"L'Etat doit arrêter de sous-traiter les services publics" selon le co-président des maires ruraux du Haut-Rhin
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:08OuverteRéponse directe
Pour réagir à cette enquête que vous dévoilez ici à Alsace ce matin, 6 Alsaciens sur 10 sont satisfaits de la présence des services publics là où ils habitent.
- 0:19OuverteRéponse directe
Bonjour Benjamin Ouain-Morales. Vous êtes le maire de Zimmerbach aussi, ce chiffre il chute à 1 Alsacien sur 2 en milieu rural.
- 0:26OuverteRéponse directe
J'imagine que ce chiffre vous fait réagir.
- 1:32RelanceRéponse partielle
Des maisons France Service ont été créées par l'État, avec les communes. Il y en a 22 dans le Haut-Rhin, 28 dans le Bas-Rhin. Est-ce que c'est la solution ou est-ce que ça ne répond pas à toutes les problématiques aujourd'hui ?
- 3:41RelanceRéponse directe
Quelle est la solution selon vous ? Parce que là vous faites le constat des problèmes, mais quelle est la solution selon vous ?
- 4:09RelanceRéponse directe
Comment on fait alors que le gouvernement prévoit plus de 50 milliards d'euros d'économies dans le budget 2027 ? C'est une équation presque impossible ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Invité politiqueChiffre
« en 2016, vous aviez 4 Français sur 10 qui déclaraient rencontrer des difficultés dans leurs démarches administratives. Aujourd'hui, il y en a 6 sur 10. »
- 0:57Invité politiqueChiffre
« il y a 2 Français sur 10 de plus qui, en 10 ans, déclarent rencontrer des difficultés dans ces démarches administratives. »
- 2:23Invité politiqueChiffre
« le fonctionnement d'une maison France Service en milieu rural représente environ 80 000 euros par an. »
- 4:39Invité politiqueFait
« une collectivité n'a pas le droit de s'endetter pour son fonctionnement. »
- 4:53Invité politiqueFait
« le trou de la Sécu est abyssal »
- 5:01Invité politiquePromesse
« il est hors de question que les économies soient faites, premièrement sur le dos des collectivités qui sont bien gérées, et deuxièmement sur le dos de ceux qui bossent, ou qui ont travaillé, par exemple les retraités. »
Temps de parole
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7h46, en cette journée spéciale sur les services publics, le co-président des maires ruraux du Haut-Rhin est l'invité ici à Alsace ce matin,
Sophie.
Pour réagir à cette enquête que vous dévoilez ici à Alsace ce matin, 6 Alsaciens sur 10 sont satisfaits de la présence des services publics là où ils habitent. Bonjour Benjamin Ouain-Morales. Bonjour. Vous êtes le maire de Zimmerbach aussi, je le précise, ce chiffre il chute à 1 Alsacien sur 2 en milieu rural. J'imagine que ce chiffre vous fait réagir.
Oui
absolument, même qu'il y a un autre chiffre qui nous préoccupe à l'Association des maires ruraux, c'est qu'en 2016, vous aviez 4 Français sur 10 qui déclaraient rencontrer des difficultés dans leurs démarches administratives. Aujourd'hui, il y en a 6 sur 10. Donc ça veut dire qu'il
y
a 2 Français sur 10 de plus qui, en 10 ans, déclarent rencontrer des difficultés dans ces démarches administratives. Donc il y
a
un vrai problème d'accès aux services publics, l'accès aux services publics de base, la poste, la caisse d'assurance maladie, l'accès bancaire. Mais aussi les services publics en termes de santé, parce qu'il y a une désertification médicale très inquiétante. Dans le Haut-Rhin, évidemment, c'est la question des trois frontières,
c
'est la question du Chungo, c'est la question des vallées.
Et c'est d'ailleurs dans le Haut-Rhin, justement, que l'insatisfaction est la plus forte face aux services publics dans le Grand-Est. Pour effectuer les démarches auprès de la CAF, de l'État civil, vous avez cité aussi les impôts ou France Travail. Des maisons France Service ont été créées par l'État, avec les communes. Il y en a 22 dans le Haut-Rhin, 28 dans le Bas-Rhin. Est-ce que c'est la solution ou est-ce que ça ne répond pas à toutes les problématiques aujourd'hui
?
Alors, France Service, c'est une très bonne chose, et c'est même une très bonne chose. Et je veux saluer tous les agents qui font ce travail remarquable au quotidien de tous les services publics qui sont réunis au sein des maisons France Service. Mais derrière cette réussite, je crois qu'il faut regarder une réalité qui est beaucoup moins réjouissante. France Service est devenue indispensable parce que l'État s'éloigne progressivement de nos territoires. France Service, c'est le symptôme que l'État sous-traite des missions de services publics essentielles qui lui reviennent, qui sont régaliennes aux différentes collectivités.
Je vous prends quelques exemples, c'est qu'aujourd'hui, le fonctionnement d'une maison France Service en milieu rural représente environ
80
000 euros par an. sur les 80 000 euros par an, il y
en
a la moitié
qui
sont financées par les collectivités qui portent
les
maisons France Service. Donc ça veut dire qu'en fait, l'État sous-traite
de
façon de plus en plus fréquente
ses
missions aux différentes collectivités.
Ce que vous reprochez à l
'État, c'est de se décharger de ses missions finalement.
Absolument, c'est vrai aussi pour les questions de sécurité. Vous avez hélas une baisse des forces de l'ordre, une baisse des effectifs, une baisse de la présence de gendarmes dans nos différents villages. Et que nous demande l'État, c'est de mettre des caméras pour sécuriser à la place de l'État, via des caméras et pas via des gendarmes, nos différents villages. Et cette sous-traitance des missions de l'État aux différentes collectivités, ça c'est quelque chose que nous déplorons. Donc si nous saluons l'initiative des maisons France Service, nous déplorons qu'elle révèle une sous-traitance de l'État aux différentes collectivités sans évidemment les moyens financiers qui vont avec.
Si je
prends encore une fois l'exemple des maisons France Service...
Quelle est la
solution
? Parce que là vous faites le constat des problèmes,
mais
quelle est la solution selon vous
?
C'est évidemment que tout le budget de l'État soit réorienté des choses qui sont moins essentielles vers ce qui est essentiel. Et ce qui est essentiel, ce sont les services publics de proximité. Donc évidemment les impôts de proximité, la poste de proximité, l'accès bancaire de proximité, sans même parler évidemment des médecins généralistes, des médecins spécialistes.
Comment on fait alors que le gouvernement prévoit plus de 50 milliards d'euros d'économies dans le budget 2027 ? C'est une équation presque impossible ?
C'est assez simple au fond. Vous avez trois secteurs qui contribuent à la dépense publique. Vous avez les collectivités territoriales, vous avez la sécurité sociale, vous avez l'État. Est-ce que le problème budgétaire du pays est imputable aux collectivités territoriales ? Non, parce qu'il a quelque chose de très sain, de très bon,
qui
s'appelle la règle d'or. Une collectivité n'a pas le droit de s'endetter pour son fonctionnement.
Et
donc ça veut dire que la cause du déficit, et donc les responsables à la fois du déficit, et donc de l'effort à fournir, c'est la Sécu, parce que le trou de la Sécu est abyssal, et c'est l'État.
Et
donc,
la
situation est très claire. Dans le budget qui vient, et je m'y engage aussi en tant que sénateur et au Rhin, il est hors de question que les économies soient faites, premièrement sur le dos des collectivités qui sont bien gérées, et deuxièmement sur le dos de ceux qui bossent, ou qui ont travaillé, par exemple les retraités. Voilà, donc c'est à la Sécu de résorber son F-Cite, le trou de la Sécu, et évidemment à l'État d'être mieux géré et de réduire son train de vie.
Merci Benjamin Ouain-Morales d'avoir été en direct avec nous ce matin. Je rappelle que vous êtes coprésident de l'association des maires ruraux dans le Haut-Rhin, et sénateur du Haut-Rhin, je le précise aussi. Merci beaucoup. Merci beaucoup. Journée spéciale dédiée à la qualité de nos services publics. En êtes-vous satisfait ? Vous réagissez sur WhatsApp en ce moment, 0388 25 15 15, et plus largement tout à l'heure, entre 9h et 10h, aux côtés de Charlie Weber. Justice, santé, école, cantine, tout ça, ce sont les services publics.
Moi j'ai une pensée pour les agents qui se sont mobilisés dimanche matin aux Aurores pour nettoyer les rues partout en France, les rues qui avaient été plutôt, on va dire, violentées, un peu chahutées. Oui,
c
'est un mot plutôt mignon, effectivement. Donc une grosse pensée pour eux, et si vous souhaitez vous exprimer une nouvelle fois, notre WhatsApp 0388 25 15 15.