Philippe de Villiers - Destin d’exception / 18 mars 2025 (CNews)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 61 %Attaque 29 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 20:00Locuteur 1Fait
« Il faut que je paye ma dette à mon papa, à ma maman, à mes voisins, à mon panthéon de personnage dont je viens de vous parler. »
- 25:00Locuteur 1Fait
« J'ai cherché un lieu, je cherchais en fait une ruine. Je cherchais une ruine piteuse pour en faire une ruine glorieuse. »
- 30:00Locuteur 1Fait
« Le chardonner a disparu et donc ma vie a changé. »
- 40:00Locuteur 1Fait
« Le renard c'est le conseiller, vous serez peut-être des conseillers. Et le lion, c'est la figure du prince, de l'homme d'État. »
- 45:00Locuteur 1Fait
« L'homme d'État est comme le lion. Il dort, les yeux ouverts. »
- 50:00Locuteur 1Fait
« On nous préparait à l'état profond, c'est-à-dire Saint-Simon, il faut préférer au gouvernement des hommes l'administration des choses. »
- 55:00Locuteur 1Fait
« La devise de garagiste, les cieux justifient les moyux. »
- 1:05:00Locuteur 1Fait
« C'est pas des artistes qui nous faut, c'est des garagistes. »
- 1:15:00Locuteur 1Fait
« L'Europe a été conçu comme un corpus juridique et non pas comme un corps politique. »
- 1:20:00Locuteur 1Fait
« Cette Europe, elle est morte. Pourquoi ? Parce que l'Europe que j'ai vu et l'Europe qui se traîne aujourd'hui, c'est une Europe sans corps, sans tête et sans âme. »
- 6:01Fait
« Le pronostic vital de la France est engagé. Et pourquoi il est engagé ? Parce que le peuple français sous-traite la fabrication d'enfants aux populations immigrées. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonsoir à tous et bienvenue à vous pour ce premier numéro de destin d'exp et inspirante. Destin d'exception va présenter les lieux emblématiques qui ont marqué la vie des invités de ces personnalités et qui ont aussi façonné l'histoire de France. Alors ce soir notre premier invité, il a d'abord marqué les esprits avec un livre au succès retentissant mémoricite publié chez Fayard.
Il est auteur, compteur, homme politique, entrepreneur et créateur avec le puit du fou. L'invité de destin d'exception est un usard blanc qui pourfend, vous le savez le politiquement correct, c'est un mousquetaire qui est armé d'un panache, un panache bien français. C'est aussi un combattant facécieux dont la vie, le destin, vous allez le voir tout au long de cette émission, s'apparente à une forme de cavalcade à la fois de l'âme et de l'esprit.
Philippe Deviler, bonsoir. Bonsoir Sonia. Bienvenue à vous.
Ben bienvenue à vous aussi. Je suis ravi de vous recevoir. Je suis très heureux et très ému parce que c'est moi qui suis les plâtes.
Ne le voyez pas ainsi. Au contraire, moi je vois comme un un honneur de de vous recevoir pour cette première. C'est un jeune public.
Je voudrais en parler, qui nous entoure, cher Philippe qui est en grande partie venu de l'Institut de formation politique. Ce sont des jeunes qui sont engagés dans la vie de la cité pour la société et je remercie le cfondateur de l'Institut de formation politique Alexandre Peser. Voilà, ça fait du bien.
La jeunesse nous entoure et venu écouter aussi Philippe Devilier, un novateur qui pense toujours à demain sans forcément se départir de sa nostalgie féconde, de votre vie. Votre parcours représente une histoire digne d'un roman que l'on va feuilleter ce soir. Et si vous le voulez bien, on va la raconter cette vie en déclinant d'abord, ça me paraît normal pour commencer vos attachements personnels pour comprendre votre trajectoire en démarrant, c'est le plus logique par la terre, le pays de votre enfance, par le petit gars Philippe Devilier que vous étiez en vendit évidemment cette terre, ce lieu si emblématique, si important.
Quels étaient vos premiers éblouissements enfants ? Je répondre Sonia mais je voudrais saluer les élèves de l'Institut de formation politique qui sont là et le directeur fondateur qui était un ami que pour lequel j'ai une grande estime qui fait un travail absolument remarquable c'est la relève de l'élite française Alexandre Péci avec Kate voilà et j'essaierai de vous engager les uns et les autres par mes paroles pour que vous puissiez contribuer à sauver la France les uns et les autres. Alors maintenant, je réponds à votre question Sonia.
Mes premiers évoluissement. Alors je je suis né dans une dans le babocage de la Vandé au bord d'une petite rivière qui s'appelait la Boulogne. C'était un petit gars qui courait à la campagne et qui cueillait sans le savoir des fleurs de civilisation.
Chaque matin montait à mes persiennes les trois bruits qui réveillent le village et les fermes alentours. Il y avait l'appel du coq, l'appel du jour. Il y avait l'appel de la l'enclume du forgeron, le jeune grelier.
On était tout près du bourg, on entendait l'enclume, l'appel au travail. Et puis le troisème bruit, la troisème mélodie, c'était la cloche de l'Angélus, l'appel à la prière dans le Sillon. C'était une symphonie et qui a changé le cours de ma vie dès l'âge de 5 ans sans le savoir.
Mais héros d'enfance n'étaient pas des sujets littéraires, c'était des des personnages de ferme qui m'ont tout appris à commencer par la langue, ma première langue. pas le français, c'est le patoéen. Ma première langue, c'est le pato vandéen, c'est-à-dire une langue, une guille, une verve, des intonations, des onomatopées.
Derrière cette langue, il y avait un art de dire, un art de rire, un art de pleurer et même une manière discrète d'apprivoiser l'intime et l'ultime avec des gens simples, rudes qui mettaient de la poésie dans chaque pas et dans chaque interjection et jusque dans les silences. En fait, la vie euh ma vie d'enfance était un jaillissement de forme inouie qui déposait en nous des enchantements qu'à l'époque on ne voyait pas. Nous étions heureux, la vie était en société, la vie était une liturgie.
Et quand j'ai eu 18 ans, je me suis dit en fait il faut que je paye ma date pour cette enfance heureuse, trop heureuse. Il faut que je paye ma dette à mon papa, à ma maman, à mes voisins, à mon panthéon de personnage dont je viens de vous parler et que je pourrais longtemps vous décrire. Et comment payer ma dette ?
Alors, j'ai mis du temps à comprendre comment j'allais la payer et un jour, j'ai dit à mon père et à ma mère, voilà, je vais faire un hymne. Un hymne à mon enfance, un hymne à la Vé et à la France pour vous dire merci. J'ai cherché un lieu, je cherchais en fait une ruine.
Je cherchais une ruine piteuse pour en faire une ruine glorieuse qui soit au diapason de ce que j'avais vécu. Et sur une petite colline de bois mort, d'amnésie et de ruine, j'ai déposé mon hymne, c'est-à-dire que j'ai payé ma lettre en nature et en lumière. la nature justement Philippe Devilier, vous avez vécu entre les e bocagières et les et les Chirons de granite.
Nous sommes tous marqués par les paysages, les senteurs, les lumières, les sons de l'enfance. Vous vous tendiez l'oreille, je crois, à la douce mélancolie du chardonnery que l'on appelait le mozzard des Sims. C'est ce qu'on m'a raconté.
Est-ce que ce rapport avec la nature, il était vraiment constitutif de votre et il reste constitutif de votre parcours ? Ah oui, tout à fait. Je suis pas trompé sur le chardonnery.
Non, pas du tout. Je Mais je peux vous parler du chardonner. Méfiez-vous Sonia parce que restons sur la nature.
Charon c'est un c'est il a un répertoire éblouissant. Il a ce qu'on appelle des rafalements harmonieux et c'est on appelle l'oiseau des noces. Et en fait euh moi j'ai vécu du pacte nupsial de l'homme et de la terre.
C'estd qu'on nous apprenait, on était comme les plantes, on vivait, on respirait entre l'humus et la lumière. et je descendais au bord de la rivière pour écouter pendant des heures la musique argentée des peupliers de tremble très caractéristique et je fabriquais, je reviens au Chardonner, des flutes de javel pour donner la réplique au Chardonner et j'avais le sentiment, j'avais la certitude qui faisait rire de mes copains que je lui donnais la réplique et qu'à la fin c'était lui qui cherchait à me répondre. Et donc en fait euh l'histoire de Chardonnera a été dans ma vie un moment déterminant pour des raisons que je suis prêt à vous expliquer puisqueà un moment donné le Chardonner a disparu et donc ma vie a changé.
Vous allez nous dire ce soir nous expliquer Philippe Déviller parce que je vous préviens cette émission c'est aussi une confession. Vous nous parlez des bonheurs de l'enfance heureuse, très heureuse, vous l'avez dit, mais il y a quand même une prise de conscience majeure à l'âge de 10 11 ans. Vous découvrez l'autre Vendée.
C'est important d'en parler. Cette autre vendée, celle qui pleure, celle qui a souffert. Quelle est-elle ?
Un jour à 11 12 ans, mon voisin qui était paysan, Samuel Gilbert, j'ai je passais mes journées avec lui. Il m'emmenait faire la frissure, il m'emmenait au moisson, il m'emmenait dans le sillon. Je suivais la charrue.
Et un jour, il m'a dit "Viens là, mon petit gar." Tu vois ce chant ? Il a un nom spécial.
Quel nom ? Il s'appelle le champ de la braille. Il dit c'est quoi la braille ?
Il dit braillit. Le verbe brailler c'est un enfant qui hurle. Je dis alors et ben les enfants, ils ont hurlé et ils sont morts.
Ils ont pas été en sépulturés. C'était les enfants de Boulogne. Les colnes infernales sont passés avec le général Turau.
Et donc le champ de la braille pour nous c'est quelque chose mon petit gars les petits bonheurs ça passe mais ça ça reste. Et à partir de cet instant, je portais en moi deux venda. La vendaé festive, la vendé qui riche, la vendé processionnelle, la vandée exubérante, la vendaé triomphale et puis l'autre vendaée, la vendaée qui pleure, la vendaé interdite de récit officiel. marqué par un mystère de souffrance indiscible.
La venda douloureuse, silencieuse. La vendée aux lèvres closes scellé d'un signe de croix. On va quitter la Vendée, mais on va y revenir.
On revient toujours à l'avanté. On va poursuivre notre cheminement Philippe Devilier sur le tracé de votre vie avec l'arrivée à Paris. Science Po la rue Saint- Guillaume, proche très proche des lieux de pouvoir, des ministères, des assemblées Paris. la capitale, tout son décorum.
Qu'a représenté pour vous cette arrivée dans la capitale en quittant justement cette terre à la fois des bonheurs et des souffrances la vendé. Ah, il faut savoir d'abord que pour un vendin, Paris, oui, c'est quand même la ville qui nous a envoyé les colonnes infernales. Et celui qui a été le chef des colonies infernales, il a son nom sur l' de triomphe s'appelle Turau.
Donc, si vous voulez aller à Paris, c'est pas évident. On dit d'ailleurs monter à Paris. Mon à Paris.
Oui. Et en plus euh j'avais l'impression de vivre la virée de Galerne. La virée de Galerne, c'est quand les Vendéens ont franchi la Loire.
Euh ils ont quitté leur champ, leur chemin creux et il ils se ils bataillaient plus à domicile, ils étaient chez les autres. Et Charrette leur a dit, il faut jamais quitter ses mariss, ses chemins creux. un footballeur dirait il faut toujours jouer à domicile.
Donc moi, je jouais plus à domicile. Et quand je suis arrivé à Paris, je je vais vous dire un peu choqué mais ça fait rien. Je me souviens de ma première impression.
On était trois copains de l'Ouest et alors on nous regardait comme des hurons au palais royal, donc des spécimenses et on voyait souhait des des jeunes gens qui avaient le teint cireux qui avait un peu gominé à la James Dean et qui avait tous un manteau de l'Oden des mocassins. brillant de couleur vive avec des des clochettes ou je et puis ils avaient tous un parapluie pour pas crotter leurs choses. C'était les gens de la ville et ils fumaient des pôles malles.
C'est cigarettes du plan marchal cigarettes américaines. Et ils avaient tous sous le bras le défi américain de servant Schrebert parce qu'il fallait tous qu'on soit des petits américains. Voilà.
Et je me souviens, mon premier souvenir, c'est Max Gallot, le grand Max Galot qui est devenu un ami qui était un homme extraordinaire et qui nous dit "Vous allez travailler sous le logotype de Maavel." Et le logotype de de Macavel, c'était un renard et un lion. Et alors, il nous disait "Voilà, le renard c'est le conseiller, vous serez peut-être des conseillers." Et le lion, c'est la figure du prince, de l'homme d'État.
Serait peut-être un homme ou une femme d'état. Et qu'est-ce que ça voulait dire ? Ça veut dire qu'en fait le renard était capable de faire face au filet sans se prendre dans les filets et c'était précieux pour le lion parce que le lion lui avait peur des filets.
Le lion n'avait pas peur des loups, le renard avait peur des loups. Et donc il y avait l'idée du conseiller et du prince à vous de choisir. Alors qu'est-ce qu'on apprend à Science Po ?
Être Renard ou Lyon ? En tous les cas, à l'époque à Science Po quand même vos professeurs sont est-ce que j'oserais dire des grands lions en tous les cas des grands noms Max Galot, Jacques de la Rosière, Raymond Bar. Est-ce qu'il y avait déjà Philippe Debilier une orientation ?
Allez, une idéologie sans doute pas la même qu'aujourd'hui ? Mais ce que vous venez de dire me fait penser à quelque chose, c'est que un jour Bascalo nous a dit l'homme d'État est comme le lion. Je crois qu'il citait Richelieu, l'homme d'État est comme le lion.
Il dort, les yeux ouverts et ça c'est quelque chose que j'ai appris. C'est important en politique, très important. L'orientation en science poste qu'il y avait une idéologie très pour guetter la trahison.
Même des yeux dans le dos parfois. Oui. Voilà.
Et euh et donc euh alors en fait à Science Poau à l'époque avec le recul, il y avait deux mythes. Le premier mythe c'était le mythe saint-simonien. C'est en fait on nous préparait à l'état profond, c'est-à-dire Saint-Simon, il faut préférer au gouvernement des hommes l'administration des choses pour qu'un jour les choses commandent aux hommes.
C'était ça Saint-Simon. C'était l'idée de la cité sans frontière. Et le deuxième mythe c'était en gros le premier mythe c'est c'est en fait le fonctionnaire qui commande le politique n'existe pas.
On lui donne les éléments de langage. Et le deuxième mythe c'était le mythe de la social-démocratie parce qu'on nous expliquait donc c'était 1973 75 que on allait vers la convergence de l'est et de l'ouest. l'Ouest plutôt libéral, l'est communiste et que on allait vers la fusion des deux, la droite pour produire, la gauche pour distribuer.
Et donc en fait, c'était l'idée que le bien-être cosmique, je me souviens de cette phrase, un jour mettrait fin aux euh forces nationales mortifères. C'était l'idée qu'il fallait faire un procès à l'idée de nation. On était dans cette idée là déjà préjuscardienne.
Voilà. Donc, j'ai vécu dans cette ambiance et mais on était loin de ce qu'on a connu à partir de 2001, c'est-à-dire un gars qui est arrivé et qui euh Richard Descoin et qui supprime l'épreuve de culture générale parce qu'elle est trop sélective et qui ensuite supprime le concours. Donc à partir de Richard Descoins, un petit Vend a moins de chance qu'un gars de la scène Saille.
Vous voyez ? parce que c'est on est on est recruté à ce moment-là non plus à partir du principe de la méritocratie républicaine mais en fonction du reflet de la société à venir. Quand on pense que Sciencep a été fondé par Ten, Renand François Guisot qui voulait une nouvelle élite politique nationale, on voit que on est descendu très bas jusqu'au 7 octobre puisque maintenant si on se pose c'est ma c'est ma voilà, c'est le KF euh c'est devenu un happening du multiculturalisme universel.
Science Po et les l'ambiance de l'époque vous mène à l'ENA et avec l'ENA, Philippe Devilier là c'est la vraiment la grande porte d'accès au lieu de pouvoir. En France ces lieux de pouvoir ce sont les ministères, ce sont évidemment les deux assemblées, nos parlements, ce sont aussi les préfectures des communes françaises et c'est justement l'époque où vous découvrez la ville de Tules. Elle est célèbre cette ville lors de votre stage à Lena.
Et c'est au moment, c'est quand même une chance incroyable, c'est vous faites votre stage au moment où Jacques Chirac est président du conseil général de la Corèse. J'ai eu ça don Ouais, j'ai eu beaucoup de chance dans ma vie mais comme disait Napoléon, j'aime les généraux qui ont de la chance. Incroyable.
Je suis stagiaire de l'ENAT en Corè et le président du conseil général de la Corè, c'est en même temps le premier ministre 1976, Jacques Chirac. Et ensuite quand je deviendrai sous-préfet, je serai sous-préfet du président de la République Valérius Cardestin qui a sa propriété à Auton et moi je suis sous-préfet de Vandom. Oui.
Donc j'ai eu Ma à partir, très tôt, ça été formateur et donc j'ai bien connu Chirak et mais très bien de près et par exle j'ai assisté à l'appel de Cochain, enfin la rédaction de l'appel de Cochin avec Mariefance Garot et Pierre Juillet euh le parti de l'étranger avec sa voix paisible rassurante et puis et et Chirac souvent s'emportait avec Tu nous emmerdes avec l'histoire, toujours l'histoire et cetera. Et euh je peux vous raconter une anecdote ? Ah ben on est là pour ça.
Allez-y, on vous écoute. Ouais, j'ose pas parce qu'elle est osez oser. Elle est gratinée.
Ah mais je raconte ça affectueusement parce que bon, j'aimais j'aimais beaucoup l'homme Chirak quoi. Vos vos précautions commencent à m'inquiéter. Allez-y.
Ben un jour, on était à l'Élysée, je remplaçais François Léotard. Euh je le suppléis et il y avait autour de la table, c'était impressionnant François Mitteran, Elmou Colle, Margarite Tatcher et Jacques Chirac. Et à un moment donné, il y a un trou dans la conversation que Méran tente de combler en disant tiens mais puisqu'on parle de l'année de la culture européenne, on était dans l'histoire et il dit "Mais puisqu'on est dans l'histoire, tiens mais quelle est la date pour vous la plus importante pour votre pays et aussi pour l'Europe ?
Alors vous Margarette et du tac au tac elle répond 1215 la grande charte et et Mantan dans sa barbe dit évidemment c'est une date anglaise donut pas demander à un anglais de faire de l'Europe et ensuite et vous Elmout Elmout réfléchit un instant il dit à une date bah oui européenne oui 1648 les traités de Vespal Hm. Ah, un petit temps d'arrêt et à ce moment-là, je vois que Chirac se prépare parce que ça va tomber sur lui et moi je me prépare aussi d'ailleurs. Et et à ce moment-là, il y a Margarette Tatcher qui dit "Et vous Jacques ?
Chirac prend son verre." Il avait son verre et sa bière et il dit alors non Mitéran d'abord Mitteran dit 1661 la prise de pouvoir de Louis XIV et Chirak proximité des dates fonce dans la mus et il prend son verre et il dit 1664 chronembourg c'est véridique oui absolument véridique. Et après je vais le voir et je lui dis et il dit on s'en fout.
Voilà. Bon c'était Chirac. Non mais attendez on va poursuivre l'anecdote et vous qu'auriez-vous répondu alors ?
Alors ben, j'ai pas eu la question. ce soir parce que euh vous avez le temps de vous préparer pour moi j'aurais dit euh moi j'aurais dit en regardant Margarette Tatcher à l'anglaise euh 8 mai 1429 la prise d'Orléan par Jean Dark. Ça aurait mis une sacrée ambiance au dîner.
Voilà pour voilà. Et ensuite, j'aurais dit la langue française 1530 mars 1539 l'ordonnance de de Villard Côer puisque la France c'est d'abord une langue, c'est une romance qui embrasse le roman de nos vies. On est les seuls à avoir une langue qui soit aussi un vecteur de la poésie.
Ça vous vous allez nous en parler. Peut-être que vous en avez parlé et peut-être que vous avez aussi été choisi pour cela au ministère de la culture Philippe Devilier. On va arriver maintenant au ministère.
Vous avez été secrétaire d'état auprès du ministre de la culture sous Jacques Chirac. Le ministre était François Léotard. À l'éducation c'était René Monori.
Alors puisqu'on est dans le la partie des anecdotes, est-ce que vous avez une anecdote à nous raconter ? Est-ce que là ce sont des personnalités fortes, parfois aussi truculantes. Est-ce que vous avez un souvenir qui vous vient à l'esprit ?
Oui, parce que je vais voir Jacques Chirac et je lui dis voilà, j'ai une idée, ce serait un grand projet d'éducation artistique pour les jeunes français parce que pour faire un peuple amateur d'art, faire du peuple français un peuple amateur d'art, et il me dit "C'est quoi ton truc ?" Je dis bah il faudrait faire pour les disciplines de la sensibilité ce que Jules Ferry a fait pour les disciplines de la connaissance et donc euh la fréquentation des chef-dœuvres, l'apprentissage d'une discipline, histoire de l'art. Il me dit c'est excellent ça.
Va voir Monori, ministre de l'éducation nationale et puis on verra bien sa réaction et après on lance. Très bonne idée. J Monori que je connaissais bien, c'était mon voisin président du conseil général de du département voisin et René Monori qui m'aimait bien euh il m'accueille, il me dit "Qu'est-ce que c'est ton truc ?" Je dis "Bah l'éducation artistique". dit, "C'est pas des artistes qui nous faut, c'est des garagistes." Et parce qu'il était garagiste lui.
Il a été garagiste à Loudin. Et donc c'était son fait de gloire, ce que je ne conteste pas. Il préférait les bolides au prof.
Il était ministre des profs. Bon et il me dit il me dit "Ton truc de l'éducation artistique, on s'en fout un peu." Tu comprends ?
Moi je suis moi je suis illétré et puis tu as vu où je suis arrivé ? Voilà. Et même dit, "Je suis le premier ministre de l'éducation nationale que je iller, il y en aura d'autres." Et à ce moment-là euh je lui dis "Mais comment tu as fait ?" Je fais une incise. "Comment tu as fait pour arriver là puisque tu es illétré ?" Et il me regarde, il dit "La devise de garagiste, les cieux justifient les moyux." Mais c'est émouvant.
Oui. d'arriver là à cette place de la République avec un tel parcours. Autre lieu de pouvoir par essence, Philippe Devilier, évidemment l'Assemblée nationale, le parlement.
Et lorsque vous passiez dans les allées de l'hémicycle, je voudrais que nos jeunes amis ici présents se rendent compte pour rejoindre les bandes du gouvernement quand même vous serriez la main à l'époque d'Alain Perfit, de Jean-François Deot, de Louis Mermas, de Pierre Mazo. Moi, je vousis pas faire des comparaisons avec certaines personnalités aujourd'hui qui sont dans l'hémicycle, mais quand même l'assemblée ressemblait à l'époque à l'annexe de de la de de l'Académie française et aujourd'hui à quoi elle pourrait ressembler l'assemblée telle qu'elle est ? à l'annexe de la fabrique du crétin numérique depuis qu'il y a plus cumule des mandats.
Avant il y avait les députés maire donc les gens étaient hanté sur le réel enraciné encré. Là aujourd'hui c'est du hors sol complet quoi. Mathilde le panneau quoi.
La bataille des punaises de lit. Bon euh c'est euh De Gaul disait euh dans toutes les sous toutes les victoires d'Alexandre, il y avait Aristote et aujourd'hui sous toutes les victoires de Mélenchon, il y a Mad Panu. Voilà.
Et en fait, on a une assemblée où il y a beaucoup de psidés dont l'appareil fondateur débite les éléments de langage de la technocratie de marché. Ils savent plus ce qu'ils disent et en fait c'est normal. Pourquoi ?
Bah l'assemblée ressemble à la société. Oh ! Vous pouvez pas avoir une assemblée qui ne soit pas violente dans une société qui est violente.
Vous pouvez pas avoir une assemblée qui ne soit pas déculturée dans une société qui est déculturée. Vous pouvez pas avoir une assemblée qui redonne des repères dans une société qui n'en a plus. Vous pouvez pas avoir une assemblée qui rvilise dans une société qui est décivilisée.
Et donc en fait hélas l'assemblée est le caleidoscope de la société française. Une société de la peur et de la honte produit une assemblée de la peur et de la honte. On va parler d'une autre assemblée, d'un autre hémicycle et je crois que vos mots seront aussi durs si ce n'est peut-être plus dur puisqu'on va aller Philippe Deviler au Parlement européen.
Oui, vous avez fréquenté évidemment cet émission, vous avez été heureux député. Alors vous, dans une telle enceinte, moi je ça me fait penser à une image, c'est tout de suite le loup dans la bergerie, c'est le renard, le lion, tout le monde en même temps. Qu'est-ce que vous avez vraiment appris ou compris pendant toutes ces années dans cet hémicycle Parlement européen ?
Jimmy Goldswis qui était mon ami disait quand on arrivait à à Bruxelles, l'archite rien que l'architecture c'est euh c'est le fruit des noces monstrueuses de Staline et Kafka. Et je vais vous dire ce que j'ai appris. Alors, j'ai vu de près cette Europe.
En fait, c'est un être des abisses. Ce qu'elle craint, c'est la lumière. Pourquoi je dis ça ?
Parce qu'il y a une chose que les Français savent pas, que les députés européens n'aiment pas trop exposer sur la place publique, c'est le système européen. C'est que jusque dans votre bureau, du matin au soir, on frappe à la porte. C'est des lobbyistes qui viennent voir.
C'est un système de corruption légale. Corruption légale. Ça se passe ainsi.
Bah c'est-àdire qu'en fait bah on est toujours à la limite. C'estàd qu'en fait vous avez quelqu'un qui vient vous voir pour euh euh les la dimension des roues des tondeuses à gazon et cetera parce qu'il travaillent dans telle entreprise et cetera. Il y a soi à l'époque il y avait 50000 lobbyistes, maintenant il y en a 70000 et ils arrivent jusqu'à l'hémicycle et donc il frappe à la porte et un jour il y a un lobis qui a laissé tomber son cahier.
J'ai ramassé le cahier et j'ai vu alors il y avait trois catégories de députés h dans le cahier avec trois couleurs. Il y avait euh la couleur jaune, la couleur marron et la couleur rouge. Alors la couleur jaune, c'était corruptible.
Euh c'était quand même certain nombre. Ouais. Ouais.
Euh ensuite, il y avait la couleur marron. pour être honnête, pas trop, mais quand même quelques-uns, ça c'était les corrompus et où on rentrait sans frapper, voyez et puis les les rouges c'était non, faut pas y aller. Et moi, j'ai mis un panneau sur mon bureau qu'au jour que je mettais à chaque fois j'arrivais à Bruxelles ou à Strasbourg interdit aux chiens et aux lobbyistes.
Voilà. Et en fait quand je dis j'ai connu de près le le Parlement européen, j'ai connu de près l'Europe, l'Union européenne et ce que je vais vous dire maintenant n'est pas encore reconnu mais le sera dans quelques années. Retenez bien ce que je vais vous dire.
En fait, cette Europe, elle est morte. Pourquoi ? Parce que l'Europe que j'ai vu et l'Europe qui se traîne aujourd'hui, c'est une Europe sans corps, sans tête et sans âme.
Une Europe sans corps, c'est inoui dans l'histoire du monde. Pas de frontière. Au conseil de Léken en 2001, on a dit la seule frontière de l'Europe, c'est les droits de l'homme et la démocratie.
Ça nous emmène unin. C'est inoui. Pas de frontière.
En d'autres termes, l'Europe a été conçu comme un corpus juridique et non pas comme un corps politique etii. Deuxièmement, c'est pas seulement une Europe sans corps, c'est une Europe sans tête. C'est qu'on a des gens qui sont pas élus à la tête. la commissionnaire en chef, l'impératrice Vanerleyenne là qui vient de nous assigner à résidence sur la défense en disant voilà comment on va faire pour la défense alors que la défense n'est pas dans les traités européens. une sans tête, ils appellent ça un pouvoir acéphal commissaires, un pouvoir acfal et mobile ou encore un système de décision qui s'appelle la poliarchie délibérative dans lequel il y a les lobbyes. poliarchie délibérative.
En fait, c'est simple, la démocratie euh comme l'avait dit Christophe Baudin d'une thèse remarquable et remarquée, la démocratie a été remplacée par la technocratie de marché. Et enfin, je dis une Europe sans âme. Donc une Europe sans âme, euh jamais on ne fait allusion au racine chrétienne de l'Europe.
Une Europe sans âme, c'est une Europe euh sans les États et avec un fédérateur extérieur. Le fédérateur extérieur, c'était l'Amérique pendant des années et des années et maintenant le fédérateur extérieur, c'est l'Ukraine. C'est pour ça qu'ils veulent continuer la guerre en Ukraine.
Sinon, il y a plus de fédérateur, mais il y a pas de fédérateur interne. Il y a pas, si vous voulez, je me souviens très bien un jour de Giscar avec qui je parlais, avec qui j'ai débattu d'ailleurs, ça a été rude au moment de la Constitution européenne, il se prenait pour le on l'appelait le Jefferson de l'Auvergne et il m'a dit "C'est la première fois dans l'histoire du monde que il n'y a pas de ressort de puissance." J'ai mais c'est une folie monsieur le président parce que vous voulez faire un nouvel état unitaire un nouvel état unitaire et sans ressort de puissance.
Et quand on voit ce que je disais à l'époque, seul ou presque seul, euh désigné du doigt, traité comme un paria et ce qu'on voit en ce moment, pas de ressort de puissance, on envoie le prix à payer, un fédérateur extérieur à l'Amérique, quand l'Amérique s'en va, vous avez vu, c'est des petits garçons, ils sont perdus et Macron joue à la guerre avec son Playmobil comme il faisait avec McFly et Carlito. Il sait plus où il est. Ils savent plus où ils sont parce que voilà, il y a plus rien.
L'Europe sans tête, l'Europe sans racine et l'Europe sans corps et sans âme. Alors, on a besoin d'un supplément d'âme et c'est le moment, Philippe Devilier, justement de parler de ce supplément d'âme, de ce lieu central évidemment de votre vie, de votre destin, le puit du fou. Alors là, s'accomplit de créateur que des millions de français, beaucoup de ceux qui nous regardent ce soir connaissent et ont visité probablement en famille avec leurs enfants.
Alors moi, depuis toujours, je me suis demandé comment vous est venue l'idée de ce lieu, de cette terre, comment à la fois vous avez trouvé cet hymne à la France éternelle et ce récem pour la vender blessée. Comment ça vous est venu à l'esprit ? Je vais vous dire quelque chose que je raconte dans mon livre Mémoricide. pour la première fois.
Euh voilà, j'étais j'avais 11 12 ans. Je vous ai parlé tout à l'heure du chardonner. Un matin en partant à l'école avec mon frère Bertrand cartable sous le bras, il y a une brume d'apocalypse.
Tous les chaînes sont à l'envers, souch l'air. Il y a plus de ha et il y a plus un bruit. Il y a plus d'oiseaux.
Le chardonner n'est plus. Et on m'explique, c'est le progrès, c'est le renombrement. On a vu le plan Monchol et là je dis à mon frère un jour je j'écri un opéra pour mon chardonner perdu et je pleurais et je me disais j'avais raison c'est quoi le progrès finalement un suicide par jour chez les paysans c'est quoi le progrès le merco sû c'est quoi le progrès On est en train de déléguer notre alimentation au monde entier.
Et le deuxième moment douloureux et touchant que je n'ai jamais oublié, c'est quelques mois après, j'entre dans la chapelle des Luc, la chapelle qui a été incendiée par les bleus. 560 morts, c'est le radourin. Il y a les plaques de marbre avec les noms, les enfants, les vieillards, les femmes.
Et tout à coup, je vois, j'aperçois sur la dalle un cœur de pétale écarlate toute fraîche. Je je sors avec mon frère, on demande et quelqu'un qui jardine, on lui dit c'est c'est quoi ce ? Il dit oh c'est une dame qui vient tous les matins vers 6h du matin.
Puis elle s'en va, elle a un châle, on la voit pas, on la connaît pas. Donc je reviens une fois, deux fois, je cherche à savoir qui est cette dame et et plus tard je retrouve dans Verlin la dame inconnue. Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant d'une dame inconnue et que j'aime et qui m'aime et qui n'est chaque fois ni tout à fait la même nire et même et me comprend.
Et je me suis dit et j'ai dit à mon frère voilà je vais pas faire simplement un hymne au Chardonner, je vais faire un rouillem pour la dame qui rend hommage à ses ancêtres. Et là j'ai compris ce qu'était le sens de l'hommage. Ça c'est la vendé.
Mais après quand j'étais secrétaire d'État, Chirak m'a donné à traiter le dossier d'ura Disney, l'implantation d'Eur Disneyland à Mar de la Vallée. Et un jour en présence d'Edouard Baladur qui d'ailleurs était d'accord avec moi, je dis à Chirac mais pourquoi on fait pas des parcs à la française sur l'histoire de France ? Il dit "Mais on n pas leur technologie." Et j'ai dit "Mais monsieur le premier ministre, je vous rendez compte, eux ils ont une petite souris.
C'est tout et nous on a Jean d'arc. Bon donc il rit et voilà et là je dis bon il me lance un défi dark plutôt comité et là je me suis dit j'ai pensé à con bendit tiens 68 oui le graffiti qui était sur les les murs de la sorbonne court camarade le vieux monde est derrière toi et j'ai dit tu vas voir si le vieux monde il est derrière toi tu vois je le refère le vieux monde et comme le roman national était mort en 68 atteint par un cocktail molotof je me suis dit il faut en France à un endroit refaire le roman national et il faut plus passer par la porte de la puissance, de la performance, de la grandeur. Il faut passer par la porte de la fragilité et de la beauté.
Regarde la France. Non pas regarde la France comme elle est puissante. Ça c'est fini.
Des enfants aujourd'hui sont des écorchés vifs. Les jeunes. Regarde la France comme elle est belle.
Et c'est là qu'elle né le puit du fou. Alors, regardons comme le puit est beau grâce à vous, grâce aussi à ces bénévoles qui en ont fait un lieu exceptionnel et unique. Je voudrais qu'on qu'on regarde ensemble un extrait Philippe Deviler de ce documentaire qui a été diffusé sur C8 consacré au puit du fou et qui met vraiment à l'honneur le travail incroyable investissement incroyable personnel dans leur vie de tous ces bénévoles. gardant l'ambiance c'estire parce que bientôt ils y croi autant que moi.
C'est ça qui est fabuleux. Et tout est travaillé, ouvragé par eux comme quelque chose de définitif, de durable et d'attemporel. Et en fait, on dirait qu'il sentent, qui pressent que on va faire une œuvre qui va durer longtemps.
Au bout d'un certain temps, je me souviens, il y en a un qui vient me voir et qui me dit "Pourquoi je suis pas là moi ?" Je dis "Mais pourquoi ?" "Mais moi j'ai un tracteur moi." Il dit "Alors, mais pourquoi personne n'est venu me demander moi ?" "Bah, tu viens samedi ah d'accord." C'est qu'en fait il fallait y être quoi.
C'est c'est pas on me remercier moi. C'est pas ça. C'est dire comment on pourrait dire merci à nos ancêtres ?
Alors Philippe nous dit avec du son, avec de la lumière, on va composer un poème allégorique. Nous on sait pas ce que c'est qu'un poème allégorique mais on le [Musique] croit. Après les agriculteurs, les premiers artisans arrivent.
Le chantier avance. Tout le monde donne de son temps sans compter. Les gens ont confiance, les gens me croient.
Je leur dis, on va faire le plus grand spectacle du monde sur la plus grande scène du monde avec le plus grand nombre d'acteurs du monde, avec la plus grande coulisse du monde et les gens ne rient plus. Il me croit. On vous croit.
On vous croit aujourd'hui sur pièce et sur place. Aujourd'hui, le puit du fou est immense. Philippe Deviler, vous vous caracol aujourd'hui, c'est un véritable état dans l'État, oserais-je dire, une principauté.
Est-ce que dans cette principauté, vous avez un lieu en particulier qui vous tient à cœur ? D'abord, je vais dire que quand on crée une œuvre, la difficulté c'est la transmission. Et on a réussi la transmission puisque c'est Nicolas, mon fils, qui est président du P du fou. un président talenteux, charismatique.
Et donc en fait euh c'est le plus du fou, c'est une charge morale. C'est pas du tout ce que les gens croient. Ils croient que c'est du business et cetera.
Dans la presse, on lit le business, Philippe de Villier et d'ailleurs, je répondre à votre question. Le lieu le plus touchant, c'est euh un tout petit coin dans la dans la cour du P du fou devant les ruines euh où il y avait une barique. Je suis monté sur la barique devant les 200 premiers volontaires qui étaient plutôt des curieux que des volontaires et j'ai dit voilà je je vois bien que vous êtes sceptique.
C'était le 11 mars 1978, je me souviens très bien. Je vois bien que vous êtes sceptique. Je vous dire quelque chose.
Je suis venu déposer dans cette ruine un acte d'amour, pas un acte de business. Et donc je prends devant le notaire qui est ici, maître Gour, profitant de sa présence. Notez maître, je prends quatre engagements.
Je fais devant vous quatre serments. Le premier, il y aura jamais de droit d'auteur pour le créateur. Le deuxième serment, il y aura jamais de subvention pour pas dépendre des collectivités publiques. 3è serment, il y aura jamais de dividende.
Ça sera toujours la propriété d'un modèle associatif. Et 4e serment, il y aura jamais de breve extérieur. Sirano, j'irai moins haut peut-être, mais toute seule.
Ces quatre serments, sans que je le sache, à l'époque, ont fondé nos quatre indépendances. L'indépendance artistique, l'indépendance économique, l'indépendance technologique et l'indépendance pédagogique. C'est précieux l'indépendance aujourd'hui.
Plus je vous écoute. D'ailleurs, je sais pas si ça sent mais vous savez je respire, je suis libre. Mais c'est ce que j'allais vous demander.
Est-ce que vous respirez euh aussi bien ? Et bien quand vous êtes loin de ce lieu, on a l'impression, alors ici on est dans les studios, on est à Paris, que vous êtes une sorte d'exilé quand vous n'êtes pas au pu du fou. C'est le cas.
Je vais vous dire jusqu'à soir, j'aurais répondu oui mais j'ai entendu dire sur ces news chez Laurence Ferrari et j'ai eu mon ami Elliotte de Val au téléphone qui est là d'ailleurs avec nous et je le salue chaleureusement et affectueusement parce que c'est grâce à lui qu'on fait une émission exceptionnelle mission avec froid tous les vendredis à 19h et j'ai vu que le président de la République l'intention de distrib un kit de survie donc pour pouvoir respirer à Paris, pour pouvoir boire de l'eau et cetera, c'est très important. Décidément, papa Macron pense à nous. Voilà.
Mais c'est vrai que au bout de 2 jours à Paris, c'est c'est un peu difficile pour un campagnard. Non, ne m'emmenez pas trop sur l'actualité. Vous savez que c'est un penchant pour les interviews politiques, mais puisque vous parlez de ce kit de survie imaginé en temps de guerre, vous venez d'une famille et là c'est sérieux Philippe Deviler de soldat.
Une famille hantée par l'idée qu'il faut sauver la France. C'est aussi là à travers le pu du fou votre dette à la France vous en avez parlé tout à l'heure. Est-ce que c'est aussi une manière d'être redevable et bien à notre pays ?
Ben je vais vous faire une confidence. Euh, j'appartiens à une famille pauvre et glorieuse. C'est c'est pas de la noblesse d'Europe, c'est la noblesse d'épée.
Donc c'est une famille de soldats qui depuis 1066, de génération en génération, de guerre en guerre, de marche frontière en marche frontière, a payé ce qu'on appelait l'impôt du sang. Ça veut dire que sur l'arbre généalogique de la famille, il y a marqué sous chaque nom est entré au service en telle année. C'est beau entrer au service et on sait ce que ça veut dire entrer au service chez nous.
Tomber au champ d'honneur en telle année. Quand moi je me promène en France dans beaucoup beaucoup de villages ou de villes et un souvenir familial d'une bataille où on a versé notre sang. Et en fait quand j'étais petit, mon père nous rappelait la bataille des thermopiles h et il disait pour un soldat, c'est important de connaître cette histoire avec le l'écritau épigraphique passant va dire à Spart que ces soldats sont morts ici pour obéir à ces lois.
Alors, quand on est dans la vie civile et qu'on appartient à une famille qui paye l'impôt du sang, sa manière à soi de payer l'impôt du sang, c'est de tout donner jusqu'au dernier souffle pour sauver le pays. Saluons au passage votre frère Pierre De Villier, ancien chef d'état-major des des armées. cette époque où on parle de réarmement et d'efforts de défense, il avait tiré la sonnette d'alarme et il a écrit un livre magnifique qui s'appelait Servir.
Tout est dit. On va poursuivre ensemble Philippe Devilier ce grand tour des lieux de votre vie. Alors, vous êtes un homme de la terre, on l'a compris, de la haute terre, mais aussi un homme des mers et même de la haute mer avec évidemment le vent des globes.
Votre deuxième création, vous avez réalisé une sorte d'évreste des mers, une traversée du monde en solitaire et sans escale. Là encore, comment est venue cette idée ? Comment est né l'aventure ?
Ben tout à fait par hasard. Le crécole m'appelle en disant voilà on se sponsorise Philippe Jantau, un breton qui est en train de courir le boc challenge qui est en train de le gagner. On vous a choisi pour faire un film, on voudrait un film dans l'esprit du plus du fou sur lui.
Donc je pars avec une équipe avec mon ami Jean-Claude Gilbert euh et on filme Jeantau et là on se lit d'amitié et il me dit sur un coin de table juste à côté du Christovado, Gopag Cabana, moi j'ai une idée, une course encore plus violente. Euh là il y a des escales, il y a de l'assistance, une course sans escal, sans assistance. Et moi je dis "Tu sais moi je suis un marin d'eau douce donc tu peux me raconter ce que tu veux." Et le lendemain de mon élection à la tête du département je l'appelle et je lui dis "Alors ta course ?" Il me dit "Bah ouais mais je sais pas les moyens." Je dis "OK, on y va." Et ça s'appelait le vent des globes challenge.
Et après on a fait tomber challenge. Çaappelait le le vent des globes. Merci de parler de lui parce qu'il est aussi à l'origine.
Oui, bien sûr. C'est c'est c'est l'idée de Philippe Zonau puisque lui était un marin, moi pas. Mais en fait euh moi j'ai tout de suite compris ce qu'on pouvait faire.
C'estàd qu'il y avait les racines, il y avait l'ancre de granit et il manquait l'ancre de miséricorde comme on dit dans la haute mer. C'est-à-dire en fait l'idée, on était euh nous les Vendéens, on était euh traité de ruraux profonds, cutéreux et cetera et je me suis dit on va aller vers l'infini tour du monde. Voilà.
Et je pensais à Gulbert évidemment le tour du monde en 80 jours et et surtout à Alain Col qui avait eu un mot magnifique, la mer le plus grand stade du monde. Voilà et c'est une histoire extraordinaire. Le le premier départ c'est 26 novembre 1989, je m'en souviens comme si c'était hier.
Je vous amène à la mi-mars 90. On plante le décor ensemble. Philippe dans la nuit sombre des sables d'Olon depuis la côte une foule immense attend un héros au loin et bien les petites lumières des bateaux qui accompagnent l'arrivée d'écureuil d'Aquitaine permettent de distinguer les voiles.
Mais le monoco du héros Titoin Lamazou est quasiment immobile bloqué en mer par manque de vent. Alors excuser mon inculture alors parce que moi c'est vraiment plus qu'un marin d'eau douce. Comment on dit quand il n'y a pas de vent ?
La pétole. La pétole ou alors le poteau noir. Voilà. de l'Afrique et voilà et tout s'arrête et c'est ce qu'on va voir dans ce cet extrait, c'est le journal de France 3 qui raconte et regardez aussi comment à l'époque même le journaliste raconte ce moment.
Regardez les voiles faç et après le suspense, qu'est-ce qu'est-ce qui s'est passé Philippe ? Ben, j'étais sur un bateau avec Jacques Chabandelmince. un personnage immense que j'aimais beaucoup qui aimait beaucoup et on allait chercher Tito à la Mazou pourquoi mon que c'était Laakitaine, il était président de la Kitaine et on a attendu attendu attendu et il me regarde, il me prend comme ça puis il me dit "On emportera ce souvenir jusque dans nos tombes." Hélas, il est parti mais je pense toujours à lui et à cette nuit-là.
Et ce que je voudrais vous dire, c'est que en fait ce que j'ai découvert et ce que les Français découvrent, c'est pourquoi le vent des globes est aussi populaire au fil des éditions, c'est qu'en fait tous ces marins qui sont des héros de la mer, ils nous apprennent deux choses qu'on a complètement perdu. La première chose qui nous apprennent, c'est le goût du risque et le goût de la vie. le risque de la vie, la vie du risque, c'est-à-dire il y a autre chose au-dessus de la vie biologique, il y a les enchantements de l'âme euh et les soleils levant.
Euh un skipper du vent globe, il risque sa vie et il met au-dessus de sa vie quelque chose qui est plus grand que sa vie et qui est le risque de la vie. C'estàd le risque de la mer, le risque de la trompe, le risque des des 40e rugissants, les 50e hurlants, la vague, c'est les rates que vous pouvez pas pouvoir venir. Voilà.
Et deuxièmement, ils nous apprennent le sens et le goût des voisinages. Alors, c'est une curiosité. Pourquoi ?
Parce que en mer, tout est distance. Et bien quand il y a un marin en perdition, le lointien vient chercher le prochain et donc il pratique le aime ton voisin comme toi-même alors que nous nous sommes des voisins numériques distanciés. Ils ont perdu le sens du voisinage.
C'est eux qui nous rappellent le sens du voisinage. Ce que ce que vous dites m'inspire quelque chose. Avec le puit du fou, finalement vous avez réalisé la demeurance et avec le vent des globes, vous avez réalisé la partance.
Bon, c'est pas mal quand même. Et le monde entier entend ainsi parler de la Vandé. Je voudrais parler à présent Philippe Deviller d'un autre lieu et là on passe à la fois des lieux de fête he avant des globes c'était évidemment des grandes victoires, des grandes traversées à des lieux aussi tragiques parce qu'il y a eu un massacre, l'un des massacres les plus effroyables de la Révolution française.
Le massacre, vous en avez parlé tout à l'heure des Luc sur Boulogne. C'est la chapelle du petit Luc Solitzin est venu sur place. C'est une rencontre évidemment, j'imagine marquante et il est devenu un ami personnel.
On a envie de vous demander quelle leçon principale vous a-t-il transmis ? On a passé 4 jours ensemble donc on s'est beaucoup parlé. C'était Nick Tastruve qui traduisait.
Pour répondre à votre question, il m'a mis en garde sur ce qu'il appelit la temporalité clause des idéologies et il répétait le système s'auto raconte. Le système s'auto raacconte c'est tellement d'actualité. Ensuite, il m'a dit "Vous savez, vous l'Occident, vous allez vers l'état ultime d'épuisement spirituel, le juridisme sans âme, l'humanisme rationaliste et l'abolition de la vie intérieure." Et enfin, il m'a dit cette phrase que je répète souvent. "Aujourd'hui, les dissidents sont à l'est.
Ils vont passer à l'ouest. On va regarder ensemble un extrait de la cérémonie d'inauguration du mémorial des Luc en Vendé. Évidemment, vous vous en souvenez très bien avec cette présence exceptionnelle, Alexandre Solenitine accompagné de sa femme et qui a répondu Philippe Devil à votre invitation.
Révolution française s'est déroulée au nom d'un slogan intrinsèquement contradictoire et irréalisable. liberté, égalité, fraternité. Mais dans la vie sociale, liberté et égalité tendent à s'exclure mutuellement, sont antagoniques l'une de l'autre.
Car la liberté détruit l'égalité sociale. C'est même là un des rôles de la liberté, tandis que l'égalité restreint la liberté car autrement on ne saurait y atteindre. Que dire après ça ?
La profondeur, la vision, l'intelligence. Peut-être après les lieux tragiques, Philippe Devilier est poignant. Il y a aussi les lieux plus légers.
Ça va nous faire du bien aussi dans cette émission où l'on mange bien. On peut vous trouver à l'heure du déjeuner ou du dîner. Vous me suivez ?
Il y a certains restaurants, on peut citer quand même restaurant La Retonde à Paris. C'est là d'ailleurs que vous croisez pour la première fois, maton dit, Emmanuel Macron, alors ministre de l'économie de François Hollande, comment vous est venue l'idée à ce moment-là de l'inviter au puit du fou ? Faut quand même y penser quand on le voit.
C'est pas passé comme ça. Non nonous, il était en bas où sous l'escalier où il a sa table avec Brigitte et moi j'étais en haut. Bon, chacun ses habitudes.
Il y a pas d'allégorie là-dedans, mais bon. et et Gérard et Serge qui sont mes amis euh viennent de me voir en disant le ministre de l'économie sais que vous êtes là et il souhaiterait que vous allez le voir. Bon c'était sympathique.
Donc je descends et et je m'assois à leur table. On parle, on fait connaissance. Il est donc ministre de l'économie.
C'est chaleureux, c'est sympathique. Très chaleureux. Ah très très chaleureux. il est séduisant et elle est élégante et euh vraiment euh d'une grande courtoisie.
Et en fait lui, il me dit de toute façon je suis dans la transgression, je suis allé au pour le 8 mai agend d'arc, vous avez vu vous avez vu donc je veux venir au p du fou, je veux venir absolument au P du fou et cetera. Je dis c'est lui oui c'est lui. Voilà.
Et il est venu au P du fou. Et quand il est venu au P du fou, il a eu un un mot d'ailleurs, je suis venu chercher ici l'écho profond de la France de l'intime. Mais lors de ce premier dîner, je me souviens qu' il me dit "Qu'est-ce qu'il faudrait faire pour que les Français reconnaissent le président de la République euh comme quelqu'un qui n'est pas forcément normal ?
Qu'est-ce que vous comment vous voyez le le rôle du président ?" Et je lui réponds du tac au tac. Euh le président sera reconnu non pas pour ce qu'il aura changé mais pour ce qui leur a sauvé.
Euh et moi je vous fais une recommandation, c'est que des bavards depuis des années, il faut être laconique. Prévit impératoria comme disaient les anciens, c'est-à-dire le mot rare, rester sur les cimes, s'entourer de mystère. Et à ce moment-là, Brigitte lui prend la manche et dit "Tu vois, ça sera dur.
Ça a été dur." Il ne vous a pas tellement écouté he on est parfois entendu mais pas toujours écouté. Alors, lors de cette visite au pu du fou, il a fait une déclaration fracassante, hein.
Tout le monde s'en souvient, ceux qui nous regardent, ceux qui sont avec nous ici dans ce studio. À la question "Pourquoi un ministre socialiste visite le puit du fou ?" écoutons sa réponse.
L'honnêteté m'oblige à vous dire que je ne suis pas socialiste. Je suis au gouvernement un gouvernement de gauche. J'ai moi-même pris des initiatives politiques qui ne vous ont pas échappé.
Nous en avons parlé tout à l'heure. Mais je dire quelle importance quand vous êtes ministre, vous êtes ministre de la République et donc vous servez l'intérêt général. Ce sont deux belles formules : servir d'abord et l'intérêt général ensuite qui est ce qui doit rassembler tous les dirigeants politique et ceux derrière quoi se retrouvent les Français.
On a remarqué votre sourire. Comment comment je qualifierai votre sourire à côté ? Ben, je vous l'expliquer, c'est qu'en fait on l'a emmené voir l'anneau Jean Dark.
Ah, comment-il réagi ? Il était pétrifié. Il s'est retourné, il m'a dit merci.
Juste après, il a fait cette déclaration et j'ai dit à mon fils Nicolas à l'oreille, c'est le premier miracle de l'anneau. Et du coup, Nico me dit, je vais peut-être en faire un autre. Et je lui ai dit, "Vous pouvez leur dire aux caméras que vous êtes pas multiculturaliste, que vous êtes pas progressiste, que vous êtes pas mondialiste." Et là, il a dit "Non, c'est pas possible pour aujourd'hui." Et donc, j'ai vu que la NRE Jean Dark n'a fait qu'un seul miracle.
C'est peut-être pour ça que vous êtes allé à l'Élysée ensuite parce qu'il y a eu un autre dîner pour le convaincre justement. En tous les cas, c'est le temps des désillusions par rapport à Emmanuel Macron. Après toutes ces rencontres, Philippe Devilier, est-ce que vous pourriez nous dire ce soir, est-ce que vous savez qui est le vrai Emmanuel Macron ?
Ben, d'abord, je voudrais dire que il a il a pour le P du fou une vraie fascination, une vraie amitié. À chaque fois qu'il rencontre Nicolas, il lui dit "Alors le pu du fou, comment ça va ?" et cetera.
Elle aussi, Brigitte. Donc je je il a une vraie fidélité pour le P du fou. Parenthèse, il a contribué à son ouverture lors de la période de la COVID.
Oui. Oui. Contre son premier ministre de l'époque, Édouard Philippe.
On a bien noté. bien connu de nos services, n'est-ce pas ? Récemment interviewé.
Oui. Et donc euh euh le en fait, je vais vous dire, c'est la création du cercle de la raison. C'est il est resté le young global leader et il a trois parins closeab qui est le patron du forum de Davos qui a déposé dans ses synapses le le creusé idéologique du plutôt le brouet idéologique du capitalisme global.
Atalie et Mc qui ont qui l'ont détecté à la poêle à frire et qui l'ont initié au API management et qui lui ont appris à communier sous les deux espèces du multiculturalisme et du progressisme. En fait, souvent je me dis quelle est sa France ? Et ma réponse est la suivante : sa nation secrète est une patrie cosmique dont les voisins sont les Global Shephers, les façonneurs mondiaux du capitalisme de surveillance.
Ces faç honneur en tous les cas on ne les a pas retrouvé et on ne les retrouve pas dans vos meetings. On les a pas retrouvé évidemment ils n'ont pas été conviés pour cause. Ces meetings Philippe Deviler marquent aussi votre vie votre parcours.
Là on parle du responsable politique du temps où aranger la foule et certains meetings, c'est ainsi dans la vie d'un d'un responsable sont plus importants que d'autres. Alors moi, j'ai j'ai pris pour exemple celui du palais des sports à la porte de Versailles. On est en en 2005 évidemment juste après la victoire du nom au référendum sur la Constitution européenne.
Est-ce que vous vous souvenez de ce que vous aviez dit à l'époque, vous qui avez une mémoire Ben je peux pas oublier parce que je peux pas oublier. Vous allez comprendre pourquoi quand vous gardez l'actualité. J'avais dit trois choses.
J'avais construit mon discours autour de trois trois éléments successifs de démonstration. Premièrement, ils veulent faire l'Europe sans les racines chrétiennes puisqu'ils avaient refusé de mettre les racines chrétiennes dans la Constitution. et au même moment, il voulait faire rentrer la Turquie dans l'Union européenne qui avait été signataire, qui avait parafer le traité de la Constitution européenne et je dis ils refusent de faire l'Europe de l'Atlantique à l'oral, celle de de Gaulle, et ils vont faire l'Europe de l'Atlantique à l'Arcurie. 2è élément euh l'article 16 du traité, je m'en souviens comme si c'était hier la supériorité du droit européen sur les droits nationaux.
C'est tout le drame de nos ministres aujourd'hui qui ne peuvent rien faire. Ils ont les mains liées puisqu'ils commandent rien puisque notre droit est un droit domestique. Je sais pas.
Et troisièmement, oui, euh troisièmement, euh oui, le plus important en fait, c'est l'atlantisme. C'est l'article le titre 5 du traité consacré à la défense collective qui est remise entièrement dans les mains de l'OTAN. C'est ça le traité de la Constitution européenne qui sera repris par le traité de Lisbonne.
Et on en paye le prix aujourd'hui avec un parapluie américain qui se dérobe à nous. Voilà. Je ne sais pas Philippe Déviller si vous êtes entré en politique comme on entre en religion mais je sais qu'il y a un lieu qui vous tient à cœur aussi c'est l'église de Boulon.
Je voudrais en parler parce que c'est l'église de votre enfance. On y revient. Il y a aussi la Sainte Chapelle sur l'île de la cité là où Saint-Louis a échangé sa couronne de puissance contre une couronne de souffrance.
Pouvez nous raconter ce lieu ? D'abord l'église de Boulin, c'est l'église de mon baptême, c'est l'église de mon enfance, les paysages intimes, les sonorités natales. Euh j'ai vécu la grande bascule liturgique.
Votre moment sacré, c'estd qu'en fait moi, j'ai été j'ai grandi avec la messe des anges, le crédau grégorien et cetera. Et puis tout à coup un matin, un dimanche matin, je vois le curé qui dit sa messe à l'envers comme disait Claudel qui euh l'hôtel qui est devenu une table passée et il boit le vin dans un verre à moutarde et il est là collégial, souriant convivial et il dit je fais église. Voilà tout un nouveau vocabulaire la journament j'ai vécu ça. et les sociales sacristines montent au lutin pour célébrer les énergies nouvelles et cetera.
C'était avant l'église verte mais on y était déjà. Voilà. Et un jour, je aller voir le pape quand on a décidé de créer une école qui s'appelait Liss qui était un institut supérieur d'enseignement catholique.
Le pape donc à l'époque Ratzinger, pas encore le pape et je lui ai dit tout ça. Je suis un peu plus en peux plus. C'est la beauté qui sont vraim desqu m'en parlez pas, m'en parlez pas et cetera. et il m'a expliqué euh si l'église ne retrouve pas une liturgie, les gens partiront.
Bon voilà, c'était un pape qui avait vu juste. Alors vous me parlez de la la Sainte Chapelle. La Sainte Chapelle en fait c'est le roi architecte incroyable, un génie.
Il dit ceci à son architecte euh voilà, vous allez faire une verrière d'Apocalypse qui par sa velesse représentera la victoire de l'esprit sur le corps et du vide sur le plein jusqu'à présent. C'est la pierre qui tient la lumière. Je veux qu'ici ce soit la lumière qui tienne la pierre.
Allez visiter la pelle, vous verrez. C'est ça qu'il a fait. J'ajoute qu'il y a un troisème lieu qui me touche, c'est l'aboncambo.
Parce que je pense à Saint Texubéri quand on écoute un chant villageois du 15e siècle, on mesure la pente descendue et il ajoute "Faites pleuvoir sur le monde comme un champ grégorien". Euh c'est un un gémissement primordial et doux et je pense que les monastères sont peut-être le dernier refuge français. Avec cette idée qui me fascine, les moines se sont éloignés du monde pour le sauver.
Mais c'est pour ça que je vous ai posé tout à l'heure la question sur l'exil exil intérieur aussi que vous vivez. Alors, le pire exil ce n'est pas d'être arraché à son pays, c'est d'y vivre et de n'y plus rien trouver de ce qu'on y a aimé. Et euh moi, j'ai lutté contre cet exil là.
Comment ? en apprenant ce que mon père m'a enseigné a enseigné à tous ses enfants à être un conservateur. Qu'est-ce qu'un conservateur ?
Un conservateur, me disait-il, c'est quelqu'un qui lorsqu'il se lève le matin se lève en un précateur, il s'indigne parce que s'il s'indigne pas, c'est un un ravi des centaons de Provence, un béni oui. Il y a de quoi s'indigner. Lorsque j'ouvre mes volets, je je suis prêt à boire un bol de crapau.
Je vais m'indigner. La la lucidité c'est la blessure la plus proche du soleil Ronéchard. Donc il faut s'indigner imprécateur le matin.
Mais disait-il l'après-midi sauveteur, on est le piolet à la main, on répare la falaise, on crée. Et en fait, j'en ai fait une devise à 18 ans qui m'a guidé toute ma vie. Une société se sauve non pas par des mises en garde mais par des réalisations qu'on accroche à Contrepente.
Donc le conservatisme n'est pas une nostalgie, n'est pas un projet du passé, c'est aussi un projet d'avenir. Nostalgie féconde. On revient à ce qu'on avait dit au début.
On arrive presque à la fin de ce numéro de destin d'exception qui vous est consacré avec de nombreux jeunes he qui nous entourent, je vois leur réaction depuis depuis tout à l'heure et qui ont certainement visité peut-être le puit du fou ou certains de ces lieux. que nous avons aigrainé ce soir à travers eux Philippe Devilier, à travers ceux qui nous regardent jeunes ou moins jeunes d'ailleurs, qu'est-ce que vous leur dites à tous ces français quel que soit leur régime ? Qu'est-ce que vous leur dites ?
Et quelle image vous vous faites de la France ? Alors, d'abord, moi je leur dis à tous ces jeunes qui sont ici, si vous êtes la relève, soyez là vraiment, c'est-à-dire revendiquer la France, exiger qu'on ne la défigure plus, qu'on ne la mutile plus. demandez qu'on vous la raconte et allez la chercher là où elle existe encore.
En fait, je vais vous dire quelque chose euh qui est qui est le fond de toute ma conviction depuis que je suis jeune et que j'ai appris à connaître l'histoire de la France. Dans l'histoire de France, il y a deux mots qui reviennent tout le temps. Le premier, c'est tout est perdu et à chaque moment, on croit que tout est perdu.
Et ce mot est flanqué d'un autre mot qui vient le contredire. Tout est sauf, tout est perdu, croit-on. Et puis tout est sauf parce qu'il y a des gens qui se lèvent.
Il y a une relève qui dit "Ah non, tout n'est pas perdu. À chaque fois que la France est au bord de laabîme, elle s'est accrochée à deux moules qui n'ont pas vacillé le tronçon de l'épée et la pensée française. En fait, la France c'est deux millénaires de d'une sémantique de relèvement.
Et vous m'avez posé une question sur l'image que je me fais de la France. Alors moi, c'est une image poétique. Quand je vois les nombreux français qui m'arrêtent dans la rue euh et qui me disent "Moi, je voudrais bien être français mais je sais pas ce que c'est.
On me dit les droits de l'homme, on me dit les valeurs de la République, on me dit la laïcité." Mais je sais pas ce que c'est dans ma religion laïcité. Je dis ben la France est belle.
Il dit "Ah bon ?" Parce que quand on présente la France sous l'angle d'un code, euh on donne pas accès à la beauté intime de notre pays, à son mystère insondable. Et moi, en fait, à l'âge de de de 15 ans, je suis tombé sur une miniature du 15e siècle qui s'appelle le jardin de paradis. la France, le jardin de paradis et j'ai mis du temps, beaucoup de temps à comprendre les allégories que je vous livre.
Première allégorie, il y a un palis d'osier morier tout autour. En fait, c'est le précaré de Vaubancir plus tard. Qu'est-ce que ça veut dire ?
Ça veut dire que la France en fait, c'est le jardin des confins. Euh, c'est le jardin de la tempérance, le 7e climat. mais attentif à ses confinalous.
Pourquoi ? Parce que la France c'est pas un un acte de la nature comme l'Angleterre ou un acte du sang comme la Germanie. La France c'est un acte politique.
En d'autres thème, il y a pas de frotter naturel. Et si le pouvoir politique n'agit pas, la France disparaît. Première image.
Deuxème image, au milieu, il y a la Domina. La la dame, la Domina, c'est la maîtresse, c'est elle qui commande. D'ailleurs Michelet disait "La France est une femme.
C'est un être moral doué de tendresse. La France est une femme. La Domina en fait, c'est l'allégorie du pays inventeur de la courtoisie.
La France est un acte politique. La France est un art de vivre. Et troisièmement, au pied de la dame, il y a un petit enfant qui joue du psalterion.
Et en fait, j'ai mis du temps à comprendre que le psalteron, c'est le verbe. La France, c'est la langue. Et donc la France est née d'un acte littéraire, d'une chanson ja, c'est inoui.
C'est le seul pays au monde qui est né. Tu tourneras ma tête vers France la douce. France la douce, c'est l'acte fondateur du patriotisme français.
Et puis un peu plus loin, il y a un 4è élément que j'ai découvert beaucoup plus tard, c'est l'arbre sec qui refleurit. Vous saz, c'est la tradition de l'arbre de Gessé. L'arbre sec qui refleurit.
Qu'est-ce que ça veut dire ? Bah, c'est le peuple français, le peuple historique français. On croit qu'il meurt et il renaît.
On va conclure Philippe Devilier. Ce sera ma dernière question parce que s'il est un livre qui vous représente, on a beaucoup luos vos ouvrages, c'est le dernier qui est un véritable succès, mémoricide. Malgré tout ce que vous dites, vous avez écrit sur le mémoricide.
D'abord, pourquoi ce titre ? Et est-ce que finalement on peut avoir une conclusion positive et pleine d'espoir avec un tel titre ? Le mémoricide est à la nation parce que le génocide est un peuple.
En fait, c'est euh la mémoire attropie, la mémoire pénitelle. Mais euh je voudrais vous dire pourquoi euh en fait si vous me permettez, pourquoi je suis là avec vous et pourquoi je suis avec Elliot jour froid tous les vendredis. Euh j'ai attendu ce moment pour vous en faire la confidence parce que d'abord il y a quelqu'un qui est venu me chercher par la manche qui est un ami breton. un homme d'altitude et de l'harmorique, un homme extraordinaire et que que je salue chaleureusement qui s'appelle Vincent Boloré et qui m'a dit "Faut que tu parles au français." J'ai dit "Mais non, je suis un paria, ils m'écouteront pas." Si maintenant ils t'écouteront maintenant les gens ont compris beaucoup de choses, vous voyez c'est un devancier, c'était un homme d'anticipation.
Donc il m'a projeté, il m'a dit "Là je t'acharu comme çaus." Et ce que je vais vous dire, c'est pourquoi je fais tout ça, pourquoi je dis tout ça ? Parce que le pronostic vital de la France est engagé.
Et pourquoi il est engagé ? Parce que le peuple français sous-traite la fabrication d'enfants aux populations immigrées. Il ne trouve plus la force de se reproduire, de reprogrammer la vie.
La France en fait porte le deuil d'une grandeur définte. Elle a connu dans son histoire, dans sa longue histoire bien des malheurs. Elle s'est toujours relevée.
Mais pour la première fois, elle doit affronter la crainte de disparaître. Pourquoi ? Parce que la terre de France porte aujourd'hui deux peuples.
Un peuple neuf, jeune qui arrive avec ses fiertés, avec ses croyances, avec ses mœurces. et un peuple aggar exténué qui a perdu la mémoire qui a perdu la tête et même l'envie de continuer à vivre. Et donc nous sommes dans un face-àface de deux civilisations qui ont chacune leur valeur mais qui ne sont pas admissibles.
La civilisation arabo-musulmane et la civilisation christiano-occidentale. Ceux qui disent qu'on va réformer l'islam ou qu'on va avec la laïcité régler tous les problèmes. Nous sommes d'accord sur ce point.
Ils se trompent. Ils se trompent. Mais ne saf pas que Philippe Deviller parle à tous et veut faire des français de com on a eu déjà cette conversation.
Je vous souviens vous m'aviez dit il faut passer par-dessus tout s'adresser au français de désir au français millénaires de la même manière euh en proposant l'amour de la France. Mais l'amour de la France ça veut dire quoi ? Ça veut dire à tous les Français de désir, regardez-nous, on va vous donner envie de nous ressembler.
Encore faut-il qu'on soit capable de donner envie de nous ressembler, de nous ressembler non pas dans l'hédonisme et le niilisme, mais dans l'exaltation commune du patrimoine vital. Une nation, souvent on m'avait entendu le dire et je le répète, une nation c'est un lien amoureux. Il faut refaire un peuple amoureux.
Moi Sonia, très tôt, très jeune, je suis tombé amoureux de la France. Je mourrai dans ses bras le plus tard possible. On l'espère Philippe Devilier.
En tous les cas, merci d'avoir ouvert votre cœur puisqu'on parle d'amour dans cette émission, votre album photo également, de ne pas avoir essu les plâtres, je l'espère et c'était vraiment un plaisir de vous avoir ici même tout comme ce jeune public de l'Institut de formation politique. Merci à vous hein qui nous avez regardé pour ce premier numéro de destin d'exception. Il y en aura d'autres je l'espère.
Vous avez compris le principe pour ainsi feuilleter l'album photo de nos invités qui ont aussi quelque part façonner l'album photo de la France. Merci encore. Très belle soirée et à bientôt.
Philippe de Villiers