburante pour les travailleurs.
Vous dites que les effets de l'inflation sont largement compensés par l'intégralité de ces mesures. Certains disent, oui, augmenter les minima sociaux de 4% par exemple, c'est sous l'inflation. Vous dites que c'est le package global qu'il faut tenir en compte.
D'abord, je ne vais pas faire croire aux Français que l'État peut seul effacer les effets de l'inflation. Ce n'est pas vrai. Et ceux qui font croire ça aux Français, ils mentent aux Français. Parce que la réalité, c'est que ce phénomène de l'inflation, il touche le monde entier. Et ce que je dis, c'est que les mesures que nous avons prises nous ont permis de limiter l'impact de cette inflation. Je vous donne un exemple. L'inflation allait en moyenne annuelle de l'ordre d'un peu plus de 5% en France. Presque 6%. C'est 2 points de moins que la moyenne de la zone euro. Et les études économiques qui sont conduites le disent.
Et pourquoi ne pas augmenter les minima sociaux de 6% ? Pourquoi se limiter à 4% ? La France Insoumise dit par exemple, c'est acter une baisse de pouvoir d'achat.
Non, parce que sur les minima sociaux, vous avez une hausse de 4% qui a lieu là cet été. Mais qui fait suite à une hausse de plus d'un pour cent, près d'un et demi pour cent, qui a eu lieu au mois d'avril dernier. Et donc quand vous cumulez les deux, vous êtes au niveau de l'inflation. Encore une fois, moi j'entends des oppositions, des politiques qui nous disent qu'il faudrait faire plus. Mais qu'ils me citent un pays en Europe qui fait autant que nous sur la question du pouvoir d'achat. Vous dites qu'il y a une contrainte budgétaire. Qui regardent la presse européenne. C'est ça que vous leur répondez.
Ou la réponse de la France est saluée comme étant la plus ambitieuse sur la question du pouvoir d'achat.
Parce qu'il y a la contrainte budgétaire, c'est ça votre ligne rouge.
Mais évidemment qu'il y a des lignes rouges. Et pour nous, il y a deux lignes rouges. La première, c'est qu'on ne veut pas augmenter les impôts des Français. Parce que dans les oppositions que vous citez, il y en a un certain nombre qui proposent des mesures. Mais enfin, ce qu'elles ne disent pas de manière très forte quand elles sont dans les médias, mais ce qui est souvent dans leurs amendements ou dans leurs programmes électoraux, c'est que pour compenser ça, elles augmentent les impôts. La France Insoumise, par exemple, pendant la campagne présidentielle et législative, promettait des mesures très généreuses pour les Français.
Mais enfin, dans le programme, il y avait écrit qu'il supprimait le quotient conjugal, le quotient familial.
Parce qu'il voulait augmenter les impôts pour les plus riches. C'était leur argument.
Suppression du quotient conjugal et du quotient familial, ce n'est pas les plus riches.
Non, mais sur les revenus, par exemple.
C'est y compris les classes moyennes qui nous écoutent, qui auraient vu leurs impôts augmenter. Donc nous, ce qu'on dit, c'est un, on n'augmente pas les impôts. Et deux, effectivement, on veut continuer à réduire les déficits. Parce que la réalité, c'est que si on laisse la dette filée sans contrôle et sans essayer de revenir sur du sérieux budgétaire, ce que nous faisons, ce sera des impôts demain pour les Français.
On va évoquer la dette, Gabriel Attal. Peut-être une petite précision, quand vous évoquez les classes moyennes, les classes moyennes, c'est qui ?
Vous savez, le salaire médian aujourd'hui est autour de 2 000 euros par mois. Donc vous voyez bien que c'est autour de ça. Mais après, il y a beaucoup de Français qui sont en difficulté. Et c'est pour eux qu'on agit. Mais voilà, ce que je dis simplement, c'est que dépenser sans compter, à la fin, c'est taxer pour rembourser. Et ça, nous, ça n'est pas notre ligne.
Gabriel Attal, ministre délégué au compte public, invité du 830 France Info. On s'interrompt juste le temps du Fin Info. 8h50, Louise Buyens.
Sur la nationalisation d'EDF, l'État va lancer une offre publique d'achat pour racheter l'entreprise. Le lancement également d'actions à 12 euros. L'opération doit coûter près de 10 milliards d'euros, précise le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire. Un homme soupçonné d'avoir déclenché l'un des deux feux en Gironde a été interpellé. Il est en garde à vue, annonce le parquet de Bordeaux. La piste criminelle est suivie par les enquêteurs depuis plusieurs jours. Sur le terrain hier, 16 000 évacuations ont eu lieu. Un nouveau bilan des pompiers fait état de plus de 19 000 hectares brûlés.
Après 7 jours de lutte acharnée contre les flammes, l'espoir réside dans la baisse des températures prévues aujourd'hui sur toute la façade atlantique. La vigilance rouge canicule élevée. 20 à 30% de chiffre d'affaires en moins par rapport à l'année dernière. Le bilan décevant des soldes d'été selon le syndicat des commerçants indépendants, eux qui espéraient une reprise de la consommation après deux années marquées par le Covid. Première étape dans les Pyrénées pour les coureurs du Tour de France. Entre Carcassonne et Foix, départ prévu à midi et demi. Le Danois Jonas Vingegaard est toujours en jaune.
Toujours avec Gabriel Attal, ministre délégué aux comptes publics, on parlait de ce paquet en gros de 20 milliards d'euros qui est en discussion en ce moment à l'Assemblée. Pour le financer, certaines propositions sont nées des bandes de l'opposition, notamment celle de taxer les super profits. Et justement, Emmanuel Macron lui-même, le chef de l'État, a surpris à la fin du mois dernier, en pointant lui-même du doigt depuis le G7 en Allemagne, ce qu'il a appelé les profiteurs de guerre.
Nous avons des gens qui ont spéculé sur la guerre et aujourd'hui, vous avez des gens qui font beaucoup d'argent sur la guerre. On appelle ça des profiteurs de guerre. Et moi, je ne comprends pas comment on peut accepter très longtemps que l'argent du contribuable dans nos pays soit utilisé à aider les ménages à pouvoir vivre en temps de guerre et qu'à côté de ça, il y a des gens qui s'enrichissent beaucoup en temps de guerre. Donc, on va devoir régler ça.
Et depuis les mots d'Emmanuel Macron, d'autres pays ont bougé. L'Espagne, par exemple, qui a mis en place une taxe sur les bénéfices extraordinaires qui lui rapportent 3,5 milliards par an. Londres, Rome, Budapest font de même, mais pas nous. Pourquoi ?
D'abord, moi, ce que je veux dire par rapport à ce que vous évoquiez sur le paquet pouvoir d'achat, vous disiez pour le financer, ce paquet est financé. Notamment parce que nous avons des recettes supplémentaires cette année qui sont liées à la reprise économique très forte.
Mais il est financé justement par la croissance et par la réduction du chômage.
C'est ça, les objectifs qui permettraient de financer ? Aujourd'hui, nous avons eu 55 milliards d'euros de recettes supplémentaires précisément parce qu'on a le taux de chômage le plus bas depuis 15 ans. Parce qu'on a fait des réformes dans le quinquennat qui vient de s'écouler qui font qu'on a le taux de chômage le plus bas depuis 15 ans, taux de chômage des jeunes le plus bas depuis 40 ans, le taux d'emploi le plus haut depuis qu'il est mesuré. Plus vous avez de Français au travail, plus vous avez de moyens pour financer nos politiques publiques et nos services publics.
Parce que des Français qui travaillent, c'est des cotisations qui sont versées par les entreprises et c'est évidemment des indemnisations chômage en moins qui sont versées.
Mais Gabriel Attal, les prévisions de croissance n'arrêtent pas de s'amoindrir et celles sur le chômage également. Est-ce que vous ne craignez pas que vos plans échouent à cause justement du renversement de l'économie ?
D'abord, on a une croissance qui résiste formidablement bien cette année et on continue à agir, on va continuer à porter des réformes précisément pour continuer à soutenir l'activité économique et l'emploi. Ce que le Président de la République a annoncé dans son allocution du 14 juillet, ça va nous conduire à continuer à prendre des mesures en faveur de l'activité économique. Je pense par exemple à la poursuite de la suppression des impôts de production qui pèsent sur les entreprises. Je rappelle qu'on part d'une situation où nos impôts de production sur nos entreprises, notamment dans l'industrie en France, étaient cette fois supérieurs à ceux de l'Allemagne.
Sur les profiteurs de guerre, Gabriel.
Si aujourd'hui on est redevenu le pays le plus attractif d'Europe pour les investissements étrangers, c'est grâce à cette trajectoire de baisse d'impôts. On veut continuer à la faire.
Je vais y venir. Est-ce que l'hypothèse d'une surtaxe est totalement écartée ou est-ce que ça reste une hypothèse qui est sur la table parmi les différentes cartes que vous pouvez utiliser ?
Ce qu'on a dit, c'est qu'aujourd'hui on leur met une pression très forte pour qu'ils agissent en faveur du pouvoir d'achat des Français. Et si ça ne suffit pas ? Et que si ça ne suffit pas, on se réserve toujours la possibilité d'ici à la fin de l'année de prendre des mesures. Mais moi je le dis, pourquoi est-ce qu'on leur met la pression dans un premier temps ? D'abord parce que ça va plus vite et c'est plus efficace quand ils prennent des mesures. Je vous donne un exemple. Total qui baisse de 12 centimes en plus de la réduction de 18 centimes à la pompe dans ces stations-service sur les autoroutes. On peut considérer que ce n'est pas assez. Ça se voit tout de suite.
C'est très concret et ça se voit tout de suite. Une taxe qui est votée, elle s'applique au bout de plusieurs mois. Et puis ensuite les Français, ils ne voient pas toujours dans leur quotidien, même si évidemment l'argent est utilisé de manière très utile, ce que ça change pour eux. Donc des gestes très concrets et des actions très concrètes des entreprises, au moins on sait que ça se voit tout de suite. Donc on continue à mettre la pression là-dessus, mais il faut qu'elles continuent à agir. Ça n'est pas suffisant encore.
Et s'il le faut, il y aura d'autres mesures.
Et donc s'il le faut, évidemment, on prendra des mesures. On descend pour le moment du débat budgétaire. Sur cette question, je pense qu'il faut comparer ce qui est comparable. Vous avez cité par exemple le Royaume-Uni, l'Angleterre ou l'Italie, qui ont pris des mesures par exemple sur les énergéticiens, par exemple les fournisseurs d'électricité. On a pris une mesure sur EDF qui ne s'appelle pas taxe. On les a mis à contribution de plusieurs milliards d'euros, ce qui explique que la facture des Français n'a pas augmenté cette année, qu'elle a été limitée à 4%. Donc on les a mis à contribution de manière très forte.
Il y a même eu d'une certaine manière, entre guillemets, double peine, puisque comme vous le disiez, ils ont un certain nombre de réacteurs qui sont à l'arrêt. Ce qui fait qu'ils ont dû acheter de l'électricité à des voisins très chers et les revendre moins cher sur le marché français. Donc il y a quand même eu cette action très forte. Maintenant sur la question des super profits de ceux qui ont vu leur profit augmenter du fait de la crise de l'inflation, encore une fois, on leur demande d'agir. Un certain nombre ont commencé à le faire. On veut qu'ils aillent plus loin. S'ils ne sont pas au rendez-vous, on a toujours la possibilité d'aller sur cette voie.
Une dernière chose, Gabriel Attal, vous l'avez évoqué tout à l'heure, la suppression de la redevance qui finance l'audiovisuel public et notamment Radio France, mais aussi France Télévisions, France Média Monde, etc. Pour l'instant, de quelle manière est-ce qu'elle va être financée ? Il y a un risque constitutionnel si le financement des médias audiovisuels publics n'est pas sanctuarisé, en tout cas autrement que par une ligne budgétaire dans le budget de l'État ?
Évidemment qu'on va garantir le financement de l'audiovisuel public. Mais comment ? Je veux dire que ce qu'on supprime, ce n'est pas le budget de l'audiovisuel public, c'est la taxe sur les Français. Les Français qui payent aujourd'hui cette taxe, qui est un impôt qui n'est pas très juste, puisque tout le monde paye la même chose, 138 euros, on gagne 1 800, 1 900 euros, on en gagne 4 000. Je vais juste au bout. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est que c'est un impôt qui est daté, puisque le payent les Français qui déclarent avoir un téléviseur chez eux.
Et vous avez depuis des années de moins en moins de Français qui déclarent avoir un téléviseur, parce qu'il y a de moins en moins de télé, mais qui consomment pourtant. Vous avez probablement des Français qui nous écoutent dans leur voiture ou sur leur smartphone, qui n'ont pas de télé chez eux. D'accord, mais comment on finance ? On finance en prévoyant un budget dédié, ce qu'on propose dans le texte de loi, et on donne des garanties.
Dans le budget de l'État, donc ?
Oui, sur le budget de l'État, on donne des garanties. La première garantie qu'on donne dans le texte, c'est que la subvention aux sociétés d'audiovisuel publics sera versée en une fois dès le début de l'année. Il n'y a pas d'autre mission budgétaire pour laquelle on fait ça. Normalement, c'est versé tous les mois. La deuxième chose qu'on va garantir, c'est de la visibilité sur les années qui viennent. Il faut évidemment que les sociétés d'audiovisuel public sachent quelle va être la trajectoire de leur budget, pour qu'elles puissent évidemment s'organiser et faire des choix.
Ça va suffire pour convaincre le Conseil constitutionnel, et ça va suffire pour convaincre par exemple l'Allemagne, qui s'inquiète des financements d'Arte, et qui menace même de couper à Berlin la chaîne Arte.
On a tous les moyens de les rassurer. Et la troisième chose, c'est qu'il va y avoir un débat parlementaire cette semaine. Je constate que certains parlementaires ont déposé un amendement pour mettre en place ce qu'on appelle une affectation de taxes de TVA fléchées sur l'audiovisuel public. Ça ne veut pas dire qu'on augmentera une taxe ou qu'on augmentera une taxe. On prend une partie de la TVA et on flèche directement. Sur les impôts, les taxes qui sont collectées, on sanctuarise une partie qui est fléchée sur l'audiovisuel public.
Moi je le dis, je suis prêt à regarder cette piste-là et probablement à lui donner un avis favorable lors de l'examen du texte, si ça peut permettre de renforcer les garanties pour l'audiovisuel public sur les moyens et sur la visibilité.
Gabriel Attal, merci beaucoup. Merci. Ministre délégué au compte public, invité du 8.30 France Info ce matin.
Gabriel Attal