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Podcast / conversationJ'suis pas content TV· 15 septembre 2026 66 minAutoproduitActualitĂ© / polĂ©miqueInstitutions & Ă©lectionsÉconomie & entreprisesSolidaritĂ©s & familleJustice

đŸ’„Le PLAN de MACRON pour garder le POUVOIR aprĂšs 2027 [Le OFF]

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:38InvitĂ© politiqueFait
    « Emmanuel Macron a fait une dinguerie, une dinguerie et vous en avez probablement pas entendu parler. »
  • 1:15InvitĂ© politiqueFait
    « En moins de 2 ans, Emmanuel Macron a mĂ©thodiquement parachutĂ© ses ministres les plus fidĂšles et ses grands commis Ă  la tĂȘte des instances les plus inaccessibles de la RĂ©publique. »
  • 2:34InvitĂ© politiqueFait
    « Le Conseil constitutionnel, c'est pas juste un arbitre de fin de match, c'est une arme de paralysie massive. »
  • 4:18InvitĂ© politiqueChiffre
    « 1er décembre 2011, les Mutuelles de Bretagne obtiennent une aide du département du FinistÚre pour financer une structure en faveur des personnes ùgées, montant 15000 euros. »
  • 10:18InvitĂ© politiqueFait
    « Le Parlement a dit non par une immense majorité mais techniquement, la Constitution dit oui. »
  • 11:01InvitĂ© politiqueFait
    « Ils ont fait le pari d'obtenir la gratitude future d'une institution clé alors que Marine Le Pen était confrontée à des problÚmes judiciaires. »
  • 12:35InvitĂ© politiqueFait
    « Une des premiÚres audiences que Richard Ferrand pourrait présider porte sur une question prioritaire de constitutionnalité relative à l'exécution provisoire d'une peine d'inéligibilité d'un élu. »
  • 17:35InvitĂ© politiqueFait
    « Du 23 décembre 2024 au 22 février 2026, Amélie de Montchalin occupait une fonction centrale. Elle était la ministre de l'action des comptes publics. »
  • 18:19InvitĂ© politiqueFait
    « C'est déjà arrivé. Sous Napoléon. »
  • 19:01InvitĂ© politiqueFait
    « Jamais une personne n'a été nommée pour une durée potentielle de 27 ans à un poste structurant pour la juridiction. »
  • 22:50InvitĂ© politiqueFait
    « Le gouverneur de la Banque de France, c'est pas un simple haut fonctionnaire, c'est le paratonnerre ultime du dogme néolibéral. »
  • 50:16InvitĂ© politiqueFait
    « Christophe Castaner va carrément basculer dans le privé et accepte de devenir conseiller RSE, responsabilité sociétale des entreprises pour le géant chinois de la fast fashion Shein. »
  • 50:51InvitĂ© politiqueFait
    « Il est conseiller stratégique en France de la marque chinoise. Il y a rien qui qui vous ? C'est un peu nul ce que vous faites. »
  • 51:50InvitĂ© politiqueFait
    « Frédéric Decrosailles, député marcheur de la premiÚre heure, il est intégré directement à la Cour des comptes par décret présidentiel en 2025. »
  • 53:06InvitĂ© politiqueFait
    « Anne-Laure Cattelot, une dĂ©putĂ©e macroniste battue aux lĂ©gislatives de 2022. En 2025, elle est officiellement nommĂ©e par dĂ©cret Ă  la prĂ©sidence de l'Office national des forĂȘts, l'ONF. »
  • 53:46InvitĂ© politiqueFait
    « Clément Beaune est balayé comme une merde lors des législatives anticipées de juillet 2024, comme beaucoup de gens d'ailleurs. »
  • 54:23InvitĂ© politiqueFait
    « En mai 2025, il est propulsé à la direction de la nouvelle entité issue de la fusion réglementaire de France Stratégie et de l'ancien Haut Commissariat au Plan de François Bayrou. »
  • 55:37InvitĂ© politiqueFait
    « Barbara Pompili, ancienne ministre de la transition écologique d'Emmanuel Macron, elle est officiellement nommée ambassadrice à l'environnement. »
  • 56:14InvitĂ© politiqueFait
    « Clara Chappaz, l'ancienne ministre du numĂ©rique, qui connaĂźt la mĂȘme trajectoire et qui se voit propulsĂ©e ambassadrice numĂ©rique dĂšs sa sortie du gouvernement. »

Temps de parole

  • Emmanuel Macron100 %

≈ 0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections dĂ©tectĂ©s).

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Emmanuel Macron

Emmanuel Macron a fait une dinguerie, une dinguerie et vous en avez probablement pas entendu parler. Alors, vous avez peut-ĂȘtre vu passer ces articles qui nous expliquent que Macron serait en train de verrouiller les institutions avant son dĂ©part. Bon, jusque-lĂ , rien d'anormal, tu pars en vacances, tu fermes la porte Ă  clĂ©. Sauf que le problĂšme, c'est que chez lui, bah c'est chez moi et que la rĂ©alitĂ©, elle est beaucoup plus grave. Si je vous disais que les prochaines Ă©lections prĂ©sidentielles de 2027 ne changeront absolument rien ou [musique] presque. Alors oui, bien sĂ»r, il y aura des nouveaux visages et trĂšs certainement une volontĂ© politique de transformer le pays en profondeur.

Et si le nouveau ou la nouvelle prĂ©sidente de la RĂ©publique souhaite aller plus loin que la simple continuitĂ© avec les politiques dĂ©jĂ  mises en place, il ou elle sera contraint d'effectuer une purge de la quasi-totalitĂ© des hautes instances de la RĂ©publique, quitte Ă  assumer le rĂŽle de dictateur aux yeux des Français et avec un peu de propagande mĂ©diatique, du monde entier. 2027, c'est demain et le pouvoir est lucide. [musique] À moins que Gabriel Attal se fasse pousser des couilles ou qu'Édouard Philippe prenne des cours de charisme, la certitude d'une branlĂ©e pour le bloc central est actĂ©e.

Alors, pour survivre, le systĂšme s'est trouvĂ© une parade, la crĂ©ation d'un gouvernement par procuration, plus connu sous le nom d'État profond. Et si cet État profond, vous l'avez pas vu, c'est normal, c'est tout simplement parce qu'il n'est pas encore entrĂ© en action. En moins de 2 ans, Emmanuel Macron a mĂ©thodiquement parachutĂ© ses ministres les plus fidĂšles et ses grands commis Ă  la tĂȘte des instances les plus inaccessibles de la RĂ©publique. Conseil constitutionnel, Cour des comptes, Banque de France, ARCOM et beaucoup d'autres qu'on abordera dans cette vidĂ©o, tout y est passĂ© avec parfois des mandats jusqu'en 2053.

L'objectif, faire en sorte que si un nouveau pouvoir est Ă©lu en 2027, sa politique budgĂ©taire soit sabotĂ©e, sa politique mĂ©diatique soit fliquĂ©e et ses rĂ©formes constitutionnelles soient censurĂ©es par les hommes du prĂ©sident dĂ©chu. Dans cette vidĂ©o, nous allons parcourir en dĂ©tail les 24 nominations de connivence et les 18 institutions et officines qui ont Ă©tĂ© mĂ©thodiquement et parfois quasi-illĂ©galement noyautĂ©es. Bienvenue dans la vidĂ©o qui va faire l'autopsie de ce que les mĂ©dias appelleront peut-ĂȘtre dans quelques mois l'État profond macroniste.

Ah le Conseil constitutionnel, le saint garant des libertés fondamentales du peuple mal pensant selon les sociaux-démocrates libéraux de mes couilles. Et pour piger comment le sommet du Conseil constitutionnel a été totalement cadenassé, il va falloir qu'on fasse un petit bond en arriÚre et qu'on fouille dans les archives judiciaires de 2017. Car c'est là entre le FinistÚre et l'Ille-et-Vilaine qu'un petit groupe de personnes va passer un pacte ultra-secret. Mais d'abord, pourquoi est-ce que la rue de Montpensier, le siÚge du Conseil constitutionnel, c'est le boss final de l'appareil ?

Bah tout simplement parce que les neuf sages qui siÚgent ont littéralement droit de vie ou de mort sur n'importe quelle loi votée en France tant que celle-ci est contraire non pas à la Constitution, mais à leur interprétation de la Constitution, ce qui n'a pas grand-chose à voir. Imaginez le scénario, un président d'opposition est élu en 2027, il veut lancer des grosses réformes de rupture sur l'immigration, la fiscalité ou faire des nationalisations. Bah ces neuf sages ont le pouvoir souverain de tout censurer, de bloquer les référencements ou d'invalider un scrutin.

Le Conseil constitutionnel, c'est pas juste un arbitre de fin de match, c'est une arme de paralysie massive et vous allez voir que pour tenir le flingue, le pouvoir a gĂ©rĂ© ça de maniĂšre chirurgicale. Tout commence en mai 2017. Emmanuel Macron s'installe Ă  l'ÉlysĂ©e. Juste Ă  cĂŽtĂ© de lui, il y a son bras droit, l'homme en grande partie responsable de sa victoire Ă©lectorale. Qui a pensĂ© Brigitte ? Non, je parle de Richard Ferrand, un fidĂšle parmi les fidĂšles, qui sera rĂ©compensĂ© et deviendra ministre de la cohĂ©sion des territoires. Au boulot de branleur. Sauf que malheureusement, la lune de miel va durer Ă  peine quelques jours.

Le Canard enchaßné et une énorme bombe, l'affaire des Mutuelles de Bretagne. Depuis le début de l'affaire Ferrand, les membres de La République en Marche l'assurent, aucun argent public n'est en cause. Pourtant, les documents que nous nous sommes procurés semblent prouver le contraire. 1er décembre 2011, les Mutuelles de Bretagne obtiennent une aide du département du FinistÚre pour financer une structure en faveur des personnes ùgées, montant 15000 euros. Autre soutien financier, celui de la ville de Brest. Fin 2012 et début 2013, le conseil municipal attribue deux autres subventions de 20000 euros chacune. Au total donc, 55000 euros de fonds publics.

Cela équivaut au tiers du coût de la rénovation des locaux. Nous avons contacté l'entourage de Richard Ferrand. Il n'y voit aucune infraction dans le recours à ces subventions, pratique courante pour des structures comme les Mutuelles de Bretagne. Ces choix sont de saine gestion. Les fonds en question ne sont pas affectés aux locaux, ils servent à financer le mobilier, le matériel informatique, les armoires pour garder les médicaments à température. Les Mutuelles de Bretagne auraient donc été les seuls bénéficiaires des subventions sans avantager le propriétaire des locaux, c'est-à-dire la compagne de Richard Ferrand.

Mais si ces fonds publics ont en fait permis d'augmenter la valeur des locaux, l'affaire prendrait une autre ampleur. C'est d'ailleurs l'une des questions auxquelles les enquĂȘteurs devront trouver des rĂ©ponses. Au sommet de l'État, la panique est totale. 1er juin 2017, la justice va ouvrir une enquĂȘte prĂ©liminaire Ă  Brest et pour Ă©viter que le scandale ne contamine tout le gouvernement, bah Richard Ferrand est obligĂ© de dĂ©missionner. On l'exile tranquille le chat Ă  la prĂ©sidence du groupe LREM Ă  l'AssemblĂ©e pour calmer les esprits et l'aider Ă  conserver son train de vie. Mais l'affaire reste une vraie bombe Ă  retardement pour le jeune rĂ©gime.

Sauf que cette bombe, elle va ĂȘtre dĂ©samorcĂ©e en quatre petits mois chrono par un personnage dont on a jamais parlĂ© d'ailleurs dans les vidĂ©os parce qu'il est assez discret mais nĂ©anmoins trĂšs important, la MacGyver de la Macronie, VĂ©ronique Malbec. Au moment de l'affaire Ferrand, VĂ©ronique Malbec vient d'ĂȘtre nommĂ©e procureur gĂ©nĂ©ral de la cour d'appel de Rennes et elle va y rester jusqu'en 2017. Retenez bien ce poste parce que dans la justice française, le procureur gĂ©nĂ©ral, c'est un peu le chef absolu de tous les procureurs de sa zone.

En clair, Ă  Brest, le procureur de la RĂ©publique chargĂ© des investigations sur Richard Ferrand exerçait ses fonctions sous l'autoritĂ© directe du parquet gĂ©nĂ©ral de Rennes, dirigĂ© par VĂ©ronique Malbec. Et devinez ce qui se passe le 13 octobre ? Le procureur de Brest classe l'affaire sans suite. Les motifs ? Bon, l'absence de prĂ©judice et surtout [musique] la prescription. Circulez, il y a plus rien Ă  voir. Alors oui, l'association Anticor va s'entĂȘter, relancer la machine et rĂ©ussir Ă  mettre Ferrand en examen Ă  Lille en 2019. Mais le verrou de la prescription est posĂ© et en octobre 2022, la Cour [musique] de cassation va dĂ©finitivement Ă©teindre les poursuites.

Le fond de l'affaire ne sera jamais jugĂ©. Quant Ă  VĂ©ronique Malbec, sa carriĂšre va connaĂźtre une ascension aussi fulgurante qu'incomprĂ©hensible en Ă©tat de droit. En septembre 2018, elle quitte le terrain et devient secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du ministĂšre de la Justice et en juillet 2020, lorsque Éric Dupond-Moretti dĂ©barque Ă  la Chancellerie, qui va choisir pour diriger son cabinet et gĂ©rer la carriĂšre de tous les fucking magistrats de ? VĂ©ronique Malbec. Mais c'est le 23 fĂ©vrier 2022 que la phase finale de l'escroquerie est lancĂ©e. Ce jour-lĂ , Richard Ferrand est prĂ©sident de l'AssemblĂ©e nationale et il va utiliser un pouvoir absolu que lui donne l'article 56 de la Constitution.

Tranquillement, face aux camĂ©ras du monde entier ou non parce que tout le monde s'en fout un peu de Richard Ferrand, donc on va dire de France, il signe un dĂ©cret et nomme VĂ©ronique Malbec membre du Conseil constitutionnel pour un mandat de 9 ans. C'est un truc de dingue. L'ancienne procureur qui chapeautait le parquet ayant enterrĂ© le dossier de Richard Ferrand quelques annĂ©es plus tĂŽt se retrouve propulsĂ©e par Richard Ferrand lui-mĂȘme au sommet de la plus haute instance de contrĂŽle des lois du pays.

Alors bien Ă©videmment, les juristes et les oppositions vont hurler Ă  la RĂ©publique des copains, ils ont bien raison, ou plutĂŽt des copines dans l'occurrence, mais la nomination passe crĂšme avec 27 voix contre 11. On est Ă  des annĂ©es lumiĂšres de la majoritĂ© de blocage. Le 14 mars 2022, VĂ©ronique Malbec prĂȘte serment. Elle est dĂ©sormais intouchable pour les 9 prochaines annĂ©es. Et vous pensez qu'on est allĂ© au bout de ? Non, attendez, il y en a encore. Faisons un petit bond en avant jusqu'en fĂ©vrier 2025. Et lĂ , bah, j'ai une mauvaise nouvelle hein Ă  vous annoncer pour ceux qui sont fans, Laurent Fabius arrive Ă  la fin de son mandat Ă  la prĂ©sidence du Conseil constitutionnel.

[cri] Et Lolo, bah, c'est un peu un magouilleur et l'avantage des magouilleurs, c'est quand les gens autour s'apprĂȘtent eux aussi Ă  magouiller, il a du pif et il arrive Ă  sentir l'arnaque venir. Toi, tu essaies de me la mettre Ă  ? Je vais t'apprendre ce que c'est que d'enculer un Ouzbek. Il va donc faire passer une note trĂšs discrĂšte et il va donc dire Ă  Emmanuel Macron qu'il n'a que une seule demande concernant son successeur. Il veut quelqu'un qui est, je le cite, "une expĂ©rience juridique solide". En gros, il veut un vrai juriste. Et quelle sera la rĂ©ponse d'Emmanuel ? Il va proposer Richard Ferrand. Non, c'est pas une blague. Alors attention, ne me faites pas dire ce que j'ai pas dit.

Richard Ferrand, c'est pas quelqu'un qui a une licence de droit. Non. Bah non, parce que la la licence, c'est 3 ans et il a fait que 2 ans en fait. OK, je suis un peu difficile. Il y a aussi l'expĂ©rience de terrain, je vais pas faire mon bourgeois Ă  la con qui mise que sur les Ă©tudes. Non, Richard Ferrand, il a quand mĂȘme 10 ans de mandat parlementaire dans lequel il a Ă©tĂ© rapporteur de deux textes de loi. on a rĂ©ussi Ă  trouver un mec qui bosse moins que Bayrou. Et c'est le mercredi 19 fĂ©vrier 2025 que le piĂšge va totalement se refermer. Pour faire Ă©chec Ă  la nomination du prĂ©sident, l'article 13 de la Constitution a prĂ©vu un obstacle titanesque.

Il faut que l'opposition conjointe des commissions des lois de l'Assemblée nationale atteigne la majorité qualifiée des 3/5. En gros, s'il y a 60 % des gens qui votent non, bah, le président, il peut dire ce ce veut, la nomination passera pas. Les députés donc et les sénateurs vont passer au vote et le verdict est sans appel. C'est un rejet massif pour Richard Ferrand à l'Assemblée nationale, la commission des lois s'oppose à sa désignation par 32 voix contre 25 et au Sénat, le scrutin donne 26 voix contre et 14 voix pour. Richard Ferrand est donc nommé. ? Je vous ai dit qu'on était en République.

Oui, il y a bel et bien 58 voix contre et 39 voix pour et dans n'importe quelle dĂ©mocratie normale, le candidat serait balayĂ© et rentrerait chez sa petite tante de maman mais pas sous la 5e RĂ©publique. À cause de ce fameux filtre des 3/5, il manquait exactement une seule et unique voix pour atteindre le seuil de blocage et dĂ©gager Ferrand. Une seule voix, voilĂ . Le Parlement a dit non par une immense majoritĂ© mais techniquement, la Constitution dit oui. Et c'est lĂ  qu'on va assister Ă  un drame, la plus terrifiante cyberattaque Ă  laquelle la France ait Ă©tĂ© confrontĂ©e.

Alors Ă  l'heure actuelle, on sait pas si c'est un coup de la Russie, un coup du Mossad ou un coup des extraterrestres mais pour une raison extrĂȘmement Ă©trange, les rĂ©veils-matin des 16 dĂ©putĂ©s du Rassemblement national de la commission des lois vont tout simplement ne pas sonner. C'est dingue. Aucun d'entre eux ne s'est pointĂ©. Le coup de gĂ©nie mathĂ©matique est total, en choisissant l'abstention collective, et ben ils vont abaisser artificiellement le total des votants et donc vont sauver sur le fil du rasoir la tĂȘte de Richard Ferrand. Pourquoi le Rassemblement national a fait ? Il y a pas de raison officielle mais tout le monde le sait.

Ils ont fait le pari d'obtenir la gratitude future d'une institution clĂ© alors que Marine Le Pen Ă©tait confrontĂ©e Ă  des problĂšmes judiciaires, ce qui n'a d'ailleurs absolument pas marchĂ©. Merci euh monsieur le prĂ©sident, monsieur le Premier ministre. Ce matin mĂȘme dans cette enceinte au SĂ©nat, nous auditionnions les candidats au Conseil constitutionnel. Cette nomination n'a Ă©videmment rien d'anodin car il ne s'agit pas de n'importe quelle institution, il s'agit d'une des institutions les plus importantes de notre RĂ©publique, l'institution garante de la constitutionnalitĂ© des lois.

Le 1er candidat que nous avons auditionné, Philippe Bas, a suscité un large consensus et je le dis d'autant plus librement

11:46
Non speech

[applaudissements]

11:51
Emmanuel Macron

et je le dis d'autant plus librement qu'il n'est pas issu de nos rangs et je crois que ça vient de se voir. Le 2e candidat le 2e candidat, Richard Ferrand, c'est le moins qu'on puisse dire, a suscitĂ©, moins d'enthousiasme au point d'ĂȘtre d'ailleurs massivement rejetĂ©, rejetĂ© par une majoritĂ© de commissaires aux lois au SĂ©nat, rejetĂ© par une majoritĂ© de commissaires aux lois Ă  l'AssemblĂ©e nationale. Il n'Ă©chappe au final au coup prĂšs des 3/5e qu'Ă  une voix prĂšs et grĂące Ă  l'abstention bienveillante et complice de dĂ©putĂ©s du Rassemblement national. Ma question, ma question est donc double.

Quel est donc le deal cachĂ©, l'accord de couloir, le marchandage d'arriĂšre-cuisine qui s'est nouĂ© pour aboutir Ă  cette abstention de l'extrĂȘme ? Et la question se pose avec d'autant plus d'acuitĂ© qu'une des premiĂšres audiences que Richard Ferrand pourrait prĂ©sider porte sur une question prioritaire de constitutionnalitĂ© relative Ă  l'exĂ©cution provisoire d'une peine d'inĂ©ligibilitĂ© d'un Ă©lu et il se trouve, comme par hasard, que c'est l'un des enjeux du procĂšs pĂ©nal de Madame Le Pen.

Le 20 février 2025, la décision officielle du président de la République portant sur la nomination du président du Conseil constitutionnel est signée et le 8 mars, Richard Ferrand s'installe officiellement dans le fauteuil de président du Conseil constitutionnel pour un mandat de 9 ans. Et devinez qui il va retrouver ? Et ben, Véronique Malbec, l'obligé et le parrain siÚgent désormais cÎte à cÎte, comme c'est romantique. La citadelle est totalement verrouillée. Alors, comment ça va se passer pour Richard ? Ben, pas trÚs trÚs bien.

Ben oui, ce qu'il faut comprendre, c'est que dans une RĂ©publique administrative, le vrai pouvoir d'une institution se cache pas forcĂ©ment derriĂšre le prestige de son prĂ©sident. En fait, tout se joue dans l'ombre au niveau du greffe. Au Conseil constitutionnel, ce pĂŽle ultra-technique porte un nom, le secrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral. En gros, c'est le poste de numĂ©ro 2, mais c'est surtout l'organe vital oĂč se fabrique toute la jurisprudence. Et peu aprĂšs son arrivĂ©e en mars 2025, Richard Ferrand va se heurter Ă  la figure centrale de ce pĂŽle, AurĂ©lie Bretonneau.

Alors, AurĂ©lie Bretonneau, c'est la secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale de l'institution et dans le milieu, cette haute magistrate rĂ©putation de rectitude absolue. Ses pairs saluent tous sa dĂ©fense [musique] intransigeante des libertĂ©s publiques et de l'État de droit. En gros, pour un macroniste, ça s'appelle une casse-couille. Et vous vous en doutez, entre un prĂ©sident ultra-politique, pure crĂ©ature de l'appareil macroniste, et une gardienne du droit pur, le courant, eh ben, il passe pas du tout. Alors, que va faire Richard ? Ben, il va trancher dans le vif et il limoger sa numĂ©ro 2. Purement et simplement, tu dĂ©gages chez ta mĂšre.

Officiellement, le gouvernement va nous sortir une disquette, euh, bon, devenue assez classique, mais quand mĂȘme assez culottĂ©e, l'in- compatibilitĂ© d'humeur. Ouais, je sais, ça passe pas. Mais officieusement, c'est un signal clinique qui est envoyĂ© Ă  toute la haute magistrature française. Le message est clair. Sous la prĂ©sidence Ferrand, l'orthodoxie politique passe avant l'État de droit. Le Conseil constitutionnel a terminĂ© sa mue, ce n'est plus un arbitre indĂ©pendant au-dessus des partis, c'est une citadelle de combat prĂȘte Ă  affronter toutes les secousses de l'alternance.

FĂ©vrier 2026, les Ă©lections municipales approchent et pour la majoritĂ©, c'est le rappel brutal que la fin de rĂšgne est inĂ©luctable. Et c'est aussi le moment exact [musique] oĂč l'ÉlysĂ©e va dĂ©cider d'activer le 2e volet de son plan de sanctuarisation.

15:11
Non speech

[musique]

15:11
Emmanuel Macron

Et le pion central de cette opĂ©ration, vous la connaissez peut-ĂȘtre, c'est AmĂ©lie de Montchalin. AmĂ©lie, c'est pas n'importe qui. On est lĂ  vraiment face Ă  un profil qui symbolise Ă  lui seul la fidĂ©litĂ© absolue au chef de l'État. DĂ©putĂ©e de la premiĂšre heure en 2017, secrĂ©taire d'État puis ministre de la fonction publique et de la transition Ă©cologique, une une pure soldate de l'appareil. Et le plan du pouvoir, c'est de la parachuter Ă  la tĂȘte de la Cour des comptes. Alors, la Cour des comptes, dit comme ça, pour le commun des mortels, c'est juste un vieille boĂźte poussiĂ©reuse qui sort de temps en temps des rapports chiants sur la gestion de l'État. Sauf que c'est beaucoup plus que ça.

La Cour des comptes est une juridiction qui est lĂ  pour vĂ©rifier et certifier les comptes publics de l'État et de la sĂ©curitĂ© sociale. Elle contrĂŽle aussi les Ă©tablissements publics, les entreprises nationalisĂ©es et les organismes privĂ©s qui reçoivent de l'argent public. Pour bĂątir un rapport, les magistrats de la Cour vont enquĂȘter pendant des mois dans une institution ou une entreprise. Les rapports ne sont pas contraignants, mais ils servent Ă  alerter, alerter les dirigeants publics et les citoyens, car les rapports, on en parle beaucoup dans la presse. Chaque annĂ©e, il y en a des centaines. La Cour des comptes affirme que plus des 2/3 de ses reco- mmandations sont suivies d'effets.

En rĂ©alitĂ©, la Cour des comptes, c'est le censeur financier suprĂȘme du pays. Son pouvoir de nuisance mĂ©diatique et rĂ©putationnelle est absolument gigantesque. C'est elle qui Ă©pluche les moindres dĂ©penses, traque la dĂ©rive de la dette et juge si les prĂ©visions Ă©conomiques du gouvernement sont sincĂšres ou pas. Et des gens qui sont capables de faire passer Bruno Le Maire pour quelqu'un de sincĂšre, c'est des gens dangereux. Donc lĂ , on va faire comme tout Ă  l'heure. On se projette en 2027. Un prĂ©sident d'opposition est Ă©lu sur un programme, allez, admettons, de relance sociale ou d'investissement public.

Bah, si vous installez un ennemi idĂ©ologique Ă  la tĂȘte de la Cour des comptes, vous obtenez une machine de guerre politique. À chaque mesure sociale, la Cour peut dĂ©gainer ses audits incendiaires et tous les plateaux de tĂ©lĂ© s'allument alors immĂ©diatement sur le thĂšme de la faillite en France avec des Ă©normes bandeaux et la crĂ©dibilitĂ© financiĂšre du pays Ă  l'international peut-ĂȘtre ruinĂ©e en quelques jours. Alors, AmĂ©lie, elle est pas bien grosse, hein, elle est plutĂŽt menue. Humour. Mais il faut quand mĂȘme lui faire de la la parce que elle y peut-ĂȘtre pas un gros cul, mais il y a dĂ©jĂ  quelqu'un sur le fauteuil, en l'occurrence Pierre Moscovici.

Mais vous le savez, ce bon vieux Pierrot, s'il peut partir Ă  la retraite de façon anticipĂ©e et rien branler, ça le dĂ©range pas vraiment. VoilĂ  pourquoi il va ĂȘtre envoyĂ© Ă  la retraite de maniĂšre anticipĂ©e dĂšs le 1er janvier. Alors, pourquoi est-ce que la nomination d'AmĂ©lie de Montchalin, elle pose un ?

17:34
Non speech

[musique]

17:35
Emmanuel Macron

Bah, pour une question de date Ă©vidente. Du 23 dĂ©cembre 2024 au 22 fĂ©vrier 2026, AmĂ©lie de Montchalin occupait une fonction centrale. Elle Ă©tait la ministre de l'action des comptes publics. On l'a dit tout Ă  l'heure. Ça veut dire ? Ça veut dire que c'est elle qui a Ă©laborĂ©, nĂ©gociĂ© et fait voter les budgets de l'État sous les gouvernements Bayrou et Le Cormu. Vous avez captĂ© le ? C'est-Ă -dire que si elle passe directement de son ministĂšre Ă  la Cour des comptes, ça veut dire que eh bah, c'est elle qui va devoir statuer sur la crĂ©dibilitĂ© des budgets qu'elle a elle-mĂȘme fait, en fait.

Alors, bien sûr, tous les médias complotistes sont allés raconter que c'était inédit, qu'on n'avait jamais vu ça en France, que c'était un scandale. Non, ce n'est pas la 1re fois que quelqu'un passe de ce genre de ministÚre à la Cour des comptes directement. C'est déjà arrivé. Sous Napoléon. Voilà, vous faites ce que vous voulez de cette information. Et le vrai coup de génie ou de vice, ça dépend comment on regarde, c'est la durée du piÚge. Parce qu'on n'est pas face à un simple recasage de fin de mandat pour remercier une bonne copine. Non. Non non, là, on est vraiment sur une stratégie de conservation à long terme.

AmĂ©lie de Montchalin a 40 ans et la limite d'Ăąge de sa fonction est fixĂ©e Ă  68 ans. Faites le calcul, elle peut lĂ©galement squatter la Cour des comptes en tant que prĂ©sidente jusqu'en 2053. [rires] LOL. Jamais personne n'est passĂ©e de la tĂȘte du ministĂšre des comptes publics Ă  la tĂȘte de la plus haute autoritĂ© censĂ©e contrĂŽler les comptes de la nation. Jamais une personne si mon auparavant ministre des comptes publics n'a donnĂ© Ă  l'automne un avis sur le budget qu'elle a elle-mĂȘme prĂ©parĂ©. Difficile d'ĂȘtre davantage juge et et Jamais une personne n'a Ă©tĂ© nommĂ©e pour une durĂ©e potentielle de 27 ans Ă  un poste structurant pour la juridiction, notamment pour les nominations.

Vous devriez Ă©valuer ce que vous et vos amis avez vous-mĂȘme dĂ©truit. On peine Ă  y croire, mais demain vous serez donc juge et partie. VoilĂ  le scandale dĂ©mocratique dont vous ĂȘtes l'incarnation. Vous et l'ensemble de la Macronie. Et comme pour le Conseil constitutionnel tout Ă  l'heure, bien Ă©videmment, ça a gueulĂ© la haute administration sans que ça pue le scandale et ils vont tenter de faire du damage control. Lors de son installation le 13 mars 2026, la procureure gĂ©nĂ©rale VĂ©ronique Amayon va rappeler Ă  AmĂ©lie de Montchalin publiquement, attention, qu'elle doit ĂȘtre indĂ©pendante. Sinon, il y aura que dalle. Mais il faut ĂȘtre indĂ©pendante.

Et il y a pas que ça, non quand mĂȘme pour Ă©viter le conflit d'intĂ©rĂȘt le plus flagrant qui soit, la nouvelle prĂ©sidente va ĂȘtre obligĂ©e de se dĂ©porter. Non, pas dans le sens oĂč vous voulez, genre elle va pas Ă  Cayenne, non, c'est juste qu'elle a pas le droit de de toucher en fait aux rapports qui vont examiner les budgets 2025 et 2026 vu que c'est elle qui les a Ă©crits. Sauf que le verrou lui, bah il reste en place. Alors oui, encore une fois l'association Anticor a pĂ©tĂ© un cĂąble et a immĂ©diatement saisi le Conseil d'État pour annuler ce dĂ©cret de nomination. Et c'est lĂ  que le droit administratif devient absolument magique.

La rĂ©ponse de la haute juridiction tombe le 13 mai 2026, le recours est rejetĂ©. Il est irrecevable pour dĂ©faut d'intĂ©rĂȘt direct Ă  agir. Et lĂ , accrochez votre cul parce qu'on est vĂ©ritablement face Ă  un foutage de gueule est-ce tiers. Ça veut dire quoi un dĂ©faut d'intĂ©rĂȘt direct Ă  ? En langage clair, ça veut dire que et bien en fait, pour que les juges puissent examiner si une nomination viole l'Ă©thique ou piĂ©tine la sĂ©paration des pouvoirs, il suffit pas de prouver que cette nomination est immorale et scandaleuse comme on pourrait normalement s'y attendre. Il faut prouver que cette nomination attaque directement et personnellement vos propres droits ou votre situation juridique Ă  vous.

Sauf que Anticor c'est une association 1901 en fait de de lutte contre la corruption. Donc oui, la prĂ©sidente d'Anticor elle est pas euh directement menacĂ©e ou impactĂ©e dans sa vie quotidienne par ça. Et ben pourtant ça a suffit. C'est-Ă -dire que le fond de l'affaire, le conflit d'intĂ©rĂȘt massif qui est quand mĂȘme le cƓur du problĂšme, et ben il est enterrĂ© avant mĂȘme d'avoir Ă©tĂ© dĂ©battu. AmĂ©lie de Montchalin a largement dĂ©montrĂ© qu'elle Ɠuvrait pour l'État uniquement pour l'État et pas pour les intĂ©rĂȘts partisans. Elle n'a jamais hĂ©sitĂ©, y compris quand c'Ă©tait douloureux, Ă  dire la vĂ©ritĂ© sur les chiffres, Ă  dire la vĂ©ritĂ© sur les comptes et elle continuera de le faire demain.

Le verrouillage juridictionnel est total. AmĂ©lie de Montchalin est inattaquable, solidement installĂ©e au cƓur de la citadelle financiĂšre de l'État. Ah la Banque de France. Alors pourquoi le poste de gouverneur de la Banque de France c'est l'un des verrous les plus redoutables qu'un pouvoir en fin de course puisse lĂ©guer Ă  son ? Ben tout simplement parce que c'est cette institution qui tient en rĂ©alitĂ© une grande partie des vannes de l'Ă©conomie rĂ©elle. Le gouverneur siĂšge au conseil des gouverneurs de la BCE oĂč il participe aux dĂ©cisions de politique monĂ©taire de toute la zone euro.

Il prĂ©side aussi l'ACPR, le gendarme des banques et des assurances et mĂȘme s'il ne dĂ©cide pas seul des taux d'intĂ©rĂȘt ou de la politique Ă©conomique d'un pays, ben il occupe une position centrale dans le pilotage de la monnaie et la surveillance du systĂšme financier. Et comme on l'a fait Ă  chaque fois, on va imaginer un scĂ©nario. Toujours pareil, 2027, un prĂ©sident d'opposition est Ă©lu sur un programme de Allez, on va prendre les deux, rupture sociale ou nationalisation massive ou sortie tiens des traitĂ©s budgĂ©taires europĂ©ens. Et ben si le gouverneur de la Banque de France il dĂ©cide de faire obstruction, il dispose d'un arsenal d'une violence inouĂŻe.

Il peut tout simplement affoler les marchĂ©s en alertant publiquement sur un prĂ©tendu risque systĂ©mique, durcir les conditions de crĂ©dit pour asphyxier les entreprises et orchestrer main dans la main avec Bruxelles une pression financiĂšre telle qu'elle contraindrait le nouveau gouvernement Ă  purement et simplement abandonner sa rĂ©forme. Le gouverneur de la Banque de France, c'est pas un simple haut fonctionnaire, c'est le paratonnerre ultime du dogme nĂ©olibĂ©ral et la manƓuvre pour verrouiller ce poste, et ben elle, elle va s'enclencher d'une maniĂšre totalement imprĂ©vue au dĂ©but du mois de fĂ©vrier 2026.

Contre toute attente, le gouverneur en titre, donc François Villeroy de Galhau, annonce qu'il quitte ses fonctions bien avant l'Ă©chĂ©ance de son mandat qui devait courir jusqu'Ă  la fin de l'annĂ©e 2027. Alors officiellement, il aurait dĂ©cidĂ© de partir pour s'investir dans le caritatif. Je vais pleurer. L'objectif est limpide, provoquer une vacance de poste immĂ©diate pour permettre Ă  Emmanuel Macron d'utiliser son stylo de domination tant qu'il tient encore les rĂȘnes de l'exĂ©cutif. Et pour occuper cette citadelle, l'ÉlysĂ©e a choisi un homme qui incarne le plus intimement possible la politique Ă©conomique du double quinquennat, Emmanuel Moulin.

Alors lĂ , son CV, c'est une cartographie parfaite des postes les plus stratĂ©giques de l'appareil financier. Il est ancien directeur du TrĂ©sor Ă  Bercy, ancien directeur de cabinet de Bruno Le Maire, ancien directeur de cabinet de Gabriel Attal. Et surtout, jusqu'au tout dĂ©but du mois de mai 2026, il Ă©tait le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l'ÉlysĂ©e. C'Ă©tait purement et simplement le bras droit opĂ©rationnel d'Emmanuel Macron, le mec qui gĂ©rait l'ordre du jour du Conseil des ministres et orchestraient tous les arbitrages pro-business du rĂ©gime. Et lĂ , il y a plus de NapolĂ©on qui tienne, hein.

Passer sans la moindre transition du secrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral de l'ÉlysĂ©e Ă  la prĂ©sidence de la Banque centrale qui est censĂ©e ĂȘtre juste indĂ©pendante, hein, des pressions politiques, soit dit au passage, c'est un fait totalement sans prĂ©cĂ©dent. Éric Coquerel pour la France insoumise et Jean-Philippe Tanguy pour le Rassemblement national vont dĂ©noncer de de commune une dĂ©rive monarchique et un cadenassage intolĂ©rable. Les gars, quand la France insoumise et le RN dĂ©cident de s'allier pour un truc, c'est que vous avez vraiment dĂ©passĂ© la limite. Quant au verdict de l'AssemblĂ©e nationale, bah, ça va ĂȘtre une vĂ©ritable sentence.

La nomination d'Emmanuel Moulin est massivement rejetĂ©e par 46 voix contre 25. Une gifle dĂ©mocratique nette, propre et sans bavure. Et pourtant, au moment oĂč je vous parle, Emmanuel Moulin est bien le gouverneur de la Banque de France. Comment le pouvoir a ? Bah, il a utilisĂ© deux mĂ©canismes bien vicelards. Le premier, il est arithmĂ©tique et on en a parlĂ© tout Ă  l'heure, c'est la fameuse majoritĂ© qualifiĂ©e des 3/5 des deux commissions unies pour bloquer un dĂ©cret prĂ©sidentiel. Moulin doit donc son salut unique Ă  la commission des finances du SĂ©nat, une chambre, je le rappelle, Ă©lue au suffrage universel indirect, qui a votĂ© en sa faveur par 27 voix contre 12.

Quant au second mĂ©canisme, c'est une pure transaction de coulisses, documentĂ©e d'ailleurs abondamment par la presse. Pour sĂ©curiser le vote des sĂ©nateurs de droite, majoritaires au Palais du Luxembourg, l'ÉlysĂ©e a fait un deal, tout simplement. En Ă©change de leur feu vert pour installer Emmanuel Moulin Ă  la Banque de France, le pouvoir s'est engagĂ© Ă  nommer un sĂ©nateur LR, en l'occurrence François-NoĂ«l Buffet, au poste hautement symbolique de DĂ©fenseur des droits. Le rĂ©sultat, il est lĂ , Emmanuel Moulin est installĂ© pour un mandat de 6 ans. L'un des principaux gardiens de l'hĂ©ritage rĂ©actionnaire de la Macronie est en place au cƓur des structures de l'État profond.

Et il attend sagement l'alternance. J'ai Ă©tĂ© euh dans l'État euh au cours des 10 derniĂšres annĂ©es, mais je l'ai Ă©tĂ© avant et euh j'espĂšre l'ĂȘtre aprĂšs. Donc, je pense pas que ma carriĂšre soit uniquement liĂ©e euh Ă  celle du du prĂ©sident euh actuel. Mais le pire, c'est que l'histoire ne s'arrĂȘte pas lĂ , parce qu'il y a un deuxiĂšme scandale Ă  l'intĂ©rieur du scandale. C'est toujours comme ça avec la Macronie. Alors lĂ , on est au dĂ©but du mois d'avril 2026. À ce moment-lĂ , Emmanuel Moulin est donc encore officiellement secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l'ÉlysĂ©e et d'ailleurs, sa candidature n'est mĂȘme pas dĂ©clarĂ©e.

Et c'est lĂ  que le gouverneur dĂ©missionnaire de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, je sais pas pourquoi Ă  chaque fois j'ai envie de le dire comme ça, va commettre un manquement dĂ©ontologique dĂ©lirant. Il va demander expressĂ©ment Ă  ses Ă©quipes de hauts fonctionnaires de rĂ©diger une sĂ©rie de notes techniques ultra-confidentielles. Le but, mettre des agents de l'État payĂ©s par vos impĂŽts et soumis normalement Ă  une stricte obligation de neutralitĂ© au service exclusif du bras droit de Macron pour qu'il rĂ©ussisse son audition devant les parlementaires. En clair, on a fait du travail de cabinet politique au sein d'une institution censĂ©e ĂȘtre neutre, voilĂ .

Alors il sera interrogĂ©, hein, Villeroy de Galhau, un petit peu plus tard, sur ce privilĂšge d'État et il va se dĂ©fendre avec un argument qui a vraiment que la Macronie pour balancer droit dans les yeux sans trembler des genoux. Il va expliquer que lui-mĂȘme avait bĂ©nĂ©ficiĂ© de notes de ce type-lĂ  en 2015, voilĂ . Monsieur le juge, lui aussi il a volĂ© une mobylette. j'en peux plus de ces gens. Et pour sauver le soldat Moulin et lui Ă©viter de se faire balayer par l'AssemblĂ©e, le systĂšme a dĂ» activer un autre rĂ©seau de fidĂ©litĂ© beaucoup plus politique, celui de l'ancien prĂ©sident Nicolas Sarkozy.

Ce dont je vais vous parler lĂ , ça vient pas de moi, la presse s'en est fait Ă©cho et le dĂ©putĂ© socialiste Philippe Brun l'a d'ailleurs publiquement balancĂ© en commission des finances. Nicolas Sarkozy a dĂ©crochĂ© son tĂ©lĂ©phone pour faire activement campagne en faveur d'Emmanuel Moulin. L'ancien chef de l'État a personnellement appelĂ© plusieurs dĂ©putĂ©s de droite, les RĂ©publicains, pour leur dire de voter pour lui. Alors pourquoi un tel ? Bah parce qu'Emmanuel Moulin, c'est une crĂ©ature des deux mondes et en rĂšgle gĂ©nĂ©rale, elles sont rares.

Avant de devenir le bras droit de Macron, il Ă©tait le conseiller spĂ©cial de Sarkozy pendant la crise financiĂšre de 2008 et le directeur de cabinet de Christine Lagarde Ă  Bercy. Alors on pourra saluer le travail de Mediapart qui a rĂ©ussi Ă  balancer une info vraiment exclusive, hein, Ă  charge, puisqu'en octobre dernier, alors qu'il Ă©tait encore le grand patron de l'ÉlysĂ©e, Emmanuel Moulin a Ă©tĂ© repĂ©rĂ© au Pavillon des Étangs, un truc ultra-cossu en plein Bois de Boulogne.

À ce moment-lĂ , il va y avoir une rĂ©union qui va se tenir, une rĂ©union de soutien moral en faveur de Nicolas Sarkozy juste aprĂšs sa condamnation en premiĂšre instance pour association de malfaiteurs dans l'affaire des financements libyens. Et au milieu de la famille de l'ancien prĂ©sident, ses avocats, Rachida Dati, l'ancien grand flic FrĂ©dĂ©ric PĂ©chenard, il y a tout le monde quoi, et bah il y a aussi Emmanuel Moulin. Alors bien Ă©videmment, il a Ă©tĂ© interrogĂ© lors de son audition parlementaire et il Ă©tait assez gĂȘnĂ©. Et il nous a sorti une excuse, celle de l'Ă©vĂ©nement privĂ©. VoilĂ . C'est un soirĂ©e, une soirĂ©e j'ai le droit de faire des soirĂ©es.

OK d'accord, pas de souci, sauf que quelques semaines avant sa nomination officielle, alors qu'il mĂšne sa campagne, bah Emmanuel Moulin a encore une fois rencontrĂ© Nicolas Sarkozy. Je veux bien qu'il soit trĂšs sympathique, mais lĂ  ça fait quand mĂȘme beaucoup. Mais il n'y a pas eu entre les deux commissions des finances du SĂ©nat et de l'AssemblĂ©e les 3/5 pour s'opposer Ă  cette nomination. Pourquoi avoir validĂ© vous Ă  droite cette ? Bah je crois que l'extrait que vous avez montrĂ© est assez clair sur les garanties apportĂ©es par monsieur Moulin.

Je crois qu'il a redit le fait qu'il Ă©tait attachĂ© au service de l'État, qu'il l'a je crois dĂ©montrĂ© Ă  travers ses diffĂ©rentes responsabilitĂ©s, puis c'est aussi affaire de compĂ©tence. Et il nous semble que il prĂ©sentait toutes les compĂ©tences requises et l'expĂ©rience requise pour occuper ce poste. Et j'ajouterai que si on a pu parfois se questionner, lĂ  il s'agit d'un serviteur de l'État et non pas d'un ancien Ă©lu. On a lu dans la presse qu'il y avait un deal entre les LR et l'ÉlysĂ©e. Vous validez la nomination d'Emmanuel Moulin contre le poste de dĂ©fenseur des droits pour le sĂ©nateur François-NoĂ«l Buffet. Est-ce que c'est ?

Écoutez, je laisse les les commentateurs la paternitĂ© de de de ces propos. On sait trĂšs bien que les nominations et que tout ce qui procĂšde de de l'article 13 dĂ©montre qu'il revient Ă  chacun de faire la dĂ©monstration devant les parlementaires, devant les commissions compĂ©tentes justement pour Ă  la fois montrer son son indĂ©pendance, sa compĂ©tence et que les parlementaires sont seuls maĂźtres et seuls juges du crĂ©dit qu'ils accordent et du vote qu'ils peuvent accorder Monsieur Buffet va-t-il au poste de dĂ©fenseur des ? Ça vous savez c'est pas Mathieu Darnaud qui nomme, je vous invite Ă  Ă  Ă  questionner le prĂ©sident de la RĂ©publique.

La trahison des rĂšgles est consommĂ©e par le biais de notes d'État dĂ©tournĂ©es et du lobbying de l'ombre d'un ancien prĂ©sident de la RĂ©publique, le premier cercle a sĂ©curisĂ© son homme fort, le coffre-fort de la monnaie est verrouillĂ© Ă  l'abri du suffrage des citoyens. Pourquoi est-ce que le contrĂŽle de la haute fonction publique est aussi capitale quand on change de ? Tout simplement parce que ce sont ces hommes et ces femmes qui vont traduire sur le terrain les choix politiques d'un gouvernement.

Un prĂ©fet de rĂ©gion par exemple, bah c'est lui qui a l'autoritĂ© directe sur la police et sur les gendarmes, c'est lui qui gĂšre l'ordre public, qui applique [musique] ou au contraire qui freine les ordres d'expulsion ou les directives de sĂ©curitĂ©. Le chef d'Ă©tat-major lui, contrĂŽle carrĂ©ment la doctrine opĂ©rationnelle des armĂ©es. Et si demain un gouvernement d'opposition, que ce soit le RN ou LFI ou Ă  l'Ă©poque le NFP dĂ©barque Ă  Matignon voire Ă  l'ÉlysĂ©e, bah sa pire hantise, c'est la grĂšve de l'administration.

Le nouveau gouvernement aura beau voter tous les dĂ©crets de la terre, si la chaĂźne de commandement sur le terrain refuse de bouger son cul, bah l'action de l'État va s'embourber et mener Ă  pas grand-chose. Et ce dispositif de blocage prĂ©ventif, le pouvoir l'a dĂ©ployĂ© en urgence absolue au cƓur de l'Ă©tĂ© 2024 en l'espace de quelques jours seulement. Le 30 juin 2024, le premier tour des Ă©lections lĂ©gislatives anticipĂ©es place le Rassemblement National aux portes du pouvoir. Et face Ă  la perspective d'une cohabitation, l'ÉlysĂ©e va prendre une dĂ©cision radicale, saturer l'appareil rĂ©galien avant de perdre sa majoritĂ© parlementaire.

Une manƓuvre coup de poing qualifiĂ©e dĂšs le 2 juillet par Marine Le Pen de coup d'État administratif. Et sur ce point, elle a bien raison car quand on analyse les comptes-rendus des conseils des ministres des 26 juin et 3 juillet 2024, on dĂ©couvre une vague de nomination d'une ampleur exceptionnelle. Au cours de cette seule session, plusieurs conseillers maĂźtres Ă  la Cour des comptes sont nommĂ©s Ă  la hĂąte, comme par exemple Fabrice Malcor, Vincenzo Salvetti, Vanessa Veil ou Muriel Domenach. MĂȘme le commandant militaire est verrouillĂ© avec la dĂ©signation flash du chef d'Ă©tat-major de l'armĂ©e de l'air et de l'espace.

Le 3 juillet 2024 Ă  4 jours seulement du second tour des urnes, l'exĂ©cutive va enclencher la vitesse supĂ©rieure. Lors de ce Conseil des ministres, le pouvoir va procĂ©der Ă  un mouvement prĂ©fectoral massif. En gros, dĂ©placer des prĂ©fets de dĂ©partements et de rĂ©gions un peu partout sur le territoire. La diplomatie et l'Ă©ducation nationale y passent aussi. Plusieurs ambassadeurs extraordinaires sont nommĂ©s ainsi que deux recteurs d'acadĂ©mie. Et enfin, par un dĂ©cret signĂ© le jour mĂȘme, Didier Trutet est reconduit dans ses fonctions de prĂ©sident du conseil d'administration de l'imprimerie nationale. Évidemment, du cĂŽtĂ© de la macronie, on s'est dĂ©fendu de toute manipulation.

On nous a expliquĂ© qu'il s'agissait du renouvellement annuel classique d'avant l'Ă©tĂ© et que l'État ne pouvait pas s'arrĂȘter de tourner Ă  cause d'une Ă©lection. Et de nombreux constitutionnalistes ont rappelĂ© qu'un gouvernement en place dispose totalement de la plĂ©nitude de ses prĂ©rogatives. Et c'est factuellement vrai. Mais le timing et la concentration de ces mouvements trahissent une Ă©vidente stratĂ©gie trĂšs problĂ©matique sur le plan moral. Mais maintenant, on va parler d'un cas beaucoup plus problĂ©matique. Tout simplement parce qu'on va aborder l'une des plus puissantes structures de la RĂ©publique, le Conseil d'État.

Alors, pour capter la puissance dingue du Conseil d'État, il faut comprendre que cette institution exerce une double souverainetĂ© unique au monde et d'ailleurs extrĂȘmement problĂ©matique du point de vue d'une dĂ©mocratie occidentale. D'un cĂŽtĂ©, le Conseil d'État, c'est le conseiller juridique exclusif du gouvernement. Les mecs Ă©pluchent, valident ou censurent chaque projet de loi avant mĂȘme qu'il arrive au Parlement. De l'autre, c'est le juge administratif suprĂȘme. C'est lui qui tranche en dernier ressort si un dĂ©cret, un arrĂȘtĂ© ou une nomination individuelle de l'exĂ©cutif est lĂ©gale ou pas.

Donc si une majoritĂ© tente de passer des dĂ©crets d'urgence en 2027, par exemple pour bloquer les prix, expulser des profils dangereux ou rĂ©former l'administration, et ben c'est le Conseil d'État qui va dĂ©cider de valider ou d'annuler ces mesures. Mettez n'importe quelle opposition au pouvoir, le Conseil d'État peut se transformer au choix en chambre d'enregistrement passif des volontĂ©s du prĂ©sident dĂ©chu ou en bloqueur systĂ©matique des rĂ©formes du Premier ministre. Ah voilĂ , ça dĂ©pend de ce que j'ai mangĂ©, de comment je comment je vois les choses.

C'est d'ailleurs sa jurisprudence constante hein qui a fixĂ© les rĂšgles du jeu le Conseil d'État a Ă  plusieurs reprises annulĂ© ou encadrĂ© des dĂ©crets ou des dĂ©crets-lois pour vice de procĂ©dure ou atteinte aux libertĂ©s et il a imposĂ© des modifications substantielles Ă  des projets gouvernementaux avant leur entrĂ©e en vigueur. Et pour verrouiller ce poste ultra nĂ©vralgique, Emmanuel Macron a activĂ© le profil d'un des plus puissants stratĂšges de l'ombre de la haute fonction publique, Marc Guillaume. Et lui aussi, c'est un pur initiĂ© des verrous de l'État profond.

Il a Ă©tĂ© secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Conseil constitutionnel, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du gouvernement de 2015 Ă  2020 sous François Hollande et Emmanuel Macron. En gros, c'Ă©tait le Premier ministre bis de la RĂ©publique, le maĂźtre d'Ɠuvre de toute la cuisine lĂ©gislative de l'exĂ©cutif. Sa nomination Ă  la tĂȘte du Conseil d'État, elle Ă©tait planifiĂ©e depuis super longtemps. Sauf que il y a eu une petite couille en 2020 puisque Ă  l'Ă©poque, une grande partie des conseillĂšres de l'ÉlysĂ©e vont signer une lettre dans laquelle elles vont dĂ©noncer les rĂ©flexions sexistes absolument lourdes, incessantes et rĂ©pĂ©tĂ©es de la part de Marc Guillaume envers toutes ses collaboratrices de sexe fĂ©minin.

Et le pire, c'est qu'il va ensuite ĂȘtre identifiĂ© comme un intime d'Olivier Duhamel au cƓur du terrible scandale de pĂ©docriminalitĂ© rĂ©vĂ©lĂ© par le livre La Familia Grande. Dans n'importe quel autre contexte, l'histoire s'arrĂȘte lĂ . End game, gĂ©nĂ©rique, c'est fini. Mais pour protĂ©ger son grand juriste et purger la polĂ©mique, l'ÉlysĂ©e va prĂ©fĂ©rer organiser son exil temporaire. En 2020, Marc Guillaume est opportunĂ©ment envoyĂ© loin des projecteurs Ă  la prĂ©fecture de la rĂ©gion Île-de-France et de Paris. Une petite mise au vert de 5 ans, le temps que l'opinion publique oublie les rapports sur son comportement et paf, ça fait des chocapics. En mai 2026, l'exil prend fin.

La Macronie applique son plan initial au KLM, aucune considĂ©ration Ă©thique, Marc-Guillaume est officiellement nommĂ© vice-prĂ©sident du Conseil d'État. Alors, je voudrais juste faire un petit point ici parce qu'il y a des gens qui vont me dire "Oui, mais du coup, il contrĂŽle pas le Conseil d'État parce qu'il n'est pas prĂ©sident, il est que vice-prĂ©sident." On va pas rentrer dans les dĂ©tails ici, mais de fait, la personne qui exerce les activitĂ©s de prĂ©sidence du Conseil d'État, c'est le vice-prĂ©sident. Le prĂ©sident, c'est plutĂŽt un titre honorifique.

Donc oui, quand je vous dis "La Macronie tient le Conseil d'État par la vice-prĂ©sidence", c'est pas une extrapolation de ma part, c'est rĂ©ellement ce qui se passe. Le Conseil d'État est donc maintenant dirigĂ© par un homme qui a lui-mĂȘme rĂ©digĂ© les normes du quinquennat, totalement protĂ©gĂ© par l'Ă©loge technocratique de sa brillant juridique. L'appareil juridictionnel suprĂȘme est bouclĂ©, plus aucun recours ne peut Ă©branler l'architecture du verrouillage. Bon, l'Arcom, je suppose qu'il y a pas vĂ©ritablement besoin de vous faire un dessin sur sa capacitĂ© de nuisance. On en a tous Ă©tĂ© tĂ©moins ces derniĂšres annĂ©es.

Alors attention hein, je dis pas que les sanctions des uns ou des autres étaient pas méritées, je dis que théoriquement, l'Arcom bénéficie d'une boßte à outils assez importante. Alors, soyons clairs hein, contrairement aux organisations qu'on vient de citer depuis le début de cette vidéo, non, l'Arcom n'a pas la possibilité de s'opposer directement à des lois votées par le Parlement. Par contre, il peut faire plein de trucs.

Il peut ralentir certaines procédures administratives relevant de sa compétence, il peut imposer des contraintes réglementaires aux diffuseurs, il peut ouvrir des procédures de contrÎle qui vont créer une pression juridique et médiatique permanente et surtout, il peut interpréter de façon plus ou moins stricte les obligations de pluralisme. Pour faire simple, l'Arcom ne peut pas dire au Parlement "Va te faire !" mais il peut trÚs clairement faire tomber de nouveaux médias qui tenteraient d'émerger et qui émergeront nécessairement.

Parce que si des partis politiques comme la France insoumise ou le Rassemblement national, et je parle mĂȘme pas si c'est Éric Zemmour, arrivĂ©s au pouvoir, bah il est fort peu probable qu'ils puissent compter sur les mĂ©dias existants, voire mĂȘme qu'ils en aient envie d'ailleurs. MĂ©lenchon, il a totalement raison de le faire, depuis maintenant plusieurs annĂ©es, se base quasi exclusivement sur des influenceurs proches de lui. Quant Ă  Marine Le Pen, il y a aucun doute sur le fait qu'elle pourrait trouver une oreille complaisante en cas d'accĂšs au pouvoir de la part de CNews ou encore d'Europe 1.

C'est-Ă -dire concentrer toutes ses billes dans les mĂȘmes mĂ©dias, mĂ©dias qui peuvent tout simplement voir leurs frĂ©quences non reconduites. Et pour tenir ce gendarme de l'opinion, Emmanuel Macron a activĂ© dĂšs le mois de janvier 2025 un cadre historique des mĂ©dias d'État, Martin Ajdari. Le parcours de ce mec, c'est celui d'un pur technocrate de la culture. Ancien de l'ENA, il a dirigĂ© les finances de RFI, de Radio France et de France TĂ©lĂ©vision.

Il a aussi Ă©tĂ© le directeur de cabinet, bah oui, parce que sinon c'est pas drĂŽle, hein, s'il y a pas de porositĂ©, des ministres de la Culture sous François Hollande avant de devenir le directeur gĂ©nĂ©ral des mĂ©dias et des industries culturelles au ministĂšre, puis numĂ©ro 2 de l'OpĂ©ra de Paris. Quant Ă  sa dĂ©signation, elle s'est faite selon un calendrier chirurgical en pleine pĂ©riode de haute tension politique au moment exact oĂč se jouait le renouvellement hyper sensible de plusieurs frĂ©quences majeures de la TNT. Pendant son grand oral devant le Parlement, son profil technique est passĂ© crĂšme. LĂ -dessus, il y a rien Ă  dire.

La haute fonction publique a saluĂ© un grand commis de l'État français, sauf que l'analyse factuelle de son dossier cache une Ă©norme zone d'ombre dĂ©ontologique totalement passĂ©e sous silence par le pouvoir et par les mĂ©dias en rĂšgle gĂ©nĂ©rale. En effet, en 2020, Martin Jarrie a Ă©tĂ© officiellement condamnĂ© Ă  une amende de 2500 euros par la Cour de discipline budgĂ©taire et financiĂšre. Le motif du manquement grave aux rĂšgles de la commande publique, tout simplement parce qu'il avait balancĂ© des appels d'offres sans aucune mise en concurrence lors de ses prĂ©cĂ©dentes fonctions. Nous sommes donc face Ă  une ironie totalement typique du pouvoir macroniste.

Le type choisi par le prĂ©sident pour devenir le juge suprĂȘme de la dĂ©ontologie de tous les mĂ©dias et d'Internet qui plus est, bah c'est un gestionnaire condamnĂ© par la justice pour avoir enfreint les rĂšgles de l'État et prĂ©cisĂ©ment de la dĂ©ontologie. Mais on s'en bat les couilles puisque l'important c'Ă©tait de poser un gros verrou, gros verrou qui est qui plus est, sinon c'est pas drĂŽle, inamovible. Bah oui, puisqu'en vertu d'une loi organique de 2017, son mandat est strictement irrĂ©vocable par le pouvoir politique. Impossible de le limoger pour un dĂ©saccord idĂ©ologique ou Ă  cause d'une alternance dĂ©mocratique.

Quoi qu'il se passe dans les urnes, Martin Ha Jarrie gardera le contrÎle absolu sur l'action de l'Arcom jusqu'au 2 février 2031, soit bien au-delà de la fin du quinquennat. Maintenant, on passe au nucléaire. Alors là, on va parler de l'ASN, voilà, qui est un peu le gendarme de l'atome. Et pour comprendre un peu ce qu'est l'ASN, il faut comprendre son origine. L'ASN, c'est un truc qui est assez récent. L'ASN, c'est né le 1er janvier 2025 d'une fusion hyper contestée d'ailleurs, mais c'est pas le sujet, entre l'ASN qui gérait le cÎté administratif et l'IRSN qui elle gérait l'expertise technique.

Ce nouvel super organe donc regroupe bah dans un seul et mĂȘme commandement plus de 2000 ingĂ©nieurs et chercheurs et son pouvoir est monumental. Elle peut suspendre l'exploitation des rĂ©acteurs EDF, refuser de donner son feu vert pour crĂ©er de nouvelles centrales dans le pays. Bref, elle a le pouvoir absolu de bloquer ou d'imposer bah le grand tournant Ă©nergĂ©tique de la France. Donc lĂ  encore, on imagine le scĂ©nario. On est en 2027, les Ă©cologistes viennent de gagner la prĂ©sidence de Non, on va pas se de la gueule du monde non plus. OK, un scĂ©nario crĂ©dible, une gauche de rupture ou une droite d'opposition veut modifier radicalement la feuille de route du nuclĂ©aire.

Ils veulent bah je sais pas euh faire une transition Ă©cologique majeure, abandonner le nuclĂ©aire comme le dit MĂ©lenchon ou alors partir sur carrĂ©ment le tout nuclĂ©aire comme le propose le RN. Et ben si la prĂ©sidence de l'ASN est verrouillĂ©e par un exĂ©cutant dĂ©vouĂ© Ă  la doctrine de l'ÉlysĂ©e, le nouveau pouvoir va se prendre un gros mur dans la gueule. L'ASN n'aura qu'Ă  sortir l'argument de l'expertise scientifique que personne ne sera mĂȘme de contrĂŽler sur les plateaux pour freiner ou accĂ©lĂ©rer les chantiers comme le PR2 ou valider des choix industriels irrĂ©versibles avant mĂȘme que les citoyens ne soient passĂ©s par les urnes.

Et pour piloter ce gendarme sur mesure, Emmanuel Macron a choisi un ingĂ©nieur gĂ©nĂ©ral du trĂšs puissant corps des mines, Pierre-Marie Abadie. Alors sur le papier, il est compĂ©tent, c'est pas lĂ  qu'est le problĂšme. Le problĂšme, c'est que bah le parcours de ce mec est indissociable des intĂ©rĂȘts de l'industrie nuclĂ©aire, prĂ©cisĂ©ment celle la mĂȘme qu'il est censĂ© contrĂŽler de maniĂšre totalement neutre et impartiale. Il a Ă©tĂ© le conseiller industriel du cabinet de la ministre de la DĂ©fense, MichĂšle Alliot-Marie, puis directeur de l'Ă©nergie au ministĂšre de 2007 Ă  2014.

Et c'est d'ailleurs cette année-là qu'il a franchi une étape clé en étant nommé directeur général de l'Andra, l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs. Pendant 10 ans, d'octobre 2014 à novembre 2024, c'est lui qui a conçu, qui a porté et qui a défendu corps et ùme le projet Cigéo à Bure par exemple. Vous savez ce plan ultra controversé d'enfouissement profond des déchets nucléaires hautement radioactifs.

Sa trajectoire vers le sommet du contrĂŽle nuclĂ©aire, elle s'est jouĂ©e en deux temps puisqu'en vertu de la loi du 21 mai 2024 qui a actĂ© la fusion des deux organismes qu'on vient de mentionner, bah il est devenu automatiquement, de fait, au 1er janvier 2025, le tout 1er prĂ©sident de la nouvelle super autoritĂ© qu'est la ASN. Sauf que dans le milieu de la sĂ»retĂ© nuclĂ©aire, ou chez les syndicats, ou les ONG environnementales, par exemple, bah, l'indignation a Ă©tĂ© immĂ©diate. Les critiques ont dĂ©noncĂ©, Ă  raison, un conflit d'intĂ©rĂȘts majeur.

Comment le concepteur historique et le promoteur le plus acharnĂ© des projets d'enfouissement des dĂ©chets nuclĂ©aires peut-il devenir, du jour au lendemain, le juge suprĂȘme chargĂ© de contrĂŽler la sĂ©curitĂ© de ces mĂȘmes ? Mais encore une fois, c'est pas le problĂšme, hein. Quoi qu'on pense du nuclĂ©aire ou pas du nuclĂ©aire, on est, encore une fois, face Ă  un profil de fidĂšle absolu Ă  Emmanuel Macron, qui plus est, protĂ©gĂ©, lĂ  aussi, exactement comme pour l'ARCOM, par la loi, tout simplement, la loi organique de 2017 qui fait que, bah, il a un mandat de 6 ans strictement irrĂ©vocable par le pouvoir exĂ©cutif.

Impossible, encore une fois, pour un futur prĂ©sident de le dĂ©gager, sauf, bien Ă©videmment, manquement grave. Et encore, il faut que le manquement grave soit constatĂ© par le Conseil d'État. Allez, on passe Ă  l'Ă©nergie et Ă  l'Ă©lectricitĂ©, puisque il faut tout noyer sinon c'est pas drĂŽle. Alors, pour l'Ă©nergie, il y a deux acronymes, il faut les capter tout de suite. CRE, RTE. CRE pour Commission de rĂ©gulation de l'Ă©nergie et RTE pour RĂ©seau Transport et ÉlectricitĂ©. Le CRE, c'est celui qui rĂ©gule les marchĂ©s de l'Ă©lectricitĂ© et du gaz. C'est lui qui encadre les tarifs d'utilisation des rĂ©seaux et qui joue un rĂŽle dĂ©terminant dans le calcul des tarifs rĂ©glementĂ©s.

LĂ , par exemple, le mois prochain, vous prenez 2,5 sur l'Ă©lectricitĂ©, bah, c'est sur recommandation du CRE. Quant au RTE, le rĂ©seau de transport d'Ă©lectricitĂ©, c'est celui qui va exploiter, bah, le rĂ©seau de transport Ă  haute tension. Il planifie ses investissements et il assure, en permanence, l'Ă©quilibre entre la production et la consommation d'Ă©lectricitĂ©. Sans leur dĂ©cision, aucune grande transformation du systĂšme Ă©lectrique ne peut ĂȘtre mise en Ɠuvre efficacement. On fait plus simple, c'est eux qui tiennent les manettes du rĂ©seau. Alors les deux organisations dont on parle n'ont pas le pouvoir lĂ©gal d'empĂȘcher directement, lĂ©galement le gouvernement d'appliquer une loi s'il le souhaite.

Par contre, ce qu'ils peuvent faire, c'est paralyser totalement le systĂšme. La CRE peut utiliser ses prĂ©rogatives de rĂ©gulateur indĂ©pendant pour maintenir de force l'alignement sur la doctrine de Bruxelles, tandis que RTE peut bloquer toute rĂ©glementation technique ou financiĂšre des infrastructures. Et pour installer ce bouclier de protection, l'ÉlysĂ©e a sacrifiĂ© tous les usages dĂ©ontologiques traditionnels en parachutant deux profils issus du cƓur de la machine macroniste. Le premier verrou, il est posĂ© en aoĂ»t 2022 avec l'installation d'Emmanuel Vargon Ă  la tĂȘte de la CRE.

Alors elle, si vous suivez les vidĂ©os, son nom doit vous dire un truc, c'Ă©tait l'ancienne secrĂ©taire d'État puis ministre d'ailleurs du logement. Elle a Ă©tĂ© aussi candidate Renaissance lourdement battue aux Ă©lections lĂ©gislatives de 2022 et donc immĂ©diatement repĂȘchĂ©e et recasĂ©e Ă  cet endroit. C'est allĂ© extrĂȘmement vite hein, sa nomination a Ă©tĂ© proposĂ©e en juillet, elle a Ă©tĂ© validĂ©e en aoĂ»t, voilĂ , en dĂ©pit d'une opposition flagrante et lĂ©gitime d'une majoritĂ© de parlementaires. LĂ  encore, le gouvernement a profitĂ© du fameux seuil des 3/5 dont on parle depuis le dĂ©but et sa nomination est passĂ©e crĂšme.

Mais ça s'arrĂȘte pas lĂ  puisque sa position en plus de ça a Ă©tĂ© renforcĂ©e Ă  l'Ă©chelle europĂ©enne lorsqu'elle a pris la prĂ©sidence du Conseil des rĂ©gulateurs de l'Agence europĂ©enne de coopĂ©ration des rĂ©gulateurs de l'Ă©nergie, la CER. Quant au second verrou, il a Ă©tĂ© actionnĂ© beaucoup plus rĂ©cemment puisque c'Ă©tait au mois de janvier 2026. Et lĂ , le pouvoir s'est mĂȘme pas fait chier hein. Non non, ils ont mĂȘme pas pris la peine d'aller recycler un vieux ministre battu Ă  la con. Non, ils ont directement piochĂ© dans l'Ă©tat-major du palais.

Émilie Piette, qui Ă©tait secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale adjointe de la prĂ©sidence de la RĂ©publique, l'un des postes les plus influents de l'ombre hein soit dit au passage, elle a Ă©tĂ© directement parachutĂ©e au directoire de RTE. Le conflit d'intĂ©rĂȘts est encore une fois gros comme un Ă©lĂ©phant au milieu du couloir, mais Emmanuel Macron s'en tartine les couilles de sa femme puisque l'important encore une fois, c'est d'avoir un fidĂšle Ă  la tĂȘte du bouzin. Le bouclier Ă©nergĂ©tique est en place, verrouillĂ© par le statut protecteur des autoritĂ©s publiques et des mandats de direction industrielle. Bon, alors dans cette 5e partie, on va parler des cas sociaux, les vrais cas sociaux, le fond du biche.

Tous ceux qui pendant des mois, des annĂ©es ont en dĂ©pit, il est vrai, il faut leur reconnaĂźtre des compĂ©tences personnelles souvent trĂšs limitĂ©es, pris de leur temps pour rendre des services plus ou moins importants Ă  la Macronie. Et ces gens-lĂ , ben il a bien fallu les rĂ©compenser. Alors on va ĂȘtre trĂšs clair, le pouvoir de nuisance des organisations dont on va parler dans cette derniĂšre partie est beaucoup plus circonstanciel que celui des organisations qu'on a abordĂ© avant.

Néanmoins, je trouvais intéressant d'aborder dans cette derniÚre partie l'ensemble de tous les recasages de bons copains effectués par la Macronie et qui a pour se faire créer une quantité sans précédent d'emplois fictifs, nommons les choses telles qu'elles sont, dont les intitulés sont, vous allez le voir, d'autant plus grotesques et délirants qu'ils sont en plus de ça en inadéquation complÚte avec les compétences individuelles des différents nommés. Et quoi de mieux pour commencer notre panorama des ratés de la République que ce bon vieux Christophe Castaner, ma castacouille.

Alors lui, pour le coup, il a tout fait, secrĂ©taire d'État, patron de LREM, ministre de l'IntĂ©rieur essorĂ© par la crise des gilets jaunes avant de perdre dĂ©finitivement son siĂšge de dĂ©putĂ© en juillet 2024. En temps normal, quand tu te prends une branlĂ©e d'une telle amplitude cumulĂ©e Ă  un passĂ© ministĂ©riel littĂ©ralement [musique] lamentable, la logique Ă©lĂ©mentaire voudrait que tu rentres chez mĂ©mĂ©, sauf qu'en Macronie, non, tu as une promotion. Enfin, une double promotion pour ĂȘtre exact et vous allez voir que le cumul est hallucinant.

En l'espace d'une seule et mĂȘme semaine, en novembre 2022, la main du prĂ©sident propulse Castaner Ă  a postes industriels totalement dĂ©connectĂ©s de son parcours. PrĂ©sident de la sociĂ©tĂ© des autoroutes et tunnels du Mont-Blanc et prĂ©sident du conseil de surveillance du Grand Port maritime de Marseille. Un double parachutage avec le cumul des salaires et de prestige qui va avec qui pose une vraie question. Comment un seul homme peut gĂ©rer tout ça en mĂȘme ? RĂ©ponse, il peut pas. Et le pire c'est que le vrai naufrage dĂ©mocratique, il va jouer encore plus tard vers la fin 2024.

Christophe Castaner va carrĂ©ment basculer dans le privĂ© et accepte de devenir conseiller RSE, responsabilitĂ© sociĂ©tale des entreprises pour le gĂ©ant chinois de la fast fashion Shein. L'homme qui a dirigĂ© la police nationale et incarnĂ© l'autoritĂ© de l'État se met donc officiellement au service d'une multinationale ultra controversĂ©e, symbole mondial de la pollution textile et du travail forcĂ©. C'est une dinguerie. Et je rappelle que le mec aujourd'hui se dit toujours socialiste. Les politiques aussi monsieur le prĂ©sident ont leur rĂŽle Ă  jouer. Justement et justement qu'est-ce que vous dites Ă  cet homme que vous connaissez bien qui a Ă©tĂ© l'un de vos proches, il a mĂȘme Ă©tĂ© votre ministre de ?

le le Mettez pas au pilori mais C'est Christophe Castaner et aujourd'hui il il Aujourd'hui, il travaille pour Shein. Il est conseiller stratégique en France de la marque chinoise. Il y a rien qui qui vous ? C'est un peu nul ce que vous faites. Non, c'est pas nul c'est C'est un peu nul, je vous le dis. par rapport au débat. D'abord parce que c'est une question légitime, il a été ministre de l'Intérieur, il travaille aujourd'hui pour Shein. Mais d'accord, mais il a été ministre de l'Intérieur il y a X années, c'est un homme maintenant libre, il a donné beaucoup de son temps et de son énergie à la chose publique.

Oui non parce qu'il est en mĂȘme temps prĂ©sident du Grand Port de Marseille donc il Ă©tait avec moi pour aider Ă  Ă©lectrifier et dĂ©carboner le Grand Port de Marseille. vous en avez pas parlĂ© avec ? J'en ai pas parlĂ© parce que c'est sa vie, c'est pas la mienne et c'est pas parce qu'il est il est Shein que ça changera quelque chose Ă  ce milieu public. quand mĂȘme vous ĂȘtes en train de dire qu'il faut lutter contre Shein et contre la fast fashion et il y a deux anciens fidĂšles qui travaillent pour eux. Non mais en vrai, si vous voulez mettre des gens au pilori ce que vous ĂȘtes en train de faire au pilori.

Mais si vous passez son image Ă  l'Ă©cran Le second dossier lui, il va nous emmener au cƓur des institutions de contrĂŽle financier. Et le profil est tout aussi gratinĂ©. FrĂ©dĂ©ric Decrosailles, dĂ©putĂ© marcheur de la premiĂšre heure, il est intĂ©grĂ© directement Ă  la Cour des comptes par dĂ©cret prĂ©sidentiel en 2025. Et c'est lĂ  que la fiction administrative se transforme en gigantesque blague.

51:50
Non speech

[musique]

51:51
Emmanuel Macron

6 mois à peine aprÚs son parachutage à la Cour, des Crozails est rattrapé par une décision officielle du Conseil constitutionnel. Les sages le déclarent lourdement [musique] inéligible pour une durée de 3 ans. Le motif du manquement financier grave concernant ses [musique] comptes de campagne pour les législatives. Et c'est là qu'on est emmerdé parce que comme trÚs souvent avec la Macronie, surtout quand c'est des no name, on sait pas si on doit mettre ça sur le compte de la délinquance financiÚre ou sur le compte d'incompétence personnelle. Non parce que c'est c'est pas que ses comptes de campagne aux législatives étaient foirés et qu'il avait dissimulé des trucs.

Non, c'est qu'il il n'en avait pas fait. Non du tout. Il est pas il est pas allĂ© dĂ©poser des comptes de Bon les gars, c'est quand mĂȘme nous qu'on a gagnĂ© donc normalement ça Ça va en plus je connais le mec de la mairie, il est sympa et il va me le Non, il y a pas moyen. L'homme choisi par le prĂ©sident pour contrĂŽler la rĂ©gularitĂ© des comptes publics de toute la nation, on le rappelle, est donc un fraudeur dĂ©busquĂ© par le Conseil constitutionnel, incapable de tenir une compta de sa propre campagne Ă©lectorale. Passons maintenant Ă  notre troisiĂšme baron ou plutĂŽt baronne de cette premiĂšre partie qui incarne Ă  elle seule la main mise des lobbies privĂ©s sur les questions environnementales.

Anne-Laure Cattelot, une dĂ©putĂ©e macroniste battue aux lĂ©gislatives de 2022. En 2025, elle est officiellement nommĂ©e par dĂ©cret Ă  la prĂ©sidence de l'Office national des forĂȘts, l'ONF, l'organisme public chargĂ© de protĂ©ger les arbres et de gĂ©rer durablement les massifs forestiers français. OĂč se cache le ? Ben prĂ©cisĂ©ment dans la forĂȘt. AprĂšs sa dĂ©faite Ă©lectorale, Anne-Laure Cattelot a rejoint la direction d'un puissant cabinet de lobbying privĂ©. Et devinez qui Ă©merge parmi ses clients ? La FĂ©dĂ©ration nationale du bois, un syndicat d'industriels dont les adhĂ©rents gagnent leur vie en coupant des arbres. Le conflit d'intĂ©rĂȘts est gigantesque.

La femme qui dirige le rĂ©gulateur public des forĂȘts est payĂ©e en parallĂšle par le lobby privĂ© qui exploite le bois. Allez, on attaque la deuxiĂšme fournĂ©e. On passe maintenant Ă  la diplomatie et on va parler de ClĂ©ment Beaune. Ancien conseiller spĂ©cial d'Emmanuel Macron sur les questions europĂ©ennes, puis ministre des transports, ClĂ©ment Beaune est balayĂ© comme une merde lors des lĂ©gislatives anticipĂ©es de juillet 2024, comme beaucoup de gens d'ailleurs qu'on abordera dans cette partie. Pour lui Ă©viter le retour au chĂŽmage politique, l'ÉlysĂ©e va orchestrer une rĂ©organisation sur mesure de la haute administration.

En mai 2025, il est propulsĂ© Ă  la direction de la nouvelle entitĂ© issue de la fusion rĂ©glementaire de France StratĂ©gie et de l'ancien Haut Commissariat au Plan de François Bayrou, rĂ©unissant sous une mĂȘme autoritĂ© les fonctions d'Ă©valuation et de planification stratĂ©gique de l'État. Et ce nouvel organisme, il a un nom, le Haut Commissariat Ă  la StratĂ©gie et au Plan. Oui, parce qu'en fait, le problĂšme avec François Bayrou, c'est pas qu'il est rendu que deux dossiers en 10 ans. Le problĂšme de François Bayrou, en fait, c'est que euh il en fait il il avait le plan. Il le plan, il Ă©tait mais il y avait pas la stratĂ©gie.

Et donc vu que les macronistes sont trĂšs intelligents, ils se sont dit euh si on on on on prend le plan et qu'on lui met la stratĂ©gie, normalement ça marche. Oui, ça marche pour recaser les copains. Car ce poste, taillĂ© Ă  l'origine sur mesure pour François Bayrou en 2020, est devenu le paratonnerre Ă©ditorial de ClĂ©ment Beaune. Sa mission rĂ©elle, utiliser cette tribune publique pour produire des rapports visant Ă  sanctuariser l'hĂ©ritage Ă©conomique du rĂ©gime et Ă  faire obstacle aux arguments des oppositions en cas d'alternance en 2027. Mais le contrĂŽle de l'influence ne s'arrĂȘte pas aux rapports prospectifs.

Le pouvoir a également sanctuarisé le plus grand chéquier d'investissement de la nation en le confiant à un marcheur de la premiÚre heure, Bruno Bonnell. Non, ça ça a l'histoire croisée, ça. Bruno Bonnell. Non, ça c'est un temps au Tibet. Bruno Voilà. Ancien député de la majorité et entrepreneur lyonnais, jamais je n'oublierai ce Noël des années 90 que tu nous as volé. Il s'est vu confier la direction générale d'un plan d'investissement massif, el famoso France 2030. De quoi on y ? De dizaines de milliards d'euros d'argent public destinés à financer l'innovation, l'hydrogÚne vert, les semi-conducteurs et la transition industrielle du pays.

En verrouillant Bruno Bonnell Ă  la tĂȘte de cette direction stratĂ©gique, Emmanuel Macron s'assure que la distribution des subventions d'État aux grandes entreprises reste pilotĂ©e par sa propre doctrine Ă©conomique, rendant toujours plus difficile aux futurs exĂ©cutifs de rĂ©orienter ses capitaux vers des prioritĂ©s contraires au dogme libĂ©ral de la majoritĂ© sortante. Maintenant, on va parler d'un autre sujet qui est vraiment un truc qui est utilisĂ© en masse par la Macronie pour recaser les copains. On appelle ça des ambassades thĂ©matiques.

Commençons avec Barbara Pompili, ancienne ministre de la transition Ă©cologique d'Emmanuel Macron, elle est officiellement nommĂ©e ambassadrice Ă  l'environnement, un titre honorifique et rĂ©munĂ©rateur qui lui permet de voyager aux frais de l'État sans aucune responsabilitĂ© opĂ©rationnelle rĂ©elle. On pourrait aussi parler de Clara Chappaz, l'ancienne ministre du numĂ©rique, qui connaĂźt la mĂȘme trajectoire et qui se voit propulsĂ©e ambassadrice numĂ©rique dĂšs sa sortie du gouvernement, un poste, vous vous en doutez lĂ  aussi, complĂštement bidon, lui permettant simplement de toucher une rente.

Sauf que le Quai d'Orsay s'est retrouvé totalement court-circuité par ces décisions présidentielles directes, les diplomates de carriÚre assistant impuissants à la colonisation de leur réseau par les cadres de Renaissance en déroute. Pas drÎle. Tu vois ce que je veux ? Tu as fait 7 ans d'études, tu t'es fait chier pour travailler avec des gens sérieux, là tu vois le le mac Attends, tu vois Alors, on vous présente les deux nouvelles recrues, Clara Chappaz et Barbara Pompili. Voilà, bonne chance avec vos nouveaux collÚgues. Allez, on attaque la troisiÚme liste. Et là, on va parler mais on va parler des des des des des troisiÚmes couteaux, vraiment le le pire du pire du pire de la Macronie.

Retenez bien ces noms parce que la quasi-totalité d'entre eux vous sont totalement inconnus et m'étaient totalement inconnus avant d'écrire cette vidéo. La plupart d'entre eux sont des là aussi des gens qui se sont pris une branlée aux élections législatives de 2024 et pour lequel Emmanuel Macron n'a vraiment pas hésité à tomber dans le ridicule en matiÚre de création de postes bidons. Allez, on commence avec un cas d'école. Olivier de Meza, député macroniste, il se fait purement et simplement balayer en 2022. Le problÚme, bah c'est qu'il se retrouve en situation de détresse financiÚre personnelle. Et qu'est-ce qu'on fait dans la Macronie quand on est dans la merde niveau ?

On envoie un SMS Ă  Emmanuel Macron. Sauf qu'en plus de ça, le monsieur a des exigences. Oui oui, il exige Ă  Emmanuel Macron un poste parmi deux suggestions. Le premier, c'est qu'il souhaiterait bien organiser la prochaine Coupe du monde de rugby et le second truc qu'il aimerait bien c'est ĂȘtre ministre de l'agriculture. TimothĂ©e en maternelle, tu veux faire quoi plus ? Euh cosmonaute ou euh ? mais les deux jobs n'ont absolument aucun rapport. Bon, vous vous en doutez Emmanuel Macron va lui donner aucun des deux. Mais il va Ă  la place lui crĂ©er un job sur mesure. En l'occurrence une mission de prĂ©vention contre le suicide chez les agriculteurs.

Je rappelle qu'au départ le mec est commercial dans le secteur nautique. Allez on continue avec Marie-Christine Verdier-Jouclard. Vous vous souvenez de Marie-Christine ? On a bien rigolé à l'époque. Playmobil faire une pirouette. Parce que vos éléments de langage de petit ? C'est moi que vous traitez de ? Vous vous vous vous osez vous osez de de ? Vous prononcez sur une question d'éthique. C'est moi que vous traitez de ? Mais un peu de respect monsieur. Ah mais elle va bien Marie-Christine. Ouais ouais j'ai pris des nouvelles. Elle bon c'est une marcheuse de la premiÚre heure bien évidemment hein élue en 2017 et comme beaucoup battue en 2022.

Mais rassurez-vous elle est immĂ©diatement propulsĂ©e Ă  ce moment-lĂ  Ă  la direction de l'Office national des combattants et des victimes de guerre au nom bien Ă©videmment de sa grande expĂ©rience de terrain. Donc oui on est fier d'ĂȘtre des amateurs parce que de toute façon quand euh les Françaises et les Français ont votĂ© pour nous en 2017 et ont votĂ© pour lui c'Ă©tait quand mĂȘme pour dĂ©gager les professionnels. On a aussi Nadia HaĂŻ ancienne ministre trĂšs Ă©phĂ©mĂšre lourdement dĂ©faite aux lĂ©gislatives de 2024. Elle en juin 2025 le stylo prĂ©sidentiel va la repĂȘcher au KLM et crĂ©e spĂ©cialement pour elle le poste de dĂ©lĂ©guĂ©e interministĂ©rielle Ă  la MĂ©diterranĂ©e.

Et qu'est-ce qu'elle fait elle alors elle sait rien ? Elle est rien mais elle a bien un hobby ? Bon elle est euh voilĂ  bah allez euh MĂ©diterranĂ©e. Vous faites les 49-3 tous les ans vous faites vous en ĂȘtes au 20e 49-3 avec madame Borne. Que vous souhaitez dont vous souhaitez dĂ©battre depuis plus de 40 ans nous vous l'offrons sur un plateau d'argent. Nous vous l'offrons sur un plateau d'argent avec 200 prĂšs de 280 amendements du RN et vous avez refusĂ© ce dĂ©bat. Tiens, mĂȘme profil, Sarah El HaĂŻry, pilier du MoDem, l'alliĂ© indĂ©fectible du pouvoir. Elle, dĂšs qu'elle a Ă©tĂ© Ă©cartĂ©e du gouvernement, paf, instantanĂ©ment recasĂ©e comme haut commissaire Ă  l'enfance.

La protection de l'enfance mĂ©rite mieux. Ne jetez pas l'eau propre sur l'ensemble des professionnels. D'ailleurs, cette circularitĂ© avec le MoDem a trĂšs souvent tournĂ© au grotesque. Regardons par exemple l'histoire de Justine BĂ©nin et Aude Luyckx. En 2023, Justine BĂ©nin perd les lĂ©gislatives en Guadeloupe. Pour la consoler, le pouvoir lui offre un poste créé lĂ  aussi sur mesure, coordinatrice interministĂ©rielle aux droits des femmes en outre-mer et ce malgrĂ© des accusations pendantes de harcĂšlement moral et de clientĂ©lisme. Quand elle finira par lĂącher le poste, elle sera remplacĂ©e par Aude Luyckx, une autre dĂ©putĂ©e MoDem battue qui n'est mĂȘme pas ultramarine. VoilĂ .

Ce qui nous montre une fois de plus que ce poste n'est bien Ă©videmment, comme tous les autres, absolument pas un poste d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral mais un strapontin pour copains. Continuons avec CĂ©lia de La Vergne, dĂ©putĂ©e de la DrĂŽme de 2017 Ă  2022. AprĂšs sa dĂ©faite, elle est propulsĂ©e directrice de l'eau. ? Non mais c'est important l'eau. Vous en buvez de l'eau. Tout le monde Ceux qui regardent la vidĂ©o, voilĂ . Si si vous buvez de l'eau, et ben il faut un directeur de ça pour voir si si ça boit bien. Bon, il y a pas que ça, on lui rajoute aussi la biodiversitĂ© en 2023, voilĂ .

Bon, maintenant que votre dĂ©magogie est calmĂ©e, passons Ă  Sylvain Waserman, ancien dĂ©putĂ© de la majoritĂ© parachutĂ© directement Ă  la tĂȘte de l'Agence de l'environnement et de la maĂźtrise de l'Ă©nergie. On pourrait aussi parler de Michel Delpon, Ă©lu marcheur battu en 2022, immĂ©diatement nommĂ© ambassadeur de l'hydrogĂšne vert pour le plan d'investissement France 2030, dirigĂ© comme par hasard par son ancien collĂšgue Bruno Bonnell. On pourrait aussi parler de Christophe Itier, compagnon de route de la premiĂšre heure, lui aussi en 2017, on a créé pour lui spĂ©cialement un poste de haut commissaire Ă  l'Ă©conomie sociale et solidaire.

Une fois sa mission terminĂ©e et surtout le poste supprimĂ©, pas pas on l'a remis dĂ©finitivement Ă  l'abri par dĂ©cret Ă  l'Inspection gĂ©nĂ©rale des Affaires sociales. Et le pire, c'est que comme vous pouvez le voir Ă  l'Ă©cran, eh ben la liste n'est pas terminĂ©e. Entre le moment oĂč j'ai terminĂ© cette vidĂ©o et le moment oĂč je voulais la sortir, j'ai envoyĂ© une copie du script Ă  Perplexity pour m'assurer une seconde fois qu'il y avait pas d'erreur dedans. Et Perplexity m'a dit "Bah, par contre, il y a des oublis." Bah oui, toute la vague de nominations de ce mois d'aoĂ»t que j'ai manquĂ©e. Bah oui, parce qu'il y en a encore eu un peu plus.

Alors, je voulais mettre tout ça Ă  l'Ă©cran tel qu'il me les a mentionnĂ©s. Bon, on va pas s'attarder dessus, hein. On notera quand mĂȘme avec humour que Clara Chappaz, entre le moment Ă©cris une vidĂ©o et le moment oĂč tu la sors, elle arrive quand mĂȘme Ă  trouver un boulot en plus. Mais je vais pas rentrer dans le dĂ©tail plus que ça parce que euh c'est des nominations mineures, encore une fois, comme la plupart des nominations de cette derniĂšre partie. Et je pense qu'on a dĂ©jĂ  largement dĂ©montrĂ© l'absurde et le grotesque de toutes ces nominations de connivence, des pions mineurs de la Macronie. Notre cartographie est maintenant complĂšte.

Du Conseil constitutionnel aux offices de l'eau, pas un centimĂštre carrĂ© de l'administration n'a Ă©chappĂ© Ă  ce maillage dĂ©fensif. L'ÉlysĂ©e a fonctionnĂ© comme une gigantesque machine Ă  re- cycler ses propres pertes Ă©lectorales, transformant la haute fonction publique en rampe d'appareil. Et c'est maintenant pour nous le moment d'Ă©voquer le but de toutes ces manƓuvres. Face au tableau qu'on vient de dresser, l'argument des partisans du pouvoir en place est Ă  mon avis assez simple Ă  anticiper. Ils vont nous dire "Oui, mais ça a toujours Ă©tĂ© comme ça." Et ils ont pas forcĂ©ment tort.

En mars 86, juste avant la toute premiĂšre cohabitation de l'histoire, François Mitterrand a thĂ©orisĂ© et appliquĂ© la doctrine des charrettes de combat. Le but Ă©tait la saturation maximale des ambassades et des directions publiques avec des cadres socialistes pour paralyser les futures rĂ©formes de Jacques Chirac. En 2012, Sarkozy a fait exactement la mĂȘme chose avec un vaste mouvement de prĂ©fets juste avant l'arrivĂ©e de la gauche. Sauf que l'argument de la tradition rĂ©publicaine ne tient pas 2 secondes face Ă  l'analyse. Emmanuel Macron a franchi un palier totalement inĂ©dit dans le verrouillage structurel de l'État.

LĂ  oĂč ses prĂ©dĂ©cesseurs recyclaient des potes Ă  des inspections gĂ©nĂ©rales ou des prĂ©fectures de terrain, la Macronie, [musique] elle, a mĂ©thodiquement colonisĂ© les contre-pouvoirs inamovibles de la RĂ©publique. L'axe Ferrand-Malbec [musique] au Conseil constitutionnel, AmĂ©lie de Montchalin Ă  la Cour des comptes, Emmanuel Moulin Ă  la Banque de France, Marc Guillaume au Conseil [musique] d'État. On ne parle pas ici de postes de l'administration active, on parle de citadelles de rechange. Cinq des neuf membres du Conseil constitutionnel sont dĂ©sormais verrouillĂ©s jusque au moins 2031.

Amélie de Montchalin va tenir la Cour des comptes jusqu'en 2053, [musique] Martin Ajdari à l'INSA de Lyon jusqu'en 2031. Et tous ces mandats, blindés de garanties constitutionnelles, retirent au suffrage universel une grande partie de sa portée. Le message envoyé au peuple français est d'un cynisme absolu. Vous pouvez voter, vous pouvez imposer une alternance radicale en 2027, mais les leviers névralgiques de la légalité, de la monnaie, des médias et de l'atome resteront sous le contrÎle [musique] exclusif du premier cercle de l'actuel président de la République. Alors, pourquoi mettre tout ça en ?

Bah, c'est lĂ  oĂč on va ĂȘtre obligĂ© de tomber un peu dans le complotisme, en fait, j'ai envie de dire, et c'est purement une thĂ©orie personnelle. Et je sais qu'on vit dans une Ă©poque oĂč la prospective, l'anticipation ou la thĂ©orie sont vues comme, bah, du complot. Mais je suis dĂ©solĂ©, Emmanuel Macron n'a que 48 [musique] ans, et je suis persuadĂ© qu'il est en train de prĂ©parer un scĂ©nario Ă  la Medvedev. Il a encore envie d'ĂȘtre prĂ©sident de la RĂ©publique. Et d'ailleurs, le comble de l'ironie, c'est que il s'est lui-mĂȘme auto-recasĂ© dans un job bidon. Enfin, pas si bidon que ça, un job créé sur mesure par un ami proche du pouvoir afin de prĂ©parer son retour en 2032.

La stratĂ©gie est : le bordel en France, crĂ©er le chaos, rendre impossible toute forme de changement afin de pouvoir se prĂ©senter comme un sauveur en 2032. Je reste malheureusement persuadĂ© que nous n'en avons pas fini avec cet homme. Et c'est pour ça que j'employais le terme d'État profond, en fait, en introduction, parce que je pense que tout ce maillage-lĂ , tout ce qu'on a dĂ©crit, c'est prĂ©cisĂ©ment la mise en place d'un État le chaos par procuration administrative sur les ruines d'une RĂ©publique ligotĂ©e pour prĂ©parer un retour fracassant de Jupiter Ă  l'ÉlysĂ©e Ă  l'horizon 2032.

Merci à tous d'avoir suivi cette vidéo, n'hésitez pas à la liker, à la commenter, à la partager et surtout à la booster, c'est trÚs important. Vous pouvez également nous soutenir sur Tipi pour ceux qui le souhaitent parce que ce genre de vidéo, ça a un coût de montage. Quant à moi, je vous donne rendez-vous cette semaine pour une nouvelle interview, un nouveau off long qui sortira à la fin de la semaine et dont je ne vous dis pas encore le sujet mais qui sera encore plus long que celui-ci et également, je pense, au moins un épisode de Je suis pas content. Je vous dis à trÚs vite.