Banalisation des pantouflages sous l’ère Macron : un risque démocratique ?
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Qu'est-ce que le ? C'est passer d'un poste de ministre aux fonctionnaires ou membres d'un cabinet ministériel vers une entreprise privée. On parle aussi de rétro-pantouflage quand cette même personne revient dans le secteur public. Or, ces mouvements se banalisent depuis plusieurs années selon Antoine Vauchez, professeur de sciences politiques à Paris 1 et auteur d'une étude sur le sujet. on a vu une extension de ce phénomène. Ce qui est nouveau aussi, c'est la tendance à aller vers le monde du conseil quand on pantoufle pour aider les entreprises dans leur relation avec l'État, les institutions publiques ou voir même l'Union européenne. Par exemple, pour la première mandature présidentielle d'Emmanuel Macron, les ministres qui ont pantouflé sont d'abord
plus nombreux que ceux qui étaient chez François Hollande et aussi qui ont pantouflé à plus de 40 % justement vers le monde du conseil. Donc, pour les anciens membres des cabinets ministériels, environ 15 à 20 % qui partent dans le privé. Quelles sont les règles en la ? Une haute autorité de transparence de la vie publique donne des avis sur les pantouflages sensibles, mais ses moyens de contrôle sont faibles. Quant à la loi, elle condamne la prise illégale d'intérêts, mais celle-ci est considérée de façon très restreinte. La réglementation existe. Elle rend impossible le fait de rejoindre une entreprise qu'on a régulé dans ses fonctions de de ministre, par exemple. Mais c'est extrêmement circonscrit. On peut tout à fait pantoufler dans l'ensemble du secteur, par exemple,
énergétique, pétrolier, que l'on a régulé comme ministre, mais pas si on a pris une décision spécifique sur telle ou telle entreprise. est en jeu, c'est l'indépendance de l'État face aux grandes entreprises privées qui cherchent à peser [musique] sur les politiques publiques. Or, sans indépendance, l'État n'est pas crédible pour prendre des décisions qui vont dans le sens de l'intérêt général, notamment sur les questions énergétiques, écologiques, numériques ou de défense. Pour approfondir, lisez l'article d'Antoine Vauchez [musique] sur The Conversation France, le média qui décrypte l'actualité en donnant la parole aux chercheurs.