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interviewSud Radio (sur YouTube)· 9 janvier 2026 15 min

Nicolas Forissier : "Avec les agriculteurs, Bardella fait du populisme, de la récupération !"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Sud Radio, [musique] l'invité politique, Maxime Liedo. Il est 8h18 sur Sud Radio et mon invité politique ce matin est ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l'attractivité. Bonjour Nicolas Foricier.

Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Journée où on a forcément besoin de vous entendre au vu de la situation européenne, nationale et internationale.

L'actualité forcément marquée par le président de la République qui hier en fin de journée a annoncé que la France votera non au traité du mercour. Qu'est-ce que ça change ? Je pense que ça change beaucoup parce que c'est une contrairement à ce que j'entends, c'est une position extrêmement forte.

On dit la France est affaiblie et cetera. C'est l'inverse. La vérité, c'est que le président de la République tire la conséquence de deux choses qui me paraissent essentielles.

La première, c'est que la France est un grand pays agricole et ne peut pas, c'est le premier pays agricole de l'Union européenne et la France ne peut pas accepter que même s'il y a des avantages dans cet accord Mercosour et on pourrait y revenir si vous le souhaitez, des choses intéressantes y compris pour certaines filières agroalimentaires, il y a des risques qui pèsent sur certaines autres filières. Je pense notamment à la finière bovine, à la volaille, au sucre euh notamment et je pourrais en citer une ou deux autres, le miel par exemple. Et donc ça, on peut pas l'accepter.

On a fait un bras de fer, on a exigé un certain nombre de choses, on a obtenu pas mal de choses, je peux vous le dire, mais c'est pas suffisant. On n'est pas au bout du chemin. On considère que on y reviendra.

Mais Nicolas Foresser, une question quand même quand vous évoquez tout ce que vous êtes en train de de dire, qu'est-ce que ça va changer concrètement ? Parce que oui, c'est une position forte. J'entendais la mise de dire c'est une c'est un acte symbolique mais qu'est-ce qu'on a ?

Non, c'est pas un acte symbolique. C'est ce que je suis en train de vous dire. On a une position qui est très forte et donc premier point, le président de la République tire les conséquences du moment où nous sommes, c'est-à-dire un bras de fer qui nous a permis d'obtenir beaucoup de garanties, y compris l'augmentation du budget de la Pâque, y compris la suppression des surcoûts sur les engrais pour les agriculteurs qui étaient prévus.

Euh ça, ce sont des résultats mais on n pas assez, on est loin du compte et donc on dit non. Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire que la France affirme sa position de grand pays agricole dit non.

Il y a eu d'autres époques, je vous rappelle compris euh si on se rappelle de Jacques Chirac qui qui claque la porte, ça a été un peu c'est un peu la même chose. Et moi, je suis très frappé de voir que il y a inévitablement un certain nombre de commentateurs un peu des magos, ils ont les choses, un peu populistes, excusez-moi, mais qui disent "Ah oui, c'est c'est de la faiblesse." Non, la France est forte en disant en affirmant ce qu'elle est son identité.

Et la deuxième chose, c'est que on tire aussi les conséquences de ce que nous demandent nos parlementaires qui sont unanimes à être sur cette position de refus en l'état de de l'accord Mercossour euh de ce que nous demandent nos agriculteurs. Et là nous enfin moi j'ai participé à toutes les réunions avec le premier ministre Yanis Jeunev pour recevoir les les organisations professionnelles agricoles. Je suis moi-même à titre personnel un élu de le fils fils d'éleveur ancien ministre de l'agriculture élu d'une région d'élevage.

Pour moi, c'est extrêmement important, y compris en terme de conviction personnelle. Mais on se bat pour les agriculteurs. Moi, je veux le dire avec force.

On fait tout ce qu'on peut. On a obtenu beaucoup de choses et là, on dit non, la France est un grand pays agricole et nous ne sacrifierons pas. Et donc, je réponds maintenant à votre question très concrète.

Comment ça va se passer dans les jours qui viennent ? Et bien la réalité, c'est qu'on va avoir un vote vraisemblablement aujourd'hui qui va autoriser la prise de décision. Ça veut pas dire que l'accord Merco est applicable demain.

C'est pas ça. C'est simplement un processus qui va nous conduire à une deuxième étape qui sera celle du Parlement européen. Alors justement, on on va y venir le Parlement européen avec notamment ce mécanisme pour que ce traité puisse ne pas aboutir comme c'est prévu pour l'instant qu'il aboutisse.

Est-ce que la France doit se positionner officiellement pour demander à ce que la Cour de justice de l'Union européenne se prononce contre le Mercosur ? En tout cas, qu'elle soit saisie cette cour. Beaucoup d'élus vous le demandent, que ce soit des députés, que ce soi des représentants politiques, vous en tant que ministre du commerce extérieur, est-ce que vous encouragez à ce que la cour se saisisse de ce On n'est pas en tant que ministre et par définition en tant que représentant de l'exécutif à intervenir dans le législatif.

Il y a une séparation des pouvoirs et c'est très bien comme ça. Mais moi, j'ai compris aussi et j'observe et c'est maintenant dans les mains des parlementaires européens et donc des forces politiques y compris national qui doivent aller actionner si je puis dire ou discuter avec leurs représentants au Parlement européen. Le Parlement européen a la possibilité de demander la cour la saisine de la Cour de justice en vous encouragez les députés de votre camp à dire c'est important couréfier si effectivement la façon dont la procédure a été conduite est correcte.

Si se traiter a le droit entre guillemets au sens juridique du terme de d'être tenir en œuvre. Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si la cour de justice est saisie par le Parlement européen, il y a suspension.

En général, la Cour de justice européenne, elle rend ensuite ses décisions dans un délai d'un an et demi un peu plus. Donc ça veut dire qu'il y a suspension et que en en l'État l'accord Mercosouro ne s'applique pas. Si la France en tant qu'État avait demandé la sisésine, contrairement à ce que j'ai entendu, ça n'aurait jamais été suspensif parce que dans notre cas, ça n'aurait pas été suspensif.

Il y a que la demande du Parlement européen qui le rend suspensif. Donc on va voir si les parlementaires vous le souhaitez, vous le dites, vous vous êtes vous-même moi je souhaite, je vais vous dire que ce débat s'apaise et si ça peut permettre d'apaiser les choses, d'engranger pour nous français encore plus d'éléments auprès de la Commission européenne qui protège et qui défendent notre agriculture, ce que nous avons déjà largement fait mais il y a encore des choses à obtenir. Si ça nous donne du temps pour le négocier, moi j'y suis évidemment sensible.

J'aimerais bien avoir du temps et je pense que le gouvernement tout entier souhaite pouvoir continuer à obtenir, à engranger, à empocher un certain nombre de choses adorable plutôt que sensible. Je je je c'est je ne peux pas le dire parce que moi je suis représentant du gouvernement. Autre sujet puisque on a parlé aussi du Parlement européen, vous avez vu aussi la petite musique qui monte sur le Parlement national avec ce risque de censure.

Jordan Bardella a assuré que sur ce sujet précisément euh du Mercossure, il déposerait une motion de censure. Est-ce que vous ne craignez pas que le gouvernement tombe sur cet accord de traité de libre échange ? Mais mais l'accord de libre échange, il est négocié par l'Union européenne.

Le gouvernement dans cette affaire est en défense, fait tout ce qu'il peut pour défendre comment dire le le le les agriculteurs français. Ce serait quand même un comble. On nous sensure parce qu'on défend les agriculteurs français.

Enfin, c'est excusez-moi de le dire aussi clairement, mais la logique c'est ça en fait. Monsieur Bardella le RN comme d'autres bah il fait du populisme, il fait de la récupération, il y a aucune me semble-t-il dans ce caslà, est-ce qu'il n'y a pas un populisme en fait ? Vous avez entendu tous ces commentateurs mais aussi tous ces économistes qui défendent, qui disent "Mais en réalité, on fait une erreur stratégique, la France fait le constat de son impuissance parce que vous l'avez esquissé tout à l'heure, c'est très bon pour énormément de filières.

On a un marché de plus de 300 millions d'habitants au vu de notre balance extérieure commerciale. C'est pas formidable. Il est favorable quand même ce march.

Vous avez raison le enfin c'est ça qui me sidère de la part de monsieur Bardella et d'un certain nombre de de responsables politiques qui essayent d'utiliser la colère. Je trouve ça assez ça ça personnellement je je je trouve ça assez terrible quoi. C'est c'est c'est c'est une mauvaise image, c'est un mauvais fonctionnement de notre débat public.

La vérité c'est qu'il faudrait dire ce que nous au gouvernement nous disons. Je suis désolé de le dire. C'est comme ça.

La vérité c'est quoi ? c'est que cet accord, il a beaucoup d'intérêt pour les filières industriels, pour l'accès au service, pour la protection. Il y a du bon pour le lait, le fromag pour le vin, les spiritueux et cetera.

Mais il peut être très dangereux si on obtient pas les protections nécessaires pour le les éleveurs bovin en particulier, les éleveurs de volaille, les producteurs de miel, les producteurs de sucre et cetera et l'éthanol. Bon euh ça ça veut dire que nous nous devons souligner par honnêteté intellectuelle l'intérêt pour un certain nombre de filières et globalement pour l'économie. Mais nous devons aussi nous battre et en l'état c'est ce que nous faisons et nous n'acceptons pas parce qu'on a pas tout obtenu pour protéger les filières sensibles de l'agriculture française parce que nous sommes un grand pays agricole et que nous nous battons pour les agriculteurs et toutes les autres paroles monsieur Bardella et quelques autres qui sont à l'unisson pour essayer de récupérer le truc.

Moi je trouve ça extrêmement dommageable. Nicolas Foressier, vous avez aussi avec vous des boutons très importants pour essayer de calmer la colère. La lettre de Saint- Bastien le cornu il y a quelques heures, on l'a pris 10 points très structurant concernant des dossiers clés, le Mercosur, la notamment la la vaccination sur le cas de la dermatulaire il y a quelques semaines, vous assuriez pouvoir réduire ou d'essayer de réduire les délais entre la vaccination et l'exportation.

Vous l'aviez promis. Est-ce que vous avez réussi à avancer sur ce dossier ? On est en discussion là-dessus.

Vous savez que un animal qui est vacciné dans une zone indemne et la France aujourd'hui au 45e au 90 % du territoire national est indemne aujourd'hui he faut quand même le rappeler. Il y a pas de donc on peut exporter normalement mais si vous les éleveurs vous demandent une vaccination préventive à ce moment-là l'animal va être restreint à l'exportation normalement pour 8 mois sont les règles qui s'appliquent au niveau international et européen. Nous discutons avec les autorités italiennes.

Je vais bientôt voir les autorités espagnoles et aussi marocaines parce qu'il y a un sujet au Maghreb pour justement faire en sorte comme ça a été le cas avec les Italien à partir des des animaux vaccinés en Savoie de réduire ces délais et de permettre à combien de les Italiens posent et ils ont raison parce que c'est finalement normal que les pays importateurs demandent c'est ce qu'on demande nous de vérifier les normes. qui demande les Italiens par exemple un test PCR pour vérifier que chaque animal effectivement n'est pas porteur. Donc il y a un certain nombre de de contraintes mais on arrive à exporter normalement des beauvins vivants depuis les deux savois aujourd'hui et c'est ce qu'on veut continuer et donc on discute pour le péréniser parmi les différentes pistes notamment réclamées par les représentations du principal syndicat agricole, il y a la piste d'une loi spéciale qui pourrait être consacrée au secteur agricole.

Est-ce que vous y êtes favorable ? Est-ce que vous pensez que ça fait partie des mécanismes que vous avez à porter de main qui puissent être efficaces ? Je pense que enfin je ne suis pas ministre de l'agriculture, je vais pas parler à la place et du premier ministre et de de la ministre de l'agriculture.

À titre personnel, je pense que il faut absolument qu'on continue et c'est la volonté du gouvernement et du premier ministre euh à discuter, à trouver des solutions très concrètes. Est-ce que c'est une loi spéciale ? M'appartient pas de le dire.

Ce qui est sûr, c'est qu'il faut qu'on continue le boulot pour clarifier, renforcer, assurer la le revenu de nos agriculteurs. C'était euh une question avant qu'on passe au dossier euh au dossier de l'international. Tout juste entré, il y a cette fameuse taxe carbone, vous savez, aux frontières, elle est déjà contestée.

La ministre de l'agriculture a évoqué, alors que ça ça vous concerne les fameuses engrais qui pourraient en être exonéré, elle a d'abord évoqué une taxe qui pourrait puis qui devrait suspendre les engrais. Est-ce que on va pouvoir réussir à exonérer nos agriculteurs ? absolument ou c'est simplement une possibilité ce matin ?

Mais ce mécanisme qui contrôle en fait qui qui met une taxe sur la production de carbone sur les importations aux frontières européennes, c'est quand même un un mécanisme qui est plutôt vertueux. On peut pas nous demander de protéger notre marché, de faire de la préférence européenne et cetera. Sauf que là sur le cas des engrais, on a un sujet qui est très concret et qui est le fait que ben ça renchérit le coût des engrais qui sont pour la plupart importés pour les agriculteurs français à un moment où ils sont déjà fragilisés notamment les céréaliers ou les ou les producteurs de grande culture.

Donc on a obtenu l'Union européenne de neutraliser ce surcout. Donc il y aura pas de surcout ni en 2026 ni en 2027 puisque la plupart des commandes de 2027 seront faites au prix de 2026. H OK donc ça on peut déjà le dire.

C'est une grande victoire. C'est c'est ce qu'on a obtenu, le le l'augmentation du du de l'enveloppe de la PAC qui permet de garder la même enveloppe de soutien revenus agriculteur, la suppression du surcout des engrais, euh la clause de sauvegarde hyper renforcée sur le mercosouru et cetera. Ce sont des victoires pour la France.

Autre victoire qu'on doit essayer de décrocher sur la scène européenne et internationale concerne évidemment les nombreux dossiers, les déclarations notamment de de Donald Trump. Hier, le président de la République s'est adressé aux ambassadeurs. Les mots étaient forts devant les ambassadeurs.

Il parlait de nouveau colonialisme de Donald Trump, de mettre le paquet sur la maman et vite instaurer la préférence européenne. Est-ce que là aussi nous ne courons pas après le président américain plutôt d'essayer d'avoir de véritables victoires au quotidien ? Non, je pense qu'il y a euh un énorme bouleversement en cours.

C'est vrai sur le plan géopolitique. C'est vrai euh parce qu'il y a des personnalités qui cassent tous les code. Monsieur Trump, vous l'avez dit, monsieur Poutine a été un agresseur de l'Ukraine déjà depuis plusieurs années et cetera.

Et que vous diriez pour autant que Donald Trump a été un agresseur du du Venéa, par exemple, nous avons, je vais y revenir, nous avons des tensions commerciales qui sont considérables et ça conduit les Européens à réagir. Et moi, je veux le dire avec force parce qu'on on fait sans arrêts de l'Europe bashing, du France bashing comme on dit. Bon, c'est dire, on dénique tout le temps, on n'est pas bon, on n'est pas fort, on fait pas le boulot.

C'est pas vrai. Moi, je suis frappé. J'ai quand même un peu d'expérience politique.

On a un espèce de de prise de conscience, de rassemblement, de structuration de de de l'Union européenne et sur les questions de défense et sur les questions économiques et sur la protection douanière. C'est ce qu'on a fait sur les véhicules chinois par exemple. Écoutez et tout ça la France est hyper motrice.

L'histoire des petits colis par exemple le fait que l'Union européenne enfin beaucoup vous dirait par exemple c'est de la taxation mais je reviens sur ça quand quand vous qualifiez quand vous mettez d'un côté Donald Trump ensuite Vladimir Poutine est-ce que ce qui s'est passé au Venezuela c'est une forme d'agression la France a totalement condamné le président de la République. Non non non non, on a dit extrêmement clair. Le Jeanel Bar a dit très clairement il y a des règles de droit.

Nous, on défend la charte des Nations- Unies, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et on est évidemment contre l'usage de la force. Donc ça, on l'a dit très clairement. Après, on va pas pleurer, monsieur Maduron, moi je connais beaucoup de monde au Venezuela.

Franchement, je sais un peu comment ça se passe. Euh bon, ce que nous demandons nous, ce que la France demande dans le cadre européen, c'est qu'il y ait un vrai accompagnement dans cette transition démocratique. Et pour l'instant, on est un peu dans l'attente.

H dernière question, Nicolas Foressier. En lors de son retour du voyage en Chine, Emmanuel Macron avait dit que si la Chine ne jouait pas le jeu avec certains pays européens, il y allait avoir des taxes de de douan sur les produits chinois. On est vraiment prêt à batailler avec la Chine.

Je pense qu'il faut à la fois conserver cette relation particulière qui existe entre la France et la Chine. Je vais pas vous refaire l'histoire, on pourrait y faire une émission. Mais mais par contre, il faut aussi réaffirmer notre fermeté.

Les Chinois doivent comprendable. On continuera. Écoutez, nous on a des problèmes avec les Chinois.

Je pense à la crème de lait par exemple. On a un peu résolu le problème sur la viande de port et les abats de port. Euh et sur le le spirituel, on a un moyen terme qui nous satisfait pas.

Donc nous on continue, c'est mon boulot, les négociations commerciales avec les chinois. Il faut le faire avec fermeté, avec transparence et en expliquant à nos partenaires chinois que c'est leur intérêt en fait de venir produire. Donc la télation est toujours sur la table.

Mais ce mais c'est une arme qu'ils utilisent eux-même. Pourquoi est-ce qu'onut utiliserait pas la le fait que la la France et l'Europe ne soient plus naïve, y compris et peut-être en particulier sur le commerce. C'est une évolution majeure.

C'est ce qu'a dit le président de la République hier. C'est ce que je porte dans ma mission. Et merci de l'avoir affirmé aussi franchement au micro de Sud Radio ce matin.

Nicolas Foressier, ministre délégué, chargé du commerce extérieur et de l'attractivité de cette conversation. On la débriefe naturellement avec Frédéric Dab, Harlette Chabo et vous naturellement auditeur. Un numéro vous en avez l'habitude, c'est le 0826 300300.