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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 27 août 2021 23 min

Candidat socialiste en 2022 : "Il y aura un vote militant", dit le premier secrétaire Olivier Faure

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Olivier Faure. Bonjour Lézissa Gaillet. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste. Le PS s'installe à Blois jusqu'à dimanche pour son université d'été, qu'on n'appelle plus d'ailleurs université d'été chez vous, mais Campus 21. Olivier Faure, on a vu hier les candidatures à la présidentielle se dessiner chez les Républicains, avec quatre candidats, et la primaire se profilait. Les Verts sont engagés dans la leur. On en est où au Parti Socialiste, entre ceux qui réclament un débat, et vous qui soutenez Anne Hidalgo, primaire ou pas primaire ?

0:32
Olivier Faure

Il y aura, comme il est prévu, en fait, par les statuts, par un vote militant, parce que celles et ceux qui ont permis au Parti Socialiste de tenir, d'être ce qu'il est aujourd'hui, un parti renaissant, qui a, à travers les élections municipales, départementales, régionales, retrouvé un attrait, un élan qu'il avait perdu, eh bien, ce sont ces militants qui seront les juges ultimes des candidatures qui seront éventuellement présentées devant nous dans les prochaines semaines.

1:05
Présentateur

Pourquoi une primaire fermée, donc, uniquement autour des militants ?

1:09
Olivier Faure

Bon, écoutez, on a vécu à plusieurs reprises des primaires dites ouvertes. On voit ce qu'il se passe ailleurs. Et moi, je ne veux pas, en fait, comme je crois l'ensemble des socialistes, revivre des moments de division qui desservent notre candidature plus qu'elles ne la servent. Et là où nous avons besoin de rassembler, il n'est pas utile de provoquer de la surenchère, de créer les conditions d'une défaite assurée.

1:38
Présentateur

Alors, pour rentrer dans le détail, c'est un seul ou deux tours ?

1:42
Olivier Faure

Deux tours ? Enfin, tout dépend, en fait, du nombre de candidats. Si vous n'en avez que deux, il n'y a forcément qu'un tour, puisque l'un des deux sera majoritaire. Si vous en avez trois ou quatre, tout dépendra des scores. Et donc, l'évidence, c'est que nous ferons en fonction des résultats.

1:57
Présentateur

Mais c'est là ma question, Olivier Faure. Vous, vous soutenez ouvertement Anne Hidalgo. Donc, vous êtes candidat à votre réélection. Si vous êtes réélu, ça veut dire que les militants suivent votre motion et donc sont pour Anne Hidalgo. À quoi ça sert une primaire dans ces cas-là ? Moi, je n'arrive pas trop à comprendre.

2:15
Olivier Faure

Ah ben, c'est très simple. Moi, je suis candidat, non pas à l'élection présidentielle, mais au renouvellement d'un mandat important, qui est celui d'être premier secrétaire. Vous n'imaginez pas que quelqu'un qui se présente à la direction d'un parti ne dise pas à sept mois d'une élection présidentielle quelle est sa préférence pour l'élection présidentielle elle-même, qui pour incarner ce projet que nous sommes en train de travailler, de rédiger et qui fait l'objet de nos débats à Blois. Donc, si je ne disais pas pour qui je me prononce, je serais en réalité avec un agenda caché. Et moi, je souhaite que chacun puisse dire quelle est sa préférence.

Après, il y aura un vote militant avec des militants qui seront amenés à dire à leur tour leur préférence et à faire en sorte que nous puissions être incarnés par celui ou celle qui nous représente le mieux.

3:07
Présentateur

Il y a combien de militants au Parti Socialiste aujourd'hui ?

3:11
Olivier Faure

Il y a 50 000 militants qui sont en capacité de voter. Après, vous savez que nous, nous ne sommes pas un parti de cliqueurs. En fait, c'est un parti assez exigeant avec ces militants puisqu'il faut payer une cotisation et être à jour de ces cotisations pour voter. Donc, il y aura au maximum 50 000 votants pour cette échéance.

3:30
Présentateur

Olivier Faure, la décision de cette primaire fermée autour des militants, elle fait suite aussi... Il y a des gens au Parti Socialiste qui réclament un débat et notamment Stéphane Le Folle qui, si je ne m'abuse, vous a envoyé un courrier hier en ce sens.

3:46
Olivier Faure

Oui, mais je ne vois pas très bien... Enfin, je n'ai pas besoin de courrier pour... La réalité, c'est que tout le monde la connaît depuis de longs mois puisque ça a été l'objet de débats dans nos instances nationales. Et nous avons, en fait, toujours annoncé les choses. Il y aura un vote militant. Et la seule chose qui change par rapport à l'exercice précédent, c'est qu'il n'y aura pas de primaire citoyenne, de primaire ouverte pour éviter ce que je vous ai dit. C'est-à-dire que moi, je ne souhaite pas, à nouveau, le bal des égaux, cette espèce d'épanchement permanent où chacun pense que c'est son heure de gloire qui est arrivé.

Et donc, je souhaite un débat qui sera un débat maîtrisé, un débat qui permette non pas d'aboutir à la dégradation du collectif, mais au contraire, un débat qui permette de comprendre ce que sont les qualités des uns et des autres, la façon dont ils envisagent de gouverner, la façon dont ils s'approprient le projet collectif. Et à ces conditions-là, il y aura un vote qui pourra être un vote qui permettra de créer un élan et de donner une impulsion pour pouvoir aller jusqu'à l'acteur dans cette élection présidentielle.

4:51
Présentateur

Alors, Anne Hidalgo ne s'est pas encore déclarée candidate. Vous la soutenez, on l'a dit. Est-ce qu'elle en veut, elle, de cette primaire ? Vous en avez parlé avec elle ?

5:01
Olivier Faure

Mais je ne suis pas en train de vous parler de tel ou tel, puisque comme vous le dites vous-même, Anne Hidalgo n'est même pas candidate. Et d'ailleurs, Stéphane Le Foll dit qu'il est candidat à un débat pour la présidentielle. Nous allons voir dans les prochaines semaines qu'elles sont celles et ceux qui sont prêts à affronter ce défi majeur qu'est l'élection présidentielle. Et moi, je n'ai pas à... Enfin, moi, je donne mon propre sentiment. Je dirais pourquoi je pense qu'Anne Hidalgo, si elle est candidate, est la meilleure d'entre nous pour nous représenter dans cette élection. Mais ça s'arrête là. Et après, ce sont les militants qui sont les décideurs ultimes.

Et moi, je suis le garant de la démocratie, d'une cohésion entre nous pour pouvoir aller jusqu'au bout. Et c'est-à-dire jusqu'au bout, c'est jusqu'à la victoire. Moi, je ne suis pas là pour organiser un témoignage, mais organiser la meilleure façon d'alterner. Parce que ce pays a besoin d'alterner. On ne peut pas. Mais il y a beaucoup de monde... C'est à dire du fait qu'on est aujourd'hui encore l'idée que ce serait forcément un débat avec Marine Le Pen, Emmanuel Macron, deuxième tour de l'élection présidentielle.

6:07
Présentateur

On est bien d'accord, Olivier Faure, mais il y a quand même beaucoup de monde à gauche. Donc, il y a vous, le Parti Socialiste. Il y a les écologistes qui ont leur primaire. Il y a Fabien Roussel qui défend sa candidature chez les communistes. Il y a Jean-Luc Mélenchon à la France Insoumise. Vous ne craignez pas, finalement, un éparpillement de ces gauches ?

6:26
Olivier Faure

Mais je n'ai pas à le craindre.

6:27
Présentateur

Et la difficulté pour vous d'exister là-dedans ?

6:31
Olivier Faure

Mais je le constate. Et je le regrette. Je me suis battu pendant de longs mois pour chercher à rassembler l'ensemble de la gauche et des écologistes. J'ai même fixé, en fait, un principe, c'est-à-dire qu'il n'y avait pas de préalable. Mais il y avait à prouver qu'elle serait celui ou celle qui présente la meilleure offre politique. J'ai joué le jeu loyalement. J'ai fait en sorte que nous puissions, pendant tous ces longs mois, être à l'origine, non pas d'un débat les uns contre les autres, mais moi j'ai cherché à défendre un camp politique. J'ai été soutenir des candidats de rassemblement au premier ou au second tour aux élections régionales, qui n'étaient pas forcément de mon parti.

Mais il se trouve qu'au municipal, au départemental, au régional, le parti qui a réalisé les meilleurs scores, le seul qui soit en mesure, aujourd'hui, de prétendre un maillage territorial puissant, c'est le Parti Socialiste. Et donc, pour ces raisons-là, il y a une logique à ce que le rassemblement se fasse autour de nous. Et c'est la raison pour laquelle, et je plaide pour cela, mais si ça avait été différent, sans doute, les Verts auraient-ils été fondés à réclamer, en fait, cette première place ? Mais je fais un constat, qui n'est même pas un constat de sondage. Moi, je vois bien que les gens se fient à des sondages qui ont mobilisé mille répondants.

Mais moi, je me fie à des élections qui ont mobilisé des millions d'électeurs. Mais oui, il y a eu aussi

7:56
Présentateur

beaucoup d'abstentions comme la dernière. On est d'accord.

7:59
Olivier Faure

Je suis d'accord qu'il y a eu d'abstentions, mais enfin, franchement, entre un sondage à 500 personnes ou à 1 000 personnes et des millions de Français qui viennent donner leur avis, qu'est-ce que vous préférez ? Moi, je préfère le vote au sondage.

8:10
Présentateur

Olivier Faure, qu'est-ce que vous faites aussi d'Arnaud Montebourg, ancien du Parti Socialiste, ancien ministre de François Hollande, qui, dit-on, pourrait se déclarer la semaine prochaine candidat à la présidentielle ?

8:21
Olivier Faure

Mais moi, je ne commente pas. Je vous l'ai dit. Je pense que la division, la fragmentation, diminue les chances de la gauche et de présenter au second tour. Maintenant, il va y avoir de longs mois pendant lesquels vous aurez des gens qui se déclarent de toutes parts parce que, malheureusement, aujourd'hui, tout le monde pense qu'il peut être candidat à l'élection présidentielle. Moi, je pense que c'est une élection qui suppose d'avoir les conditions pour cela. Les conditions, c'est d'avoir un soutien populaire, d'avoir aussi un soutien de celles et ceux qui font vivre la démocratie dans ce pays, c'est-à-dire les élus. Et je pense que nous sommes les mieux placés pour cela. Voilà.

Donc, maintenant, chacun devra prendre ses responsabilités parce qu'à un moment donné, ce que nous dirons les Français, c'est que cette fragmentation, elle nous conduit à une forme d'automaticité d'un deuxième tour entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Et donc, chacun devra dire les raisons pour lesquelles il préfère se maintenir et faire un score qui sera un score peut-être, un score un score faible. Et donc, chacun aura à dire pourquoi il cherche absolument à se maintenir.

9:25
Présentateur

Olivier Faure, on va faire un détour au standard où il y a des questions d'auditeurs. On accueille Danielle qui est à Bordeaux. Bonjour, Danielle. Bonjour. Bonjour, Magdalena. On vous écoute.

9:36
Locuteur 2

Bonjour, monsieur.

9:38
Locuteur 1

Je suis une socialiste depuis pas longtemps et je suis très, très inquiète parce que je voulais savoir ce que vous aviez fait de notre parti socialiste depuis que vous étiez secrétaire. Moi, je trouve que vous n'avez pas fait grand-chose. Et ce matin, je vous entends dire et je vous ai déjà lu disant que vous allez soutenir la candidature éventuelle de Mme Hidalgo. Je ne sais pas ce qu'elle veut de nous. Je ne sais pas ce qu'elle fera et vous non plus, sans doute. Alors, je voudrais savoir pourquoi, au lieu de faire ces déclarations, on n'attend pas de connaître les programmes des éventuels candidats. Voilà. Merci beaucoup.

10:10
Présentateur

Olivier Faure.

10:13
Olivier Faure

Daniel, d'abord, sur ce que j'ai fait, écoutez, c'est simple. Il suffit de regarder les résultats. Je suis devenu premier secrétaire d'un parti qui était balkanisé, d'un parti qui était disqualifié, d'un parti qui était conspué, d'un parti qui était rejeté par, même y compris, l'ensemble de la gauche. Nous étions avec une présidentielle à 6%, un groupe parlementaire avec 30 députés contre 300 au début du quinquennat précédent. Et depuis, que s'est-il passé ? Eh bien, nous avons gagné les élections municipales, gagné, reconduit nos candidats aux élections régionales en métropole, gagné avec d'autres des régions outre-mer et nous avons réussi à opérer le début de notre renaissance.

Nous étions il y a 3 ans avec des insoumis qui étaient la force principale à gauche. Il y a 2 ans, c'était les écologistes. Aujourd'hui, ce sont non les socialistes. Et donc, je pense que, de ce point de vue, le bilan objectif, celui que tout le monde peut constater, il est là. Et donc, je n'ai pas, je pense, à rougir de l'action, non pas que j'ai menée seul, ce serait bien présomptue de ma part, mais de ce que nous avons réalisé ensemble.

Ce sont ces milliers de militantes et militants, ce sont ces milliers d'élus qui ont, sur le terrain, parce qu'ils incarnent des politiques publiques qui sont comprises par les Français, qui ont réussi cette renaissance et qui ont fait de nous à nouveau la force motrice à gauche.

11:37
Présentateur

Mais, Olivier Faure, ce qu'on aimerait savoir aussi, c'est que, imaginons, vous arrivez, vous prenez les manettes du pouvoir en 2022, vous regardez la politique d'Emmanuel Macron et on aura une dette publique qui aura explosé du fait de la crise sanitaire, vous par exemple, quel est votre programme ? Vous rétablissez l'ISF ? Ou le quoi qu'il en coûte, on continue, on continue pas ?

11:59
Olivier Faure

Mais, oui, en fait, on a la politique du quoi qu'il en coûte, évidemment, elle a ses limites et on ne pourra pas toujours faire ce qui a été fait pendant la période de Covid et que nous avons soutenu parce que nous considérions que c'était une évidence et qu'il y avait même une obligation morale à le faire.

et sur le chômage partiel, par exemple, nous avions, nous, proposé, dès l'élection européenne, de le mettre en place, alors à l'époque, il n'y avait pas la crise sanitaire, mais de le mettre en place pour les grandes transitions et notamment pour la transition écologique, pour ne pas faire des salariés la variable d'ajustement et faire en sorte que, je prends une entreprise, j'étais il y a quelques mois dans une entreprise qui a malheureusement justement fermé qui était les fonderies du Poitou, et bien, vous aviez là des gens qui fabriquaient des carters pour camions diesel et il aurait été plus intelligent de faire en sorte de ne pas licencier, de former plutôt que licencier et d'utiliser en fait ce moment de chômage partiel pour former ces salariés à un métier qui permette de faire demain par exemple la même chose pour des véhicules hybrides ou les amener à faire complètement évoluer leur métier pour aller vers l'électrique par exemple.

Voilà des solutions que nous proposons et voilà les raisons qui font que je pense que nous avons aujourd'hui une offre politique qui nous permet d'avancer et parce que nous avons aussi et ça répond aussi à ce que disait Daniel qu'est-ce que nous avons fait pendant ces trois ans et bien nous avons aussi réfléchi sur les leçons à tirer de l'échec parce que quand on fait 6% et cette sanction était extrêmement sévère ça suppose qu'on se retourne vers soi qu'on se regarde dans un miroir et nous avons fait notre inventaire. Cet inventaire nous sommes les seuls à l'avoir fait dans la vie politique française alors que nous ne sommes pas les seuls à avoir perdu que je sache.

13:46
Présentateur

Vincent est au standard. Bonjour Vincent. Bonjour. Posez votre question.

13:51
Locuteur 3

Oui bonjour Monsieur Fort. Voilà je vais vous poser une question je suis Blaisois et je m'appelle Vincent Ray j'anime un site qui s'appelle fin-du-travail.net et qui essaie de militer pour l'union de la gauche avec une proposition. Alors ce que je voulais vous dire ce matin c'est que j'ai voulu assister à une réunion du parti socialiste il y a un ou deux ans et que ça coûtait 30 euros pour rentrer ne serait-ce que pour écouter les idées qui pouvaient s'y développer alors moi j'ai tourné les talons bien sûr et je me demandais comment vous alliez séduire l'électorat populaire si ou à l'université d'été du parti socialiste vous réclamez également une telle somme pour pouvoir assister.

14:38
Présentateur

Olivier Faure

14:40
Olivier Faure

est-ce que

14:42
Présentateur

le PS parle toujours aux classes populaires ?

14:44
Olivier Faure

J'y reviens mais d'abord sur le prix etc. les réunions publiques elles sont gratuites il y a parfois des réunions comme les universités d'été qui supposent quand on y vient de participer au coût parce que ça nous coûte extrêmement cher parce que nous louons des locaux importants qui a une grosse logistique et c'est les seules réunions qui sont payantes fort heureusement le reste du temps la démocratie suppose que chacun puisse accéder à l'information et donc nous sommes évidemment un parti qui ne censure pas par l'argent pour assister à ses propres réunions. Voilà ça c'était la première réponse. Ensuite est-ce que nous parlons encore aux classes populaires ?

Ça faisait bien longtemps que effectivement nous avons perdu le lien avec une partie des classes populaires et donc comment le retrouver ? Quel est le motif de notre présence à Blois et quel est le motif principal du congrès que nous allons tenir au mois de septembre ?

C'est le projet et le projet il a notamment pour vocation de répondre aux grandes questions qui sont celles que se posent les Françaises et les Français sur le travail sur le logement sur la santé sur l'égalité entre les femmes et les hommes notamment l'égalité salariale et nous proposons qu'en cinq ans et bien cette égalité soit rendue possible il y a un certain nombre de sujets sur lesquels il faut effectivement montrer que nous pouvons à nouveau changer la vie.

C'est ça l'objectif c'est d'être en mesure de présenter aux Françaises et aux Français un projet qui soit dans l'imaginaire collectif l'équivalent de ce que nous avons proposé en 1981 faire en sorte qu'il y ait véritablement le sentiment que nous ne sommes pas là simplement pour une alternance mais pour une alternative et faire en sorte qu'il y ait aussi le goût ensemble le plaisir de retrouver la gauche de retrouver des gens qui ont envie de faire bouger les choses parce qu'on ne peut pas se satisfaire de cette idée qu'on vante le travail des premiers de corvée mais quand il s'agit de parler de politique fiscale avec Emmanuel Macron les seuls services ce sont les premiers de cordée et donc il y a là un problème et nous allons effectivement faire des propositions pour ceux qui sont aujourd'hui ubérisés pour ceux qui sont aujourd'hui précarisés pour ceux qui sont aujourd'hui maltraités dans leur travail pour ceux qui sont aujourd'hui qui vont devoir subir aussi des grandes transitions parce que mon écologie à moi c'est une écologie sociale une écologie qui permet de ne laisser personne sur le bord de la route parce que je ne veux pas retrouver un mouvement des gilets jaunes je veux au contraire que nous puissions ensemble faire le chemin contre le réchauffement climatique

17:08
Présentateur

sincèrement vous le sentez c'est palpable au niveau des militants qu'ils reviennent que c'est finalement comme on dit les classes populaires les plus en difficulté vous sentez quelque chose qui se passe au parti socialiste en ce moment

17:21
Olivier Faure

dans ce sens moi ce que je sens parce que je suis parlementaire que je suis sur le terrain toute l'année ce que je sens c'est qu'il y a trois ans personne ne m'arrêtait dans la rue peut-être parce que les gens ne me reconnaissaient pas mais au-delà de ça surtout ils étaient tellement éloignés de ce que nous étions qu'ils n'avaient plus envie d'eux-mêmes entrer dans un dialogue avec nous aujourd'hui ce que je constate c'est que je suis arrêté en permanence et que les gens nous disent nous avons besoin de vous nous avons besoin d'un parti socialiste puissant qui permette de retrouver des droits que nous avons perdus ou que nous allons perdre sur l'assurance chômage sur la retraite nous avons besoin d'une force qui continue qui soit cette qui défend un état providence social et écologique alors que nous sommes aujourd'hui face à une crise sanitaire qui a montré les défaillances du système libéral et nous ne pouvons pas continuer avec quelqu'un qui au contraire continue à promouvoir ce système là je vois bien qu'il y a eu une parenthèse qui a été ouverte avec le premier confinement c'était le quoi qu'il en coûte d'Emmanuel Macron mais je vois bien qu'au fur et à mesure tous ces ministres de droite qui reviennent les uns après les autres pour dire bon la récréation est terminée et maintenant il va falloir payer la facture mais qui paiera la facture ?

qui la paiera la facture ? Est-ce que ce seront en fait les salariés ? Est-ce que ce seront les chômeurs avec la réforme de l'assurance chômage ? Est-ce que ce seront les retraités avec la réforme des retraites ? Ou est-ce que cette facture là elle sera payée par ceux qui se sont largement enrichis y compris pendant la crise sanitaire ?

Est-ce que vous trouvez normal aujourd'hui qu'il y ait des gens qui aient gagné 17% de revenus supplémentaires pendant la crise c'est-à-dire les milliardaires de ce pays les 42 milliards de ce pays pendant que tous ceux qui étaient au chômage partiel perdaient eux le même pourcentage sur des salaires qui sont infiniment inférieurs qui sont sans commune mesure et que les autres gagnent donc moi je crois effectivement que le maître mot de la présidentielle ça doit être la justice

19:15
Présentateur

Olivier Faure Gérard qui est dans le Jura à cette question vous dites que les partis politiques animent la vie publique pour ma part ils la détruisent leurs intérêts passent avant l'intérêt général les seuls acteurs crédibles sont les citoyens en ce moment

19:28
Olivier Faure

vous entendez quand même

19:31
Présentateur

ces critiques ?

19:32
Olivier Faure

Oui bien sûr non seulement je les entends mais je les comprends parce que c'est vrai que les partis politiques peuvent être particulièrement nuisibles quand ils ne s'intéressent plus qu'à eux-mêmes et c'est la raison pour laquelle depuis 3 ans j'ai tout fait pour que nous en finissions avec cette querelle permanente avec des gens qui sont là simplement pour installer des clivages qui sont complètement artificiels pour pouvoir obtenir des mandats des places etc ça met autant insupportable qu'à Gérard et c'est la raison pour laquelle moi je souhaite au contraire permettre d'avoir des partis politiques qui soient ouverts sur la société qui soient capables de comprendre ce qu'est l'émotion populaire qui soient capables de comprendre aussi ce que vivent les gens qui vivent au contact d'eux et évidemment ensuite organiser la réponse politique parce que les partis servent à ça donner un débouché à des revendications à des angoisses et donc faire en sorte que les françaises et les français puissent trouver une réponse et pas simplement arriver à adresser une question

20:32
Présentateur

Olivier Faure on va retrouver Nicolas qui est dans les Hautes-Alpes bonjour Nicolas oui bonjour posez votre question Olivier Faure vous écoute

20:39
Locuteur 2

alors j'aurais aimé connaître la position de monsieur Faure concernant le pass sanitaire parce qu'à l'heure actuelle les seuls partis qu'on entend s'opposer à ce pass j'ai l'impression que c'est l'extrême droite j'ai aucun doute sur le fait qu'il s'agisse de récupération politique mais connaître sa position à lui et de la gauche en général

20:57
Présentateur

Olivier Faure dans tant qu'Olivier Véran a annoncé hier il a ouvert la voie à une prolongation du pass sanitaire au-delà du 15 novembre

21:03
Olivier Faure

nous nous avons à l'Assemblée voté contre le pass sanitaire pour des raisons qui n'étaient d'ailleurs pas celles de ceux qui manifestent dans les rues puisque je vous le dis franco de port moi je suis pour la généralisation du vaccin parce que je pense que c'est la seule façon de nous en tirer collectivement donc l'obligation et de toutes les grandes pandémies que nous avons connues depuis plus d'un siècle et bien la seule façon d'arriver à avancer et bien c'est d'avoir des politiques de santé publique et je comprends bien qu'il faille de la liberté individuelle et qu'il faille la respecter mais la liberté individuelle ça ne peut pas se faire au détriment de la santé collective et aujourd'hui je ne connais pas d'autres moyens pour lutter contre non seulement la transmission du virus lutter contre les formes graves qui saturent les hôpitaux mais aussi faire en sorte qu'il n'y ait pas de nouveaux mutants et que nous ne soyons pas demain face à un virus plus dangereux encore qui nous contraindrait à des mesures plus radicales encore donc vaccination oui je suis je suis pour la vaccination de toutes celles des françaises et des français parce que c'est la seule façon d'avancer et donc sur le passe très rapidement

22:13
Présentateur

très court

22:14
Olivier Faure

ce qui me gênait simplement c'est qu'on ne peut pas priver une part des français de l'accès à des biens qui sont parfois des biens essentiels je suis dans une circonscription où les centres commerciaux sont le centre-ville puisque je suis dans une ville nouvelle et donc dire à des gens qui ne pourront pas accéder à des biens essentiels voire même non essentiels parce qu'on ne peut pas dire pendant des mois et des mois que vous ne pouvez pas vous habiller que vous ne pouvez pas acheter voilà donc il y a un problème de périmètre de ce passe sanitaire mais il faut aussi que chacun comprenne que nous avons besoin d'être solidaires les uns des autres et donc il faut se vacciner c'est aujourd'hui le constat regardez ce qui se passe qu'il y a dans un hôpital regardez ce qui se passe aussi en Martinique aujourd'hui ceux qui aujourd'hui ont les formes les plus graves sont les gens qui ne sont pas vaccinés

22:57
Présentateur

merci Olivier Faure premier secrétaire du parti Sol et Saliste d'avoir été l'invité de ce grand entretien ce matin sur France Inter France Inter Merci d'avoir regardé cette vidéo !

23:07
Locuteur

Merci d'avoir regardé cette vidéo !