Violences sur mineurs : des renforts sont arrivés, annonce le patron de la police nationale en Seine-Maritime
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Questions et réponses
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Quelle priorité pour lui ?
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Vous partagez ce constat ?
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Comment c'est possible que vous puissiez travailler en toute conscience si vous n'avez que 17 enquêteurs ?
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Mais donc ils sont combien actuellement dédiés à la lutte contre les violences ?
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Même si c'est particulier d'interroger, d'écouter des enfants, tout le monde peut faire ?
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Et alors, quand vous parlez au ministre de l'Intérieur, et que vous lui posez...
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Il y a seulement à Rouen 17 enquêteurs dédiés à ces questions. »
- 0:37InvitéChiffre
« Il en faudrait 60. »
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« La lutte contre les violences aux personnes et notamment les violences sur les personnes vulnérables, c'est une priorité du service, ça l'a toujours été. »
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« Nous bénéficions aussi, c'est très important, de la nouvelle organisation de la police nationale, mise en place en janvier 2024 par l'ancien ministre de l'Intérieur, M. Darmanin. »
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« on bénéficie du plan d'investigation du nouveau ministre de l'Intérieur, M. Nunez. »
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« Sur l'ensemble du département, ils sont un nombre assez conséquent, plus d'une trentaine aujourd'hui, bien plus affectés »
- 5:13Invité politiqueFait
« la police judiciaire a été désignée comme chef de file de la lutte contre la criminalité organisée. »
- 5:40Invité politiqueFait
« Ici, en Seine-Maritime, nous avons le FAST, qui fait, vous le savez, de très très belles affaires sur le port du Havre. »
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« Le Havre reste encore la première porte d'entrée de la cocaïne en France, selon le bilan 2025 de la douane. »
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Ici Normandie, premier sur l'actu locale en Normandie, Ici Matin.
8h moins le quart, il est arrivé il y a bientôt 5 mois à Rouen, le nouveau patron de la police nationale en Seine-Maritime, originaire du Havre. Alors, quelle priorité pour lui ? Le directeur interdépartemental de la police nationale est votre invité, Marianne.
Bonjour Patrick Longuet.
Bonjour, je suis dans Savoie.
Selon une lettre du ministre de la Justice au ministre de l'Intérieur, une lettre confidentielle qu'on dévoile ce matin sur Ici Normandie, concernant les moyens pour lutter contre les violences faites aux enfants. Il y a seulement à Rouen 17 enquêteurs dédiés à ces questions. Il en faudrait 60. Des fonctionnaires pas assez formés pour recueillir la parole des mineurs. Vous partagez ce constat ?
Alors, juste une précision. Donc effectivement, la lutte contre les violences aux personnes et notamment les violences sur les personnes vulnérables, c'est une priorité du service, ça l'a toujours été. On pense évidemment aux vifs, aux violences à trait infamiliales, on pense aux violences faites sur les femmes, violences sexistes et sexuelles. Et évidemment, les violences commises sur les enfants et violences sexuelles sont une priorité, ça va sans dire. La difficulté, vous avez lu cette fameuse lettre qui était publiée pendant l'été. On a, comme dans beaucoup de services, beaucoup de dossiers.
Mais en tout cas, ce que je peux vous assurer, c'est que sous l'autorité du parquet, parce que je tiens à rappeler, des l'avers qu'il s'agit du judiciaire, on travaille sous l'autorité du parquet, je dirais dire des parquets, puisque ici, j'ai le parquet du Havre et le parquet d'Oran et le parquet de Dieppe. En toute transparence, en toute confiance, et ça, c'est une force dans la situation où nous sommes aujourd'hui. Nous bénéficions aussi, c'est très important, de la nouvelle organisation de la police nationale, mise en place en janvier 2024 par l'ancien ministre de l'Intérieur, M. Darmanin.
Devenu le ministre de la Justice.
Exactement, mais pour nous, il reste le ministre de l'Intérieur qui a mis en place cette réforme qui est fondamentale, puisque aujourd'hui, en tant que directeur interdépartemental de la police nationale, j'ai l'autorité sur une chef de la police judiciaire qui pilote la totalité des services judiciaires du département. Ce qui, dans le cas précis, a été une force en termes de recensement des dossiers, en termes d'identification des bonnes pratiques et de pilotage.
Mais comment c'est possible que vous puissiez travailler en toute conscience si vous n'avez que 17 enquêteurs, par exemple ?
On n'a pas 17 enquêteurs, on n'a bien plus.
Pour la lutte contre les violences faites aux enfants, il y en a bien 17.
On n'a bien plus que ça, nous avons vu arriver hier des nouveaux effectifs, on bénéficie du plan d'investigation du nouveau ministre de l'Intérieur, M. Nunez. Donc on a des effectifs qui sont arrivés pour renforcer les services d'enquête. Ils ont tous été dirigés vers les services traitant des affaires de mineurs, ça c'est une première chose. Nous avons eu également une mobilisation totale de nos services, avec des enquêteurs qui ne sont pas des spécialistes forcément de la matière mineure, mais qui sont venus en renfort, d'anciens de la brigade qui sont revenus dans la brigade.
On a réorganisé nos services, toujours avec, une fois, c'est extrêmement important, cette nouvelle organisation de la police nationale, qui nous permet de jouer sur les flux, et de permettre d'être beaucoup plus efficients que nous l'étions avant.
Mais donc ils sont combien actuellement dédiés à la lutte contre les violences ?
Sur l'ensemble du département, ils sont un nombre assez conséquent, plus d'une trentaine aujourd'hui, bien plus affectés, mais j'ai également tous les renforts, j'incite également sur tous ces gens qui, spontanément, ont levé le poids pour dire « on va aider à traiter les dossiers ». Et donc les dossiers sortent, c'est une très bonne nouvelle.
Même si c'est particulier d'interroger, d'écouter des enfants, tout le monde peut faire ?
Non, ça demande un vrai savoir-faire, mais dans une enquête, il y a plusieurs étapes, on a dû faire des enquêteurs. Et ce qui est extrêmement important, effectivement, c'est, moi, derrière ce débat, il ne faut pas oublier qu'il y a des fonctionnaires de police, et ceux-ci en particulier, ceux qui travaillent sur cette matière, la matière d'enquête, sont des gens extrêmement motivés. Moi, je tiens à leur tirer un vrai coup de chapeau, parce que s'il y a bien des policiers qui, le matin, se réveillent avec le sens de la mission, ce sont les gens qui, aujourd'hui, enfin, depuis toujours, mais, voilà, traitent ce qu'il y a de plus fond dans l'âme humaine.
C'est des gens qui ont une charge mentale énorme, même lorsqu'ils quittent le travail. Et aujourd'hui, effectivement, leur mobilisation, elle est incontestable, elle est totale, elle est reconnue par les parquets, je ne vais pas parler à la place du procureur. Mais il y a une vraie, vraie mobilisation sur ce sujet, ici, en Seine-Maritime, dans l'ensemble des commissariats de la Seine-Maritime, comme dans l'ensemble du territoire.
Et alors, quand vous parlez au ministre de l'Intérieur, et que vous lui posez...
Je ne parle pas au ministre de l'Intérieur, moi.
Ah, il ne vous parlez pas entre vous ?
Je ne suis pas ministre.
Je parle de ma hiérarchie. J'imagine quand même qu'il y a des échanges réguliers, enfin, j'espère qu'il y a des échanges réguliers, voilà. Quand vous parlez de votre hiérarchie, et que vous lui parlez du manque de policiers, du besoin de renfort, qu'est-ce qu'elle vous répond ? On attend quand même des renforts avant, depuis 2019.
Je viens de vous le dire à l'instant, moi, je suis arrivé il y a cinq mois, vous l'avez rappelé à l'instant, et précisément, moi, depuis cinq mois, j'ai vu arriver des renforts. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a lancé un plan de renforcement de l'investigation, dans lequel il y a eu des renforts. Et nous aussi, à Rouen comme au Havre, on a vu arriver des renforts, justement, que nous avons orientés pour traiter cette matière si particulière, vous l'avez dit.
Des renforts, j'imagine, qui vont servir aussi à la lutte contre le trafic de drogue. À Canteleu, en juillet et en août, deux jeunes ont reçu des balles dans les jambes, en lien, selon nos informations, avec du trafic de stupéfiants. Est-ce que cette montée en puissance des règlements de comptes, cette montée aussi de la violence, vous inquiète ? Et qu'est-ce que vous pouvez y faire, vous ?
Alors, je vous l'ai dit à l'instant, la police nationale a été désignée, la police judiciaire a été désignée comme chef de file de la lutte contre la criminalité organisée. C'est-à-dire qu'ancienne maritime, comme dans l'ensemble du territoire national, avec nos collègues, la gendarmerie, avec les douanes, nous travaillons de concert, évidemment, sur ce sujet. La lutte contre les trafics de stupéfiants, mais la lutte contre l'ensemble de la crime-orgue, c'est la priorité du service, parce que, encore une fois, la police judiciaire est chef de file de toute cette matière qui concerne le haut du spectre.
Ici, en Seine-Maritime, nous avons le FAST, qui fait, vous le savez, de très très belles affaires sur le port du Havre. Toutes les grandes agnommérations sont concernées par le trafic de stupéfiants. La chance, encore une fois, de cette nouvelle organisation de la police nationale, c'est que, moi, en tant que directeur avec la police judiciaire, j'ai la main sur la totalité du spectre, aussi bien le petit dealer du bas d'immeuble ou le livreur Ubercheat, jusqu'à la tête de réseau sur lequel nous travaillons. Donc, je suis plutôt optimiste par nature, mais on a des vrais résultats sur le trafic de stupéfiants. Moi, j'ai connu Rouen il y a 16 ans maintenant.
Par exemple, il y a beaucoup moins de points de stupéfiants.
Mais le Havre reste encore la première porte d'entrée de la cocaïne en France, selon le bilan 2025 de la douane. Merci beaucoup, Patrick Longuet, d'avoir accepté notre invitation, directeur interdépartemental de la police nationale. Bonne journée à vous.
Merci, au revoir.