Raphaël Glucksmann évoque "un enjeu de radicalité" pour reconquérir les jeunes face à LFI
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:12OuverteRéponse directe
Vous avez remporté la primaire du PS et de place publique il y a deux semaines avec 66% des suffrages dès le premier tour.
- 0:48FerméeÉludée
Quelle note mettez-vous à cette copie ?
- 2:35RelanceRéponse partielle
Vous n'avez pas chiffré votre réforme. Vous êtes d'accord avec toutes leurs propositions ?
- 2:58FerméeRéponse partielle
Ils peuvent investir 10 milliards ?
- 3:23OuverteRéponse directe
Vous les comprenez, vous, les jeunes ?
- 3:38RelanceRéponse directe
Une enquête Ipsos BVA pour le monde. Ils montrent qu'ils votent, principalement pour Mélenchon. 42% et vous, 4%. Comment vous l'expliquez ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:12Invité politiqueFait
« Vous avez remporté la primaire du PS et de place publique il y a deux semaines avec 66% des suffrages dès le premier tour. »
- 0:30PrésentateurFait
« Il veut réformer Parcoursup en deux ans, offrir 15 000 places dans l'enseignement supérieur, garantir 28 élèves maximum par classe dans la moitié des établissements les moins favorisés, et puis accorder des prêts à taux réduit pour le bâti, pour 4 milliards pour le scolaire, et puis débloquer enfin 1 milliard pour les universités. »
- 0:51Invité politiqueFait
« Enfin, il y a des propositions sur la table, parce que ça fait des semaines que le gouvernement joue le pourrissement en espérant que les vacances de la Toussaint allaient faire oublier leurs revendications aux lycéens. »
- 1:30Invité politiqueFait
« Jeudi dernier, quand j'ai été à Matignon, je suis arrivé avec un plan de sortie de crise où il y avait des points, et certains de ces points se retrouvent dans ce que propose aujourd'hui le Premier ministre. »
- 1:40Invité politiqueFait
« Par exemple sur Parcoursup, ou sur la revalorisation des bourses, ou sur la fin des suppressions de postes prévues dans le budget. »
- 2:38PrésentateurFait
« Vous n'avez pas chiffré votre réforme. »
- 3:07Invité politiqueFait
« Il y a un mouvement sur le pouvoir d'achat qui s'est greffé aussi sur ce mouvement social, et que là-dessus, le gouvernement n'a toujours rien à proposer. »
- 3:55Invité politiqueFait
« Je pense qu'il y a un enjeu de radicalité. »
- 3:58Invité politiqueFait
« Jean-Luc Mélenchon a mis en place un écosystème sur les réseaux sociaux extrêmement puissant. »
- 4:47Invité politiqueFait
« Là-dessus, ce qu'il faut que nous, on montre, c'est qu'on a un horizon de transformation qui est radical. Mais radical et réaliste, sans brutalisation de la société, sans fracturation de la société. »
- 5:09Invité politiqueFait
« Mais c'est sûr, on va pas faire la course à l'échalote de la radicalité avec la France insoumise. »
- 8:10Invité politiqueFait
« Mais je pense que tous ceux qui diffusent un message dans la société de haine ont une responsabilité. »
- 9:31Invité politiqueFait
« le pire n'est jamais certain et il n'y a aucune fatalité en politique. »
Temps de parole
- Raphaël Glucksmann71 %
- Présentateur24 %
- ?4 %
≈ 18,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Sophie Lapix,
c'est RTL Soit.
Notre grand invité est le candidat social-démocrate à la présidentielle, Raphaël Glucksmann. Bonsoir.
Bonsoir.
Vous avez remporté la primaire du PS et de place publique il y a deux semaines avec 66% des suffrages dès le premier tour. Mais depuis, on a moins parlé de votre projet que des manifestations. La crise prend le pas sur la campagne. La crise lycéenne d'abord. Le gouvernement a évoqué de premières mesures en réponse aux revendications lycéennes. Il veut réformer Parcoursup en deux ans, offrir 15 000 places dans l'enseignement supérieur, garantir 28 élèves maximum par classe dans la moitié des établissements les moins favorisés, et puis accorder des prêts à taux réduit pour le bâti, pour 4 milliards pour le scolaire, et puis débloquer enfin 1 milliard pour les universités.
Quelle note mettez-vous à cette copie
? Alors
je n'ai pas de note, mais je dis enfin. Enfin, il y a des propositions sur la table, parce que ça fait des semaines que le gouvernement joue le pourrissement en espérant que les vacances de la Toussaint allaient faire oublier leurs revendications aux lycéens. Il n'en est rien. On a vu la puissance de ce mouvement social, et nous on le dit depuis le début. On le dit, il faut des réponses politiques à des revendications lycéennes qui sont parfaitement légitimes depuis l'origine. Donc ils ont de bonnes réponses ? Le traitement par le mépris n'a pas fonctionné. Au contraire, il n'a fait qu'augmenter la pression. Et aujourd'hui, enfin, il y a des propositions.
Elles sont bonnes
?
Elles vont dans le bon sens. Moi je ne le cache pas. Elles vont dans le bon sens. Jeudi dernier, quand j'ai été à Matignon, je suis arrivé avec un plan de sortie de crise où il y avait des points, et certains de ces points se retrouvent dans ce que propose aujourd'hui le Premier ministre.
Par
exemple sur Parcoursup, ou sur la revalorisation des bourses, ou sur la fin des suppressions de postes prévues dans le budget. Donc il y a des avancées. Ces avancées ne permettront pas de mettre fin au mouvement, mais déjà elles feront descendre la pression. Et surtout,
c
'est comme ça qu'il faut répondre à un mouvement. au lieu, si vous voulez, de le traiter par le mépris depuis des semaines.
Ça fait quelques semaines déjà qu'ils annoncent des mesures à voir à
la fin octobre. Au
début, si vous vous souvenez, il y a un ministre de l'Éducation nationale qui a dit « mais ils n
'ont
qu'à en parler à leurs proviseurs
».
Et le résultat, ça a été quoi ? Ça a été la contagion de ce mouvement dans toute la France. Parce qu'en fait, on répond au mépris par la mobilisation quand on est lycéen et étudiant mobilisé. Et donc là, il y a enfin l'ouverture d'un dialogue. Moi, ce que je veux, c'est que la situation sociale, l'atmosphère dans ce pays, s'améliore.
Il y a l
'ouverture d'un dialogue, mais les lycéens ont dit qu'ils allaient continuer la mobilisation. Tout en
reconnaissant
qu'il
y
avait l'ouverture
d'un dialogue.
Oui,
mais que ce n
'est
pas assez. Eux,
ils
voulaient un effort de 10 milliards. Vous n'avez pas chiffré votre réforme. Vous êtes d'accord avec toutes leurs propositions ? Vous voulez augmenter les salaires, les effectifs, rénover le bâti scolaire, mis organiser l'emploi du temps ? Enfin, tout ce qu'ils proposent, vous êtes d'accord avec eux
?
Sur les emplois du temps, je suis d'accord que la réforme blanquière a désorganisé les emplois du temps des lycéens. Et que sur la question du bac, il y a un vrai changement à opérer. Non,
mais comme eux, ils chiffrent, et pas vous, j'essaie de savoir
si
vous estimez
qu'ils peuvent investir 10 milliards. Nous, on a chiffré les mesures qu'on avait
proposées dans le plan de sortie de crise. Donc, on n
'a
pas repris in extenso l'ensemble des revendications. Par contre, ce qui est évident, c'est qu'il y
a
un mouvement sur le pouvoir d'achat qui s'est greffé aussi sur ce mouvement social, et que là-dessus, le gouvernement n'a toujours rien à proposer. Et donc, moi, je crois que c'est une bonne leçon, en fait. C'est une leçon. C'est-à-dire que quand on a un mouvement social qui est manifeste et qui s'opère dans tous les lycées, eh bien, il faut lui répondre.
Vous
les comprenez, vous, les jeunes.
Mais sur leur mobilisation ? Vous les
comprenez,
les jeunes ? Moi, je pense que oui, ils ont raison de se mobiliser.
Parce qu'ils n'ont pas l'intention
de voter pour vous.
Vous avez vu l'état des
lycées aujourd'hui ?
Bien sûr, mais là, je vous dis
qu'ils n
'ont
pas l'intention de voter pour vous. Une enquête Ipsos BVA pour le monde. Ils montrent
qu'ils votent, principalement pour Mélenchon.
Oui, 42% et vous, 4%. Vous êtes même derrière Edouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau. Comment vous l'expliquez ? Parce que ça n'a pas toujours été le cas. En 2019, ils étaient derrière vous, les jeunes. Comment vous les avez perdus
? Je
pense qu'il
y
a un enjeu de radicalité. Je crois aussi que Jean-Luc Mélenchon a mis en place un écosystème sur les réseaux sociaux extrêmement puissant. qu'effectivement, nous, la social-démocratie, il faut qu
'on
sorte de notre mollesse. Enfin, je vais vous
le dire de manière...
Vous vous parlez à vous-même.
Moi, vous savez, je suis quelqu'un de sincère et d'honnête. Donc, quand je vois que les jeunes votent, annoncent voter principalement aujourd'hui pour Jean-Luc Mélenchon, eh bien, c'est un défi pour nous. Évidemment,
vous
pensez... Mais ils sont naïfs, ils se laissent complètement influencés
par LFI. Vous avez
16 ans aujourd'hui. Franchement, faites un effort. Moi, je fais l'effort de me décentrer. Vous avez 16 ans aujourd'hui, vous héritez d'un monde qui est comment ? Catastrophe écologique. Perspective sociale et économique bouchée. Crise financière. Service public en déshérence. Menace autoritaire absolument partout. Le retour de la guerre en Europe. Vous vous tournez vers les générations présentes et vous dites quoi ? Mais qu'est-ce que vous me léguez
? Et
donc, vous votez pas Raphaël
Glucksmann.
Là-dessus, ce qu'il faut que nous, on montre, c'est qu'on a un horizon de transformation qui est radical. Mais radical et réaliste, sans brutalisation de la société, sans fracturation de la société. Par exemple, quand on propose avec Yannick Jadot la révolution écologique, les 100 jours de la révolution écologique, c'est un horizon de transformation radical. On va radicalement changer les choses. De la même manière sur la question de la démocratie, de la même manière sur la question de l'éducation nationale. Mais c'est sûr, on va pas faire la course à l'échalote de la radicalité avec la France insoumise. Nous,
ce
qu
'on
veut, c'est un projet à vocation majoritaire qui doit réconcilier. Français, vous avez vu le niveau de tension dans notre pays.
C
'est la faute de LFI, donc, si vous avez perdu le vote des jeunes.
Non, c
'est pas de la faute de LFI, c'est
une interrogation. La radicalité de LFI.
Moi, je suis partisan de la réflexion sur soi. Je pense que quand on fait de la politique, on fait pas tout bien et qu'il faut le dire. Et oui, c'est un problème pour nous. C'est un problème pour nous aujourd'hui que la jeunesse, eh bien, reconnaisse pas, dans un projet social-démocrate, un horizon de transformation suffisamment radical.
Vous
dites aussi que LFI vous empêche de manifester. Parce que c'est vrai que vous n'étiez pas aux manifestations de samedi et du 17 octobre. Emmanuel Bompard, qui est le responsable de LFI, a dit que c'était faux. C'est vous qui construisez votre campagne sur votre opposition à LFI.
Mais dans ce cas-là, pourquoi ces militants vont dans chacune de nos réunions publiques ? Mais sérieusement, est-ce que vous avez déjà vu un militant de place publique ou du parti socialiste aller dans une réunion de la France insoumise pour empêcher, insulter les militants ou insulter les candidats ? Non.
Mais là, les manifestations, c'est pas pareil, quand
même. Nous
ne faisons pas cela. Ce
ne
sont
pas des manifestations à LFI, ce sont des manifestations à
LFI. Bien sûr, bien sûr. Mais le
problème qu'on a,
c
'est avec des militants de la France insoumise tout le temps. Mais vous ne
pouvez pas y aller vraiment
? Ça ne m'empêchera pas d'aller en manifestation et ça ne m'empêchera pas non plus de faire campagne absolument partout.
Et
toujours,
vous
savez,
la
technique de la menace ou du harcèlement, eh bien, ça ne nous changera pas la nature de cette campagne. On ira partout dans le pays, dans tous les quartiers et on ira dans tous les villages et dans toutes les villes et on développera partout le même message.
Alors,
irez-vous à la manifestation Place Stalingrad à Paris ce soir en soutien aux victimes de l'attentat raciste
?
Oui, en quittant ce bureau, j'irai à cette manifestation pour rendre hommage. Et j'irai aussi vendredi à Trappes.
Et
là,
vous n'avez pas peur quand
vous en empêche ?
Eh bien, nous verrons, mais
nous serons, j'espère, à Trappes, des centaines de milliers de citoyens qui sont attachés à cette république, une, indivisible, antiraciste, où on ne risque pas sa peau parce qu'on est noir ou parce qu'on est arabe, où, si vous voulez, chacun trouve sa place, quelle que soit son origine, quelle que soit sa religion, quelle que soit sa couleur de peau. Moi, j'y crois encore, à cette France-là. Vous savez,
vous
avez cette France fraternelle, à cette France qui
a
un message universel qui intègre l'ensemble de ces composantes qui ne se reconnaît pas comme une ethnie et qui refuse ce moment, ce moment extrêmement dangereux dans notre société, où, sur des plateaux de télé ou des plateaux de radio, eh bien, on compare une religion, la religion musulmane, à un virus, où on compare les migrants à des punaises de lit, où on exalte la violence, où, finalement,
on tombe
dans la détestation les uns des autres. Et moi, je crois à cette France qui peut se réconcilier et qui peut se réunir.
Vous estimez que cet attentat ne suscite pas l'émotion et l'indignation qu'il devrait susciter ?
Je pense que ça suscite une émotion forte et une indignation forte. Et je suis persuadé, moi, que nous serons extrêmement nombreux à Trappes ce vendredi. Je suis convaincu que les Français sont choqués par ce qu'ils ont vu.
Et vous estimez que le RN est une
responsabilité
? Mais je pense que tous ceux qui diffusent un message dans la société de haine ont une responsabilité. Tous ceux qui banalisent le racisme, tous ceux qui, finalement, font de la xénophobie un élément, comme ça, d'atmosphère, eh bien, tous ceux-là, oui, ont une responsabilité parce que les mots blessent et les images blessent. Et parfois même, comme on le voit à Trappes, ces mots tuent.
Le président s'est agacé aujourd'hui de l'état d'ébullition du pays. Ça ressemble à un appel à calmer les esprits. Est-ce que vous vous appelez à calmer les esprits
? Mais moi, je veux calmer les esprits. Et le président a une lourde responsabilité dans l'état de la France aujourd'hui. Et c'est le résultat aussi de son règne. Vous savez, il avait promis qu'il allait supprimer toutes les raisons pour voter pour les extrêmes. Il avait promis qu'il allait réconcilier les Français et redonner de l'oxygène à la démocratie française.
Eh
bien, aujourd'hui, on suffoque. Aujourd'hui, on étouffe. Aujourd'hui, le pays n'a jamais été autant en guerre avec lui-même que ce qu
'on
voit maintenant. Et donc, il a maintenant une immense responsabilité pour les six prochains mois. C
'est
de permettre à cette campagne d'avoir lieu. De permettre à la France de s'engager dans un grand débat. Eh bien, en assurant la paix civile, en répondant au mouvement social, en entendant les colères et en faisant tout pour apaiser ce pays.
En deux mots, parfois, il y a des surprises dans les scrutins. Ça a été le cas cette nuit pour Lula, qui a remporté finalement les élections au Brésil. C'est une bonne surprise pour vous, j'imagine
?
C
'est une merveilleuse leçon.
Non,
le pire n'est jamais certain et il n'y a aucune fatalité en politique. Tous les commentateurs donnaient Bolsonaro largement vainqueurs. Eh bien, ce à quoi nous avons assisté, c'est une immense mobilisation citoyenne pour la démocratie. Il y
a
eu aussi la défaite de Vucic en Serbie et le succès des étudiants. Et j'espère que ce sera suivi par la défaite de Netanyahou et de Trump. Et qu'on montrera que face à cette internationale d'extrême droite, il y a un sursaut démocratique citoyen possible.
Merci
beaucoup.
Merci Raphaël Glucksmann d
'être venu dans
RTL Soir. Dans un instant, Pierre Coplot
nous parle de l'info qu'on a failli manquer.
C
'est un étudiant qui a touché 119 000 euros de sa banque par erreur. Qu'en a-t-il fait ? Réponse dans un instant. Le petit phénomène des magues et celles,
c
'est le jeu vidéo qui va vous permettre de vous mettre dans la peau de n'importe qui. Enfin, Tanguy Pastureau défait l'info.
Raphaël Glucksmann