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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 4 mars 2021 26 min

Condamnation de Nicolas Sarkozy, stratégie de vaccination, guerre d'Algérie, élection présidentielle... Le "8h30 franceinfo" de Bruno Retailleau

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Bruno Retailleau. Bonjour Marc Fouvel. C'est un homme en colère qui s'est présenté hier soir sur le plateau TF1.

0:07
Invité

Je ne baisserai pas la tête parce qu'on me reproche des faits que je n'ai pas commis. C'est une injustice. Je me battrai jusqu'au bout pour que la vérité triomphe.

0:21
Présentateur

Les mots de Nicolas Sarkozy hier soir après sa condamnation à un an de prison ferme pour corruption et trafic d'influence. Est-ce que pour vous aussi c'est une injustice ?

0:29
Bruno Retailleau

Moi je pense, parce qu'il faut être précis dans les termes, je pense que les hommes publics, les élus, ne sont pas au-dessus des lois. Ils ne sont pas non plus au-dessous des lois. Et on doit juger un homme politique, y compris un ancien président de la République, comme un simple citoyen ordinaire. Or, en l'état, je pense que la procédure a été une procédure d'exception. A quoi faites-vous référence ? Je fais référence, par exemple, à une procédure qui s'enchasse dans une autre procédure, une ouverture d'une enquête préliminaire secrète pendant six ans, au mépris des droits de la défense qui l'ont appris des années après.

Je fais aussi référence à la violation du secret professionnel, conversation écoutée, espionnée, entre un avocat et son client. Y compris sur les fenêtres, secret des sources. Les écoutes ont été validées par la loi de cassation. Je sais, absolument. Mais je trouve que là, on a une disproportion entre la gravité de la peine et la légèreté, notamment des preuves. Puisque, comme seule preuve, on a une intention. Est-ce qu'aujourd'hui en France, la seule intention suffit à envoyer quelqu'un à une peine de prison ? Il se trouve que pour la corruption, oui, l'intention suffit à faire preuve.

1:54
Présentateur

C'est la loi. C'est la loi, mais la loi demande des preuves. Si je propose de vous acheter, même si vous n'obéissez pas à mon agence, vous pouvez prendre des preuves.

2:03
Bruno Retailleau

Elle demande des preuves. Et très franchement, écoutez, M. Dupond-Moretti, qui est maintenant garde des sous, avait traité cette procédure de barbouze. Un autre juriste avait déclaré qu'il s'agissait d'un acte de piraterie judiciaire. Les termes sont sans doute forts. Ce que je veux simplement dire, je crois que, faisons attention de ne pas jeter l'opprobre sur l'ensemble de notre institution judiciaire, l'ensemble des magistrats. Mais il y a parfois un militantisme. Il y a parfois une politisation dans la magistrature. L'affaire la plus célèbre a été, pour le syndicat de la magistrature, vous savez, le mur des cons.

On sait avec le PNF maintenant, et les déclarations de Mme Oulette, qui était la patronne, la procureure du parquet national financier, devant une commission d'enquête de l'Assemblée nationale. Elle a fait état des pressions récurrentes de sa hiérarchie.

3:01
Invité

Est-ce qu'il y a un problème avec le PNF ? Est-ce qu'il faut le supprimer ?

3:03
Bruno Retailleau

Vous voyez, je n'ai jamais été favorable, pas plus d'ailleurs sur le parquet terroriste, je n'ai jamais été très favorable à la concentration des affaires entre les mains de quelques-uns. Parce que la question de la pluralité, évidemment, quand vous concentrez, elle se pose beaucoup plus que lorsque c'est le parquet général qui s'occupe d'affaires. Parce qu'on a des magistrats financiers qui sont aussi très très compétents.

3:25
Invité

Aujourd'hui, vous dites que le PNF, en fait, est une arme politique du pouvoir. Qu'est-ce que vous dites ?

3:29
Bruno Retailleau

Je reviendrai, c'était une machine de guerre qui a été construite, c'était paradoxal en réponse à l'affaire Cahuzat, par M. Hollande, qui a veillé en plus à des nominations qui étaient des nominations de magistrats dont toutes ne présentaient pas des garanties, je trouve, d'impartialité.

3:48
Invité

Donc le PNF est une arme politique ? On fait de la justice politique aujourd'hui ?

3:51
Bruno Retailleau

Je pense que le PNF, en concentrant des affaires entre quelques mains, ouvre la voie du soupçon. Je pense qu'il vaut beaucoup mieux que des affaires puissent être traitées de façon générale, de façon ordinaire, plutôt qu'extraordinaire. C'est ce qu'un peu Nicolas Sarkozy a dit hier. Maintenant, ce que je veux dire, moi, c'est que le problème dans tout ça, c'est que moins de 1 Français sur 2 a confiance en la justice. C'est là le vrai problème.

4:16
Présentateur

Vous ne pensez pas que les propos qu'une partie de la droite tient depuis quelques jours accentuent cette défiance envers la justice ? Quand on a des responsables de droite qui, à longueur d'année, dénoncent le laxisme supposé ou réel de la justice et qui, lorsque l'un des leurs est condamné, disent que les conditions de la justice n'ont pas été rendues sereinement, vous ne pensez pas que ça joue ? Non, mais la justice peut se tromper.

4:39
Bruno Retailleau

C'est d'ailleurs le principe de l'appel. C'est pour ça qu'on peut faire appel. Exactement, du pourvent cassation. Je tiens des propos mesurés. Je dis attention, il peut y avoir des juges. Et j'appuie à chaque fois avec des arguments. Quand je dis qu'il y a des magistrats politisés, moi je suis contre la syndicalisation dans la magistrature.

4:56
Présentateur

On ne doit pas pouvoir prendre sa carte dans un syndicat. Parce que je pense moins que... Vous pensez que ça empêchera les magistrats d'avoir une opinion politique ?

5:01
Bruno Retailleau

Je pense qu'ils peuvent l'avoir, mais il y a l'obligation du droit de réserve. Or, on sait très bien qu'en France, la tradition syndicale est une tradition très politisée. C'est notre histoire, je ne la conteste pas. Il y a des syndicats de droite, il y a des syndicats de gauche. Bien sûr, non mais bien sûr. Mais je pense que si on veut une justice, si on veut rétablir une confiance, il faut faire attention, il ne faut pas qu'il y ait deux poids, deux mesures. Je vais vous citer un exemple d'une justice, de la justice, si j'ose dire, ordinaire. C'est à Nantes, c'est dans le département que je connais bien, de Loire-Atlantique. Un jeune, 24 vols et cambriolage. 15 ans, donc mineur.

Il est condamné à quoi ? Un simple rappel à la loi. Donc, c'est ce deux poids de mesure. Quand je vous disais que Nicolas Sarkozy, comme d'autres, doit être jugé comme un simple citoyen, les gens trouvent que la justice n'est pas suffisamment sévère. Les Français, 83% d'entre eux, pensent que la justice n'est pas sévère. Et quand elle l'est, comme dans le cas de Nicolas Sarkozy,

5:53
Présentateur

encore une fois,

5:54
Bruno Retailleau

une partie des propos de la classe politique est décédibilisée. Oui, parce qu'on a une procédure d'exception. Voilà. Une procédure d'exception dans le cas de Nicolas Sarkozy. Absolument. Six années. Une enquête, je l'ai indiqué. La violation du secret professionnel, du secret des sources. Voilà. Donc, j'appuie ce raisonnement. Et encore une fois, quand je dis, à l'appui de mes propos, je cite aussi, Madame Oulette, c'est Madame Oulette qui, devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale, a indiqué qu'elle avait subi de sa propre hiérarchie. Elle est revenue ensuite sur ses propos. Mais oui, mais elle l'a dit devant une commission d'enquête où vous prêtez serment.

Vous connaissez la mécanique. La commission d'enquête. Donc, je ne parle pas à la va-vite et je ne dis pas que l'ensemble de notre institution judiciaire ne remplit pas ses fonctions. Je pense d'ailleurs, pour reprendre des mots d'un ancien garde des Sceaux qui a une forme de clochardisation de la justice et qu'elle manque des moyens. Nous avons à peu près 10 magistrats pour 100 000 habitants. La moyenne européenne, c'est 20. Donc, il y a un vrai problème de moyens aussi dans la justice. Donc, j'essaie d'avoir des propos mesurés, mais je suis désolé. On ne me fera pas dire ce que je ne pense pas.

Et quand une procédure, je la trouve très exceptionnelle pour un ancien président de la République, mais pour quiconque, eh bien, je le dis parce que je suis responsable public.

7:03
Présentateur

Et si je résume bien vos propositions, Bruno Rotaillot, donc, fermeture du parquet financier pour revenir à un système classique et interdiction de responsabilité des juges.

7:11
Bruno Retailleau

Alors, interdiction, syndicalisation, de responsabilité des juges. Comment expliquez-vous que, depuis 6 ans, il y a eu 1700 plaintes auprès du Conseil supérieur de la magistrature. Il y a eu zéro sanction. Le juge d'outreau a été promu. Il est désormais à la cour de cassation. Ça, les Français ne peuvent pas le comprendre. Vous voyez. J'ai d'autres propositions à faire, notamment en matière de formation et en matière de gestion des carrières. Moi, je pense qu'un magistrat du parquet, c'est-à-dire un procureur, ne devrait pas être un juge du siège. C'est-à-dire qu'on devrait avoir séparation dans les carrières des magistrats. Et ça, je pense que ça renforcerait l'impartialité.

La question pour la justice est moins celle de l'indépendance. Les juges sont indépendants

7:52
Présentateur

que de l'impartialité. Le président du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Rotaillot, et l'invité de France Info jusqu'à 9h, le fil Info à 8h41 avec Mélanie Delaunet.

8:03
Invité

Le Conseil d'État suspend l'interdiction de sortie des résidents des EHPAD décidés pour éviter les contaminations par le Covid. Interdiction jugée disproportionnée car 80% des personnes âgées y sont vaccinées. Réunion demain autour de la ministre chargée de l'Autonomie pour de nouvelles recommandations. Il n'y aura pas de confinement le week-end à Marseille, selon les informations de France Info. Pas non plus à Paris ni dans les autres départements d'Île-de-France. En revanche, la mesure s'appliquera dans le Pas-de-Calais. Jean Castex doit l'annoncer ce soir à 18h. Il y a deux poids, deux mesures. S'étonne le maire du Touquet car les taux d'incidence, dit-il, sont sensiblement les mêmes.

La piste terroriste privilégie en Suède après une attaque à l'arme blanche. Sept personnes blessées dont cinq grièvements dans une petite ville du sud du pays. Un jeune homme de 20 ans a été arrêté. La Ligue 1 de football et les soirées gagnantes du trio tête Lille bat Marseille 2-0 et reste leader 1-0 pour le Paris Saint-Germain à Bordeaux et pour Lyon contre Rennes. France Info

9:03
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Braquia Marc Fauvel

9:08
Invité

Toujours avec Bruno Retailleau, le président du groupe Les Républicains au Sénat. C'est devenu un rituel. Le Premier ministre, Jean Castex, va s'exprimer ce soir sur la crise sanitaire. Juste avant, hier, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a fait cette déclaration.

9:23
Locuteur non identifié

Pour la première fois depuis des mois maintenant, le retour à des vies plus normales est en vue. Il ne s'agit pas d'un horizon lointain et incertain. Il s'agit d'un horizon de plus en plus proche. Peut-être, nous l'espérons, dès la mi-avril.

9:36
Invité

Est-ce que le gouvernement a raison de donner un horizon ? Est-ce que ça brûle le message de vigilance à avoir ?

9:42
Bruno Retailleau

Il faut donner une perspective, un horizon, parce que les Français sont fatigués d'une nuit qui n'en finit pas. Mais au-delà de donner cet horizon, il faut se donner sur tous les moyens de sortir de ce tunnel, c'est-à-dire vacciner beaucoup plus. Au moment où je vous parle, en primo-vaccination, c'est moins de 5% de la population. On est derrière la Roumanie, on est derrière le Maroc, on est au 54e ou 53e rang mondial. Est-ce que c'est le rang de la France ? Non, ça n'est pas le rang de la France. Donc je pense qu'il y a un problème, notamment sur les personnels soignants.

J'avais indiqué, lors d'une rencontre avec le président de la République qui consultait les présidents des groupes parlementaires, que j'étais favorable, bien sûr, à ce que la priorité soit les plus fragiles, mais qu'on donne la priorité aussi pour que, et j'en faisais même une obligation, que le personnel soignant en EHPAD et à l'hôpital doivent se vacciner.

10:35
Invité

Vous demandez l'obligation de vaccination chez les soignants aujourd'hui ? Vous savez que

10:38
Bruno Retailleau

la première maladie nosocomiale, la maladie que vous attrapez, vous rentrez avec une maladie par exemple, et vous êtes à l'hôpital et vous attrapez le Covid, c'est le Covid, la première maladie nosocomiale. Alors qu'il y a un gros tiers des soignants en EHPAD ou à l'hôpital qui sont vaccinés. Ça n'est pas normal. Quand vous entrez dans un hôpital, vous êtes personnel soignant, on vous demande des certificats de vaccination. Par exemple, l'hépatite B. Vous souhaitez donc

11:05
Présentateur

faire la même chose pour l'ensemble des personnels soignants en EHPAD et à l'hôpital.

11:08
Bruno Retailleau

Je suis constant avec ma conviction en EHPAD et je veux pousser un grand coup de gueule aujourd'hui parce que j'en ai marre depuis des mois et des mois qu'on enferme les anciens, nos aînés, nos vieux dans la solitude. Et c'est toujours le cas. Donc ça va bien. Il y en a déjà 80% qui ont reçu une primo-vaccination. Alors on les libère. Heureusement, il y a le Conseil d'État. Il a fallu, vous vous rendez compte, un recours au Conseil d'État pour autoriser à nouveau les sorties. Mais dans quel pays on est ?

11:35
Invité

Il y a moins de 40% des soignants qui sont vaccinés dans les EHPAD. Regardez Stéphanie Bataille,

11:38
Bruno Retailleau

cette jeune comédienne qui n'a pas pu embrasser son père à l'hôpital. Et moi j'ai des exemples. Laurent Frémont, s'il m'écoute, il se reconnaîtra. Martine Horry, elle se reconnaîtra aussi. Mais arrêtons cette espèce d'aseptisation de la vie. Bien sûr, il faut se protéger. Mais dans des moments aussi graves, la civilisation c'est quoi ? La civilisation c'est de pouvoir assister quelqu'un qui est au cru pescule de ses jours. Voilà. C'est d'être là auprès des plus fragiles. Notamment de nos anciens. Donc moi j'en ai marre de cet ordre sanitaire qui bloque les familles et qui enferme des malades qui vont mourir ou bien des personnes âgées dans cette solitude-là.

Comment est-ce qu'on les oblige à se faire vacciner, Bruno Retailleau ? Eh bien on oblige comme on l'oblige pour une hépatite B. Moi j'ai une épouse qui est médecin, c'est-à-dire pas de vaccins, pas de travail. Elle a travaillé aussi à l'hôpital et s'est fait vacciner et bénéficiait de l'ordre de priorité puisque le personnel soignant a cet ordre de priorité. Moi je le pense. Alors je fais une autre proposition. Je voudrais faire une autre proposition. C'est ça ? Je veux faire une autre proposition. Oui parce que vous allez transmettre, ce n'est pas pour vous, vous allez transmettre à d'autres qui sont en état de fragilité parce qu'ils souffrent d'autres maladies.

12:48
Invité

On en a besoin de ces soignants pour nos Retailleau. Donc s'ils refusent de se faire vacciner, on les renvoie à la maison ?

12:53
Bruno Retailleau

Mais qu'on les protège aussi, qu'on les protège aussi. On a désormais du recul. Voilà. Qu'on les protège pour eux-mêmes parce qu'on en a besoin, ils sont en première ligne et qu'on protège aussi les malades. Je veux faire une autre proposition. Nous aurons bientôt d'autres vaccins, un peu plus de 2,5 millions de doses d'un vaccin qui va être homologué très prochainement. Le Johnson & Johnson. Le Johnson & Johnson. Moi je pense que on commence à avoir du recul et on sait que ces vaccins-là bloquent vraisemblablement la contamination.

Moi, ce que je fais, ce que je mets sur la table comme proposition, c'est qu'on puisse en priorité, alors là, descendre les celles d'échelle des âges et vacciner notamment les étudiants, les apprentis qui souffrent énormément. Psychologiquement, il y a un vrai problème.

13:40
Présentateur

Vous voulez vacciner les étudiants avant de vacciner les... Oui, parce que, vous savez pourquoi ? Avant même les personnels prioritaires, avant d'avoir terminé cela, parce qu'il en reste... Les personnels prioritaires, on va les terminer, mais on en a 3 millions. Aujourd'hui, je crois qu'il y a 17 millions au total de personnes prioritaires.

13:55
Bruno Retailleau

On va avoir d'autres doses de vaccins et surtout, pourquoi est-ce qu'on n'a pas voulu utiliser le vaccin pour bloquer la contamination, pour bloquer la circulation ? Parce qu'on n'était pas sûr qu'il bloquait la circulation. Exactement. Mais un certain nombre d'études, puisqu'on a du recul maintenant, montrent qu'il diminue la charge virale et qu'en diminuant la charge virale, il bloquerait cette contamination. Moi, je pense qu'en tout cas, je n'ai pas de certitude, mais je voudrais qu'on l'étudie. Bruno Retailleau ? Parce qu'on a une population de jeunes qui sont en très grande souffrance psychologique.

14:25
Invité

Bruno Retailleau,

14:25
Bruno Retailleau

et ça permettrait de retourner à l'école, à l'université.

14:28
Invité

Seul un quart des doses du vaccin AstraZeneca livrées en France ont été utilisées. Si on vous propose de vous faire vacciner avec l'AstraZeneca, vous dites oui ?

14:35
Bruno Retailleau

Tout de suite. Tout de suite. Absolument tout de suite. Je prendrai du dénord à l'avant pour être bien sûr de ne pas avoir d'effet secondaire trop rapide. Bien sûr, je suis prêt à le faire. Mais j'attendrai mon ordre de priorisation. Voilà. Et encore une fois, vous dites qu'il y a plein de doses qui n'ont pas été utilisées parce que les hôpitaux ont des doses qui dorment parce que le personnel soignant n'y a pas recours. Vous le savez, ça.

14:58
Présentateur

Le Premier ministre Jean Castex va en dire un peu plus ce soir sur les nouvelles mesures de restriction. Bruno Retailleau, d'ores et déjà France Info, sait que l'Île-de-France ne sera pas reconfinée le week-end. La ville de Marseille non plus. Un département au moins le sera. C'est celui du Pas-de-Calais. Est-ce que c'est la bonne méthode qui, pour vous, est utilisée, celle d'un traitement différencié en fonction de la circulation ? Je ne peux pas dire l'inverse parce que... Vous êtes en Vendée. C'est l'un des départements où le virus circule.

15:23
Bruno Retailleau

Je ne peux pas dire l'inverse parce que depuis des mois, je réclame justement des mesures qui soient appropriées précisément à la situation de chaque territoire.

15:32
Présentateur

Je réclame une territorialisation. Simplement. Ce n'est pas facile. Pardon. Je vais prendre un exemple, si vous le permettez. Le Pas-de-Calais, on avait cru comprendre qu'après une réunion avec le préfet, l'ensemble des élus réclamaient le reconfinement le week-end. On entend par exemple ce matin quelqu'un qui est de chez vous, M. Fasquel, le maire du Touquet, qui dit pas du tout, traitement inégal entre l'Île-de-France qui ne va pas être reconfinée et nous, notre département. C'est dur d'obtenir une majorité lorsqu'on essaie de dialoguer avec tout le monde sur ces questions-là.

15:57
Bruno Retailleau

Je me suis beaucoup battu là-dessus, moi, pour essayer d'obtenir pendant le second confinement que le couple préfet-maire puisse décider des commerces, des librairies qui pourraient rouvrir. Mais le problème, c'est que dans le couple, il y a plein de monde. Il n'y a pas un préfet et un maire dans chaque département. C'est un couple à 2000. Ville par ville. Mais je pense qu'il faut territorialiser. En dernière instance, c'est l'État, c'est normal parce que la compétence sanitaire, la sécurité sanitaire, c'est le rôle de l'État. Mais je pense qu'on doit pouvoir mieux concerter et ça se passe toujours beaucoup mieux.

Simplement, moi, je voudrais que ça aille dans les deux sens et que ce qui est vrai quand on veut adopter des mesures de restriction, par exemple, pour le confinement le week-end, le soit pour un assouplissement. Pourquoi est-ce que dans des zones... Pour votre département, par exemple ? Ou par exemple la Bretagne ou d'autres des régions où on a beaucoup moins de circulation du virus, pourquoi est-ce qu'on ne proposerait pas qu'on passe, par exemple, du couvre-feu progressivement de 18h à 20h ? Il faut que ça fonctionne dans les deux sens. Ça ne peut pas fonctionner toujours dans un sens de plus de restrictions.

Et enfin, et enfin, sur la territorialisation, il y a quelque chose que je ne comprends pas. Vous allez regarder la carte, vous allez voir la circulation du virus par région et vous allez voir le taux de vaccination. Et ça ne correspond pas. Une des régions, par exemple, où on a le plus de vaccination, parce qu'aujourd'hui, on envoie les vaccins là où il y a le plus de personnes fragiles. On n'envoie pas... C'est la Bretagne. Oui, mais quand même. Vous avez dit tout à l'heure... Pas les mêmes critères. Mais ça ne correspond pas non plus. L'île de France, par exemple, y compris en valeur relative, n'est pas parmi les toutes premières régions pour la vaccination.

Alors, sur quel critère on envoie les doses ? Eh bien, je vous le demande. Je me le demande. Je ne le sais pas. Je ne parviens pas à le comprendre. C'est pour ça que je dis que... Aujourd'hui, je vais vous répondre. Je crois, Bruno Le Taille, aujourd'hui, on envoie les doses en fonction du nombre

17:44
Présentateur

de personnes prioritaires vaccinées.

17:46
Bruno Retailleau

Eh bien, moi, je pense qu'il faut aussi s'adapter. C'est ça, la territorialisation. Au risque, par exemple, sur le Pas-de-Calais. C'est ce qu'on a commencé à faire sur la Moselle. C'est un peu plus de doses. On commence à le faire pour la Moselle. Mais on le fait toujours après coup. C'est-à-dire que dans cette crise sanitaire, on a toujours eu un temps de retard. On a toujours manqué d'anticipation. Alors qu'on a une course de vitesse contre, évidemment, ce virus.

18:09
Présentateur

Nous aussi, on est un peu en retard. Mais ça, c'est presque une habitude. Il est 8h51. Bruno Le Tailleau, vous restez avec nous. Un coup d'œil au fil d'info avec Mélanie Delaunay.

18:18
Invité

Marseille, Paris et l'Île-de-France échappent au confinement le week-end. Par contre, ce sera bien le cas dans le Pas-de-Calais. Voilà ce que l'on sait des annonces de Jean Castex ce soir à 18h à suivre en direct sur France Info. Le Premier ministre doit préciser d'autres restrictions dans les départements sous surveillance renforcée. Leur liste sera d'ailleurs actualisée. Ils réclament la prolongation des aides de l'État. Les professionnels de la culture redescendent dans la rue aujourd'hui dans de nombreuses villes. Manifestations à Paris à la mi-journée, cet après-midi à Bordeaux, Toulouse, Lyon ou encore Marseille.

La France appelle à la fin immédiate de la répression en Birmanie après la journée la plus meurtrière depuis le coup d'État militaire. 38 manifestants tués. Les forces de sécurité ont ouvert le feu sur la foule. Vitesse abaissée de 20 km heure sur les routes de plusieurs départements du sud-ouest, Pyrénées-Atlantique, Lande, Gironde, à cause d'un pic de pollution aux particules fines. C'est le cas aussi dans le département du Barin. France Info.

19:14
Présentateur

Le 8.30 France Info. Salia Brakia, Marc Fauvel.

19:18
Invité

Toujours avec le président du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau, Emmanuel Macron a reconnu la responsabilité de la France dans l'assassinat de l'avocat algérien nationaliste Ali Boumenjel en 1957. C'était une recommandation du rapport de l'historien Benjamin Stora. Il a eu raison de faire ce geste, le président de la République, pour réconcilier les mémoires ?

19:38
Bruno Retailleau

Écoutez, je pense que dans une histoire d'un peuple, on a des pages glorieuses et des pages sombres. Il faut les regarder en face, ça ne me pose pas de problème. Simplement pour que ça ait du sens, ça ne peut pas être justement à sens unique. Je m'explique. La France fait ce geste, mais moi j'aimerais aussi que l'Algérie fasse un geste vis-à-vis de dizaines de milliers de harkis qui ont été massacrés après les accords déviants, après le 19 mars 1962. La question qu'on doit se poser, c'est est-ce que ce geste va être un facteur d'apaisement ou d'attiser, si j'ose dire, la guerre mémorielle, la guerre victimée ?

20:18
Invité

Alors là c'est un premier pas, l'Algérie attend un peu plus.

20:21
Bruno Retailleau

L'Algérie attendra toujours plus. L'Algérie, alors justement, apaisement ou attisement ? Du côté de l'Algérie, je ne crois pas à l'apaisement. Pourquoi ? Parce que le pouvoir algérien, depuis 50 ans, prend le prétexte, justement, d'une culpabilité française pour excuser tous ses échecs. Ils ont fait d'un pays riche de ressources, notamment, gaz, etc. En captant, et par la corruption, cette richesse-là, ils se sont cachés derrière cette guerre mémorielle pour s'excuser de leurs échecs.

20:53
Invité

Bruno Retailleau, sur la guerre d'Algérie, il y a eu un pays colonisateur et un pays colonisé. Donc, ce n'est pas le même rapport.

21:00
Bruno Retailleau

Je vais vous dire, la torture, ça n'est pas le même, comment dirais-je, elle a été malheureusement partagée. Et j'aimerais que ce ne soit pas à sens unique. Deuxième élément, ce que je veux dire, c'est que pour la France, quel sens pour la France ? Nous sommes dans un moment où notre nation, notre communauté nationale est profondément désunie. Si on dit toujours, parce que c'est une autoflagellation permanente, on dit toujours que la France est coupable, coupable de tout et à perpétuité.

21:23
Présentateur

C'est le cas, pardon, je reviens à l'avocat en question. C'est bien le cas, dans ce cas précis. Moi, je ne suis pas historien.

21:29
Bruno Retailleau

Je ne suis pas historien et j'ai toujours considéré le général Ossarès lui-même

21:32
Présentateur

a reconnu que c'est lui qui l'avait torturé et jeté par la fenêtre. Pardon pour le détail, mais je ne conteste pas l'effet.

21:41
Bruno Retailleau

J'ai commencé en disant que dans l'histoire d'un pays, il y a des pages sombres, c'en est une, et des pages glorieuses. Ce que je veux dire aujourd'hui, dans un moment où la France doute d'elle-même, où on a des jeunes qui sont sur la voie du séparisme, à force de dire que la France est coupable pour l'éternité, qu'elle est le coupable idéal, on la présente comme contre-modèle. Comment voulez-vous qu'elle soit aimable ? Comment voulez-vous attirer ces jeunes-là dans notre destin collectif ?

22:05
Invité

Et le nier est l'inverse ? Et j'en ai marre

22:06
Bruno Retailleau

qu'on dise du mal de la France. J'en ai marre qu'on parle en mal de la France. Parce qu'on tue notre unité. On blesse la fierté française et on ressuscite, on gratte les plaies. Et vous savez qu'aujourd'hui, l'islamisme, les doctrinaires de l'islamisme, ont parfaitement formulé cette idée qu'il faut justement entrer dans la guerre des mémoires parce que ça permet d'attiser la haine. Eh bien, tout ça, malheureusement, je crains que ça produise beaucoup plus de haine que de paix, que d'apaisement. mais ça, évidemment que je suis favorable à ce qu'on regarde notre histoire en face.

J'aurais même préféré, là aussi, je l'avais indiqué, qu'Emmanuel Macron, lorsqu'il a décidé de faire ce travail, ne confie pas à un seul historien qui a une sensibilité et qui est engagé, Benjamin Stora, mais qui confie à plusieurs historiens. Et qui fait consensus. Voilà, pour qu'il y ait un travail. Non, je pense qu'une commission, là encore, je suis plutôt pour la pluralité, parce que ça permet de préserver des regards un peu différents. Voilà ce que je veux dire de façon calme, sereine, mais très, très

23:13
Présentateur

déterminée, convaincue. Un mot, Bruno Retailleau, sur la situation politique dans votre camp. Vous êtes candidat, on le sait pour l'Élysée, Xavier Bertrand le sera très probablement. On a appris, il y a quelques jours, à la lecture d'un article de l'Opinion, vous aviez déjeuné avec lui le mois dernier. Qu'est-ce que vous vous êtes dit ?

23:30
Bruno Retailleau

On a parlé de nos trajectoires, on s'est dit que, voilà, nous étions volontaires pour cette candidature, mais que nous avions une expérience, et l'un et l'autre, de ce que les guerres fratriciques, de ce que les divisions ont pu causer comme malheur pour notre famille politique. Donc cet impact de non-agression, vous ne direz pas de mal de lui

23:49
Présentateur

pendant toute la campagne. Et non, si vous me posez une question,

23:51
Bruno Retailleau

je vais en dire du bien même. Si vous voulez me tester. Quelles sont les principales qualités de Xavier Bertrand ?

23:55
Présentateur

Il a toutes les qualités du monde.

23:57
Locuteur non identifié

Quelles sont ces qualités que vous n'avez pas ? Ça n'a pas l'air pour faire là ce que vous voulez dire. Non, mais évidemment, il me pose une question, il me demande si j'ai un impact de non-agression et il attend que je l'agresse. Absolument pas. Non, non, non, au contraire, je voulais vous dresser

24:08
Présentateur

le portrait de Xavier Bertrand.

24:10
Bruno Retailleau

Est-ce qu'il est un bon candidat ? Je crois que c'est un bon, en tout cas, c'est un bon président de Réchion et puis il a toutes les qualités aussi pour concourir. Mais moi, mon combat, ce n'est pas celui-là. Mon combat, moi, il est pour perturber le scénario que vous, les médias, qu'un certain nombre de sondeurs veulent nous imposer, le scénario d'un second tour entre M. Macron et Mme Le Pen. C'est vous qu'en parlez. Voilà. Eh bien oui, mais enfin, on en parle, il faut en parler parce qu'il faut avoir un esprit de vérité. Vous dites que c'est les médias mais c'est vous qu'en parlez. Et moi, je pense qu'il faut perturber ce match. Les Français n'en veulent pas à 70% de façon répétée.

Ils n'en veulent pas et je pense, je vais vous dire aujourd'hui, que Marine Le Pen pourrait battre M. Macron. Je le pense très sincèrement.

24:49
Présentateur

C'est mot pour mot ce que disait Adrien Quaténens, l'insoumi qui était assis à votre place hier. Mais si vous avez suivi...

24:53
Invité

Mais si Jean-Luc Mélenchon pouvait battre Marine Le Pen, alors c'est vous qui pourrait battre Marine Le Pen ?

24:57
Bruno Retailleau

Je ne sais pas, mais ce duel est dangereux. Et ce duel, c'est un faux débat. Et ce sont des fausses, c'est deux fausses solutions je crois pour la France. Et je pense, je proposerai une autre voie pour notre pays qui est en train, je veux dire, de s'effondrer. Voilà. La France dégringole. 78% des Français pensent que la France est en déclin. Et moi, je pense que la France est bourrée de talent. Et quand tu as une réserve d'énergie, simplement, il y a des réformes à faire qu'il faudra assumer en vérité là aussi et avec du courage pour redresser notre pays et pour donner une perspective aux Français. s'appauvrissent aujourd'hui. Et les parents craignent pour l'avenir de leurs enfants.

Et bien moi, je veux leur donner cette espérance, cet espoir. Un espoir français. Merci Bruno Retailleau. Très bonne journée à vous.

Condamnation de Nicolas Sarkozy, stratégie de vaccination, guerre d'Algérie, élection présidentielle... Le "8h30 franceinfo" de Bruno Retailleau — Bruno Retailleau · Pourquijevote