Discours pour le droit à mourir dans la dignité | Jean-Luc Mélenchon
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Jean-Luc MélenchonFait
« Mon attachement à la cause qui est défendue ici de longue date est connue. »
- 0:30Jean-Luc MélenchonFait
« Je pensais pour commencer à cette fulgurance de Gondorsé arrêté, sachant bien qu'elle allait être son destin à partir de là et qui écrit dans un de ses derniers textes un cri d'espoir dans la capacité de l'humanité universelle. »
- 2:00Jean-Luc MélenchonFait
« Il en est de la mort comme de tout le reste. C'est un lien humain. C'est d'abord l'idée que nous nous en faisons. »
- 4:00Jean-Luc MélenchonFait
« décider d'éteindre soi-même la lumière, maîtriser, maîtriser, décider de notre propre fin de vie, c'est commencer à entrer dans une humanité radicale. »
- 6:00Jean-Luc MélenchonFait
« ce qui touche à la barrière intime qui dit une aptitude n'est pas un destin. La liberté humaine est construite par cet instant où nous cessons d'être dans la dépendance de quoi que ce soit. »
- 8:00Jean-Luc MélenchonPromesse
« il s'agit d'un droit de la personne humaine qui doit donc dès lors être inscrit comme le droit à l'avortement dans la constitution elle-même pour que plus personne ne soit tenté d'y toucher. »
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Mon attachement à la cause qui est défendue ici de longue date est connue. Au demeurant, je parle en face de Martine Billard qui a été un des cossignataires, une des cosignatrices d'une des tentatives de proposition de loi qui ont été faites sur le sujet. Et j'ai cru comme d'autres récemment en 2011 au Sénat lorsque tout le monde semble-t-il s'était accordé en commission des affaires sociales pour proposer un texte que celui-ci serait adopté.
Il n'en a été rien. Aujourd'hui, je me présente devant vous, non pas pour répéter ce que vous savez déjà à propos de mon engagement personnel, mais pour proposer en partage les arguments qui m'animent lorsque je fais le choix que vous savez. Je pensais pour commencer à cette fulgurance de Gondorsé arrêté, sachant bien qu'elle allait être son destin à partir de là et qui écrit dans un de ses derniers textes un cri d'espoir dans la capacité de l'humanité universelle.
Il dit que rien n'est hors de porter de l'intelligence humaine. Il conclut en disant nous vaincrons la mort. Quelle énigme !
En quoi est-ce que cela peut consister de vaincre la mort ? Il y une réflexion matérialiste. Bien sûr, peut-être qu'un jour ou l'autre le génie humain nous permettra de vaincre cette frontière comme nous avons vaincu toutes les autres.
La frontière du temps lorsque la tradition orale a pu être dépassée par les cris. La frontière de l'espace lorsque Yuri Gagarine sort de terre. la frontière de ce qui était une aptitude et dont nous ne voulions pas que ce soit un destin.
Je parle de celle qui fait obligation aux femmes de porter leurs enfants quand bien même elles ne le souhaitent pas et que par le droit à l'avortement et la contraception. Elles ont pu dès lors posséder leur propre corps qui était auparavant réputé être la propriété soit de leurs époux soit de leurs enfants à naître. Ainsi, il n'est pas une frontière que la technique et la science mettent hors de portée de l'activité humaine.
Mais pour autant, nous comme nous sommes aujourd'hui, comment porter un regard matérialiste sur la mort est tâché d'y répondre. Ce sera ma contribution pour aujourd'hui. Il en est de la mort comme de tout le reste.
C'est un lien humain. C'est d'abord l'idée que nous nous en faisons. C'est l'idée de ce que vive après celui ou celle qui est partie, ce qui reste.
Alors, il faut aller chercher nos outils là où il se trouvent. Albert Camu nous dit, "Les grandes peurs périssent d'être reconnues. Et qu'est-ce que cette grande peur là ?
Si on la regarde bien, si elle nous fait ouvrir les yeux au lieu de les fermer, alors tout d'un coup, les choses apparaissent différemment. On voit les avant-gardes de la mort. C'est la résignation, c'est la souffrance acceptée de l'humilier.
C'est les chaînes que l'on a dans la tête. Se libérer de la peur de la mort en en faisant une affaire strictement humaine. Délibérer en conscience, examiner les yeux dans les yeux.
C'est commencé un chemin qui nous fait découvrir pourquoi la peur de la mort d'une certaine manière colonise le présent et fait espérer des fois d'une manière vaine. Qu'au prix de la souffrance ici, on se gagnerait dans un au-delà sur lequel je ne me prononce pas. Je ne sais quels avantages proportionnés à la souffrance que l'on aura d'abord subi ou bien parce qu'on aura vécu dans la préparation d'une frontière que par définition on ne rencontre jamais.
On aura oublié la joie et le bonheur du présent. vouloir choisir sa fin de vie et pouvoir en décider. Non pas choisir, hélas, ce serait trop beau.
Pouvoir en décider, c'est commencer une subversion radicale du réel. C'est aimer le présent. C'est festinalenté, c'est le triomphe des stoïens et des épicuriens, dénoncé par Doquin comme des superbes qui ne comprenant rien aux ambitions sommes toutes modestes des stoïens qui est de profiter raisonnablement de ceux qui se présentent, être capable de faire la part entre ce que l'on peut dominer et ce contre quoi on ne peut rien face à quoi reste l'ultime liberté, c'est-à-dire l'ultime humanité. décider d'éteindre soi-même la lumière, maîtriser, maîtriser, décider de notre propre fin de vie, c'est commencer à entrer dans une humanité radicale.
De même que nous ne sommes jamais aussi humains que lorsque nous posons un acte en échange de rien, un acte gratuit, par exemple l'acte d'amour. De la même manière, regarder les yeux dans les yeux la mort et ne plus avoir peur d'elle, c'est commencé à être radicalement et intimement libre. Donc réoccuper l'instant, le corps de maintenant, la cité d' présent, ses joies simples et ses bonheurs sans mépriser aucune motivation ni aucun regard, on peut, je le sais, par acte de foi, croyant en Dieu, délibérer alors que sa religion l'interdit, que l'on reconnaît le droit à l'avortement.
Précisément pour cette raison que ce droit confronte chaque personne à sa liberté de décision. De la même manière, on peut alors que l'on est croyant et que la religion commande qu'en toute chose on se comporte d'après les commandement que l'on a reçu de la vérité révélée, on peut être passionnément laïque parce qu'on considère que c'est en séparant l'église de l'État, comme l'avait bien compris l'amené et d'autres chrétiens que la liberté humaine et le libre arbitre étant institué la parole que l'on croit essentielle, celle de la révélation peut être entendue. Et à l'inverse pour les matérialistes comme moi, qui ne connaissent au fond que la pauvreté et la faiblesse de l'être humain, dont le dénument est une source infinie de tendresse. peut sans même invoquer cisif et son éternel recommencement dans l'effort qui le constitue en tant qu'être humain.
Pensez que dès lors que nous sommes institués comme personne par cette libertélà, alors nous ne parlons plus d'une loi, nous parlons d'un droit fondamental de la personne humaine. C'est la raison pour laquelle ce que nous avons à faire est un démenti à l'idée que en quelque sorte tout serait dit depuis le premier jour par la déclaration des droits universels de l'homme et de la personne humaine tel qu'ils sont rédigés aujourd'hui. Aussi bien la réalité les démons à chaque instant.
Les hommes, on va dire les personnes pour introduire quelque chose d'une parité qui a beaucoup manqué dans le passé. Les personnes humaines naissent et demeurent libres et égals en droit. C'est le premier des droits.
Vous le savez comme moi. Nous ne sommes pas égaux. Les uns sont grands, les autres petits.
Nous sommes différents de 1000 manières. Et pourtant, par-delà l'apparence, nous sommes égaux. Nous ne demeurons pas libres et égaux.
C'est bien pourquoi d'ailleurs il faut qu'on se batte et qu'il y a pour cela des syndicats et des parti sans lesquels rien n'aurait jamais avancé. Et bien c'est ainsi nos sociétés ayant mûri, nous sommes en état d'apercevoir des droits nouveaux. Ce qui touche à la barrière intime qui dit une aptitude n'est pas un destin.
La liberté humaine est construite par cet instant où nous cessons d'être dans la dépendance de quoi que ce soit. la main du maître, l'obligation du collectif subie comme une violation de ses droits intimes. Bref, toutes ces raisons me conduisent à dire au nom du Front de gauche dont je suis le candidat commun, qu'il s'agit d'un droit de la personne humaine qui doit donc dès lors être inscrit comme le droit à l'avortement dans la constitution elle-même pour que plus personne ne soit tenté d'y toucher.
Oui. On peut se demander si c'est bien ce qu'il faut faire et longtemps comme d'autres j'ai pensé que la loi il suffirait puisque les Républicains partent de l'idée que toute proposition n'est jamais définitive, toute disposition n'est pas définitive. C'est même la grandeur de la loi républicaine.
Nous ne sommes pas dans la vérité révélée. Ce qui a été fait l'objet d'évaluation de bilan et on peut refaire, on peut se dédire. C'est ça la grandeur de la loi et de la délibération. collective.
Mais pourquoi faut-il si nous instituons ce droit nouveau l'inscrire dans la Constitution ? Parce que nous voyons que d'autres droits qui avaient été établis par la loi sont remis en cause et à la faveur de circonstances toujours passionnell. On se propose de revenir sur l'abrogation de la peine de mort, sur le droit à l'avortement quand dans des pays et des continents entiers cette question fait l'objet d'une mobilisation de telle et telle force que je vois toujours situé du même côté contre la liberté des femmes d'être propriétaires d'elles-mêmes.
Alors, il en irait de même de ce droit-là. Je vais achever mon propos. C'est une grande et belle dispute.
Il est bon que ce soit une dispute car ce n'est pas simple, une dispute au sens noble du terme, hein, pas une chikaya, une dispute. Le simple fait de poser ce thème comme un objet de débat, siôt qu'on s'en en parle, nous grandit tous queles que soient nos convictions, même si elles sont opposées à la seule condition bien sûr qu'on respecte l'écoute qui est d au point de vue contraire au sien. Mais le simple fait que la discussion lieu est une victoire contre les vérités révélées.
Car le fait qu'on parle allume la lumière et éloigne l'ombre des certitudes arrêtées. La Gora nous grandit. La vie est belle.
Carpédiem.
Jean-Luc Mélenchon