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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 2 février 2025 15 min

Recours au 49.3, droits de douane américains... Le "8h30 franceinfo" de Marc Ferracci

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Marc Ferracci. Ce matin dans le journal La Tribune, François Bayrou annonce qu'il va déclencher l'article 49.3 demain à l'Assemblée Nationale pour le vote du budget. Il n'avait pas d'autre choix ?

0:13
Marc Ferracci

On est dans une assemblée, on le sait, très fragmentée, très divisée. Et en règle générale, les oppositions ne votent pas le budget. Donc c'est pour ça qu'on déclenche le 49.3. Déclencher le 49.3, moi je préfère lui substituer une expression, c'est engager la responsabilité du gouvernement. Le gouvernement va engager sa responsabilité, c'est ce que prévoit la Constitution, c'est ce que dit la Constitution. Il va l'engager sur un texte qui est le fruit d'un compromis. Et ça, je veux le signaler, c'est quelque chose d'assez inédit. Ça n'est pas un budget parfait. On le sait très bien, ça n'est pas un budget parfait.

C'est le fruit d'un compromis qui est inédit dans l'histoire de la Ve République. C'est la première fois qu'une commission mixte paritaire, avec 7 députés et 7 sénateurs, se met d'accord sur un texte budgétaire. Et ça, c'est quand même le signe qu'il y a un progrès. Il y a un progrès par rapport à il y a quelques semaines. Il y a un progrès par rapport à ce que nous avons vécu ces dernières années, puisqu'on a besoin de trouver cette culture du compromis. J'espère qu'on va la trouver de manière durable. Donc maintenant, nous allons voir. Il y aura effectivement un 49.3, le Premier ministre l'a annoncé.

Et j'espère que l'esprit de responsabilité sur le vote de la motion de censure va prévaloir.

1:12
Locuteur non identifié

Alors justement, une partie de la gauche va déposer une motion de censure qui sera débattue mercredi. François Bayrou a lié son sort à celui des députés socialistes. Est-ce que, de votre point de vue, ce sont des partenaires fiables ? Vous pensez que François Bayrou ne sera pas renversé ? Il semblait assez optimiste dans les colonnes de la tribune dimanche. Est-ce qu'il n'est pas trop optimiste ?

1:34
Marc Ferracci

Ce qui est certain, c'est que moi, je préfère discuter avec la gauche de gouvernement, la gauche qui a une expérience de gouvernement, qu'avec l'extrême droite. Et de ce point de vue, je suis plutôt satisfait de la situation actuelle. C'est une discussion difficile. D'ailleurs, je veux saluer les efforts qui ont été ceux d'Éric Lombard, le ministre de l'Économie, d'Amélie de Montchalin, la ministre des Comptes Publics, pour essayer de trouver des compromis. Vous savez, dans une négociation comme celle-ci, forcément, tout le monde est obligé de faire des efforts.

2:02
Locuteur non identifié

Ce n'est pas trop cher payé, le prix de la stabilité, 5 milliards ?

2:04
Marc Ferracci

Je pense que le prix de la stabilité, il est très, très élevé. Il est très élevé parce que, vous savez, en tant que ministre de l'Industrie, je vois tous les jours sur le terrain et dans mon bureau à Bercy, des gens qui me disent que l'incertitude, le fait de ne pas avoir de budget, le fait de ne pas avoir de cadre fiscal et budgétaire, eh bien, ça limite les capacités de se projeter dans l'avenir. C'est des projets d'investissement qui sont suspendus, des embauches qui sont suspendues. La censure, le coût estimé de la censure de décembre, c'est 12 milliards. Et ce sera encore plus important, évidemment, s'il y a de nouveau une censure.

Donc, je pense qu'il faut que l'esprit de responsabilité revienne pour nos entreprises et pour les citoyens français.

2:38
Présentateur

Alors, justement, vous parlez des perspectives à venir. Les mauvaises nouvelles s'accumulent en France sur le terrain économique, chômage en hausse, des plans sociaux en pagaille. Les défaillances d'entreprises ont atteint un niveau record depuis 2010. Comment on stoppe l'hémorragie aujourd'hui ?

2:50
Marc Ferracci

Alors, déjà, avoir une approche lucide de la situation, ça, c'est ce qui est absolument nécessaire. La situation de l'économie et de l'industrie, puisque moi, je suis ministre de l'Industrie, c'est une situation contrastée. Il y a des filières qui sont en difficulté. Il y a l'automobile et, en particulier, les équipementiers. Il y a l'acier, la sidérurgie, il y a la chimie. Ces filières, elles ont des problèmes structurels à résoudre. C'est une concurrence vis-à-vis, notamment, de l'Asie et de la Chine, qui est particulièrement féroce, parfois déloyale, d'ailleurs. C'est pour ça qu'il faut aussi avoir une réponse en européen.

Et puis, vous avez aussi des filières qui vont bien, des filières qu'il faut aider, des filières qui continuent de créer des emplois. L'emploi industriel se maintient dans notre pays. Quand vous faites la différence entre les emplois qui disparaissent, il y en a un certain nombre, et les emplois qui se créent, l'emploi industriel se maintient au moment où on se parle. Mais il est vrai qu'il y a des entreprises en difficulté. Comment on fait ? D'abord, on intervient sur chaque dossier pour essayer de trouver des solutions industrielles. Quand c'est possible, on permet au modèle économique de l'entreprise de continuer.

J'étais à Arc il y a quelques jours pour annoncer qu'on avait trouvé une solution économique et industrielle pour une entreprise qui fait 4000 salariés et qui est le principal site verrier au monde, que tout le monde connaît, l'entreprise Arc dans le Pas-de-Calais. Parfois, on trouve des solutions. Parfois, on n'en trouve pas.

4:04
Locuteur non identifié

Des solutions, est-ce que ça pourrait être justement de prendre des participations dans certaines entreprises en difficulté ?

4:10
Marc Ferracci

Vous savez, prendre des participations dans des entreprises en difficulté, ça n'a de sens que dans des circonstances extrêmement particulières. Ça a de sens quand l'entreprise a un modèle économique pérenne, parce que l'État n'a pas vocation à nationaliser les pertes et à mettre à la charge du contribuable, c'est-à-dire à la charge de tous les Français qui payent l'impôt, la continuité de l'entreprise quand elle fait des pertes. Et puis, il faut aussi que l'entreprise présente un intérêt stratégique, un intérêt pour notre souveraineté. Et de ce point de vue, il y a assez peu de cas d'entreprises qui sont dans cette situation-là.

4:39
Locuteur non identifié

Il y en a quelques-unes que vous avez identifiées ?

4:42
Marc Ferracci

Il y a quelques semaines, le ministre précédent de l'économie, Antoine Armand, a annoncé la prise de participation de l'État dans une entreprise qui s'appelle ASN, qui fait des câbles sous-marins, par exemple. Ça, c'est un enjeu de souveraineté très important. Mais il faut vraiment raisonner au cas par cas. La logique, ce n'est pas de nationaliser toutes les entreprises en difficulté. Sinon, évidemment qu'on ne sera pas du tout en capacité de le faire.

5:02
Locuteur non identifié

Est-ce qu'il faut aussi baisser les coûts pour les entreprises ?

5:05
Marc Ferracci

Mais bien sûr, il faut les baisser sur le volet de l'énergie. Et nous y travaillons notamment en essayant de faire aboutir une négociation entre EDF et les industriels qu'on appelle les électro-intensifs. Ceux qui utilisent beaucoup d'électricité, c'est la sidérurgie, c'est la chimie. Ils ont besoin, ces industriels, de jouer armes égales avec les Chinois, avec les Américains qui ont des coûts de l'électricité souvent plus bas. Nous, nous avons la chance d'avoir un parc nucléaire qui donne une électricité décarbonée. Et donc, nous devons faire profiter nos industriels. Je m'y emploie. Mais il y a aussi le coût du travail.

Moi, je pense qu'on devra, dans les prochains mois, avoir une réflexion sur la baisse du coût du travail parce que c'est aussi un élément de compétitivité extrêmement important que nous réclament nos industriels, que nous réclament les employeurs.

5:46
Présentateur

Vous parlez du travail. Emmanuel Macron promettait le plein emploi en 2027, soit 5% de chômage. L'engagement, on le voit, est caduque selon beaucoup d'économistes. Aujourd'hui, certains prévoient même une hausse à plus de 8% l'an prochain. À quel moment il y a eu un mauvais tournant, un mauvais virage ?

6:00
Marc Ferracci

Aujourd'hui, le chômage BIT, c'est-à-dire le taux auquel vous faites référence, il se maintient. Il est à 7,4%. On était à 9,5% en 2017. Donc, la baisse n'a pas été contrebalancée par une hausse. Oui, mais enfin, vous voyez la tendance. Oui, mais la tendance, je la constaterai dans les chiffres de ce chômage BIT. Mais je vais répondre à votre question. D'abord, il ne vous a pas échappé qu'on est passé par des crises quand même assez profondes. La crise du Covid, la crise ukrainienne qui a obligé à dépenser énormément, ce qui aujourd'hui pèse sur nos capacités d'agir pour l'emploi et contre le chômage. Maintenant, est-ce que l'objectif est caduque ?

Moi, ce qui m'importe, c'est qu'on reprenne une trajectoire de baisse du chômage dans les prochains mois et d'ici 2027 et plus loin encore.

6:42
Locuteur non identifié

Mais vous y croyez encore ? Oui, j'y crois. Non, pas en 2027 ?

6:45
Marc Ferracci

Mais vous savez, moi, je n'ai pas de boule de cristal. Mais ce que je sais, c'est que notre pays a des atouts considérables et on connaît les leviers sur lesquels on peut agir.

6:50
Locuteur non identifié

Dans cette période d'instabilité politique, je le rappelle.

6:53
Marc Ferracci

La période d'instabilité politique, c'est aussi une période qui ouvre des opportunités. En Europe, on voit que les opportunités s'ouvrent, notamment parce que la pression de Donald Trump se fait jour. Je vois que les lignes bougent. Moi, je considère qu'il faut se battre.

7:06
Locuteur non identifié

Donc vous dites qu'on garde un objectif de plein emploi aux alentours des 5% pour 2027.

7:11
Marc Ferracci

Est-ce qu'on y arrivera en 2027 ? Est-ce qu'on y arrivera plus tard ? Ça, je ne suis pas capable de le dire. Mais ce qui est certain, c'est qu'il ne faut pas revenir sur les réformes qui ont été faites de manière durable. Il ne faut pas revenir sur ce principe d'une politique qui est favorable aux entreprises, à la stabilité fiscale et, de manière générale, à la compétitivité. Il faut même aller plus loin. Je pense que l'enjeu des prochains mois, c'est par le compromis de discuter avec les forces républicaines pour essayer de continuer à réformer et à transformer le pays. Nous sommes toujours avec Marc Ferracci, ministre de l'Industrie et de l'Énergie.

7:44
Locuteur non identifié

Cette semaine, Bernard Arnault, le patron d'LVMH, dénonçait la taxation sur les grandes entreprises dans le budget 2025 et laissait planer une forme de menace de délocalisation. Dans la tribune dimanche, François Bayrou lui répond en clair. Il lui dit « Vous avez bénéficié d'aide de l'État, jouez le jeu, soyez patriote ». Il a raison, François Bayrou, de donner, comme on dit, un petit coup de pression aux patrons. Les patrons, vous, sont redevables et sont redevables à l'État ?

8:12
Marc Ferracci

Vous savez, moi, je croise tous les jours, sur le terrain, dans mes déplacements, des employeurs, des chefs d'entreprise qui sont patriotes, qui sont très attachés à développer l'emploi dans leur territoire, à traiter leurs fournisseurs de manière correcte. Et je pense que c'est eux qu'il faut continuer d'écouter.

8:28
Locuteur non identifié

Ça veut dire quoi ? Qu'il ne faut pas écouter Bernard Arnault ? Il ne faut pas écouter le patron de Michelin ? Il ne faut pas écouter le patron de EDF ? Il ne faut pas écouter le patron d'Air France ? Ils disent tous la même chose.

8:36
Marc Ferracci

Vous savez, les grandes entreprises, elles sont précieuses pour notre tissu industriel parce qu'elles sont à la tête de grandes filières qui, ensuite, génèrent de la création d'emplois à tous les niveaux. Donc, il ne faut pas, de mon point de vue, diviser le dialogue qu'on peut avoir avec les entreprises entre les grandes et les petites. C'est très important. Ensuite, oui, on a des efforts qu'on demande aux entreprises. Ces efforts, et c'est ça qu'on veut continuer de dire, ce sont des efforts temporaires. Vous leur dites qu'il faut prendre votre part ? Il faut prendre votre part, mais cette part, elle est limitée et elle ne doit pas remettre en question le cap. Pendant combien de temps ?

Un an, pas plus ? Exactement. Je vous donne un exemple et vous me le proposez. On va demander aux entreprises, aux grandes entreprises, celles qui font plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires, de payer plus d'impôts sur les sociétés, une surtaxe sur l'impôt sur les sociétés. Cette surtaxe, dans le précédent budget, celui du gouvernement de Michel Barnier, C'était deux ans. Elle était exactement prévue pour durer deux ans. Elle va durer un an. Et donc, nous prenons en compte ce qui est dit, mais il est vrai, il est vrai que dans cette situation, il y a beaucoup d'éléments dans le budget qui demandent des efforts aux entreprises. Et moi, je l'entends.

Moi, je l'entends parce qu'encore une fois, sur le terrain, les entreprises nous disent regardez, il y a ce qu'on nous demande de pays. Il y a aussi le sujet de la complexité, des normes, de la simplification nécessaire et tout ça se cumule. C'est la raison pour laquelle, je pense que, comme je vous le disais, il faut continuer à transformer le pays. Il faut avoir une ambition extrêmement forte sur la simplification et il faut reprendre le fil de la baisse des impôts dès que le budget le permettra.

10:02
Locuteur non identifié

Ce que vous dites, Patrick Pouyanné, le patron de Total Energy, il dénonce ça. Il dit qu'il se dit prêt aujourd'hui à faire des arbitrages vers des pays qui sont plus accueillants pour lui. La bureaucratie française transforme l'investissement dans les énergies revenuables, il parle de ça, en un enfer. Et c'est vrai que les dérives françaises et européennes en matière d'impôts, de taxes, de surréglementation, de normes sont réelles. Qu'est-ce que vous leur dites ?

10:26
Marc Ferracci

Plutôt que de déplorer la volonté, le souhait, l'expression de certaines entreprises d'aller voir ailleurs, il faut leur donner un cadre favorable. Il faut leur donner un cadre favorable au niveau français. Ça veut dire, par exemple, un accès à une énergie à des prix compétitifs, à des prix bas. Il faut leur donner un cadre favorable au niveau européen. Et la Commission européenne, sur l'impulsion de la France, notamment, a commencé à réfléchir et plus qu'à réfléchir, à agir sur le volet de la simplification.

Il y a un certain nombre de directives qui sont probablement trop compliquées et qui pèsent sur les entreprises et qu'il faut simplifier sans remettre en question les objectifs fondamentaux, notamment sur le volet environnemental. Donc ça, nous y sommes prêts. Nous sommes même à la manœuvre en Europe pour aller plus loin vers la simplification et pour aller plus loin vers une politique industrielle qui soit plus ambitieuse, plus offensive et surtout moins naïve.

11:16
Présentateur

Mais c'est vrai, Marc Ferracci, que lorsque l'on entend Donald Trump qui dit « Venez chez nous, vous serez bien accueillis, on va baisser les taxes, les frais », est-ce que la bataille n'est pas un peu perdue d'avance ?

11:25
Marc Ferracci

Absolument pas. Vous savez, l'Europe a des atouts qu'elle doit valoriser. Elle doit rester droit dans ses bottes, notamment en considérant que nous avons un marché de 450 millions de consommateurs dont les Etats-Unis ont absolument besoin. Et ça, c'est un élément dans le rapport de force qu'on doit utiliser. Moi, je considère que la négociation commerciale avec Donald Trump, elle doit assumer une forme de rapport de force.

11:47
Présentateur

Et pourtant, pour l'instant, on a l'impression que l'Europe reste à attendre.

11:50
Marc Ferracci

Nous avons. J'attends de voir ce que seront les décisions de l'administration américaine.

11:54
Locuteur non identifié

Est-ce que Donald Trump vient de relever les droits de l'âne pour le Mexique, pour la Chine, pour le Canada ? On sait qu'il va faire pareil pour l'Europe. Est-ce que l'Europe va avoir le courage de réagir ? Je l'espère. Et si oui, elle doit le faire comment ? En quelle proportion ? Si on relève nos droits de l'âne ?

12:08
Marc Ferracci

Je l'espère. Et nous attendons les décisions de l'administration américaine sur ce qui concerne l'Europe. Mais il est évident que nous devons réagir. Nous devons réagir. Et dans la négociation qui a déjà commencé au niveau technique avec l'administration Trump, on ne doit pas commencer par faire des concessions. On ne doit pas commencer par dire que nous allons acheter plus de produits américains sur tel ou tel volet industriel ou agricole.

12:28
Locuteur non identifié

C'est ce que fait l'Europe, certains pays européens.

12:30
Marc Ferracci

Oui, mais justement, ça c'est un élément très important. La stratégie de Donald Trump, on la connaît. La stratégie de Donald Trump, c'est de diviser, c'est d'avoir un dialogue bilatéral avec certains pays européens, avec l'Italie et avec la Hongrie pour commencer, parce que ce sont les pays avec lesquels il a une proximité politique et idéologique. Mais il va essayer de faire ça avec tout le monde. Nous, notre enjeu, c'est de rester unis et de capitaliser sur la force que nous donne cette union, c'est-à-dire un marché commun dont les États-Unis ne peuvent pas se passer, mais aussi une capacité d'innovation, des talents.

On le montrera dans quelques jours au sommet de l'intelligence artificielle, mais les talents qui, aujourd'hui, sont à la pointe de l'intelligence artificielle, ce sont tous des talents européens et notamment français. Je reviens quand même juste sur ces droits de douane. On doit valoriser tout ça.

13:09
Locuteur non identifié

C'est œil pour œil, dent pour dent. S'ils disent qu'on les relève de 10%, l'Europe doit faire pareil ?

13:13
Marc Ferracci

En général, vous savez, ce n'est pas aussi simple que ça, la négociation commerciale, parce que quand on relève les droits de douane sur une certaine gamme de produits, la réponse, pour être efficace, doit porter sur les produits qui sont importants pour votre interlocuteur et pour le pays avec lequel vous négociez. Donc, en réalité, il faut avoir ces équilibres. Mais concrètement, il faut que ce soit, comme on dit, mordant. Ça veut dire qu'il faut que ça ait des impacts sur l'économie américaine pour avoir une menace crédite dans la négociation. Mais il faut y être prêt. Nous avons, aujourd'hui, la capacité de le faire, juridique et économique.

Évidemment qu'il faudra s'engager dans cette voie. Il faut sortir de la naïveté sur le volet commercial, mais aussi sur le volet du droit de la conférence.

13:52
Locuteur non identifié

Est-ce qu'il faut, comme eux, l'Inflection Reduction Act ?

13:54
Marc Ferracci

Voilà, ce plan de protection. Tout à fait. Moi, je pense que ça doit être une source d'inspiration. Le rapport de Mario Draghi, qui a été publié il y a quelques jours, quelques semaines maintenant, nous dit qu'il y a un déficit de compétitivité de l'Europe par rapport aux États-Unis. C'était avant Donald Trump. Et il est évident que ça renforce encore la nécessité d'agir. Oui, nous devons mieux protéger nos industries, à la fois en orientant la commande publique vers le Made in Europe. Moi, j'appelle un Buy European Act pour faire en sorte que le fabriqué en Europe et aussi le fabriqué en France soient privilégiés.

Il faut que les aides publiques puissent être versées, notamment à nos filières en difficulté. Vous parlez des entreprises et des filières en difficulté prioritairement à nos filières en transition. Celles qui se sont engagées dans la transition écologique, c'est par exemple le véhicule électrique, ce sont les batteries. Ça, ça suppose des ajustements dans le droit européen. La France a fait des propositions sur ce sujet. Elles sont en train d'être reprises par la Commission européenne et je m'en félicite. J'espère maintenant qu'on va concrétiser les choses.

14:48
Présentateur

Marc Ferracci, est-ce que vous pouvez dire clairement ce matin aux entreprises françaises « Oui, nous vous protégerons face à d'éventuelles augmentations des droits de douane américains ».

14:56
Marc Ferracci

Si les propositions de la France sur tous les domaines commerciales, politiques de la concurrence, politiques industrielles sont suivies, oui, nous protégerons les entreprises.

15:04
Présentateur

Merci beaucoup Marc Ferracci, ministre de l'énergie et de l'industrie, d'avoir été avec nous ce matin sur France Info. Merci Alix, très bonne journée.

Recours au 49.3, droits de douane américains... Le "8h30 franceinfo" de Marc Ferracci — Marc Ferracci · Pourquijevote