Invitée : Nathalie Arthaud - Territoires d'infos (06/03/2017)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 33 %Attaque 50 %Défensif 17 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 33:38OuverteRéponse directe
Comment qualifieriez-vous cet entêtement de François Fillon ?
- 35:34RelanceRéponse directe
Qu'est-ce que vous répondez aux militants fillonistes qui disent que Fillon tient bon face aux juges ?
- 36:00OuverteRéponse directe
La justice est-elle indépendante dans cette affaire selon vous ?
- 36:58OuverteRéponse partielle
Vous voyez une différence entre votre combat et celui de Marine Le Pen ?
- 38:18OuverteRéponse directe
Est-ce que pour vous, à votre niveau, c'est un vol démocratique ?
- 39:14OuverteRéponse directe
Vous en êtes où dans votre campagne électorale, notamment sur les signatures ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 33:38Invité politiqueFait
« Personne ne peut m'empêcher d'être candidat, a-t-il martelé hier au journal de 20h de France 2. »
- 34:54Invité politiqueFait
« C'était légal, c'est ce que dit François Fillon. Peut-être pas moral, mais légal. »
- 35:16Invité politiqueFait
« On peut s'attendre, effectivement, à tout sur le plan de la justice. »
- 36:15Invité politiqueFait
« Les comparutions immédiates, ça existe. Il y a des jeunes qui sont mis en prison le lendemain d'avoir été pris à côté d'un tas de pierres. »
- 39:24Invité politiqueChiffre
« Le Conseil constitutionnel a validé 314 signatures pour ma candidature. »
- 42:45Invité politiqueFait
« Cette décision, elle a été prise en fonction des intérêts des grands actionnaires de Peugeot. Et pas du tout en fonction des intérêts des ouvriers de Peugeot. »
- 43:11Invité politiqueChiffre
« Cette fusion, elle a pour objectif de faire des économies d'échelle et la chiffrée à quasiment 2 milliards les économies recherchées. »
- 43:55Invité politiqueFait
« La première mesure de bon sens, c'est d'arrêter l'hémorragie. À commencer par tous ces grands groupes. »
- 44:48Invité politiqueChiffre
« Un salaire au minimum de 1 800 euros net par mois parce que les femmes, elles constituent aussi les plus exploitées dans cette société. »
- 44:48Invité politiquePromesse
« leur premier besoin, leur premier objectif, c'est un emploi et un salaire. Et un salaire au minimum de 1 800 euros net par mois »
- 45:57Invité politiqueChiffre
« Les entreprises du CAC 40 ont fait paraître quasiment tous leurs résultats. On en est à 75 milliards pour l'année 2016. »
- 46:22Invité politiquePromesse
« il n'y ait pas un salaire en dessous de 1 800 euros net par mois et qu'il y ait des embauches. »
- 46:56Invité politiqueFait
« je suis pour que cette classe-là effectivement paye des impôts parce que quand on travaille, quand on est ouvrier, quand on est salarié, on paye beaucoup d'impôts. »
- 48:11Invité politiqueFait
« Pendant tout le quinquennat de François Hollande, le Front National n'a cessé de monter. »
- 58:00Invité politiqueFait
« beaucoup trouvent cela indigne parce que cela montre de la part de François Fillon une forme d'entêtement, d'obstination. »
Temps de parole
- Présentateur84 %
- Nathalie Arthaud4 %
- Locuteur 84 %
- Locuteur 103 %
- Locuteur 32 %
- Locuteur 22 %
≈ 0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Territoire d'Info, Public Sénat, Sud Radio.
Bonjour à tous, bonne journée. Nous sommes ensemble pendant une heure. Bienvenue dans la matinale de Public Sénat de Sud Radio avec la presse quotidienne régionale. Territoire d'Info, c'est une heure de direct et on retrouvera notre invité politique à 8h. Aujourd'hui, c'est Nathalie Artaud, la candidate lutte ouvrière pour l'élection présidentielle qui sera débriefée par nos éditorialistes. Dans un instant, le JT des Territoires, suivi du débat des éditorialistes de la presse quotidienne régionale. Puis vous retrouverez le zappellisé, le premier zapping politique de la journée. Mais tout de suite, c'est le JT des Territoires.
On démarre ce journal avec l'illustration concrète de la crise politique traversée par les Républicains. Après la démonstration de force des soutiens de François Fillon au Trocadéro et sa volonté de ne rien lâcher. Et à quelques heures de la conférence de presse d'Alain Juppé, on part pour la Gironde justement où le maire modem de Lacanau demande le retrait de François Fillon et parraine Alain Juppé qui n'est toujours pas, vous le savez, officiellement candidat. Une interview de Dominique Parmentier pour TV7 en Gironde. Ah oui, oui, oui, il est au courrier, là c'est parti, je l'ai signé. Donc il fera au Conseil constitutionnel lundi.
Et vous avez des informations sur ce que va faire Alain Juppé ?
Lui, je pense qu'il est prêt. Il n'a pas toutes les informations que j'ai. Il est prêt à prendre la suite. Maintenant, je pense qu'il faut que François Fillon au plus vite retire sa candidature.
Et si Alain Juppé est candidat, quid de François Bayrou qui soutient Emmanuel Macron ?
Écoutez, il a fait son choix. Moi, j'ai mes convictions, je reste sur mes convictions et sous le soutien d'Alain Juppé. C'est le choix que j'avais fait.
J'avais fait campagne pour lui aux primaires du centre et de la droite. Donc moi, je reste fidèle à mes valeurs. François Bayrou a fait un autre choix.
Si Alain Juppé est candidat, c'est vrai que pour lui, effectivement, il va se poser une question de savoir ce qu'il fait.
Et pendant ce temps, des candidats inattendus tentent de se faire entendre. C'est le cas d'Alexandre Jardin. Il s'est lancé dans la bataille présidentielle en décembre 2016. Le candidat citoyen était en campagne à Perpignan dans les Pyrénées-Orientales. Il tente d'obtenir ses 500 parrainages pour aller jusqu'au bout. Olivier Roirand pour TV Sud. Un candidat à l'élection présidentielle de passage à Perpignan aujourd'hui. L'écrivain Alexandre Jardin s'est lancé dans la bataille le 3 décembre dernier en revendiquant une démarche citoyenne.
Tout le monde sait très bien quand on allume sa télé ou quand on lit un journal que le système est en train de s'auto-détruire. Tout le monde le voit jour après jour. Donc il va y avoir une révolte.
Est-ce qu'elle va être uniquement portée par les extrêmes ?
Ou est-ce qu'on donne une chance à une révolte positive, généreuse, altruiste, qui propose un changement de système ?
En fait, on a un problème de système. C'est-à-dire que que l'on mène des politiques de gauche, de droite, du sang, de truc, tout le monde sait très bien que ça ne marche pas. Pour Alexandre Jardin, il faut donc redonner le pouvoir au bassin de vie, décentralisé au maximum en privilégiant les initiatives locales, lancées de grands chantiers dans chaque région.
Vous êtes dans une région de grand tourisme. Vous savez tous très bien que le déséquilibre est très fort entre votre région et le sud-est.
Si on rallume des normes moteurs, des normes machines économiques capables d'attirer les 400 millions de classes moyennes indiennes, les centaines de millions de classes moyennes chinoises qui viennent d'apparaître au cours des 20 dernières années,
pour l'instant, ils ne sont pas là. Je vois peu d'indiennes autour de moi.
Le candidat Jardin continue sa campagne présidentielle en quête de 500 parrainages pour aller jusqu'au bout. Quand les territoires se tournent maintenant vers l'Europe, exemple en Moselle avec la visite de Patrick Weyten, le président du conseil départemental au lycée Schengen, un lycée germano-luxembourgeois à Perle en Allemagne. Il a visité ce lycée qui a la particularité d'être situé à 3 km de la frontière française et de la Moselle. L'établissement offre une pédagogie transfrontalière à ses élèves que Patrick Weyten aimerait voir développée dans ce département. Oriane Vallou pour Mirabelle TV.
Cet établissement Patrick Weyten voudrait bien en voir éclore un équivalent de l'autre côté de la frontière, en Moselle. Au lycée Schengen, sur 830 élèves, la moitié est de nationalité allemande, l'autre luxembourgeoise, tout comme les 120 professeurs qui enseignent dans les deux langues, voire même en français et anglais. Résultat, les élèves sont bilingues, bercés dans une culture européenne et surtout transfrontalière.
On a réussi à faire parler deux administrations différentes, qui ont des modes de fonctionnement différents, qui ont des modes d'évaluation différents, qui ont des modes de pédagogie différents, et on a pu le faire, et chacun garde son identité. Le statut des enseignants n'est pas le même ici, parce qu'on a des enseignants qui ont un statut luxembourgeois, les autres un statut allemand. En définitif, c'est simple. Il suffit d'avoir une volonté politique et que la France, que l'État nous laisse faire.
Parmi les élèves, 36 sont français, et plus particulièrement en Mosellan, car la première ville française n'est située qu'à 3 kilomètres.
Il y a les parents qui aiment les intégrer dans cette école, parce que c'est quand même une école très ouverte. Il y a une autre pédagogie, et c'est une école qui prépare les élèves pour la vie dans la grande région, plutôt que juste une vie dans leur pays.
Un établissement plurilingue qui attire les familles venues chercher l'excellence pour leurs enfants. Dans cette classe de 6e, plusieurs élèves sont français. Ce matin, cet atelier boit pendant 2 heures. Oui, c'est enrichissant. J'ai trouvé des bons amis qui viennent de différents pays.
Je trouve qu'il n'y a pas seulement un intérêt économique, mais un intérêt culturel énorme à ce que les gens apprennent à se connaître dès le plus jeune âge.
La coopération transfrontalière, le cheval de bataille de Patrick Weyton depuis 2011, qu'il compte mener à bien avant la fin de son mandat, en créant notamment le premier collège franco-allemand luxembourgeois en Moselle, et qui pourrait porter le nom de Robert Fumann.
Sans transition des deux sous, Made in France, la société Alcea Epinal fabrique de la lingerie fine, du 100% Made in France, qui s'appuie sur le savoir-faire local de ses salariés, des couturières qualifiés. La société a utilisé un dispositif de l'État pour recruter et créer sur le site de l'usine, en quelque sorte, une école de formation interne. Stéphanie Renaud pour Vosges Télévisions. Les catalogues de la collection Printemps-Été sont prêts à l'envoi dans l'atelier Les Petites Minces Affaires dans l'entreprise Alcea qui emploie 55 salariés épinales. Ici, on fabrique de la lingerie haut de gamme.
Le préfet des Vosges a découvert récemment les deux sous d'un succès 100% Made in France, des modèles de stylistes et des textiles de qualité, broderies et dentelles assemblées grâce au savoir-faire local. Et pour compenser les coûts de production et rester compétitif, un réseau de distribution en France, 1440 personnes, des commerciaux, mais surtout des vendeuses à domicile.
La force de vente nous permet de rester avec une fabrication exclusivement française, puisque l'on s'adresse directement aux consommateurs et que nous n'avons pas les multiples commissions à mettre entre le client final et la fabrication.
L'usine Alcea est l'un des deux sites français d'un groupe labellisé Entreprises du Patrimoine Vivant avec deux marques, Allende pour la lingerie fine et Tanaïs pour le prêt-à-porter. Et Philippe Lefebvre est un patron fier d'avoir relocalisé toute son activité en France.
Et à ce sujet, il faudrait que le pouvoir public protège mieux la fabrication française. Fabriquer en France, ça veut dire transformer de la matière première en objet de consommation courante. Ça ne veut rien dire d'autre.
Pour recruter dans ces métiers qualifiés de la couture, le dirigeant a opté pour un dispositif d'Etat, une POE. Il s'agit du dispositif de préparation opérationnelle à l'emploi, parce qu'on voit bien que sur des métiers qui sont très techniques, spécifiques, il n'y a pas de véritable école. Donc il faut une formation, je dirais, un peu sur l'Etat. Et donc c'est un dispositif qui est financé par l'Etat, qui permet de recruter des personnes qui sont sans emploi, qu'elles soient analysées ou pas d'ailleurs. Et donc l'Etat apporte un concours financier. Ce sont des stagiaires qui dépendent de la formation professionnelle, mais qui ensuite ont vocation à être intégrés dans l'entreprise.
Un dispositif qui fait figure d'écoles de formation interne de plus en plus prisées par les dirigeants d'entreprises pour obtenir les compétences dont ils ont besoin. Retour sur le décès de Raymond Coppa, on se rend à Noël-Émine, où à deux pas du stade de foot, une plaque signale la maison natale de Raymond Copazewski, qui deviendra Raymond Coppa. Ce footballeur de légende et premier ballon d'or français est décédé, vous le savez, à l'âge de 85 ans. Alain Molinari pour EOTV. À Noël-Émine, à deux pas du stade de foot, une plaque signale la maison natale de Raymond Copazewski. Il deviendra Raymond Coppa au début d'une formidable carrière de footballeur internationale.
Ce demi-finaliste de la Coupe du Monde face au Brésil du tout jeune Pelé et premier ballon d'or français est décédé à l'âge de 85 ans. À Noël-Émine, sa carrière laisse encore rêveur les amateurs de football.
Bon, il est Noël-Émine, il a été entraîneur à l'US Noël-Émine. J'ai appris son décès aujourd'hui, malheureusement.
On n'en entendait plus parler, mais bon, là, vu son décès, on en entend parler, quoi. C'est quand même le premier ballon d'or français. Et c'est triste quand même, pour la région, pour tout ce qui a apporté au foot aussi. Pour les souvenirs et le vécu, il faudra se rendre à la maison de retraite. Aimé et Roselyne ont partagé sa vie d'enfant d'Émine. Aimé a joué dans l'équipe locale à ses côtés.
On était toujours à deux. C'est vrai ? Il a fait la fête un petit peu au soir, quand je jouais à Noël.
Il est devenu quoi après ?
Après il est parti.
Ouais.
Et puis il m'a laissé là.
Ils se connaissaient très très bien. Ils étaient une petite équipe de jeunes footballeurs, mais alors de la vraie camaraderie. Ce qu'on s'appelle toi et moi. Et ils jouaient, lui et Copa, ça pouvait durer des heures, de se donner des ballons de la tête et du pied.
A l'heure du foot business, la ville de Nolémine peut s'enorgueillir d'avoir vu naître un footballeur prestigieux, engagé dans un long combat syndical pour donner un véritable statut aux joueurs de l'époque. Voilà, fin de ce journal. Dans un instant, le débat des éditorialistes de la presse quotidienne régionale, présent sur ce plateau. Mais tout de suite, la une de vos journaux ce matin. On commence bien sûr avec François Fillon, omniprésent à la une de vos journaux de la PQR ce matin. Avec La Voix du Nord, Fillon s'accroche. Avec Sud-Ouest, Fillon en appelle au peuple. L'Est est clair, Fillon montre les muscles. Et pour l'indépendant, François Fillon n'abdique pas.
Pour la Charente libre, François Fillon choisit le bras de fer. Il a mis la pression sur son camp hier. Ce sera le thème du débat qu'on aura dans un instant avec nos éditorialistes. Son rassemblement au Trocadéro a réuni des dizaines de milliers de militants, en dépit des voix qui en appellent toujours à son retrait dans son propre camp. La Nouvelle République Fillon toujours candidat malgré la tempête. Et dans l'actualité également, l'affaire Dorvaux avec des avancées selon des sources proches de l'enquête. On vient d'apprendre ce matin que le beau-frère aurait avoué avoir donc tué les quatre membres de la famille. Et presse aussi en titre disparu Dorvaux. Des révélations.
Pour la Provence, deux héros dans la tempête après la vague mortelle à la Madrague de Montredon. La Provence a retrouvé les pêcheurs qui ont été les premiers à secourir la famille emportée par une vague. Samedi soir, ils ont sauvé le père et les deux fillettes qui elles n'ont pas survécu. Vous le savez, une mère démontée comme un feu ont-ils regretté. C'est dans la Provence. Pour l'Ardennais, les Ardennais préfèrent Renault. Le nombre d'immatriculations en 2016 s'élève à 6883 dans les Ardennes. Une majorité de ces voitures sont des Renault. Enfin, pour le courrier Picard, une bonne nouvelle pour la télévision locale et notamment pour Weo.
Weo s'allume en Picardie la chaîne de télévision régionale qui est notre partenaire dans cette matinale d'infos. Vous avez vu un sujet de Weo tout à l'heure dans le journal des territoires. Et bien, Weo lance ses programmes en Picardie ce soir à 17h30 sur le canal 35 de la TNT et le canal 30 sur les box. Voilà, c'est une chaîne qui est dirigée par Jean-Michel Laubry que vous avez vu plusieurs fois sur ce plateau. Voilà, sans transition, nous allons passer maintenant au débat des éditorialistes. Nous allons balayer l'actualité de la presse quotidienne régionale ce matin. J'accueille Nathalie Moret. Bonjour Nathalie du Républicain-Laurent, merci d'être avec nous.
Bonjour Virginie de Quai-Rothème, vous êtes une nouvelle venue dans cette matinale d'infos. Merci, vous représentez le Parisien Éco ce matin. Bonjour Michel Hurvois de Ouest-France, directeur éditorial. Bonjour Cyril. Bonjour et bonjour Hubert Coudurier du Télégramme, président également de TBO. Vous êtes directeur de l'information du Télégramme et président de Télé-Bretagne Ouest. Merci d'être avec nous. Tout de suite, avant de débarrer ce débat, on va écouter François Fillon au 20h hier soir sur France 2. Qui garde le cap ? On l'écoute.
Allez-vous retirer votre candidature, oui ou non ? La réponse est non. Jamais. A aucun... La réponse est non. Je ne vois pas de raison de le faire. Et surtout, je pense profondément que le retrait de cette candidature aboutit à une impasse politique pour la famille qui est la mienne, c'est-à-dire pour la droite et le centre. Je pense que toute candidature improvisée aujourd'hui, à 50 jours de l'élection présidentielle, avec un projet qui ne serait pas un projet de rupture, qui ne serait pas un projet au fond radical comme celui que j'ai proposé,
et qui a occasionné ma victoire à la primaire, je pense que toutes ces candidatures conduiront à un échec. François Fillon a réussi hier soir, semble-t-il, une démonstration de force au Trocadéro, un bol d'air inespéré. Pour autant, il n'a pas gagné la guerre, Hubert Coudurier, c'est ce que vous écrivez dans le Télégramme ce matin, après cette intervention de François Fillon, au 20h aussi, hier soir. Ben non, il n'est pas au bout du chemin. Mais en tout cas, il continue. Et ce soutien populaire, après l'interview de Pénélope au JDD, le renforce, sa prestation a été plutôt réussie au 20h de France 2, me semble-t-il. Et maintenant, on attend ce que va dire Alain Juppé.
Mais selon nos informations, Alain Juppé devrait dire qu'il n'y va pas. Et il n'y va pas pour deux raisons. D'abord parce qu'il ne peut pas y aller, puisque Fillon a annoncé qu'il se maintiendrait envers et contre tout. Et puis parce que je crois que les discussions entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy n'ont pas abouti. Finalement, on peut se demander si Nicolas Sarkozy ne préfère pas Fillon battu à la présidentielle que Juppé élu. Et dernière chose, Alain Juppé a des doutes. Et ce n'est pas la première fois. D'abord, il est légitimiste, mais il est quand même un peu fatigué par ses campagnes à répétition. Et il se demande même s'il pourrait lui gagner.
Nathalie Moret, pour le Républicain Lorrain, vous suivez les Républicains. Vous étiez sur le pont tout le week-end. Vous étiez partout, au Trocadéro, à Aubervilliers. Alors, on a vu des Sarkozistes divisés. Certains derrière François Fillon au Trocadéro. François Baron, Luc Châtel, clairement. Et puis certains comme Christian Estrosi, par exemple, prenant franchement position contre. Oui, il y a pas mal de... On voit bien que les Sarkozistes sont divisés. Il y en a certains qui disent, là c'est juste pas possible. François Fillon, même s'il reste jusqu'à la présidentielle, n'est pas en mesure de gagner. Et même s'il gagne, il ne sera pas en mesure de gouverner.
C'est ça qui inquiète aujourd'hui une partie des Sarkozistes. Moi, je crois que ce qui est intéressant et ce qu'on a assisté, enfin ce à quoi j'ai assisté tout le week-end, c'est à une prise d'otage, une nouvelle prise d'otage de François Fillon de son camp. Puisque hier, il dit, c'est clair, il n'y a que moi qui peut me débrancher, il n'y a que moi qui peut décider, moi François Fillon, de ne pas aller à la présidentielle. Deuxième chose, il dit, si les Français avaient voulu Alain Juppé, il l'aurait élu, ce qui n'est pas le cas.
Et troisième chose, ce que je trouve vraiment très intéressant, c'est que hier soir, au journal de France 2, il renverse la responsabilité. C'est qu'il dit, moi j'ai fait mon examen de conscience, maintenant à ma famille politique de faire son examen de conscience.
En clair, si jamais il y a une défaite, ce sera parce que les gens de mon propre camp ne m'ont pas défendu. Et ça, je trouve que c'est un renversement de responsabilité qui est un coup politique assez incroyable. Michel Hurvois, votre une, c'est justement, Fillon ne renonce pas à rassembler, mais le peut-il ? C'est ça la question. Écoutez, on est dans une situation absolument incroyable qui ressemble à un supplice, puisque chaque heure qui passe rend une décision de plus en plus urgente et en même temps de plus en plus compliquée à prendre. Les questions sont assez simples. Fillon va-t-il renoncer ? Il est le seul à pouvoir donner la réponse. Il reste.
Alain Juppé serait-il un recours crédible ? Il y a autant de risques politiques à une candidature d'Alain Juppé, il n'est absolument pas sûr. Il ne serait absolument pas sûr de gagner. Il rendrait des points à Marine Le Pen et il diviserait la famille. Et troisième considération, il y a le calendrier. Je rappelle qu'on est à 12 jours de la fin de la collecte des parrainages, qu'une semaine avant, la Constitution prévoit que si un candidat est empêché, il faut reporter l'élection. Donc en fait, la fenêtre de tir pour décider définitivement, c'est entre aujourd'hui et vendredi. Probablement aujourd'hui. Donc, à mon sens, il n'y a plus de débat.
Alors vous parlez d'Alain Juppé, Hubert Coudurier. Non mais juste pour rebondir sur ce que dit Michel, c'est bien pour ça qu'au cours des derniers jours, il y a eu un forcing des juppéistes, d'abord, qui se sont dit que c'est maintenant ou jamais. Et que peut-il dire à Alain Juppé ce matin ? Il doit prendre la parole vers 10 heures, depuis la mairie de Bordeaux. Que peut-il dire à Alain Juppé ? Oui, qu'est-ce qu'il peut dire ? Il peut dire qu'il renonce définitivement. Il fait une conférence de presse pour ça, pour dire qu'il renonce.
Il a toujours été très lisible, Alain Juppé. Alain Juppé, il n'a jamais dévié. Et depuis le début, il a dit, c'est François Fillon qui a gagné la primaire, c'est lui qui sera candidat. Et la seule façon, il a fait dire par ses soutiens que si jamais, effectivement, il était empêché, il pourrait y aller au sens où il prendrait ses responsabilités. François Fillon a été très clair hier. Donc je pense qu'Alain Juppé le sera ce matin.
Et par ailleurs, on ne sait pas très bien ce qu'ils se sont dit avec Nicolas Sarkozy, mais d'après nos informations, il n'aurait pas obtenu les garanties qu'il attendait de Nicolas Sarkozy. Alors, l'initiative de Gérard Larcher, couplée avec celle de Bernard Acquoyer, quelle peut-elle être, Michel Urvois ? On sait qu'il y a une réunion aujourd'hui très importante de la direction des Républicains, qu'eux poussent. Il n'était pas autre au Cadéro hier soir, c'est un signe ? Bernard Acquoyer était. Pardon, Gérard Larcher n'y était pas. Gérard Larcher n'y était pas, effectivement. Mais cette réunion, elle est assez particulière, puisque François Fillon, il sera lui-même.
Donc on imagine mal une réunion à laquelle il participe, à laquelle il annonce qu'il participe, et qui aurait pour but de le désavouer. Donc non, je pense que ce comité va prendre acte de l'impossibilité de faire autrement. D'autant qu'Alain Juppé, entre-temps, aura parlé et aura dit, il ne peut pas y avoir de plan B qui porte mon nom. Donc je ne vois pas ce qui peut se passer de plus. Il y avait quand même, hier soir, parce que ça a été largement couvert par les chaînes de télévision, c'était vraiment l'événement du jour, on n'a parlé que de ça.
Dans les déclarations d'un certain nombre de militants, on sent la radicalisation, on sent les propos où ils disent, si Fillon n'y va pas, on votera pour le Front National. Et finalement, tout ça a fini par créer un doute. Après l'affichage de tous ceux qui quittaient le navire, qui était assez impressionnant, parce qu'on parlait de 250 élus, et non des moindres, il y a eu effectivement un renversement de focale, d'optique. Ça ne veut pas dire que c'est ce qui va se passer, puisque paradoxalement, le sondage du Figaro de ce matin dit que Fillon recule encore. Mais on est dans un jeu médiatique permanent.
Alors Virginie de Carotem, c'est la première fois que vous êtes dans cette matinale d'info. Vous appartenez aux Parisiens. Quelle était la typologie de la foule qui était au Trocadéro hier ? Est-ce qu'on sait un peu le profil des gens qui sont venus ? C'est des militants très très forts qui vont derrière François Fillon. Alors évidemment, on parlait de sens commun. Après, moi je n'étais pas hier au Trocadéro,
donc je n'ai pas pu voir exactement quelle était la typologie de ces personnes. Après, on voit bien qu'il a un socle très très fort de militants qui sont derrière lui, coûte que coûte. Certains, évidemment, disaient en fustigés contre les juges, d'autres contre les médias.
Visiblement, sur place, on discutait tout à l'heure, vous disiez qu'ils étaient plutôt assez calmes. Pas tellement revendiquants, quoi que ce soit. Ce que j'ai remarqué hier, c'est qu'effectivement, vous l'avez raison, c'est un socle très fort. Mais c'est surtout, ces gens qui étaient là, qui sont manifestement, qui sont pour la plupart des gens plutôt seniors, plutôt retraités, etc.
Les gens qui étaient là, en tous les cas, hier soir, clairement. En même temps, ce sont des gens qui soutiennent l'homme François Fillon. Et ça, je trouve que c'est intéressant.
Ils lui sont très attachés humainement, et ils parlent plus de lui que de son projet. Et j'en termine là-dessus, mais j'ai la conviction que François Fillon a gagné la primaire, non pas grâce à son projet, ce qu'on dit régulièrement, mais plutôt grâce à sa personnalité. Hubert Coudurier, ça suffit, ça, à gagner une élection présidentielle ? Bien sûr, la personnalité, le test de résistance, on attend du président de la République que ce soit un homme qui ait des capacités psychologiques hors du commun. Par ailleurs, il joue la base contre les élites, contre les chefs, mais si vous regardez bien les images d'hier, vous voyez qui derrière François Fillon ? Vous voyez François Barroin.
Et ça prouve bien que les sarkozistes n'ont pas lâché, malgré les déclarations de Sarkozy disant « ça ne peut plus durer », qui n'ont pas lâché Fillon. Alors, c'est vrai et pas vrai, Michel Hurvois, puisque Christian Estrosi, Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, poursuivent des tractations, au fond. Ils sont revenus, ils sont revenus en arrière. Finalement, elle n'a pas eu lieu. Voilà, ce n'est pas des soutiens très francs. Elle a changé deux fois de position. C'est formidable, parce que ce qu'on annonce à 15h n'est plus vrai à 16h. Valérie Pécresse, la vire-volte permanente. Qu'en est-il de cette initiative commune ? Je n'en sais rien. Je pense que tout le monde attend ce que l'autre va dire.
Et donc, ça peut durer toute la journée à nouveau. Moi, je me pose des questions sur ceux qui ont déserté le camp Fillon. Ils le regrettent déjà ? Je ne sais pas ce qu'ils vont faire. Mais quand on a claqué la porte, c'est difficile de revenir aussitôt après. Donc, j'ai l'impression que tout le monde est perdant. Ça peut se comprendre pour Christian Estrosi. Oui, mais François Fillon est évidemment affaibli. Le sondage de ce matin le confirme. Mais ceux qui l'ont quitté ne sont pas renforcés. Donc, je veux dire, c'est tout ce perdant. Alors, il y a les élus. Et puis, il y a aussi les militants. On a vu qu'hier, il a réussi à réunir 50 militants. C'est quoi ?
40 000 personnes ou 200 000 personnes ? Parce que là, on est dans des chiffres. Évidemment pas 200 000 personnes. Il y avait sans doute 50 000 personnes. 200 000, ça ferait 9 personnes par mètre carré. Il paraît que c'était impossible. Oui, objectifiquement, ce n'était pas très très dense. La préfecture de police ne s'est pas prononcée. Mais cela dit, 50 000 personnes en deux jours ou en trois jours, c'est quand même beaucoup. Ce que je voulais dire, c'est que la veille à Aubervilliers, donc pour la réunion de la société civile, ils attendaient 3 000 personnes. Il y en avait 1 000 d'eux à tout casser.
Ce qui veut dire qu'en dehors des élus qui commencent à être de plus en plus nombreux à dire leurs doutes, les gens de la société civile, donc les militants ordinaires, les sympathisants, eux aussi disent leurs doutes. Parce que quand même, il y a eu de la perte en ligne samedi à Aubervilliers. Et ça, je trouve qu'on ne l'a pas assez relevé. Christian Estrosi, lui, a été élu avec des voix de gauche. On peut comprendre son revirement. Valérie Pécresse, elle a changé deux fois de position. Elle n'est pas venue ce matin. Elle dit qu'elle est à nouveau avec François Fillon. Javier Bertrand. Javier Bertrand, il est entre deux. Et Darmanin ? Et Gérard Darmanin.
Et Laurent Wauquiez, Michel Hurvois ? Il était très silencieux, il m'a semblé. Laurent Wauquiez s'est détaché de l'initiative des présidents de région. Il avait une course à pied importante. Ah, il avait un jogging ? Non, il avait un trail en Haute-Loire très important à faire. Non, mais je ne sais pas, il soigne son avenir, je suppose. Non, mais c'est... Six semaines du premier tour. On est dans une situation, comment dire, dramatique au sens antique du terme. La droite vit un drame absolu. Et dans ce drame, il y a beaucoup de psychologie qui compte. De la part de François Fillon, il y a énormément de psychologie. Sa ténacité, sa persévérance qui vire à...
Mais ça, ça plaît aux militants, hein ? Ça plaît, c'est pas à tous. Pas à tous. Pas à tous, mais Hubert Coudurier parlait d'une qualité pour la présidentielle. Cette capacité de résistance, cette capacité à tenir, était formidable sur le plateau de France 2 hier soir. Il était... On l'a vu dans le sonore, là, oui. Il est un peu moins... Il a l'air un peu moins accablé aujourd'hui. Souriant comme il n'a jamais été. C'est incroyable. Donc il y a beaucoup de psychologie. Il était dans la situation du résistant blessé au fond de sa tranchée et qui devient encore plus combatif qu'avant. François Fillon ne renonce pas à rassembler, c'est votre une. Hubert Coudurier.
Il y a un problème de fond au-delà du cas Fillon parce que les JUPI se sont effondrés en disant on va à l'échec assuré alors qu'on ne devait pas perdre. Il y a un problème de fond de la droite, de son identité. Ça fait maintenant 20 à 30 ans que ça dure. Il y a une fracture entre la droite, disons, centriste et la droite qui se radicalise. On passe maintenant, Virginie, de Kéroutem au Parisien Éco. On change de sujet. C'est un spécial femme d'ailleurs ce matin. Et c'est Laurence Parizeau, l'ex-présidente du MEDEF qui est face aux entrepreneurs. Racontez-nous.
Oui, alors c'est déjà un rendez-vous qu'on aime bien au Parisien Éco, qu'on fait de temps en temps qui met autour d'une table un entrepreneur, une chef d'entreprise et quatre entrepreneurs issus de secteurs complètement différents. Et donc là, évidemment, à deux jours de la journée des femmes, ça nous semblait tout à fait opportun d'inviter Laurence Parizeau qui, depuis qu'elle a vendu l'IFOP et qu'elle, bon certes, elle siège encore à des conseils d'administration.
Elle est partante pour être ministre, elle vous déclare.
Elle ne nous a pas caché ses intentions de devenir éventuellement ministre, alors dans n'importe quel domaine.
Et alors, évidemment, c'est la question. Elle nous a bien dit qu'officiellement et officieusement,
elle ne soutenait encore personne. Néanmoins, par déduction... Mais vous a senti quoi ? Voilà, tout. Par déduction, et puis quand on la suit sur son fil Twitter, je pense qu'Emmanuel Macron est un nom qui revient de façon assez régulière. Donc il est probable que dans les prochaines semaines, elle dise qu'elle ait concrétisé un petit peu ses propos. Et donc elle a parlé de tout un tas de choses. Elle a parlé... La ministre, quoi ? De l'entreprise ? De l'économie ? On ne comprend pas bien. Elle est passionnée par les deux thèmes. Oui, évidemment, elle aime l'entreprise. Elle l'aime passionnellement. Elle nous l'a dit, redit.
Elle veut, évidemment, elle prévoit que ses projets soient liés à la défense de l'entreprise en France et en Europe. Et elle nous a évidemment parlé de tout un tas de mesures qu'elle serait prête à faire et à défendre si jamais...
Il faut écrire un droit du travail numérique. C'est assez proche d'Emmanuel Macron, ça, quand même.
Oui, elle est bien consciente que le numérique transforme considérablement à la fois les métiers, l'entreprise, la façon dont on dirige.
Et donc, plutôt que de réformer le code du travail, elle serait prête plutôt à mettre en place un droit du travail numérique. Merci Virginie de Kérotem, du Parisien Éco, d'avoir été sur ce plateau ce matin. Merci Nathalie Moret du Républicain, Lorrain, qui a été sur le pont tout le week-end pour suivre François Fillon et les Républicains. Merci Michel Urvoix, directeur éditorial de Ouest France. Et Hubert Coudurier, le directeur de l'information du Télégramme et président de TBO Télé-Bretagne Ouest. On y tient dans un instant. La météo des territoires, le temps qu'il fera aujourd'hui en France, mais aussi dans les départements et territoires d'Outre-mer. On la regarde ensemble.
La météo vous est présentée par Téroléopro, avec le concours de l'Assemblée des départements de France. Téla météo, avec Téroléopro et l'Assemblée des départements de France.
Voilà, il est de plus en plus intéressant dans cette période politique danse. On passe au zappé lisé, le premier zapping politique des matinales d'info qu'on regarde tous ensemble. Téroléopro, mon anniversaire. J'en ai connu des meilleurs.
Désormais confirmé, Patrick Stéphanini quitte ses fonctions de directeur de campagne de François Fillon.
Un homme comme ça, aussi proche de François Fillon, qui prend cette décision-là. Nous allons droit dans le mur. On dit parfois que la réalité dépasse la fiction. Je pense qu'aucun scénariste n'aurait imaginé une telle situation. Si par magie, les Français avaient pu assister à ce que j'ai vu ces derniers jours, une vague de dégoût les submergerait. Comme les marins connaissent les tempêtes, il y a des tempêtes aussi dans la vie politique. Il y a des gens qui craquent, il y a des gens qui tiennent. Je fais partie de ceux-là. La fuite en canard d'un camp vers un autre. D'un hiérarche vers un autre.
Vers la circonscription, le portefeuille. La désertion assumée sans honte et aussi sans orgueil.
Je ne suis pas le seul. D'ailleurs, à droite, beaucoup trouvent cela indigne. Parce que cela montre de la part de François Fillon une forme d'entêtement, d'obstination.
Pénélope Fillon sort de son silence pour la première fois depuis le début de l'affaire. J'ai dit à mon mari d'aller jusqu'au bout. Ils veulent que je sois seul.
Allez-vous retirer votre candidature, oui ou non ? La réponse est non. Jamais à aucun... La réponse est non.
Je ne vois pas de raison de le faire. Ils ont bonne mine. Les défenseurs du parti de l'ordre, de la justice. Et voilà celui-ci qui ne veut répondre de rien, qui appelle à l'émeute contre la justice. L'autre, Mme Le Pen, qui refuse les convocations. Convoquée pour une possible mise en examen dans le dossier des assistants parlementaires du FN, la candidate frontiste use ainsi de son immunité parlementaire. Comme par hasard, on ouvre cette information judiciaire un an après, c'est-à-dire à quelques jours de l'élection présidentielle. Et là, on déclenche toute une série de... une véritable agitation.
C'est gros comme une maison qui, sur le calendrier, on n'est plus dans un calendrier judiciaire, on est dans un calendrier politique, électoral. La page 3 du canard enchaîné, c'est un petit conflit d'intérêt quand même, non ?
De téléphoner à un grand patron pour lui demander d'embaucher sa compagne. Ce qui n'est pas vrai, mais...
Emmanuel Macron pensait que le fait d'être lancé comme un nouveau produit, avec un sourire étincelant, ça suffirait peut-être d'être président de la République. C'est assez amusant de voir la manière dont vous relevez le gant, avec la belle élégance qui vous caractérise... Une demi-page. La modernité, le défi que vous voulez relever, les valeurs dans lesquelles vous vous retrouvez, elles sont ici, alors rejoignez-les ! Et on a eu quand même, je ne vais pas vous le répéter, sur tous les sujets, une chose et son contraire. Bon, euh... Et moi, vous savez, je dis toujours, quand c'est flou, il y a un loup. Et là, c'était une meute de loup.
Et l'invité politique ce matin de Public Sénat de Sud Radio, avec la presse quotidienne régionale, c'est Nathalie Arthaud. Bonjour, merci d'être avec nous. Vous êtes candidate lutte ouvrière à l'élection présidentielle. Merci d'être présente sur ce plateau pour vous interroger à mes côtés ce matin. Christophe Bordet de Sud Radio, bonjour Christophe. Et Gilles Leclerc pour Public Sénat, bonjour Gilles, merci d'être avec nous. La une de la voix du Nord, c'est Fillon s'accroche, Nathalie Arthaud. Il persiste et signe. Personne ne peut m'empêcher d'être candidat, a-t-il martelé hier au journal de 20h de France 2. Nathalie Arthaud, comment vous qualifieriez cet entêtement ?
Ce que j'en sais, de comment c'est perçu, et je partage d'ailleurs cet écœurement et cette colère, c'est que voilà, ça apparaît vraiment comme de l'indécence. Oui, aux yeux, vous savez, des ouvriers, des salariés. Vous n'amirez pas la tenacité de l'homme. Quand il se pose comme cela en victime, quand il ne mesure pas le décalage qu'il y a entre effectivement ces actes, et puis la galère qui est vécue au quotidien par des millions de femmes et d'hommes, pour qui un salaire de, même de 4000 euros est un rêve, un rêve, un emploi même est un rêve. Donc il y a une grande colère et un sentiment vraiment d'indécence. Benoît Hamon, lui, dit que c'est indigne. C'est son problème.
Et quelque part, moi, je me dis, finalement, là, on les a tels qu'en eux-mêmes. Voilà. On les voit.
C'est-à-dire ?
Eh bien, pour une fois, on a tout sur la table. Ils nous mentent en direct. Ils montrent leur arrogance en direct. Ils expliquent que, oui, eux, ils avaient des passe-droits, mais que c'était normal, que finalement, tous ces privilèges-là, pour eux, cela va. C'était légal, c'est ce que dit François Fillon. Peut-être pas moral, mais légal. Depuis le début, je dis que le problème, justement, ce n'est pas le problème de la légalité. Y compris qu'est-ce qu'en fera la justice ? Moi, je n'en sais rien. J'ai en tête ce qui s'était passé, vous savez, avec Christine Lagarde, qui a été condamnée pour une négligence à 400 millions, mais sans peine.
Donc, on peut s'attendre, effectivement, à tout sur le plan de la justice. Mais, voilà, simplement, c'est ce type de comportement. C'est considéré que tout nous est dû, que, bon, 4 000, 7 000 euros. Mais, Nathalie Arthaud, Nathalie Arthaud. Alors même que tous les jurés, ils prêchent des sacrifices, les bas salaires. Ils prêchent de se serrer la ceinture. Nathalie Arthaud, beaucoup de sympathisants, beaucoup de militants fillonistes hier disaient « Fillon tient bon, Fillon tient bon » face aux juges rouges et aux syndicats de la magistrature. Qu'est-ce que vous répondez à ça ? Voilà, c'est un camp, effectivement, d'une droite extrême, en réalité, très, voilà, très sûre de sa position.
Et la justice est indépendante dans cette affaire ? Elle a été indépendante ? Écoutez, moi, je... Elle est... Vous savez, la justice, moi, ce que j'en vois, c'est qu'elle est régulièrement très dure avec les petits. Très dure, y compris... Vous savez, Fillon s'est plaint de sa rapidité. Mais les comparutions immédiates, ça existe. Il y a des jeunes qui sont mis en prison le lendemain d'avoir été pris à côté d'un tas de pierres. Enfin bon... Donc voilà, ça existe. Et en général, elle s'applique effectivement aux plus pauvres, aux salariés.
Moi, je me souviens aussi que Fillon, face aux salariés, vous savez, d'Air France, dans l'affaire de la chemise, avait été l'un de ceux qui avait été enragés contre les salariés qui les avaient cloués au pilori, avant même que la justice s'en mêle. Là-dessus, vous savez, en général, pour les petits, voilà, il n'y a jamais de droit à la présomption d'innocence. Alors lui, il la réclame pour lui... Il y a deux femmes dans cette élection présidentielle, Marine Le Pen et vous aux deux extrêmes. D'ailleurs, je ne sais pas si ça traduit quelque chose.
Mais au fond, on a un peu l'impression, par rapport à cette situation-là, et à ce que vous dénoncez, c'est plutôt Marine Le Pen qui semble plutôt en recueillir les fruits que vous. Comment vous expliquez ça ? Ah non, mais attendez, vous n'allez pas me comparer avec... Non, non, mais je ne vous compare pas. Mais sur le vote des travailleurs dont vous parlez, on a plutôt l'impression que le vote populaire, pour l'instant, restons prudents, c'est plutôt Marine Le Pen qui en profite.
C'est un peu un mauvais procès, parce que vous le savez parfaitement, moi je suis candidate à cette élection présidentielle, mais pour l'instant, je n'existe pas en tant que telle, puisque d'abord, mon nom n'apparaît jamais dans les listes, je n'apparais pas dans les grands médias, je n'ai pas le même accès, etc. Donc déjà, nous comparer, nous mettre sur le même plan, on ne joue pas à armes égales. C'est ça qui est clair.
Maintenant, moi j'appelle effectivement, dans cette campagne, tous ceux qui sont écœurés effectivement par cette caste politique, et qui sont écœurés aussi par cette comédie électorale, à le dire, mais aussi à mettre en avant leurs intérêts, leurs intérêts de travailleurs, de salariés, d'exploités, de chômeurs. C'est cette comédie électorale dont vous parlez, qui est le résultat notamment de l'affaire Fillon, qui prend énormément de place. Est-ce que pour vous, à votre niveau, c'est un vol démocratique ? Ce n'est pas seulement lié à l'affaire Fillon.
Moi, quand je parle de comédie électorale, de mascarade électorale, c'est simplement qu'à chaque fois, tous les cinq ans, on les voit tous revenir avec des programmes, avec des mesures numérotées, numérotées de 1 à 100, qui seront aussi vite bafouées qu'elles ont été inventées. La plupart de ceux qui se présentent ont été... Aujourd'hui, on ne parle pas de fond, Nathalie Arthaud. Est-ce que vous assistez, est-ce que vous dites, je suis victime comme d'autres d'ailleurs, d'un vol démocratique ?
Non, mais c'est en partie le fond, de voir que cette classe politique, effectivement, sert des beaux discours, prêche, effectivement, des sacrifices à la population, explique qu'il faut économiser le moindre denier de l'État, qu'il n'y a plus d'argent dans les caisses, et qu'eux se servent. Ça aussi, c'est un élément de fond politique dont on peut discuter. Vous en êtes où dans votre campagne électorale, notamment sur les signatures ? C'est une question qu'on vous pose à chaque fois. C'est plus difficile qu'en 2012 ? Et moi, j'ai quelque chose, ce matin, on a tendu sur Europe 1 un maire des Hauts-de-France qui vous parrainait il y a 5 ans et qui parraine Marine Le Pen cette année.
Donc c'est compliqué pour vous. Écoutez, le Conseil constitutionnel a validé 314 signatures pour ma candidature. Si les promesses de parrainage parviennent, si les formulaires officiels maintenant parviennent au Conseil constitutionnel au même rythme, je serai candidate. Voilà, je suis confiante. Cela n'a pas été plus difficile quand nous sommes allés voir les maires des petites communes. Parce que justement, ces maires sont eux aussi... Le fait qu'on rende public les parrainages, ce n'est pas plus difficile pour vous finalement ? C'était déjà, il y avait déjà 500 parrains qui étaient rendus publics. Donc pour nous, cela ne change absolument rien.
Cela n'a pas été plus difficile tout simplement parce que nous sommes un courant, lutte ouvrière qui est reconnue et qui est respectée. Y compris justement par ces maires qui appartiennent aux classes populaires en fait. Et qui savent que nous n'avons jamais retourné notre veste. Arrête l'aguit avant moi, moi maintenant. Nous avons toujours été... Tout simplement d'assurer... Qui parraine Marine Le Pen cette année, qui vous parraine il y a 50 ans. Qu'est-ce que vous lui dites ? Au maire en général, on leur dit... Attendez, ces parrainages, il faut bien comprendre que ce n'est pas une adhésion, ce n'est pas un vote pour lutte ouvrière. C'est la possibilité d'assurer le pluralisme.
Donc moi je ne vais contester à aucun maire le fait d'avoir fait ce geste pour qui que ce soit. Vous voyez ? Et simplement, moi je les salue. Vous vous parlez avec... Je les remercie. Je pense qu'heureusement qu'ils sont là. Parce qu'effectivement, ils assurent le pluralisme en politique. C'est quand même quelque chose d'important. Vous vous parlez avec Philippe Poutou qui lui aussi a un peu de mal à recueillir des parrainages. Je sais bien que ça a toujours été compliqué entre l'O et la LCR. Mais au fond, si l'un des deux a du mal à avoir ses signatures, est-ce que vous allez l'aider ? Est-ce qu'éventuellement, il n'y aurait pu... Il n'y a qu'une seule candidature à la fin ?
En tout cas, non. Est-ce que vous proposez exactement ? Que vous voyez, que vous parliez, que vous mettez... Non mais pour compléter quand même cette question, puisque vous avez refusé toute alliance avec Poutou, là, il y a quelques heures, on se dit finalement, la guerre des égaux, elle existe partout, y compris chez vous ? Non mais, vous voulez absolument... Vous êtes pour le mariage forcé ou pas ? Ben, nous, pas. Vous voyez ? Écoutez, nous sommes deux courants d'extrême-gauche. Deux courants. On a eu la primaire de droite, on a eu sept nuances de droite. On a eu la primaire de gauche, on a eu sept nuances de gauche.
Ils ont tous pu s'expliquer, en long, en large, en travers, dans des grandes émissions, où justement, ils ont pu avancer leur programme et leur perspective. Pourquoi, nous, n'aurions-nous pas cette possibilité-là ? C'est quoi, par exemple ? Est-ce que vous pouvez nous citer une différence essentielle avec Philippe Poutou ? Nous avons en commun de considérer d'abord que le capitalisme ne peut pas être l'avenir de l'humanité. Et puis, nous avons des différences, y compris sur cette campagne. Oui, mais nous en citer une sur le programme.
Moi, je veux faire une campagne sur, effectivement, les intérêts des travailleurs, sur le chômage, sur la conscience de classe, sur cette lutte nécessaire que les travailleurs ont à mener pour, effectivement, imposer que leurs droits soient respectés. Et Philippe Poutou fera une campagne beaucoup plus mélangée, en abordant, y compris Notre-Dame-de-Lande, en abordant tout un tas d'autres injustices, les problèmes d'égalité. Bon, et voilà, nous ne ferons pas la même campagne. Et cela permettra, y compris à ceux qui nous suivent, les uns et les autres, de voter au plus près, effectivement, cette conviction.
Nathalie Ardo, pour parler du fonds, PSA qui rachète Opel, rachat pour 1,3 milliard d'euros. Bonne ou mauvaise nouvelle pour l'entreprise, pour PSA et pour les ouvriers, bien sûr. Alors, de toute façon, cette décision, elle a été prise en fonction des intérêts des grands actionnaires de Peugeot. Et pas du tout en fonction des intérêts des ouvriers de Peugeot. Mais jamais, jamais, parce que vous savez, cette politique de ces grands groupes, c'est évidemment de faire prospérer son cours d'action. mais PSA supprime des emplois en permanence. Et vous savez, Carlos Tavares l'a déjà dit.
Cette fusion, elle a pour objectif de faire des économies d'échelle et la chiffrée à quasiment 2 milliards les économies recherchées. Cela veut dire qu'effectivement, il va essayer de supprimer des emplois chez Opel, chez PSA. Et il va falloir effectivement que les ouvriers de PSA et d'Opel s'unissent pour résister à ces attaques-là. Vous souhaitez interdire les licenciements dans les grandes entreprises ? Pardon, mais vous faites comment alors ? De toute façon, c'est une nécessité pour nous. Tous ceux qui nous expliquent qu'il faut lutter contre le chômage, qui nous expliquent que c'est le problème numéro 1 de la société... Mais vous faites comment pour interdire les licenciements ?
Ils ne veulent pas interdire tous ces grands groupes capitalistes qui font des bénéfices à licencier. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'ils s'en moquent des chômeurs. La première mesure de bon sens, c'est d'arrêter l'hémorragie. À commencer par tous ces grands groupes. Mais moi, je peux vous les citer. Mais vous faites comment ? Vous faites comment ? Vous ne nous dites pas. On les leur interdit au travers d'une loi. Vous savez très bien quand même que les licenciements sont encadrés déjà aujourd'hui. Eh bien, nous, nous sommes pour leur interdiction pure. Prenez Sanofi, prenez PSA, prenez AXA, prenez toutes les banques. Toutes les banques qui font des BNP à 7 milliards.
Eh bien, ils vont fermer des agences, ils vont supprimer des postes. C'est inacceptable. C'est Nathalie Arthaud qui est la candidate de lutte ouvrière à l'élection présidentielle qui est notre invitée. Nathalie Arthaud, Gilles Leclerc le disait tout à l'heure, vous êtes l'une des deux femmes candidates à l'élection présidentielle. On est à 48 heures de la journée internationale du droit des femmes. Comment les défendez-vous et quelle place elles ont dans votre programme ? Les femmes. Mais clairement, les femmes comme les hommes, leur premier besoin, leur premier objectif, c'est un emploi et un salaire.
Et un salaire au minimum de 1 800 euros net par mois parce que les femmes, elles constituent aussi les plus exploitées dans cette société. Et vous prenez où l'argent pour 1 800 euros net par mois ? Mais encore une fois, vous voyez, on ne se pose jamais le problème de savoir où, concrètement, on trouve l'argent pour arroser des PDG et les payer jusqu'à... Non mais par exemple... 6, 7, 8 millions... Attendez, laissez-moi terminer mon raisonnement. Non mais c'est sur la même chose. Vous supprimez par exemple la TVA, si j'ai bien lu votre programme. Comment vous compensez ? Finalement, en termes de recettes... Répondez, Nathalie Arthaud. Non, je termine mon raisonnement, s'il vous plaît.
C'est la même chose. On me dit, vous me dites, où est-ce qu'on trouve l'argent pour ? Où est-ce qu'on trouve l'argent pour que ces actionnaires accumulent des milliards et des milliards ? Les riches s'enrichissent chaque année, vous le savez. Rien que Renaud. Renaud, les actionnaires ont été augmentés de 20%. Vous savez, quelle est l'augmentation générale qu'on propose aux ouvriers ? 0,6 ou 8%. Donc bien sûr que ces salaires pourraient être augmentés tout simplement en utilisant les profits des entreprises. Les entreprises du CAC 40 ont fait paraître quasiment tous leurs résultats. On en est à 75 milliards pour l'année 2016.
Moi, la question que je pose, c'est qu'allons-nous faire de ces profits ? Eh bien, le problème, c'est que ces profits, ils vont être utilisés pour 60-70% pour les grands actionnaires. Eh bien, moi, je dis que ces profits-là, ils doivent être utilisés pour augmenter les salaires, faire effectivement que dans tous ces grands groupes, il n'y ait pas un salaire en dessous de 1 800 euros net par mois et qu'il y ait des embauches. Donc voilà un programme pour les travailleurs, les hommes et les femmes. sur la fiscalité par exemple, vous souhaitez que tout le monde paye un impôt ? Par exemple, vous souhaitez un impôt progressif, j'ai envie de vous demander, à partir de combien et pour qui ?
Mais nous, nous voulons effectivement que la classe riche, que cette classe capitiste, elle paye des impôts. Mais riche, c'est à partir de combien ? C'était ça ma question. Vous savez... S'il vous plaît, vous pouvez répondre à ma question ? C'est quoi quelqu'un de riche ? C'est pas à partir de combien ? C'est qu'aujourd'hui, dans cette société, il y a des gens qui n'ont pas besoin de travailler pour vivre parce qu'ils appartiennent effectivement à une classe de rentier. Donc moi, je suis pour que cette classe-là effectivement paye des impôts parce que quand on travaille, quand on est ouvrier, quand on est salarié, on paye beaucoup d'impôts.
On les paye sur la TVA, on paye beaucoup de taxes et ça, c'est pas admissible parce qu'effectivement, cela pousse encore... Donc à partir de combien de revenus doit-on payer un impôt ? Non, mais nous, nous sommes pour faire payer l'impôt sur le capital que le capital... Je parle de l'impôt sur le revenu. Mais qu'il n'y ait pas d'impôt sur le revenu. Ah, pas d'impôt sur le revenu. Nous nous disons que les travailleurs, les travailleurs, sur leur salaire, ils ne doivent pas payer d'impôt mais qu'effectivement, il faut faire payer l'impôt sur le capital. On est dans une situation qui est complètement ubuesque aujourd'hui.
On a 21 milliardaires, 21, pardon, 21 milliardaires, 21 milliardaires dans le pays qui possèdent l'équivalent de 25 millions de femmes et d'hommes. Eh bien moi, je pense que sur leur fortune, oui, on pourrait effectivement prendre de l'argent pour assurer que les hôpitaux fonctionnent bien, que l'école, que les transports fonctionnent bien. Voilà notre programme. François Hollande estime ce matin dans plusieurs journaux européens que la menace d'une victoire de Marine Le Pen à la présidentielle existe. Vous êtes d'accord avec lui ? Oui, c'est d'ailleurs le résultat de sa politique. Il est co-responsable de ça ? Bien sûr.
Pendant tout le quinquennat de François Hollande, le Front National n'a cessé de monter. Reprenez toutes les échéances électorales. Merci. Oui, c'est le résultat de leur politique. Et justement, c'est pour ça que je la dénonce comme celle du Front National. Vous êtes candidate Lutte Ouvrière à l'élection présidentielle et merci d'avoir été notre invité. Ce matin, on passe au débrief de vos propos dans un instant. Voilà, on passe à la séquence débrief de l'actualité et des propos de notre invité. La porte-parole de Lutte Ouvrière, Nathalie Arthaud. Et j'accueille sur ce plateau à nouveau. Ils étaient présents dans la première partie de notre matinale d'info. Hubert Coudurier du Télégramme.
Bonjour Hubert. Bonjour Cyril. Vous êtes directeur de l'information de ce journal. Merci d'être avec nous. Et Michel Hurvois, directeur éditorial de Ouest France. Merci d'être avec nous. Alors, on démarre tout de suite avec François Fillon qui s'accroche. J'ai posé la question à Nathalie Arthaud au tout début de l'entretien. Savoir ce qu'elle pensait de cette attitude. Elle a dit de l'indécence. Voilà, c'est de l'indécence qu'ils se maintiennent et évidemment, elle a pointé les 4000 euros qui sont un rêve pour les travailleurs. Même un emploi est un rêve, a-t-elle dit ? Alors, on n'attendait pas effectivement de Nathalie Arthaud qu'elle soit toute en nuances.
Ce n'est pas tout à fait le genre du personnage et ce n'est pas tout à fait le positionnement politique de lutte ouvrière. Mais, elle dit des choses justes et parmi ces choses justes, j'ai noté qu'effectivement, quand elle évoque le revenu, les revenus des attachés parlementaires, en l'occurrence de Mme Fillon, elle pointe la difficulté qu'aurait extrême, qu'aurait François Fillon à appliquer un programme de rigueur. Il perd, à travers cette affaire, beaucoup de légitimité pour être le meilleur avocat de son propre projet. Ça, c'est assez juste. La politique et les actes, au fond. Hubert Coudirier. Elle a raison quand elle parle d'indécence, d'arrogance de la classe politique.
D'ailleurs, Fillon a été élu grâce à ça. C'était contre le fait qu'on ne voulait plus voir ni Sarkozy ni Juppé. Maintenant, sa crédibilité est limitée par le fait qu'elle dit vouloir interdire les licenciements, qu'elle ne dit pas par quoi elle remplacerait la TVA. Et donc, comme l'ont justement fait remarquer nos confrères, c'est Marine Le Pen qui capte ce vote populaire et qui ramène la candidature de Nathalie Arthaud à quelque chose de symbolique.
La difficulté pour les petits candidats avec beaucoup de guillemets parce que ce n'est pas péjoratif, c'est de dire des choses, de faire des propositions et d'attirer des électeurs à partir du moment où on sait que ça ne pourra jamais être mis en application. Donc, ces gens-là peuvent dire des choses justes et dire des propositions aberrantes mais parmi les choses justes, elle a pointé les inégalités, l'accroissement des inégalités. C'est vrai que c'est extrêmement choquant de voir par exemple des revenus de PDG et vous parliez de l'automobile tout à l'heure avec elle, c'est un bel exemple. On arrose des PDG et les actionnaires accumulent les milliards et les milliards.
Voilà, mais ce n'est pas complètement faux même si ce n'est pas en rognant le revenu d'un patron que l'on va multiplier par enfin accroître considérablement le revenu de centaines de milliers de salariés. Cela étant, il n'y a pas que dans le programme de Nathalie Arthaud qu'il y a des choses aberrantes sur le plan économique. Ce programme de Mme Le Pen, c'est la sortie de l'euro et elle commence à le nuancer maintenant. Elle parle d'un référendum, etc. Mais enfin, c'est pour les petites retraites, c'est pour l'économie des gens les plus modestes, c'est 30% de revenus en moins.
Alors, on a compris Michel Hurvois qu'il y avait un problème avec Philippe Poutou quand même, autre, entre guillemets, comme vous dites, petit candidat. Ils n'arrivent pas à s'entendre. Elle dit qu'Philippe Poutou fera une campagne mélangée, c'est son terme, voilà, Notre-Dame-des-Landes, etc., qui ne focusera pas sur les travailleurs. C'était ça sa critique. C'est de l'histoire, je ne sais pas s'il faut refaire là l'histoire des extrêmes-gauches en France. Du mouvement ouvrier. Pour les spécialistes. Voilà, je pense qu'on est un peu dans le microcosmique. Donc je ne sais pas... On ne comprend pas pourquoi ils ne s'entendent pas, au fond ?
C'est un schisme historique, donc ils ne seront jamais d'accord sur le projet, sur la stratégie. Bon, après, est-ce que la question se pose sérieusement ? Je ne sais pas si Philippe Poutou aura ses signatures. Lui est assez inquiet, semble-t-il. Nathalie Arthaud, apparemment, les aura. Mais bon, on est... En termes d'intention de vote, il faut bien voir quand même qu'on est dans l'épaisseur du trait, dans la marge d'erreur, même en deçà. Donc je pense que ceci n'a pas tellement d'importance. Et avant les intentions de vote, il y a les parrainages, Hubert Coudurier, une difficulté pour ces candidats d'obtenir sa sans signature. On a entendu ce matin sur Europe 1.
Il faut qu'on fasse attention à ce qu'on dit sur les petits candidats, parce que je me souviens d'une émission sur France 2 où France-Olivier Gisbert s'était moqué des petits candidats, en parlant des candidats Club Med, je crois. Mais enfin, le problème n'est plus là aujourd'hui. Le problème, ce serait de parler des programmes dans une campagne où l'affaire Fillon focalise tout, à tel point d'ailleurs qu'il est soutenu aujourd'hui par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon qui disent, enfin soutenu entre guillemets, qui disent « Tournons la page de cette affaire Fillon ».
D'ailleurs, je pense qu'un cap a été franchi et qu'il devrait être un peu moins dans la victimisation au cours des prochains jours. Il a compris quand même que ses attaques répétées contre les juges finissaient par indisposer son parti et qu'il ne pouvait pas faire non plus complètement contre. Parce que le problème de Fillon qui va se maintenir, puisque très vraisemblablement Juppé va renoncer lors de son intervention à 10h30, c'est que le parti risque de faire campagne assez mollement pour lui. Et donc on va être un peu dans un scénario analogue à la campagne de Ségolène Royal qui n'était pas vraiment soutenue par l'EPS. Revenons à Nathalie Arthaud, Michel Hurvois, sur ses parrainages.
Au fond, avant d'aller auprès des électeurs, il faut des parrainages. On a entendu sur Europe 1 ce matin un maire des Hauts-de-France qui parrainait Nathalie Arthaud il y a 5 ans et qui va parrainer Marine Le Pen. Donc il y a une vraie difficulté à déjà être présent pour ces candidats. Ne les appelons pas les petits candidats d'ailleurs. C'est des candidats qui ont le droit d'être dans le spectre démocratique. Ils ont le droit d'y être. Bien sûr. Bien sûr. Mais en même temps, on voit bien que pour la richesse, pour la faisabilité du débat, il ne peut pas y en avoir 15 de candidats. Ça voulait dire qu'ils ne soient pas unis, c'est un problème. Oui.
Et puis, je veux dire, la question du nombre est une question médiatique majeure. On ne peut pas réunir 15 débatteurs sur un même plateau sauf à faire une émission de 24 heures. mais donc, l'excès de nombre, je pense, à un moment, nuit aussi à la clarté du débat. C'est bien que l'extrême-gauche soit représentée, c'est normal. Par plusieurs candidats ? Mais c'est leur affaire, je ne sais pas. Je trouve que l'extrême-gauche pose des questions. Elle pose des questions, elle pose de bonnes questions sur les inégalités, sur les inégalités, sur la fiscalité, sur les injustices. Elle pose des bonnes questions. et pas la seule. Elle n'apporte pas de réponses.
Enfin, elle apporte des réponses qui sont absolument théoriques. La différence, et je réponds à votre question sur la signature du maire, la différence, c'est que Marine Le Pen, elle dit des choses en termes de diagnostics qui ne sont pas forcément très éloignées, mais Marine Le Pen, c'est une réponse possible. Et donc, on peut comprendre que sur la base d'un constat social, parce que c'est là-dessus, c'est le terrain sur lequel s'affrontent en fait ces différents candidats, un constat social basé sur les inégalités, on peut comprendre qu'un élu se dise, ben tiens, je vais plutôt donner ma signature pour celui ou celle qui a une chance de concrétiser mes espoirs.
Mais il y a deux, une petite remarque encore. On termine là. On peut aussi apporter sa signature uniquement pour le principe du débat démocratique. Merci Michel Hurvois de West France, Hubert Coudurier du Télégramme, et vous dites qu'Alain Juppé, dans quelques minutes maintenant, enfin, quelques heures, va sans doute renoncer. Voilà. Si mes informations sont bonnes, mais elles ont été aussi partagées par l'Obs, Juppé, c'est fini. Merci. Hubert Coudurier, on passe au Zap, le premier zapping politique des matinales d'info qu'on regarde ensemble. De me souhaiter avec autant de chaleur mon anniversaire. J'en ai connu des meilleurs.
Désormais confirmé, Patrick Stéphanini quitte ses fonctions de directeur de campagne de François Fillon.
Un homme comme ça, aussi proche de François Fillon qui prend cette décision-là. Nous allons droit dans le mur. On dit parfois que la réalité dépasse la fiction et je pense qu'aucun scénariste n'aurait imaginé une telle situation. Si par magie, les Français avaient pu assister à ce que j'ai vu ces derniers jours, une vague de dégoût les submergerait. Comme les marins connaissent les tempêtes, il y a des tempêtes aussi dans la vie politique. Il y a des gens qui craquent, il y a des gens qui tiennent. Je fais partie de ceux-là. La fuite en canard d'un camp vers un autre,
d'un hiérarche vers un autre, vers la circonscription, le portefeuille, la désertion assumée sans honte et aussi sans orgueil.
Je ne suis pas le seul, d'ailleurs, à droite, beaucoup trouvent cela indigne parce que cela montre de la part de François Fillon une forme d'entêtement, d'obstination.
Pénélabe Fillon sort de son silence pour la première fois depuis le début de l'affaire. J'ai dit à mon mari d'aller jusqu'au bout. Ils veulent que je sois seul.
Nous sommes seuls.
Allez-vous retirer votre candidature, oui ou non ? La réponse est non.
Jamais à aucun... La réponse est non. Je ne vois pas de raison de le faire. Ils ont bonne mine les défenseurs du parti de l'ordre, de la justice. Et voilà celui-ci qui ne veut répondre de rien, qui appelle à l'émeute contre la justice. L'autre, Mme Le Pen, qui refuse les convocations. Convoqué pour une possible mise en examen dans le dossier des assistants parlementaires du FN. La candidate frontiste use ainsi de son immunité parlementaire. Comme par hasard, on ouvre cette information judiciaire un an après, c'est-à-dire à quelques jours de l'élection présidentielle. Et là, on déclenche toute une série d'agitations.
C'est gros comme une maison sur le calendrier. On n'est plus dans un calendrier judiciaire, on est dans un calendrier politique, électoral. La page 3 du canard enchaîné.
C'est un petit conflit d'intérêt quand même, non ? De téléphoner à un grand patron pour lui demander d'embaucher sa compagne. Ce qui n'est pas vrai.
Emmanuel Macron pensait que le fait d'être lancé comme un nouveau produit avec un sourire étincelant, ça suffirait peut-être d'être président de la République. C'est assez amusant de voir la manière dont vous relevez le gant avec la belle élégance qui vous caractérise. Une demi-page. La modernité, le défi que vous voulez relever, les valeurs dans lesquelles vous vous retrouvez, elles sont ici. Alors rejoignez-les ! On a eu quand même, je ne vais pas vous le répéter, sur tous les sujets, une chose est son contraire. Bon. Et moi, vous savez, je dis toujours quand c'est flou, il y a un lieu. Et là, c'était une meute de loup. Voilà.
Merci d'avoir suivi Territoire d'Info sur Public Sénat avec Sud Radio et la presse quotidienne régionale. On se retrouve demain matin pour une nouvelle matinale d'Info. Bonne journée à tous.
Nathalie Arthaud