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interviewFrance Inter — L'invité de 6h20· 19 avril 2017 10 min

François Asselineau : "C'est très étonnant que les prix Nobel d'économie se mêlent de politique"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Votre invité ce matin, Éric Delvaux, c'est François Asselineau, président fondateur de l'Union Populaire Républicaine et candidat à l'élection présidentielle. Bonjour François Asselineau. Bonjour. Demain jeudi, vous ferez partie des 11 candidats invités, 15 minutes chacun, à répondre aux questions de Léa Salamé et David Pujadas sur France 2 et aussi en direct sur France Inter. Le tirage au sort vous a idéalement placé, 20h45, ce sera un rendez-vous important avec les Français. Allez-vous vous préparer spécialement pour ce rendez-vous demain soir ?

0:29
François Asselineau

Oui, comme d'habitude je vais me consacrer à la préparation avec certains de mes collaborateurs. Ce que vous me permettrez de regretter le format qui a été retenu, à la demande de M. Mélenchon, de M. Macron, de Mme Le Pen, c'est-à-dire que ces candidats qui se prétendent plus grands que les autres, en fait ont refusé qu'il y ait un débat comme ça avait été le cas le 4 avril. C'est-à-dire que nous allons passer les uns après les autres. Pourquoi ça ? Parce qu'en fait ils ne veulent pas montrer leurs insuffisances face aux autres candidats. Le 4 avril il y avait eu 11 candidats présents et les Français avaient pu découvrir qu'il n'y en avait donc pas 5 mais 11.

1:09
Présentateur

Et vous aviez trouvé à l'époque que la parole politique était sortie renforcée de cette émission avec 11 candidats ?

1:16
François Asselineau

Ah je trouve que ça avait été, d'abord ça avait beaucoup intéressé les Français et puis surtout ça avait permis aux Français de se comparer les candidats. Parce que le risque qu'il y a avec ce passage les uns après les autres, qui encore une fois j'insiste, a été voulu par M. Mélenchon, M. Macron, Mme Le Pen, M. Fillon, parce qu'ils ont peur d'être comparés. Ils ont peur d'être comparés. Donc ils attendent simplement que leurs supporters respectifs n'écoutent que leur passage et puis ferment le poste de télévision avant ou après.

Et c'est pour ça que je trouve que ce format est très regrettable parce que vous savez l'élection présidentielle, c'est pas uniquement de comparer des programmes, c'est aussi comparer des personnalités, le courage, l'opiniâtreté, la capacité à parler de façon sereine, à représenter dignement la fonction, tout ça ce sont des éléments importants.

2:03
Présentateur

Et demain soir, outre les deux thèmes qu'aborderont Léa Salamé et David Péjadas, vous aurez le droit aussi à une carte blanche pour évoquer le sujet de votre choix. Sur quel thème allez-vous consacrer votre carte blanche demain soir ?

2:15
François Asselineau

Ça vous me permettrez de le garder pour l'instant pour moi.

2:19
Présentateur

Question d'actualité sur les 25 prix Nobel d'économie qui ont dénoncé mardi les programmes jugés anti-européens ou protectionnistes de certains candidats. Ils l'ont fait dans une tribune publiée dans Le Monde. Ils mettent en garde, disent-ils, contre une possible déstabilisation de la France et de l'Europe. Comment avez-vous reçu ces arguments ?

2:40
François Asselineau

Écoutez, moi je trouve ça très singulier que les prix Nobel d'économie se permettent d'intervenir dans le champ politique. D'autant plus que certains disent, ont signé sans doute un peu hâtivement cette tribune, peut-être sous forme de pression, je n'en sais rien. Il est quand même très étonnant que Joseph Stiglitz, par exemple, qui écrivait il n'y a pas très longtemps que ce sont les premiers pays qui sortiraient de l'euro qui s'en sortiront le mieux. Maintenant, on nous exige qu'il faut y rester. Donc tout ceci doit laisser absolument froid. Moi, ce que j'aimerais, c'est avoir un débat de fond sur la question de l'euro.

J'ai déjà eu l'occasion de l'expliquer ici ou là, mais c'est vrai que ce sont des sujets techniques. L'euro va exploser parce que personne ne nous parle de l'évolution du solde de la balance des paiements courants à l'intérieur de la zone euro et qui est en divergence croissante. Il y a déjà 829 milliards d'euros qui sont allés en Allemagne. De toute façon, ça ne pourra pas durer comme ça encore une éternelle.

3:30
Présentateur

Alors François Asselineau, parlons du fond, justement, avec vous comme président. On sort de l'Europe, on sort de l'Union européenne, article 50, Frexit, et on sort du marché commun. Et c'est peut-être ça, justement, qui a alarmé nos économistes.

3:46
François Asselineau

Écoutez, regardez ce que font les Britanniques. Est-ce que vous croyez vraiment que les Britanniques sont un peuple frou ?

3:53
Présentateur

Mais ils n'ont pas l'euro. Ils n'ont pas l'euro.

3:56
François Asselineau

Oui, mais ils ont décidé de sortir du marché commun. C'est ça la question. Donc, ce n'est pas parce que l'on sort du marché commun que l'on va forcément se couper du reste du monde.

4:05
Présentateur

On subira un tarif supérieur pour nos exportations.

4:09
François Asselineau

Écoutez, regardez le Japon, les États-Unis, le Canada, la Chine, commercent avec les pays de l'Union européenne sans faire partie du marché commun. Il faut arrêter de faire peur aux gens. Le tarif extérieur commun du marché commun, il est de 3%.

4:23
Présentateur

Alors, qu'est-ce qu'il y a à gagner ?

4:25
François Asselineau

Ce qu'il y a à gagner à sortir de l'Union européenne, encore une fois, c'est simplement de rendre aux Français la maîtrise de leur démocratie, qui puisse choisir en effet ce qu'il veut. Moi, j'agis, si vous voulez, j'agis comme un père de famille ou comme un médecin de famille qui fait un diagnostic. La France va très mal. La France va très mal. Nous avons de plus en plus de chômeurs. Un million de chômeurs en plus avec Nicolas Sarkozy. Un million de chômeurs encore en plus avec François Hollande. Et moi, j'explique que c'est justement à cause de l'euro qui est trop cher pour la compétitivité de l'économie française.

Comment voulez-vous croire que c'est en appliquant les mêmes médecines, les mêmes méthodes que celles qu'on applique depuis 10 ou 15 ans, qu'on va régler les choses ? Vous savez ce que disait Einstein. Il disait que la folie consiste à faire encore et encore la même chose et en espérant en avoir des résultats différents. Le problème que nous avons en France, il est encore plus aigu en Grèce, en Italie, au Portugal et en Espagne, parce que nous ne pouvons pas, sur longue période, avoir la même monnaie que l'Allemagne.

5:23
Présentateur

Cela dit, François Asselineau, il y a tout de même des faits qui ne bougent pas compte tenu du déficit commercial chronique de la France. Est-ce que vous ne craignez pas une forte demande de monnaie étrangère et au final une dépréciation de votre nouveau franc ?

5:37
François Asselineau

Oui, le franc, lorsqu'on aura créé le nouveau franc, là à peu près le Fonds monétaire international, un certain nombre de banques se tombent d'accord sur le fait que le nouveau franc devrait se déprécier de l'ordre de 5 à 10% par rapport au dollar. Je vous signale au passage que l'euro s'est déprécié par rapport au dollar de 25% au cours des trois dernières années. En 2014, un euro valait un franc, un dollar 39, il ne vaut plus qu'un dollar 0,6. On n'en a pas fait toute une histoire. Donc effectivement, le franc se dépréciera un petit peu.

Ce que je dis en passant, ça n'aura aucun impact sur la dette publique, sur la dette des ménages, parce que ça, c'est une crainte que l'on agite devant la population. C'est faux, ça n'aura aucun impact. En revanche, les importations coûteront un peu plus cher, c'est exact, mais les exportations, d'un seul coup, seront dopées, et c'est ce qui permet d'anticiper une baisse rapide du chômage en France.

6:28
Présentateur

Il y a aussi le fait que certains banquiers s'inquiètent déjà de la fuite des capitaux, si la France devait sortir de la zone euro. Qu'est-ce qui ferait qu'avec vous, François Asselineau, il n'y aurait pas aussi une fuite des capitaux ?

6:40
François Asselineau

D'abord, la fuite des capitaux, elle existe. Je vous disais tout à l'heure, il y a 829 milliards d'euros qui sont partis des pays du Sud pour aller se réfugier en Allemagne. Donc la fuite des capitaux, actuellement, elle existe à l'intérieur de la zone euro. Là où je suis d'accord avec vous, c'est qu'il faudra réintroduire un contrôle des mouvements de capitaux, comme d'ailleurs ça a été le cas au moment de la crise à Chypre.

Mais de toute façon, ça fait partie de mon programme plus général, parce que tant que nous aurons la totale liberté des mouvements de capitaux, eh bien nous allons avoir un autre phénomène qui se produit et qui désespère les Français, c'est le phénomène des délocalisations industrielles. Et c'est aussi le phénomène du rachat par appartement de la France par des fonds de pension américains, chinois, par l'émir du Qatar. Les Français, en fait, souhaitent que l'on puisse préserver le patrimoine public et privé des Français et qu'on lutte contre les délocalisations.

Mais pour ça, il faut réintroduire le contrôle des mouvements de capitaux, comme c'était d'ailleurs le cas avant le traité de Maastricht de 1992, et comme c'est d'ailleurs le cas dans la grande majorité des États du monde actuel.

7:35
Présentateur

Vous dites aussi, la France y gagnera 34 milliards d'euros à sortir de l'Europe. Vous les trouvez où ?

7:43
François Asselineau

Alors ça, ce sont des gains que l'on peut trouver chaque année. Chaque année, la France verse 9 milliards d'euros de plus à l'Union Européenne qu'elle n'en reçoit. Ça, c'est une chose que les Français ne savent pas. Beaucoup de Français croient que l'Europe nous donne des subventions. On parle souvent des subventions européennes. En fait, ça n'est qu'une apparence. Ce sont des subventions qu'elles nous retournent après qu'on a d'abord versé beaucoup plus. Chaque année, je répète, on donne 23 milliards d'euros et on reçoit 14. Parmi lesquels, par exemple, les subventions aux agriculteurs.

Donc moi, je dis, lorsqu'on sera sortis de l'Union Européenne, les agriculteurs continueront à recevoir les subventions pour le même montant. Mais au lieu qu'on les appelle des subventions européennes et qu'elles soient frappées du drapeau bleu aux étoiles d'or, elles seront frappées du drapeau bleu-blanc-rouge et elles viendront directement de Paris. Et au passage, on aura économisé 9 milliards d'euros. On économisera également 5 milliards d'euros en arrêtant les cofinancements et les condamnations pécuniaires auxquelles la France est condamnée régulièrement parce qu'elle tarde à transcrire en droit français les directives communautaires.

Et puis, moi, je vais lutter enfin efficacement contre l'évasion fiscale et la fraude fiscale des entreprises.

8:46
Présentateur

Nicolas aussi l'avait dit. Il n'a jamais pu, ni François Hollande d'ailleurs, mettre ça en pratique. Parce que la France seule ne peut rien.

8:52
François Asselineau

Et oui, bien sûr. Mais justement, pourquoi est-ce qu'on a une explosion de l'évasion fiscale que l'on estime à Bercy entre 60 et 80 milliards d'euros ? Moi, j'anticipe de pouvoir en récupérer 20 sur 80. Vous voyez, je suis relativement sage dans mes prévisions. Mais parce que tout simplement, on va ressortir de cette libre circulation des mouvements de capitaux. L'explosion de l'évasion fiscale résulte précisément du cadre qui a été créé par le traité de Maastricht.

9:18
Présentateur

François Asselineau, les sondages vous ont donné au mieux 1,5% au premier tour. Si vous n'êtes pas qualifié dimanche prochain, comment comptez-vous peser sur le second tour ?

9:27
François Asselineau

Écoutez, moi, les sondages, beaucoup, moi, je ne vais pas dans la rue. Moi, mon sondage, c'est la rue. Alors, oublions les sondages.

9:33
Présentateur

Ma question n'était pas là. Comment comptez-vous peser sur le second tour si vous n'étiez pas présent au second tour qualifié ?

9:38
François Asselineau

Écoutez, nous allons voir le résultat du second tour. Moi, je pense que les Français vont réserver une bonne surprise le soir du premier tour. et je pense qu'un certain nombre de candidats vont avoir des résultats très différents de ce qu'annonce un certain nombre de sondages et qui ne sont d'ailleurs pas confirmés par ce que l'on trouve sur Internet ou chez les bookmakers anglais ou suit.

9:55
Présentateur

Savez-vous déjà, si vous n'êtes pas qualifié, où vous mettrez votre bulletin dans l'urne parmi les candidats qui pourraient qualifier ?

10:02
François Asselineau

Écoutez, nous verrons, encore une fois, nous verrons quels seront les candidats qui seront qualifiés.

10:06
Présentateur

Eh bien, nous verrons. Merci François Asselineau, président fondateur de l'Union Populaire Républicaine et candidat à l'élection présidentielle. Merci et bonne journée.

10:15
François Asselineau

Merci.