Groenland : « L’accord honteux sur les droits de douane est mort ! »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
C'est un salot, oui, mais c'est le nôtre. Vous connaissez cette phrase que l'on prête tantôt à Roosevelt, tantôt à Truman, son successeur, pour résumer la façon dont la diplomatie états-unienne distinguait les bons dictateurs des mauvais en Amérique latine. Le problème n'a jamais été la morale pour Washington, mais la loyauté au grand voisin Yankee.
Et bien ce monde-là est définitivement révolu. Non pas que la morale est finie par prévaloir, encore moins le droit. Non, ce monde est révolu même ceux qui ne sont pas des salots et qui sont de loyaux alliés peuvent se retrouver du jour au lendemain dans le collimateur du président États-Uien, celui que son vice-président appelle le nouveau shérif en ville.
S'étonner ou rester médusé ne sert à rien. Se contenter de commenter, c'est amuser la galerie et pour pas cher. Tourner autour du pot pour ne pas parler des États-Unis sur le fond n'honore personne.
C'est un peu le sentiment que j'ai eu dans vos prises de parole initiale. Ce qu'il faut, c'est comprendre la diplomatie américaine pour ce qu'elle est de longue date. Identifier les ruptures du trumpisme et agir en conséquence. agir en proposant une nouvelle architecture de diplomatie et de sécurité conforme à l'histoire de la France, à ses intérêts et propre à pacifier les relations internationales.
C'est de cela que le groupe socialiste souhaite vous entretenir. Le trumpisme est trop souvent analysé d'une façon binaire et manikenne. Erreur.
La manière de faire états-unienne du moment comporte sa part de tradition comme de rupture. Côté tradition, on trouve d'abord le mensonge. Dans ce pays de culture puritaine, le mensonge n'est grave en politique que s'il concerne les relations sexuelles d'un président, mais pas les relations internationales.
Les accusations fallacieuses de communisme dans les années 50, l'incident du golf du Tonquin dans les années 60, le mensonge sur les couveuses au Kit en 91, la fiole d'Antrax de Coline Powell, honte à Coline Powell ou les armes de destruction massive en 2003. Tout cela vaut l'argument de la drogue pour faire tomber le président vénézuélien ou celui de la présence militaire russe et chinoise au Groenland pour s'emparer de Lille. Un classique pour tout secrétaire d'État américain qui se respecte.
On trouve aussi dans la tradition le coup de force par l'ingérence interne au Guatemala, par le fait militaire hier au Chili, honneur au président Aliend et aujourd'hui le Venéuela. On trouve aussi l'expansion territoriale par l'argent. Je ne citerai qu'un exemple parmi des dizaines d'autres.
L'achat des îles vierges en 1917. Et à qui ? Au Danemark, figurez-vous.
La diplomatie états-unienne a le deal capitaliste dans le sang et la mémoire longue. Il y a aussi l'économie de prédation, le contrôle du canal de Panama de tout temps, United Fruits dans toute l'Amérique latine ou les mines de cuivre du Chili hier et aujourd'hui, pétrole au Venezuela, minera et terrennande et en Ukraine. Enfin, depuis toujours et récemment encore, les États-Unis d'Amérique savent se comporter en allié. des loyaux.
Ils écoutent nos plus hauts dirigeants. Ils retiennent en otage sous couvert de droits extraterritorial. L'affaire Alstom en est un exemple récent.
Il torpie des contrats de construction de sous-marins à 50 milliards d'euros, une petite table de Biden sur la main du président et c'est reparti comme en 44. Mais le trumpisme et ses conséquences marquent aussi des ruptures inédites. L'inédit, c'est l'absence de front unis de la part des nations latino-américaines, contrairement à 1989 lors de l'enlèvement qui n'est pas une exfiltration de Noregga.
L'inédit, c'est ce rapport binaire suerin vasal. L'inédit, c'est de considérer que les alliances sont une soumission à la puissance avec un grand thé, le thé de Trump. Ce n'est pas seulement une actualisation de la doctrine Monro en doctrine Donro.
C'est allé jusqu'à considérer l'OTAN comme une alliance potentiellement non plus défensive mais vassalisante comme l'était le pacte de Varsovi en vertu de la doctrine Brejnef. L'inédit, c'est en réalité le risque de passage de la doctrine Monro à la doctrine Trenef comme le soulligne à raison certains analystes. L'inédit, c'est l'ivresse de sa puissance sans les formes autrefois préservées.
Même Dick Chené, le salopar en chef de l'époque avait cherché à habiller les horreurs de Guantanamo, des oripa du droit. L'inédit, c'est l'apparition du continent numérique que Trump veut arrimer entièrement à ce qu'il appelle l'hémisphère occidentale. Hier, les Nin ventait les soviettes plus électricité.
Aujourd'hui, le Trumpisme, c'est le vieil America first plus les G femme vendu à l'extrême droite libertarienne la plus crasse, le plus étonnant et que ne nous en et que nous nous en étonnions. Alors que tout a été dit ou écrit au préalable et monsieur le président de la commission l'a très justement évoqué. Le discours de V à Munich était aussi clair qu'insultant.
La nouvelle stratégie nationale publiée en 2025 est du même tonneau. Mais il existe une singularité française. Rien de chauvin a rappelé ces mots prononcés par Philippe Segin en 1992 à la tribune de l'Assemblée.
La France n'est pas le Dakota du Sud. C'est un rappel utile tant notre classe politique et certains médias cultivent une fascination morbide pour Washington, mais notre longue histoire et les attentes qu'elle crée encore nous obligent. Nous avons comme première obligation de ne jamais transiger sur le droit international et de dire les choses pour ce qu'elles sont.
On peut dire ce qu'on veut de Maduro qui est un sombre imbécile, mais c'est un coup d'état qui s'est produit au Venezuela. Le contestez-vous, monsieur le ministre, et il en serait de même si le Groenland devenait États-unien. La réaction du président de la République a été affligeante.
Tout comme l'attaque ordonnée par le gouvernement israélien d'extrême droite au Qatar était une violation du droit international quand même les États-Unis le disent. Tout comme Gaza a vu mourir des milliers de ses habitants par des crimes de guerre. Tout comme l'invasion de l'Ukraine est injustifiable.
Tout comme les organisations islamistes au seles, il faut dire le droit international mais le dire en toute circonstan sans quoi nous perdrions jusqu'à notre crédibilité la plus élémentaire. Les Russes savent désormais que pour Trump, l'article 5 du traité de l'OTAN n'a plus la signification sacrée que les atlantistes lui conféraient. Les Chinois savourent à l'avance la nécessité pour l'Europe de se détourner du commerce états-unien.
Nous avons donc comme autre obligation d'entraîner nos partenaires dans un mouvement de fond pour remodeler une architecture nouvelle en actant que nous ne retournerons pas à la situation hantée. Il faut un signal fort et cette nouvelle architecture passe pour la France par deux chemins. Le chemin du sud tout d'abord ironie de l'histoire, le symbole de l'OTAN est une boussole.
Nous affirmons que celle de la France doit indiquer le sud dans la fidélité à une vieille tradition. Degnom Pen a dit l'absurdité de l'impérialisme états-unien mitérant à Mexico a salué les fils de la révolution mexicaine. L'Inde, le Brésil, une bonne partie de l'Amérique latine compte sur la capacité de la France à entendre à nouveau leurs préoccupations pour ne pas laisser ce sud en tête à tête avec la Chine.
Le format Brix n'existe que parce que nous avons délaissé cette relation en restant sclérosé dans des formats G7 périmés et dans des formats otaniens que nous allons devoir profondément modifier. Rappelons que le dernier projet de revue nationale stratégique française ne comportait aucune référence à l'Amérique latine. Aucune.
Nous ne couperons pas à un changement de modèle. Alors autant être à l'initiative. Plutôt que de fantasmer sur un hérétique partage de notre siège au Conseil de sécurité avec des Européens encore trop américanocentrés, nous devons militer pour une ouverture clairement du Conseil de sécurité au sud.
La France est présente, vous l'avez dit madame la ministre, sur toutes les mers du monde. Elle est un pays du sud. Elle doit mettre cet atout au service du multilatéralisme mais avec plus d'audace et plus d'inventivité.
L'autre chemin à emprunter, c'est l'Europe. Mais la vraie, ce que nous désignons comme l'altère Europe, pas celle de madame Van Derleyen qui s'est plus comporté en proconsul de Washington qu'en présidente de la commission. L'accord honteux sur les droits de douane est mort.
Enterrons-le une bonne fois dans son terrain de golfe écossé. L'OTAN, tel que nous l'avons connu, a montré sa limite. Je rappelle au passage la motion de censure déposée par les socialistes en 2008 pour s'opposer au retour au commandement intégré.
Ce n'est pas si loin et pourtant un tout autre monde. Nous avons désormais d'autres questions à trancher et il faudra les affronter. Que signifierait étendre la capacité de défense nucléaire de la France à des partenaires en demande en Europe et quels avantages pour notre industrie de défense ?
Voulons-nous saisir l'occasion de sortir du carcan de l'interopérabilité à la sauce Pentagone ? Voilà des questions précises pour vous, madame et monsieur les ministres. Y êtes-vous prêts ?
Enfin, les choix fait par les Européens et par la France ces dernières heures sont à soutenir avec force le refus du chantage, l'évocation du mécanisme anticoercition, la remise en cause de l'accord doignier, l'envoi symbolique d'officiers au Groenland, mais sans changement structurel par la suite, nous resterions au stade de l'agitation. Je souhaite conclure ce propos par une mise en garde collective. À supposer que notre diplomatie trouve l'audace d'opérer ces mouvements de fond, rien ne se fera sans douleur.
La question est celle de la répartition de ces efforts douloureux et de l'implication des peuples et des opinions publiques. Les droits de douane sont une arme sérieuse contre nos cohésion contre notre cohésion nationale. Compliquer la vie de nos agriculteurs, de ce qui nous reste d'industrie, de nos chercheurs mettra une pression forte sur des catégories siamment choisies dans le but de nous diviser. se posera alors la question de la solidarité nationale pour soutenir les victimes de cette guerre commerciale et le gouvernement se trouvera à nouveau confronté à la nécessité de faire participer ceux qui en ont les moyens.
Il se trouve qu'ils étaient pour certains à l'investiture de Trump. Un léger doute se pose quant à leur patriotisme en cas de crise. Les puissances d'argent en 1870 ou en 1940 ont peu brillé par leur résistance à l'agression extérieure.
Alors le gouvernement aura-t-il la décence et la volonté politique de les contraindre à la solidarité ? Puis d'autres menaces apparaîtront. Le chantage à la baisse du flux de renseignement en provenance des agences états-uniennes sera mis en œuvre.
Vous savez que c'est un élément fondamental dont on ne parle jamais. Avons-nous un plan d'action. où actons-nous par avance notre dépendance en la matière ?
Il y a aussi l'ingérance politique dont il ne se cache pas. Trump est un pchiste et V cléronne cette ingérence et là nous pourrons compter sur le parti de l'étranger pour profiter de nos divisions. Derrière les condamnations de façade dans ses vœux à la presse, Jordan Bardella a eu cette phrase d'un d'un fatalisme affligeant.
En évoquant le Groenland, je cite, c'est pas souvent que je le cite, là encore, l'intérêt stratégique et commercial s'impose pour les États-Unis d'Amérique et nous devons en prendre acte. La résistance à l'agresseur attendra et l'extrême droite aura vite fait de choisir son camp grosse malheur. Les opinions publiques, les peuples sont des acteurs fondamentaux des relations internationales.
Quand de Gaul parle à Bucarest, à Mexico ou à Québec, c'est au peuple qu'il s'adresse. Ne commettons pas l'erreur de faire différemment et parlons au peuple, à tous les peuples, à commencer par le peuple américain et avec une pensée particulière ce soir pour le peuple iranien. Ayant toujours en tête que ce que nous changerons dans l'architecture, nous le ferons dans l'intérêt de peuple qui mieux que toutes les élites réunies savent parfaitement ce qui se joue.
Je vous remercie. Yeah.
Mickaël Vallet