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Discours / meetingFrançois-Xavier Bellamy· 15 novembre 2021 5 minAutoproduitActualité / polémiqueImmigration & asileEurope & internationalSécurité

Soutenir la Pologne face à la crise migratoire

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:00Invité politiqueFait
    « La Biélorussie, dirigée par un dictateur, Monsieur Loukachenko, utilise la fragilité européenne bien connue, comme Erdogan l'a fait avant lui, pour tenter de nous déstabiliser. »
  • 0:00Invité politiqueFait
    « Il a massé des milliers de personnes qu'il a fait venir - d'Irak notamment - à la frontière avec la Pologne, qui menacent aujourd'hui de rentrer illégalement sur le territoire polonais. »
  • 0:39Invité politiqueFait
    « Nous résistions aux attaques qui étaient portées contre l'agence Frontex, l'agence européenne qui est chargée, justement, de conforter le travail que font les pays pour maîtriser leurs frontières. »
  • 1:16Invité politiqueFait
    « Il n'y a pas d'autre manière de préserver les droits fondamentaux que de maîtriser ses frontières. »
  • 1:59Invité politiqueFait
    « L'Union européenne est-elle encore une "union" quand on considère qu'un État membre qui est victime d'une attaque est coupable de ce qu'il subit ? »
  • 2:42Invité politiqueFait
    « nous devons l'aider matériellement ; nous devons aider la Pologne à faire face - et c'est notamment le cas du travail qui est mené en coopération avec l'agence Frontex. »
  • 2:42Invité politiqueFait
    « construire des murs, construire des clôtures là où c'est indispensable. »
  • 3:20Invité politiqueFait
    « là où il n'y a pas de mur, les droits de l'homme sont foulés au pied ; là où nous sommes fragiles, alors la tentation existe, pour tous ceux qui veulent instrumentaliser la misère et la détresse humaine, de jeter sur les routes de l'exil et sur les routes les plus dangereuses qui soient des populations vulnérables. »

Temps de parole

  • François-Xavier Bellamy100 %

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François-Xavier Bellamy

Bonjour à tous, Heureux de vous retrouver depuis le Parlement européen. Aujourd'hui, je voudrais revenir sur un sujet d'une actualité crucial pour toute l'Europe : ce qui est en train de se jouer à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne. La Biélorussie, dirigée par un dictateur, Monsieur Loukachenko, utilise la fragilité européenne bien connue, comme Erdogan l'a fait avant lui, pour tenter de nous déstabiliser. Et il a massé des milliers de personnes qu'il a fait venir - d'Irak notamment - à la frontière avec la Pologne, qui menacent aujourd'hui de rentrer illégalement sur le territoire polonais.

Plusieurs centaines sont déjà passés en Pologne ou bien en Lettonie, en Lituanie qui sont également concernées par cette attaque d'un nouveau genre. Il y a quelques semaines de cela - peut-être que vous vous en souvenez, nous résistions aux attaques qui étaient portées contre l'agence Frontex, l'agence européenne qui est chargée, justement, de conforter le travail que font les pays pour maîtriser leurs frontières.

Cette agence était accusée - une agence de gardes côtes et de gardes frontières - de refouler les migrants illégaux, par tous ceux qui ici, dans les groupes écologistes, à gauche, y compris chez les libéraux dans le groupe de Monsieur Macron, considéraient que refouler des migrants était une forme de crime contre l'humanité. Nous voyons bien en réalité, aujourd'hui c'est un exemple pur et parfait, que lorsqu'on ne sait pas maîtriser ses frontières, que lorsqu'on ne sait pas lutter contre l'immigration illégale, on met en réalité en danger ceux qui seront ensuite utilisées par des réseaux de passeurs ou bien par des dictateurs, pour tenter, justement, de forcer les frontières de l'Europe.

Il n'y a pas d'autre manière de préserver les droits fondamentaux que de maîtriser ses frontières. Et aujourd'hui, nous le voyons bien, notre travail pour défendre l'agence Frontex a porté ses fruits. L'agence Frontex, elle est là, précisément, en Lettonie, en Lituanie, elle est présente sur le sol de la Pologne, pour aider ces pays à faire face à ce défi. Je sors à l'instant de la plénière dans laquelle nous avions un débat sur cette situation en Pologne. Il est fascinant de voir que certains, aujourd'hui, alors que la Pologne est littéralement attaquée par la Biélorussie, que certains s'attaquent encore et toujours à la Pologne, comme si c'était le problème.

L'Union européenne est-elle encore une "union" quand on considère qu'un État membre qui est victime d'une attaque est coupable de ce qu'il subit ? Nous disons aujourd'hui d'une manière très claire qu'il faut absolument remédier à ce problème : d'abord dans l'urgence, en soutenant la Pologne face à la menace qu'elle subit, en la soutenant d'une manière forte, sans nuance, parce que nous n'avons pas le droit de confondre l'agresseur et l'agressé, nous n'avons pas le droit de confondre celui qui menace et celui qui est menacé.

Deuxièmement, nous devons l'aider matériellement ; nous devons aider la Pologne à faire face - et c'est notamment le cas du travail qui est mené en coopération avec l'agence Frontex. Et puis nous devons, et c'est le plus important, mettre fin de manière structurelle à l'impuissance européenne sur le sujet migratoire. Et cela suppose évidemment, contrairement à ce que veut la Commission européenne encore aujourd'hui, que l'Europe puisse financer les équipements nécessaires pour faire face à ce défi migratoire, et c'est le cas notamment à terre : construire des murs, construire des clôtures là où c'est indispensable.

On ne peut pas opposer, comme le faisait un parlementaire tout à l'heure, on ne peut pas opposer les murs aux droits de l'homme. Ce que nous voyons clairement, c'est que là où il n'y a pas de mur, les droits de l'homme sont foulés au pied ; là où nous sommes fragiles, alors la tentation existe, pour tous ceux qui veulent instrumentaliser la misère et la détresse humaine, de jeter sur les routes de l'exil et sur les routes les plus dangereuses qui soient des populations vulnérables.

Nous voyons bien qu'arrivent en Pologne aujourd'hui d'abord des hommes, jeunes, des hommes seuls, mais il y a aussi des familles, il y a aussi des enfants, et qui vivent directement les rigueurs de l'hiver qui commence. Il est très clair que la passivité européenne sur le sujet migratoire n'aura pas contribué à les renforcer. Elle les aura directement exposés à ce chantage dont ils sont aujourd'hui l'objet absolument tragique. Voilà ce qui montre à quel point nous sommes devant un sujet existentiel pour l'avenir de l'Europe, ce qui montre aussi à quel point, malheureusement, l'Europe n'est pas encore capable de faire face à ce défi.

Alors que nous sommes devant ce danger majeur, certains continuent d'entretenir le procès permanent fait à la Pologne, comme hier à la Hongrie. Nous serons, au contraire, prêts à défendre la nécessité d'une solidarité européenne sans faille face à ce défi migratoire. Et nous allons continuer d'y travailler, notamment dans le cadre du débat qui va s'engager - enfin ! - sur la stratégie migratoire de l'Union européenne. C'est un débat vital pour l'avenir de nos pays. Merci beaucoup, et à très bientôt.