"On est dans la tempête" : l'entreprise Liebherr-Mining privée de transport sur le Rhin à cause de la sécheresse
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Questions et réponses
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Comment est-ce que ça se passe pour votre entreprise ?
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Ça aura un coût en plus, tout ça, j'imagine ?
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Est-ce qu'il y a du chômage partiel également ?
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Vous arrivez avec vos équipes, vous arrivez à trouver des solutions, mais ça ne peut pas durer trop longtemps.
- 3:35OuverteRéponse directe
Vous espérez évidemment que la situation revienne à la normale, vous scrutez la météo ?
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Est-ce que vous réfléchissez à revenir en arrière, revenir à la route de façon plus pérenne ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Depuis 2019, après une étude, on a basculé tout notre flux d'expéditions de colis de machines, qui sont gros, c'était les transports exceptionnels. »
- 0:45InvitéChiffre
« On vend à peu près une centaine de machines par an. »
- 0:57InvitéChiffre
« Ça représente des parches de 600, 700, 1000 tonnes, à peu près. »
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« La décision a été prise le 27 juillet. »
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« C'est le point le plus bas sur le Rhin. Donc, il est descendu en dessous de 80. »
- 1:20InvitéFait
« Il est descendu en dessous de 50. Et puis ensuite, la navigation s'est arrêtée. »
- 2:21InvitéFait
« Normalement, les bases d'eau, c'est quelque chose qui arrive régulièrement. Ça dure une ou deux semaines. »
- 2:31InvitéChiffre
« Ça pouvait être 15 fois le prix. »
- 3:44InvitéFait
« Là, il ne suffit pas de quelques pluies. Il va falloir qu'il pleuve longtemps. »
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« Le Rhin, c'est quand même une artère centrale en Europe. »
Temps de parole
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Point le quart, place à l'invité de la rédaction, le transport des marchandises, Sébastien, toujours au ralenti sur les voies fluviales du Rhin. Il n'y a pas assez d'eau pour permettre aux barges de circuler normalement en ce moment. Les faibles pluies de ces derniers jours, pour le moment, n'y changent rien. Et l'inquiétude grandit pour les entreprises qui l'utilisent au quotidien pour recevoir ou pour envoyer leurs produits, comme pour la société Liber Mining, qui construit d'énormes pelles minières pour le géant allemand. Etat des lieux, avec le responsable du service logistique externe, Marc Lagarde. Il répond à Émilie Poux.
Depuis 2019, après une étude, on a basculé tout notre flux d'expéditions de colis de machines, qui sont gros, c'était les transports exceptionnels. On a basculé massivement sur la voie fluviale. Quand je dis massivement, c'est qu'on vend à peu près une centaine de machines par an. Et on a une barre dédiée tous les jeudis qui s'arrête au port de Neuvrisac. Et on y charge tout ce qu'on a. Ça représente des parches de 600, 700, 1000 tonnes, à peu près.
Le Rhin est historiquement bas. Comment est-ce que ça se passe pour votre entreprise ?
Ça a été difficile. La décision a été prise le 27 juillet. On suit évidemment l'indice de Côbe. C'est le point le plus bas sur le Rhin. Donc, il est descendu en dessous de 80. Ça, on a l'habitude. On a des surcharges. Puis ensuite, il est descendu en dessous de 50. Et puis ensuite, la navigation s'est arrêtée. Il y a pénurie de barges, puisque la quantité de marchandises à transporter est toujours la même. Mais on en emporte moins dans chaque barge. Et du coup, il a fallu prendre une décision d'arrêter de bricoler. Parce qu'en fait, la barre nous coûtait de plus en plus cher. Donc, au plein moment, ça dépasse l'entendement. On a tout arrêté.
Et on a décidé de faire un report modal vers la route. Un peu à reculons. Parce que nous, on est très favorable aux fuyales. Et ça a été, enfin, c'est toujours difficile. Parce que la route, c'est des transports exceptionnels. Il faut des demandes d'autorisation. Ça passe, ça passe pas. Il y a des délais qui s'allongent. Et on a les machines à expédier. Les clients attendent. Et il y a les colis qui ne se transportent plus par route. Donc, il a fallu tout chambouler en production. Il a fallu démonter certains composants.
Grosse, grosse difficulté. Oui. Ça aura un coût en plus, tout ça, j'imagine ?
Oui, oui. Normalement, les bases d'eau, c'est quelque chose qui arrive régulièrement. Ça dure une ou deux semaines. Ça a un coût qui peut être gros. Mais ramené à l'année, le fluvial est toujours pertinent. Mais là, non seulement, ce n'est pas un léger surcoût. Ça pouvait être 15 fois le prix. Donc là, on le fait pour une ou deux machines. Parce qu'on peut sauver les meubles. Mais après, on revient par la route. La route est chère. La route est bien plus chère que le fluvial. Du coup, est-ce que j'ai estimé le surcoût ? Non, puisqu'on est encore dedans. On est encore dans la tempête.
Est-ce qu'il y a du chômage partiel également ?
Non, parce que c'est flexible, tout ça. On explique aux clients. C'est un cas de force majeure. Et puis, les routiers qu'on a laissés tomber en 2019, quand on a basculé sur la voie fluviale, ils sont encore là. On subit leur prix. Mais ils sont quand même là. Ils ont de la flexibilité. Et on arrive quand même à les emmener, les machines.
Donc, en fait, vous bricolez pour l'instant. Vous arrivez avec vos équipes, vous arrivez à trouver des solutions, mais ça ne peut pas durer trop longtemps.
Voilà, on s'épuise. On est épuisé. Je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais dans une barrage, on met 60 colis. Et si on les fait complètement par route, c'est des camions qui arrivent, elles accueillent-le et ils n'ont pas l'habitude. Donc voilà, on dispatche ces 60 colis sur je ne sais pas combien de camions. Donc l'effort, il est bien plus conséquent. Ce n'est pas pareil.
Donc du coup, vous espérez évidemment que la situation revienne à la normale, vous scrutez la météo, vous espérez que ça revienne à la normale le plus tôt possible ?
Oui. Là, il ne suffit pas de quelques pluies. Il va falloir qu'il pleuve longtemps. Donc le mois de septembre risque d'être difficile. Là, il a plu, ça remonte un peu, mais ça ne suffit de loin pas à remettre une situation normale. Il faudrait qu'il pleuve de longues semaines. Voilà, il va falloir qu'il pleuve à fin septembre, c'est sûr.
Est-ce que vous réfléchissez à revenir en arrière, revenir à la route de façon plus pérenne ?
Non, parce qu'on est super convaincus. La voie fluviale, c'est vraiment le rêve. L'organisation qu'on a mis en place avec les navettes routières jusqu'au port de Neuf-Risac, le port de Neuf-Risac, le bargeur, ça marche très très bien. C'est fluide, c'est industrialisé, c'est massifié. Non, sauf si on s'engage dans trois mois de sécheresse tous les ans. On sait que c'est cyclique. Le Rhin, c'est quand même une artère centrale en Europe. Donc, il y a un petit point bas à Caube.
J'imagine, avec les Allemands et les Suisses, que des solutions vont être trouvées, soit au niveau des barges plus plates, soit au point bas, ils vont creuser, soit, comme le conseil et les anciens, il va falloir gérer l'eau au lac de Constance avec un barrage, comme c'est le cas, par exemple, pour gérer la Seine. Il y a deux lacs qui sont à 100 km de Paris et qui ont été construits il y a 50 ans et qui gèrent le flux sur la Seine. Et la Seine, la navigation n'a jamais été interrompue, que je sache.
Vous allez participer à la réflexion du port autonome de Strasbourg sur cette question ?
Oui, oui, je suis invité à une table ronde le 21 septembre, à l'occasion des 100 ans du port de Strasbourg. Et on va parler de ça.
Lagarde de l'Iber Mining au micro ici à Alsace. Des millipoux interviews complètes que vous retrouvez sur notre site ici.frpage Alsace.