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Conférence de presseC dans l'air (sur YouTube)· 10 juillet 2025 64 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéÉducation & rechercheNumériqueSolidarités & famille

Poignardée, tuée… par un élève de 14 ans - C dans l’air - 10.06.2025

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:12OuverteRéponse directe

    Que sait-on du déroulement des faits ?

  • 3:37OuverteRéponse directe

    Pourquoi ces opérations de fouille de sacs lancées après une attaque en Essonne ?

  • 4:21RelanceRéponse directe

    Ce garçon faisait des allers-retours. Les élèves ont observé un comportement curieux. Que s'est-il passé ?

  • 5:02OuverteRéponse directe

    On a des informations sur son profil ?

  • 5:46OuverteRéponse directe

    F.Bayrou a parlé de déferlement de violence. Que pensez-vous de cette réaction ?

  • 6:30OuverteRéponse directe

    Quelles sont les attentes de l'opinion publique face à ce drame ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:28F.BayrouFait
    « un déferlement de violence, une dérive de la société »
  • 4:21M.-E.PechFait
    « Les gendarmes étaient là, mais je ne sais pas ce que faisait cette surveillante. J'espère qu'elle-même ne fouillait pas les sacs. Ce ne serait pas son rôle. »
  • 5:02F.BayrouPromesse
    « Il va falloir durcir la réglementation parce qu'un certain nombre de ces couteaux ne sont pas considérés comme des armes. »
  • 5:02F.BayrouPromesse
    « Nous devons aussi travailler à la question de la santé mentale des plus jeunes. »
  • 5:46C.BarbierFait
    « On a l'impression que l'opinion est en train de s'installer dans un état d'esprit où elle ne supporte plus ce genre de faits et considère qu'on est face à un déferlement épidémique ou mimétique. »
  • 7:15A.BauerFait
    « Nos politiques sont choqués et ont raison de l'être, comme nous le sommes tous. Plus l'auteur et la victime sont jeunes, plus c'est choquant de voir des vies volées. »
  • 7:46A.BauerFait
    « Les réponses sont incohérentes par rapport à la question. »
  • 9:56A.BauerFait
    « Il y a une déconnexion entre ce qu'on sait des adolescents, et l'idée qu'ils auraient une capacité de discernement qui serait allée aussi vite que la capacité à la connaissance. »
  • 12:07C.RouxFait
    « Les politiques sont en désarroi. »
  • 12:50C.BarbierPromesse
    « La boîte à outils est archaïque. L'excuse de minorité doit être levée. »
  • 13:34M.-E.PechFait
    « Il faut mettre des portails de sécurité dans les établissements, on sait que ça ne fera rien. »
  • 14:18F.BayrouPromesse
    « Il va falloir durcir la réglementation parce qu'un certain nombre de ces couteaux ne sont pas considérés comme des armes. Nous devons aussi travailler à la question de la santé mentale des plus jeunes. »
  • 14:48E.BorneFait
    « Les jeunes sont choqués, par ce qu'ils ont pu voir, et sont aussi choqués de voir qu'un de leurs camarades a pu commettre un acte aussi effroyable. »
  • 15:32E.BorneFait
    « La violence n'a pas sa place et n'aura jamais sa place dans nos établissements scolaires. »
  • 16:13M.Le PenFait
    « C'est parce qu'il n'y a jamais eu de réponse politique que l'ultraviolence s'est banalisée, en particulier chez les mineurs. »
  • 16:58F.BayrouPromesse
    « Il va falloir durcir la réglementation parce qu'un certain nombre de ces couteaux ne sont pas considérés comme des armes. Nous devons aussi travailler à la question de la santé mentale des plus jeunes. »
  • 17:39B.RetailleauChiffre
    « En 2 mois d'opération, les forces de l'ordre ont procédé à 6000 contrôles, saisi 186 couteaux et placé 32 personnes en garde à vue. »
  • 18:22M.-E.PechFait
    « Les statistiques de l'Education nationale sur les violences... Elles sont surtout verbales envers les enseignants. »
  • 19:04M.-E.PechChiffre
    « Dans les écoles primaires, dans 72 % des écoles primaires, aucun incident n'est remonté. 40 % des collèges ne font jamais remonter d'incident. »
  • 21:46A.GoutardFait
    « Les armes blanches sont de plus en plus en circulation auprès des jeunes. »
  • 26:43C.BarbierFait
    « Les faits divers sont les enfants des faits de société. Le fait de société est une violence plus accrue dans la jeunesse, ce phénomène des armes blanches. »
  • 27:57A.BauerFait
    « La plupart racontent des choses abominables, qui nous choquent, avec un sang-froid et une sorte de logique et de rationalité glaciales. »
  • 29:25M.-E.PechFait
    « Ca fait 25 ans qu'on entend parler de ces portiques. »
  • 30:09M.-E.PechFait
    « Les proviseurs disent qu'ils n'ont personne à mettre devant les écrans. Ils n'ont pas de surveillants, de gens en nombre suffisant. »
  • 31:37M.-E.PechFait
    « Les autorités publiques, les politiques ont beau élever la voix avec des trémolos, il n'y a pas de solution toute faite qui permettrait de résorber ce problème en quelques secondes. »
  • 32:21F.BayrouChiffre
    « 200 couteaux saisis, 6200 contrôles... Il y a eu des sanctions. »
  • 35:10C.RouxFait
    « En Autriche, 9 morts dans une école. Un lycéen âgé de 22 ans a fait feu sur d'autres élèves et s'est donné la mort. »
  • 35:55C.BarbierFait
    « En Autriche aussi, c'est extrêmement rare. C'est habituellement concentré aux Etats-Unis en raison de leur législation. »
  • 38:07IntervenantFait
    « Malheureusement, les réseaux sociaux, les jeux vidéo, c'est un lieu où vous avez des gens qui vont insulter, menacer, harceler. »
  • 38:52IntervenantFait
    « Les réseaux sociaux peuvent créer des comportements excessifs, de mise en danger. Chez les plus jeunes, il y a des défis sur les réseaux sociaux ou où on peut se mettre en danger. »
  • 39:36IntervenantChiffre
    « L'âge moyen de la 1re exposition au porno en France, c'est entre 10 et 11 ans. »
  • 41:47M.-E.PechFait
    « Un enfant n'a pas besoin de sociabilité via les réseaux sociaux à 11 ou 12 ans. »
  • 43:15M.-E.PechFait
    « On ne met pas dans les mains de ses enfants, des enfants mineurs, un téléphone portable quand il est trop jeune. »
  • 45:22A.BauerFait
    « L'effondrement des structures de santé mentale en France est une réalité pour les adultes comme pour les mineurs. »
  • 46:06A.BauerFait
    « Comment ceux qui ont détruit vous expliquent qu'ils vont le refaire. »
  • 46:50A.GoutardFait
    « Les parents ne doivent pas acheter des téléphones connectés à Internet. »
  • 48:15A.GoutardFait
    « Nous sommes dans une société violente. Les adultes sortent plus facilement de leur voiture pour aller tabasser leur voisin. »
  • 50:25M.-E.PechFait
    « Un psychiatre d'un hôpital parisien tire la sonnette d'alarme depuis 4 ou 5 ans. Il dit qu'il n'y a plus de lits dans les hôpitaux psy. »
  • 51:45V.OrbanFait
    « Ce qui se passe, ce n'est pas une migration, c'est un échange organisé de populations pour remplacer le socle culturel de l'Europe. »
  • 53:57M.Le PenPromesse
    « Combien d'assassins mineurs faudra-t-il pour abaisser la majorité pénale à 16 ans et instaurer des peines courtes dès les premiers délits graves ? »
  • 56:46J.-L.MélenchonFait
    « La responsabilité des parents »
  • 1:01:50A.GoutardFait
    « Les centres éducatifs fermés sont à moitié ouverts, en réalité. »
  • 1:03:14A.BauerFait
    « Les Chinois qui nous exportent l'algorithme TikTok le contrôlent d'une manière très ferme. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:00

Parlez-en à votre pharmacien. ... - C.Roux: Bonsoir. Bienvenue. Mélanie est morte. Elle avait 31 ans, était surveillante dans un collège à Nogent, en Haute-Marne. Elle a été poignardée lors d'un contrôle de sac en présence de gendarmes par un élève de 14 ans. Elle laisse derrière elle un enfant de 4 ans et un pays sonné par ce que le Premier ministre appelle aujourd'hui "un déferlement de violence, une dérive de la société". L'auteur des faits, inconnu des services de police, est en garde à vue actuellement. Le gouvernement avait lancé une mission sur les mineurs et les armes blanches. Prise en charge de la santé mentale des plus jeunes, sanctions plus sévères, installations de portiques à l'entrée des établissements ou encore actions sur l'utilisation des réseaux sociaux... La responsabilisation des parents face au désarroi de tous. L'exécutif se retrouve sous pression, sommé

1:28

d'agir face à la violence gratuite. Avec nous pour en parler ce soir, C.Barbier. Vous êtes éditorialiste politique. A.Bauer, vous êtes professeur de criminologie et auteur de plusieurs ouvrages. A.Goutard, vous êtes grand reporter à France Télévisions, spécialiste des faits de société. M.-E.Pech, vous êtes rédactrice en chef société à "Marianne". Bonsoir à tous les 4. Merci de participer à ce "C dans l'air" en direct. Cet après-midi, à l'Assemblée, les politiques se sont tus. - En la mémoire de nos 3 compatriotes décédés, je vous invite à observer une minute de silence. - C.Roux: Un hommage à Mélanie, cette surveillante de 31 ans.

2:12

Une tension... Une ambiance assez grave cet après-midi à l'Assemblée. Les faits se sont déroulés ce matin. Que sait-on du déroulement des faits? - A.Goutard: Ce matin, c'était une rentrée d'école assez classique, à l'exception du fait qu'il y avait des gendarmes présents parce que de plus en plus... On a demandé aux forces de l'ordre de faire des opérations pour fouiller les sacs et vérifier que dans l'enceinte de l'établissement scolaire, il n'y ait pas de couteaux, d'armes, parce qu'on voit bien que c'est un problème aujourd'hui, un problème prégnant.

2:55

Les gendarmes étaient là ce matin et demandaient aux collégiens d'ouvrir leur sac. C'est des très jeunes adolescents. On demande à des enfants de 13, 14 ans, d'ouvrir leur sac. On sait qu'il y a un souci avec les armes, en ce moment. Ce garçon a ouvert son sac. D'après les premiers éléments de l'enquête, pour une raison encore inconnue, il a poignardé cette surveillante. Ces surveillants sont chargés de la sécurité des élèves. Cette surveillante s'est effondrée devant l'ensemble des élèves. Elle est morte quelques instants plus tard.

3:37

- M.-E.Pech: Ce qui est étonnant, c'est que ces opérations de fouille de sacs qui ont été lancées par B.Retailleau et E.Borne il y a quelques mois après une attaque au couteau, déjà, dans un établissement de l'Essonne... On a beaucoup d'incidents concentrés en Ile-de-France, principalement. Là, c'est en Haute-Marne, dans un établissement rural, qui ne pose pas de problème particulier habituellement. Quand on fait des contrôles... Ce sont les gendarmes et les policiers qui en sont chargés, pas

4:21

les surveillants. Les gendarmes étaient là, mais je ne sais pas ce que faisait cette surveillante. J'espère qu'elle-même ne fouillait pas les sacs. Ce ne serait pas son rôle. J'espère qu'elle était là pour d'autres raisons. Ce garçon faisait des allers-retours. Les élèves ont observé, ont vu qu'il avait un comportement curieux à l'approche de l'établissement. Il est sorti et a couru vers la surveillante, il l'a poignardée. Elle est morte très rapidement après. - C.Roux: Il est en garde à vue. Cet après-midi, à l'Assemblée, F.Bayrou a maladroitement expliqué que c'était un profil plutôt stable... On a des informations sur son profil? - M.-E.Pech: Oui. Il n'est pas connu des services de police,

5:02

mais il a tout de même été renvoyé 2 fois, exclu 2 fois de son établissement scolaire parce qu'il s'en est pris violemment à 2 élèves au mois d'octobre ou de novembre. Il a essayé d'étrangler un élève en classe. Il a donné un coup de poing à un autre élève en classe, également. Même s'il ne faisait plus parler de lui depuis cette période, ce n'est pas un élève lambda, c'est un élève plus que turbulent. Ce qui est paradoxal, c'était qu'il avait été désigné référent harcèlement au sein de l'établissement. - C.Roux: C'est vers lui qu'on allait se confier... - M.-E.Pech: Quand on avait un souci de harcèlement.

5:46

Ca peut sembler paradoxal. - C.Barbier: Un de plus, un de trop... - C.Roux: C'est le sentiment qu'on a, c'est qu'on voit cette classe politique qui s'empare de ce drame. Toutes les propositions sont de nouveau sur la table, avec un F.Bayrou qui a parlé de déferlement de violence, de cette société qui semble lui échapper, nous échapper. - C.Barbier: On a l'impression que l'opinion est en train de s'installer dans un état d'esprit où elle ne supporte plus ce genre de faits et considère qu'on est face à un déferlement épidémique ou mimétique. Chaque semaine ou presque, il y a un fait divers de ce type, des violences, souvent mortelles, à l'arme blanche, entre jeunes.

6:30

Cadre scolaire ou périscolaire, dans des environnements où ça ne devrait pas arriver. L'attente de l'opinion, c'est une réponse efficace à court terme. Ca met le politique au défi de trouver des réponses sécuritaires à court terme pour protéger ceux qui pourrait être victimes: enseignants, parents, et élèves eux-mêmes. Ensuite, il faudrait avoir une réponse légale et judiciaire pour que la répression soit dissuasive et que ces jeunes, avant de prendre un couteau dans leur cartable, se disent qu'ils vont risquer gros. La société est en attente de réponse plus profonde sur les maux réels qui font qu'un élève peut essayer

7:15

d'étrangler son camarade et revenir dans le même établissement pour poignarder une surveillante. - A.Bauer: Nos politiques sont choqués et ont raison de l'être, comme nous le sommes tous. Plus l'auteur et la victime sont jeunes, plus c'est choquant de voir des vies volées. En même temps, ils rabâchent. Ils ne savent pas comment faire. Les réponses sont incohérentes par rapport à la question. Le portique à l'intérieur de l'établissement... Là, c'était les gendarmes qui fouillaient les sacs. Ca ne répond pas à la question. La question, c'était ce qui a poussé ce jeune garçon à avoir ce couteau. Ca, on le sait. Des couteaux, on en a récupéré des centaines, voire des milliers, si on va en Grande-Bretagne. Il y a 2 éléments. L'affirmation viriliste, "je suis un homme" et "j'ai peur, donc je vais me protéger, donc j'ai un couteau".

8:27

Les deux étant souvent des éléments cumulés. Face à cela, il y a ceux qui ont des couteaux et des affirmations triples: "Je suis un garçon", "je vais me protéger", et "je vais en profiter pour voler". L'essentiel se passe à l'extérieur des établissements. On sait depuis toujours que depuis la fin de la sanctuarisation des établissements, ce n'est pas un sujet criminel ou pénal, mais un sujet urbain. Dans la tête des urbanistes des années 70, on a désanctuarisé. On a voulu ouvrir sur la vie et sur la ville. C'est valable pour les gares, où on a supprimé le contrôle des quais et des billets à l'entrée. Tout cela a été rétabli, mais il a fallu 50 ans pour passer de l'ouverture de la vie et la ville car ça allait apporter le bien, et à se reprocher... Les populations ont continué à évoluer. Dans un univers de très grande flexibilité, d'ouverture,

9:56

de rajeunissement, en pensant qu'ils savaient plus de choses qu'avant mais qu'ils étaient aussi plus matures, ce qui est faux... Il y a une déconnexion entre ce qu'on sait des adolescents, et l'idée qu'ils auraient une capacité de discernement qui serait allée aussi vite que la capacité à la connaissance. Ce n'est pas vrai. - C.Roux: On va revenir sur ces points et les solutions qui peuvent être mises en place. Un mot sur E.Macron... Il dit que la nation est en deuil, que le gouvernement est mobilisé pour faire reculer le crime. Il parle également d'un "déferlement de violence insensé". Ses déclarations font écho à une de ses prises de parole

10:40

ces derniers jours, où il avait évoqué les lavages de cerveaux de ceux qui surréagissent à des faits divers. - C.Barbier: Il avait même employé le mot anglais "brainwashing". C'est vrai qu'il y a de la récupération idéologique quand les faits divers s'accumulent. C'est la règle du politique qui est dans l'opposition. Il a donné l'impression, par cette expression, de minorer les faits. Il a donné l'impression de monter en épingle et que c'était une exploitation d'un phénomène qui n'existait pas

11:24

ou peu. Il s'est trompé. Il faut qu'il se remette au coeur de ces problématiques et qu'au-delà du constat ému et angoissé, il trouve des réponses à ce déferlement. Face à un déferlement, il faut mettre une digue et de quoi protéger les populations qui peuvent être emportées par ce déferlement. Depuis le confinement, on est prévenus par les spécialistes de santé mentale. On savait qu'il y avait ce problème, qui s'ajoute à d'autres choses. C'est la génération des réseaux sociaux, de la crise de l'autorité... Une fois qu'on a ces pistes d'explication, il faut mettre en face des politiques publiques. La plupart sont très coûteuses. Sur les places de prison... Le plus positif, c'est d'avoir des personnels médicaux dans les établissements scolaires.

12:07

- C.Roux: Vous sentez une forme de désarroi dans ses déclarations? Il y a ce constat d'une classe politique qui semble perdue, sans armes pour faire face... On parle de barbares, de déferlement de violences, de violences insensées, de dérives de la société... - C.Barbier: Les politiques sont en désarroi. D'un côté, ils sont presque obligés de jouer le jeu de la surenchère lexicale: "ensauvagement", "barbare"... Derrière, il n'y a pas la boîte à outils pour répondre.

12:50

La boîte à outils est archaïque. L'excuse de minorité doit être levée... Ils sont tous en train de se dire: "Si j'ai une idée neuve, un programme inédit et articulé, je dois le garder pour la présidentielle." Ce calendrier électoral où on retient les bonnes idées éventuelles et où on va être dans la compétition, ça donne une surenchère verbale. - M.-E.Pech: Cette solution dont on entend déjà parler, dont F.Bayrou va sans doute parler ce soir, c'est toujours les mêmes choses depuis 30 ans.

13:34

"Il faut mettre des portails de sécurité dans les établissements", on sait que ça ne fera rien... - C.Roux: On va entendre ces propositions et les commenter. Effectivement, on a entendu parler des portiques, mais aussi de la santé mentale, dans la voix de F.Bayrou, qui semble vouloir accompagner une jeunesse qui est perdue depuis les années covid. - C.Barbier: Ca a été un phénomène d'aggravation. - C.Roux: Les mots ne suffiront pas. F.Bayrou a repris à son compte les mots de M.Le Pen à l'Assemblée depuis l'annonce de la mort de la surveillante poignardée ce matin à Nogent par un élève de 14 ans qui n'avait pas a priori de profil perturbateur. - Des enseignants et des parents d'élèves effondrés. La surveillante, frappée de plusieurs coups de couteau, a succombé à ses blessures. Ce matin, vers 8h15, devant le collège Françoise-Dolto de Nogent, en Haute-Marne, un élève de 14 ans poignarde à plusieurs reprises une assistante d'éducation. L'agression se produit alors qu'une fouille des sacs était effectuée par des gendarmes.

14:48

Un élève raconte. - Le suspect, Quentin G, est immédiatement maîtrisé par les forces de l'ordre. Une cellule psychologique est organisée pour les 324 élèves. - E.Borne: Evidemment, les jeunes sont choqués, par ce qu'ils ont pu voir, et sont aussi choqués de voir qu'un de leurs camarades a pu commettre un acte aussi effroyable. C'est un camarade très intégré dans le collège. C'était un référent de l'équipe de lutte contre le harcèlement. Naturellement, tout le monde est choqué par ce qui s'est produit. - Emotion et condamnation de l'ensemble de la classe politique. - La violence n'a pas sa place et n'aura jamais sa place dans nos établissements scolaires. - A l'Assemblée nationale cet après-midi, minute de silence avant le retour de la politique.

16:13

L'extrême droite accuse le gouvernement de laxisme. - M.Le Pen: C'est parce qu'il n'y a jamais eu de réponse politique que l'ultraviolence s'est banalisée, en particulier chez les mineurs. C'est pour cela que des enfants deviennent orphelins que des parents sont obligés d'enterrer des enfants, victimes de la barbarie. - F.Bayrou: Il va falloir durcir la réglementation parce qu'un certain nombre de ces couteaux ne sont pas considérés comme des armes. Nous devons aussi travailler à la question de la santé mentale des plus jeunes.

16:58

- F.Bayrou détaille des mesures qui ne sont pas nouvelles. Son gouvernement a été confronté à plusieurs attaques meurtrières dans les établissements scolaires ces derniers mois. Comme ici, à Nantes, le 25 avril. Un lycéen poignarde et tue une jeune fille en pleine salle de classe. - B.Retailleau: C'est un fait de société. Nous sommes une société qui a encouragé le laxisme, qui a voulu déconstruire les interdits, l'autorité, l'ordre, les hiérarchies, et qui a accouché de toute cette violence. - Des fouilles de sacs à l'entrée des collèges et lycées sont mises en place. En 2 mois d'opération, les forces de l'ordre ont procédé

17:39

à 6000 contrôles, saisi 186 couteaux et placé 32 personnes en garde à vue. Aujourd'hui, F.Bayrou remet sur la table l'idée d'équiper les établissements scolaires de ce genre de portiques, comme dans les aéroports et les tribunaux. Impossible, pour certains chefs d'établissement. - Si le portique sonne, qui fait quoi? Nous avons des assistants d'éducation qui ne sont pas des agents de sécurité. Nous n'avons pas le droit de fouiller des élèves. Si, à chaque fois qu'un portique sonne, on doit appeler le 17, attendre l'arrivée d'une patrouille de police... On n'en sortira jamais. - En Haute-Marne, le suspect de 14 ans est entendu par les enquêteurs pour tenter de comprendre

18:22

les raisons de son acte. - C.Roux: Nous allons revenir sur cette histoire de portiques. Vous les voyez souvent, les professeurs qui considèrent prendre un risque en faisant leur métier? - M.-E.Pech: De fait, les statistiques de l'Education nationale sur les violences... Elles sont surtout verbales envers les enseignants. Heureusement, on a une minorité de violences physiques. Ils subissent beaucoup de violences verbales, dès l'école primaire. Il y avait un article récemment dans "Le Parisien" concernant tout ce que pouvaient subir les enseignants: menaces de mort, de la part des parents d'élèves et des élèves, de façon récurrente, qui sont très anxiogènes. Heureusement, ce n'est pas le cas dans tous les établissements. Ces violences sont concentrées. Dans les écoles primaires, dans 72 % des écoles primaires, aucun incident n'est remonté. 40 % des collèges ne font jamais remonter d'incident. Ca ne concerne pas tout le territoire. Ce n'est pas partout. C'est un certain type d'établissement scolaire.

19:48

- C.Roux: Ce n'est pas le cas pour l'établissement Françoise-Dolto de Nogent. - M.-E.Pech: C'est un établissement rural sans difficulté particulière. Il faut comprendre ce qui s'est passé dans la tête de cet élève. Etait-il harcelé? Avait-il des problèmes psychiatriques? Il faut revoir tous ces éléments de violences dont il a fait preuve cet automne envers ses camarades de classe. Est-ce que ça a été traité correctement? Il a été exclu quelque jours. Est-ce que c'était suffisant? Est-ce qu'il y a eu un suivi derrière? On va savoir tout ça au fur et à mesure de l'enquête. C'est encore tôt pour le dire. - A.Bauer: Il faut toujours être prudent avec la statistique. La statistique scolaire est la pire que je connaisse. Les établissements qui répondent ne sont pas les mêmes d'une année sur l'autre.

21:02

On ne peut rien comparer à rien. Elles posent un problème majeur, de quoi parlent-elles? Entre l'agression verbale, l'agression entre élèves, l'agression entre parents et enseignants, qui est la plus importante... Les plus dangereux dans l'école, c'est les parents d'élèves, en tête de tout le monde. Les problèmes entre élèves et enseignants et anciens élèves et enseignants... - M.-E.Pech: C'est d'abord les élèves entre eux. - A.Bauer: Au début, dans la violence, c'est d'abord les parents qui sont violents. L'outil est un peu... - C.Roux: Je redonne un chiffre cité par E.Borne.

21:46

On ne les cherche plus? - A.Goutard: Les armes blanches sont de plus en plus en circulation auprès des jeunes. On voit bien qu'il y a un degré de violence qui s'est élevé, pour des raisons certainement multiples, chez les jeunes. Ce qui se réglait à coups de poing ou à coups de batte de base-ball, ce qui n'est pas rien, aujourd'hui, ça a monté d'un degré et ça se règle à coups de couteau. On a connu ça dans les années 50. On connaît ça aujourd'hui dans notre société. Il y a plein de raisons à cela.

22:29

Une raison importante, c'est qu'avant, un couteau, s'achetait en armurerie. Aujourd'hui, ça s'achète sur Amazon. Cet Opinel 13 qui a une lame jusqu'à 20 cm de longueur, ça s'achète sur Amazon. C'était moins facile il y a quelques années. - C.Roux: On parle aussi de "couteau zombie". - M.-E.Pech: C'est un couteau interdit en Grande-Bretagne, qui ressemble à une machette. Il est très long. On appelle ça "zombie", parce que ça vient de ce qu'on peut voir dans les jeux vidéo violents. Ils sont très utilisés par les mineurs. Il y a eu un rapport de la vice-présidente de l'Assemblée nationale la semaine dernière qui disait que c'était très répandu chez les mineurs. Elle s'inquiétait de ce sujet. On imagine que F.Bayrou va en parler ce soir. - A.Goutard: Pour les téléspectateurs qui ont l'impression que les pouvoirs publics ne font pas grand-chose, il y a quand même une prise de conscience. Je pense notamment à Paris. La capitale est touchée par une violence de rixes entre mineurs. Il y a eu des drames absolus. Paris est très touché par cette progression des couteaux.

23:51

Il y a un "plan couteau" qui a été créé. On voit que la préfecture de police, le préfet de police, la maire de Paris et l'Etat se sont réunis pour trouver des solutions multiples, parce que le problème est multiple. Ils essaient de réagir sur les réseaux sociaux, d'agir auprès des gamins avec des films qui passent sur TikTok, sur Snapchat... C'est "quelles conséquences à avoir un couteau dans la poche?" Des choses sont faites. Les résultats mettront malheureusement du temps. - C.Roux: Vous parlez ce drame, la mort d'Elias, poignardé parce qu'on voulait lui prendre son téléphone portable. Il sortait d'un entraînement de foot. Sa mère s'est exprimée ce matin. Elle estime qu'on n'a plus le temps. - Madame E.Borne veut réfléchir, prendre le temps de réfléchir. On n'a plus le temps de réfléchir! Le meurtre d'Elias, ce n'est pas un fait divers. C'est un fait de société. Les meurtres par armes blanches, c'est le préfet de police de Paris

25:17

qui le dit, ce n'est pas qu'à Paris, c'est dans toutes les villes. On l'a vu à Crépol, à Dax, Nantes. C'est une réalité. On ne comprend pas comment cette femme, ministre de l'Education, qui s'occupe de notre jeunesse est capable de prendre la parole en parlant du meurtre d'Elias et en disant "on va réfléchir, prendre le temps". - C.Roux: C'est ce qu'on disait au début de l'émission. - C.Barbier: Pendant qu'elle prononçait ces mots, Mélanie était en train de mourir. Quand elle dit que ce n'est pas un fait divers, mais un fait de société, c'est un débat qui revient beaucoup

26:02

depuis quelques mois. Les faits divers sont les enfants des faits de société. Le fait de société est une violence plus accrue dans la jeunesse, ce phénomène des armes blanches, et ça donne un chapelet de tragédies dont chaque grain a un prénom: Elias, Thomas... C'est ça qu'il faut arrêter. Vous pouvez arrêter les faits divers en croyant que la répression va être dissuasive, en mettant des portiques, des policiers... Ca va être limité. Il faut travailler sur le fait de société, tout ça vient de pourquoi le surmoi n'agit plus

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sur l'adolescent? "Si j'ai pris un couteau, violant un interdit, je ne vais pas m'en servir. Si tel camarade ou prof m'a déplu, je ne vais pas lui planter mon couteau dans le dos." Pourquoi ça ne marche pas? Quels sont les verrous qu'on a eu dans nos éducation et qui ne marchent plus? Est-ce que les parents sont défaillants et les pères ne sont plus à la maison? Est-ce que la culture du jeu vidéo a banalisé l'idée de trancher des têtes? Quelles sont les différentes sources qui font qu'on n'a plus de verrous? - C.Roux: On ne fait pas rien.

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Il y a eu ce plan couteau. Il y avait une opération de fouille de sacs organisée par la gendarmerie au moment où se sont déroulés les faits. Donc il y avait des dispositifs qui auraient dû servir de dissuasion. - A.Bauer: C'est peut-être le déclencheur, aussi. D'après les éléments que j'ai découverts ce soir, s'il a fait des allers et retours avec le couteau dans son sac, on peut se demander... Ils parlent beaucoup en garde à vue... La plupart racontent des choses abominables, qui nous choquent, avec un sang-froid et une sorte de logique et de rationalité glaciales. "J'étais venu pour planter untel qui m'avait harcelé", "planter untel pour une vengeance"... On a découvert que le meurtre de Dax était pour un vol

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d'une casquette. Le fait générateur est parfois absurde. Dans ce qui est indiqué par Christophe, on a 2 problèmes. La désinhibition, le fait que plus rien n'est interdit parce que tout est autorisé et toléré. On a un problème des pairs et des pères... Je ne mets pas les mères de côté, mais il y a un sujet dans l'effondrement de la structure familiale et dans la structure sociale, qui devrait être autour. Deuxièmement, la gestion de la frustration. Le réseau social a supprimé la gestion de la frustration, en permettant que tout soit possible et que le lien entre le réel et le virtuel ait disparu. - C.Roux: Des initiatives sont menées par certains établissements pour aider les parents qui sont démunis face à l'usage de leurs enfants

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des réseaux sociaux et la surexposition à la violence et aux écrans. On a parlé des solutions proposées par l'exécutif depuis l'après-midi. La question des portiques... On se dit qu'au fond, ce serait un moyen d'éviter que des armes blanches rentrent dans les établissements scolaires. Ca avait été évoqué par L.Wauquiez, pratiqué et essayé dans d'autres régions. C'est une bonne option? Ca pourrait permettre de refaire des écoles des sanctuaires? - M.-E.Pech: Ca fait 25 ans qu'on entend parler de ces portiques. L.Wauquiez a porté ce sujet, d'autres l'ont porté avant lui.

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Des élus demandaient... Quand ce n'est pas les portiques, c'est la vidéosurveillance. La réalité, c'est que les proviseurs disent qu'ils n'ont personne à mettre devant les écrans. Ils n'ont pas de surveillants, de gens en nombre suffisant. "Qu'est-ce qu'on fait si ça sonne?" Des surveillants, vous en avez un devant l'entrée d'un lycée. Il a 1500 élèves qui passent tous les matins. Il va passer 5 minutes sur chaque élève? C'est impossible. - C.Roux: Pourquoi c'est impossible? Si on se réfère à notre vie quotidienne,

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quand on va dans un concert, on passe par un portique... - M.-E.Pech: Ce sont des organisations privées qui vont embaucher. On voit bien que l'Etat aujourd'hui n'est pas dans l'idée d'augmenter le nombre de surveillants, de fonctionnaires dans les établissements scolaires. - C.Roux: Les établissements n'en veulent pas parce qu'ils n'auront pas les moyens pour les gérer. - M.-E.Pech: Ce n'est pas qu'ils ne le veulent pas, mais le problème, c'est qu'il n'y aura personne. Ils demandent plus de sévérité dans les sanctions. Lorsqu'il y a une exclusion, qu'on ne revoie pas l'élève 3 jours après qui revient la bouche en coeur comme s'il ne s'était rien passé. Que la sanction soit efficace. Le ministère de l'Education nationale

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va répondre que si on l'exclut, il va rester 3 jours devant la télé, ça va embarrasser les parents qui seront au travail et ça ne servira à rien. C'est la pente vers la déscolarisation. Des gens vont traîner dans la rue ensuite. Il y a une forme d'impuissance autour de ce sujet. Les autorités publiques, les politiques ont beau élever la voix avec des trémolos, il n'y a pas de solution toute faite qui permettrait de résorber ce problème en quelques secondes. - C.Roux: On a vu passer les chiffres. F.Bayrou s'est justifié. Il a dit avoir pris le sujet à bras-le-corps.

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200 couteaux saisis, 6200 contrôles... Il y a eu des sanctions. - M.-E.Pech: Ca peut être dissuasif. Un élève, sachant qu'un gendarme peut être devant son établissement, ça peut être dissuasif. Dans ce cas-là, ça n'a pas fonctionné. - C.Roux: L'autre proposition, c'est le renforcement des sanctions. - C.Barbier: Oui. Je pense que la piste de l'exclusion est à creuser. C'est un échec éducatif. L'école n'aime pas exclure les enfants, parce qu'elle a l'impression de les laisser partir vers une pente défaillante.

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Néanmoins, avec l'enseignement à distance, le Cned, il y a des possibilités de protéger une communauté éducative tout en assurant un suivi pédagogique. Il faut garder dans le chemin scolaire ceux... Qu'un enfant qui a essayé d'étrangler un camarade revienne, c'est un problème. - M.-E.Pech: Les enseignants se demandent quoi faire. - C.Barbier: L'exclusion et le retour dans la famille, c'est aussi dire aux parents d'élèves que c'est de leur faute, que c'est leur responsabilité.

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- C.Roux: Le Premier ministre a évoqué l'accompagnement de la santé mentale des jeunes avec un examen, des propositions de traitements pour une "reprise de contrôle de ces jeunes". - A.Goutard: La période du covid où tous les enfants ont été enfermés chez eux, ceux qui n'avaient pas la chance d'avoir des parents capables de les maintenir à un niveau scolaire évident, qui ont fait des cours à distance... Des élèves ont quitté le système scolaire. Est-ce que c'est souhaitable pour nos enfants? Les cas les plus difficiles, on peut les sortir

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du système scolaire et c'est l'école de la délinquance qui sort? Le vrai problème dans les établissements scolaires, c'est qu'il n'y a plus d'infirmières, de médecins. Il n'y a plus de contrôles, plus d'examens. Ce n'est pas un portique qui va permettre de détecter un adolescent qui serait une bombe à retardement mentale. La jambe de la psychiatrie infantile, c'est ça qui est le plus cher et la moins abordée aujourd'hui. - C.Roux: Tout ça ne se passe pas uniquement en France. Vous l'avez vu passer dans l'actualité.

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En Autriche, 9 morts dans une école. Un lycéen âgé de 22 ans a fait feu sur d'autres élèves et s'est donné la mort. - C.Barbier: C'est une spécificité française: dans les établissements scolaires, l'utilisation d'armes à feu à des fins meurtrières est rarissime, comparée aux Etats-Unis. On arrive à préserver nos écoles de l'irruption des armes à feu. On doit arriver sur une certaine catégorie de couteaux, à faire la même chose. - M.-E.Pech: En Autriche aussi, c'est extrêmement rare. C'est habituellement concentré aux Etats-Unis en raison de leur législation. - C.Roux: E.Borne a estimé qu'il fallait agir sur l'utilisation des écrans et des réseaux sociaux. Nouvelle injonction d'une classe politique démunie face au tête-à-tête mortifère des enfants face aux écrans. A Roquemaure, dans l'Hérault, un collège organise des ateliers avec les élèves mais aussi avec les parents. - Bonjour à tous. Vous allez bien? Vous savez pourquoi on est réunis ce matin? On va parler des réseaux sociaux. On ne va pas parler que de ça.

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Qui passe trop de temps devant ces écrans? Ca fait plus de la moitié de la classe. - Dans ce collège du Gard, ce matin-là, les professeurs ont laissé leur place à cet intervenant. Il anime un atelier sur les dangers des écrans et des réseaux sociaux. Face à lui, une classe de 5e. - Malheureusement, les réseaux sociaux, les jeux vidéo, c'est un lieu où vous avez des gens qui vont insulter, menacer, harceler. Ce type de comportement peut créer de la violence, de la peur, ça peut dresser les gens les uns contre les autres. Il faut en avoir conscience. Est-ce qu'un garçon est né sexiste? Est-ce qu'un enfant est né raciste, homophobe?

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Non. Qu'est-ce qui se passe? - Si on regarde une vidéo avec des personnes qui sont racistes, c'est eux qui vont nous apprendre... - On peut dire qu'on n'aime pas, qu'on n'est pas d'accord, mais pour autant, ça ne veut pas dire insulter, menacer, harceler. - Des adolescents en pleine construction, exposés à des images et des mots qui peuvent inciter à la violence. Dans cette classe, cette jeune fille a été harcelée par une de ses camarades. - Dans le groupe de classe, elle avait envoyé une photo de nourriture de chien en parlant de moi, disant que j'étais une chienne. Sur des messages, elle m'envoyait des gros mots. - Ces jeunes, souvent accros aux écrans, ne cachent pas que les réseaux sociaux sont la source de nombreuses tensions. - Ca peut entraîner des disputes, plein d'autres trucs. - Les gens peuvent avoir des informations sur nous et on peut ne pas être au courant qu'ils les ont. Ils peuvent avoir des photos de nous, les retoucher. Ils peuvent dire des choses méchantes sur nous.

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- Les réseaux sociaux peuvent créer des comportements excessifs, de mise en danger. Chez les plus jeunes, il y a des défis sur les réseaux sociaux ou où on peut se mettre en danger. - Pour cet intervenant, les parents, parfois dépassés, ont un rôle-clé à jouer. Il leur propose le même atelier, organisé à l'initiative du collège. - L'âge moyen de la 1re exposition au porno en France, c'est entre 10 et 11 ans. Anticiper, c'est dire: "Tu vas tomber sur ce genre de contenu un jour, sache que si tu vois ça, la pornographie, ce n'est pas une réalité." "C'est une fiction qui peut générer des violences vis-à-vis des femmes, des pratiques..." Le consentement n'est jamais abordé. - Des parents très attentifs, comme Frédéric. Son fils de 11 ans s'est retrouvé dans un groupe WhatsApp qui a dégénéré. - Il s'est retrouvé dans un groupe avec peut-être 300 personnes. C'est parti en cacahuètes. Il y avait des insultes. Il en a fait aussi. Il n'a plus WhatsApp. On a repris ça avec lui. C'est un vrai exemple d'une situation qu'on ne peut pas gérer. Il était embarqué dans le mouvement. - Le smartphone, le mal des ados?

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A la fois porte d'entrée et caisse de résonance des violences. - C.Roux: Cette remarque... - C.Barbier: Les sociologues des siècles futurs se reprendront sur cette utilisation des réseaux sociaux dans notre société et en tireront des leçons, mais nous, on vit ça au jour le jour. C'est difficile de faire la part de ce qui est très bon... C'est une forme de socialisation que d'être sur des réseaux sociaux. C'est une forme d'appartenance au groupe. Il y a aussi ce qui est mauvais. On s'insulte, voire on se menace.

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De quel droit un Etat viendrait dans la chambre d'un enfant pour dire "ça, vous avez le droit"... - C.Roux: Interdire l'accès des réseaux Aux jeunes de moins de 15 ans, c'est l'une des priorités du président de la République. - C.Barbier: Et comment? - M.-E.Pech: La vraie question, c'est surtout pourquoi des enfants de 8 ans et plus ont des téléphones portables reliés à Internet. Pourquoi les parents leur en achètent aussi tôt? Un enfant n'a pas besoin de sociabilité via les réseaux sociaux à 11 ou 12 ans. Vous avez des parents qui n'achètent pas de téléphone portable à leur enfant. Ca existe et c'est possible. - C.Roux: C'est ce que vous avez fait, il semble. - M.-E.Pech: Oui.

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Je recommande! - A.Goutard: Le problème, c'est le copain dans la cour de récréation. - M.-E.Pech: Ils n'ont pas le droit de sortir leur téléphone dans la cour de récréation au collège et au lycée. - C.Roux: Par rapport à la proposition de G.Attal, qui veut interdire l'accès aux réseaux sociaux avant 15 ans, c'est-à-dire avec une forme d'autorité, décréter que c'est interdit... On justifie le fait de ne pas offrir un téléphone portable connecté à Internet à ses enfants avant 15 ans. - M.-E.Pech: Vous pouvez donner un téléphone portable à votre enfant qui n'est pas connecté à Internet mais qui permet d'envoyer des SMS, si c'est une question de sécurité.

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Si les parents préfèrent que l'enfant ait un téléphone... Si l'enfant est enlevé ou attaqué, je ne vois pas en quoi ça aide d'avoir un téléphone portable. On peut donner un téléphone, mais pas relié à Internet. Je suis allée sur des groupes Snapchat d'enfant de 9 ans, c'est hallucinant, le racisme, le sexisme. C'est normal, parce qu'ils sont petits. Nous, adultes, est-ce qu'on se contrôle face au téléphone portable? Est-ce que vous arrivez tous à vous contrôler? - C.Roux: On lutte. - M.-E.Pech: En tant qu'adultes, on a du mal.

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On ne met pas dans les mains de ses enfants, des enfants mineurs, un téléphone portable quand il est trop jeune. - C.Roux: Vous dites que c'est davantage la responsabilité des parents que du monde politique. - M.-E.Pech: Le téléphone portable a été interdit au sein des établissements scolaires. C'est à peu près respecté, même s'il y a encore des choses à cadrer. Au lycée, ils font ce qu'ils veulent, mais ils ont plus de 15 ans. - C.Roux: Le problème, c'est ce qui se passe dans la chambre. Je voudrais vous montrer un extrait de cette série événement, "Adolescence". Elle est déjà montrée dans les collèges et lycées britanniques. Elle est assez représentative de la violence qui peut exister chez les jeunes. Elle pourra être visionnée aussi dans les établissements

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français, avec un accompagnement pédagogique, à partir de la classe de 4e. ... - C.Roux: A.Bauer? - A.Bauer: Je l'ai vue quand elle a été mise en boîte... C'est une série prenante. C'est un immense plan-séquence. Ce qui est intéressant, ce n'est pas cette partie. C'est la partie du déni. - C.Roux: Le déni de l'enfant. - A.Bauer: Il sait ce qu'il a fait. Jusqu'au moment où il a les caméras, les images de vidéosurveillance qui lui montrent ce qu'il a fait, il nie à ses parents, à tout le monde. Il continue à nier, avec des accès de violence permanents... - C.Roux: Notamment avec la psy.

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- A.Bauer: Ce phénomène est très intéressant. C'est la démonstration de la désinhibition totale, de l'incapacité à gérer la frustration, de l'incapacité à gérer la responsabilité. Les 3 éléments se sont mis ensemble pour des raisons psy... C'est important de signaler à quel point l'effondrement des structures de santé mentale en France est une réalité pour les adultes comme pour les mineurs. Ceux qui ont détruit le service public de la santé mentale sont ceux-là mêmes qui vous expliquent qu'ils vont essayer de le reconstruire, sans aucune partie de "on est désolés, on n'a pas bien compris ce qu'on a fait, on s'excuse et on va tout recommencer". La population a du mal à le comprendre.

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Comment ceux qui ont détruit vous expliquent qu'ils vont le refaire. - C.Roux: Ce qu'on voit aussi dans cette série, c'est le désarroi des parents, qui ne savaient pas ce qui se passait. C'est aussi à ça qu'ils réagissaient. - A.Goutard: Je suis d'accord avec vous. Les parents ne doivent pas acheter des téléphones connectés à Internet. Nous sommes des parents responsables. La vérité, c'est que quand les parents... Même les parents bienveillants qui s'occupent de leurs enfants sont souvent débordés, parce qu'il faut avoir un accès au numérique, une connaissance.

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TikTok, ce n'est pas pour tout le monde. Tout le monde ne comprend pas son fonctionnement. Tout le monde ne sait pas où aller, à quel point ça peut être dangereux pour les enfants. Tout le monde ne voit pas que sur TikTok, vous avez régulièrement des séquences avec des agressions en direct. Ces enfants se disent: "Pour me protéger contre les agressions que je vois sur TikTok, je ne vais pas en parler à un référent, à un adulte, mais je vais moi aussi m'acheter sur Amazon un couteau, non pas pour agresser des gens, mais pour me défendre."

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On ne peut pas demander à un adolescent de 13 ou 14 ans d'avoir la présence d'esprit, la maturité, la capacité de se dire que quand il sort avec un couteau, il risque de le sortir de sa poche pour de mauvaises raisons et de faire du mal à quelqu'un. Un adolescent, ça n'anticipe pas. C'est le propre de l'adolescence. Ce ne sont pas des méchants adolescents. Ce sont des adolescents. Nous, adultes, il faut peut-être faire une introspection. Nous sommes dans une société violente. Les adultes sortent plus facilement de leur voiture pour aller tabasser leur voisin parce qu'il a grillé un feu rouge... Tabasser des infirmières ou le médecin de quartier,

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les pompiers... - C.Roux: Les adolescents sont le réceptacle de ce qu'on vit. - A.Goutard: Il y a des solutions auprès de l'Etat qui pourraient être mises en place, auprès notamment de ceux qui tiennent TikTok, Instagram, pour gérer la violence. Il y a des lois. Elles devraient pouvoir permettre de faire cesser cette violence sur les réseaux sociaux. On sait le faire techniquement. Ne croyons pas que c'est trop dur. Regardez les sites pornographiques. Ils ont fermé du jour au lendemain. Si on voulait vraiment que ça s'arrête, on le saurait. On a des lois européennes très bien faites pour cela.

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- C.Roux: Vous dites que ce n'est pas aux parents... - A.Goutard: On demande tellement aux parents... Notre société a les adolescents qu'elle mérite, quelque part. On le voit dans les statistiques depuis des années. Plus la société est violente, plus les mineurs, qui représentent généralement 2 % des violences les plus fortes... Ces chiffres augmentent en même temps que la délinquance et la criminalité des majeurs. - C.Barbier: Cet effondrement de la santé mentale a une conséquence qu'il ne faut pas oublier: la violence tournée contre soi-même avec l'idée de suicide, notamment chez les jeunes filles.

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Là encore, c'est depuis les années covid. - C.Roux: Et les troubles alimentaires... - M.-E.Pech: Ce film dont parle E.Borne, qui pourrait être montré à partir de la classe de 4e, je ne suis pas sûre que ce soit le meilleur support pour parler de ces questions. La vraie violence, ce n'est pas celle qui consiste à tuer son surveillant. C'est la scarification, la dépression, la violence contre soi-même, la bipolarité ou le TDAH non détecté, les troubles autistiques non détectés. Un psychiatre d'un hôpital parisien tire la sonnette d'alarme depuis 4 ou 5 ans. Il dit qu'il n'y a plus de lits dans les hôpitaux psy, qu'il y a

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des gens dehors qui ne sont pas soignés. Les pouvoirs publics ont tout leur rôle à jouer. Ils ne le jouent pas vraiment en ce moment. - C.Roux: Tout cela intervient dans une sorte de campagne électorale permanente. "Les Français n'en peuvent plus." M.Le Pen a interpellé avec ces mots le Premier ministre. Elle déroule son discours sur les "barbares", "l'ensauvagement de la société". C'est lors d'un rassemblement populiste que M.Le Pen a voulu fêter l'anniversaire de la victoire de son parti aux européennes. - Au milieu des champs du Loiret, l'extrême droite européenne

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a répondu à l'appel du RN. Aux côtés de M.Le Pen, des leaders nationalistes, comme l'Italien M.Salvini ou encore V.Orban. A la tribune, le Premier ministre hongrois dresse le portrait d'une Europe et d'une France au bord de la guerre civilisationnelle. - V.Orban: Ce qui se passe, ce n'est pas une migration, c'est un échange organisé de populations pour remplacer le socle culturel de l'Europe. Nous ne laisserons pas détruire nos villes et la sécurité de nos rues. Nous ne laisserons pas violer nos filles et nos femmes. Nous ne permettrons Pas de tuer des citoyens pacifiques. - La violence, on la vit au jour le jour. Il faut qu'on dise merci et c'est pas vrai? C'est pas ça. J'ai un drapeau. Il ne représente plus du tout la France. - On a un pays magnifique qui est complètement démoli par la violence, par les agressions. C'est invivable. - Un discours largement alimenté par la presse d'extrême droite. Chaque semaine, des articles mettent en avant fait divers,

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insécurité ou encore immigration. Des thématiques dont se nourrit le RN pour exister. Avril 2024, à Châteauroux: le jeune Matisse, 15 ans, est poignardé à mort par un Afghan. Le président du RN publie alors une vidéo aux allures de clip de campagne. - J.Bardella: Si je prends la parole devant vous aujourd'hui, c'est avec tristesse et colère. La vie de Matisse lui a été enlevée. Chaque jour, la jeunesse française est la nouvelle victime d'une politique migratoire insensées qui fait venir chez nous des prédateurs, qui met en danger notre sécurité et nos libertés. - Commenter systématiquement les drames pour accuser la justice de laxisme, comme après la mort de Philippine, tuée par un ressortissant marocain sous OQTF. - L.Jacobelli: Si les OQTF étaient respectées, n'avaient pas atteint leur plus bas niveau sous le gouvernement avec monsieur Darmanin, Philippine serait vivante. - Fin janvier, Elias, 14 ans, est tué à la machette par 2 mineurs déjà connus des services de justice. M.Le Pen déroule son programme. - M.Le Pen: Combien de morts faudra-t-il pour sacraliser enfin

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l'intégrité physique des Français en mettant en place par exemple une suppression des aménagements de peine pour toute peine supérieure à 6 mois de prison en cas d'atteinte aux personnes? Combien d'assassins mineurs faudra-t-il pour abaisser la majorité pénale à 16 ans et instaurer des peines courtes dès les premiers délits graves? - Un moyen aussi de tacler ses adversaires après les violents débordements ayant suivi la victoire du PSG. Le RN en profite pour critiquer l'autorité du ministre de l'Intérieu - S.Chenu: Ca sert à quoi d'avoir B.Retailleau ministre de l'Intérieur? La situation est quasiment pire que ce qu'on a connu il y a quelques semaines. - Une stratégie qui avait porté ses fruits lors des législatives de 2024 dans des communes touchées par un fait divers.

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Exemple à Crépol, où Thomas, 16 ans, avait été tué à l'arme blanche lors d'un bal. La tentation RN était alors forte pour ces jeunes avant le premier tour. - Qu'est-ce que vous espérez du RN face à cette situation? - Qu'il réussisse à réguler ça et que personne ne vive ce qu'on a vécu. - Dans la circonscription, le candidat RN l'a emporté avec 40 % des voix, doublant le score de son parti obtenu en 2022. - C.Roux: C.Barbier? - C.Barbier: On est dans un phénomène de récupération politique. Le pouvoir en place est défaillant, donc une position plus radicale peut faire des miracles... Il manque 2 choses. Il manque les vrais moyens mis derrière les promesses qui sont faites.

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A quoi ça sert d'avoir B.Retailleau, dit S.Chenu? Peut-être à rien, vu le constat actuel, mais si demain, c'est S.Chenu place Beauvau, qu'est-ce qui se passe? Quand on voit le programme du RN, la réelle volonté de construire des places de prison en faisant sauter les verrous administratifs, économiques... On ne le voit pas assez dans le programme. B.Retailleau est en échec pour la reconduite des OQTF dans certains pays, notamment l'Algérie. Mais comment le RN y arriverait? En supprimant les visas pour ceux qui veulent venir d'Algérie? C'est déjà pratiqué. On voit mal ce que l'épreuve des faits pourrait donner comme avantage.

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Ce sont des politiques de fond qu'il faut. Le tout-répressif, même si c'est efficace à court terme, ça ne suffira pas. Reconstruction de structure familiale ou d'une attitude dans les familles qui fassent que ça reparte... On ne le voit pas non plus dans les programmes des partis politiques, notamment le RN. Mais il y a la même chose en face. J.-L.Mélenchon a fait un tweet très posé sur la responsabilité des parents, tout à l'heure. C'est ce qu'on a dit ce soir. Il a raison, mais il y a un sous-entendu idéologique chez lui. C'est de dire "excuses, irresponsabilité, les jeunes

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ne sont pas responsables des victimes de la société qui les transforme de cette manière". C'est une façon de dire qu'il n'y a aucun lien avec l'immigration, avec la cohabitation de cultures différentes, tout ce qu'on a entendu de l'autre côté, notamment au moment de Crépol. - C.Roux: On revient à vos questions. Question. - A.Bauer: Ca empêche les fusillades dedans, mais pas autour. C'est mécanique. - C.Barbier: Est-ce que c'est dissuasif? "Je sais qu'il y a un portique à l'entrée de mon collège.

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Je n'ai pas envie que ça sonne." - A.Bauer: Ce n'est plus la question. Tout le monde entre et sort. Pourquoi se faire prendre dedans? Les seuls pour qui ça ne marche pas, c'est ceux qui veulent se suicider après avoir tué tout le monde. L'agent à l'entrée va être une victime de plus. Il sera la première victime d'une opération... En général, ils sont plusieurs. La question est de faire le plus de dégâts possibles et de se tuer à la fin. Ca a un effet qui est qu'à l'intérieur

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des établissements, il y a une décrue réelle... Dans les établissements publics, tous les ans, une statistique à peu près correcte montre qu'il y a un reflux des agressions, meurtres, tentatives de violence à l'intérieur des établissements. - C.Roux: Il y a des policiers dans l'établissement? - A.Bauer: A l'entrée. Quand la France a voulu entamer ce processus, il y a eu un certain rejet des populations, notamment des enseignants. Ca a réduit, mais surtout déplacé la question. Aujourd'hui, on en a beaucoup plus dans les centres commerciaux, le lieu où tous les gamins se réunissent. C'est le seul lieu de vie de beaucoup de villes de banlieue américaine. - M.-E.Pech: Des policiers dans les établissements scolaires, il y en a Londres... Mais on n'a pas assez de policiers. Ce n'est pas tant la résistance des enseignants. Vous les trouvez où, les policiers? - A.Bauer: Aux Etats-Unis, tu tires d'abord, tu discutes ensuite. En France... Il n'y a jamais eu autant d'individus tué

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par des policiers aux Etats-Unis que cette année alors qu'on est à peine 5 ans après Black Lives Matter. Malgré cela, les effets secondaires de Black Lives Matter, la révolte des Noirs qui se faisaient tirer pour rien, a donné mécaniquement une autorisation de tirer pour les policiers parce qu'il y avait trop de violences en... - C.Roux: Question. - M.-E.Pech: Je pense qu'il y a des jeunes femmes qui le portent dans le métro, les transports en commun, dans la rue. Il faut avoir le temps de l'utiliser. Vous imaginez, quand vous prenez un coup de couteau? Ca se passe en 2 secondes. - C.Barbier: On n'élève pas le ton et on ne lève pas la main sur un prof, point barre.

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Ca doit être un personnage sanctuarisé, comme cela l'a été pendant des décennies. - C.Roux: Ca ne l'est plus. - C.Barbier: Il faut que ça le redevienne. On ne touche pas un prof quand on est élève ou parent. - C.Roux: Question. - A.Goutard: On cherche à chaque fois un coupable... - A.Bauer: C'est un cumul. - A.Goutard: C'est un cumul d'éléments. On peut s'interroger sur la culpabilité globale de la société vis-à-vis des plus jeunes. Qu'est-ce qu'on ne fait pas et qui fait que cette société est de plus en plus violente? On le retrouve partout en Europe. - M.-E.Pech: On peut revenir sur les allocations familiales qu'on supprime aux familles défaillantes. On a beaucoup de politiques qui le portent. Dans leur ville, bizarrement, ils ne le font pas, ou quelques-uns.

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- C.Roux: Question. - A.Bauer: Oui, c'est inconcevable. - C.Roux: Il y avait des gendarmes aux abords de ce collège ce matin pour faire le contrôle du sac. - M.-E.Pech: Donc ça n'a rien empêché. - C.Roux: Question. On a beaucoup cette question. - A.Goutard: C'est une très bonne question, mais qui n'a jamais été résolue pour un problème de coût. On avait élaboré l'idée, pas d'une maison de redressement... - C.Barbier: Des centres éducatifs fermés. - A.Goutard: C'est une idée car ça permet de sortir

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de l'espace public des adolescents qui représentent un danger. - C.Roux: Pourquoi ça n'a pas marché? - A.Goutard: Ca coûte 50 000 euros par élève. - C.Roux: Ce n'est pas que ça n'a pas marché. - A.Goutard: L'idée marche bien. J'ai fait beaucoup de reportages dans des centres éducatifs fermés. C'était une bonne solution. Toute solution qui permet de sauver au moins un enfant est une bonne solution. - M.-E.Pech: Ca ne marche pas très bien. Il faut penser aux éducateurs des centres éducatifs fermés. Il y a un turnover pas possible. Ca ne fonctionne pas pour cette raison, pour des questions de coûts, de personnel. Les gamins fuguent. On n'arrive pas à les retenir. Les centres éducatifs fermés sont à moitié ouverts, en réalité.

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- C.Roux: Question. Vous avez évoqué le virilisme dans le fait de détenir une arme blanche, le masculinisme sur les réseaux sociaux. - A.Bauer: On cherche une solution simple, ce que les Chinois ont fait dans le contrôle de l'algorithme... Je suis pour la liberté, pas de censure. L'algorithme, c'est l'élément qui amène à tuer. Le responsable, s'il y en a un, celui qui agit sur les parents et les enfants, qui pousse à la surconsommation de vidéos de plus en plus violentes dès qu'on en a vu une parce que soi-disant, quand on en a vu une, on les aime toutes... C'est un enfermement mental. Les Chinois qui nous exportent l'algorithme TikTok le contrôlent d'une manière très ferme. Limitation du temps d'algorithme et ça se ferme tout seul... Deuxièmement, on ne peut pas regarder tout ce qu'on veut. L'essentiel de ce qu'on regarde est éducatif. - C.Roux: 3 heures par jour. - A.Bauer: Si quelqu'un veut une bonne solution, rapide et efficace, il oublie tous les rabâchages de ce qu'on entend depuis 30 ans et qui marche plutôt mal, il travaille la santé mentale et il interdit l'algorithme en expliquant aux Chinois de TikTok

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que c'est ça ou l'interdiction totale. - C.Roux: Merci. Fin de cette émission. On retrouve l'équipe de "C à vous". Au programme? - A.-E.Lemoine: Un président comblé. N.Al-Khelaïfi, vainqueur de la Ligue des champions avec le PSG, est notre invité. G.Thunberg expulsée d'Israël par avion après avoir tenté de briser le blocus humanitaire à Gaza, est arrivée à Paris.