Revalorisation des retraites : Laurent Wauquiez, nouveau co-Premier ministre ?
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- 0:31OuverteÉludée
Ce n'était pas vraiment à lui de le faire, Laurent Wauquiez ?
- 3:01RelanceRéponse directe
Vous avez dit l'augmentation des retraites. Faut-il faire attention ?
- 4:16OuverteRéponse directe
Sur la méthode Wauquiez, qu'est-ce que ça vous inspire ?
- 6:29OuverteRéponse directe
Pablo Piovivien, est-ce que c'est bien un affront ? Et si oui, pour qui exactement ?
- 8:18OuverteRéponse directe
Pierre Herbes, président de la Confédération française des retraités, il a raison de ne pas être content ?
- 10:45OuverteRéponse directe
Alexandre Devecchio, vous qualifiez les choses comment ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:22PrésentateurFait
« Laurent Wauquiez l'a fait pour nous hier soir sur TF1 en annonçant leur revalorisation au 1er janvier. »
- 3:09InvitéChiffre
« L'augmentation, elle va être au 1er janvier de la moitié de l'inflation. »
- 7:28InvitéFait
« On a un gouvernement qui est censé être à l'initiative, et là tout d'un coup on a un monsieur qui n'est pas ministre qui fait des annonces comme s'il était ministre. »
- 10:09InvitéFait
« Il faut avoir une philosophie générale pour relancer le pays. »
- 12:02InvitéFait
« C'est un affront qui est fait à l'encontre de tous les membres du socle commun. »
- 16:33InvitéFait
« On est dans une crise de régime. »
Temps de parole
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- Présentateur 211 %
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On refait le monde jusqu'à 20h sur RTL. Je suis tout à fait d'accord avec cette dame qui vient de parler. Et j'accueille Nathalie Saint-Cricq, éditorialiste politique à France Télévisions. Pablo Piovivien, rédacteur en chef de la revue Regard. Et Alexandre Devecchio, rédacteur en chef au Figaro. Merci à tous les trois de nous rejoindre. Et si on parle des retraites ? C'est pas mal ça. En tout cas, Laurent Wauquiez l'a fait pour nous hier soir sur TF1 en annonçant leur revalorisation au 1er janvier. Ce qui a ensuite par ailleurs confirmé le gouvernement. Sauf erreur de ma part,
c
'était pas vraiment à lui de le faire, Nathalie Saint-Cricq ? Logiquement, non.
C
'était pas lui. Et quand on s'est regardé, on s
'est
demandé si c'était un deuxième premier ministre du shadow cabinet. Bah oui, c'est
ça.
Ce qu'il lui prenait. Et moi, j'ai même appelé à Matignon en disant « c'est vrai ce qu'il dit, vous confirmez ? » Et puis je lui ai dit « bah oui, attendez, quand il annonce des choses aussi précises et que c'est simplement lui, c'est assez malin parce que ça donne l'impression que c
'est
lui qui est aux commandes. Ça affiche un cirque absolument terrible chez les macronistes qui, hier soir, m'envoyaient des trucs en disant « on est en toupie ». Pour qui il se prend ? Il a capté cette idée, l'idée de défendre les retraités alors qu'elle était défendue par le Rennes, par tout le monde, et par la majorité ou le socle commun ou ce qu'il en reste. Et il a donné l'impression qu'il était le patron. Et il va probablement bondir, un petit peu bondir, frémir dans les sondages.
Ce
qui va lui faire plaisir par rapport à Bruno Retailleau pour l'instant, qui avait le leadership.
Ah, il y a
cette guerre-là aussi. Il y a plein de guerres, dans tous les sens. On ne va pas passer la soirée. Mais Gabriel Attal n'est pas content, Gérald Darmanin n'est pas content. Bruno Retailleau considère que l'autre commence à en faire beaucoup.
Mais Michel Barnier est content.
Alors, Michel Barnier,
il y a deux hypothèses. Il y avait
une
hypothèse
où il n'était pas au courant. Je n'y crois pas. Je sais que Saint-Amand n'était pas au courant, que Saint-Martin faisait la tête. Armand, pardon, pas Saint-Amand, il ne s
'appelle
pas toussaint quelque chose. Et
simplement,
on nous vend qu'on est libre. C'est une espèce de communauté autogérée qui fait que chacun a le droit de dire des choses. On nous vend que c'est pour une fleur, faire une fleur
à l'envoquer. C'est presque envie, là.
Et on nous vend également, ce qui est un peu plus retort, mais qui n
'est
pas forcément idiot, que ça lui laisse un peu, ça lui donne l'impression d'exister. Et surtout, ça évite de donner l'impression qu'on cède au RN qui en avait fait sa ligne rouge. Oh là là, quelle histoire.
C
'est-à-dire, oui, ça devient de plus en plus compliqué. Mais en gros, Laurent Wauquiez a gagné. On lui a fait une petite gentillesse en espérant avoir un retour d'ascenseur un jour. Pablo Piovi vient chez les Macronistes quand même. On devait être un peu surpris, voire gacés.
Ah oui, j'imagine la façon dont Laurent Wauquiez a grillé la politesse, a priori avec l'assentiment de Michel Barnier. Ils ont intérêt à le dire que oui. Exactement, ils ont intérêt à dire que oui. C'est ce qu'il a sous-entendu, notamment aux questions au gouvernement lorsqu'on lui a posé la question. C'est vrai que c'est toujours original de voir un groupe qui pèse 4% des suffrages avoir la prérogative sur la question des retraites. C'est dire aujourd'hui le caractère pas très démocratique de la façon dont est composé notre gouvernement, la façon dont est gouverné notre pays. Mais j'aimerais revenir juste sur un point. Vous avez dit l'augmentation, la revalorisation des retraites.
Il faut faire attention parce que c'est quand même un peu un trompe-l'œil. L'augmentation, elle va être au 1er janvier de la moitié de l'inflation. Donc en fait, les retraités vont hélas quand même
perdre. Tout le monde.
Voilà pour tout le monde. Ils vont quand même in fine perdre du pouvoir d'achat.
Et
c'est d'ailleurs la gauche avait fait une proposition, le nouveau Front populaire, d'augmenter, de revaloriser à hauteur de l'inflation pour justement qu'il n'y ait pas de perte de pouvoir d'achat. Ça aurait pu le faire en deux temps. Ce qu'a dit Laurent Wauquiez,
c
'est qu'il n
'y
aura qu'une seule fois, c'est le 1er janvier et après on n'en parle plus. Ce qui est quand même un gros problème avec une perte de pouvoir d
'achat net. Et on en reparle en juillet
! Justement, lui, il a sous-entendu
dans
son interview que
nous. Ah, 1300 euros SMIC, les petites retraites seront, elles, compensées au 1er juillet. Alexandre Devecchio a visiblement des informations.
Non, non, moi j'ai compris que c'était en deux parties, qu'il y avait une revalorisation. Alors,
ce
n
'est
pas tout à fait une revalorisation, mais on indexait à moitié pour toutes les retraites et ensuite, pour les petites retraites, on indexait totalement.
Moi, c'est ce que j'ai compris en tout cas. Pour toutes les autres, pour tout ça, il
y aura donc une perte de pouvoir d'achat.
De fait.
Je
reviens quand même avec vous sur la méthode. Sur
la méthode
Wauquiez. Non,
non,
mais voilà, qu'est-ce que ça vous a ?
Ça m'inspire qu'on est de retour dans la 4e République. Ce n
'est
pas si surprenant que ça. En réalité, effectivement, je rejoins ce qui a été dit. C'est une force, aujourd'hui, les Républicains, qui, en termes de pourcentage de vote, ne pèse plus grand-chose, mais qui, à l'intérieur d'une Assemblée nationale explosée, est une force pivot. Et malgré tout, Laurent Wauquiez est le chef de cette force-là. Et il faut être bienveillant à son égard, parce que si les Républicains cessent de soutenir le gouvernement, il n
'y
a plus de gouvernement. Donc, c'est tout ce qui se passe, tout simplement. Et ça va être comme ça, tout le temps, avec des négociations et des tractations. Et c'est une manière de faire de la politique qui est assez détestable. Mais si vous voulez, dans tous les camps, là, en fait, on devra se réjouir. Tout le monde a l'air d'accord pour revaloriser au moins un peu les retraites. D'ailleurs, on pourrait discuter du fond de la mesure, qui peut être discutable pour ce qui est des grosses retraites. On sait que les retraités vivent mieux que les actifs. Aujourd'hui, on ne parle pas du tout du faux. On parle de tractations, alors que tout le monde est plus ou moins d'accord.
Ça a blessé l'orgueil des macronistes, par exemple, ou peut-être l'orgueil des uns et des autres. Mais après, ce qui est intéressant, c'est de savoir si c
'est
une bonne ou une mauvaise mesure. En tout cas,
excusez-moi, mais il se croit tout permis. Enfin, je veux dire, il a montré qu'il était en position de force. Bien sûr. La preuve, on avait
complètement oublié
ce responsable politique.
Il l'est.
Je dis ça sans brutalité. Il était
parti absent.
Surtout,
il
y
a
un enjeu qui est peut-être un peu plus complexe.
C
'est-à
-dire
que si Laurent Wauquiez fait la une de tout et passe pour le gentil protecteur et le Robin des Bois des retraités, on risque, là, le gouvernement risque d'avoir une fureur de Gabriel Attal, du Modem et des autres, puisqu'on a intronisé, d'une certaine manière, ou il s'est auto-intronisé, patron, enfin, leader charismatique qui annonce les retraites, ça veut dire que les autres sont furaxes. Et que tout ce que vous gagnez avec LR, ou les droites républicaines,
vous risquez
de le perdre avec l'EPR, à savoir les macronistes. Donc tout ça, vu la fureur qu'ils ont montré aujourd'hui, risque d'être un petit peu, je veux dire,
il
marche sur une jambe, une jambe droite, une jambe gauche, il alterne. – Pablo Piovivien, est-ce que c'est bien un affront ? Et si oui, pour qui exactement ? C'est-à
-dire
cette méthode et cette espèce d'autorité avec laquelle il y est allé. – C'est un affront
pour les macronistes, parce que, je le rappelle, ça ne sort pas comme ça, il n
'a
pas sorti ça de son chapeau hier dans son interview. C'est un combat qu'il a commencé à mener à partir du moment où le gouvernement avait proposé l'absence de revalorisation pendant le premier
semestre
2025. Alors, lui,
il
avait porté, c'était un de ceux de la majorité qu'il avait porté au plus haut niveau au plan national, il avait fait des interviews pour dire « moi, je vais être le défenseur des petites retraites ». Là, il continue finalement son combat, ce qui est… – Marine Le Pen aussi ? – Exactement, non mais Marine Le Pen et la gauche, tout le monde était monté au créneau. Là où il y a un problème, c'est un problème de précédent, c'est-à-dire qu'on a un gouvernement qui est censé être à l'initiative, et là, tout d'un coup, on a un monsieur qui n'est pas ministre, qui fait des annonces comme
s'il était
ministre. C'est voqué le patron, mais c'est voqué ministre, alors qu'il n'est pas ministre jusqu'à preuve du contraire. Donc, ça pose des questions, en fait, dans l'équilibre. Vous savez, de toute façon, moi, il y a un gros problème dans l'équilibre de nos institutions entre le législatif et l'exécutif. Aujourd'hui, on ne sait plus trop qui est qui. On a des ministres, en fait, parfois, qui parlent comme s'ils étaient des députés et qui votaient la loi. On a des gens, là, en l'occurrence, qui sont censés voter la loi et qui parlent comme s'ils appartenaient à l'exécutif et qui pouvaient prendre ce type de décret. Il y
a
un grand mélange de genres qui, à mon avis, est très dommageable à notre démocratie.
Je reste sur le sujet qui nous préoccupe. On va écouter, justement, les retraités. Pierre Herbes, qui est président de la Confédération française des retraités.
L'objectif, c'est quand même bien de faire des économies et de faire des économies, donc, sur le dos des retraités. On essaie de nous faire croire qu'il s'agit d'un compromis acceptable, puisqu'il y aura un rattrapage en juillet, mais ce rattrapage ne concerne pas tout le monde. Et puis, il ne s'agit que d'un rattrapage. Ça veut dire qu'au final, la revalorisation sur l'année ne sera pas du niveau de
l
'inflation.
Ce
que vous retenez, c'est qu'il y aura des petits perdants et des gros perdants, mais que des perdants.
Absolument, bien sûr. Les gros perdants sont ceux qui seront au-dessus du SMIC et les petits perdants seront ceux qui sont en dessous parce qu
'ils
seront néanmoins perdants.
Le président de la Confédération française des retraités, qui n
'est
pas content du tout, au micro de Céline Landreau et Éric Brunet dans RTL Midi. Il a raison de ne pas être content ?
Son analyse est juste, oui. Mais j'ai envie de vous dire, il ne
va
y avoir que des perdants de manière générale, puisque la ligne qui a été suivie est effectivement de faire des économies. Moi, je suis assez sceptique parce que je pense que ce qu'on va faire en économie, on va le perdre en termes de croissance et que même les rentrées fiscales ne seront peut-être pas celles qu'on pense avoir. C'est comme une baisse de pouvoir d'achat. C'est ce qui va
se traduire dans l'économie
réelle.
Et
c'est ce qui me gêne avec ce gouvernement, si on veut parler du fond, c'est qu'il n'a pas de philosophie. On sent bien qu'il veut faire plaisir, enfin, ce n
'est
pas faire plaisir, mais qu'il est sous la pression de Bruxelles, qu'il est sous la pression des marchés, qu'il faut trouver des économies rapidement, mais qu
'il
n'y
a
pas de vision économique derrière. Moi, je n'ai pas forcément envie qu'on tape sur les petits retraités, mais il y
a
une question centrale, c'est celle du travail. Et pourquoi on devrait indexer les retraites sur l'inflaction et pas les salaires ? Par exemple, il y a aussi des
petits salariés qui n'est pas bien.
Je suis sans
cesse...
Je
propose le nouveau Front populaire. Je ne suis pas d'accord
avec tout sur le Front populaire, mais il faut être cohérent.
Et en
tout cas... Là, vous exprimez une tendance inattendue du Figaro.
Oui, mais en tout
cas, il faudrait avoir une stratégie. Je suis plutôt un gaulliste social, donc sur l'économie, je ne
suis
pas forcément un libéral, mais qu'on le soit ou pas, en tout cas,
il
faut avoir une philosophie générale pour relancer le pays. Et moi, je trouve que c'est ce qui manque à ce gouvernement. Alors, il a eu très peu de temps pour préparer le budget, mais enfin, Michel Barnier a eu toute sa vie pour y réfléchir. Il manque... Excusez-moi...
Je me trouve très drôle.
Il manque une philosophie politique. Mais j'ai taclé la Michel Barnier, mais je tacle aussi une génération politique de technocrates qui fait la politique un peu comme avec une vision comptable. Et moi, j'aimerais bien qu'on sorte d'une vision comptable et court dernier pour boucler un budget après l'autre sans jamais essayer de redresser l'économie française. J'ai 30 secondes à vous donner, Nathalie.
À sa décharge, il arrive. Tout le monde pense qu'il est sur CITER. C'est-à
-dire
que même les ministres disent « Je préfère garder ma mairie en même temps parce qu'on ne sait jamais que je peux être parti dans trois mois. » Donc, il n'a pas de majorité. Oui,
mais j'ai commencé par là. Il n'a pas de perspective.
Et il est en fin de quinquennat d'Emmanuel Macron. Parce que de toute façon, la fin, elle a commencé avec la dissolution. Même si vous allez me répondre qu'il y
a
encore deux ans et demi. Bah oui. Donc, il a beau faire
des
projections... D'accord.
Il a beau faire des...
Ne prenez pas vos désirs pour des
réalités.
Il a même beau faire des projections jusqu'à 2029 sur ses plans, c'est quand même extrêmement difficile de faire pour lui des réformes de structure alors qu'il colmate et qu'en plus, s'il
y a
des injonctions contradictoires, les agriculteurs, les écolos, les Français qui râlent tout le temps. On continue de refaire le monde dans quelques instants sur RTL. Avec Nathalie Saint-Cricq, éditorialiste politique à France Télévisions, Alexandre Devecchio, rédacteur en chef au Figaro, et Pablo Opio-Vivien, rédacteur en chef de la revue Regards. Je remonte un tout petit peu en arrière. Le ministre de l'Économie, Antoine Armand, lui-même n'était pas au courant de cette sortie. En tout cas, il ne
l
'a pas vu arriver. C'est quand même culotté, voire franchement inamical. Comment vous qualifiez les choses, Pablo
? Je
qualifie les
choses... C'est un affront, en vérité.
C'est un affront, oui. C'est un affront qui
est fait à l'encontre de tous les membres du socle commun, nonobstant les Républicains, qui eux sont confortés dans leur position.
Ils
se disent, bon, c'est génial, c'est notre chef, en fait, qui annonce les mesures que l'exécutif aurait dû annoncer. Donc, évidemment, j'imagine que lorsque vous êtes Gabriel Attal, patron du groupe à l'Assemblée nationale, du groupe En Marche...
Vous vous faites
l'humilier comme ça jusqu'à quand ? Mais c'est une vraie question. Ah oui ? Jusqu'à quand, en fait, ils vont accepter cette toute puissance, on a l'impression, des Républicains qui font, qui ont l'air de faire l'appui et le beau temps dans son
gouvernement,
alors même qu'ils représentent beaucoup moins de députés que les députés du parti présidentiel, ce qui est un vrai souci. Donc, en fait, au bout d'un moment, ils vont taper du poing sur la table et ils vont dire, bon, bah, écoutez, soit ça... D'ailleurs, Gabriel Attal, dès le début, dès qu'il a été nommé président de son groupe parlementaire, avait dit, moi, c'est pas un blanc-seing au gouvernement, je vais faire attention à tout ce qui est raconté.
C'est
bizarre, moi, Gabriel Attal, je ne l'entends jamais.
Non,
non,
mais c'est... Parce que vous l'avez beaucoup entendu, quand même, au début, au moment de la passation, quand Michel Barnier est arrivé. Mais il est injuste. Je ne dis pas que vous êtes injuste. Mais si, mais je...
Je
dis que... Excusez-moi, c'est quelqu'un qui... C'est une forte personnalité. On l'a connu comme Premier ministre, mais moi, en ce moment, j
'ai l'impression qu'on ne l'entend pas. Ça a
traduit aussi sa position de faiblesse du moment, parce que moi, je trouve qu
'il
s
'est
beaucoup abîmé depuis qu'il est parti de Matignon, notamment dans la passation de pouvoir.
C'était le petit génie... Le
petit génie de la com, ça fonctionne moins bien aujourd'hui, donc il est moins en position de
faiblesse. Il
s
'est
laissé déborder par l'affect.
C'est ce qui le rend sympathique, mais en l'occurrence, c'était...
Exactement, il
s'est laissé déborder par l'affect. Et effectivement, ça durera jusqu'à quand ? Ça durera jusqu'au moment où Gabriel Attal va reprendre aussi du poids politique. La situation est conforme à son poids politique. On est dans une logique très quatrième république. Et en réalité, si les républicains disent stop, ils ont beau représenter que 4-5%, eh bien, il n'y
a
plus de gouvernement. Donc peut-être qu'à un moment donné, ça arrangera tout le monde de dire stop. Peut-être que Gabriel Attal sera très fort dans les sondages et il aura envie de déclencher une élection présidentielle anticipée. Ça, c'est un scénario, mais on n'y est pas encore. Pour l'instant, tout le monde fait la tronche,
j
'ai envie de vous dire. Personne n'est vraiment satisfait de ce qui se passe. Mais tout le monde a intérêt, y compris le Rassemblement National, à ce que ce gouvernement tienne et qu'il
y a
un budget, passe. C'est pas très réjouissant, mais c'est la situation actuelle. Moderato Cantabile.
Ce que je suis en train de dire, c'est que ce n
'est
pas simplement LR qui se prend pour qui, comme on peut dire dans la vie courante. Vous avez un Premier ministre qui est nommé, Gabriel Attal, qui lui fait la leçon sur le perron de Matignon. Après,
vous
avez Gabriel Attal et Darmanin qui
complotent... Quand il a fait
le petit garçon, je suis allé de le dire comme ça, avec son expression affective qui débordait, où il nous racontait quand j'ai été Premier ministre, il était à l'inverse total de ce qu
'on
avait connu de lui. D'accord. À
Matignon, il y a quand même un problème. C'est très bien qu'en termes d
'image, c'est plutôt porteur. Après, il a attaqué Michel Barnier très très vite et le gouvernement. Il a vu que dans les sondages, ce n'était pas bien vu parce que les Français ne voulaient
pas
qu
'on
tire à bout les rouges sur le gouvernement parce qu
'ils
voulaient quelque chose d'à peu près constructif. Par ailleurs, quand vous avez Didier Migaud qui va s'entendre que s'il n
'a
pas son budget,
il
va partir. Agnès Manier-Renacher qui dit le contraire de ce que dit Michel Barnier. Sébastien Delogu qui traisse de grosses poubelles Aurore Berger. Si vous voulez, je pense qu'il y
a
quand même une espèce d'ambiance globale qui n'est pas
très saine.
Probablement accélérée par la perspective soit d'un départ d'Emmanuel Macron que certains souhaitent soit par la perspective de 2027 où tous les coups sont permis et où il y a un délitement.
Je
ne
fais
pas la vieille. Il ne partira
jamais Emmanuel Macron. C'est ce que tout le
monde dit mais
on disait aussi
qu
'il
n
'y
aura pas de
dissolution. La logique
politique fait
que peut-être il va être obligé de partir. Ils
sont tous au taquet et chacun essaie de marquer des points avec une absence totale de règles et de bienséances.
C
'est tout. Vous voulez bien nous expliquer au nom de quoi il quitterait dans quelles circonstances il pourrait quitter
la présidence de la République ? Vous avez une
minute. Si le gouvernement de Michel Barnier ne tient pas et c'est pour ça qu'il tient bon an, mal an mais avec des gens où personne n'est content.
S
'il ne tient pas il a quelle solution alternative Emmanuel Macron vous m'expliquez ? Nommé Cazeneuve peut-être ça conviendra à personne non plus.
Surtout pour le Parti Socialiste. Est-ce
que la France peut supporter des gouvernements qui tombent les uns après les autres ?
Je
n
'en
suis pas sûr du tout. On
l'a connu.
Pendant
la 4ème République il y a longtemps.
Bien longtemps mais tout ça pour dire qu'on est dans une crise de régime c'est ce qu
'on
ne
voit
pas. La 5ème République n'est pas faite pour ça. Pas
faite pour
le système actuel.
Donc
ça tiendra le temps que ça tiendra mais moi je ne suis pas certain que ça tienne encore deux ans et demi, trois ans.
C
'est très long la présidentielle. Donc la démission d'Emmanuel Macron on ne va pas le virer mais peut
-être
à un moment ses propres amis lui diront c'est toi qui nous as mis dans cette situation avec la dissolution c'est toi qui détient la solution. La logique institutionnelle voudrait qu'il démissionne.
C
'est-à-dire qu'effectivement ce n'est pas tenable dans les paramètres qui sont aujourd'hui ceux de notre République. Après, pour des raisons personnelles il peut faire durer ça jusqu'en 2027. Il n'y
a
aucune raison si ce n'est lui
-même.
Il ne devrait pas forcément démissionner. Si,
parce que ça ne marche pas. Ça ne marche
pas Nathalie. Au bout d'un moment il faut aussi appeler un chat un chat. Là, ça ne marche pas. Donc il faudrait qu'il y
ait
une vraie campagne présidentielle comme il n'y
en
a pas eu en 2022 où il y ait une confrontation de projets réels comme il n'y
en
a pas eu en 2022 et qu
'on
choisisse un président qui soit raccord ensuite avec la majorité à l'Assemblée nationale sinon on s'en sortira pas.
Jusqu
'à 20h Yves Calvi refait le monde
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