Nicolas Dupont-Aignan invité du journal de LCI Soir
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 60 %Défensif 25 %
Questions et réponses
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- 0:24OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous dites si les faits sont avérés ? C'est un scandale, une affaire d'État ?
- 1:03OuverteRéponse directe
Comment vous interprétez l'attitude d'Alexis Tsipras ? Est-ce qu'il n'a pas dû manger son chapeau électoral ?
- 2:33OuverteRéponse directe
Sur quoi vous vous appuyez pour considérer que le retour au drachme sera bénéfique pour les Grecs ?
- 3:29RelanceRéponse directe
Mais après, il y aura un risque de contagion. Après, qui sera le prochain ? L'Italie, le Portugal, dans la zone euro.
- 4:49RelanceRéponse directe
Ça veut dire que demain, l'Europe, Bruxelles sont plus fortes que la volonté du peuple grec qui, en janvier, avait élu Cypras avec un programme bien connu, bien défini.
- 6:31OuverteRéponse directe
Le flux ne cesse de grossir. Dans un communiqué du 13 juin de Debout la France, vous demandez la renégociation des accords de Schengen et peut-être de s'inspirer de ce qui se passe en Australie, à la fameuse opération No Way. Est-ce que ça serait suffisant ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:28Invité politiqueFait
« Oui, c'est une affaire d'État, à moins qu'on ait fait l'inverse. »
- 0:35Invité politiqueFait
« Mais vous savez, c'est la faiblesse de la France. Les Allemands nous ont écoutés, François Hollande n'a même pas protesté. »
- 1:38Invité politiqueFait
« Non. On s'est trompé en 2010. On s'est trompé en 2011. On s'est trompé en 2012. Le résultat est catastrophique. »
- 1:45Invité politiqueFait
« D'un côté, on a engagé l'argent des contribuables français et européens. Et de l'autre, d'ailleurs pas pour les Grecs, pour rembourser les banques européennes. »
- 5:07Invité politiqueChiffre
« 310 milliards qui ont été versés par les contribuables européens à la Grèce, il y en a 270 qui sont repartis dans les poches des banques françaises et européennes et allemandes. »
- 6:51Invité politiqueFait
« J'étais le seul candidat à la présidentielle à parler du drame africain. »
- 8:17Invité politiqueFait
« Et j'estime qu'aujourd'hui, si on accepte les migrants en France, on crée une bombe sociale qu'il est inacceptable d'accepter. »
- 8:29Invité politiqueFait
« Schengen est fini. »
Temps de parole
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- Présentateur16 %
- ?6 %
- Auditeur5 %
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Bonsoir Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, député maire de hier. Tout d'abord un mot de commentaire sur cette information que l'on a prise ce soir, la nouvelle révélation de Wikileaks. La NSA, les services de renseignement américains, auraient écouté trois anciens présidents, enfin trois présidents de la République, deux anciens, Chirac, Sarkozy, Hollande. Qu'est-ce que vous dites si les faits sont avérés ? C'est un scandale, une affaire d'État ?
Oui, c'est une affaire d'État, à moins qu'on ait fait l'inverse.
Je
ne sais pas. Mais ce qui est clair, c'est qu'on ne peut pas se comporter comme ça entre alliés. Mais vous savez, c'est la faiblesse de la France. Les Allemands nous ont écoutés, François Hollande n'a même pas protesté.
Donc il y a un moment... Barack Obama a
assuré au chef de l'État que cette
pratique était terminée désormais. Écoutez, en tout cas, ce qui est sûr, c'est que quand la France est faible et leurs dirigeants sont faibles, eh bien les autres se permettent n'importe quoi. Donc scandale d'État, il faut demander
des comptes aux États-Unis.
Et entre alliés, si on commence ainsi, comment on finit
? On
va en venir à la situation de la Grèce, si vous le voulez bien, pour commencer. Comment vous interprétez l'attitude d'Alexis Tsipras ? Est-ce que face à la réalité économique et financière des caisses vides, il n'a pas tout simplement dû manger son chapeau électoral, si j'ose dire, et emboîter le pas à ses prédécesseurs à Athènes ? Ce n
'est
pas la question,
si je puis me permettre. Il peut faire ça.
Il
va gagner quelques mois.
Mais
à la fin, on va retrouver la même situation parce qu
'on
va donner de l'argent supplémentaire à la Grèce.
Mais
est-ce que la Grèce aura la capacité de reconstituer sa force de production, d'exporter, c'est-à-dire de créer de la richesse ? Non. On s'est trompé en 2010. On s'est trompé en 2011. On s'est trompé en 2012. Le résultat est catastrophique. D'un côté, on a engagé l'argent des contribuables français et européens. Et de l'autre, d'ailleurs pas pour les Grecs, pour rembourser les banques européennes.
Et
de l'autre, on a un peuple qui souffre et qui est toujours plus pauvre. Moi, je vous le dis, je ne
suis
pas le seul. Même Giscard d'Estaing, qui n
'est
pas de mon opinion politique, partage le même avis. Des prix Nobel.
Tout
le monde dit raisonnablement que ce pays ne peut pas rester dans la zone euro parce que sa monnaie l'étouffe. Alors vous pouvez avoir un accord. Ils vont avoir un accord. Les Grecs vont être humiliés. Ils ont déjà des problèmes dans son camp.
Les
Européens font semblant d'être contents. Et dans six mois, on se retrouve avec un engagement de milliards d'euros inutiles. Moi, je veux que la Grèce sorte de l'euro, baisse la valeur de sa monnaie, puisse produire en Grèce, soit à nouveau responsabilisé et à minimum libre.
Sur quoi vous vous appuyez pour considérer que le retour au dragme sera bénéfique pour les Grecs ?
Mais sur tout ce qui se passe dans le monde entier.
Tous
les pays qui réussissent économiquement maîtrisent leur monnaie. Regardez la Turquie.
Ce
sont des voisins de la Grèce. Je connais bien la Grèce et la Turquie.
La
Turquie a dévalué sa monnaie considérablement. Et les activités qui étaient en Grèce sont parties en Turquie. Regardez la Pologne, qui réussit tant. Elle a dévalué sa monnaie. Regardez l'Angleterre de Cameroun. Il a dévalué sa monnaie. Regardez la Chine, le Japon, les États-Unis. Les Grecs ont une monnaie trop chère pour leur structure de compétitivité. Les Grecs ne sont pas des Allemands. Les Allemands disent « Vous devez être comme nous ». Ils ne sont pas pareils. Il y
a
un moment un principe de réalité. Qu'est-ce qu'on fait ? C'est comme une drogue.
On
met de la drogue dans l'assiette des Grecs. D'ailleurs, les Grecs n'arrivent même plus à s'en passer.
C
'est Tsipras.
Il
s'est fait élire sur un changement. Et finalement, il est drogué à l'argent des Européens. Mais on ne résout pas la question majeure. Il faut que ce pays s'en sorte par ses propres moyens.
Mais après, il y aura un risque de contagion. Après, qui sera le
prochain ? L
'Italie, le Portugal, dans la zone euro.
Oui, parce
que vous souhaitez que la
France, de toute
façon, quitte la zone euro.
Évidemment, parce que cette monnaie est tragique. Elle transfère la richesse des pays du Sud à l'Allemagne.
Et
on ne
peut
pas continuer comme ça, avec des chômages de masse. Mais les dirigeants européens, et vous avez raison, madame, les dirigeants européens,
en
fait, savent que si ça se trouve, comme le disent beaucoup, si la Grèce sortait de l'euro, ça irait beaucoup mieux.
Et
ça, ils ne le veulent pas. Parce qu
'ils
ne veulent pas montrer qu'il y
a
une autre issue. Ils ne veulent pas montrer qu'on peut faire autrement. Et rester des bons amis européens, d'ailleurs. Et il
y
en a qui sont d'accord avec ce que je dis. C
'est
certains Allemands aussi, qui disent qu
'on
ne peut pas avoir la
même monnaie. Le
peuple grec
refuse.
Le peuple grec veut rester
dans l'Union européenne. Mais non, mais
il peut rester dans l'Union européenne. Il y a dix pays dans l'Union européenne qui n'ont pas la zone euro.
Et
qui marchent très bien. Danemark, Suède, etc. Donc arrêtons de faire croire que c'est la même chose. Deuxièmement, les Grecs, ils volent le beurre, l'argent du beurre et la crémière. C'est-à-dire qu'ils volent l'argent des Européens. Ils ne peuvent pas s'en sortir. Et dans six mois, on se retrouve et on aura engagé des milliards d'euros. Il y a dans la vie, il faut dire la vérité. Et je crains que Cypras, qui a voulu biaiser, se retrouve dans six mois dans une situation pire. Et le drame, c'est que les contribuables français vont encore remettre au pot.
Ça
sera peut-être plus rapide pour lui parce qu'il n
'est
pas sûr d'avoir une majorité au Parlement à Athènes. Ça veut dire que demain, l'Europe, Bruxelles sont plus fortes que la volonté du peuple grec qui, en janvier, avait élu Cypras avec un programme bien connu, bien
défini. Ça veut dire, oui, qu'il y a une espèce de technostructure, de financier, parce qu'en fait, ce n
'est
pas le peuple grec qui a reçu l'argent, ce sont les banques.
Donc
sur 310 milliards, 310 milliards, écoutez ce chiffre, 310 milliards qui ont été versés par les contribuables européens à la Grèce,
il
y en a 270 qui sont repartis dans les poches des banques françaises et européennes et allemandes. Donc il
faut
arrêter de dire qu'on a aidé la Grèce. Non, on est en train de la tuer. Mais moi, si vous tuez la personne qui vous doit de l'argent,
est
-ce que vous croyez qu'elle va vous rembourser
?
Donc je crois qu'il serait temps de faire ce qu'on a fait avec l'Allemagne à la fin de la guerre.
L
'Allemagne était surendettée. Qu
'est
-ce qu'on a fait ? On a effacé une partie de sa dette, on l'a aidé à se reconstruire économiquement et elle nous a remboursé une partie. Mais pourquoi on n'est pas capable de dire la vérité aux gens ? Pourquoi ? Moi, je ne
suis
pas pour donner de l'argent aux Grecs sans résultat. Je suis pour qu'on leur apprenne à pêcher. Plutôt que de donner du poisson, il vaut mieux apprendre à pêcher aux gens.
Ils
l
'ont
su
il y a quelques siècles, voire quelques
millénaires. Oui, c'est une vieille parabole,
mais je crois que ce serait utile parce que, je vais vous dire ce qui est grave dans cette affaire, c'est que d'un côté, les Européens se disent « Pourquoi on aide les Grecs ? On donne de l'argent, c'est scandaleux.
»
Et de l'autre, les Grecs se disent « Mais pourquoi on nous force à être au chômage ? »
Il
y a 45% des retraités grecs sous le seuil de pauvreté. Il n
'y a
plus de médicaments pour les cancéreux en Grèce. Donc, est-ce que c'est ça l'Europe ? Dresser les peuples les uns contre les autres ? Mais ça ne peut pas marcher comme ça. On ne
va
pas construire l'Europe sur le conflit entre les peuples.
Alors justement, autre thème d'actualité, on rejoint l'Europe en parlant des migrants. Le flux ne cesse de grossir. Dans un communiqué du 13 juin de Debout la France, à côté des propositions humanitaires, vous demandez la renégociation des accords de Schengen et peut-être de s'inspirer de ce qui se passe en Australie, à la fameuse opération No Way. Est-ce que ça serait suffisant ?
Il
y a deux choses. Il
faut d'abord développer l'Afrique. J'étais le seul candidat à la présidentielle à parler du drame africain. Si on ne résout pas le problème de la misère en Afrique, de l'agriculture africaine et du Maghreb, on peut mettre toutes les barrières de la terre. On n'y arrivera pas. Premier point. Mais ça, on n'en parle pas. Deuxième point, il faut rétablir des frontières nationales parce que les Grecs et les Italiens n'ont aucun intérêt à contrôler leurs frontières puisqu'ils savent que les migrants vont monter au nord.
Donc
ça déresponsabilise. Donc moi, je veux simplement qu'on soit à la fois humain parce qu'il n'est pas question de laisser mourir les Africains dans leur pays mais qu'on soit aussi ferme et qu'ils sachent très clairement, notamment les passeurs qui les exploitent, qui sont des nouveaux esclavagistes, sachent que la frontière française sera fermée.
Nicolas Dupont-Aignan, est-ce que ce
n
'est pas aussi à la France d'assumer ses responsabilités ? Je pense à la guerre en Libye qui a contribué à déstabiliser la région avec la montée de l'islamisme radical. Alors évidemment, les Libyens fuient la guerre et ils viennent sur les côtes européennes. Vous
prêchez inconvaincu, j
'ai été l'un des seuls face à Sarkozy et à Bernard-Henri Lévy à dire que c'était une folie cette guerre. On m'a traité comme, si j'étais un dingue, j'avais raison. Je n'étais pas le seul d'ailleurs,
mais je l'ai dit publiquement. Mais on n'était pas nombreux.
Parce
qu'il y avait une hystérie médiatique
qui faisait croire que c'était la solution.
C
'est clair. Mais pour autant, est-ce qu'on est responsable des folies de M. Sarkozy
?
Non. Et j'estime qu'aujourd'hui, si on accepte les migrants en France, on crée une bombe sociale qu'il est inacceptable d'accepter. Il faut oser dire, on rétablit les contrôles aux frontières, il n
'y aura
pas d'autre solution. Schengen est fini. L'asile
politique, ça vaut pour
les migrants ? Non. L'asile politique
tournée par des migrants qui sont d'ailleurs instrumentalisés, les pauvres, par des passeurs. L'asile politique que le Qatar accueille des migrants érythréens, c'est tellement facile que les autres pays les accueillent. Il
n
'y a aucune raison que la France paye éternellement pour des gens qui ne peuvent pas venir sur notre sol. Et il faut avoir le courage de le dire. En revanche,
ça
ne suffit pas.
Il
faut parallèlement développer l'économie du Maghreb, il faut développer l'économie africaine, il faut arrêter de faire n'importe quoi en politique étrangère. Vous avez raison, madame. C'est-à-dire que c'est un ensemble. Et il
n
'y a pas une solution miracle. Personne n
'a
de solution miracle. En
revanche,
il est temps de dire stop.
Et dans votre communiqué, vous dites que la France a dépassé ses capacités d'intégration. Dans le débat qui ressurgit, intégration ou assimilation, vous préférez l'intégration ?
L'intégration, c'est le bon terme. L'assimilation, c'est une conséquence positive. On ne décrète pas que quelqu'un est assimilé.
On
fait tout pour qu'il s'assimile.
Et
je regrette que dans ce débat,
je
vais vous
dire
ce qui me fait de la peine aujourd'hui,
c
'est que d'un côté, on a les angélistes, ceux qui disent accueillons tout le monde, allez, on est tous frères et tout, moralité, c'est la cata, strophe.
Et
de l'autre, vous avez ceux,
comme
la parole douteuse de Nicolas Sarkozy sur les canalisations, qui surfent sur une espèce de
malaise.
Entre les deux, est-ce qu'on ne peut pas aborder, je dirais, calmement et sereinement les problèmes ? Considérer les êtres humains comme des êtres humains et prendre des mesures fermes pour éviter ce retour des haines. Si on ne le fait pas vite, je crains le pire.
Vraiment. Merci Nicolas Dupont-Aignan,
on
n
'a pas eu le temps de parler des régionales, vous aurez des listes dans toutes
les régions de France du mois de
décembre, on aura le temps d'en
parler et de
revenir. Justement, pour qu'il y ait un peu autre chose, une autre voie. Merci beaucoup d
'avoir été avec
nous
ce soir.
Nicolas Dupont-Aignan