Table ronde n°2 : « Comment empêcher la destruction de l’industrie française ? »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Je crois avoir tout dit, on va commencer, donc, cette table ronde qui est consacrée à l'évolution dramatique du tissu industriel français, la destruction de l'économie et, notamment, de l'industrie française. Alors, à cette table ronde, j'ai le plaisir d'accueillir Jean-Michel QUATREPOINT, journaliste que l'on présente plus, qui est extrêmement connu, qui est un des meilleurs spécialistes mondiaux du dossier Alstom, je pense. Si, si !
Et qui, maintenant, est peut-être un retraité, mais un retraité actif puisqu'il travaille auprès de Polony TV. Et qui nous a fait le plaisir de venir, pour nous parler du dossier Alstom et puis des autres dossiers aussi ! J'accueille également Pierre LÉVY, que je connais (hélas!) depuis dix-huit ans, qui est un ami.
Pierre qui fut, jadis, au temps du pléistocène, membre du Parti communiste français, journaliste à l'Humanité, et qui, ensuite, a évolué, mais qui est resté (et c'est quand même l'une des personnes avec lesquelles je m'entends le mieux depuis dix-sept ans, en définitive, même si on a des points de divergence : je ne suis pas marxiste-léniniste, mais on a quand même beaucoup de points communs.) Et il fait, il tient, il gère, il est le directeur de la publication d'une revue qui s'appelle "Ruptures" (qui s'appelait, naguère, Bastille-République-Nations) qui a déjà eu l'occasion de venir plusieurs fois dans nos universités. Vous le connaissez, il est un excellent débatteur, il parle très clairement, il est très intelligent, il s'appelle Pierre LÉVY. (On l'applaudit !) On devait avoir...
Oui, non, il a un gros défaut : il n'a pas adhéré à l'UPR, mais bon. Alors, on a un gros...
On a un petit problème, c'est que il y avait Georges BECIU, le secrétaire du Comité d'entreprise de General Electric Hydro/Alstom qui devait venir et qui nous a fait, malheureusement, faux bond dernier moment. Il a eu un problème familial. Donc, je l'avais rencontré il y a une dizaine de jours, quand j'étais allé à Grenoble, et donc nous n'avons pas de représentant du CE d'Hydro/Alstom, mais bon.
C'est ainsi. Et comme j'évoquais ce sujet, à table, eh bien, nous avons eu le plaisir de constater que plusieurs des participants de la table ronde de ce matin, qui, en fait, vous ont trouvé beaucoup plus sympathiques que prévu, ont décidé de rester, pour nous parler, eux aussi, du sujet. Donc, Philippe PASCOT, Éléonore de VULPILLIÈRE et Philippe DAVID (qui, toujours, est à l'extrême droite, d'ailleurs) Philippe DAVID qui a quand même une particularité, c'est qu'il est journaliste depuis deux-trois ans mais, auparavant, il a passé vingt ans dans l'industrie et c'est un sujet qu'il connaît admirablement bien également.
Donc, du coup, moi, je me demande ce que je fais ici puisque je devais participer à cette table ronde. Il n'est pas totalement exclu que, comme j'ai énormément de choses à faire, je puisse, de temps en temps, m'éclipser. Mais j'aimerais quand même mettre mon grain de sel quand il s'agira de le mettre, parce que je me rappelle, j'ai été délégué à l'Intelligence économique et j'ai peut-être deux ou trois choses à dire qui sont intéressantes.
Voilà. C'est Éléonore qui va faire la modération, puisque je ne suis pas sûr de rester pendant toute la durée de la table. Merci à toutes et à tous et merci à nos invités d'avoir accepté de venir dans cette université.
Donc, à cette table ronde, dont le sujet est l'état actuel de l'industrie française, on commencera par se demander : En quoi l'Europe a rendu possible la désindustrialisation de la France ? Je vais commencer par François ASSELINEAU, comme vous n'êtes pas sûr de rester, de nous expliquer, de nous faire un petit historique, une explication sur les raisons de la désindustrialisation française. Je crois que, là vous me prenez de cours, donc j'avais rien préparé, mais je crois que... (Haha, c'est fait exprès.) Je pensais parler en dernier...
Vous connaissez les analyses de l'UPR, nous sommes, la France est un pays dans lequel, traditionnellement, depuis des siècles, il y a une espèce de consanguinité entre l'État et l'industrie. Cela remonte à loin, je rappelle que lorsque vous allez à Bourges, vous visitez le palais Jacques-Cœur, et vous voyez que Jacques-Cœur était le financier de Charles VII, qu'il était son homme de confiance, qui, d'ailleurs, avait fait des escroqueries, un truc style, un peu, de Patrick DRAHI de l'époque... (Pardon.) Pardon.
Après, je ne suis pas invité sur BFM, hein. Cela a continué avec Colbert ; je me rappelle, dans le "C'était de Gaulle" de Peyrefitte, De Gaulle dit, un jour, à Peyrefitte, en parlant de l'industrie : " De toute façon, en France, il faut mettre de l'État dans l'industrie, sinon ça merdoie." On a une grande tradition de capitaines d'industrie qui sont proches de l'État.
L'École polytechnique est une école d'État qui a, ensuite, irrigué l'industrie française. Et donc, il y a une grande proximité entre l'État et l'industrie, traditionnellement, en France. Sous l'effet de la pensée ultralibérale, sous l'effet du capitalisme financier, qui sont portés par les traités européens, comme la nuée porte l'orage, on a accepté, dans le cadre, notamment, du traité de Maastricht, le fameux article (qui est aujourd'hui l'article 63 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne) qui postule l'interdiction de toute réglementation aux mouvements de capitaux.
Toute réglementation aux mouvements de capitaux est interdite, entre les états membres de l'UE, mais aussi entre les états membres et des états tiers. Ce qui signifie que, sous l' empire des traités européens, puisque les traités suivants ont repris cet article (c'est actuellement l'article 63 du TFUE, suite au traité de Lisbonne)...
Sous l'empire de cet article, il est interdit d'interdire (comme on le disait en 1968). Il est interdit d'interdire à une entreprise de délocaliser des sommes considérables, pour construire une usine au Bangladesh, par exemple, puisque c'est un état tiers. C'est à dire que les délocalisations découlent de là.
Il y avait eu des débuts de délocalisation, dans les années 60-70, mais c'était limité, puisque avait le contrôle des mouvements de capitaux, donc, on ne peut pas dire ça n'existait pas mais ce n'était pas vraiment, d'ailleurs, des délocalisations. Lorsque, par exemple, Peugeot va s'installer en Iran, c'était pour fabriquer des voitures Peugeot, pour le marché iranien. Ce n'était pas pour fabriquer des voitures Peugeot pour le marché français, puisqu'elle n'étaient pas, ensuite, réimportées en France.
De la même façon qu'aujourd'hui, lorsque Peugeot, par exemple, investit en Chine, avec son partenaire Dongfeng, à Wuhan, c'est d'abord et avant tout pour fabriquer des modèles qui vont être vendus en Chine. En revanche, à partir du traité de Maastricht, c'est la libre circulation des mouvements de capitaux et également la libre circulation des paiements. C'est à dire que l'on a intérêt à aller se délocaliser, dans un pays à très bas coût de salaire, pour ensuite réimporter en France.
C'est premier élément fondamental. Le deuxième élément fondamental c'est que ça fonctionne aussi dans l'autre sens, c'est à dire que, lorsqu'il y a des prises de participation, hostiles ou pas hostile, venues d'un groupe financier ou d'une entreprise étrangère, éventuellement extra-européenne, l'État ne peut plus s'y opposer. Si on n'avait pas l'article 63, l'État aurait pu, sur l'affaire de General Electric, dire non.
Parce qu'il fallait que General Electric, je ne sais plus combien, ils ont mis 12 ou 13 milliards d'euros pour acheter, alors qu'il suffisait de dire non. Bon, 12.35 milliards d'euros.
Alors que, maintenant, on peut plus s'y opposer, sous cet empire. Donc, c'est la première chose : c'est l'état d'esprit général de l'ultra-libéralisme où, tout ce qui relève d'une sphère de l'État est considéré comme condamnable ; la jurisprudence et les traités européens qui veulent constamment mettre dans le domaine de la libre concurrence, la concurrence libre et non-faussée des marchés, donc, qui refuse tout ce qui est monopole étatique, et puis, par ailleurs, cette libre circulation des mouvements de capitaux et des paiements. C'est de la raison pour laquelle les Français ne se reconnaissent plus dans leur propre industrie, puisque tous nos grands fleurons, qui bénéficiaient très souvent de monopoles d'État, eh bien, progressivement, sont obligés de s'aligner sur le droit commun.
C'est ainsi qu'on est en train de.. Qu'on a détruit toute une série...
C'est un long martyrologe, le dernier en date étant Alstom, passé en mains étrangères avec un scandale, dont on va parler, puisque ça a des implications, y compris en terme de défense nationale, y compris, bien sûr, en termes de perte de savoirs-faire, mais c'est aussi vrai pour d'autres sinistres qui arrivent : peut-être Sanofi, peut-être Areva, peut-être Airbus (Airbus est très mal parti), peut-être également EDF. On a l'impression que tout ce qui a fait la quintessence de l'industrie française est en train d'être détruit. Voilà mon opinion, et c'est la raison pour laquelle tant qu'on restera sous l'empire des traités européens, on aura beau dire, on aura beau faire, la destruction va se poursuivre, voilà.
Merci beaucoup pour cet aperçu rapide. Jean-Michel QUATREPOINT, vous êtes journaliste économique, vous avez beaucoup travaillé sur le dossier Alstom. Quelle est la stratégie industrielle de l'État, en général et sur le dossier Alstom, en particulier.
Y en a-t-il une ? Il n'y en a pas. Il n'y a plus de stratégie industrielle même si, aujourd'hui, je crois que les autorités, le gouvernement et un certain nombre de représentants de l'élite, se rendent compte que l'industrie supporte le reste de l'économie.
Quand vous prenez quelques chiffres qui représentent un peu la situation économique d'un pays, moi je suis toujours attaché à ce qu'on appelle la balance des comptes courants. La balance des comptes courants c'est une notion un peu abstraite : c'est la balance commerciale, plus la balance des biens et des services, plus la balance touristique et les mouvements de capitaux annuels (pas les mouvements d'investissement), les flux de capitaux, les versements de dividendes, d'intérêt etc. (et de travailleurs immigrés, notamment).
Cette balance commerciale française, elle rentre dans le rouge en 2003 et, depuis, c'est la descente aux enfers. Aujourd'hui, on est sur une base, une perte de 60 milliards d'euros par an. Et la balance des services ne parvient pas à l'équilibrer ce déficit commercial.
Vous savez que quand un pays perd, chaque année, 50, 60, 70 milliards d'euros, il faut bien le financer quelque part. Au bout du compte, il y a quelqu'un qui paye. Celui qui paye c'est nous tous.
Et ça se paye comment ? Par de la dette et par de l'austérité. Donc, cette balance commerciale, c'est le juge de paix.
Alors, vous me direz, il y a des pays qui ont aussi des très grands déficits commerciaux, ce sont les États-Unis, bien-sûr. D'ailleurs, TRUMP, c'est son credo ; TRUMP part en guerre contre les déficits commerciaux que les USA ont avec l'Allemagne, la Chine, le Japon, le Mexique, la Corée du Sud. Mais, il n'a pas totalement tort sur ce point car c'est vrai que les déficits commerciaux américains se traduisent par de la dette américaine et, la dette américaine, c'est finalement un appauvrissement généralisé de la nation américaine.
Sauf que les Américains n'ont pas notre monnaie, ils ont le dollar, le privilège du dollar (qui représente 70% des transactions mondiales). Il y a un autre pays dont l'industrie s'est effondrée (on suit d'ailleurs la même courbe, entre la France et le Royaume-Uni). Le Royaume-Uni est un pays avec un déficit commercial, un déficit de la balance des comptes courants, colossal !
Mais, au Royaume-Uni, ils ont la livre. C'est à dire qu'ils ont, effectivement, une indépendance monétaire. Donc, quand vous avez votre indépendance monétaire, que vous avez des déficits, qu'est ce que vous faites ?
Vous dévaluez. Vous laissez filer votre monnaie. C'est ce qu'il s'est passé à l'occasion du Brexit où, de toute façon, la livre a perdu 15%.
Mais, plus généralement, pourquoi a-t-on vu s'effondrer le tissu industriel français en 20 ans, 25 ans même ? Je rappelle que la part de l'industrie dans la valeur ajoutée était de 19% il y a une vingtaine d'années, on est tombés à 11 % aujourd'hui. Chez les Allemands, eux, la part de l'industrie dans la valeur ajoutée reste à 22%.
C'est à dire que les Allemands, eux, ont maintenu leur industrie. Alors qu'est ce qu'il s'est passé ? Dans les années 1990, les élites (de classes dirigeantes) mais aussi, je dirais, nous tous, nous avons finalement accepté que c'était la fin de l'histoire, que le néolibéralisme (que l'on n'avait pas vu émerger, les élites française ont mis longtemps à comprendre ce qu'il se passait aux USA)...
Une anecdote, à l'époque où j'étais journaliste au Monde, je suivais en particulier des dossiers industriels et de la télécommunication et de l'informatique. C'est sous REAGAN qu'ils ont entamé la politique de dérégulation, de déréglementation et, notamment, ça a commencé par le secteur de l'informatique. Ils ont cassé les monopoles d'IBM, c'est clair, et, dans le secteur des télécommunications, ils ont cassé le monopole d'AT&T.
Il y a des mastodonte, il y a des monopoles d'État qui empêchent l'innovation, la création technologique, donc, on va casser ces monopoles et on va avoir (au nom de SCHUMPETER etc.) de l'innovation. Une fois qu'ils ont fait ça, ils se sont retournés vers les Européens en disant : "Nous avons déréglementé, vous allez donc faire la même chose, sinon, vous faussez la libre concurrence.
Et ça a commencé en 1984, -85, -86. Cela a abouti à l'Acte unique européen. Et, cela aboutira ensuite (avec l'effondrement du communisme) au triomphe du néolibéralisme : un seul monde, un seul système, libre-échange partout et, en Europe, élargissement à marche forcée.
Qu'ont fait les élites françaises ? Elles se sont dit : "On arrive dans un monde globalisé, libre-échangisé, financiarisé (puisqu'on avait l'émergence, déjà, de la finance, avec la libre circulation des mouvements de capitaux), il faut donc nous adapter et jouer cette division internationale du travail." Les Allemands, ils ont l'industrie, ils sont sur les niches haut-de-gamme, ils ont un savoir-faire ancestral sur l'industrie.
Nous, on va se positionner sur nos points forts, c'est à dire le luxe, bien sûr, les services, le tourisme, l'agroalimentaire et puis les industries de défense (la filière nucléaire) et le CAC 40. Et, à l'époque, quand on discutait avec ces dirigeants, ils vous disaient : "Oui, ok, on va perdre des parts sur l'industrie, mais nous avons le CAC 40." Sauf que, le CAC 40, il a connu un aller-retour.
C'est à dire que nous avons nationalisé nos grands groupes au moment où le monde anglo-saxon (libéralisé) rentrait dans ce néolibéralisme (donc on était à contre-courant). Et, ensuite, on a fait une opération de privatisation cinq, six, sept ans après. Pour des groupes, ce sont deux traumatismes : premier traumatise, la nationalisation (pour les équipes, pour les dirigeants, pour la stratégie), deuxième traumatisme, vous les privatisez dans la foulée.
Et vous les privatisez sans avoir de capital (car, un grand groupe, il lui faut du capital) ! Donc, pendant un temps, on avait inventé (c'était le système des barbichettes) les participations croisées. Sauf que, au bout d'un moment, ça ne va qu'un temps.
Donc, comment on remplace le capital dans ces grands groupes ? Bah, comme il y avait l'ouverture des marchés, des capitaux, eh bien ce sont les fonds d'investissement qui ont remplacé les actionnaires français (petits, moyens et gros) et, progressivement, effectivement, ces grandes entreprises se sont retrouvées avec une majorité de leur capital dans des mains étrangères. Pire, je dirais dans des mains de fonds d'investissement qui ont une autre vision de l'industrie.
L'industrie c'est un temps long, c'est une stratégie à long terme. Et là, la stratégie court-termiste (portée par le système financier, par les banques, essentiellement, et par les fonds d'investissement) a abouti, effectivement, à une destruction du tissu industriel. Une anecdote : moi, je ne comprenais pas, il y a 20 ans, comment on pouvait gagner autant d'argent en faisant des LBO.
Alors, "Leverage Buy Out", je m'excuse de cet anglicisme, c'est un effet de levier avec de la dette. Vous achetez une entreprise, vous réunissez un groupe d'actionnaires, vous mettez 100 millions en capital, vous levez 900 millions d'emprunts et vous rachetez une boîte qui coûte 1 milliard d'euros. Au bout de quatre, cinq ans, vous la revendez.
Simplement, vous la revendez 1 milliard 200 millions, c'est pas énorme. Vous avez, évidemment, entre-temps, serré les coudes, licencés, vendu des actifs, vendu de l'immobilier, restructuré, vendu des filiales etc. Vous la revendez 1.2 milliards. 200 millions de profits sur quatre ou cinq ans, c'est pas énorme, sauf que vous n'avez mis que 100 millions.
Alors, moi, je ne comprenais pas, je disais : "Oui, mais, les 900 millions il a fallu en payer les intérêts pendant cinq ans." Et là, on m'a dit : "Mais, ce n'est pas vous qui payez les intérêts des 900 millions, c'est la boîte que vous avez rachetée." J'ai dit : "Mais ça s'appelle l'abus bien social, l'entreprise est une personne morale." On m'a dit "Ça s'appelait comme ça avant mais, maintenant, les Américains ont décidé que ça ne s'appelait plus comme ça, donc ça ne s'appelle plus comme ça." Et c'est comme ça que, par cette opération, ceux qui n'ont mis 100 millions de capital au départ se retrouve, cinq ans après, avec 300 millions.
C'est à dire qu'ils ont multiplié par trois leur mise, en cinq ans. Et c'est comme ça que vous avez eu énormément d'argent et de profits qui se sont créés Comme, en plus, on a fait un système fiscal sur mesure pour ces LBO, pour ces fonds d'investissement, aux USA, (mais on l'a calqué, ensuite, en Europe, avec un système fiscal où vous avez une imposition forfaitaire sur les plus-values de 15% seulement) eh bien, les gens ont fait fortune, mais des fortunes colossales avec ces systèmes : vous achetez une entreprise, vous faites un effet de levier avec de la dette et, ensuite, vous la vendez après avoir essoré. Et, au bout du troisième LBO, il ne reste plus grand chose.
Et ça, c'est ce qui est arrivé, un peu, à nos grands entreprises aussi. Je connais l'exemple de Cegelec, pour ceux qui se souviennent. Cegelec, c'était la branche ingénierie d'Alcatel-Asthom.
Eh bien, Cegelec a fait l'objet d'un LBO (qui a été monté par le management de Cegelec) qui a été cofinancé par deux fonds d'investissement : un, étranger, l'autre qui dépendait de la Caisse des Dépôts. Et, ils ont fait un LBO 1, (ils ont été se localiser, en plus, à Bruxelles pour pas avoir à payer de plus-values) eh puis, ils ont fait un LBO 2 et, merci pour les managers, ils ont gagné beaucoup, beaucoup d'argent des fonds d'investissement aussi. Et, Cegelec, aujourd'hui, je crois que ce qu'il en reste appartient au Qatar ou à Abou Dhabi etc.
Voilà comment on a détruit...
C'est à dire que le système financier (de prédation financière) a progressivement essoré nos grandes entreprises et, par voie de conséquence, le tissu industriel. Quand vous avez une boîte comme Pechiney, (une entreprise comme Pechiney sait irriguer des vallées entière, en plus, il y avait un savoir-faire particulier sur chacune des filières de Pechiney) le jour où Pechiney est liquidée, de fait, eh bien, non seulement l'entreprise perd son savoir-faire, mais ce sont tous les sous traitants qui sont victimes, progressivement, de ça. C'est ce qui arrive avec Alstom, c'est ce qui est arrivé avec Alcatel, Alcatel a été un massacre.
Donc, nos élites qui s'étaient imaginé qu'elles allaient faire une belle carrière et permettre à la France de tenir son rang, elles ont fait une belle carrière, mais la France n'a pas tenu son rang, parce que vous ne pouvez pas avoir une économie prospère si vous ne l'asseyez pas sur l'industrie. Mais est-ce qu'il y a une volonté des élites françaises qu'elles soient industrielles, politiques, qu'il y ait une réelle stratégie industrielle pour la France ? Cette stratégie industrielle, je viens de la décrire, c'est : "Nous allons dans le cadre de la division internationale du travail, nous allons miser sur un certain nombre de points." Et ils n'ont pas compris qu'effectivement, le CAC 40 c'est du vent, le CAC 40 n'est plus français, un point essentiel, et ensuite à chaque fois que vous perdez un grand groupe, vous perdez derrière les sous-traitants.
À cela s'ajoutent des erreurs stratégiques, j'ai parlé d'erreurs stratégiques du coup d'accordéon nationalisation/privatisation. Il y en a une autre. Moi je pense depuis 97 je pense que jospin a parachevé le système c'est à dire qu'il a fait les 35 heures.
Ils ont fait les 35 heures d'abord pour les grands groupes sans s'imaginer que bien évidemment les PME y passeraient aussi, la fonction publique etc...
Plus, l'ISF, c'est à dire que d'un coup, en pleine mondialisation, en pleine globalisation, au moment où il fallait se retrousser les manches, dans ce cadre là, vous vous mettez deux boulets aux pieds. Quand c'était à l'époque Schröder, Schröder n'est pas encore chancelier. Il vient rencontrer Dominique Strauss-Kahn qui était ministre de l'économie en 1997.
Il sort, il rencontre des journalistes, et ces journalistes lui demandent : " bon qu'est-ce que vous vous êtes dit ? " Il dit : " Dominique Strauss-Kahn, le ministre, m'a expliqué comment la france allait faire les 35 heures sans diminutions de salaires, et bien c'est une excellente nouvelle pour l'industrie allemande." Bon c'est exactement ce qui s'est passé, c'est à dire que nous avons accumulé, nous n'avons pas bien compris ce qui se passait, et ensuite deux autres éléments essentiels la grande distribution la France, enfin des élites françaises ont misé sur la grande distribution il ya plus de 40 ans, notamment les élus locaux, pour des raisons qui ne sont pas toujours avouables, donc la grande distribution le principe c'est : "Je privilégie le consommateur, sur qui ?
Sur le producteur, et ça on en voit maintenant tous les effets pervers, et on n'a pas non plus pris conscience tout de suite de l'impact que ça avait, notamment dans les centres-villes, etc... et des dégâts qu'ont causé la grande distribution. l'Allemagne, et l'Italie à son niveau, ont résisté à la mainmise de la grande distribution. en Allemagne il y a des hypers, mais généralement les Allemands, ils achètent allemand, les Italiens, ils achètent italien.
Les italiens ont bloqué la grande distribution française dans une implantation en Italie, du point de vue italien ils ont eu parfaitement raison. Moyennant quoi ils ont sauvé une partie de leur production agricole et alimentaire. donc ce sont des éléments qui ont qui joue dans son ensemble dernier élément mais si on en parle à tout à l'heure c'est l'éducation nationale et disons là toutes les erreurs qui ont été commises depuis un quart de siècle qui aboutissent à ce que nous n'avons pas aujourd'hui c'est le plus grave de mon point de vue les gens qui sortent d éducation nationale et fax etc ne sont pas formés au monde moderne ne sont pas formés réellement aux nouvelles technologies et que nous avons un décalage dans les compétences et ça ça mais très longtemps à se redresser c'est une oeuvre de longue haleine parce que c'est une génération et que le plus grave handicap aujourd'hui on peut toujours décider bon si on a des gens éclairés de relance étaient les punchs chose mais si vous n'avez pas les gens vous faire tourner des nouvelles industries et là c'est un vrai sujet et ça je pense qu'il faut en parler tout à l'heure parce que faut pas se masquer il ya un vrai déficit de compétences notamment dans toutes les branches l'ingénieur technologique cela il ya manque d'une main d'oeuvre hyper qualifiés c'est clair et ça c'est l'échec massif de l'éducation nationale mais c'est aussi notre responsabilité collective ne l'oublions pas merci Tiens les villes en réaction à ce que tu t'es jean michel byette repos est-ce que vous avez développé et notamment sur le plan de la politique industrielle menée par le tandem à emmanuel macron edouard philippe qu en est il oui ça sera pas sa part en opposition avec ce qui vient d'être dit alors je voudrais tout d'abord eu Dans un propos liminaire remercier et lui père et remercié son président françois en particulier qui a eu la gentillesse de m'inviter qu'il longe la gentillesse en plus de dresser mes louanges je me sens obligé évidemment de rendre la pareille l'enjeu est rouge et logis jusqu'au bout des oreilles justifiée ou non mais cependant je fais juste une parenthèse pour dire et là je redeviens sérieux que nous françois est un vieil ami un ancien ami sur le avec lequel je suis très souvent d'accord Je voudrais juste souligner l'importance de ce qu'il a dit il ya quelques instants concernant la libre circulation des capitaux que gens viendraient ensuite à mon propos c'est évidemment cruciale tout ce à quoi on assiste aujourd'hui dans les différents domaines qui ont été qui vont être abordés découle notamment de cette quadruple liberté donc des biens des services de la main d'oeuvre et des capitaux et en particulier des capitaux sans lequel toutes les restructurations et toutes les opérations mortifère auquel on est en train d'assister aujourd'hui ne serait pas possible et je vous rappelle que cette quadruple liberté et françois l'a dit c'est au fond c'est l'essence même de la mondialisation et c'est ce que l'union européenne avant même qu'elle ne s'appelle l'union européenne avait dans ces traités c'est dans ses gênes en quelque sorte et donc c'est une dimension extrêmement importante alors je voudrais remercier aussi de m'avoir invité comme du coup je prends la liberté je prendrai la liberté dans à la fin du débat de faire une petite publicité pour notre mensuel rupture c'est une liberté que je prends et que je prends à chaque fois que je suis invité c'est à dire tous les ans et à chaque fois des lecteurs l'année suivante me retrouver pour nous dire à quel point ils ont été contents de s'abonner donc ça sera certainement la même chose cette année mais avec moins d'un mètre de clin d'oeil en tout cas il se trouve que le hasard du calendrier fait que cette invitation vient au moment où notre journal la dernière édition notre journal fin octobre a précisé mme en titre et sur l'industrie automobile l'industrie française sa grande braderie et en particulier nous prenions le l'exemple d'alstom alors évidemment jean-michel quatre points pour donner des détails de manière bien plus précise que je peux que ce que je pourrais faire aujourd'hui il n'empêche que c'est un exemple caricatural de la manière dont est déposée de manière cohérente de manière voulue notre outil industriel je rappelle ces quatre les quatre exemples liée à alstom et dit emmanuel macron gien dans un instant donc évidemment l'opération qui vient d'être annoncé qu'ils le dont l'échéance est en 2018 l'opération siemens alstom qui vise à raffermir en dhr la maîtrise par le premier du second qui est présenté comme une alliance entre égaux mais il n'en est rien l'autre exemple c'est évidemment la même chose qu'une opération équivalente qui s'était déroulé il ya deux ans l'opération avec general electric qui avait donc qui a donc repris toute la partie énergie qui était aussi une question essentielle et qui reste une question essentielle pour notre pays il faut aussi citer les chantiers de l'atlantique vous avez vu à quel dans quelles conditions emmanuel macron après avoir fait semblant de de réserver son jugement et de nationaliser entre guillemets arena finalement accepté de brader les chantiers de l'atlantique alors à l'italien fincantieri et 4e exemple puisque ça ça rejoint aussi alstom était tout ça c'était des fleurons issus du dos du conglomérat cge et qu'il faisait pas ça dans la fierté mais la structure qui participent et de la structure industrielle de la france est donc comment alcatel a été bradée à nokia au finlandais nokia excusez moi j'ai un petit chat dans la gorge mais ce n'est pas madame même d'arriver quelques problèmes avec avec ça dans son dernier discours donc je voudrais souligner que cette dimension est essentiel et peut-être pointe et 1 un détail symbolique qui vous a peut-être échappé en tout cas que nous soulignons de tourner alors c'est pas un complot mais le symbole à son poids l'annnonce de la reprise de alstom transport par siemens s'est fait le même jour le 26 septembre dernier que le discours d' emmanuel macron à la sorbonne et peut-être vous souvenez-vous que le président de la république à cette occasion voulu faire un discours historique sur sa vision de l'europe et a notamment développé le concept souveraineté européenne alors je ne vous ferai pas l'injure ici dans une assemblée comme celle-là d'expliquer en détail en quoi cette formule de souveraineté européenne est inepte elle n'aurait de sens que s'il y avait un peuple européen or il n'existe pas de peuple européen en revanche elle a un sens elle consiste dans la bouche des manuels macron pour ce banquier d'affaires elle consiste à jeter un voile en quelque sorte faire un rideau de fumée pour noyer ce que veut dire vraiment la souveraineté et laissé entendre qu'au fond au nom des intérêts européens en réalité les intérêts des élites hors sol qui promeuvent la mondialisation au nom donc donc de ses intérêts faire en sorte qu'on constituent des groupes européens qui n'ont plus aucune aucun aucun apport au à la puissance et aux outils industriels de chacun des pays mais qui en quelque sorte sont renforcés pour guerroyer au sein de cette mondialisation et donc c'est intéressant de voir qu au moment même ou des fleurons industriels français sont bradés dans les conditions que j'ai rappelé sur lesquelles on va sans doute revenir eh bien c'est ce moment là on que ce jour là où emmanuel macron éprouve le besoin de vanter la souveraineté européenne c'est-à-dire de signer de sonner le glas en quelque sorte de la notion de souveraineté réelle en tout cas dans ses intentions pour chacun de nos pays pour la france en particulier donc je cite simplement cette phrase du monde qui ne passe pas jusqu'à présent pour un partisan échevelé du patriotisme économique ni pour un euro sceptiques ou un euro critique août outre mesure et le confrère du monde disait à propos de marché conclu avec siemens il s'inscrit dans une trajectoire aux allures de capitulation d'une france industrielle conquérante voiliers ont même le monde doit mettre quand même que ces manoeuvres ces grandes manoeuvres qui ont donc une cohérence politique je jeûne ils assistent sont à la fois des fastes et à rebours d'une certaine manière de la tradition industrielle française telle qu'elle était rappelé précédemment j'ajoute une deuxième chose c'est de cette notion de souveraineté européenne entre parenthèses qui nous est toujours servi avec la phrase afin de bâtir une communauté destin comme une autre des dessins et en expression utilisée officiellement dans les traités quand on y réfléchit les mots ont un sens qu'est ce que c'est qu'un destin si ce n'est quelque chose sur lequel l'homme n'a pas prise donc c'est quelque chose qui au veau est soustrait à la volonté des peuples bref 7 Septembre mt européenne supposé hessel ce bradage dont j'ai parlé ont des conséquences dans trois domaines en tout cas sur trois plans le premier le plan social le deuxième le plan de la souveraineté politique et le troisième sur le terrain de la géopolitique alors je vais pas développer votre de temps ça mais je voudrais quand même dire quelques mots à ce propos sur le plan social alors c'est presque une banalité de dire mais rappelé quand même ce sont des milliers d'emplois qui sont en jeu general electric au mans en 2015 avait promis de crédit de pardon mille emplois nets aujourd'hui on en est à des destructions nettes d'emplois plusieurs centaines et même probablement plus d'un millier or on nous bassine on nous rebat les oreilles avec l'idée avec vous et les emplois francs et ses terrains bref il faudrait sur le terrain et favoriser la création d'emplois mais en réalité c'est de ce sont des milliers et des milliers d'emplois qui passe à la trappe soit par des plans de licenciement soit tout simplement par des licenciements déguisés des soi-disant plans sociaux mais qui sont autant de manque à gagner en termes d'emplois pour notre jeunesse et pour notre pays donc je me développe pas là dessus c'est évident pour tout le monde mais il faut quand même le rappeler que pour des milliers et des milliers de familles et pour des milliers et des milliers et pour des régions entières des villes et des régions entières ce sont des catastrophes des saignées terrible deuxième chose sur le plan de la souveraineté il y a des deux les domaines d'alstom en particulier mais pas seulement sont des domaines clés évidemment le domaine qui est le plus souvent cité en matière d'énergie par exemple ce qui t a repris y sommes général elektriks et en matière de chaudières nucléaires par exemple c'est à dire que si les américains ont envie de bloquer le développement de l'énergie nucléaire française ils ont cette possibilité mais c'est vrai aussi en matière de transports ou sait à quel point la notion de transport peut être tout à fait déterminante dans la vie d'un pays c'est vrai aussi du point de vue des télécoms c'est vrai de nombreux points de vue et est donc c'est la capacité de chacun de nos pays d'une autre en particulier de déterminer non pas son destin mais de faire les choix qui le concerne et qu'il souhaite faire pour son avenir d'en avoir les moyens qui sont ainsi mis en cause enfin et je reste vraiment troisième plan celui de la géopolitique et la géante est en particulier chantiers navals chantiers de l'atlantique dont vendus ou enfin sous contrôle de fink inter deviennent quand thierry les chantiers de l'atlantique sont le seul chantier où on est capable de construire y compris des structures pour des navires militaires et ce qui est derrière ces détails ans et si je le dis c'est que c'est pas un secret ça a été dit ces niveaux a mais c'est et qui quand même c'est des alliances ensuite avec naval grosse et dérangent les anciennes l'adn Dcns voilà qui suit qui sont derrière c'est à dire ce qui est hier ou avant-hier relevait de la responsabilité de l'état en matière de défense nationale sont aujourd'hui non seulement privatisées mais complètement potentiellement sous la dépendance d'intérêts étrangers et donc je joue voilà je voulais signaler attirer votre attention tout ça peut-être une dernière un dernier mot pour dire que j'ai évoqué l'aspect social Jeu là encore c'est une petite publicité déguisée pour notre journal puisque nous faisons ça là dessus le numéro qui va paraître va parler de quelque chose dont vous avez certainement pas entendu parler ou en tout cas très peu d'entre vous qui n'était pas secret mais tout le monde se fiche éperdument mais symbolique dont je tiens le rappeler vendredi dernier y est autrement dit il ya eu un jeu j'ouvre les guillemets un sommet social à göteborg en suède et les dirigeants chefs d'état et de gouvernement des 28 mon père aurait sur le terme de poser un pilier social à cette europe qu'ils veulent social mais quelle hypocrisie extraordinaire à la fois d'enlever les moyens industriels de maîtrise technologique de l'indépendance nationale et en même temps d'expliquer qu'il se soucie de l'employabilité et de faire en sorte que les salariés des différents pays aient accès au marché du travail a là une formidable hypocrisie une manière me semble-t-il nous montrons dans notre journal j'en reparlerai tout à l'heure de de dénoncer de montrer à quel point cette intégration européenne est un projet politico nique bien sûr les politiques pour dessaisir chaque peuple de sa souveraineté je vous remercie David vous avez travaillé dans l'industrie oui et puis j'ai écrit pas mal d'articles notamment si vous voulez je vais illustrer les propos des deux présidents précédents pardon intervenants jean michel quatre points et pierre lévy sur comment les américains comprennent ce qu'est un chantier pour l'armée américaine et comment on a fait pour l'armée française si vous le permettez alors j'avais écrit plusieurs articles dessus wraps et peut-être vous rappelez vous de la faire des airbus a330 a330 pardon mrtt ce qui veut dire multi role tanker transport j'ai pas pris l'accent j'ai fait exprès c'est à dire avions de transport et avions ravitailleurs En 2008 airbus alors les américains lancent un marché le pentagone donc un marché pour les avions ravitailleurs de l'us air force 179 appareils d'accord airbus en dérivant l'a330 au modifiant l'a330 pour en faire un avion ravitailleur c'est pour remplacer notamment les kc 135 pour ceux qui ont fait leur service militaire dans l'armée de l'air il n'a peut-être par ici merci monsieur Donc créé un nouvel avion qui s'appelle l'a330 mrtt cependant pour répondre à l'appel d'offres du pentagone il faut s'engager à produire l'avion sur le sol américain ça déjà c'est la première jours donc pour pouvoir répondre à l'appel d'offres airbus s'engage à faire une usine à mobile mobile dans l'alabama d'accord airbus gagne le contrat donc rappelez-vous en france in ormes succès pour l'heure plus j'avais écrit plusieurs chefs plusieurs articles dessus sur le blog que je tenais à l'époque j'en ai parlé ensuite dans un bouquin et revues sur tout le monde crie génial vous voyez c'est ça l'europe c'est merveilleux mais évidemment le congrès américains parce qu aux etats unis le congrès sert à quelque chose je rappelle que le congrès c'est le sénat et la chambre des représentants fait appel sous la pression des démocrates sous la pression des démocrates alors que john mccain l'ancien candidat à la présidence des états unis était à la commission de la défense du sénat il était sénateur de l'arizona ils lui faisaient partie des gens qui avaient soutenu airbus donc les américains font appel il avait perdu avec un dérivé de mémoire du boeing 777 version ravitailleur contre un dérivé de l'a330 hélas le pentagone rédige l'appel d'offres de telle manière que l'a330 mrtt pour lequel on a dépensé des millions d'euros d'ingénierie pour le coup vous connaissez l'histoire pour le concevoir et cetera sera battu d'office par un dérivé du boeing 767 qui est un très vieil appareil qui date des années soixante dix 70 80 et donc évidemment évidemment airbus perles contrat et ses boeing qu'ils gagnent vous voyez comment raisonne les américains vous voulez répondre à un appel d'offres pour notre ministère de la défense made in you I said I lfaut fabriquées aux états unis et même si vous vous engagez à produire aux états unis vous n'êtes pas certain d'avoir le chantier Pour information airbus a quand même fait une usine aux états unis officiellement pour les clients américains là on a alors cette semaine on a beaucoup glosé sur le marché gigantesque car bulls a obtenu avec un lourd américaine 400 appareils mais je peux vous dire que les airbus ils vont pas tous venir de toulouse n'ont pas tous venir d'hambourg y en a une bonne partie qui vont être fabriqués à mobile dans l'alabama ça c'est le premier - et je vous donnais comment la france fait un appel d'offres pour l'armée française le contrat a été signé en septembre dernier donc il ya deux mois la france devait changer les famas pour ceux qui ont fait leur service militaire fusil d'assaut manufacture d'armes de saint-etienne le clairon pour les intimes rapport à sa poignée les marches commando est là qu on en fait c'est bien repos Ou là j'ai connu aussi une base 49,56 exactement 7 62 les enquêtes insee ça c'est cet ennemi alors que la seconde c'est du 50-50 six ou sept fois son courrier de cette fois sont deux français au civil à 52,560 plus raciste tout est vérifié à 7,5 mail à 50,2 séduit 7 62 en vérifiant pas dans le détail c'est laisser les duels entre encore un numéro pour y jouer au loto Et donc la france passe un appel d'offres seul problème le famas ça voulait dire fusil d'assaut manufacture d'armes de saint-etienne et on a fermé la manufacture d'armes de saint-etienne parce qu'après tout produire des fusils d'assaut c'est peut-être pas si utile que ça d'accord alors faut que vous sachiez un truc messieurs dames quand on faisait notre service militaire nous à l'époque nos cartouches de famas les 156 là vous êtes d'accord à l'arrière de l'étui y avait marre t elle m elle aime ça voulait dire le mans pourquoi parce que toutes les cartouches de l'armée française étaient fabriqués à l'arsenal tu mens c'est à dire à quelques dizaines de kilomètres d'ici mais fabriquer des cartouches ça pas grand intérêt finalement donc quand on a restructuré le jette ça s'appelait giat industries c2q nexter vous êtes d'accord on a fermé l'usiné de fusils d'assaut à saint-etienne et on a fermé une usine de cartouches au monde donc on a lancé un appel d'offres alors à l'appel d'offres ont répondu avec leur une corps qui est un fabricant allemand a répond qui a gagné l'appel d'offres avec le hk 416 un fabricant italien très connu qui s'appelle berry tard il ya eu ce tailleur un fabricant suisse sont entrés chien ce trio suisse je sais pas comment on dit le fusil d'assaut il y avait un croate et pour conclure y en avait un il y avait un effet néfaste à herstal les fusils d'assaut pêche d'accord et là vous allez voir parce que beretta était prêt à fabriquer à créer un atelier pour produire les fusils d'assaut en france parce qu'un fusil d'assaut salure 30 40 ans mais il ya de l'entretien parce que quoiqu'il paraît il faut changer une place parce que en afghanistan ou au mali les types ont beaucoup tiré la culasse et mossoul a changé c'est pas mon livre pas et puis s'est terminée quand c'est fini on jette non ça serait pas ça s'entretient c'est des milliers d'heures de travail 390000 fusil d'assaut quand même c'est pas trois jours de travail au quai vers états s'étaient engagés à produire à créer un atelier pour trois bières en france et à votre avis qu'est ce qu'on a fait et dont on a passé la commande aux allemands à éclore au corps donc ça prouve que quand en france on nous dit yeux à la désindustrialisation c'est un désastre à le déficit commercial c'est un désastre à le chômage c'est un désastre certains parmi nos hommes politiques ferait bien de faire une consultation d'urgence en psychiatrie parce que la schizophrénie ça soigne Oui, juste une transition par rapport à ce que vient de dire Philippe, et je suis entièrement d'accord avec lui.
Moi je me place plutôt sur le fait que je trouve de plus en plus détestable que les hommes politiques français de quelque bord que ce soit, je précise toujours, participent plus ou moins consciemment à la casse de l'industrie française. et je vais vous donner un exemple bien précis par rapport à ça, parce que moi j'aime bien parler de choses qui sont uniquement factuelles Avant, en France y avait une loi qui disait que quand une entreprise étrangère voulait licencier, ou voulait fermer une usine, elle ne pouvait pas le faire si elle faisait du bénéfice est ce que vous me suivez ? Parce que si une entreprise, un trust faisait du bénéfice il pouvait pas fermer une usine en france moi je trouvais pas que c'était une mauvaise loi : tu fais du pognon, tu gagnes beaucoup d'argent, tes actionnaires, qui sont souvent des actionnaires de maisons de retraite américaines, gagnent 12 %, minimum, d'intérêts et de dividendes par an, c'est normal que tu ne puisses pas fermer l'usine en France, vous me suivez ? et ben non nos hommes politiques de droite et de gauche ont voté une loi qui maintenant fait que même si un trust fait du bénéfice à l'étranger pour continuer à assurer des dividendes de la caisse de retraite américaine, ou autre elle peut fermer une usine qui fait elle aussi du bénéfice en France.
Ça c'est la participation des hommes politiques à la casse sociale et de l'industrie française, et ça c'est des choses qui malheureusement sont marquées en tout petit mais qu'il faut que vous sachiez Parce que c'est un système qui se met en place, et ils ont pas fait ça d'eux-mêmes, là encore une fois, on les a poussé à faire ça. Parce que j'arrive pas à comprendre que des hommes politiques censées des gens qui habitent en France, puissent accepter qu'on ferme des usines qui font du bénéfice. ( voix dans le public ) " Ils sont payés !" Ils sont, ( voix dans lepublic ) " ils sont tous vendus !" Pas tous, Pas tous pas tous, il reste il reste quelques, non vraiment, je voudrais rectifier par rapport à ce matin, tous les élus ne sont pas pourris.
Une grosse minorité d'élus, on est d'accord. Pour revenir à l'industrie c'est quand même grave, je peux vous donner un autre exemple qui me rend fou, c'est les autoroutes. Qui pouvait rapporter de l'argent et créer de l'emploi.
On a complètement sacrifié politiquement cette chose là et aujourd'hui on a récupéré avec un type qui s'appelle Raymond Avrillier, qui est aussi un teigneux, comme Hervé Lebreton, comme moi et d'autres, le rapport de signature de convention qui a été resigné avec les autoroutes. Vous savez qu'on pouvait récupérer des autoroutes il n'y a pas longtemps et qu'il y a un type qui s'appelle...
ça commence par un m...
ça se termine par un n... enfin je crois qu'il est Président en ce moment... rappelez-moi son nom ah oui Macron.
Et bien, ce type là qui était au gouvernement à l'époque, a signé un rapport qu'on a eu du mal à avoir, il ne voulait pas le donner. Ils ont fait un pont d'or uniquement du côté des autoroutes. Dans ce rapport que j'ai eu, aujourd'hui ils ont signé, nos hommes politiques. les autoroutes aujourd'hui peuvent faire des emprunts, et les intérêts, des emprunts, comme je disais tout à l'heure, sont payés par les usagers.
C'est un bonheur ils font 24 % de bénéfices eh ben ça c'est les hommes politiques français, de droite et de gauche, qui laissent faire ça, et moi, encore une fois je dis que vous devez le savoir, ils ne pourront plus recommencer sans arrêt merci alors, pour revenir, attendez, les questions avec la salle seront après, donc pour revenir au discours de macron du mois de septembre qui parlait de souveraineté européenne je m'interrogeais sur l'idée d'une politique industrielle européenne. Est-elle possible ? si oui pourquoi, sinon pourquoi, François Asselineau, est ce que vous voulez répondre à cette question ?
Oui, enfin, Non, puisqu'on en est à raconter des anecdotes, je vais raconter une anecdote qui a 21 ans. C'est en 1996, j'accompagne Jacques Chirac en Chine, et on est reçu, il est reçu, et je fais partie des accompagants, en petit comité par le président de la République populaire de Chine, le président Jian Zemin. ça se passe à Zhongnanhai, dans la partie occidentale de la Cité Interdite, puisque les plus hauts dirigeants chinois logent dans la cité interdite, c'est un peu comme si le Président de la République avait logé dans une aile du château de Versailles.
Et jacques chirac est reçu, c'est la première fois qu'il est reçu en tant que Chef d'Etat. Le président Jian Zeming, alors c'était traduit bien entendu, on devait être sept personnes de part et d'autre, il y avait une quinzaine de personnes dans la salle, le président chinois lui souhaite la bienvenue, en disant : " Je suis heureux de recevoir, M. le Président de la République française, nous sommes heureux de vous recevoir en tant que digne successeur du président Charles de Gaulle, qui a eu la prescience et l'esprit de futur de reconnaître la République Populaire de Chine en 1964, je crois que vous êtes un digne successeur." - Il ya eu des problèmes entre la France et la Chine récemment.
Il faisait allusion à la vente des frégates à Taïwan, vous vous rappelez, ça avait été l'objet d'un scandale, ça avait fait une brouille diplomatique entre Paris et Pékin.- et le président chinois lui dit : " Et bien comme on dit en Chine, après la pluie vient le beau temps, j'espère que nous allons bâtir une relation stratégique franco-chinoise, pour l'avenir, pour renouer la grande politique du Général de Gaulle." À ce moment la Chirac prend la parole : " Mais, M. le Président de la République Populaire de Chine je vous remercie de votre amabilité, effectivement, je suis à la tête du mouvement qui se réclame de la pensée de Charles de Gaulle. mais je tiens à vous dire que désormais la France a une stratégie qui est de créer une Europe unie, et donc en réalité notre stratégie c'est d'avoir des partenariats avec nos partenaires et notamment avec l'Allemagne et nous allons bientôt, c'est en 96 que ça se passe, donc, l'année prochaine nous aurons une monnaie unique," - en fait c'était prévu en 97, rappelez-vous, ça a été reporté à 99, l'euro.- " nous aurons une monnaie unique et donc la politique étrangère de la France c'est d'abord la construction d'une Europe unie." Le président chinois revient...
ça revenait très exactement à dire : " Écoutez, vous vous adressez à une France qui n'existe plus, maintenant vous parlez à une province d'une entité en devenir, donc ne comptez plus sur nous pour bâtir avec vous une relation stratégique franco-chinoise." On voit bien que dans l'esprit du chinois c'était une douche froide, il le savait, il s'en doutait, mais enfin il avait en face à face le chef de la République française qui lui dit nous ne sommes plus que nous fûmes. Et puis il continue en disant : " nous allons avoir maintenant une europe unie, etc..." Le président chinois ne rien, puis dit : "je vous en prie continuez." À ce moment là, Chirac commençe à vanter les mérites, il voulait vendre des airbus... c'est-à-dire que ça avait commencé dans la stratosphère, le président chinois voulait parler de relations géopolitiques mondiales Chirac dit, " circulez, il n'y a rien à voir, maintenant moi ce que je voudrais c'est vous vendre vingt Airbus." D'un seul coup on redescendait un petit peu, c'était le souk.
Et il dit : "voilà, je crois que vous allez avoir vingt Airbus, je voulais savoir si vous ne pourriez pas en acheter un petit peu plus." Le président chinois le regarde, conciliabule avec Li Pang, et puis il dit : " M. le Président de la République française, je crois effectivement que nous allons acheter vingt-quatre airbus." " oui je sais bien, mais je voudrais quand même insister..." s'il y a la possibilité de revenir avec vingt airbus supplémentaires, vous comprenez, la République française serait très intéressée. ( La République Française, il s'en foutait éperdument, c'était surtout pour les actionnaires d'airbus ) Le ton monte, pas, légèrement, mais enfin le président chinois dit : " écoutez, comme on dit en Chine, on ne finit pas un repas en une seule bouchée, donc " (rires de la salle ) " Avez-vous d'autres sujets, M. le Président de la République française ?" "Alors oui, maintenant, je voudrais vous parler du projet de TGV entre Pékin et Shanghaï." en fait c'était un vrp "Vous savez que la France est le leader mondial du TGV grâce à Alstom", je suis d'une génération où quand on allait faire de la grande exportation on parlait d' Alstom " Et nous sommes les leaders mondiaux, vous savez qu'il y a une offre française très extraordinaire, qui est la meilleure du monde, donc je pense qu'il faudrait,..., vous parliez de partenariat, M. le Président de la République Populaire de Chine tout à l'heure, et bien il faudrait faire le TGV Pékin-ShanghaÏ." Le président chinois : "oui nous avons envoyé des équipes, nous savons très bien qu'Alstom est leader mondial, nous avons envoyé des équipes d'ingénieurs qui étudient de façon très approfondie l'offre d'Alstom." Et c'est alors, ils sont malins les Chinois, Qu'il dit : "mais il ya quelque chose monsieur le président la République française, que je ne comprends pas." alors Chirac dit : "oui si je peux répondre à votre question." Et lui dit : " M. le président de la République Française, il y a trois semaines ,dans le siège dans lequel vous êtes assis, je recevais Son Excellence, M. le chancelier d'Allemagne, M.
Schröder, qui était venu m'expliquer que pour le train à grande vitesse entre Pékin et Shanghaï, je devais absolument retenir l'offre allemande de chez Siemens, l'ICE, qui était bien meilleure que l'offre française. Alors je voudrais savoir ce que vous en pensez, et, je ne comprends pas, vous m'avez dit que votre stratégie est d'avoir un partenariat franco-allemand, et vous me dites qu'il faut que j'achète français et pas allemand..." (rires dans la salle et applaudissements. ) Vous avez répondu à la question que je posais, mais de manière détournée. voilà Puisqu'on est dans les souvenirs, je vais prolonger votre propos.
C'est vrai que les relations avec la Chine, depuis Chirac, n'ont pas été au mieux. Je passe sur Sarkozy qui leur a fait la leçon au moment des Jeux Olympiques sur le Tibet. Les Chinois n'aiment pas qu'on leur fasse la leçon.
Je passe sur François Hollande qui n'a jamais rien compris à la Chine. Et...
Il n'y a pas qu'à la Chine... ( rires dans la salle ) Il ne comprenait pas grand chose au monde, bon...
Et j'en arrive à Emmanuel Macron. Il y a il ya eu un G20 en juin où il a rencontré Xi Jinping pour la première fois. Je n'étais pas présent à l'entretien, mais ça m'est revenu par des sources chinoises.
Et les deux hommes se saluent et Macron commence à attaquer Xi Jinping sur les excédents de capacité de production en acier, panneaux solaires, etc, en descendant vraiment dans le détail. l'autre le regarde, un peu éberlué quand même, il le laisse parler, et au bout d'un certain temps il lui dit : " Je vois M. le président, que vous connaissez très bien le dossier technique." Tac terminé...
Ça veut dire que, pour les Chinois, il n'était pas au niveau. là dessus ils ont fait une erreur de communication c'est à dire que Macron a appris, à cette occasion, que Trump allait en Chine après le congrès, donc il a voulu passer avant donc il charge le Quai d'Orsay de préparer le voyage, et le Quai d'Orsay ne trouve rien de mieux que de dire : " Bon on va faire le voyage mais alors avant vous allez faire escale à Delhi." ce qui quand on connaît un tout petit peu la Chine, faire une escale à Delhi, Ce qui, quand on connaît un tout petit peu la Chine, faire une escale à Delhi, officielle, en allant à Beïjing derrière, c'est une hérésie. " presque un "délit " - oui un "dhélit" (rires) Et donc le voyage bien évidemment et donc le voyage bien évidemment, ne s'est pas fait, les Chinois ont expliqué qu'ils étaient pris par leur congrès du parti, etc, et qu'on verrait ça plus tard. ( applaudissements ) Je voudrais confirmer ce que vient de dire Jean Michel Quatrepoint parce que effectivement c'est exactement le sentiment que j'avais eu entre Jian Zemin et Chirac, c'est-à-dire qu'ils ont une haute idée du niveau de réflexion, du niveau de débat, et encore c'était Chirac.. il connaissait la culture chinoise, lui. c'est ce que je me disais, mais où est-ce qu'on est descendu ?
Même Chirac n'était pas du niveau, c'est-à-dire que d'un seul coup il apparaissait comme un VRP. A un moment, sur l'affaire des airbus, le président Chinois lui a dit : " Vous aimez beaucoup les avions, M. le président de la République française." ( rires) c'était affreux, le pire étant la fin puisqu'à la fin par ailleurs, à la fin le président Chirac avait commencé à parler, vous avez parlé de Sarkozy avec les Droits de l'Homme, Chirac a commencé à dire : " Alors voilà, je voudrais vous dire que l'opinion publique française porte un intérêt particulier à la situation des Droits de l'Homme en Chine, et donc un de mes collaborateurs donnera aux vôtres une liste de personnalités que nous souhaiterions voir élargies." C'est extrêmement offensant bien entendu pour les chinois qu'un état étranger vienne se mêler de ce qui ne le regarde pas.
Et en plus de ça nos dirigeants, et les français de manière générale, ignorent absolument tout des relations franco chinoises et notamment de l'histoire du 19e siècle. Alors ce qu'a fait à ce moment là le président Jian Zemin, excusez moi, on dérape un petit peu mais c'est important à comprendre. Qu'a répondu le président Jian Zemin à l'époque, lorsque Chirac lui a dit ça ?
Il l'a laissé parler et puis il lui a dit : " M. le président de la République Française, quand j'étais jeune J'aimais beaucoup "La dame aux camélias", "Notre Dame de Paris", "Les misérables"... alors Chirac regarde l'ambassadeur qui ne comprenait rien, moi j'avais déjà vu le coup parce que j'étais déjà allé voir Jian Zemin une fois précédente avec Hervé de Charette.
Donc je savais ce qui allait se passer. C'est un truc très chinois. Alors Chirac commence à regarder, il nous dit : "pourquoi il parle de Victor Hugo ?" Et donc il dit : "oui, je suis d'une génération où on admirait beaucoup Victor Hugo, ah !
Victor Hugo...
Victor Hugo qui je me rappelle lorsque j'étais étudiant, où on lisait la lettre qu'il a écrite à je ne sais plus quel colonel, pour protester contre le sac du Palais d'été." Et le sac du Palais d'été, vous ne le savez pas forcément, mais la France a participé à des opérations coloniales en Chine, en 1860 avec les britanniques, les britanniques voulant ouvrir le marché chinois aux productions anglaises, et la France étant la Fille aînée de l'Eglise, donc la France ouvrait les âmes à la Sainte Eglise Catholique Romaine. Et donc les Anglais et les Français ont débarqué en Chine, sont remontés jusqu'à Pékin, ont traversé le pont de Pa-li-kao, il ya eu trois mille morts côté chinois, il y a d'ailleurs, à Paris 20e, une rue qui s'appelle la rue de Pa-li-kao, c'est un massacre fait par les Français contre les Chinois.
Après Pékin, ils sont arrivés jusqu'au Palais d'été, qui est à quelques dizaines de kilomètres de Pékin, et ça a été le fameux "sac du Palais d'été" qui est un truc qui avait été construit au XVIIème siècle sur des plans qui avaient été faits notamment par les jésuites. Et il y a eu une rafle de tout le patrimoine qu'il y avait, qui a été embarqué ensuite en occident, et de temps en temps ça passe chez Christie's ou chez Sotheby's, JMQ: " Et ls chinois veulent le récupérer..." et les chinois essaient à chaque fois de racheter ça.
Mais ça veut dire que pour les Chinois il faut bien comprendre un truc, c’est que la France et l’Angleterre sont venues détruire, massacrer les Chinois au 19e siècle, ont dépecé la Chine parce qu’après il y a eu les Américains, les Japonais, tout le monde s’y est mis: la Chine a été dépecée tout ça a mené à l’effondrement de l’empire mandchou en 1911, à l’éphémère république puis à la guerre civile. Puis il y a eu l’équivalent d’un Maurice Thorez de l’époque, c’est-à-dire Mao qui a réussi à chasser les barbares du sud: c’est-à-dire les Occidentaux à imposer la férule communiste pour en fait retrouver sa souveraineté et son indépendance nationale et puis après ça les mêmes se repointent en disant « Qu’est ce que c’est que ça ? Ça ne va pas. » Imaginez que des Chinois soient venus à partir de 1840 du côté de Marseille pour faire du trafic de drogue, parce que c’est comme ça que ça a commencé.
Les guerres de l’opium c’était les Anglais qui voulaient vendre de l’opium aux Chinois pour équilibrer la balance commerciale entre l’Angleterre et la Chine. Ils fabriquaient de l’opium en Inde (d’ailleurs la CIA fait la même chose aujourd’hui.) Ils fabriquaient de l’opium en Inde pour aller le vendre aux Chinois: les Chinois entrent en guerre contre le Royaume-Uni.
Progressivement donc, imaginez que ce soit la même chose, que la Chine ait mis la main sur Marseille pour y faire du trafic de drogue, puis qu’ensuite elle ait gangrené tout le sud de la France puis ensuite avec le Vietnam, avec le Japon, avec la Corée elle ait partagé la France, qu’ensuite la France ait sombré dans une guerre civile terrible, qu’ensuite il y ait Maurice Thorez qui ait pris le pouvoir en 1945 que maintenant on ait un régime qui est-ce qu’il est, mais jamais les Chinois n’ont été aussi heureux la France comme les Français commencent à retrouver leur dignité nationale et que les Chinois viennent en disant « mais qu’est-ce que c’est que ça là ? » « Vous avez des prisonniers en Corse là et qu’est ce que c’est que cela ? Est-ce que vous voulez bien les libérer ? » Alors on est loin de l’industrie, excusez-moi d’y revenir, mais ça veut dire quand même quelque chose d’important, c’est que ce soit en matière diplomatique, que ce soit en matière industrielle, c’est zéro pointé de réflexion chez nos responsables politiques: ils ne sont pas au niveau.
Voilà la réalité la situation ! Vous auriez pu faire ma promotion commerciale parce que j’ai raconté tout ça dans deux livres. Un qui s’appelle « Mourir pour le yuan » et l’autre « Le choc des empires". 1842 la guerre de l’opium et les Chinois ont voulu mettre fin à ce qu’ils appellent le siècle de l’humiliation.
C’est pour ça qu’ils vénèrent toujours Mao. Ils connaissent parfaitement les crimes de Mao, mais Mao leur a rendu leur fierté en 1949. Donc pour eux c’est l’homme qui a mis fin aux siècles d’humiliation et il y a Deng Xiaoping qui l’accompagne.
Deng Xiaoping c’est parce qu’il a ouvert la Chine à une économie de marché l’économie socialiste de marché, dirigée, mais qui a donné quelques résultats jusqu’à maintenant. Oui puisque chacun y va de ses chinoiseries non mais ce n’est pas péjoratif du tout. Deux choses: la première n’est pas du tout anecdotique.
Elle revient dans notre débat, les Chinois sont concernés. Quand il s’agit de "justifier" le projet Alstom-Siemens un des arguments qui nous a été servi était de dire qu’il faut passer à la taille critique et avoir des mastodontes qui soient capables de concurrencer les conglomérats chinois qui viennent nous tailler des croupières un peu partout dans le monde. Alors, mon propos n’est pas tellement d’évaluer cet argument que de réfléchir et ça va tout à fait dans le sens de ce qui vient d’être dit, sur ce qui se passe en Chine.
Les deux conglomérats ferroviaires qui sont en train de tailler des croupières soi-disant dans le monde, mais il y a des exemples de faits. Ce sont deux conglomérats essentiellement publics et dont la caractéristique est précisément qu’ils font des plans et des projets à long terme sans se soucier de la rentabilité immédiate et c’est ça qui leur permet ensuite de pouvoir avoir des succès à l’exportation parce qu’ils n’ont pas le souci à court terme d’avoir la rentabilité sur leur propre territoire. Ça me permet de rebrancher sur le débat industriel, parce que c’est extrêmement important.
Excusez-moi, du coup je saute de la Chine à la Russie, je ne sais pas si certains d’entre vous ont vu le documentaire réalisé par Oliver Stone "Conversations avec Monsieur Poutine". À un moment donné Vladimir Poutine dit: il y a quelque chose qui m’étonne nos partenaires - il dit toujours ça - Nos partenaires américains et nos partenaires occidentaux en général, j’ai parfois l’impression qu’ils réfléchissent à très court terme et qu’ils n’ont aucune réflexion - il le dit avec ses mots mais ça veut dire ça - qu’ils n’ont aucune réflexion à 10, 20, 30 ou 40 ans et ça me paraît une faiblesse pour eux. Je crois qu’il a profondément raison, mais ce n’est pas une question qu’ils sont plus bêtes ou qu’ils ont simplement le front un peu plus bas ou qu’ils sont bornés.
Simplement ils sont dans une logique, dans un système dans lequel la rentabilité immédiate, la rentabilité la plus forte au plus court terme est la loi d’airain. De ce point de vue l’imbrication des pouvoirs politiques et économiques empêche et fait que nos dirigeants, qui ne sont ni bêtes ni méchants, suivent simplement leurs intérêts de classe. Leurs intérêts sont précisément de réfléchir à court terme de réfléchir à court terme pour maximiser leur rentabilité.
Enfin la dernière anecdote, pour le coup c’est une anecdote que je voudrais vous citer c’est que (bruit dans le public) S'il vous plaît Il y aura des questions avec la salle après, là on laisse chacun finir son propos. Le dernier point que je voulais citer à propos de la Chine, c’est un souvenir. Alors François a bien voulu rappeler que j’ai longtemps été membre du parti communiste français.
Il a dit que j’ai évolué, non en réalité ce n’est pas moi qui ai évolué, c’est le parti communiste français. Mais peu importe ce n’était pas ça mon propos. À l’époque j’ai gardé un souvenir où il y avait eu une rencontre entre dirigeants communistes français et dirigeants communistes chinois, à l’époque où les deux étaient encore communistes et dans un cocktail d’historiens, c’était une rencontre d’historiens, un historien communiste français s’adresse à l’un de ses homologues chinois, un verre à la main et dit: "Mais au fond quel bilan vu de Chine, quel bilan vous tirez de la Révolution française?" et l’historien chinois l’a regardé et dit "il est encore bien trop tôt pour tirer les enseignements de la Révolution française" Je cite cet exemple Je cite cet exemple au-delà du clin d’œil bien entendu, pour montrer que selon l’échéance de temps à laquelle on réfléchit, les conclusions et la politique que l’on mène selon les intérêts que l’on défend, la politique que l’on mène n’est pas la même.
Merci. (Applaudissements) Si vous voulez pour rebondir j’ai deux petites anecdotes sur la Chine qui sont amusantes enfin quand on connaît le fond du problème, elles sont un peu moins amusantes. Alors on a parlé des trains, notamment Alstom François Asselineau en a parlé, on espérait vendre le TGV aux Chinois. les Allemands voulaient vendre leur ICE aux Chinois, leur "Inter City Express".
Ce sont les Allemands qui ont vendu leur technologie aux Chinois et les Chinois ont fait une copie conforme ou quasi conforme de l’ICE allemand. Fabriqués en Chine bien évidemment. Donc ça prouve que quand même, le commerce avec les Chinois, qui ne se sont toujours pas remis psychologiquement des deux guerres de l’opium, ça, vous l’avez dit très justement, on leur a fait la guerre pour le libre-échange.
J’ai eu la chance d’aller trois fois en Chine et quand on visite le musée de la Chine place Tiananmen, c’est impressionnant: il est écrit noir sur blanc que les Occidentaux ont humilié la Chine au nom du libre-échange et la Chine aura sa revanche au nom du libre-échange. Et donc ils ont fait une copie. Mais alors le meilleur c’est que bon quand on est un peu branché Airbus a été faire une usine évidemment en Chine pour faire des A320 à Tianjin.
Tianjin c’est à quelques centaines de 150 km de Pékin d'accord? Et puis un jour, vous savez quand on fait l’entretien des avions, c’est comme l’entretien des fusils d’assaut. Avant qu’on fasse un Airbus en Chine on se rend compte d'une chose, c’est qu’un Airbus A320 n’a jamais été révisé, n’a jamais eu besoin d’une seule pièce détachée.
Et là Airbus se dit mais il a volé où? Il est passé où? Vu son immatriculation il n’a jamais vu un aéroport et un jour à un salon aéronautique les Chinois présente un avion qui s’appelle le C919, C comme COMAC, c’est le nom de leur société d’avion "Commercial Aircraft Corporation" c’est-à-dire d’ailleurs "société d’avions commerciaux".
En clair, ils ont désossé un Airbus A320, ils en ont fait la copie conforme en disant "C’est de l’avion made in China". Comme disait Coluche, c’est un peu la méthode des pays de l’Est. Faire le commerce avec la Chine c’est un peu la méthode des pays de l’Est: donne-moi ta montre et je te donnerai l’heure.
Si vous voyez ce que je veux dire. et alors vous allez voir à quel point c’est vicieux, parce que certaines compagnies à bas coût, "low cost" pour les non-initiés ont fait des études auprès de leurs clients, pour voir s’ils seraient prêts - parce qu’un avion chinois c’est un avion à prix cassés - si leurs clients alors passagers seraient prêts à prendre un avion chinois. Les résultats des enquêtes passagers ont été tellement catastrophiques parce que les gens, c’est quand même dur de monter dans un avion en devant tenir son chapelet pendant tout le voyage pour ceux qui ont le plus peur en avion, voyez ce que je veux dire.
On dit non non non non, donc les compagnies low cost ont continué à acheter Airbus et Boeing. Mais quand on raconte le cas des avions et des trains ça prouve à quel point le libre-échange mondialisé comme il est aujourd’hui est complètement biaisé. Et moi je vais juste essayer d’être un peu plus européen, moins chinois et vous donner encore 2 exemples, parce que je ne sais parler que du factuel: comment nos politiques détruisent l’artisanat en France et participent à l’extension de l’industrie étrangère.
Deux petits exemples. Le premier exemple, c’est sur l’huile et le gaz de schiste, l’exploitation du gaz de schiste. Ceux qui me connaissent savent que je suis un des fervents défenseurs, contre et non pas pour, en France.
Tout le monde sait en France ce qu’est une étude d’impact ? Donc une étude d’impact c’est une loi française qui est intéressante, qui dit que si vous voulez construire une usine où quelque chose, vous devez d’abord analyser l’air, l’eau et le sol avant l’installation de l’usine et deux ans ou trois ans après, on réanalyse l’air, le sol et l’eau pour savoir quels ont été les dégâts environnementaux de votre usine. Et comme ça on peut savoir si dans l’eau il y a de l’arsenic, on est sûr que c’est à cause de votre usine.
Est-ce que vous me suivez? C’est une loi qui est contraignante mais qui est quand même intéressante pour la protection des individus. Et bien l'Europe qui est un sujet que vous connaissez bien a fait voter une directive qui va faire force de loi en France, où sur l'exploitation de l'huile du gaz de schiste en France qui aujourd’hui est arrêtée, mais je ne dis pas que demain ils ne le feront pas.
Je précise bien que toutes les entreprises qui veulent faire de l’exploitation de l’huile et gaz de schiste en France sont étrangères. et bien l'Europe a voté une directive comme quoi il n'y aura pas d'étude d'impact en cas d'exploitation d'huile et de gaz de schiste en France. Donc si on s'aperçoit après qu'il y a des cancers, des malversations de l'eau polluée etc...
On ne pourra même pas dire que c’est à cause d’une usine, on nous racontera que c’était avant. Ça c’est le premier point. Et ça c'est les hommes politiques européens et français qui laissent faire.
Le deuxième truc c'est l'Europe, qui en ce moment, c’est un dossier que je suis depuis quelques années, ils n’ont pas réussi à l’imposer mais ils vont le faire, ils vont nous imposer un fromage pasteurisé. C'est à dire qu'en France, il y a je ne sais plus combien, 500 ou 600 sortes de fromages, on ne pourra plus les vendre autrement, je dis bien les ventes autrement que localement parlant. Si ça, ce n’est pas détruire l’artisanat et l’industrie française expliquez-moi comment ça ne l’est pas? (Applaudissements) Avant de passer aux questions de la salle y a-t-il des motifs d’espérance sur l'industrie française?
Quelles perspectives pour demain ? Est-ce qu'il y aurait des pistes de redressement? Ce serait dans quel cadre ?
On laisse de côté le frexit pour le moment. Je crois qu’il est très difficile d’inverser les tendances. Pourquoi?
Parce que tout ce que vous avez perdu il est très difficile de le reconstruire. On ne construit pas des groupes industriels du jour au lendemain. Vous ne reconstituez pas des compétences du jour au lendemain.
Vous ne recréez pas un réseau de sous-traitants du jour au lendemain. Donc la recréation d'un tissu industriel, c'est ça qui nous manque c'est le tissu industriel. Ça se fait sur le moyen et le long terme quand ça se fait avec des politiques d’accompagnement de la part de l’État.
Ce qui pose quelques problèmes au regard de Bruxelles si vous voulez subventionner directement etc...
Un exemple: une société qui s’appelle STMicroelectronics. Est-ce que vous la connaissez? STMicroelectronics qui a été créée sous Édith Cresson donc ça remonte à 1990-1991 exactement, a connu des hauts et des bas mais aujourd'hui c'est un des rares fabricants de composants électroniques en Europe.
Ils sont basés notamment à Grenoble, société franco-italienne, et ils viennent d'avoir un contrat avec Apple sur la reconnaissance visuelle du visage; donc c'est un très gros contrat. et c'est un vrai ballon d'oxygène pour l'entreprise. Cette entreprise a vécu avec des subventions déguisées au fil des ans.
Sur les cinq dernières années, il y a eu 700 millions d’euros à peu près qui ont été versés ça ne se sait pas, ça ne se dit pas parce qu’évidemment sinon Bruxelles nous tomberait dessus. Là il faut renouveler le contrat, oui merci mais on n'a pas envie puis il faut trouver de l'argent et comme il y a M.Stéphane Bern qui a une mission sur le patrimoine il faut trouver de l'argent pour la mission.
Et bien pour le moment Bercy n'a rien trouvé de mieux que de piquer une partie de l'argent de STMicroelectronics pour le filer à la mission sur le patrimoine. Moi je suis pour le patrimoine c'est clair! Mais enfin je crois qu'il est plus important d'avoir une industrie sur les composants électroniques qui tienne la route pour le futur que de ravaler quelques façades.
C'est un vrai sujet, bon oui. Donc que faire? Ça veut dire effectivement, avoir les objectifs; nous pouvons reconstruire une industrie qui sera une industrie 2.0 etc...
Une industrie modernisée, on ne va pas faire l'industrie d'hier ni d'avant-hier il faut faire l'industrie de demain et d'après demain avec un problème, c'est qu'il faut un peu de capital et il faut des compétences. En plus, ces industries nouvelles ne créent pas massivement des emplois. Donc nous retrouvons avec un décalage.
Autrefois nous avions un modèle économique, un modèle industriel qui favorisait les classes moyennes. Il y avait une petite élite, il y avait ce que l’on appelait le lumpen, mais qui peut progresser régulièrement, vous aviez une très grosse classe moyenne. Ça a été les trente glorieuses c'était ce modèle industrialiste et du capitalisme monopoliste d'État comme disaient les marxistes à l'époque.
Mais ça s'est développé. Depuis 30 ans nous sommes dans un autre système, le modèle néolibéral l’a emporté c’est le modèle unique et la France s’est retrouvée prise en squeeze. Elle a voulu à la fois calquer le modèle néolibéral et en même temps vouloir garder son système de protection sociale à l’ancienne.
C’est un squeeze parfait, ce n’est pas possible, les Allemands eux ont gardé un modèle industrialiste ensuite en gardant un minimum de protection sociale on connait l’affaire des mini jobs etc...
Cela dit le pouvoir d’achat en Allemagne de la majorité des Allemands est nettement supérieur au pouvoir d’achat en France. Ils ont en plus l’euro qui est à leur avantage. Car nous avons fait l'euro.
L'euro c'est le mark, c'est clair. L'euro profite à l'Allemagne, il ne profite pas à nous et ça on a mis longtemps à le découvrir. Donc que faire ?
C'est pas facile. Honnêtement il ne faut pas se leurrer. Vous ne recréez pas encore une fois un tissu industriel de toutes pièces, sans avoir des compétences, sans avoir une vision stratégique sans avoir une volonté politique et sans avoir un minimum de capital qui accepte de s’investir.
Donc c’est un travail de longue haleine et il faut inventer aujourd’hui j’allais dire, un modèle idéologique. Il faut inventer un modèle idéologique qui n’est plus le modèle passé, qui n’est pas le modèle néolibéral mais pour le moment c’est dans les limbes. Et ce nouveau modèle en plus il faut avoir des alliés, et si vous n’avez pas d’alliés dans le reste de l’Europe notamment, dans le reste du monde vous ne passerez pas.
Car nous sommes interdépendants, faut jamais oublier ça. Je pense pour ce qui me concerne que l'euro est en train de nous mener au désastre. Comme vient de le dire Jean Michel Quatrepoint, l'euro sert les intérêts de l'Allemagne, pourquoi?
Parce que l'euro c'est une cote mal taillée entre 19 États qui font partie de l'euro et donc l'euro est coté sur les marchés financiers moins cher que ne le serait le mark, plus cher que ne le serait le franc. et beaucoup plus cher que ne le serait la drachme grecque. Donc c'est une cote mal taillée et si vous avez une monnaie qui est ainsi faite, la conséquence c’est quoi?
C’est que les Allemands bénéficient d’une monnaie qui est sous-évaluée par rapport à ce que devrait être leur monnaie ils ont donc une monnaie qui est inférieure à ce qu'elle devrait être par rapport à la compétitivité. Ils engrangent donc des excédents commerciaux géants et les excédents commerciaux, la balance commerciale qui vous intéresse à juste titre c’est l’Allemagne avec la Chine est probablement l’un des deux premiers pays au monde à dégager des excédents commerciaux énormes. En revanche la France a une monnaie qui est surévaluée.
On peut estimer que la compétitivité de l'économie française imposerait que 1€ vaille à peu près 1$ or 1€ = 1,17$ donc on a une monnaie qui 17% trop chère par rapport à l'économie française. Le résultat c'est que nous dégageons des déficits commerciaux géants. Ce que d'ailleurs Jean-Michel disait tout à l'heure en préambule.
Or quand on a des déficits commerciaux non seulement on s'appauvrit mais on crée du chômage parce que tout ce qui est importé est fait ailleurs. Exporter c'est créer de l'emploi en France. Donc plus on importe et plus on crée du chômage, c'est aussi simple que ça.
Donc l'euro nous mène vers le chômage en France. L'euro nous mène vers la destruction de l'industrie puisque notre industrie n'est pas compétitive par rapport à cette monnaie. En revanche l'industrie allemande en bénéficie puisque la monnaie, l'euro, est inférieur à ce qu'il faudrait pour la compétitivité allemande.
En d'autres termes l'euro est une espèce de guerre silencieuse qui permet à l'Allemagne de détruire l'industrie des petits copains. Donc on ne pourra pas rétablir l'industrie française tant qu'on n'aura pas une monnaie qui soit compatible avec notre économie. Il faut donc sortir de l'euro.
La deuxième chose, c'est qu'on ne pourra pas rétablir l'industrie française si on continue à avoir une totale liberté des mouvements de capitaux. J'en parlais en préambule, je le redis maintenant puisque n'importe quelle entreprise peut aller créer son usine au Bangladesh, en Chine, au Vietnam, n'importe où, en Slovaquie, bénéficier de salaires, de charges sociales, de charges environnementales extrêmement basses par rapport à ce que c'est en France. Et si même une entreprise ne voulait pas le faire...
Moi, ça m'énerve un petit peu les trucs style "made in France" etc. parce que je ne comprends pas...
D'ailleurs, quelqu'un comme monsieur MONTEBOURG se moque du monde : on ne peut pas à la fois vanter le made in France et participer à un gouvernement qui met tout en oeuvre pour détruire le made in France ! Parce que c'est très gentil de dire "il faut du patriotisme économique", mais il y a aussi des limites à la folie. Si une entreprise, par exemple, bec et ongles, résiste et veux rester en France, elle va se faire détruire par les autres entreprises qui iront se délocaliser.
Et d'ailleurs, ce n'est pas forcément des entreprises françaises puisque nous sommes dans un marché unique européen, donc, on peut très bien avoir des industries allemande ou slovaques qui vont se délocaliser en Chine et nous vendre des produits fabriqués en Chine. On ne pourra donc pas sauver l'industrie française tant qu'on restera sous l'empire de l'article 63 du TFUE qui autorise la totale liberté des mouvements de capitaux. Par ailleurs, c'est vrai que les choses sont de longue haleine, c'est vrai qu'on a perdu beaucoup, mais, moi, je me rappelle (j'en reviens encore à la Chine) être allé en Chine, la première fois, en 1988.
J'étais en touriste. La Chine, en 1988, était un pays du tiers-monde. Déjà, à Pékin, il n'y avait pratiquement pas de voitures, il n'y avait que des vélos.
Mais, quand on allait à Datong (à 300km en mongolie intérieure), on avait l'impression de...
Ils n'avaient jamais vus de Blancs. Ils regardaient, comme ça...
On avait des fouilles hébétées, c'était un pays qui était d'une pauvreté "waouh". Trente ans après, on a maintenant la première économie du monde puisque, en parité de pouvoir d'achat, le PIB chinois a dépassé le PIB américain. Et on a maintenant un pays qui est plus qu'en décollage économique : c'est un pays qui est en train de devenir l'usine du monde, le financier du monde, le laboratoire de recherche du monde, etc.
Et ceci en trente ans ! Et pourquoi ? Parce que l'on a (comme le disait Jean-Michel, tout à l'heure) rendu aux Chinois leur fierté et, en plus on les a laissés travailler, on est sortis de l'utopie maoïste.
La base, c'est que l'économie n'est pas une science, je ne cesse de le répéter, l'économie ça n'a jamais été une science, c'est une science humaine. Le mot "humain" veut tout dire, ça veut dire que, si l'économie était une science (et une science dure, comme la mathématique, la physique, etc.) toutes les prévisions économiques seraient respectées.
Elles ne le sont jamais ! (À commencer par les prévisions du gouvernement.) Donc, ça veut dire que nous ne sommes pas dans une science exacte, on est dans une science humaine.
Or, qui dit "science humaine" dit "humain". C'est-à-dire que l'être humain, en tant que tel, joue un rôle pivot dans l'économie. Pourquoi est-ce que la France des années 60, la France des Trente Glorieuses, a été la France des Trente Glorieuses ?
C'est, d'abord et avant tout, parce que les Français croyaient en l'avenir. Sous DE GAULLE, dans les années 60, on a, d'un seul coup, un pays qui se développe dans tous les azimuts. Pourquoi ?
Parce que, la France, elle avait des projets industriels, elle avait la Caravelle, le paquebot France, le Concorde, elle avait la force de frappe nucléaire, elle avait le cocorico ! DE GAULLE disait : "Les Américains, il faut les regarder droit dans les yeux et ils finissent par s'y faire." Les Français, ils se disaient : "Mais, je suis fier d'être français." Et donc, quand vous êtes fiers de votre pays, vous incitez vos enfants à travailler, vous avez envie d'économiser de l'argent, vous avez envie d'investir, parce vous croyez que le futur sera mieux, sera plus beau !
Nous sommes, nous, dans un univers qui consiste à dire aux Français : "La France est foutue. Tout ce que nous avons été est nul. Nous devons tout détruire : notre façon d'être au monde, le rapport avec l'État, les départements, les régions, les services publiques..." Tout est un dénigrement permanent, constant, de ce que sont la France et les Français.
Le résultat des courses, c'est que les gens se replient sur leur sphère privée, on les met dans une situation avec une monnaie beaucoup trop chère, ils voient les emplois filer, ils constatent le mensonge triompher dans les médias, constamment, ils voient des freluquets, comme monsieur MACRON, qui est incompétent dans ses fonctions et qui a été propulsé par DRAHI et compagnie, pour servir les intérêts de l'oligarchie...
C'est ça la réalité de la situation ! Le premier point à faire pour rétablir l'industrie en France, (ça va de pair, tout va de pair) c'est d'abord rétablir la souveraineté et l'indépendance nationales et que les Français, de nouveau, soient fiers de leur propre pays. Mais pas une fierté style Front national, à la chasse aux immigrés.
Ce n'est pas de ça qu'il s'agit ! Il s'agit de rétablir la France, la grande France, celle qui a été la France de la Révolution française, celle qui, quand on va voir le président chinois JIANG Zemin, se voit dire :"Vous êtes le digne représentant du général DE GAULLE." C'est ce pays-là que le reste du monde attend, c'est cela qui fera qu'on rétablira l'industrie en France !
Pierre LÉVY, votre conclusion sur les motifs d'espérance...?
Ce n'est pas une conclusion, c'est effectivement pour tenter de répondre à votre souhait de trouver des choses qui soient moins désespérantes. Alors d'abord, je suis, malheureusement, d'accord avec ce qui a été dit : il est beaucoup plus rapide de détruire un tissu industriel que de la bâtir çà et là, c'est vrai. Et c'est vrai, par ailleurs, que, tant que l'euro sera cette contrainte qui empêche d'avoir la souveraineté monétaire, tout espoir d'en sortir sera difficile.
Simplement, il n'y a pas de science économique, il y a une économie politique (comme disait MARX) et évidemment, il y a un certain nombre de règles, de réalités mais, fondamentalement, il n'y a pas de fatalité : il y a des choix, et des choix politiques. Ces choix politiques devraient être l'affaire des citoyens et du peuple. Or, c'est, comme vous le savez, c'est ce que vient de dire François mais je vais le dire, peut-être, d'une autre manière...
Ce qu'il faut, ce n'est pas seulement dire "il faudrait récupérer notre souveraineté" (ça c'est l'horizon), c'est réfléchir ensemble aux voies et aux moyens qui permettent de rendre cette perspective réaliste. Et je crois que l'action politique, telle que celle que mène votre parti, contribue à cela (j'ai gagné le droit de revenir l'année prochaine en disant cela). Mais, plus sérieusement, je pense qu'il n'y a pas de fatalité, dès lors qu'on réussit à faire comprendre ce principe simple que c'est aux citoyens, collectivement, de faire entendre leur voix.
Alors, ça prend des chemins différents, des chemins électoraux, des chemins idéologiques, de débats, de confrontation...
Ça prend aussi des voies de lutte, y compris syndicale. Dans notre dernière édition, dont j'ai parlé (tu feras la pub après)...
Dans notre édition, dont j'ai parlé, nous interviewons, par exemple, un responsable syndical CGT de chez Alsthom, qui nous explique le lien entre défense des emplois, défense de l'industrie, de la maîtrise industrielle, du savoir-faire, dans le sens de l'intérêt national. C'est-à-dire que ces choses sont liées. Alors, certes, évidemment, le rapport de forces actuel, le niveau des luttes syndicales, n'est pas, sans doute, ce qu'on souhaiterait ou, personnellement, ce que je souhaiterais qu'il soit.
Il n'empêche que tout combat qui peut être mené, qui est mené pour la défense d'une entreprise ou d'une région, a une portée profondément politique. Et il n'est pas perdu d'avance, il y a des cas où l'on peut gagner. Prenez, par exemple, (alors, nous ne sommes pas dans l'industrie telle que celle du transport ou l'énergie) dans l'industrie agroalimentaire, sans doute, beaucoup d'entre-vous ont entendu parler des Fralib.
Dans les Bouches-du-Rhône, où les grands groupes (dont le nom m'échappe mais qui va me revenir)...
Unilever ! avait, donc, prévu de bazarder l'usine parce qu'il était plus rentable de produire ailleurs, et où, au bout d'une lutte qui a duré plus de deux ans, les salariés ont réussi à recréer et à gagner le fait de continuer la production. Alors, ça n'a pas été simple et ça ne l'est toujours pas mais, ce que je veux dire par là c'est qu'on n'est pas obligés de sombrer dans le défaitisme.
C'est dur, mais le rapport de forces et les combats peuvent s'avérer payants : c'est un motif d'espoir. "L'espoir fait vivre", ça, c'est quand même important. Il y a beaucoup de choses très intéressantes qui ont été dites, on a parlé du poids de l’euro : je fais un tout petit mot dessus et après on va parler d’un point de vue capitalistique après avoir parlé d’un point de vue industriel.
Il y a un rapport du FMI, le fonds monétaire international, qui n’est quand même pas l’organisme le plus gauchiste qui existe sur la planète, je pense qu’on sera tous d’accord là-dessus, qui a pondu un rapport fin juillet dernier qui disait que pour l’Allemagne, l’euro sous-évalué de 18 % et pour la France, il est surévalué de 8 %. Donc en clair, si l’on voulait rendre la France compétitive avec un petit surplus de compétitivité, il faudrait baisser en France les salaires et les retraites de 30 %. Donc vous voyez qu’il y a quand même un problème qui se pose.
Je voudrais parler deux minutes, on a parlé des points de vue industriels, on va parler d’un point de vue capitalistique. Il y a aussi un problème qu’il faut soulever, Pierre Lévy a parlé notamment des Fralib. Je vais vous prendre un exemple c’est la sidérurgie européenne.
Il y a encore vingt ans, il y avait des entreprises sidérurgiques en Europe qui se sont concentrées. On a connu en France Arcelor, qui était la fusion d’Usinor-Sacilor les sidérurgistes français du Nord et de Lorraine, d’Arbed le sidérurgiste luxembourgeois, et d’Aceralia le sidérurgiste espagnol. Il y avait eu un autre groupement, Corus, qui regroupait British Steel, c’est à dire la sidérurgie britannique et Koninklijke Hoogovens la sidérurgie néerlandaise.
Aujourd’hui Corus appartient à Tata, le conglomérat indien qui fait des voitures, c’était l’ancien colonisé, et non content d’avoir racheté la sidérurgie britannique, ils ont même racheté Range Rover ! Voyez un peu ! Et de l’autre côté, Arcelor est devenu ArcelorMittal et est devenu indien.
Il restait deux sidérurgistes européens indépendants : un italien, Riva qui vient d’être racheté par Mittal il y a très peu de temps, qui a sauvé comme ça le complexe sidérurgique Italsider de Tarente qui était le plus gros. Alors les italiens, ils ont résisté un moment, les libéraux, Matteo Renzi a même nationalisé le site de Tarente mais ils ont fini par céder. Donc aujourd’hui ne reste plus qu’un sidérurgiste européen, qui soit vraiment européen: c’est les Allemands qui ont fusionnés Thyssen et Krupp pour faire le groupe ThyssenKrupp.
Alors juste une chose, si nous français ou européens on veut racheter une boîte indienne, c’est strictement impossible, parce que les Indiens exigent d’être majoritaires dans le capital. Les voitures françaises fabriquées en Chine les Chinois ont d’office 51 % du capital. C’est-à-dire que les voitures du groupe PSA faites en Chine c’est Dongfeng qui est majoritaire à 51 %, (Philippe Pascot): plus le terrain qui continue d’appartenir à la Chine. (Philippe David): Absolument, donc les Chinois font ce qu’ils veulent chez eux.
Vous voulez construire une usine en Thaïlande ? En Thaïlande il faut que ce soit un Thaïlandais qui soit l’associé majoritaire. Donc ça c’est aussi un problème qu’il faut soulever parce qu’outre la production, si on perd nos entreprises parce qu’elles deviennent pour l’une indienne, pour l’autre chinoise, pour la troisième Guatémaltèque, ça va poser aussi de gros problèmes parce qu’on perd en même temps les centres de décision.
Je termine très court. Regardez quand il y a ces fusions, c’est quand même assez extraordinaire. Je vais vous prendre deux exemples très courts.
À l’époque, c’était Jospin qui était Premier ministre, c’est quand on a créé EADS. Vous vous rappelez. On nous a dit, avec EADS on fait le géant européen de l’aéronautique et on a fait le siège le siège de la holding où ?
Aux Pays-Bas alors que les Néerlandais ne faisaient pas partie des producteurs d’Airbus. Pourquoi ? Parce que l’impôt sur les sociétés était plus bas aux Pays-Bas.
Même chose quand il y a eu la fusion Renault Nissan, où a été faite la holding de Renault Nissan ? Elle a été faite aux Pays bas. donc on perd les outils industriels, on perd les centres de décision, on perd les centres qui payent les impôts, parce que c’est quand même les holdings où on peut faire pas mal d’évasion fiscale notamment, bref on perd de tous les côtés. (Applaudissements) Un mot pour aller dans le même sens mais pour souligner un point que tu as cité à propos d’Arcelor.
Ce qu’on nous avait dit à l’époque, lors de la mise en place d’Arcelor on nous avait expliqué que les entreprises nationales telles qu’Usinor-Sacilor ne sont pas assez grosses, si on veut être plus fort dans la mondialisation et faire face aux concurrents extraeuropéens, alors il faut faire un grand géant européen, et on a fait Arcelor, qui quelques années après à peine a été bouffé par Mittal. Autrement dit, l’argument qui nous avait été servi à l’époque c’est exactement, comme il était prévisible, retourné contre lui-même. Ce qui prouve à la fois l’hypocrisie évidemment de ceux qui savaient parfaitement de quoi il retournait, et le fait que cet exemple se reproduise, quand on nous explique qu’il faut faire des géants européens, la souveraineté européenne chère à Macron, c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire. (Applaudissements) Alors nous allons à présent passer aux questions de la salle, on va les prendre par quatre également, est-ce que quelqu’un peut faire circuler un micro ?
Merci. Donc, soyez bref, plus que ce matin si c’est possible. Je tiens à remercier les intervenants, je suis Daniel Oberhausen de bordeaux, je suis sympathisant UPR, je ne suis pas membre malheureusement mais je vais peut-être adhérer prochainement. (Clameur d'approbation du public) Ça va être une question très brève parce que je me demande si nous ne sommes pas victimes d’une sorte d’enfumage.
On a en effet l’idée que le capitalisme du 21ème siècle, qui est piloté par une oligarchie mondialiste, est finalement assez stupide et a une vision court-termiste. On se dit le monde de la finance raisonne à court terme, mais est-ce que derrière en coulisses il n’y aurait pas des gens, qui ont une vision stratégique un peu à la mode chinoise et en ce qui concerne la France, eh bien il s’agirait, en fait, de tiers mondialiser un pays comme le nôtre. Alors tiers mondialiser sans doute en douceur, mais ça risque d’être quand même très douloureux.
C’est à dire que quand on désindustrialise un pays et quand on fait en sorte qu’il n’ait plus ses capacités de construction de défense par exemple, qu’il ne maîtrise plus sa logistique parce qu’il n’a plus la maîtrise de ses outils de transport, est-ce qu’il n’y a pas derrière tout ça une vision à long terme, c’est-à-dire que derrière le jeu financier au jour le jour, il y a à plus long terme la volonté de déstructurer un pays comme le nôtre, qui correspond sur le plan planétaire, un très mauvais exemple. Le mode de vie français pour les mondialistes, c’est insupportable : une qualité de vie, une nourriture saine et de qualité, tout cela doit effectivement être mis en perspective moi je pense que l’oligarchie mondialiste a une vision à long terme. Merci. - Merci Trois autres questions s’il vous plaît.
Merci de faire des questions courtes s’il vous plaît pour qu’on puisse y répondre, merci. Alors parce que je suis fier d’être membre de l’UPR depuis deux ans, parce que tous les orateurs ont été extrêmement clairs, parce que vous avez beaucoup parlé de la Chine, je peux vous dire maintenant que je vous ai compris ! Je voudrais vous poser une question.
Ne croyez-vous pas que si je n’étais pas membre de l’UPR, si je n’en étais pas fier, si je vous avais écouté distraitement à la télévision, je me serais demandé si finalement c’est parce que la France est minable, la Chine est très forte et l’Europe c’est de la merde, et j’aurais retenu une chose qui est que finalement la France ne fait pas le poids en face de l’Europe. Ma question c’est, ne manque-t-il pas un chaînon manquant à votre conférence qui est de dire qu’effectivement l’Union européenne c’est la merde, mais l’Europe c’est une grande civilisation et la France avec la culture grecque avec la culture latine en parlant le français, en parlant d’autres langues, en particulier l’allemand, ne se fait pas aussi forte que la Chine je vais faire un témoignage… (Interrompu) (Brouhaha) Non non, il y a beaucoup de gens qui veulent poser des questions, excusez-moi, il faut être rigoureux, il y a beaucoup de gens qui veulent poser des questions, on ne peut pas avoir des questions-fleuves qui ne sont pas des questions mais des interventions. Je suis désolé.
Ne croyez-vous pas que si tout le monde a démissionné, c’est parce que l’éducation nationale a bradé complètement la culture européenne et que le grand paradoxe de notre époque c’est qu’on n’a jamais aussi peu enseigné le grec, jamais aussi peu enseigné le latin que depuis que nous appartenons à l’Union européenne ? D'accord merci beaucoup. Encore 2 questions plutôt courtes s’il vous plaît.
Merci de m’avoir donné la parole, alors j’ai juste une question à vous poser, c’est sur l’extraterritorialité du droit américain puisque j’ai lu un petit peu votre livre, monsieur Quatrepoint. On n’en a pas trop parlé aujourd’hui et pourtant c’est vraiment un sujet crucial et puis qui nous enchaîne, voilà je vous remercie. Merci, une dernière question ?
Oui bonjour, donc je suis d’accord avec l’ensemble des interventions effectivement c’est un constat sur notre situation qui est assez dramatique, il y a un aspect des choses qui n’a pas été souligné dans lequel je crois beaucoup depuis mes études en sciences économiques à Grenoble, sur la part dans le produit intérieur brut des dépenses qui sont consacrées à la recherche et au développement. La France a une longue tradition d’empire colonial puis ensuite de prise en main par les politiques publiques sous le général de Gaulle en fait il n’y a pas de de longue tradition entrepreneuriale. Si on regarde les cartes européennes, je ne pense pas seulement à l’Union européenne, des pays qui s’en sortent le mieux c’est ceux qui consacrent la plus grande part de leur budget aux dépenses de recherche de développement, investissements publics compris.
On voit que l’Europe du Nord est en situation de relative prospérité, s’en sort mieux du point de vue de la productivité, de la compétitivité alors que l’Europe du Sud connaît le chômage, les déficits et souffre de l’euro. Ma question la voici, elle s’adresse à monsieur Asselineau et aux économistes qui sont présents ici : Est-ce que vous ne pourriez pas considérer comme une variable fondamentale la relance, la mise en place d’une politique active d’investissement et de recherche ? La Chine arrive aux 2 % l’Europe du Nord-est à 3 % nous plafonnons à 2 %.
Merci, on va essayer de répondre à ces questions. Je pourrais répondre à peut-être la première qui consistait à dire est-ce qu’il n’y a pas finalement une stratégie cachée ? Moi je trouve quand même qu’effectivement, il y en a qui sont toujours prêts à tout brader et d’autres qui ne bradent rien.
C’est-à-dire que la France, elle est là, elle perd toute son industrie, mais j’observe que l’Allemagne ce n’est pas pareil. J’observe qu’Alstom a été donnée aux Américains, donnée aux Allemands, mais l’inverse n’est pas exact. Donc je pense qu’il y a des stratégies.
Alors est-ce que c’est ourdi, je ne sais pas, il ne faut peut-être pas verser dans le « complotisme », mais ce que je sais en tout cas, c’est qu’avec les règles actuelles il n’y a aucune stratégie en France, de stratégie industrielle, de stratégie de défense des intérêts nationaux. Moi, je me rappelle très bien être avoir eu une réunion une fois à l’Élysée, c’était du temps de Chirac, où le conseiller de l’Élysée, dont je ne donnerai pas le nom, avait convoqué les quatre conseillers des quatre ministères de souveraineté, moi je représentais les Affaires étrangères, il y avait mon collègue qui représentait le ministère des Finances, un autre le ministère de l’Intérieur et le dernier le ministère de la Défense. Chirac devait aller à un sommet à Bruxelles, un sujet arrive sur la table, où il s’agissait de brader encore un truc et je tape du poing sur la table, parce que je suis comme ça, et je dis « C’est pas possible !
Il faut que l’Élysée mette tout son poids dans la balance pour dire non à ce truc-là ! » et le conseiller de Chirac lève les bras au ciel me dit « Oh, tu sais françois, le poids de l’Élysée pfffff… » C’était il y a 21 ans. Ça veut donc dire que les Français, les élites dirigeantes françaises ont intégré l’idée que nous n’étions plus rien, comme disait de Gaulle « comment voulez-vous que les autres croient en vous si vous n’y croyez pas vous-même ? » Alors que les Allemands, et les pays scandinaves, et les Britanniques, et les Polonais, et les Hongrois défendent bec et ongles leurs intérêts nationaux !
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’Europe va exploser, parce que de toute façon les Polonais, les Hongrois, etc… ne vont pas laisser encore longtemps une nouvelle URSS se développer à leur détriment. Mais nous sommes en particulier ceux qui laissons tout tomber. C’est la première question à laquelle je voulais répondre.
Jean-Michel Quatrepoint, sur l’extraterritorialité du droit américain ? Un mot sur l’idéologie. Il y a une idéologie, elle est développée en Californie, c’est l’idéologie des GAFAM : le transhumanisme.
C’est à dire ; nous n’avons plus besoin des États, à la limite n’avons plus besoin des individus, des citoyens, mais c’est un ensemble planétaire de communautés, communauté Facebook, etc… et ça, c’est une vraie idéologie, on remplace les États, ce sont les ONG qui prennent une part de la souveraineté. Ce sont les fondations, je pense à la fondation de Bill Gate par exemple, de George Soros, qui prennent une part de la souveraineté et ce sont elles qui imposent une vision mondialiste, multiculturaliste, parce que ça va de pair et la croyance dans le transhumanisme selon lequel la technologie va nous amener l’immortalité, uniquement pour les très riches évidemment, et ainsi de suite. C’est une idéologie qui essaye de prendre la succession du néolibéralisme.
Elle s’appuie sur les défauts du néolibéralisme pour se développer en se projetant dans le futur en disant « c’est nous le progrès » et c’est là où effectivement, c’est dangereux, car en face il n’y pas de vraie construction idéologique. Maintenant un mot sur l’extraterritorialité du droit américain. Oui les Américains exportent leur droit, et au nom de l’hyperpuissance qu’ils sont encore, ils imposent effectivement à leurs partenaires un certain nombre de règles.
Si Alstom a été vendue à General Electric, c’est parce qu’il faisait effectivement l’objet d’une enquête du département de la justice américaine pour des causes de corruption, corruption avérée, c’est clair. De la même façon Alcatel a été obligés de fusionner avec Lucent en 2006, parce qu’Alcatel avait également une action du département de justice contre contre lui, donc c’est un outil, c’est une arme, ça fait partie du soft power. Les Américains mènent une guerre économique et ils entendent n’avoir effectivement que des vassaux.
Pas des partenaires, des vassaux ! C’est toute l’histoire effectivement des relations entre la France, l’Europe et les États-Unis, entre de Gaulle et les Américains, de Gaulle ne voulant pas être vassal, il acceptait d’être partenaire, mais pas vassal. Les Américains ne supportaient pas effectivement d’avoir quelqu’un qui s’oppose eux, et le problème c’est l’Allemagne, car l’Allemagne, à de très rares exceptions près, je pense à Adenauer, c’est le seul qui avait accepté de suivre le général dans sa vision d’une Europe indépendante et le jour où Adenauer est parti, c’était fini nous avons perdu l’allié allemand !
Et le jour où de Gaulle est parti, il n’y a même plus eu de France. Bon voilà résultat, l’extra territorialité du droit américain fait partie de cet ensemble, c’est un moyen de pression sur nos entreprises, sur le système économique, sur nos dirigeants politiques. Je suis tout à fait d’accord avec ce que vient de dire Jean-Michel Quatrepoint, j’ajoute que les Américains ont une législation extraterritoriale, les Européens n’en ont pas.
Parce que les européens, ça n’existe pas ! Parce qu’il n’y a pas de peuple européen, parce qu’il y a vingt-huit économies différentes, 28 intérêts nationaux différents et qu’il y a des États qui se fichent éperdument d’avoir… Les intérêts du Luxembourg, les intérêts de l’Estonie n’ont rien à voir avec les intérêts de la France. C’est la raison pour laquelle nous sommes systématiquement curiacés comme on dit, vous savez Horace et Curiace, c’est-à-dire qu’on ne fait systématiquement pas le poids.
On serait beaucoup plus fort contrairement à ce que les gens croient, vous savez il y a un proverbe en France disant qu’il vaut mieux être seul que mal accompagné, on serait beaucoup plus fort y compris à l’OMC si nous négocions nos intérêts nous-mêmes, plutôt que de les faire négocier par un négociateur représentant 28 états aux intérêts différents. C’est ça qui est très important à comprendre. Merci (Applaudissements) Pour la dernière question concernant la recherche et le développement.
Regardez les budgets des universités américaines, on pense aux très grandes comme Harvard, Yale, Standford, etc… Pour la recherche et le développement, je vais vous prendre un exemple, un seul, très court en 30 secondes. Les États-Unis en recherche et développement pour le matériel militaire, il n’y a pas un pays qui dépense plus. Il y a un an le budget militaire des États-Unis c’était 639 milliards de dollars.
Le budget de la Défense de la France c’est 32 milliards d’euros, vous voyez ? Et d’un seul coup, Trump pour relancer encore l’outil militaro-industriel : 54 milliards de dollars de plus. C’est-à-dire que d’un coup de plume il a mis pratiquement deux fois le budget de la Défense français en un an.
Inutile de dire que ça crée de l’emploi parce que ça crée de l’ingénierie, de la production, de l’industrie, etc… Le budget américain de la défense est égal à la totalité des autres budgets de la défense du monde. Un mot sur la recherche et le développement parce que c’est une question évidemment importante. Alors j’ai un problème, je suis coupé de l’auditoire d’extrême gauche là, mais j’espère qu’on entend à défaut de voir.
Sur cette question de la recherche et du développement, c’est évidemment tout à fait essentiel, je voudrais rebondir sur ce qui vient d’être dit sur un sujet que nous traitons dans notre prochain numéro, sur lequel vous aurez tout dans le prochain numéro, mais qui est extrêmement important, puisqu’il s’agit donc de l’Europe militaire. Dans une grande discrétion médiatique, le 13 novembre dernier, ce n’est pas très loin, a été officiellement acté le fait que 23 pays ont souscrit à, je cite : « la coopération structurée permanente » qui est l’embryon en quelque sorte d’une Europe militaire répartie en différents projets, à la fois capacitaires et opérationnels. Alors je ne rentre pas dans le détail, mais je voudrais aussi souligner qu’il y a un autre pilier qui s’appelle le fonds européen de défense que la commission a mis sur les fonds à dispo précisément et qui vise à inciter, espèces sonnantes et trébuchantes à l’appui, les différents pays européens à mettre ensemble leurs fonds pour faire des recherches et du développement ensemble, toujours au nom du même principe, celui que l’on citait sur Arcelor tout à l’heure : on est bien trop petit pour faire quelque chose de notre côté, il faut au moins que nous puissions mettre en commun pour développer de futurs armements communs.
En parenthèse, une organisation non gouvernementale belge a mis au jour le fait que c’était les patrons des grands groupes de la défense, autrement dit les marchands de canons qui avaient été aux manettes pour mettre sur pied ce futur fonds européen de défense, et en tout état cause, mettre des sommes non négligeables, de l’argent public, qui vise à faire « des coopérations public-privé » en réalité au profit évidemment du privé, de manière à ce que les pays européens étudient, cherchent, développent et fassent des prototypes sur des armements conjoints, voir sur des équipements identiques. On voit donc bien que cette question de la défense, dans un contexte géopolitique qu’on n’a pas le temps de développer ici, mais dont vous connaissez un peu les tenants et les aboutissants, vise en quelque sorte à soustraire des fonds et des ressources qui pourraient servir, servir aussi bien sur le plan civique y compris militaires aux industries nationales alors même qu’aujourd’hui elles visent à abolir ça, ou en tout cas en diminuer la place et à coordonner par des exercices de simulation budgétaire les besoins des différents appels d’offres, là aussi qui devront être passés en commun, des différents pays européens. Donc sur le plan de la recherche et du développement on va aussi à l’inverse de ce qu’il faudrait.
La seule question qui compte, c’est est-ce que ces recherches sont faites avec l’OTAN ou en dehors, parce que c’est ça la question de fond. Absolument ! Alors je le précise, en effet, il a été initié en juillet dernier avec le sommet de l’OTAN, et s’est concrétisée en décembre dernier en 2016 une feuille de route, je cite : « à une feuille de route commune OTAN-Union européenne pour éviter les doublons et faire en sorte de mieux coordonner les projets des deux organisations, Union européenne et OTAN, notamment sur le plan du développement des armements. » J’ajoute qu’officiellement il s’agit « de promouvoir l’autonomie stratégique de l’Europe » je reprends tous ces mots, en réalité les affaires avec des groupes non européens ne sont nullement exclues ce qui montre l’hypocrisie, à tel point que l’on vient de révéler, c'est La Tribune qui l'a sorti je crois, peu importe, que le ministre suédois de la Défense a souscrit l’achat d’avions de chasse, tout à fait récemment, avec une entreprise américaine, je crois que c’est Lockheed, alors même qu’officiellement il s’agit de faire des projets européens, mais dont rien dans le fond européen de la défense n’interdit qu’elle soit faite avec des entreprises américaines.
Dernière chose, Alexis Tsipras, le Premier ministre grec qu’une certaine presse continue à étiqueter gauche radicale sans doute par sens de l’humour, s’est rendu récemment à Washington pour rencontrer le président américain monsieur Trump. Le président américain l’a évidemment très bien reçu puisqu’il y a un budget de 2 milliards d’euros qui a été négocié avec Lockheed Martin pour mettre à niveau l’aviation de guerre grecque, ce qui fait évidemment que monsieur Trump l’ait accueilli à bras ouverts. Bref, on voit bien que l’esprit euro-atlantique est tout à fait incompatible, tout à fait absurde quant à la fameuse autonomie stratégique, qui n’a d’ailleurs aucun sens, qu’en termes de propagande que des dirigeants européens voudraient mettre sur pied. (Applaudissements) On va prendre quatre autres questions, et ce seront les dernières malheureusement.
Qui porte le micro ? Quelqu'un qui peut faire passer un micro pour quatre questions ? Alors ma question se décline en deux parties, la première : monsieur Asselineau, vous avez eu des relations de travail avec les présidents Mitterrand et Chirac savez-vous s’ils avaient moralement conscience de ce qu’en participant à une accélération du processus de construction européenne, ils savaient qu’ils allaient brader l’industrie française ?
Ensuite à tous les intervenants manifestement on a tous compris qu’il y avait une guerre contre les états nations et les peuples donc si un jour nous arrivons à remporter cette guerre, est-ce que vous ne pensez pas qu’il faudra solder les comptes, et donc penser à traduire les responsables pour les accuser de haute trahison ? (Applaudissements) Oui bonjour, Est-ce que vous pensez que notre vendeur en chef, je parle de monsieur Macron, puisqu’il vend tout, on a largement parlé, est-ce que vous pensez qu’il pourrait passer notre défense nucléaire aux mains de l’OTAN, y compris les codes de lancement ? C’est graves parce qu’on en parlait en famille l’autre jour, et dans ce cas si ça arrivait à votre avis que feraient les militaires l’État-major français ?
La question s’adresse à monsieur Quatrepoint. Tout à l’heure monsieur, vous parliez de l’intérêt de penser un modèle économique qui pourrait dépasser la violence capitaliste et les errements du marxisme dans quelque chose qu’historiquement de Gaulle, si ma culture ici n’est pas trop mauvaise, avait tenté de mettre sur pied ce qu’on appelle communément la troisième voie économique, ce qu’on appelle communément la troisième voie économique, justement une espèce de meilleur des deux mondes sans les côtés les plus abjects. Il y avait notamment toute une notion qui concernait l’actionnariat salarié.
Du coup la question pour vous monsieur, pour vous tous messieurs et peut-être aussi un petit peu plus particulièrement pour monsieur Asselineau : ne pensez-vous pas que l’UPR y gagnerait à affirmer une position économique ? À dire voilà, nous sommes troisièmes voie-tistes ou quelque chose dans ce goût-là, est-ce que ça pourrait nous aider ? Peut-être que ça sort un petit peu du contexte, mais ça me paraissait intéressant.
Merci beaucoup pour votre question, une dernière question. Une dernière courte question s'il-vous plaît. Une question très courte.
Voilà on a pris conscience avec tout ce qui est dit là qu'effectivement le monde entier, et François Asselineau a parfaitement raison en détruisant aussi les États, la liberté, les libertés publiques, que soit la commune le département et l'État, bon en est-il de liberté républicaine Alors la question : est-ce qu’en continuant à ce que le renard se promène au nom de la liberté dans le poulailler, et le loup dans la bergerie, est-ce que tant que, parce que dans le programme de François Asselineau, il y a aussi le CNR, c'est à dire la renationalisation de l'EDF, la SNCF, qui n'ont jamais aussi bien marchés que quand ils étaient nationalisés parce qu'il n'y avait pas des gros actionnaires il ne fallait pas verser des dividendes. Donc la question: est-ce qu’on peut transformer le monde sans redonner à la population le pouvoir dans l’économie, c’est-à-dire les nationalisations ? (Applaudissements) On va répondre aux questions rapidement, la première m’était directement adressée.
J’ai effectivement accompagné François Mitterrand pendant la période de cohabitation, j’étais auprès du ministre de l’Industrie et du Commerce extérieur. J’ai accompagné François Mitterand en déplacement en Corée et au Kazakhstan, je l’ai vu de très près avec les chefs d’états et de gouvernements, j’ai accompagné Jacques Chirac beaucoup plus encore quand j’étais auprès du ministre des Affaires étrangères, je l’ai accompagné un peu partout à travers le monde. Moi ce que j’ai vu, mais c’était il y a longtemps, j’ai eu le sentiment de responsables politiques qui essayaient globalement de défendre les intérêts de la France, mais d’une certaine façon sans trop y croire, comme s’ils avaient intégré l’idée que de toute façon, il y avait des évolutions mondiales contre lesquelles on ne pouvait plus rien.
Voilà. Et je pense que ceci n’a fait que se développer encore, c’est-à-dire que l’idée, et je connais bien le monde de la haute administration, ce que n’était pas d’ailleurs François Mitterrand qui n’était pas un énarque, Sarkozy n’est pas un énarque non plus c’est pas une question d’énarque ou pas énarque, le monde de la haute administration, le monde politique en France, d’une certaine façon a fait une croix sur la France. Et ça n’est pas nouveau, je rappelle ce que disait de Gaulle, il disait: « en France, seul le peuple est patriote, les bourgeois ne le sont plus. » et François Mauriac disait « La France est un pays extraordinaire qui tout au long de son histoire a produit des élites qui n’arrivaient pas à concevoir que la France puisse vivre autrement que subordonnée. » Toute notre histoire de France, depuis Vercingétorix jusqu’à 2017, c’est le combat d’un peuple qui refuse de mourir, qui veut acquérir sa souveraineté, son indépendance nationale face à des responsables politiques qui régulièrement baissent les bras.
C’est ce que de Gaulle appelait l’esprit d’abandon, et on trouve ça tout au long de notre histoire, pas seulement au vingtième siècle. Donc moi pourquoi j’ai créé l’UPR et pourquoi je me réjouis de voir que ce mouvement se développe très bien c’est que, d’une façon que je crois très profonde, on renoue avec deux mille ans d’histoire de France. C’est-à-dire que comme le disait de Gaulle dans son discours d’Alger de 1943 « Vingt siècles d’histoire sont là pour attester que l’on a toujours raison d’avoir foi en la France. » Nos élites politiques n’ont plus foi en la France voilà !
Merci Est-ce que quelqu’un souhaite répondre à la question de l’actionnariat salarié ? C’est une piste de travail, mais il ne faut pas non plus tout transformer avec une seule chose. L’actionnariat des citoyens peut être intéressant dans certains secteurs, mais pas tous.
Moi juste je voudrais dire une chose, c’est qu’on peut aussi être acteur de la moralisation de l’industrie en France. On n’en a pas parlé parce qu’on n’a pas le temps, mais maintenant moi je suis fou de rage, excusez-moi depuis ce matin je suis fou de rage pour plein de choses, que des industries, non seulement ne payent pas les charges sociales en France, mais les payent en Irlande et au Luxembourg, qu’on leur donne de l’argent, et qu’en plus quand ils font du bénéfice ils ne le dépensent pas, et ça n’arrive pas dans les caisses de la France. À un moment donné il va faire qu’on fasse un choix, moi je ne vais pas et je n’irai plus jamais prendre un café à Starbucks, je ne mange pas de McDonald’s. tant que ces gens-là, tant que ces gens là ne se serviront de la france que comme une un endroit où ils peuvent faire du fric et se barrer après sans nous en laisser une miette !
Je n’irai pas chez ces gens-là. Si tout le monde fait ça, ils seront obligés de céder. (Applaudissements) Un mot sur la question sur la défense nucléaire, la force de frappe, l’OTAN et les codes, quelqu’un a posé la question.
Ça va être sujet un des sujets cruciaux : est-ce que dans le cadre d’une défense européenne à côté de l’OTAN, c’est ça le problème, est-ce que nous allons donner notre force de frappe ? La force de frappe doit être modernisée, c’est un programme de plusieurs milliards d’euros sur un certain nombre d’années, voire de 10 à 15 milliards d’euros. Est-ce que sous prétexte qu’effectivement il n’y a pas d’argent on va rogner là-dessus et accepter finalement de passer sous la dépendance des Américains ? c’est une question clé.
Deuxième question clé dans le cadre de ses projets de défense européenne : est-ce que Dassault va passer sous les fourches caudines des Européens et donc des Américains, car Dassault avait réussi à résister avec son Rafale, je vous rappelle qu’il y avait le Rafale et l’Eurofighter, entre les deux avions il n’y a pas photo, l’eurofighter est ce que les pilotes de chasse appellent un fer à repasser. Le Rafale est un meilleur avion, il a dix ans de moins d’ailleurs et Dassault s’était sauvé en quelque sorte. Et là est-ce que finalement ce n’est pas l’idée avec le projet aussi des drones, est-ce que ce n’est pas le moment de faire basculer le bureau d’études de Dassault dans un giron européen, donc atlantiste ?
Voilà tout l’enjeu je vous invite à être très attentifs à ça parce que ça va être un des enjeux cruciaux. Je voudrais revenir sur ce qui vient d'être dit et ainsi que la deuxième partie de la première question qui parlait du principe de châtiment des coupables, je rappelle quand même que je crois être le seul responsable politique à l'avoir dit, notamment pendant la campagne présidentielle que dans la version d'origine de la constitution de la 5ème République, il y avait un article 68 qui prévoyait et qui précisait les notions de complot contre la sûreté de l'État et les notions de haute trahison du président de la République française. Or, ces deux incriminations qui avaient été approuvées par 80 % du corps électoral français avec 80 % de participation en octobre 1958, c'est à dire deux tiers des électeurs français avaient approuvé cette constitution, cet article 68 à été dégradé, modifié à deux reprises ; d'une part en juin 1993, donc 9 mois après la ratification du traité de Maastricht où la notion de complot contre la sûreté de l'État a été retiré de notre constitution et moi je dis qu'il faut avoir une idée derrière la tête et qu'on me traite de complotiste, je dis : « Charles de Gaulle et 80 % des électeurs français étaient complotistes en 1958 puisqu'il y avait le crime de complot contre la sûreté de l'État » et deuxièmement le crime de haute trahison à été supprimé en avril 2007, quelques semaines avant l'élection de Nicolas Sarkozy.
J'ai dit et redit que dans mon programme, il s'agissait de proposer une réforme constitutionnelle aux Français avec d'ailleurs interdiction de modifier la Constitution autrement que par référendum et non plus par la procédure du congrès. Également, nous réintroduirons les crimes de complot contre la sûreté de l'État, de haute trahison, non seulement du président de la République, mais du gouvernement et des parlementaires français, qui sont redevables devant la Nation française de l'évolution de notre nation. Merci beaucoup. (Applaudissements) Merci.
Pierre Lévy, votre conclusion ? Alors puisque nous en sommes à la phase de conclusion, je vais répondre, je crois que c'était de Gaulle qui disait en conférence de presse, il faut maintenant répondre à la question que vous n'avez pas posé. En cinq phrases, je vais donc vous dire un mot du journal dont je vous ait parlé, Rupture, donc, qui a pris la suite de Bastille-République-Nation, qui existait depuis 17 ans, Rupture est né il y a 2 ans, c'est un journal mensuel radicalement euro-critique dont la ligne éditoriale est finalement assez proche de la ligne politique de l'UPR sur les questions européennes.
Mais notre propos en tant que journal est d'abord et avant tout de donner des informations, surtout des informations que bien souvent vous ne trouverez pas ailleurs. Et d'ailleurs c'est avec plaisir que beaucoup de ceux d'entre vous qui se sont abonnés l'année dernière ou il y a deux ans, confirment leurs abonnements et leurs satisfaction du journal, je n'en dirais pas plus, si ce n'est que nous proposons exclusivement des abonnements et non pas une vente au numéro, avec des formules de prélèvement. Voilà j'ai fait cette petite publicité, vous nous retrouverez tout à l'heure à la sortie.
Alors je voudrais conclure sur une ou deux idées qui ont été évoquées ; alors d'abord personnellement, même si McDo payait ses impôts en France, personnellement je ne serais pas un fanatique des hamburgers, mais au-delà de ce clin d’œil, j'ai cru comprendre que vous en aviez parlé ce matin, donc je ne vais pas m'étendre là-dessus, cette affaire de Paradis Papers et les autres Papers divers et variés, évidemment, ça à suscité beaucoup d'indignation, mais je trouve qu'il y a là aussi un rideau de fumée car au fond, c'est ce qu'on disait en commençant, , il ne pourrait pas y avoir d'évasion fiscale et de fraude fiscale, en tout cas pas à cette échelle, s'il n'y avait pas la liberté de circulation des capitaux, en tout cas pas cette échelle s'il n'y avait pas la liberté de circulation des capitaux c'est à dire le fait que quand vous voulez déplacer des sous d'un endroit à un autre, vous avez besoin d'informer et d'une autorisation. La question ne se poserait pas, en focalisant l'attention sur la fraude et l'évasion fiscale, on déculpabilise cette question de la libre circulation des capitaux, et je me demande si la n'est pas un des buts recherchés et la deuxième chose qu'on pourrait dire là-dessus, c'est qu'on se focalise sur les fortunes qui sont mises dans des paradis fiscaux sous les tropiques, mais qu'on, quand je dis on, je parle de la grande presse, la classe politico-médiatique, etc... parle beaucoup moins de la manière dont ces fortunes et surtout ces profits à milliards des multinationales se sont constitués.
Je prends juste l'exemple de Xavier Niel, vous connaissez Xavier Niel, le PDG de Free. (Philippe Pascot): le beau-fils d'Arnaud je crois Xavier Niel a, parait-il, mis sa fortune sous les tropique et on dit : « Oh, quelle honte ! » Mais curieusement on s'interroge moins sur le fait de comment il a constitué cette fortune et ceux qui ont vu le documentaire par exemple qui montre l'exploitation de ces centaines et centaines de salariés dans ces centres d'appels, montre que là, est la véritable origine de ce scandale.
Ce n’est pas tellement le fait qu'il la mette à l'abri, c'est le fait qu'il l'ait constitué et que le système est fait pour ça, et c'est ça que j'essaye de marteler depuis le début et c'est pour ça que quand on évoque l'idée est-ce que c'est du court-terme, est-ce qu'ils sont stupides ? Les deux choses sont à dissocier ; on peut réfléchir à court-terme sans être stupide, ceux qui nous gouvernent et la classe mondialisée, les élites mondialisées, comme disait Chevènement ces élites hors-sol, en réalité ces élites occidentales essentiellement, non, ne sont pas idiotes et ne sont pas stupides. Simplement, elles visent à faire valoir, à imposer toujours plus leurs intérêts économiques et à réfléchir aux structures politiques à mettre en place et surtout à celles à dégager comme les États-nations, pérenniser le système qui leur permet de s'enrichir et accumuler toujours plus alors évidemment Alors évidemment, ce n'est pas dans l'intérêt des peuples, ce n'est pas dans l'intérêt du peuple français, ni du peuple allemand, ni espagnol, ni italien, ni d'ailleurs britannique, on a pas parlé du Brexit, c'était le gros débat de l'année dernière et il faut continuer à suivre cette affaire-là car certes le Brexit aura lieu, mais les conditions dans lesquelles il va se produire méritent toute notre attention et la campagne en France qui vise à dire : « Voyez les britanniques sont déjà en train de regretter leur choix » doit attirer toute notre attention.
On joue gros là-dessus, car quand les médias en France parlent du Brexit, en réalité ils ne parlent pas du Brexit, ils disent au peuple français : « Voyez dans quelles difficultés on s'engage dès lors qu'on veut sortir de l'Union européenne. » Donc là encore, je ne développe pas bien entendu, on n'en a pas le temps, mais j'attire votre attention sur le fait qu'il faut être très attentif à cela. Voilà donc ces quelques idées, récupérer notre souveraineté, non pas pour subir un destin décidé d'ailleurs, mais pour construire notre propre projet, pour construire le fait que chaque peuple, en Europe et partout dans le monde, soit libre de décider et de coopérer d'égal à égal avec tous les pays de la planète, merci beaucoup. (Applaudissements) Merci à tous les intervenants d'avoir écouté, ce débat prend fin ici.
Jean-michel Quatrepoint signe ses livres à la sortie Voilà le débat s'achève ici merci de votre attention et à une prochaine fois (Le public): Et [la question sur] la troisième voie ! La troisième voie, ça a été vaguement répondu, personnellement je pense que c'est une idée intéressante, les lois de participations, les idées Gaulliennes, mais j'allais dire que à chaque jour suffit sa peine, si déjà, récupérer notre souveraineté, notre indépendance nationales, c'est déjà l'objectif sur lequel on doit rassembler tous les français. Ça nécessite d'avoir un parti politique qui arrive à rassembler une majorité de français.
Donc il faut que les français viennent de droite, du centre, de gauche, de l'extrême-droite, de l'extrême-gauche. Le parti politique que j'ai créé, c'est un parti qui à mis de côté les sujets clivant, les sujets qui divisent. Et d'ailleurs, si je demandais ici quels sont ceux qui viennent plutôt de la droite et quels sont ceux qui viennent plutôt de la gauche, je pense qu'on aurait a peu près quelque chose comme moitié-moitié ; c'est la réussite de notre mouvement politique.
Alors je sais bien qu'il y a la troisième voie, c'est intéressant les idées de participation, mais ce que je crains c'est qu’en multipliant comme ça les projets on finisse d'une part par s’égarer un petit peu dans des sujets un peu trop technique, ésotérique, mal perçu par le public et surtout qu'on perde de vue l'objectif essentiel. Une fois qu'on aura récupéré notre souveraineté, notre indépendance nationale, là, effectivement, on pourra mettre sur la table tous les débats et comme je l'ai souvent dit, c'est comme la fin d'Astérix, c'est à dire que les gaulois se retaperont dessus et se re-sépareront entre la droite et la gauche. Vous avez vu d'ailleurs à ce propos que dans le dernier Astérix, ils ont retiré la carte avec le village gaulois, c'est tout un symbole.
Moi je vous remercie d'être venus, d'avoir été aussi attentif, je remercie Philippe Pascot, Pierre Lévy, Éléonore de Vulpillières, Philippe David et Jean-Michel Quatrepoint. Jean-Michel Quatrepoint qui vend ses livres tout à l'heure, à l'instant même si vous voulez vous les faire dédicacer par jJean-Michel Quatrepoint, vous pouvez les acheter. Je crois que Philippe Pascot qa vendu déjà tous ses livres Il reste des feuilles que vous pouvez remplir et je vous promet de vous les envoyer par La Poste.
Merci à toutes et à tous, et on se retrouve tout à l'heure pour le discours du président. Merci. (Applaudissements) Retrouvez nos analyses et nos propositions, adhérez ou faites un don sur upr.fr Retrouvez nous aussi sur facebook pour partager des idées et participer aux directs.
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François Asselineau