Aller au contenu
Tous les transcripts
Conférence de presseDanièle Obono· 15 octobre 2026 62 minFond programmatiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & internationalJustice

👥 1/Antisémitisme en France et à l'international : état des lieux

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 14:43non_speechFait
    « On peut estimer que ces chiffres en réalité sont très très faibles par rapport à la réalité. »
  • 28:39non_speechChiffre
    « Over 90 % of reported antisemitic cases come from right extremist Christian background men, most state efforts are dedicated to educating migrants. »
  • 30:07non_speechFait
    « The commitment to remember the Holocaust was promoted by institutions that endorsed equality and democracy. It is now used as a political tool to erase and delegitimate the voices of minorities about their experience of racism and the critic of Israeli policies. »
  • 34:55non_speechFait
    « In Germany, quote there was no systemic nationwide comparison with police statistics on antisemitism crimes in 2024. »
  • 35:40non_speechChiffre
    « In 2024 there were 1748 incidents directed against individuals and 2215 against institutions. »
  • 43:33non_speechFait
    « L'antisémitisme et la lutte contre l'antisémitisme sont devenus une question centrale non seulement dans la politique française ni même seulement européenne mais mondiale. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Locuteur

Alors, bienvenue à toutes et à tous à ce colloque intitulé Lutter contre l'antisémitisme, une lutte antiraciste que j'ai le plaisir d'animer. Je suis donc Sophie Madelson. Le tenir ici à l'Assemblée nationale engage une responsabilité particulière, celle de ne pas transformer un sujet aussi historiquement déterminant en simple jute partisane. Si l'enjeu est bien de préciser les moyens d'une lutte contre l'antisémitisme effective, il faut commencer par examiner les termes par lesquels on le définit et on le pense. C'est la tâche de cette première table ronde qui s'intitule antisémitisme, un état des lieux en France et à l'international.

Chaque nouveau rapport sur l'état de l'antisémitisme en France, celui que la CNCDH publie chaque année, comme d'autres études comparables, donne lieu à des lectures contradictoires selon la sensibilité politique depuis laquelle il est commenté. La polarisation dans l'interprétation de la mesure qui en découle. est elle-même révélatrice. Elle montre qu'on ne peut pas s'accorder sur les moyens de lutter contre l'antisémitisme sans s'accorder d'abord sur la façon de le définir, de le mesurer et sur les usages politiques que l'on peut en faire. Ces sep étapes trop souvent escamotées par des considérations d'un autre ordre idéologique ou affective que cette table ronde se propose de considérer.

Elle suppose d'accepter en amont de tout débat que la définition aussi bien que la mesure de l'antisémitisme comme fait social ne sont pas neutres. La façon de poser la question, de choisir les catégories d'enquête, de comparer les résultats d'une année sur l'autre ou d'un groupe à l'autre oriente a priori la réponse qu'on obtiendra. Par ailleurs, la CNCDH, la Commission nationale consultative des droits de l'homme réaffirme tous les ans la persistance d'un vieil antisémitisme face aux théories qui affirment que le nouvel antisémitisme serait prépondérant.

Pourtant, le cadrage médiatique et politique dominant met l'accent sur ce nouvel antisémitisme et de fait nous empêche d'appréhender l'antisémitisme dans toute sa diversité et sa complexité et donc de développer des stratégies de lutte adaptées. Une telle exigence dans la manière de construire les termes de la discussion n'est pas propre à la France. Elle traverse sous d'autres formes le débat international comme le montreront après Claire l'Allemand, Irrit Deskel qui est avec nous depuis les États-Unis en visio et là la pidote Claire l'Allemand est conseillère à la commission nationale consultative des droits de l'homme sur les questions de racisme, d'antisémitisme et de discrimination.

Elle nous éclairera sur l'approche institutionnelle et statistique du cas français qu'elle contribue à documenter chaque année dans le rapport remis au gouvernement. C'est aussi elle qui pourra préciser au-delà des lectures partisanes ce que la méthode d'enquête permet réellement d'affirmer et ce qu'elle laisse encore ouvert. Idcel qui est professeur associé au département d'études germaniques et au programme d'étude juive de l'université de l'Indiana aux États-Unis élargira le regard à l'Allemagne où elle étudie le dispositif de lutte contre l'antisémitisme. Son constat saisissant.

Plus de 90 % des actes antisémites recensés proviennent d'auteur d'extrême droite ayant un arrière-plan chrétien ou une culture chrétienne alors que l'essentiel des politiques publiques cible l'éducation des personnes migrantes et musulmanes. Elle montre comment les catégories mêmes utilisées pour mesurer l'antisémitisme déterminent ce qui devient visible et ce qui reste dans l'ombre. et elle mett en garde contre la tentation de faire de l'antisémitisme un marteau politique retourné contre des adversaires plutôt qu'employé comme un outil de protection réelle. Él la pidote enfin qui est professeur d'études hébraïques à l'université de Lille interroge la généalogie du concept d'antisémitisme.

Il rappelle que deux définitions concurrentes se disputent aujourd'hui le terrain. celle de l'IRA en français l'Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste qui inclut et qui même met au centre de ses préoccupations définitionnell d'Israël. Donc d'un côté cette définition de l'Hashera, de l'autre celle de qui qui a été nommée déclaration de Jérusalem rédigée [raclement de gorge] par des chercheurs pour se démarquer de la première.

Donc ces deux définitions concurrentes se disputent aujourd'hui le terrain et Elade retrace comment la lutte contre l'antisémitisme né après la choa comme une limitation du pouvoir d'état au nom des minorités a pu selon son analyse se retourner au fil des décennies jusqu'à parfois justifier la violence d'un état plutôt que d'en protéger une minorité. des placements qu'il situe dans l'histoire longue du conflit israélo-palestinien.

Le fil qui relie ces trois interventions n'est donc pas seulement leur objet commun, l'antisémitisme comme fait social et historique, mais une même préoccupation, ne pas séparer la question de la mesure, en particulier lorsqu'elle se présente sous la forme consolidée de statistiques dont on attend une représentation fiable du phénomène considéré. Ne pas séparer la question de la mesure de celle de son cadrage qui pose à la fois des questions de définition en amont et des questions d'usage politique en aval. C'est sur cette base que je vous propose d'ouvrir la discussion.

Comment protéger le terme d'antisémitisme dans le contexte du conflit qui fait rage depuis plusieurs années autour de sa définition ? Comment protéger ce terme des appropriations opportunistes dont il fait l'objet ? Comment les catégories institutionnelles, françaises comme allemandes façonnent-elles ce que nous voyons de l'antisémitisme ? Le contrôle statistique suffit-t-il à répondre à l'exigence de données fiables ?

Comment traiter la variable religieuse sans reproduire insidieusement certains biais racialisants, en particulier dans le contexte français où les statistiques ethniques sont interdites et surtout comment lier concrètement sans qu'aucun camp politique ne s'en trouve ni protégé ni instrumentalisé la lutte contre l'antisémitisme à celle contre toutes les autres formes de racisme. Ce sont ces questions et non des réponses déjà arrêtées que nous voulons mettre en discussion ce matin dans l'idée que ce colloque commence par s'appliquer à lui-même les critères qu'il entend promouvoir dans l'espace du débat public. Cette table ronde répond en effet à une nécessité concrète.

Pour la première fois, le niveau de préjugés antisémite mesuré par le dernier rapport de la CNCDH chez les sympathisants de la France insoumise rejoint celui mesuré chez les sympathisants du Rassemblement national. une convergence inédite sur une courbe qui jusqu'ici culminait uniquement à l'extrême droite. Mais il faut noter que des scores identiques ou similaires à ceux avancés cette année pour les sympathisants et la fille avaient été mesurés chez les sympathisants du PS ou d'Europe écologie des verts dans les rapports précédents le la CNCDH. Nous avons choisi de ne pas éluder ce constat. Le terre serait la pire manière d'honorer le titre de ce colloque.

Mais le même rapport invite à la prudence méthodologique. Une fois pris en compte le diplôme, l'âge et la religion, la proximité avec la France insoumise cesse d'avoir un effet statistique propre. Par ailleurs, un axe distinct apparaît sous la forme d'une critique d'Israël vigoureuse mais dépourvue de préjugés des préjugés anti-juif classique porté par un électorat jeune, urbain et diplômé. Enfin, par ailleurs, sur presque tous les autres indicateurs de racisme, xénophobie, islamophobie, hostilité au droits des étrangers, le rassemblement national reste et de loin en tête. Un état des lieux honnêtes suppose de tenir ensemble tous ces éléments.

Je passe maintenant la parole à Claire Lallemand.

8:45
Non speech

[applaudissements]

8:53
Locuteur

Euh ben déjà, je voudrais vous remercier de m'avoir invité pour porter la parole de la CNCDH. Je vais peut-être dire quelques mots d'ailleurs sur cette commission puisqu'elle est peut-être pas connue encore de tout le monde. Donc la CNCDH, la Commission nationale consultative sur les droits de l'homme est née après la Seconde Guerre mondiale et a été fondée par René Cassin, prix Nobel de la paix. Et c'est important de le rappeler parce que cette commission, elle est très ancienne et elle est née dans le contexte d'après-gerre où les États s'étaient mis d'accord après en particulier la choa pour dire plus jamais ça.

Et dans ce contexte donc la CNCDH a pour mission euh de remettre de conseiller le gouvernement en partie et les institutions sur les droits fondamentaux. Et dans ce cadre, elle s'inscrit dans une dimension internationale depuis sa création. Euh voilà, donc c'était quelques éléments pour comprendre son action. Donc en ce qui me concerne, moi je suis donc conseillère sur les questions de racisme, antisémitisme, xénophobie et discrimination entre autres et je coordonne le rapport annuel. Donc tous les ans euh on édite un rapport annuel qu'on remet euh au Premier ministre euh pour faire un état euh le plus euh précis possible sur ces questions en s'appuyant notamment sur des données chiffrées.

On s'appuie sur des données statistiques, on produit des analyses et aussi, j'en parlerai dans un second temps, on on a un ce qu'on appelle le baromètre de la scène CDH, c'est-à-dire qu'on fait une on produit une étude tous les ans qui est assez conséquente. He le rapport, il fait à peu près 400 pages sans les contributions, sans les annexes. Donc on arriverait au total à un ouvrage d'à peu près 1000 pages. Donc c'est vraiment un gros travail. Mais on édite aussi pour ceux qui s' intéresser un petit essentiel de quelques pages pour comprendre et avoir les données principales. Donc ce baromètre, il existe depuis 1990.

Euh c'est un échantillon qu'on fait en face à face et donc du coup on a des données constantes et on pense que c'est le seul baromètre qui existe de de d'acien ancien sur 35 ans. Donc on a des données qu'on peut étudier sur 35 ans. Donc il nous semble que c'est un un baromètre assez unique. Alors pour en revenir à la question qui nous est un petit peu soumise ce matin, c'est-à-dire de faire en un premier lieu, un constat de l'antisémitisme en France. Euh pour le rapport 2025, je vais commencer par quelques données chiffrées, même si évidemment toute donné chiffrée peut être euh remise en cause, analysé et je mettrai quelques bémoles sur ces données chiffrées.

Par contre, les dernières données, ce qu'elle nous indique, c'est quand même une hausse très très importante de l'antisémitisme en France depuis [grognement] 2023, en tout cas de dans les données qui remontent. Donc quelques chiffres. Donc euh pour ce qui est du on a des données du ministère de l'intérieur, donc pour le service statistique qui s'appelle le SSMSI. On a eu en 2025 9737 crimes et délits à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux. Dans ces chiffres, on peut pas distinguer un acte antisémite. Donc ça va pas nous permettre d'éclairer le débat.

Par contre, on a des données toujours du même ministère de l'intérieur qui s'appelle le la DNRT qui par contre va euh compter faire une comptabilité des actes antisémites. Et ce qu'on voit pour l'année 2025, c'est qu'on a 1320 faits antisémites, ce qui est une hausse vraiment importante par rapport aux années précédentes et qui se caractérise en particulier par des atteintes aux personnes. C'est-à-dire que les actes sont plus nombreux depuis 2023, mais surtout ce sont enfin voilà, ils sont plus violents et ils ciblent des personnes en particulier alors qu'avant par exemple pouvait avoir des atteintes à des monuments à des représentations. Donc ça c'est vraiment un indicateur très important.

Un autre chiffre que j'aimerais vous donner pour comprendre euh un petit peu dans le les ce qui se produit, enfin ce qu'on essaie de comprendre, ce qui se produit depuis ces dernières années, c'est les chiffres relatives à l'école parce que comme j'aime bien le rappeler, on ne pas raciste, on ne pas antisémite, on le devient et euh les euh les données sur les mineurs sont assez peu fournies. Et donc, ce serait bien de se poser la question qu'est-ce qui se passe dans l'enfance pour que à l'âge adulte, on en arrive à des actes de cette violence.

Donc les dernières données qu'on a, c'est 2023-2024, on a 3630 actes racistes et antisémites euh qui remonte dans l'éducation nationale dont 1670 anties antisémites. Ça veut dire que globalement les actes antisémites quand on les rapporte au à la minorité concerné qui est à peu près 1 % on estime à peu près 1 % en France, c'est un nombre d'actes très très important. Donc ça c'est le premier constat chiffré qu'on peut faire. Le deuxième constat qu'on peut faire et sur lequel on insiste tous les ans, c'est le phénomène de la sous-déclaration. On peut estimer que ces chiffres en réalité sont très très faibles par rapport à la réalité.

Pour ça, on a une une autre enquête du ministère de l'intérieur qui est l'enquête VRS qui date de 2023 qui est très intéressante parce que elle est sur un très très grand échantillon et elle dit que euh sur 1 an, il y a plus d'un million de personnes euh qui estiment avoir été victime d'un acte raciste. On sait pas la part des actes antisémites, mais on peut se dire que sur sur 1 million de personnes qui s'estiment victime d'un acte raciste contre quelques milliers de faits qui remontent, on a un gap gigantesque. Alors, à quoi est dû la sous-déclaration ? Et ça, c'est important de de le comprendre, c'est déjà la peur d'aller déposer plainte.

euh le fait que souvent les actes viennent de proches. Euh donc c'est c'est assez compliqué d'aller euh aussi bien pour un enfin encore plus pour un enfant mais pour un adulte d'aller déposer une plainte de franchir la porte d'un commissariat. L'autre donnée qu'on a, c'est que la malheureusement la plupart des personnes qui habitent le territoire français pensent que ça ne sert pas à grand-chose d'aller déposer plainte parce qu'il ne se passera probablement pas grand-chose à l'issue de cette plainte ou de cette main courante. Euh donc je vous donne juste une donnée chiffrée du ministère de la justice sur laquelle on alerte. Donc c'est 2024.

En 2024, il y a 10000 affaires qui ont été traitées et c'était en hausse sur le contentieux raciste en stissémite xénophobe. Et sur ces 10000 affaires, au final, on arrive à peu près à moins de 10 condamnations pénales [raclement de gorge] par an au titre de la discrimination et on parle de toute discrimination confondue. Donc on comprend bien qu'effectivement c'est compliqué d'aller déposer plainte. C'est compliqué pour l'instant d'obtenir d'obtenir une réparation en justice. Et c'est pour ça que la sous-déclaration, que ce soit pour le contentieux raciste ou antisémite, plus spécifiquement, euh est très sous-dimensionné.

Donc les chiffres, ils nous donnent une tendance, donc une tendance plutôt haussière et plutôt dans la violence physique. Euh mais ils sont toujours à prendre à prendre avec parsimonie. Ensuite euh voilà donc ça c'est pour les données chiffrées. donner un petit panorama de nous ce qu'on peut en dire avec les données du ministère de l'intérieur, du ministère de la justice, de du ministère de l'éducation nationale et en ce qui se concerne le ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace, c'est un petit peu plus complexe parce que du fait de la d'une plus grande autonomie des universités, on n' pas pour l'instant de données chiffrées qui remontent de façon coordonnée.

Alors maintenant, je vais passer au deuxième point qui sont les préjugés antisémites. Donc tous les ans, la CCDH mesure par son baromètre le la persistance des préjugés. Et comme vous l'avez indiqué, ce qu'on peut constater à travers notre baromètre donc qui est fiable sur 35 ans, c'est que les vieux préjugés antisémites euh persistent. Donc le premier, c'est le rapport qu'aorif à l'argent. Donc sur la question "Les juifs ont un rapport particulier à l'argent ?" 35 % des répondants sont d'accord [raclement de gorge] avec cette affirmation.

Et donc ça c'est un vieux préjugé, bon qui a été construit dans le temps évidemment, mais en particulier qui s'est développé au 19e siècle avec le capital, l'idée du grand capital et de la finance. Par contre, si on nuance, on voit que cette opinion, elle est partagée par 48 % des plus de 70 ans contre 27 % des 18 24 ans. Donc ça c'est valable pour les préjugés. En général, que ce soi les préjugés antisémites ou racistes ou sexistes, c'est qu'ils sont beaucoup plus élevé chez les générations les plus anciennes que chez les générations les plus jeunes. Donc ça c'est constant et dans le temps et dans le temps et queles que soient les minorités concernées.

L'autre chose qu'on peut dire, c'est qu'il y a un paradoxe sur la perception des juifs en France d'après notre sondage. Euh parce que quand on interroge les répondants donc sur des groupes comme perçus à part en en pourcentage, le groupe le perçu le plus à part est de très loin et ça c'est pareil, c'est constant. Dans le temps, ce sont les Romes et ensuite les musulmans, les Chinois et les Juifs. C'est un des groupes les plus acceptés euh en France. Donc on peut estimer que peut-être l'hypothèse qu'on peut émettre parce que on peut émettre à ce stade-là que des hypothèses euh c'est qu'il y a une polarisation sur ce sujet qui est euh qui est très qui est très forte.

Alors pour donc les préjugés antisémites, donc on a vraiment le rapport au pouvoir et à l'argent qui serait prédominant. Et le deuxème point, ce serait euh que 26 % des Français pensent que les Israéliens euh porte la plus grande responsabilité dans la portsite du conflit israélo-palestinien et que les juifs en France euh subir une sorte de double allégance et que Israël serait plus important que la France. Donc ça c'est un préjugé qui est assez nettement répandu.

Par contre quand pour la plupart des répondants et ça ça peut être un peu surprenant, c'est que le conflit israélo-palestinien c'est assez loin et que ils ont du mal à comprendre les enjeux exacts et souvent il renvoient dos à dos euh les différentes parties. Voilà. Donc nous ce qu'on mesure c'est plutôt des opinions antisémites qui restent fondé vraiment sur des vieux préjugés. Alors par rapport à ça, un autre paradoxe. Donc je vous disais que la les juifs sont la minor une des minorités la qui a qui est la plus acceptée en France par rapport à d'autres groupes qui sont vraiment considérés comme à part. Euh tous les ans, on mesure aussi la tolérance dans le pays.

Alors ça c'est ce qu'on appelle un indice de tolérance et c'est sur 30 enfin 35 ans pareil. Et après le 23 enfin après 2023 fin 2023, il y a une chute de la tolérance dans le pays très importante et on craignait pour les années 2024-2025 qui est une chute importante de la tolérance. Et paradoxalement, alors c'est pas une remontée massive mais la tolérance se maintient. Donc on a un panorama assez contrasté avec des actes de plus en plus violents, des vieux préjugés antisémites qui perdurent et en même temps une tolérance globale dans le pays euh qui euh qui se stabilise avec plusieurs critères.

Euh alors [raclement de gorge] l'âge, donc les générations les plus jeunes sont globalement les plus tolérantes, le niveau d'étude aussi. Euh donc ça ça veut peut-être dire qu'il faut mettre le paquet sur la formation et la formation des jeunes et des très très jeunes et pas attendre que les préjugés soient installés. H voilà. et les expériences interculturelles. C'est-à-dire que plus on a des d'expériences interculturelles euh plus on a des chance d'être tolérant. Voilà. Et enfin donc pour finir quelques recommandations de la CNCDH euh pour combattre l'antisémitisme.

Évidemment, je vous ai parlé du côté justice et ça c'est un vraiment une demande constante, c'est-à-dire de supprimer la main courante. Euh déjà, c'est dur d'aller franchir la porte d'un commissariat. euh de dire qu'on a été victime d'un acte antisémite, mais euh si c'est une main courante, il y a peu de chance que ça aboutisse. Donc pour vraiment euh que que il y ait du contentieux et que ce soit poursuivi en justice, il faudrait supprimer d'après la CNCDH les mains courantes. Il faudrait aussi sensibiliser évidemment tout ce qui est police, gendarmerie et justice.

C'est déjà fait en partie à l'école à l'ENM à l'École nationale de la magistrature pour sensibiliser les magistrats à ce contentieux qui devrait devenir très important. Et le dernier sur lequel j'ai déjà insisté, c'est l'éducation. Et l'année dernière, on a on a choisi justement de faire notre rapport avec un focus sur l'enfance. Il y a très très peu d'études en France sur le racisme et l'antisémitisme, d'autant plus sur les jeunes enfants. Quand je parle de jeunes enfants, je parle de maternel et élémentaires. Et les différents plans de lutte ont princiquement aucune mesure sur ces âgeslà. Or, comme je vous l'ai dit, avec les chiffres sur l'école, ça commence très très très jeune.

Et donc pour ça, avoir des outils adaptés et euh élaboré par des personnes formées. Euh voilà, on peut pas s'improviser à parler de ces thématiques-là qui sont très complexes. Et donc pour une lutte efficace contre l'antisémitisme, il faut absolument de la recherche, des outils et un investissement massif sur cette question. Merci.

24:46
Non speech

[applaudissements]

24:52
Locuteur

Merci pour votre intervention. On va maintenant écouter IQ discourse antisemit in polar number of attacks on Jewish person spaces and institutions, it is used to police migrants, Muslims, lefting actors, including Jews and noncitizens in Europe as well as in the US. I studied the position held by the state in parliamentary motions and legislation regarding antisemitism, research regarding antisemitism and civil society actors who face discrimination and respond to it.

I will present the state of affairs in Germany based on studies by the EU agency for fundamental rights AFR German police criminal reports compared with unofficial federal association of departments for research and information on antisemitisms reports RAS. Germany's federal antidiscrimination agency reports ADS scholar studies conducted by the center for the study of antisemitism at the technical university of Berlin ZFA the German Center for integration and migration research and diaspora alliance publications. I'm focused on Germany but these insights are applicable elsewhere including France where similar but not identical processes are occuring.

I approach antisemitism within the analytical framework of anti-racism. Antisemitism history, imagery, and mechanisms have specific features. In racism, the subjects of hate are racialized, marginalized and excluded. As the conference title suggests, fighting antisemitism is thus anti-racist struggle. observing institutional manifestations of racism and their effect on the everyday lives of millions in the is the way to combat antisemitism in any form of systemic racialized exclusion. Separating minorities from each other and from majority society adds to conditions of hate.

In ZFA and diaspora studies racism is understood as a socially wide social relation that institutions maintain and reproduce. Current research on antisemitism does not include the systemic racism entiled in interaction with migration, gender, class and religious discrimination. The current RIA and police reports focus on perpetrators only employees, teachers or police officers asking whether each Jew should have a police guarding them. I heard this uh solution by politicians in summer 2026 in Berlin. It produces what diaspora alliance calls carceral antisemitism on minorities. In Germany, there is rather a robust complain mechanism.

But it ins current form it creates what I call in my book antisemitism enterprises around certain events, sites and visible Jews. The antisemitism measuring categories lump together pretake of Israel and antisemitism as well as ideological motives and what they call foreign ideology. Over 50% of the cases are unaccounted by motives and background because the light shed on these hate crimes is narrow and discriminatory. Exclusion of one minority provides ideological bridges between different forms of prejudice. The targets may change, Jews, Muslims, migrants, women, trans and gay people but an underlying hierarchical worldview sustains and connect the prejudices and extremist ideologies.

Individuals reporting to the antiscrimination federal office for racist treatment often reported in intersection of sexism. More precisely, a woman who wears a headcar experience of racism in the workplace reports that it is sexualized in about 70% of the cases. Germany does not have a single national datet that reliably tells us that the same offender attacks Jews, migrants, Muslims, LGBTQI plus persons and women together with that person's education, migration background and party affiliation. The most extreme violent cases such as the H synagog terror attack in 2019 on Yipu show the outcome of this correlation.

After the terrorist failed to kill Jews praying in a synagogue, he killed people who looked quote unquote Muslim to him and drove his car um over a man from Somalia. Although over 90% of reported antisemitic cases come from right extremist Christian background men, most state efforts are dedicated to educating migrants. Code for Muslim about their improper Holocaust memory in hate of Jews. Holocaust memory functions in this alarmist framework as a test case for measuring ancisemitism. The relationship between the two changed in the last two decades until the early 2000. The commitment to remember the Holocaust was promoted by institutions that endorsed equality and democracy.

It is now used as a political tool to erase and delegitimate the voices of minorities about their experience of racism and the critic of Israeli policies. As the aspir Alliance reports show, I argue that since the 2010 there is a shift from Holocaust to antisemitism in what the German public called the memory culture affecting the logic that drives antisemitism accusations. Once the shift from Holocaust to antisemitism was underway, another shift took place from us Germans as beers of antisemitisms to quote unquote them migrants and Muslims as putting Jews in danger.

I mark the tradectory here because it will help explain how minorities are separated from each other in Holocaust memory events and sites and why the focus on Jews as victims takes this limited form and affect the way Jews and antisemitism are approached neither driving down antisemitism cases nor promoting a shared society where Jews and other minorities may thrive. Sociologist Peter Ulrich in his discussion of authoritarian antisemitism highlighted the degree of bureaucratization, security and legalization of the debate on the Middle East conflict that affects anti-semitism accusations. So how do attitudes about Holocaust memory turn into debates about antisemitism in Germany?

Michael Rber claims that public discourse in Germany and in the West measures Holocaust memory according to a logic of crowding. If one discusses other genocides, one necessarily crowds the space reserved for Holocaust memory. As Ben Raskov recently showed, the other way around operates according to the same logic. If a Jewish institution supports human rights universally, it is implied that they quote andqu crowded the space and don't support Jewish or Israeli issues while puritively supporting the Hamas and so on.

Under such conditions dis orientation regarding what constitutes antisemitism and how is an antisemite plays into the hands of right wing uh groups that using the IHRA working definition of antisemitism blame critical or universalist solidarity as antisemitic. The categories chosen to identify antisemitism affect what becomes visible and what becomes invisible. The German Center for integration and Migration Research National Discrimination and racism monitor. Nadira shows that 54% of racially marked people reported experiencing discrimination at least once a month in 2024.

The corresponding figure for people classified as not racially marked was 32% and that shows that this is a highly discriminatory society but migrants experience discrimination much more. That's asked people to self-identify as black Asian, Muslim, Eastern European, German with migration background or German without migration background used as a comparison group.

explicitly warns that these category should not be interpreted as inherent characteristics of individuals rather they capture social processes of racialization in the study up to 55% of Asian and Muslim respondents report experiences connected with being perceived as quote unqu not German this helps demonstrate that racialization ethnicity nationality and religion are often intertwined in people's lived experience rather than occurring a separate categories the association of Jews with Israel and conflation of belonging in Germany or elsewhere demonstrate now uh how uh racialization works in the same way on Jews.

The EU Agency for Fundamental Rights, FRIA says that in Germany, quote there was no systemic nationwide comparison with police statistics on antisemitism crimes in 2024. According to RIA and reports by the FRA, antisemitism expressed itself after October 2023 in more violent wasland before. Among other things, between 63 and 71% of all cases involving extreme attacks and threats were recorded after October 7, 2023. In 2024 there were 1748 incidents directed against individuals and 2215 against institutions. In 19 in 900 sorry 66 cases the people affected were Jews and Israeli.

Now notice diaspora Alliance May 2024 report reveals that Ras statistics and reporting exhibit political bias that both favors the perspective of the Israeli right and is forced by opaque methodologies and crude conceptions of antisemitism as an eternal and unyielding animus and Stefan Schul springorum in a collaboration between and the ZFA discuss those categories uses these are classic secondary and Israelated antisemitism after October 2023 postcolonian and left were added the intense political focus on universities is difficult to reconcile with evidence suggesting that antisemitic attitudes are less prevalent in institutes of higher education than in a wider population and the same attacks on universities happen in the US of which L uh writes we encounter a lack of reliable data on antisemitism however data or data collected by the federaliscrimination agency helps to fill in the gaps Rebecca entr studied patterns of intolerant attitudes toward minorities and their relationship to extremist ideologies she and colleagues found that all the elements of right extremism increased between 2022 and 2024 for adults and dramatically for young adults.

So xenophobia was increased in 18,9% islamophobia in 18% shovenism in 0.8% % antisemitism 3/ aff cases of racism we to study of 2025 based on a representative survey conducted by the nadira panel of deim involving 695 participants and that show that antisemitism cannot be reduced to origin or religion rather it emerges from a complex interplay of migration experience political culture andal environ the influence of political party preferences and intertwining of antisemitic and antilim attitudes are particularly evident the working paper that the two published advocates for a transnational origin sensitive and context specific approach to antisemitism research one that avoids sweeping generalizations andel new data collection tools which I fully endorse.

The underlying problem is the rejection of democratic values or liberal circle confusion about values about how to reason. As Omri Burm said in his speech to Europe, we ought to rather insist on the reality of ideals than implement them in our policies. The prevalent anxiety around thinking about antisemitism and racism together weakens moral judgment and leads to the normalization of antisemitism, anti-muslim and far right racism. The public discourse regarding antisemitism exercises whatago calls a melancholic gaze of catastrophe that privileges a tragic cyclic and historical understanding and ahorical understanding of history.

When antisemitism becomes an instrument of partisan conflict, the result can be greater polarization, less space for deliberation and growing mistrust between minorities and of the state. To conclude, in the Berlin elections which concluded last Sunday, antisemitism accusations against left candidates popped up in every debate. We might ask, how appropriate is this? These accusations were outstanding in comparison to other forms of discrimination. The Lincol candidatalp [raclement de gorge] called for fighting antisemitism and islamophobia side by side. Some Jewish conservative groups used an alarmist framework which denied anti-Muslim racism in response.

When I talk with Jewish people in Germany and with politically engaged individuals, they often ask, please do not make antisemitism a hammer for daytoday politics. It will backfire in more than one direction. And I want to say on a on a personal note, um when I visit Germany and also in the US I feel as an Israeli and a Jewish identified woman arise in antisemitism, this polarizing um attitude um and exclusion of minorities uh makes this worse. So when one minority is singled out based Jews as victims or Muslims as victimizers with one form of discrimination we all lose. Having a holistic approach to biasebased discrimination is a better way forward.

In Germany, the fight against antisemitism is used by new authoritarians to diminish the freedom of speech, demonstration, association and research. All failed in courts. And the question remains, shall they abolish all freedoms to combat antisemitism? Would this help address the real problem of antisemitism? The task is therefore not to choose between fighting antisemitism and fighting racism. It is to build institutions capable of doing both with better evidence, clear distinctions, equal protection and respect for democratic values.

If what the Germans pride themselves as a robust memorial culture is reduced to antisemitism, we misember the Holocaust subject Jews and other minorities to violence and exclusion and harm democracy. Thank you. Thanks a lot. Avant de donner la parole à la pidote, je vous signale que on va vous faire passer dans le public des papiers pour écrire les questions que vous voudriez soulever à la fin de des interventions et là de la pilote sera le 3è et dernier intervenant de cette table. table ronde, je vous laisse la parole et merci beaucoup. Qui parmi nous croit aujourd'hui détenir une réponse claire à la question qu'est-ce que l'antisémitisme ?

en saisir précisément le sens à l'inverse à qui échappe encore aujourd'hui l'importance politique de cette question et ce qui justifie qu'un colloque [raclement de gorge] lui soit consacré au sang du parlement français. C'est une situation étrange. L'antisémitisme et la lutte contre l'antisémitisme sont devenus une question centrale non seulement dans la politique française ni même seulement européenne mais mondiale. des États publient des déclarations des gouvernements publiques et des tendances des parlements légifères et des autorités à tout le niveau agissent par des moyens budgétaires et policières.

Et pourtant, il n'existe pas des réponses claires à la question de savoir ce que est l'antisémitisme. Aujourd'hui, tout le monde affirme être contre l'antisémitisme. Même parmi les chercheurs, le désaccord est profonde. La définition qu'on adopta de nombreux états, ce que l'on appelle la définition de ARA ou IHRA, n'a été formulé que comme une simple définition de travail, working definition. Et ces auteurs eux-mêmes se sont déjà explicitement désolidarisés de l'usage qui en est fait.

C'est le signe manifeste d'une difficulté profonde dans l'usage même de la catégorie de antisémitisme pour façonner aujourd'hui des politiques publiques, en particulier des politiques qui tendent à restre les droits de l'homme et du citoyen et à réduire les libertés démocratiques. en tant que chercheur ayant étudié l'histoire intellectuelle tant de l'antisémitisme en Europe que de la lutte contre l'antisémitisme. C'est sur quoi je voudrais attirer l'attention, c'est le changement profondes survenu au cours des dernières décennie dans la compréhension de la nature de l'antisémitisme jusqu'à un renversement complet de son sens dans le discours actuel.

Dans le discours public coexiste aujourd'hui deux définitions opposées. Toutes deux s'accordent à dire que l'antisémitisme est essentiellement une hostilité envers les juifs en tant que juif. Là-dessus, tout le monde est d'accord. La différence décisive entre ell et c'est là qui réside la racine du problème politique tient au degré d'hostilité. envers l'État juif qu'elle inclut dans la définition de l'antisémitisme au côté de l'hostilité envers les juifs en tant que juifs.

Une définition aujourd'hui dominante, celle de ARA, n'a été publiée qu'en 2016 et a en réalité introduit une innovation considérable en déclarant que la définition de l'antisémitisme, phénomène apparut bien avant l'état d'Israël dans un contexte historique tout à fait différent englobe aussi l'hostilité envers cet état. De fait, cette définition a placé l'opposition à l'État d'Israël au centre de la définition de l'antisémitisme. Les définitions opposées.

La déclaration de Jérusalem sur l'antisémitisme de 2021 est en apparence plus récente que celle de Aira, mais elle a en réalité constitué la réponse des centaines de chercheurs spécialistes de l'antisémitisme, du génocide et de l'histoire juive qui se sont opposés à la démarche inédite de la définition de ARA consistant à recentrer la question de l'antisémitisme sur celle de l'État juif. Quel est le sens de ces désaccord entre les définitions sur le plan terminologique ? Antisémitisme fut un phénomène politique né en Europe au milieu des 19e siècle, principalement en France et en Allemagne dont l'essence était l'opposition à l'intégration de juifs dans l'État nation européen.

L'antisémitisme n'était pas une simple hostilité envers les juifs en tant que juifs. phénomène doté d'une longue histoire dans le cadre des tensions interreligieuses et interculturelles entre juifs chrétiens musulmans, laïque et autres. Ce qui est rendu l'antisémitisme mortier, c'est qu'il a fait du groupe minoritaire juif l'ennemi de la nation et de l'État. À son apogé, l'idéologie antisémite a fait du juif en symbole au service d'une politique fasciste et raciste qui justifiait le déploiement d'une violence génocidaire par l'État nation et en son homme à l'encontre des minorités, des migrants et des étrangers.

Les juifs ont servi de symbole commode au fascisme nationaliste parce qu'une longue histoire théologique et religieuse avait chargé l'hostilité à leur égard d'une signification morale, religieuse et métaphysique susceptible de justifier une violence sans limite. Mais l'histoire juive en Europe avait aussi produit une culture minoritaire, diasporique et exilique qui par son existence même, par sa pensée et ses pratiques s'opposait au pouvoir souverain illimité de l'État nation. La philosophe Hann Harent a montré comment l'antisémitisme faisait partie intégrante de la vision du monde nationaliste, raciste, impérialiste des États-nations européennes.

En conséquence, après la choix et la Seconde Guerre mondiale, à l'aire de la décolonisation, la dénonciation de l'antisémitisme et la lutte contre lui faisait partie intégrante d'une transformation idéologique et politique plus vaste au corps de laquelle se trouvait la critique de la violence de l'Étatnation et du nationalisme en général.

Après 1945, il paraissait aller de soi que la lutte contre la haine de juif, la anti antisémitisme faisait partie de la lutte plus large contre la pression des minorités, contre le crime de guerre et la génocide en faveur de droits de l'homme et de la limitation de la souveraineté nationale par les droits internationales et par des institutions supra étatique tel que le ONU et l'Union européenne. Dans dans un livre que j'ai publié il y a quelques années, Jews Out of the question critique of anti antisemitism, j'ai montré que la situation réelle était plus complexe.

l'ouvrage analysé des textes majeurs de la pensée qui a façonné la lutte contre l'antisémitisme depuis la choix jusqu'à nos jours. J'ai montré que la stratégie conceptuelle dominante dans le discours anti antisémite suffrait de nombreuses difficultés et dans une large mesure mesure reproduisait même des schémas de l'antisémitisme. On peut dire que le anti-antisémitisme puisé dans la puissance morale et religieuse de l'antisémitisme et qui a par la par la voix de l'opposition à la haine des juifs, il est lui-même devenu un puissant instrument idéologique qui à son tour à mobiliser les juifs comme symbole.

Le premier constat central de ma recherche était que la lutte contre l'antisémitisme s'est concentré non pas sur la défense de la différence et de la singularité de la culture juive face à la violence de la majorité au centre de l'État nation mais exactement à l'inverse sur le rejet de l'idée même qu'il existerait une différence juive significative. L'antisémitisme a été dénoncé non pas parce qu'il était hostile au juif, [grognement] mais parce qu'il soutenait qu'il existerait une quelconque singularité juive contre laquelle on en fave de laquelle on pourrait se prononcer, que l'on pourrait haï aimer.

Dorno par exemple décrivait la judéité du juif comme un fantasme paranoïque dans l'esprit de l'antisémite. Et Jean-Paul Sartre soutenait que la conscience juive est celle réelle, mais qu'elle est produite par la force du regard antisémite. C'est l'antisémite qui fait le juif a-t-il écrit. Autrement dit, pour réfuter l'antisémitisme, le anti antisémitisme a réfuté l'existence du judaïsme comme culture différente de la culture hégémonique en Europe. Cette pensée prétendument pour juifs à chasser les juifs en tant que juifs du monde de savoir leur et lequel répose sur des questions. Jews out of the question de titre de mon livre soit les juifs hors de question signifia la négation de judaïsme.

Et ce conat central de ma recherche était que la pensée anti antisémite n'a pas seulement rejeté comme l'antisémitise même la tradition de pensée juive singulière distincte minoritaire opposé au nationalisme européen hégémonique. J'ai montré comment dans la mesure même où la lutte contre l'antisémitisme rejetait le judaïsme traditionnel, elle posait aussi son propre concept d'un être juif collective opposé à la tradition juive et conforme à la modernité européenne. Si le judaïsme traditionnel était exilique et s'opposé à la société majoritaire et à l'État, la pensée anti-antisémite a défini la judaïé comme un projet d'état nation.

Jean-Paul Sartre, après avoir soutenu que le juif étant produit de l'antisémitisme, a ensuite soutenu que la Juda a été authentique, celle qui naît comme opposition à l'antisémitisme et le sionisme. La lutte contre l'antisémitisme après la choa a donc eu tendance à réfaçonner le juif non plus comme exil mais comme état. Et l'antisémitétisme a été redéfini non plus comme l'hostilité de l'État envers les minorités, mais comme l'hostilité de minorité envers l'État.

De lutte visant à contenir le pouvoir souverain de l'État, la guerre contre l'antisémitisme est devenue progressivement un instrument idéologique doté d'une force morale, religieuse et métaphysique servant à justifier la violence de l'État. Certains penseurs juifs comme Arent ou Martin Bobber avait déjà averti dès les années 1940 que la fondation d'un état nation juif au détriment des habitants arabes de la Palestine ne résoudrait pas l'antisémitisme mais susciterait au contraire de la haine envers les juifs.

ne pouvait pas encore percevoir comment dans la seconde moitié du 20e siècle et surtout au cours des dernières décennies, la définition même de l'antisémitisme allait changer de sorte que la lutte contre l'antisémitisme passerait progressivement de la défense des juifs contre la violence de l'État à la défense de la violence de l'État au homme de juif. Parmi les autres facteurs qui ont paisé sur ces processus figurent les renforcements de l'État d'Israël dont la fondation à 1948 et la perpétuation ont été lié à l'oppression du peuple palestinien.

Un jalon décissif de cette évolution a été l'année 1967 qui a vu le début du régime d'occupation militaire israélienne de la bande de Gaza et de la S Jordanie. au sein de l'opinion publique juive en Israël a même commencé à croître une idéologie religieuse messianique des colonisations et des dépossessions des Palestiniens. À mesure que l'occupation s'est prolongée, la mutation de la lutte contre l'antisémitisme est devenue explicite et c'est affirmer l'idée selon laquelle le corps de ce combat serait dirigé contre ce que l'on appelait les nouvelles antisémitismes tourn contre l'état d'Israël.

Selon moi, ce que l'on nomme le nouvel antisémitisme n'est pas une ressurgence de l'ancien antisémitisme, mais un phénomène dont la signification politique est à son fond inverse. L'ancien antisémitisme était une politique raciste menée par État Nation à l'encontre d'une mérité juive persécutée.

L'hostilité envers l'État d'Israël, même si elle se nourrit parfois d'un discours antisémite, est fondamentalement une position à la violence d'État, une position exercée par les minorités qui subissent cette violence et en leur nomme qualifier une telle critique d'Israël d'antisémitisme et même en faire le paradigme comme le fait la définition de l'Aira revient à renverser la définition de l'antisémitisme et à mettre la force morale de la lutte contre l'antisémitisme au service de la justification d'idées et d'actes qui se rapprochent dangereusement d'une reproduction de l'antisémitisme historique. Le processus de renversement attend aujourd'hui son poids culminant.

La lutte contre l'antisémitisme est devenue une idéologie qui, loin de contenir le pouvoir de l'État en justifie au contraire le déchaînement. En Israël, la perception des Palestiniens privés d'État comme antisémites continue de justifier le déploiement d'une violence génocidaire à leur rencontre. En Europe, y compris en France, la perception de la contestation d'Israël comme antisémite fait obstacle à un débat politique sérieux sur la question du conflit isra-palestinien et sert à diaboliser les minorités et les migrants. C'est le fondement de la coalition inquiétante entre l'État d'Israël et le nouveau nationalisme européen.

L'an dernière se sont réunis à Jérusalem des représentants de l'extrême droite européenne dont en France l d'un cololloque contre l'antisémitisme organisé par Netaniao au cours dequel celui-ci a déclaré que l'Europe était livrée à une invasion des musulmans venus détruire l'Occident. Pour conclure sur une note personnelle, en tant que juif et en tant qu'Israélien, je constate une montée de l'hostilité à l'égard de mon identité. C'est quelque chose de très difficile pour moi et je suis le premier à vouloir la combattre.

Mais dans la réalité actuelle, il m'apparaît tout aussi clairement que cette hostilité ne procède pour l'essentiel ni d'une haine éternelle des juifs, ni du racisme, même si elle comporte parfois de tels éléments. L'hostilité actuelle, y compris dans le cas où elle n'est pas justifiée et où elle est même tout à fait condamnable est une conséquence directe de la violence politique extrême exercée en Israël Palestine au nomme d'un état juif autant que de la réduction des libertés démocratiques imposées ici même en France au nom de la défense des juifs. Il rassemble à l'hostilité envers les Russes et la culture russe suscitée par la guerre en Ukraine.

Toute haine envers des Russes, des Juifs et des Israéliens innocents doit être condamné et empêché. Mais ce combat ne peut s'émer au détriment d'une critique assérée de l'État russe et de l'État juif. Bien au contraire, c'est exactement le même combat. La lutte contre l'antisémitisme doit nécessairement être liée à la lutte contre toutes les formes de racisme et faire partie de l'opposition à l'oppression politique des minorités ethniques, sociales et culturelles par des sociétés majoritaires au sein des États-nations. Que cette oppression s'excellersée par des juifs.

Une véritable lutte contre l'antisémitisme doit insister sur le fait que le souci du bien des juifs ne signifie pas la réduction de la démocratie mais son renforcement en Israël Palestine comme en Europe et que cette vision s'accorde parfaitement avec la tradition du judaïsme européen. Merci. [applaudissements]

1:02:04
Non speech

[applaudissements]