Macron : "Nous avons bien fait" #cdanslair 15.06.2020
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 34 %Défensif 31 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 22 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:56OuverteÉludée
Pourquoi cette prise de parole ? Quelle est sa réponse aux critiques sur la gestion de la crise ?
- 3:47OuverteRéponse directe
Jérôme Fourquet, à votre avis, comment ça peut être reçu ?
- 5:57OuverteRéponse directe
Pourquoi ce paradoxe entre satisfaction sur le déconfinement et critiques sur le bilan ?
- 13:18OuverteRéponse directe
Pourquoi, justement, peut-on déconfiner davantage ?
- 16:37OuverteRéponse directe
Quel est l'intérêt d'obliger tous les enfants à retourner à l'école deux semaines avant les grandes vacances ?
- 21:40OuverteRéponse directe
Arrêtons-nous sur ce qu'on a entendu dans le premier reportage aussi sur ces leçons qu'a tirées le président de la République, notamment en termes de décentralisation.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:17PrésentateurFait
« Nous n'avons pas à avoir honte de notre bilan. »
- 0:48PrésentateurPromesse
« Travailler plus pour produire davantage, reconstruire une économie écologique, solidaire et sociale pour une France indépendante, le tout sans augmenter les emplois. »
- 2:24PrésentateurFait
« « Macron, nous avons bien fait », ce sont les mots du président. »
- 7:04PrésentateurFait
« Il avait pris son risque en annonçant le 13 avril qu'on sortirait du confinement le 11 mai. »
- 10:48InvitéFait
« Le choix humaniste de placer la santé au-dessus de l'économie en vous demandant de rester chez vous. »
- 14:00PrésentateurChiffre
« Des dizaines de milliers de vies ont été sauvées par nos choix, par nos actions. »
- 33:06PrésentateurChiffre
« 20% des établissements pourraient faire faillite. »
- 33:05PrésentateurChiffre
« 20% des établissements pourraient faire faillite. »
- 33:37PrésentateurChiffre
« 1 milliard d'euros de manque à gagner. »
- 33:40PrésentateurChiffre
« Une baisse globale de la fréquentation estimée à 60%. »
- 35:18AuditeurChiffre
« Nous sommes en retard par rapport à l'an dernier. C'est de l'ordre de 10 à 15% des réservations pour le mois de juillet et un peu moins de 10% au mois d'août. »
- 36:44PrésentateurChiffre
« Il y a 55 000 faillites en France par an en moyenne. »
- 37:00PrésentateurChiffre
« On va renouer avec entre 800 et 900 000 chômeurs. »
- 37:06PrésentateurChiffre
« 900 000 chômeurs. »
- 39:05InvitéChiffre
« Ils ont mis près de 460 milliards d'euros de fonds publics pour éponger la crise. »
- 39:09InvitéChiffre
« Les déficits explosent à plus de 10%. »
- 46:03PrésentateurFait
« La France, c'est 90 millions de touristes et aujourd'hui, il n'y a plus... Pour l'instant, ça ne fonctionne pas. »
- 1:03:33InvitéFait
« on n'a pas démérité »
- 1:03:35InvitéPromesse
« on ne va pas renoncer à nos objectifs de départ »
- 1:03:37InvitéFait
« il faut les adapter »
- 1:03:49InvitéFait
« On le voit d'ailleurs dans la gestion de la crise des jeunes et de la police »
- 1:03:54InvitéFait
« avec dénonciation du racisme et soutien à la police »
Temps de parole
- Présentateur56 %
- Invité17 %
- Invité 213 %
- ?3 %
- Invité 32 %
- Invité 42 %
≈ 24,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir à toutes et à tous. Nous attendons vos questions SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Nous n'avons pas à avoir honte de notre bilan. Hier soir, Emmanuel Macron a pris les devants alors que des commissions d'enquête se mettent en place sur la gestion de la crise. Il a défendu l'action du gouvernement, reconnaissant quand même des failles qu'il promet de corriger. Le président se voulait surtout porteur de bonnes nouvelles avec l'annonce d'une reprise de l'école redevenue obligatoire, de l'activité dans les restaurants, la réouverture des frontières à l'intérieur de l'Europe.
Pour la suite, l'après, il se contente de grands traits, travailler plus pour produire davantage, reconstruire une économie écologique, solidaire et sociale pour une France indépendante, le tout sans augmenter les emplois. Alors pourquoi cette prise de parole ? Quelle est sa réponse aux critiques sur la gestion de la crise ? Où conduit le chemin, comme il l'a dit lui-même, dessiné hier soir ? « Macron, nous avons bien fait », ce sont les mots du président et c
'est
le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Bruno Jeudy, vous êtes rédacteur en chef du service politique de Paris Match. Votre dernier édito, Jeudi politique, est intitulé « Macron, 90 jours en enfer ». Et Emmanuel Macron, je le rappelle, perd 7 points dans votre dernier baromètre IFOP Paris Match. Françoise Fressoz, vous êtes éditorialiste au journal Le Monde, à la une du Monde, datée demain. Macron, travailler et produire davantage, nous y reviendrons. Avec nous ce soir, Jérôme Fourquet,
vous
êtes le directeur du département Opinion de
l
'Institut de sondage IFOP. Je rappelle votre dernier ouvrage,
«
L'archipel français » publié aux éditions du Seuil. Enfin, soit-il, vous êtes rédactrice en chef du service politique du journal Marianne. Bonsoir à tous les quatre, merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. C'est peut-être ce qui restera de cette intervention. Bruno Jeudy, hier soir, un président de la République qui, après une crise historique, estime que la crise a été bien gérée.
Oui,
c'est en quelque sorte fait
auto-féliciter. Je crois que c'est Libération ce matin qui dit ça. Et ce n
'est
pas tout à fait faux. Finalement, au moment où les députés, les oppositions vont ouvrir les commissions d'enquête parlementaires, demain à l'Assemblée nationale, la semaine prochaine au Sénat, que tout le monde va être auditionné, il prend les devants, et il tire lui-même le bilan de ce confinement-déconfinement qui restera quand même comme une période inédite, 90 jours en enfer,
je
l'ai dit, mais aussi avec toute la difficulté d'un président qui a eu des hauts et des bas pendant cette crise. Il y a eu des interventions qui étaient très bonnes, notamment l'avant-dernière. J'ai trouvé qu'hier soir, il tirait le bilan, j'allais dire, c'est normal, sur ce qui est positif.
Il
ne
s
'est pas
attardé sur les... Il n'est jamais le servi par
soi-même. Absolument.
Mais
j'ai envie de dire qu'il a surtout cherché à valoriser les bonnes nouvelles. Jusqu'à présent, c'était le rôle dévolu au Premier ministre, puisque c'était le Premier ministre qui a été chargé d'exécuter le plan de déconfinement. Il s'en sortait plutôt bien. Emmanuel Macron, c'est le président de la République. Il a considéré qu'avec un peu de retard dans les sondages, un Premier ministre à qui ça a réussi, cette communication. Il a voulu aussi le faire. Donc, voilà, il a pris les bonnes nouvelles. Pour le reste, on est resté un peu dans les... On va y revenir, oui. On est resté dans le flou, même. J'ai trouvé que c'était même décevant, la deuxième partie.
Il
nous a répété, en gros, ce qu
'il
nous avait dit en mieux la dernière fois. Il nous a plongé un peu plus dans le doute de ce qu'il veut vraiment faire. J'ai trouvé que c'était un président qui cherchait à gagner du temps, moi, sur la suite. Et comme on dit à l'Élysée, parfois, pour le monde d'après, on n
'est
pas prêts pour l'instant. On peut y revenir, quand même, parce qu'il
y a
quelques très grandes lignes qui ont été énoncées par le chef de l'État. Jérôme Fourquet, à votre avis, comment ça peut être reçu ? Et en regardant attentivement les sondages que vous faites au quotidien, il y a sans doute une colère qui s'est exprimée sur la gestion de cette crise. Comment ça peut être reçu ? Un président qui dit, en gros, dans l'ensemble, on a bien géré, on n
'a
pas honte de la façon dont on a géré cette crise. Jérôme Fourquet,
qui
ne m'a pas entendu,
peut-être. Voilà. Donc,
effectivement, pour rebondir sur ce que disait Bruno Jeudy, Emmanuel Macron essaie de mettre en perspective ce qui s'est passé, essaie de faire autant que se peut taire les critiques, parce qu'il sait qu'immanquablement, elles ne vont pas tarder à venir. Il y a peut-être aussi cette petite concurrence avec son Premier ministre, donc essayer de tirer les bonnes nouvelles et le bilan à lui. Je pense que les Français étaient attentifs et attendaient un certain nombre de réponses précises, notamment sur les vacances, sur le rythme du retour à l'école.
Et donc, là-dessus, il y a des annonces qui ont été fortes, mais elles vont immanquablement ressusciter des débats et des commentaires, notamment sur l'école, en disant, est-ce que tout cela est bien raisonnable de relancer une aussi grande machine que celle de l'éducation nationale à seulement maintenant dix jours de la fin des cours ?
Et
avec ensuite, pour la plus longue perspective, un certain nombre d'interrogations sur la capacité et les marges de manœuvre du gouvernement pour relancer une économie sur des projets très, très ambitieux, d'indépendance nationale, de transition écologique, alors que les marges de manœuvre sont aujourd'hui quasiment inexistantes. Et on va reparler de tout ça, Jérôme Fourquet. N'allons pas trop vite. Si on reste sur cet aspect-là, c'est pas rien, encore une fois. On en a fait des émissions les uns et les autres, on a raconté les problématiques sur les masques, sur les tests,
c
'était pas si loin. Un chef de l'État qui dit, on a bien géré, on n'a pas à avoir honte de notre bilan. Ce sondage, 39% des Français ne l'ont pas trouvé convaincant. Mais dans le même temps, d'autres sondages montrent que les Français adhèrent plutôt au rythme du déconfinement. Pourquoi ce paradoxe ? Qu'est-ce qui se passe entre Emmanuel Macron et les Français dans cette crise
?
Parce qu'on ne juge pas, on ne fait pas juger les Français sur la même chose. C'est-à-dire que les enquêtes qui portent sur le rythme et la façon dont on se déconfine donnent aujourd'hui un satisfait site plutôt important et en progrès pour le gouvernement, parce que les Français étaient très inquiets, très dubitatifs sur la façon dont les choses allaient se poser, se passer.
Et donc, on a vu semaine après semaine avec les indicateurs de l'IFOP que, de manière inversement proportionnelle, où elle a déclu du nombre de morts, le jugement devenait de plus en plus positif sur l'action du gouvernement, mais aussi l'action des Français eux-mêmes, sur la façon de sortir de cette parenthèse très particulière. En revanche, et c'est peut-être là-dessus où il
y
a un amalgame en termes de communication qui est tenté d'être fait par le gouvernement, les Français demeurent très critiques sur un certain nombre de dossiers qui ont émaillé cette période du confinement. Vous avez parlé des masques, la question des tests également. Et donc, c'est là-dessus qu'Emmanuel Macron a essayé de bétonner le débat en disant qu'il avait bien fait, qu'il y avait eu des doutes dans la communauté scientifique. Mais comme il aime à le dire, il avait pris son risque
en
annonçant le 13 avril qu'on sortirait du confinement le 11 mai. Et il s'est adressé quelque part insatisfait site comme pour essayer de faire taire les critiques sur ce qui ne s'était pas bien passé et insister au contraire sur le fait que collectivement nous arrivions à relever le défi du déconfinement. C'est intéressant ce que dit Jérôme Fourquet, Françoise Presseau. Parce que c'est vrai que c'était un moment
où
là, il a voulu dire aux Français, le 11 mai, vous avez tous douté, j'ai été critiqué, j'étais un peu seule, les scientifiques n'étaient pas tous d'accord avec moi, j'ai tenu et j'avais raison.
Oui, parce qu'à l'Élysée, on vit quand même comme une certaine injustice tout ce qui s'est passé sur la phase du déconfinement qui a été la séquence d'Edouard Philippe.
C
'est-à-dire qu'Edouard Philippe a annoncé un déconfinement, il l'a mené très précautionneusement, mais c'était en adéquation avec, au fond, ce que ressentaient les Français, c'était on se déconfine, mais pas trop vite. Et Emmanuel Macron, lui, avait pris ce risque en disant, bon, maintenant, il faut revenir au travail. Et ce qu'il a voulu dire hier aux Français, c'est de dire, bon, ben voilà, on a pris le risque et j'ai réussi. Faites-moi confiance. Faites-moi confiance. Il y a un autre élément qui joue, à mon avis, dans son attitude, c'est qu'il y
a
un certain nombre d'intellectuels, je pense notamment à Marcel Gaucher, qui dresse le bilan de la crise en disant, au fond, on assiste à un déclassement français par rapport aux voisins allemands. On a vu que l'État, dont on attend tout, a failli dans la prévention. Et donc, il y a tout ce discours des clinistes qui, au fond, il essaye de lutter contre parce qu'il a été élu en 2017 pour dire aux Français « Vous n'êtes pas dans un rang inférieur, on tient notre rang ». Et c'est pour ça, je pense, qu'il a aussi évoqué l'accord franco-allemand, où il a été vraiment très proactif pour essayer de dire à la chancelière « Il faut qu'on arrive à une mutualisation des dettes ».
Et donc, il essaye de dire aux Français « Arrêtez de vous considérer comme déclassés, arrêtez de broyer du noir, on peut y arriver ». Il n'a pas dit « On a tout bien fait ». Il a dit
« Il y a des choses qui ne vont pas
». Mais si je veux bien les voir, c'est pour essayer de les corriger. Donc, il est toujours dans cette vision.
Au
fond, c'est un peu le dernier gaulliste, lui.
C
'est quelqu'un qui a une haute ambition du pays et qui veut dire aux Français « On peut y arriver ». Et il a un peuple qui est beaucoup plus critique et qui, à mon avis, a beaucoup plus de difficultés à se mettre en train. L'autre enjeu pour Emmanuel Macron, c'était de dire «
Au
fond, maintenant, le confinement, ça suffit. On est face à une récession très grave ». Alors, il n'a pas du tout dramatisé la situation économique parce qu'il veut jouer sur l'optimisme. Mais on sent aussi l'impatience à l'Elysée de dire « Maintenant, il faut se retrousser les manches, il faut travailler pour sortir de cette période où on était encore à moitié au travail parce que l'école ne repartait pas vraiment ». Donc, c'est vraiment terminer la séquence du confinement pour dire « Maintenant, on passe à autre chose ».
Une nouvelle étape et qui commence par un bilan qu'il a dressé lui-même, on le disait, ce Aziz Kemener, de son action et de l'action du gouvernement. Ce n
'est
pas rien parce que dans les semaines qui viennent, dans les jours qui viennent, il va y avoir une commission d'enquête sénatoriale, une commission d'enquête parlementaire qui vont décrypter, semaine par semaine, jour après jour, toute la période du confinement et la façon dont la France a géré cela. Donc, quelques jours avant, il donne sa lecture.
Oui, on
est dans une concurrence de discours médiatique.
Il
va y avoir d'un côté ce qu'on va entendre qui va venir de l'Assemblée nationale, effectivement, et puis du Sénat plus tard. Et de l'autre côté, le président de la République qui essaie de nous faire changer de focale. C'est-à-dire, ne regardez pas ce qui s'est passé avant le confinement, ne regardez pas le début de l'épidémie où, effectivement, il y
a
des ratés que tout le monde reconnaît aujourd'hui sur la question des masques, des tests, vous en parliez à l'instant. Et puis, regardez plutôt ce choix que nous avons fait. Mais il dit même, à un moment, le choix humaniste. Alors, c'est intéressant parce que c'est le choix humaniste de placer la santé au-dessus de l'économie en vous demandant de rester chez vous. Et ça, c'est un discours qu'on entend dans tous les partis. Même François Ruffin, quelqu'un comme François Ruffin a reconnu ce moment-là en disant que le confinement, c'était ce moment-là. Donc, il essaie de créer de la concorde autour du confinement.
Alors, en même temps, ce confinement, il a des conséquences économiques terribles dont on n'a pas encore vu toute l'étendue aujourd'hui. Mais c'est vraiment changement de focale pour maîtriser le récit médiatique. Et d'ailleurs, ça va de même avec ce qu'on a entendu venant de l'Élysée, la volonté d'avoir une propre commission de contrôle qui pourrait aussi évaluer le travail qui a été fait pour que ce ne
soit
pas entre les mains des parlementaires en sachant que ce n
'est
pas la commission d'enquête de l'Assemblée nationale qui pose problème. C'est évidemment celle du Sénat. On se souvient de l'affaire Benalla. Donc, c'est vers là que regarde la majorité en se disant qu'il
y a
un travail qui va être fait. On va revenir en permanence sur les jours qu'on a vécu au tout début de l'année. On n
'a
pas fini de faire dur sur place. Donc, ce qu'Emmanuel Macron essaie de faire, c'est d'enjamber ce moment délicat et puis d'essayer d'amener les Français à voir plus loin.
Et il
va aussi emmener les enfants à l'école. En tout cas, il va
essayer.
Alors, il y avait un consensus lors de sa dernière intervention. Mais cette fois-ci, les oppositions ont repris de la vigueur pour dénoncer une prise de parole en trop. Mais le président qui avait accéléré le déconfinement du 11 mai a tenu à annoncer lui-même aux Français le retour des jours heureux, l'ouverture d'une nouvelle étape, la reprise du travail. Magali Lacroix, Juliette Vallon et Stéphane Lopez.
Il
y a trois longs mois, venait l'annonce du confinement. Hier soir, à la télévision, le président nous a parlé de la vie d'après et de la liberté presque retrouvée. Nous allons donc pouvoir retrouver le plaisir d'être ensemble,
de
reprendre pleinement le travail,
mais
aussi de nous divertir, de nous cultiver. Nous allons retrouver pour partie
notre
art de vivre, notre goût de la liberté. En somme,
nous
allons retrouver pleinement la France. Réouverture des écoles, de la maternelle au collège, avec présence obligatoire des élèves et protocoles sanitaires allégés.
Je suis ravie. Moi, je prends les transports,
je
pense qu'il y
a
plus de risques presque que dans une classe.
Réouverture des bars et des restaurants d'aujourd'hui. Un déconfinement accéléré pour toute la métropole, pas suffisamment expliqué, selon la gauche de la gauche. Je
me suis
demandé pourquoi il parlait. Parce que les informations nécessaires, il les a données en une minute. Pourquoi, justement, peut-on déconfiner davantage ? La préfecture de Seine-Saint-Denis me dit, par exemple, que les bars non-tests en Seine-Saint-Denis, aujourd'hui, en ce moment, ne donnent plus quasiment aucun cas. Quasiment aucun cas. Ça,
c
'est des informations où on comprend pourquoi on rentre en zone verte.
C
'est surtout le style du discours et le ton d'un président jugé un peu trop satisfait de son bilan que la classe politique étrie. Clore, aujourd'hui, le moment entamé avec le début du confinement n'avait rien d'une évidence. Nous avons bien fait.
Nous
pouvons être fiers
de
ce qui a été fait
et
de notre pays.
Nous
n'avons pas à rougir,
mes
chers compatriotes, de notre bilan.
Des
dizaines de milliers de vies
ont
été sauvées
par
nos choix,
par
nos actions.
Non,
M. Macron, il n'y a pas de quoi être fier de ce qui a été fait par le gouvernement pendant cette crise. Ce satisfait-cité lunaire. Macron, jaloux de son Premier ministre, fait les annonces positives à sa place. Des annonces, mais aussi quelques pistes qui dévoilent les contours politiques du monde d'après, vus et dessinés par le président. Avec un maître mot, l'écologie, qui n'a pourtant pas convaincu les verts.
J
'en ai marre de ce greenwashing. Quel pays aujourd'hui, quel dirigeant ne peut pas parler d'écologie ? On a le dérèglement climatique qui est engagé. On a vu l'année dernière en Australie des méga-feux. On sait que ces zoonoses, ces coronavirus, proviennent de la prédation à l'égard des habitats sauvages. Donc ne pas parler d'écologie, ça serait complètement à côté de la plaque. Mais l'enjeu, c'est d'agir. Le maire, le ministre de l'Économie, s'était engagé. Il avait dit que la France serait exemplaire. Il n'en est rien. On n
'a
rien fait. Alors que ça peut créer des emplois et soulager les factures des ménages. Voilà la réalité de
l
'action d'Emmanuel Macron.
Un recul. La seule réponse est de bâtir un modèle économique durable, plus fort,
de
travailler et de produire davantage pour ne pas dépendre des autres. Emmanuel Macron invoque une décentralisation du pouvoir vers les régions, mais aussi vers l'Europe. Une aubaine pour une présidente de région, hors de propos pour le Rassemblement national. Quand
l'État a voulu tout faire tout seul, il a échoué. C'est le cas pour les masques, c'est le cas pour les tests. En revanche, quand il s'est ouvert, qu'il a lâché prise, qu'il a accepté que les régions puissent acheter des masques, qu'il a accepté que tout le monde puisse faire des tests, à ce moment-là, il a permis de donner de l'oxygène. Tout ça, ça nécessite vraiment un acte fort, un acte fort de lâcher prise de l'État. J'ai entendu des paroles, mais j'attends les actes. On a le droit d'être fédéraliste européen,
on
a le droit de défendre ces idées-là, moi. J'ai du respect pour ceux qui défendent ces idées-là. Il n
'y a
pas de souci, on est en démocratie. Mais on ne peut pas être fédéraliste européen et défendre la souveraineté nationale. C'est contradictoire.
Depuis ce matin, les frontières françaises ont rouvert, simultanément avec l'Allemagne et la Belgique, notamment. Quelques pays en Europe suivent le pas, avec quelques restrictions à l'arrivée. D'autres, comme l'Espagne, gardent encore un peu leur porte-close.
Le
président,
lui,
a donné rendez-vous aux Français au mois de juillet pour préciser son monde d'après.
Alors,
nous allons revenir sur le monde d'après. Mais d'abord, cette question. Quel est l'intérêt d'obliger tous les enfants à retourner à l'école deux semaines avant les grandes vacances ? C'est Serge, en Haute-Gardonne, qui se pose cette question. Vous parliez tout à l'heure des enfants. Est
-ce
qu'elle est l'intérêt ? Effectivement, on sent monter une petite colère, y compris d'ailleurs, cet après-midi, certaines réactions de chefs d'établissement qui disent « mais de toute façon,
on
n'y arrivera pas ».
Oui,
ils attendent le nouveau protocole sanitaire qui doit être distribué par le ministère de
l
'Éducation nationale demain après-midi. Il y a une raison toute simple. La question est de savoir comment va se passer la rentrée de septembre. Donc, c'est une forme de répétition générale. C'est-à-dire, comment les enfants reviennent à l'école ? Comment on fait ? Alors, c'est vrai que pour deux semaines, c'est très très court. Il y a des enfants qui ont déjà été expédiés dans les quatre coins de France, justement parce que les parents ne pensaient pas qu'ils pouvaient retourner à l'école et qu'ils ne pouvaient pas continuer à s'occuper d'eux parce qu'eux retournaient au travail. Donc, ça va susciter des mouvements de population, du réajustement.
Mais l'intérêt, c'est aussi de taire une certaine peur. C'est-à-dire que l'appréhension a descendu depuis le 11 mai. Des enfants ont recommencé à aller à l'école. Assez peu nombreux tout de même. Et donc, l'idée, c'est de dire oui, l'éducation nationale peut encore fonctionner. Alors, c'est vrai que quand on commence à recevoir, comme tous les parents d'ailleurs, ce qui va être mis en place, il
y a
une grande inquiétude de la part des directeurs d'établissement en se disant s'il
y a
ce fameux maître latéral entre les enfants, on n'y arrivera pas, on n'a pas assez de place dans les classes. Donc, c'est vrai qu'on est reparti pour une semaine qui va être de discussion, peut-être de polémique sur ce sujet-là avant la réouverture totale des écoles et des collèges qui est programmée pour lundi prochain. Obligatoire, l'école.
Oui, c'est le retour de l'école obligatoire. Ça avait fait polémique au moment où le président annonce que ce sera, en gros, sur la base du volontariat. À l'époque, il y avait une polémique, une partie de la classe politique avait plutôt critiqué ça. Il y avait même beaucoup de critiques. Et je crois que c'était quand même le bon choix. C'était très compliqué de... Même si ça a été incompris,
c
'était compliqué de rendre ça obligatoire.
La
ministre de l'Éducation nationale a eu beaucoup de difficultés. Mais la grosse difficulté, elle n'était pas là. Elle était surtout chez la peur des parents. Ça,
ça
a vraiment été... Et les enseignants qui, pour beaucoup... Alors, on ne
peut
pas dire tous les enseignants, mais on a vu les syndicats tout de suite se dresser face aux ministres en disant que
ce
n
'est
pas possible, on ne
peut
pas
travailler. Les conditions sanitaires n'étaient
pas
réunies.
Et on est partis avec une école qui a très peu, très mal fonctionné et qui, finalement, a ralenti cette reprise. Parce que c'est ça. Et au fond, la décision d'hier, c'est parce que maintenant,
il
faut... Il faut y aller. On accélère le déconfinement, mais c'est surtout l'école, parce que sans l'école, les parents ne peuvent pas aller travailler.
Françoise Fresseuse. Je reste sur ma position. J'ai déjà développé ici. Je trouve que le grand ratage du déconfinement, c'est l'école. Je trouve que les conditions sanitaires, je comprends au début qu
'il
y
a
eu une inquiétude. Les syndicats et les maires ont énormément poussé pour qu'on gonfle ce code de sanitaire. Mais c'est devenu une sorte de bible absolument impraticable. Et on a vu beaucoup d'enseignants qui ne revenaient pas, des élèves qui ont été perdus dans la nature depuis février. Je trouve qu'au niveau des inégalités scolaires, c'est absolument catastrophique.
Et je pense qu'au moins la semaine qui va faire, ou peut-être les 10 jours, ça permettra au moins aux élèves qui ont perdu tout contact avec l'école de retourner, et peut-être aux enseignants d'évaluer un peu les dégâts, parce que je pense que l'année prochaine va être très, très compliqué à organiser, non seulement à cause des conditions sanitaires, mais parce qu'il
y
aura eu beaucoup d'inégalités. Certains ont pris des cours particuliers pendant qu'il n
'y
avait pas cours. D'autres ont complètement abandonné l'école. Et je trouve que là, il y a eu... Et je pense qu'Emmanuel Macron a aussi, comme dit Bruno Jeudy, siffler la fin de la récréation du confinement en disant maintenant on reprend, on reprend, y compris à l'école. Il n'y
a
plus de risque pour le moment, donc il faut vraiment repartir.
Jérôme Fourquet, on avait compris que la prochaine étape d'annonce en matière de déconfinement, elle était fixée par le Premier ministre Édouard Philippe. Il y a une volonté de la part du chef de l'État d'aller un peu plus vite que s'il
y
était prévu
?
Oui, manifestement. Alors il y a sans doute un agenda politico-médiatique avec la concurrence, entre guillemets, avec son Premier ministre. Mais comme ce qui a été dit, je pense qu'Emmanuel Macron a un certain nombre de remontées du terrain à la fois en termes de décrochage scolaire et puis aussi en termes d'impact économique très grave de cette mise à l'arrêt de notre pays pendant deux mois. et il veut, comme vous l'avez dit, pousser les feux.
Et
de manière très symbolique, c'est l'école qu'on a fermée en premier. Vous vous souvenez que les premières annonces avant le confinement, c'était de fermer les écoles. Et donc le symbolique de redémarrage de la vie normale du pays, c'est que toutes les écoles de France soient réouvertes avec les problèmes techniques et logistiques
que
ça pose. Mais je pense que le président de
la
République estime permettre le luxe, un démarrage tardif. Alors, on a un petit problème de son avec vous, Jérôme Fourquet.
On
va peut-être relancer votre liaison. Arrêtons-nous sur ce qu'on a entendu dans le premier reportage aussi sur ces leçons qu'a tirées le président de la République, notamment en termes de décentralisation. Il a dit clairement, on
ne
peut plus tout décider de Paris. Typiquement, là, pour l'école,
c
'est quand même à Paris que ça se décide. Ou est-ce qu'il y aura une marge d'adaptation de la part des collectivités pour dire oui, c'est possible, non, ce n
'est
pas possible
? C
'est
intéressant
ce sujet parce que là aussi, le président fait un tête-à-queue par rapport à son début de mandat. Souvenons-nous, au début, il n
'est
pas du tout dans ce partage des tâches, des rôles avec les collectivités. Ça se passe même très mal en début de mandat avec les collectivités locales, les crises de nerfs, avec l'association des maires de France, les présidents de régions. Et là, la crise du Covid a révélé un certain nombre de pesanteurs, de lourdeurs dans l'administration centrale. Il l'a reconnu le 13 avril, il avait vraiment été très clair. Et là, il est allé un petit peu plus loin.
C
'est une des pistes qu'il ouvre qui est justement, dans cette idée d'être moins vertical et d'être un peu plus, j'allais dire, partager à la fois le diagnostic et puis peut-être trouver les bonnes solutions. Il laisse entendre qu'il va falloir revoir l'organisation de l'État. Alors, la grande loi de décentralisation, il ne
va
pas jusque là. Lui, il préfère souvent le mot déconcentration. Mais ça vaut aussi
quand même... C'est pas plus clair.
C'est pas plus clair. Mais on voit bien quand même que l'idée sous-jacente, c'est que l'État, tel qu'il fonctionne aujourd'hui, a montré ses limites. Il est un peu au bout du rouleau dans certaines administrations. Ça ne fonctionne pas. Ça fonctionne mal. Et que sur la crise, il y a des choses qui ont quand même fonctionné. Le maire, ça reste quand même quelqu'un, une administration qui est plus agile. Même les régions ont montré une certaine agilité. Alors,
il
y en a qui critiquent, qui disent oui, mais c'était juste pour distribuer des masques.
Il
n
'a
pas cité
les régions, d'ailleurs.
Non, il n
'a
pas cité les régions, mais ses proches le disent assez facilement. C'était pour se faire de la pub pour les élections l'année prochaine. Je trouve que c'est voir les choses un peu trop par l'angle politicien et que ce déconfinement a réussi parce que finalement, tout le monde s'est un petit peu mis, a été tendu vers le même objectif et qu'à un cas, suivant les régions, suivant les départements, suivant même les communes, parfois, ça a très bien marché et ça a permis de fournir, d'alléger, de mieux faire fonctionner le collectif. Ce n
'est
pas la première fois qu'il fait ce diagnostic-là. Il l'avait fait en d'autres temps, au moment donné aussi, même, je crois, au moment de la crise des Gilets jaunes. En tout cas, il y avait cette volonté dans l'acte 2 de dire on va davantage écouter, que ce soit les syndicats, les responsables locaux. Est-ce que cette fois-ci, vous pensez vraiment qu'il est en train, attention, de se réinventer, Françoise Fressos ? Parce que visiblement, c'est son objectif.
Je pense qu'il y a une chose qui semble acquise, c'est le phénomène de déconcentration. C'est-à-dire qu'il a fait le constat qu'au fond, toutes les politiques de suppression d'emplois qui ont été menées au cours des dernières années, notamment sous Nicolas Sarkozy, ont énormément dépeuplé les fonctionnaires locaux, alors qu'ils ont laissé un centre parisien assez fort.
Par exemple, les suppressions d'emplois dans la fonction
publique territoriale
? Il y a eu beaucoup de suppressions d'emplois, notamment dans les préfectures. Donc, il veut essayer de faire un mouvement de déconcentration, c'est-à-dire de mettre des fonctionnaires au plus près du terrain et pour essayer aussi de rétablir un peu le lien entre l'État et le citoyen dans le service public. Parce qu'en fait, il constate, on a vu un État qui était souvent, qui a eu des difficultés à se procurer des masques, à gérer tout ça parce qu'il n'est pas fait pour ça et qui est vécu comme très éloigné du citoyen. Donc ça, c'est acquis qu'il veut faire un grand élément de déconcentration. Après,
il
y a le sujet de décentralisation. Et là, il est toujours à dire, moi, je veux bien décentraliser, mais je ne veux pas rentrer dans le jeu des élus locaux qui, au fond, demandent des compétences et après, continuent toujours à se tourner vers l'État en disant, finalement, on n'a pas les moyens pour le faire et il faut nous aider. Donc, je pense qu'il va y avoir une discussion assez serrée avec les élus locaux pour voir. Mais il faut quand même voir aussi qu'une grande loi de décentralisation à ce moment-là du quinquennat, ça n'aura pas d'effet sur ce mandat-là. Donc, est-ce qu'il a en puissance politique pour le lancer la dernière année du quinquennat pour que ça fasse un grand effet blast ?
Je ne suis pas certaine de ça. Mais en tout cas, il a compris qu'il fallait qu'il partage le pouvoir parce qu'on demandait trop
au
pouvoir central et que ça devenait assez dangereux.
Il y a une attente là-dessus, Jérôme Fourquet ? Parce qu'encore une fois, je reviens sur cette phrase qu'est d'Emmanuel Macron lui-même, le 13 avril. Il avait expliqué qu'il voulait se réinventer lui-même. Et là, il a eu aussi des mots approchants hier soir. Est-ce que ça, par exemple, ça peut faire partie des réponses attendues par les Français ? Le fait de dire qu'on arrête de gérer de Paris et qu
'on
donne davantage de responsabilité aux collectivités, aux maires, aux régions, que sais-je
? Alors,
effectivement, déjà dans le vocabulaire que le président de la République emploie, il y
a
eu des changements puisque vous vous souvenez que les corps intermédiaires n'étaient pas forcément dans sa géographie habituelle. Et donc là, il les a expressément cités hier. Et ensuite, effectivement, c'est une attente qui est remontée dans l'opinion publique, dans les enquêtes qu'on a pu faire. Près de 70% de la population estime, c'était une enquête qui date du 11 mai au moment du déconfinement, qu'à l'avenir, il faudrait laisser plus de latitude au terrain, donc aux collectivités locales, aux associations, aux entreprises, pour prendre en charge un certain nombre de politiques ou d'initiatives.
L'affaire, par exemple, la polémique sur la fermeture ou l'ouverture des plages en Bretagne, la question, on en a parlé encore une fois, des masques ou des tests qui seraient autorisés ou non dans telle ou telle collectivité, on voit qu'on arrive au bout d'un cycle et qu'un petit peu comme il est parfois question en matière européenne quand on parle de subsidiarité, ce terme est un peu techno, mais c'est ça à quoi aspirent les Français,
c
'est-à-dire que les choses soient gérées au plus près et quelque part, cette crise du coronavirus, ça fonctionnait un petit peu comme un crash test et on a vu que l'État central n'était plus en capacité de répondre de manière rapide à un certain nombre de situations complexes. Alors après, est-ce qu'on a la capacité, comme le dit Françoise Fresseau, à décliner cela concrètement dans les deux ans qui viennent ? C'est une autre question, mais c'est sûr que cette attente de davantage de respiration aujourd'hui, elle est forte dans l'opinion.
Alors là, on est en train de faire un peu la liste des failles qu'il a reconnues dans la gestion de la crise puisque s'il a dit « nous avons bien fait », il a quand même reconnu qu'il y avait des choses qu'il fallait corriger. On a parlé de la façon dont le pouvoir est réparti en France, il a parlé d'inégalité territoriale, de la lourdeur de notre organisation et aussi de la dépendance vis-à-vis d'autres continents pour nous procurer certains produits.
Ça, c'est vrai que ça a mis les Français en colère, notamment Soazie-Kamenher quand ils se sont rendus compte qu'on n'avait pas de masse parce qu'ils étaient en Chine, qu'on n'avait pas de produits pour faire des tests parce qu'ils étaient en Chine. Et il n'a pas utilisé les mots « souveraineté », c'est important, les mots, il les a choisis, mais il a parlé d'indépendance.
Est
-ce que ça change quelque chose ou ça veut dire la même chose
? Disons
qu'il va essayer de donner des signaux sur tout un certain nombre de productions stratégiques. Quand il dit travailler plus pour une production, il y a ça qui est derrière, effectivement, c'est donner du sens à ce qui va être produit en France. Alors, il a commencé à développer ce discours depuis déjà quelques semaines, mais c'est vrai qu'est-ce qu'il aura le temps de faire en sorte qu'il y
ait
des changements visibles d'ici la fin du quinquennat ? Parce que finalement, c'est toute la question et c'est ce qu'il dit hier. Il dit, il parle des deux années à venir que je veux utiles pour la nation. Oui,
c
'est vrai. Mais il ne
lui
reste pas deux années. C'est-à-dire qu'il y aura la campagne présidentielle,
il
y aura la campagne et régionale des départementales, il y aura le vote du budget. Il lui reste très, très peu de temps à Emmanuel Macron. Donc, il a des grandes ambitions. Il y en a esquissé quelques lignes hier. Mais toute la difficulté pour lui, ça va être de faire rentrer ça au chausse-pied dans le peu de temps qui lui reste. Donc, il va falloir faire des choix. Il ne pourra pas faire tout ce qu'il a exposé hier. Donc, est-ce qu'il pourra faire la réforme dont François Spresso se parlait à l'instant, qu'on peut ramener un peu à la réforme 3D qui était portée par Jacqueline Gouraud qui devait arriver au Sénat, des concentrations, des centralisations ?
Ça, ça devait arriver cette année au Sénat. Qu'en est-il ? Pour l'instant, on n'en sait rien. Est-ce que ça, ça va être remis sur le métier ? Est-ce qu
'il
va plutôt choisir une réforme constitutionnelle ? Il ne pourra pas mener tout de fond. Là, pour l'instant, il a fait un programme très large avec un peu de programme présidentiel aussi. Mais la question, c'est quels seront les choix et qu'est-ce qu
'il
pourra dire aux Français dans presque deux ans ? Voilà, j'ai fait ça. J'ai réussi à accomplir ça. Donc, sur votre question, effectivement, est-ce qu'il pourra montrer des unités de production en France ? Alors,
je
ne
sais
pas si c'est des masques réactifs pour des tests d'ici deux ans.
En
vous écoutant,
on a
l'impression
que vous êtes en train de nous
expliquer qu'il est entré en campagne hier soir, Emmanuel Macron.
Oui, parce que c'est très, très court. Il y a quelque chose de très paradoxal dans ce qui s'est passé hier soir. C'est-à-dire qu'il s'est exprimé et puis il a dit qu'il reviendrait devant les Français au cours du mois de juillet. Donc, il a une façon de dire qu'il a encore du temps. Donc, rajouter un mois. Mais finalement, ce qui est paradoxal, c'est que c'est presque déjà très tard. 60% du quinquennat est passé. Il faut maintenant des priorités très courtes.
Certains dans son entourage disent qu'il va falloir aller par décret très, très vite pour que les Français voient encore quelque chose de l'action d'Emmanuel Macron parce qu'on est dans l'habituel moment du quinquennat où ça bascule et les gens commencent non pas à se positionner pour la campagne présidentielle, mais à se tourner en tout cas vers 2022. Et certains dans
son entourage, et on pense à certains ministres, évoquent l'urgence, l'urgence économique et l'urgence sociale. Et pour la reprise dans certains secteurs,
il
va falloir attendre. Car si les restaurants, les bars, les hôtels ont rouvert, l'activité, elle, est encore en berne car les consommateurs n'ont pas repris totalement leurs vieilles habitudes. Sans parler des touristes qui font tout simplement tourner certaines grandes enseignes et qui sont naturellement toujours absents. Reportage. Barbara Steck et Arnaud Fora.
3,
2, 1. Allez. Super.
Au
col vert,
bistrot
au cœur de Paris. Derrière les masques, on devine les sourires et le soulagement.
Après 3 mois,
on
peut mettre notre premier menu même si on a un peu ouvert avec les terrasses et qu'on a un peu vivoté en fonction de la météo.
Là,
on arrive maintenant à faire une belle carte.
Depuis ce matin, les restaurants en Ile-de-France sont autorisés à ouvrir leurs salles. Un espace qu'il a fallu réaménager.
Donc
du coup, on a un mètre entre chaque table. Donc là, on a travaillé en quinconce. Donc on perd à peu près 50% de notre capacité.
38 couverts au lieu de 80. 50% de chiffre d'affaires perdu et une inconnue. Les clients seront-ils de retour
? Que
ça soit la clientèle française, est-ce que les gens vont venir à Paris, profiter de se dire ça va être calme, on va venir visiter Paris ? Est-ce qu'une clientèle touristique, malgré l'ouverture progressive des frontières, est-ce qu'on va avoir une clientèle européenne ? Est-ce qu'on peut espérer bientôt une clientèle internationale
?
Ça, c'est au jour le jour. On est un peu obligé d'attendre, de voir ce qui va se passer. On peut moins prévoir qu'avant. J'ai beaucoup de collègues qui sont en faillite. Donc oui, on y pense. On se dit que ça va être compliqué. On se dit,
est
-ce que ce métier-là va continuer à exister, même ?
Le
secteur de la restauration s'attend à une hécatombe. 20% des établissements pourraient faire faillite.
À
quelques encablures, les galeries Lafayette ont ouvert leurs portes depuis le 30 mai. Bonjour. Le directeur connaît très bien la maison. Il y a commencé comme apprenti à l'âge de 16 ans.
C
'est assez calme par rapport à... On est vendredi 13h. D'habitude, le magasin fourmi de clients français et internationaux. Aujourd'hui, on voit que c'est assez calme.
Des
touristes internationaux qui représentent la moitié de la clientèle et qui ne feront pas tout de suite leur retour. Résultat, 1 milliard d'euros de manque à gagner. Une baisse globale de la fréquentation estimée à 60%. Des chiffres vertigineux. Le magasin subit des pertes historiques.
On
ne
va
pas compenser la totalité. C'est une évidence. En revanche, ce que l'on va faire, c'est qu'on va profiter de cette contrainte pour aller continuer à développer d'autres sources de business. Premièrement, on va se concentrer sur peut-être éventuellement des clients parisiens, franciliens, des clients français de manière générale qui ne venaient pas dans le magasin. Donc, aller les chercher et leur faire découvrir les galeries Lafayette pour ceux qui ne connaissent pas. Et puis ensuite, c
'est
l'occasion pour nous de réfléchir, quand les clients ne peuvent pas venir au magasin, comment on fait pour que le magasin vienne à eux. Et c'est là que le digital prend tout son sens.
Le
magasin mise également sur les promotions une stratégie partagée par la SNCF.
L
'entreprise ferroviaire devrait perdre 4 milliards d'euros et les réservations se font attendre. Même si ce jour-là, à la gare Montparnasse, il y a comme un air de retour à la normale.
Je suis très content,
vous
voyez. Tous les Français sont là, ils sont tous masqués. C'est super important. Moi, c'est le premier week-end où, véritablement, on voit que les Français vont commencer à vraiment partir en vacances et c'est que des bonnes nouvelles.
Un optimisme affiché qui tranche avec la réalité des chiffres.
Le
taux d'occupation des trains est d'un tiers en semaine et de moitié le week-end. Et la SNCF a même dû annuler 5% des trains cet été.
Avant le confinement, nous avions un plan de transport et après ce confinement, nous avons eu besoin d'adapter notre offre, tout simplement. Sur les réservations, nous avons ouvert les réservations de façon massive depuis le 2 juin. Donc, effectivement, nous sommes en retard par rapport à l'an dernier. C'est de l'ordre de 10 à 15% des réservations pour le mois de juillet et un peu moins de 10% au mois d'août. Donc, les Français peuvent en toute sérénité réserver. Il y a de la place. Mais c'est vrai que, par rapport à l'an dernier, on est en retard.
La
France redémarre donc lentement. Transport, restauration, commerce, tous espèrent à présent que les Français seront au rendez-vous. Des Français qui ont épargné pendant le confinement 55 milliards d'euros.
Et
sur ce sujet, il avait un discours assez volontariste. Vous l'avez dit tout à l'heure, Françoise Fresseuse, le président, sur la reprise économique. On n'était pas du tout, du tout dans la discussion, dans les mots utilisés par le Premier ministre ou par Bruno Le Maire en ce moment, qui est assez inquiet, pour le moins, de ce qui nous attend, notamment en termes d'emplois, de faillites, etc. C'est une répartition des rôles ? Non, ce n'est pas une répartition des rôles. Le président de la République est de toute façon un optimiste, un optimiste de nature. dure, il l'est tout le temps.
Et lorsque Bruno Le Maire est sans doute le premier, d'ailleurs, même le premier, pas loin d'être le premier en Europe, en tous les cas, à dire que c'est pire que la crise de 29, il le dit très tôt, avant même le confinement. Le président ne reprend jamais à lui cette expression. Le Premier ministre est un petit peu en dedans, mais il a aussi une vision assez proche de celle de Bruno Le Maire, à savoir que ça va être très dur et qu'il y a entre 15 et 20% de faillites. Il y a 55 000 faillites en France par an en moyenne.
Et
là, il
y a
à peu près 20% de plus dans les mois qui viennent. Et lorsqu'il annonce les chiffres, on parle d'une diminution de la richesse nationale d'entre 11 et 14%. Un nombre de chômeurs, comme on n'en a jamais vu, on va renouer avec entre 800 et 900 000 chômeurs. 900 000 chômeurs. Donc, c'est une France qui va être en grande difficulté économique. Et le président, lui, mais il est aussi dans son rôle. C'est-à-dire qu'il doit aussi entraîner le pays,
il
doit essayer de donner un peu d'espoir.
Il y
a des secteurs... Envie
d
'aller dans les magasins qui sont vides, on l'a vu,
par exemple.
Il y a des secteurs qui vont reprendre un peu plus vite que d'autres, mais il faut bien reconnaître que la France est dans cette situation un petit peu différente des autres pays qui fait qu'elle reprend moins vite parce qu'elle est vulnérable. Les grands secteurs qui amènent de la richesse en France, c'est ceux-là même ou la France qui sont à l'arrêt total. Le tourisme. La France, c'est 90 millions de touristes et aujourd'hui, il n'y a plus... Pour l'instant, ça ne fonctionne pas. Vous prenez le secteur de la restauration et des cafés très liés aux touristes, c'est 60 milliards de richesses nationales par an. Et là, aujourd'hui, il fonctionnait quoi ? À 20% à peu près.
Donc, la France, elle a aujourd'hui ce qui était sa force hier et aujourd'hui sa faiblesse dans la reprise. Et dans son discours, Emmanuel Macron était plutôt sur la ligne. Redonnons la confiance aux Français. On ne
va
pas dramatiser ou surdramatiser ce qui nous attend. En tout cas, ce n
'est
pas ce qu'il a joué hier
soir. Il
ne veut pas
que s'insinue dans la tête des Français qu'on est dans un déclassement et que de toute façon, on les sent tomber puisque maintenant, on a décroché par rapport aux autres. Donc, il était plutôt sur un discours. Ce qui était frappant aussi, c'était sans arrêt le couple liberté-responsabilité. Il veut, il estime qu'au fond, on est resté pendant deux mois administré par l'État parce que c'était le confinement et que maintenant,
il
faut redonner l'initiative de la liberté. C'est pour ça aussi qu'il a tellement mis en valeur tout ce que les Français ont pu multiplier comme initiative pendant le confinement quand ils arrivaient à se débrouiller. Alors, l'autre chose...
Il dit
travailler plus.
Il dit en français, il va vouloir travailler plus. Qu'est
-ce que ça veut dire ?
Ça veut dire qu'ils ont essayé d'élaborer un peu la sortie de crise et ils récusent toute idée d'augmenter les impôts. Et donc, ils disent, pour essayer de... Au fond, de... Ils ont mis près de 460 milliards d'euros de fonds publics pour éponger la crise qui est énorme. Donc, les déficits explosent à plus de 10%. Et donc, ils se disent, comment est-ce qu'on peut essayer de résorber ces déficits ? C'est en essayant de faire une croissance, de retrouver au plus vite possible la croissance. D'où le slogan « Travailler et produire davantage ». Immédiatement, vous avez vu les réactions, c'est « Ouh là là, Patouche, autant de travail, qu'est-ce qu'il est en train de nous
faire ? » C'était pas ça l'idée.
Non, l'idée, c'est que je pense qu'ils veulent essayer de faire de la flexisécurité dans l'entreprise. Ils essayent de monter quelque chose avec le patronat et la CFD c'est essayer d'au fond qu'il
y
ait des négociations au plus près de l'entreprise pour faire en sorte que pendant cette période compliquée, on sauve un maximum d'emplois quitte à ce que ce soit du temps partiel et qu'on ouvre des perspectives, c'est-à-dire qu'il pourrait y avoir par exemple du temps partiel, donc un peu moins de salaire, mais avec un peu plus d'intéressement et de participation pour la suite. Mais on voit bien que c'est très compliqué parce que déjà, les syndicats ont dit « Nous, on ne veut pas que les salaires baissent ». Donc ça va être une discussion très compliquée.
Mais
en tout
cas, l'idée… En tout cas, ce que je
retiens de ce que vous expliquez, Françoise Frasso, sur la méthode, ce n
'est
pas le travailler davantage,
«
Allez,
il
va falloir… » C'est « On va négocier dans les entreprises pour passer ce moment difficile »
Ce
qui est compliqué,
c
'est qu'au temps de la CFDT, elle, elle a toujours plaidé pour que la négociation se fasse au plus près de l'entreprise. Mais vous avez par exemple FO qui préfère la branche. Donc ils essayent de jouer sur tous les tableaux, l'accord interprofessionnel, les négociations de branche et d'entreprise. Mais alors, s'ils arrivent à faire ça, ça veut dire que vous pouvez essayer de créer au fond une association entre l'employeur et le salarié autour de la sauvegarde de l'emploi. Mais
moi,
j'entends les réactions et tout de suite, ça a été porté sur « On ne veut pas toucher au salaire, on ne
veut
pas baisser les salaires. » Et donc, il
y
a une grande méfiance, même par rapport à cette espèce d'accord qui est entrevu.
Jérôme Fourquet, ça va être difficile à défendre, travailler plus, travailler davantage.
Jérôme
Fourquet
?
Oui.
Vous ne m'avez pas entendu, alors je vais peut-être vous
reposer ma question. Non ?
Les Français ne peuvent pas travailler davantage, c'est ça ? C
'est difficile d'être à distance.
Est
-ce qu'aux yeux des Français, ça va être difficile à défendre que la réponse à cette crise, ce soit de dire qu'il va falloir travailler davantage
? Je
pense que les enquêtes montrent.
On
ne saura pas ce que les enquêtes montrent. C'est dommage. Je vous pose la question à vous, Sazic Kemener, je ne
sais
pas si vous avez les sondages entre les mains de Jérôme Fourquet, mais c'est vrai qu'on a entendu des réactions assez épidermiques, alors beaucoup de responsables politiques, mais aussi des responsables syndicaux, dire comment ça, ça peut être la réponse à la crise qui vient
? Oui,
parce que la grande peur, c'est la multiplication des accords de compétitivité avec effectivement la promesse de sauvegarde de l'emploi en échange de baisse de salaire ou bien de réduction de RTT, par exemple. Et c'est vrai qu'on voit bien la réaction de Laurent Berger, par exemple, qui dit non, mais ce n
'est
pas travailler plus, c'est travailler tous, et ce sera ça la question essentielle dans les mois qui viennent, vu le nombre de chômeurs. Bruno Jeudy donnait tout à l'heure le chiffre qui donne le tournis, 900 000 personnes supplémentaires suite à la crise, 900 000 chômeurs supplémentaires. Donc effectivement, il
y
a une bataille qui va se jouer sur les termes, sur les choix qui vont être faits. Et on voit bien que les syndicats sont vent debout contre ces accords. Alors il y
a
déjà quelques exemples, on en a entendu depuis le début de la crise, mais c'est vrai qu'on entend aussi des voix, je pense à Arnaud Montebourg, notamment, qui mettait en garde vendredi matin, alors ce n
'est
plus un responsable politique, mais c'est un ancien ministre de l'économie, et il expliquait qu'en général, quand il y a ces accords-là, c'est qu'on finit de toute façon par arrêter l'activité et que de toute façon, c'est un marché de dupe. Alors c'est porté par toute une partie de la classe politique, pas toute la classe politique, mais en tout cas, c'est un discours qui va être très difficile à imposer dans le champ politique français.
Je
vais essayer de redonner la parole à Jérôme Fourquet, je croise les doigts. Eh bien non,
ce
sera un échec total, désolé, on va quand même réessayer d'ici à la fin de l'émission, vous m'entendez ou pas ?
Est
-ce que...
Oui,
je vous entends. Alors allez, c'est à vous.
Alors, reposez-moi la question s'il vous plaît.
Non, la question c'était de savoir si à votre avis ce sera bien perçu par les Français, puisqu'on commentait les mots du président de la République qui dit qu'il va falloir travailler davantage.
Alors,
effectivement, dans les enquêtes, pour l'instant, ce n'est pas l'état d'esprit de nos concitoyens, notamment pas l'état d'esprit de ceux qu'on a appelés les premières lignes qui ont été très actifs pendant cette crise et qui attendent, conformément aux annonces et aux déclarations présidentielles faites pendant le confinement, une rétribution financière et symbolique.
Et donc, si au lendemain du confinement à tous ces Français-là on leur dit qu'en fait, il va falloir travailler davantage, pas forcément pour un salaire complémentaire ou faire un certain nombre de sacrifices en termes de journée de congé ou de RTT pour rendre le pays le plus dynamique, je pense qu'il y aura un malentendu qui sera très...
Et
puis le deuxième point,
vous
l'avez montré dans vos reportages, pour travailler davantage, encore faut-il qu'il
y ait
un carnet de commandes qui soit relativement fourni. Et pour l'instant,
on
voit que de très nombreux secteurs n'ont pas forcément les clients et les commandes pour faire travailler davantage leurs salariés. Reconstruction économique du pays, une reconstruction écologique, solidaire. Il parle de rénovation thermique des bâtiments, des transports moins polluants, des industries vertes. Est-ce qu'il va renverser la table ? Quand on voit le chemin qui se dessine, on se dit que ce n
'est
pas loin de ce qu'il avait proposé au début de son mandat
? En
tous les cas, ce n'est pas très disruptif et c'est, j'allais dire, un peu classique, à ceci près quand même qu'il confirme son idée d'intégrer l'écologie dans la reconstruction. Ce n'était pas forcément gagné. Après la crise de 2008, on a Nicolas Sarkozy qui nous dit à l'époque que
l
'écologie,
ça
suffit. Au fond, 12 ans plus tard, les choses ont changé, la crise s'est aggravée sur ce plan-là. Mais là, Emmanuel Macron nous promet de tenir compte de la transition écologique et d'aller plus vite en la matière. Alors, il a aussi un peu l'obligation de l'Union européenne puisque le plan aussi d'aide de la Commission pour les entreprises, c'est des conditions écolo, des conditions de transition. Les grandes boîtes qui soumettent une demande d'aide, notamment, je pense, aux compagnies aériennes, je pense au secteur automobile, elles doivent absolument intégrer la transition écologique. Donc, il y
a
aussi une obligation. Après, c'est vrai que quand vous voyez tout ce qu'il nous dit écologique, souveraine, sociale, solidaire, moi, ça m'a fait penser à Jacques Chirac qui cochait toutes les cases dans ses discours et puis après, débrouillez-vous avec ça et puis bon, on passait à la promesse suivante avec le discours qui suivait. J'espère que ce ne sera pas le cas avec Emmanuel Macron.
C'est vrai que, Soisic-Caiménère disait, il reste deux ans, on sait bien qu'en fait, de fait, il reste 12 à 15 mois parce que la dernière année il sera consacré à la campagne et par moment, on avait quand même l'impression d'entendre peut-être plus un président candidat à sa réélection hier soir qui a un président totalement tourné parce qu'il n'oublie pas, parce que quand il parle d'indépendance, de souveraineté, bon, il envoie des messages politiques vers une certaine catégorie de la population et puis quand il parle du travailler et produire davantage que Françoise détaillait,
ça c'est à la
droite.
Et
clairement, on sait que la matrice macroniste aujourd'hui, elle penche à droite donc il continue à essayer et on n
'a
pas parlé de la fin de son discours, une partie de son discours qui était totalement tournée vers les questions de communautarisme et de
république
et là, c'était vraiment cranté vers la droite. Eh bien justement, on va en parler de la fin de son discours. Il était attendu sur ce sujet après un nouveau week-end de manifestations, celle des mouvements contre le racisme et les violences policières et celle des policiers eux-mêmes après les déclarations de Christophe Castaner. Emmanuel Macron a tenté la position d'équilibre défendant les policiers et la république et mettant en cause ceux qui instrumentalisent la lutte contre le racisme. Sans surprise, ce matin, la colère était encore intacte. Victoria Roussel, Emilia Davidin.
– Un
geste symbolique. Menottes et brassards au sol, dos à la tour Eiffel. Des centaines de policiers ont manifesté hier sur l'esplanade du Trocadéro. Pourtant, quelques heures plus tôt, Emmanuel Macron leur avait tendu la main.
– Sans
ordre républicain,
il
n'y a ni sécurité
ni
liberté.
Cet
ordre,
ce
sont les policiers et les gendarmes sur notre sol qui l
'assurent. Ils
sont exposés à des risques quotidiens en notre nom.
C
'est pourquoi ils méritent
le
soutien de la puissance publique
et
la reconnaissance de la nation.
–
Insuffisants selon les policiers.
Les
accusations de racisme et de violence à leur rencontre ont réveillé une colère profonde.
– Trop
peu de personnes nous ont soutenus alors que nous sommes là pour protéger et servir la population. Donc à partir de ce moment-là, nous aurions aimé davantage de soutien. Nous aurions aimé que le président de la République parle davantage de nous sur les sujets que l'on connaît, sur le respect de notre fonction, des réponses pénales fermes contre ceux qui agressent et qui insultent les policiers. Le respect de la présomption d'innocence comme chaque citoyen, nous ne sommes pas des sous-citoyens, nous avons le droit aussi, nous, policiers, à la présomption d'innocence comme le respect de nos conditions de vie et de travail.
– Mécontentement
du côté de la police mais aussi des manifestants. Samedi dernier, ils étaient encore 15 000 à manifester place de la République à Paris, notamment à l'appel de la famille d'Adama Traoré.
eux
aussi attendaient un geste du président.
–
Il a tenté de rassurer
la
police
mais
il
n
'a pas tenté de rassurer les familles de victimes de violences policières, les citoyens qui aujourd'hui ne font plus confiance à cette police
et
qui ne font plus confiance aux représentants politiques du pays.
–
D'autant qu'hier, une autre phrase du président a particulièrement attiré l'attention.
–
Je vous le dis très clairement ce soir mes chers compatriotes,
la
République n'effacera aucune trace ni aucun nom
de
son histoire.
Elle
n'oubliera aucune de ses œuvres. Elle ne déboulonnera pas de statue.
– Une
référence à la polémique qui vise notamment une statue de Colbert devant l'Assemblée nationale.
–
L'histoire retiendra qu'il a apporté son soutien à une statue d'esclavagiste. sur Colbert par exemple devant l'Assemblée nationale, c'est quelque chose qui n'est pas glorieux.
Et
par ailleurs, sur la forme, il faut rappeler à M. Macron qu'il n'est pas décisionnaire en la matière. Les noms de rue par exemple dépendent des mairies. Les noms de lycées dépendent des proviseurs ou des conseils régionaux. La statue de l'Assemblée dépend de l'Assemblée. Donc il n'est pas en capacité de prendre des décisions sur ces questions. Quand il dit « la République ne déboulonnera pas », je lui réponds « la République, ce n'est pas vous ».
Alors,
comment faire pour apaiser les tensions ?
L
'exécutif aurait plusieurs pistes.
Hier,
la porte-parole du gouvernement proposait par exemple de rouvrir le débat autour des statistiques ethniques. Elle permettrait au fond de réconcilier parfois deux rives de notre société qui s'écharpent éternellement. Ceux qui vous disent « les Noirs et les Arabes, les personnes de couleur n'ont accès à rien
»
et ceux qui vous disent « au fond, il n
'y a
pas besoin qu'ils aient accès à quoi que ce soit, le problème ne se pose pas
». Une
question qui divise au sein même de la République en marche. Après Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, Emmanuel Macron a fait savoir à son tour qu'il était défavorable à ce stade à l'ouverture de ce débat.
Je
me tourne vers vous, Jérôme Fourquet. Que disent les Français sur ce débat ? On entendait dans le reportage ce membre du collectif Traoreux qui disait « les citoyens n'ont pas confiance » dont la police utilisait des mots à peu près équivalents à ce que je viens de prononcer. Où sont les Français dans ce don ? À la fois la colère des policiers, qu'est-ce qu'ils en disent, et à la fois dans la colère de cette France qui ne se sont pas représentée et qui se sont méprisées par la police.
Alors,
si on se porte d'abord sur l'image que l'institution policière a bénéficie auprès des Français, c'est encore une image qui est grandement positive et très majoritaire, même si elle a baissé depuis ses affaires. Mais elle est encore très majoritaire. Pour ce qui est des violences policières, effectivement, ça a marqué l'opinion
et
donc on voit qu'il y
a
une partie de la population qui soutient
ce
collectif et donc Emmanuel Macron a essayé de concilier
ces
deux contraires en
faisant
cette fois pas forcément du « en même temps » parce que la ligne a quand même été assez claire et il a quelque part assez désavoué son ministre de l'Intérieur
en
prenant un soutien assez ferme
à
l'égard des forces de l'ordre. D'ailleurs, au moment où ces propos ont été tenus,
on
a appris ce matin que des échaufferées assez violentes
avaient
eu lieu à Dijon et à Nice
entre
des membres de la communauté tchétchène et des dealers ou des habitants de certains quartiers. Et donc, on voit bien que cette parenthèse qui a été le confinement
aujourd
'hui est en train de se refermer et que les problèmes d'ordre public, de banlieue
que
nous avions laissés sur pause pendant le confinement sont revenus
à
la surface et de la même manière que pendant les Gilets jaunes,
le
pouvoir politique avait eu grandement besoin des forces de l'ordre pour faire face à cette tension sociale,
le
pouvoir politique aujourd'hui a besoin de sa police parce qu'on est dans une société qui est quand même extrêmement tendue.
Les
problèmes sont revenus très vite, disait Jérôme Fourquet. Cette question, le discours de Macron a-t-il rassuré la police et la gendarmerie ? Alors, on a vu qu'il
y
avait certains syndicats qui continuent à manifester dès hier soir, dès après les propos d'Emmanuel Macron qui attendent plus mais quand même c'était bienvenu pour la police.
Ils
étaient un petit peu divisés dans leur réaction. Une partie de la police, j'ai entendu le responsable du syndicat des commissaires disait que les mots étaient les bienvenus. Maintenant, les syndicats attendent des actes. Ils sont maintenant en discussion, même confrontation avec leurs ministres qui s'est montré au-dessus des syndicats parce qu'on critique souvent les ministres de l'intérieur. En gros,
on
dit à l'intérieur maintenant, le ministre co-gère la police, les forces de l'ordre. Ce sont d'immenses bataillons dans un ministère où les syndicats sont très importants.
C
'est probablement la profession la plus syndiquée en France. Donc, je crois que ce n
'est
certainement pas terminé pour Christophe Castaner et les discussions, négociations avec les syndicats de policiers qui veulent qu'il renonce à un certain nombre de choses qu'il avait annoncées. S'agissant d'Emmanuel Macron, il a été dans son rôle. Il les a plutôt rassurés par les mots. Maintenant, on verra les actes du ministre. Moi, je crois surtout qu'Emmanuel Macron, sur cette partie-là de l'intervention, c'est où il a été à mon sens le plus convaincant. Il n
'a
jamais été aussi net lorsqu'il pointe les séparatistes qui dévoient le combat antiraciste. Il pointe bien le risque de communautarisme en France. Emmanuel Macron a changé sur cette question et maintenant, il a changé de manière nette. J'ai envie de vous dire qu'à ce soir, c'était presque parfait. Il manquait juste le mot laïcité et c'était quasiment pas du point de vue de ce qu'on faisait comme critique à Emmanuel Macron au début du mandat. Mais là, il a été clair,
il
a été net et en plus, on voit bien qu'il sait, lui, il a besoin d'incarner l'ordre et la
République.
Et les gens, qu'est-ce qu'ils voient ? Ils voient les Tchétchènes et les Maghrébins, je ne
sais
pas où se confronter.
Ils
voient à Dijon, ils voient les policiers manifester, beaucoup de désordre.
Et
nous revenons maintenant à vos questions.
Je
ne connais même pas le nom de notre ministre de l'écologie. Comment croire que l'environnement est une priorité pour Emmanuel Macron, soit Zik Kemener
?
Oui, effectivement. Alors la ministre de l'écologie, c'est Elisabeth Borne, mais c'est vrai que malgré le tournant qui était annoncé pour l'acte 2 du quinquennat, le fameux acte 2 qui est presque morné, on nous annonçait un moment de discussion, un moment d'écologie. C'est un peu d'ailleurs ce qui est promis pour ce nouvel acte qui semble s'ouvrir dans la bouche d'Emmanuel Macron. Alors il y
a
eu quelques rendez-vous,
il
y
a
eu des choix écologiques qui ont été faits et puis très vite, le cours du quinquennat a repris le dessus.
Il
y a eu la réforme des retraites,
il
y
a
eu cette crise du Covid et puis dans le même temps, il y a cette conférence pour le climat dont on attend les conclusions et Emmanuel Macron doit en tout cas prendre une décision, est-ce qu'il y
aura
un référendum ou pas ? C'est là où on saura vraiment s'il a retenu quelque chose de toute cette période de discussion autour de l'écologie.
La crainte d'une deuxième vague expliquerait-elle la timidité de la reprise
?
Alors je ne sais pas qu'est-ce que vous en pensez ?
Vous
n
'êtes
pas épidémique ?
Oui,
ça c'est évident. De toute façon, la crainte d'une deuxième vague et surtout la crainte qu'on n'ait pas encore maîtrisé l'épidémie fait que la reprise de toute façon ne peut pas être intense. On voit bien les histoires, les problèmes qu'il y a eu à l'école où on n'a pas déconfiné rapidement et où en septembre on prendra encore des précautions. Et puis c'est vrai que le gouvernement a très peur de se retrouver confronté en septembre-octobre à une résurgence de l'épidémie et c'est la raison pour laquelle ils essayent tellement d'avancer vite sur les vaccins et d'essayer d'avoir des garanties pour qu'on s'en procure.
Mais je crois que sur ce point-là, c'est peut-être le manque actuellement peut-être pas forcément du président mais du gouvernement c'est de donner on sait que si jamais il y a une vague 2 ce ne sera pas la même chose il n
'y
aura pas un confinement
complet
et ils ne donnent pas de piste justement comment ils vont confiner autrement ils vont trier autrement on a plus de choses Il
aurait pu le faire
? Je crois qu'à un moment il faut le dire à la population ça serait un moyen de rassurer justement les Français en disant la vague 2 on sera prêt. Le confinement m'a convaincu de moins dépenser et d'épargner plus je le dis sans aucune honte dans ces conditions Jérôme Fourquet ça ne
va
pas être facile de relancer
l
'économie ?
Oui
alors c'est pas facile de relancer d'une part parce que pour rebondir sur la question précédente on a encore deux tiers des Français qui
sont
inquiets face au risque de contamination
c
'est pour ça qu'une partie de la population ne remet pas ses enfants à l'école ne va pas faire des emplettes dans les boutiques ou les restaurants
et
puis par ailleurs
on
a aussi une partie de la population qui va être sur de l'épargne de précaution les 60 milliards qui ont été mis de côté
ils
ont été mis de côté parce que certains s'attendaient
à
des jours difficiles là ce qui est en train de se passer c'est qu'on a une polarisation de la société
entre
une partie de la population qui va être sur une thématique environnementale cette crise nous a montré qu'il fallait faire autrement
et
puis une partie importante de la population qui dit mais nous on n'a rien fait de mal et on aspire à reprendre le cours normal de nos vies et donc dans les mois qui viennent on va avoir cette tension par exemple sur la question de l'automobile est-ce qu'il faut encore restreindre la place de l'automobile dans les villes ou sur d'autres types de consommation qui peuvent paraître un peu parfois surabondantes
et
donc on va avoir cette polarisation du pays qui ne
va
pas être évidente
avec
des catégories qui ne sont pas dans la même situation sociale
Pourquoi
Emmanuel Macron n'a-t-il pas été plus précis sur les mesures et les changements à venir ?
Alors je pense qu'il n'a pas toutes les cartes en main d'abord souvenez-vous qu'il a demandé au président de l'Assemblée nationale du Sénat et du CESE de lui faire une contribution pour savoir un peu ce qu'eux voudraient qu'on fasse dans une sorte de concorde nationale et donc il n'a pas encore reçu les textes ensuite toute la négociation sociale aujourd'hui autour des accords dont on parlait tout à l'heure de l'activité partielle on ne sait pas encore si ça va déboucher ou pas donc il teste un peu une série de solutions et puis je pense qu'il n'a pas encore complètement mûri la direction vers laquelle il veut aller donc il y a quelques pistes c'est travailler plus pas de hausse d'impôt peut-être remettre la réforme des retraites donc il y
a
quelques pistes comme ça sur l'écologie on attend son intervention devant la convention citoyenne donc il n
'y
a pas toutes les cartes et je pense qu'il essaye aussi de tester à travers ses interventions télévisées de voir un peu sur quoi réagissent les français vous savez c'est ce qu'on appelle la politique des ballons d'essai vous lancez quelque chose puis vous voyez comment ça réagit parce qu'au fond le chemin est extrêmement étroit et qu'une fois qu'il l'aura pris il ne pourra pas retourner en arrière
remaniement
dissolution démission on a lu tout ça dans la presse de
tous les outils
révision constitutionnelle mais il a toutes ces cartes possibles sur la table alors bon il y en
a
certaines on sait que Jacques Chirac on sait qu'il y en a au moins deux qui sont très dangereuses la dissolution et le référendum la démission moi j'y crois assez peu je crois que ça se terminera probablement soit par un remaniement sans changement de Premier ministre et auquel cas ça n'intéresse pas beaucoup les Français la seule chose qui vraiment peut marquer c'est un changement de Premier ministre parce que c'est une incarnation c'est une nouvelle politique qui s'ouvrirait et là on rentre dans une autre problématique qui est le sort d'Edouard Philippe qui n'a pas démérité et qui n
'a
pas été tranché le sort d'Edouard
Philippe
et qui n'est pas tranché au moment où nous parlons un satisfait site alors que la France a manqué de masques certains détruits en 2020 et de respirateurs au plus fort de la pandémie
s
'interroge Pierre dans le Var Soazic-MNR
effectivement je pense que quand le président de la République s'est exprimé hier soir il y avait énormément de Français devant leur poste et certains ont dû se demander pourquoi ils s'autorisaient cette auto-satisfaction alors qu'eux sont restés sur le début de la crise et la façon dont la France a finalement très mal géré le début de la crise et encaissé le choc de l'épidémie alors qu'il
y a
un choc mondial donc c'est là-dessus que le président de la République n'a pas trop envie d'insister et il veut passer à autre chose c'est-à-dire expliquer comment à ses yeux le confinement était une excellente réponse et une excellente solution et à quel point le déconfinement a été bien géré et à quel point on peut recommencer à vivre normalement mais c'est sûr que cette histoire de masques et de tests va rester dans le débat public pendant encore des mois et des mois
Que
nous disent les sondages d'opinion sur les oppositions quelqu'un profite-t-il de la baisse de popularité d'Emmanuel Macron
?
C'est une question pour vous Jérôme Fourquet
Oui
alors pour l'instant on n
'a
pas d'illustration d'un opposant qui aurait bénéficié grandement de cette séquence on verra ce qu'il en sera aussi il
y
a les sondages mais aussi les élections ça compte au moment des municipales du deuxième tour
pour
l'instant on n
'a
pas le sentiment que le paysage politique soit grandement bouleversé personne n'a vraiment tiré son épingle du jeu
peut
-être qu
'il
y
a
quand même quelque chose qui se passe du côté de l'écologie politique puisque cette crise pour beaucoup a été analysée et perçue comme ayant des racines écologiques mais sinon les oppositions habituelles le Parti Socialiste les Républicains le Rassemblement National ou la France Insoumise
sont
dans une situation qui est à peu près celle
qui
prévalait avant le confinement et avant cette parenthèse tout
semble
quand même aller vers le sens d'une analyse
d
'un confinement qui est joué comme une espèce de grande pause générale
et
on retrouverait
les
problématiques qu'on avait connues avant y compris sur le plan électoral
En
moins de deux ans et sans la confiance des Français que peut faire Emmanuel Macron qu'il n'ait pas fait en trois ans ?
C
'est une question pour vous
la
seule chose qu'il puisse faire c'est essayer d'identifier les quatre cinq sujets sur lesquels même si des oppositions se manifesteront ça sera utile pour le pays et c'est vrai que par exemple reconstruire une certaine souveraineté autour par exemple des vaccins des médicaments ça je pense qu'il peut le faire sans qu'on lui reproche quoi que ce soit ensuite ce qui est beaucoup plus compliqué pour lui c'est d'essayer de retrouver une cohérence de son quinquennat on voit quand même que tout son discours c'est de dire on n'a pas démérité on ne va pas renoncer à nos objectifs de départ simplement il faut les adapter alors que tous les résultats sur lesquels il tablait pour appuyer son quinquennat ont complètement disparu
Il n'y aura pas
ni virage à droite ni virage à gauche
?
Je ne pense pas On le voit d'ailleurs dans la gestion de la crise des jeunes et de la police ça a été très une recherche d'équilibre avec dénonciation du racisme et soutien à la police Il
faut
surtout
qu
'il
essaie d'effacer les mauvais souvenirs de ce quinquennat
De
son quinquennat ? Merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h55 On se retrouve demain Belle soirée
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