Rousseau : "La sécheresse est installée dans le sud depuis plusieurs mois"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
La France asséchée, dévastée comme jamais par les incendies. Plus de 50 000 hectares de forêt embrulées depuis le début de l'année. On suit ce matin ce qui est en train de se jouer en Gironde où rien n'est évidemment terminé. On en parle beaucoup depuis ce matin. Sur RMC, qu'est-ce que vous vous dites, Sandrine Rousseau ? Est-ce qu'on est en train de vivre un moment exceptionnel avec des incendies qui ne touchent plus seulement les régions du Sud, mais aussi certaines régions du Nord ? Ou est-ce qu'il faut craindre que ce ne soit que le début ?
Je pense qu'il faut craindre que ce ne soit que le début, malheureusement, puisque les rapports du GIEC, on en est au sixième, et tous les rapports du GIEC sont convergents. Le GIEC, c'est le Groupement international des experts sur le climat, disent que la caractéristique de la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui, c'est que les événements extrêmes, donc ces incendies, ces grandes sécheresses, ces inondations, tout cela va se développer et va se multiplier dans les années à venir.
C'est pour ça qu'il y a une urgence à agir contre le réchauffement climatique maintenant et à changer nos pratiques maintenant, parce que là déjà, nous ne sommes plus dans la situation véritablement de rester sous 1,5 degré de réchauffement climatique. Et on ne se rend pas trop compte comme ça, mais 1,5 degré, c'est déjà des événements extrêmes comme ceux qu'on vit, qui sont encore plus importants que ceux que nous vivons cet été. Et donc là, il faut vraiment qu'on mette le pied sur le frein, qu'on change. Je sais, ce n'est pas agréable. Je sais, ça induit des changements de comportement qui peuvent être... Voilà, qu'on peut regretter.
Et moi-même, sans doute, il y a des comportements que je vais devoir abandonner et regretter. Mais là, maintenant, il faut vraiment qu'on prenne notre destin en main, parce que ce qu'on met dans la balance, c'est notre capacité à vivre et à vivre en paix, en fait.
On a le sentiment d'être un peu débordé par tous ces départs de feu. Est-ce qu'on paye une forme d'impréparation, de naïfier, peut-être ?
Alors ça, oui. Et en fait, la sécheresse s'était déjà installée dans le sud de la France et particulièrement dans le sud-ouest depuis plusieurs mois, puisque même au mois de mars, déjà, les viticulteurs, par exemple, s'alarmaient du taux de sécheresse des sols. Donc on savait qu'il y aurait une sécheresse qui serait exceptionnelle. Et on n'a pas anticipé, on n'a pas mis les moyens. Moi, je me souviens des questions posées au ministre de l'Écologie, Christophe Béchut, dans l'Assemblée nationale, où il nous parlait de mesures qu'il prendrait en 2023. Donc en fait, il y a eu une forme d'aveuglement, un déni, une impréparation.
Et aujourd'hui, on se retrouve au pied du mur, on se retrouve sans moyens. On voit qu'on est obligé de faire appel à des puissances étrangères pour nous aider sur la lutte contre ces feux. Il faut revoir complètement notre politique de prévention des risques naturels, puisque aujourd'hui, ça va devenir quelque chose de très important dans notre vie de tous les jours. Donc il faut qu'on soit prêts.
Sandrine Rousseau