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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 10 juin 2023 17 min

Réforme des retraites, réactions politiques après l'attaque au couteau d'Annecy... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Eric Coquerel

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Eric Coquerel, hier au lendemain de l'attaque d'Annecy, Emmanuel et Brigitte Macron se sont rendus au chevet des victimes qui sont des enfants de 22 mois à 3 ans qui sont à l'hôpital. Leur état de santé s'améliore peu à peu. Cette visite du chef de l'État, c'est le signe que c'est un drame qui touche toute la nation ?

0:21
Éric Coquerel

Oui, bien évidemment. Moi j'étais à l'Assemblée nationale, on l'a appris. Qu'est-ce qu'il y a de plus choquant et émouvant que le fait de toucher des jeunes enfants comme ça ? Non, je n'imagine même pas en réalité. Les mamans qui les protègent, tout d'un coup, où l'horreur arrive là où ils ne devraient pas arriver, dans un jardin d'enfants.

0:48
Présentateur

Donc bien évidemment, oui. C'est la nation entière et y compris l'Assemblée nationale, vous dites que vous y étiez, qui immédiatement a respecté une minute de silence.

0:55
Éric Coquerel

Oui, c'est Mathilde Panot qui est intervenue la première parce qu'il se trouvait qu'elle devait intervenir et puis évidemment on a fait une minute de silence. Enfin tout ça est logique et normal.

1:05
Invité

L'exécutif explique que c'est le temps de la nation, que le temps des explications, des questions viendra plus tard. Est-ce que vous êtes d'accord ?

1:13
Éric Coquerel

Bien évidemment. Et d'ailleurs, certains auraient mieux fait de s'appliquer ça comme consigne tout de suite. Qui ? Bah écoutez, vous avez entendu comme moi des réactions à droite et à l'extrême droite, assez rapide. La droite et l'extrême droite pointent du doigt la politique migratoire de la France. Ils ont fait, au début, il y a même eu, on a expliqué que ce n'était pas hasard s'il était habillé en vert parce que bien évidemment... Ça c'est Olivier Marlet, ça a été de penser que ça pouvait être un musulman. C'est ça l'idée.

1:41
Présentateur

Et que donc on était face... Je précise que donc il n'était pas habillé en vert. Mais bien sûr. Que ça n'est pas un musulman mais un réfugié syrien qui se présente comme un chrétien.

1:51
Éric Coquerel

D'ailleurs, on devrait tous s'en féliciter parce que s'il s'était s'agit d'un acte terroriste comme nous l'avons vécu... Islamiste, vous voulez dire ? Voilà, comme nous l'avons vécu vis-à-vis que ce soit Charlie, que ce soit Samuel Paty-Haute. On aurait pu craindre une succession d'actes de ce type. Donc on devrait tous se féliciter que ce ne soit pas le cas au lieu de tout de suite en tirer cette conclusion. Et puis après, l'immigration. On voit bien que tout ça est indécent. Tout ça est indécent. Essentialiser un geste de ce type-là. D'accord ? Alors en plus, il s'avère qu'il était tout à fait légalement en France. Ça a été redit et compris par M. Darmanin.

Essentialiser un geste qui pourrait lui signifier que les migrants sont des personnes qui passent plus facilement à l'acte, ce type d'acte. Et c'est une nouvelle façon de fustiger les étrangers et de faire peur à la nation de cette manière-là. C'est comme si... Moi, je vous disais... Vous vous rappelez ce sans-papier qui avait grimpé quatre étages pour aller sauver... Je crois que c'était un jeune bébé, je crois. Ou cet autre qui était intervenu à l'épicerie Karcher. C'est comme si je vous disais... Ça montre que tous les immigrants, par nature, font des actes héroïques de ce type. Bon, ben voilà. Dire que parce que vous êtes réfugiés, parce que vous êtes étrangers, etc.

Vous pouvez commettre des actes manifestement peut-être de folie. On va voir quelle est l'enquête. Je veux dire, tout ça est une manière indécente d'utiliser ça. On ferait mieux de s'intéresser à un autre sujet. S'il y a bien un sujet qui est sur la table, c'est le problème de la santé psychique en France. Et notamment la santé psychique pour toutes les personnes qui se retrouvent en domicile et autres. Il y a 60% des 60 à 70 000 personnes en Ile-de-France. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Norbert Skurni qui présente l'inter-sindical de défense de la psychiatrie publique. Qui, faute d'accueil, on peut considérer comme ayant des problèmes de santé mentaux et qui ne sont pas...

Ça fait 35 à 40 000 personnes en Ile-de-France. C'est étonnant parce que dans les échos, le jour même de cette heure, on apprenait qu'à Bruxelles, on s'inquiétait sur la question de la santé mentale, du coût de la santé mentale. 4% du PIB de manière globale. Mais qu'est-ce que vous voulez dire ? Ça veut dire qu'il faudrait mieux suivre ? Ce que je veux dire déjà, c'est qu'il faudrait qu'on arrête que la santé mentale, la psychiatrie, soit le parent pauvre de la santé tout court dans tous les pays européens, notamment en France. Tout le monde le sait. C'est là où on ferme le plus de lits d'hôpitaux. C'est là où il y a le moins de suivis. Donc déjà, c'est la première chose.

Et bien évidemment, j'en viens à votre question, il se trouve, mais pour des raisons que chacun comprendra, c'est que plus vous êtes dans une situation de fragilité, plus vous êtes dans une situation où vous avez vécu des traumatismes. Et très certainement, ce Syrien d'origine en 2013, si il est réfugié, c'est qu'il a vécu des traumatismes. Et son acte est survenu 4 jours après le refus de sa demande d'aise en France. Et donc plus on devrait prévenir, anticiper de manière globale. Donc s'il y avait au moins une chose à dire, c'est celle-là. Mais rien d'autre, je vous en prie, rien d'autre.

4:54
Invité

Pour l'instant, une enquête est en cours. La procureure d'Annecy n'a pas exclu un acte insensé. Mais est-ce que vous jugez que ces réactions politiques dont on parlait alimentent un climat délétère ? En ce moment, on a vu une manifestation d'extrême droite juste après l'attaque.

5:06
Éric Coquerel

Je pense qu'il y a un lien, malheureusement, entre des responsables politiques qui croient bon de pointer du doigt l'immigration, et là même en plus des demandeurs d'asile, des réfugiés, et puis des gens qui passent aux actes des groupes d'ultra-droite, néo-nazis, fascistes, qui passent aux actes de manière de plus en plus décontractée depuis quelques temps, visage découvert, avec des slogans racistes, des slogans nazis, des slogans fascistes. Là, j'ai vu que la nouvelle maire de Saint-Brévin, un groupuscule, est venue. Non pas à Saint-Brévin, parce que ce n'est même pas des gens de la ville.

5:40
Présentateur

Il faut que je précise, Saint-Brévin, c'est la commune dont le maire a installé un centre d'accueil de demandeurs d'asile, qui a suscité des manifestations de l'extrême droite, et s'est allé jusqu'à l'incendie de sa maison. Il a donc démissionné. Hier, c'était l'élection de sa remplaçante, en l'occurrence sa première adjointe. Absolument. Élection qui a été perturbée, effectivement, par des militants de l'extrême droite.

5:59
Éric Coquerel

Il y a eu danger de tout, ce n'est pas des gens de Saint-Brévin. Donc, moi, ça m'inquiète, parce que chacun sait que dans des périodes comme nous vivons, c'est-à-dire où vous avez un parti d'extrême droite qui, quand même, est très fort en France, donc avec une idéologie très forte, où malheureusement, vous avez cette idéologie qui imprègne largement le personnel politique et le gouvernement jusqu'au gouvernement. Quand Darmanin dit à Mme Le Pen, sur l'islam, vous êtes modérée, je ne sais plus qui l'était là. Vous êtes trop molle. Voilà, vous êtes trop molle.

On voit bien qu'il y a une espèce d'extrême droitisation idéologique du champ politique, et qu'après, dans la rue, ça peut prendre des formes, et ça prend de plus en plus des formes ultra-violentes. Et donc, moi, ça m'inquiète.

6:40
Présentateur

Le drame Eric Coquerel, il intervient au moment où devait commencer en France le débat sur le projet de loi immigration. Je voudrais juste dire que ce projet de loi, ça veut dire qu'il faudrait le mettre de côté pour l'instant, en attendant que l'émotion redescende.

6:54
Éric Coquerel

Oui, je ne vois même pas à quoi s'avère ce projet. Ce n'est pas le bon moment pour en parler. Non, je termine juste sur l'ultra-droite. Il y a deux ans de ça, avec d'autres, j'ai initié une grande marche contre l'extrême droite, et contre l'extrême-droitisation, je pense qu'il serait avec les syndicats, les associations, où, pour le coup, on met de côté nos différences et puis nos différences de moyens d'action. Je pense qu'il faudrait recommencer ça. Je crois vraiment que c'est nécessaire. Je fais un peu un appel à ça. Je crois qu'il faut relancer une manifestation. Il faut qu'on soit des centaines de milliers à dire qu'on ne veut pas de ça.

Voilà, quelque part, nos passarans pour aller vite. Et que c'est devenu insupportable. Je vous réponds à votre question. Oui, je pense que cette loi ne sert à rien. Il faut la mettre entre parenthèses. Non, elle sert uniquement, justement, à avoir ce genre de réaction. C'est-à-dire à mettre, une fois de plus, sur la table, l'idée que l'immigration serait le problème majeur de ce pays et que notre pays souffrirait de problèmes économiques, sociaux, de sécurité, etc., que de l'immigration, ce qui est totalement faux. On va refaire une loi. J'avais le chiffre, ce n'est pas très grave, mais du nombre de lois qui est depuis... Il y en a eu 21, je crois. 21 lois et 11 circulaires depuis 1990.

On ne fait même pas le bilan de chaque loi après. Qu'est-ce que ça a amené ? Qu'est-ce que ça n'a pas amené ? Alors que nous avons le problème majeur de ce pays par rapport à l'immigration qui, de toute façon, ce n'est pas qu'on soit pour ou contre, c'est qu'on sait très bien, et la France est loin d'en prendre la part la plus importante. L'immigration, en France, a augmenté 36% depuis 2000. C'est la moyenne en Europe, c'est de 60% dans la part de la population. Donc on est loin d'être le pays qui est submergé, etc. Mais il y a quand même un sujet. Le sujet, c'est qu'il y a de plus en plus de raisons pour lesquelles des gens partent de leur pays.

Il y avait des questions d'asile, de guerre et autres. Il y aura la question climatique. De toute façon, cette question-là, elle nous est posée. Et il est illusoire de penser qu'on va la résoudre en fermant nos frontières. Fermer nos frontières, ça fait que la Méditerranée est le plus grand cintière maritime de tous les temps. Il faut mieux accueillir. Il faut mieux accueillir. Il faut se donner les moyens d'accueillir. Le problème que nous avons, par exemple, moi je le vois en Ile-de-France, ce n'est pas tant la question de l'immigration comme problème, c'est le problème de l'accueil.

On n'a même pas, à Paris, nous n'avons même pas de centre d'accueil d'Ignostone, comme certaines grandes capitales européennes, quand je dis pareil, c'est l'Ile-de-France, qui est capable d'abord de traiter la situation des gens d'un point de vue administratif, d'un point de vue de logement, d'un point de vue de la santé, etc. et qui puisse après, sur lesquels on puisse réfléchir. Et je pense qu'on ferait mieux d'admettre que cette question est posée, et de là réfléchir à une politique de l'immigration, y compris de répartition sur le territoire, mais bien différemment de celle qui se fait aujourd'hui.

9:31
Présentateur

Président de la Commission des Finances à l'Assemblée, on va parler dans un instant de la proposition de loi avortée, Liott, qui visait à abroger la réforme des retraites. D'abord le fil info à 9h moins 20 avec Diane Ferschit. Des fumées noires visibles jusqu'à 10 km alentour. L'incendie d'un entrepôt de Bobigny en Seine-Saint-Denis est à présent maîtrisé. 200 pompiers ont été mobilisés. Ils assurent que la toxicité des fumées reste sous les seuils d'alerte. L'état des 4 enfants blessés lors de l'attaque au couteau jeudi matin à Annecy s'améliore. Les nouvelles sont positives, selon Emmanuel Macron, qui s'est rendu sur place hier.

Leur agresseur, lui, n'a toujours pas pu être auditionné par les enquêteurs, alors que sa garde à vue s'achève ce matin. Le vidéaste d'extrême droite, Papacito, sanctionné par Youtube, sa chaîne est clôturée après une vidéo dans laquelle il s'en est pris un élu, le maire sans étiquette de Montjoin, dans le Tarn-et-Garonne. L'élu Christian Urgal a reçu des menaces de mort après cette vidéo. Il est sous protection policière. La finale d'âme du tournoi de tennis de Roland-Garros, la tenante du titre, la polonaise Igasviatec, affronte la tchèque Karolina Moukova, dont c'est la première finale porte d'auteuil, début de la rencontre à 15h.

Et chez les hommes, c'est le norvégien Kasper Rud qui fera face à Novak Djokovic. Demain, le serbe vise un 23ème titre de grand chelème.

10:45
Invité

France Info

10:46
Présentateur

Le 8.30 France Info Agathe Lambré, Laurence Méchal

10:51
Invité

Toujours avec Éric Coquerel, président insoumis de la Commission des Finances à l'Assemblée. Vous n'avez pas pu voter l'abrogation de la réforme des retraites. Hier soir, la NUPES a donc déposé une motion de censure. Elle sera examinée quand d'abord ?

11:03
Éric Coquerel

Lundi a priori.

11:04
Invité

Lundi a priori, d'accord, très bien. Une nouvelle motion de censure, c'est devenu systématique. Cette fois, ce sera sans Liot. Et Liot qui dit que ça pourrait finalement être contre-productif, rendre service au gouvernement parce qu'elle a peu de chances de passer.

11:15
Éric Coquerel

Ce qui est devenu systématique, c'est qu'on ne puisse pas voter à l'Assemblée nationale. Ce qui est quand même l'essence d'un Parlement. Ça a été vrai sur le budget. On ne va pas voter un seul budget. Ça a été vrai sur la réforme des retraites, quand même une réforme d'ampleur. Et là, maintenant, c'est vrai sur cette proposition de loi d'abrogation de la réforme des retraites. Donc, c'est ça le problème. Si on fait une motion de censure, là, je vais vous dire, c'est qu'on sait qu'à priori, on aura un résultat un peu moins bon que la dernière fois puisqu'à 9 ou après, le gouvernement tombait. Et donc, ça sert à quoi ? Eh bien, ne pas laisser passer ce qui s'est passé. Ça marque le coup.

Oui, ça marque le coup. Parce que là, on est en train d'atteindre une limite, des lignes rouges franchies les unes après les autres, avec une dérive qui, à mon avis, se reprend à la démocratie parlementaire de manière gravissime. On a eu, je vous le rappelle, l'utilisation du 47-1. Le 47-1, c'était utiliser un projet de loi de finance de la Sécurité sociale pour accélérer, voire ne pas voter. D'accord ? Alors que, normalement, c'est fait pour aménager les budgets de l'année. Là, c'est fait pour reculer l'âge de la retraite de 2 ans. Ensuite, on a eu le 49-3. Et puis là, maintenant, on a l'article 40 qui est utilisé pour ça. Bon, c'est pas acceptable.

Il n'y a pas un Parlement en Europe qui ne nous regarde pas avec des yeux en disant, mais qu'est-ce qui se passe ?

12:28
Invité

Attendez, Éric Coquerel, vous avez eu l'occasion de voter sur l'article 7, l'article qui reportait l'âge à 64 ans et vous avez fait de l'obstruction contre le vœu des syndicats, notamment.

12:38
Éric Coquerel

Mais ce que vous dites n'est pas vrai. On n'a pas eu l'occasion de voter sur l'article 7. Nous n'aurions pas voté sur l'article 7.

12:42
Invité

Ça a ralenti les débats, l'obstruction.

12:44
Éric Coquerel

Oui, mais non, non, attendez.

12:46
Invité

Jean-Luc Mélenchon a même appelé à cette époque à ne pas voter cet article parce qu'il y avait un risque de perdre.

12:49
Éric Coquerel

Je remets les choses sur la table, d'accord ? Le gouvernement a utilisé une façon de faire passer les débats en 20 jours à l'Assemblée de 9 jours ouvrables. 9 jours ouvrables pour une réforme d'ampleur. Mais ce sont vos amendements qui ont empêché le vote la première fois. Non, non, non. Le vote n'aurait pas eu lieu. Et la Macronie le savait très bien puisque, par exemple, sur l'article 7, non, il n'aurait pas eu lieu sur les amendements. En 9 jours, vous ne passez pas.

13:15
Présentateur

Éric Cré, le PC a retiré ces articles. C'est fait d'ailleurs vilipender par Jean-Luc Mélenchon qui disait pourquoi est-ce qu'on va au vote, on va perdre. Et ce sont vos...

13:24
Éric Coquerel

Mais vous savez que le droit d'amendement est constitutionnel. Bien sûr. D'accord. Est-ce que vous avez vu déjà à l'Assemblée nationale des lois qui cassent à ce point-là notre modèle social passés sans aucun amendement ? Vous ne regrettez pas de ne pas avoir voté, de ne pas avoir fait les votes la première fois ? Au nom du fait que le gouvernement avait décidé d'utiliser un outil législatif qui lui permettait de passer tout ça en modèle réduit, plus éventuellement de le passer par ordonnance, plus éventuellement ce qu'ils ont fait de le faire en 49-3, eh bien au nom de ça, il aurait fallu ne pas poser des amendements. Donc ce n'est pas de votre faute ? Bien évidemment.

C'est ceux qui utilisent cet outil. Et d'ailleurs, la preuve, c'est que le Sénat, je vous ferai remarquer qu'au niveau du Sénat. On nous a dit « Ah mais là, au Sénat, l'opposition va être convenable, c'est ce que disait le gouvernement. Et bilan, comme le Sénat, au Sénat, c'est pareil, quand même les opposants ont voulu s'opposer, il a fallu qu'ils utilisent une autre forme de raccourcissement des débats.

Donc ceux qui n'ont pas voulu que l'on débatte, ceux qui n'ont pas voulu que l'on vote et qui finalement à la fin ont utilisé le 49-3 pour une simple raison, c'est qu'ils sont minoritaires à l'Assemblée nationale qui passe en force depuis un an, c'est le gouvernement n'inversons pas les choses.

14:30
Invité

Alors, Éric Coquerel, même Laurent Berger dit que le match est en train de se terminer et qu'il ne faut pas mentir aux Français. Est-ce qu'il ne faut pas tourner la page ? Est-ce que vous êtes en train de mentir en disant qu'on peut revenir encore sur les 64 ans ?

14:41
Éric Coquerel

On ne ment pas quand on dit que quand nous gouvernons ce pays, on va abroger, c'est très fort, mais on va même essayer de ne pas revenir à la retraite à 60 ans. C'est ce qu'on a fait. Personne n'a jamais fait de revenir sur... Nous le ferons parce qu'il ne vous a peut-être pas échappé une chose, mais depuis la NUPES, on a une gauche qui à nouveau est unie mais sur un problème de rupture. Sur les 60 ans, tout le monde n'est pas d'accord à gauche.

15:02
Invité

Carole Delga, la socialiste, dit que c'est un mensonge de parler de 60 ans.

15:05
Éric Coquerel

Carole Delga, vous avez vu d'ailleurs, représente la majorité du Parti Socialiste. Vous savez que la NUPES n'est pas d'accord. Est-ce qu'elle représente la majorité du Parti Socialiste ? En l'occurrence, c'était un... Ce que défend Carole Delga en termes idéologiques à gauche, ça a fait 1,75% avec Mme Hidalgo aux présidentielles. Donc moi, je regarde les discussions que nous avons avec les socialistes en face de nous et notamment le groupe socialiste à l'Assemblée nationale. Ça ne vous intéresse pas ce rassemblement entre Carole Delga, Bernard Cazeneuve, François Hollande aujourd'hui ? Non, je ne parle pas avec le passé. Je pense que tout ça ne représente un sujet que dans les médias.

C'est pas un mouvement important au sein de la gauche ? Non, parce que ce n'est pas aujourd'hui. Et fort heureusement, parce que ça a amené non seulement l'affaiblissement de la gauche depuis des années, Macron, je vous rappelle qu'il était ministre de M. Hollande, et ça a même amené à mon avis, mais ce n'est pas mes affaires prioritaires, mais ça a amené aussi l'affaiblissement du Parti Socialiste. Moi, j'ai l'impression que le Parti Socialiste se porte mieux depuis qu'il est revenu sur une ligne avec la NUPES qui est une ligne qui est inhérente à la gauche, c'est-à-dire combattre un système aujourd'hui injuste, inégalitaire, productiviste. Ils ont leur place

16:10
Présentateur

au sein de la NUPES, Bernard Cazeneuve, François Hollande, Carole Delga, qui donc se réunissent qui ne veulent pas lancer un mouvement social-démocrate sous la houle

16:18
Éric Coquerel

de Bernard Cazeneuve. Ils estiment que la NUPES est un problème fondamental parce qu'en réalité, et c'est vrai, ça interroge leur bilan de plusieurs années qui a été de s'adapter totalement au système et finalement d'amener la gauche là où elle était à la fin du mandat de M. Hollande. Donc, ils n'en veulent pas, ils n'en veulent pas, on ne va pas... Je veux dire, je trouve que c'est un sujet qui est assez étonnant. Encore une fois, si on avait suivi leur ligne, aujourd'hui, le Parti Socialiste n'aurait pas de groupe à l'Assemblée Nationale, les Europééologiens n'en auraient pas et certainement, le Parti Communiste n'en aurait pas.

Donc, heureusement, qu'on a fait une unité sur un problème de rupture et nous allons continuer à le faire. Et d'ailleurs, je reviens à votre question, ce que nous avons... Le serment que nous avons, ça a été sous forme de serment un peu symbolique à la fin de cet épisode, c'est-à-dire revenir à la retraite à 60 ans, se donner ça comme objectif, montre bien que la page ouverte par la NUPES aux législatives va continuer et j'espère jusqu'en 2027 parce que c'est la garantie, c'est peut-être même la seule garantie pour que nous puissions gagner les élections face à la fois à l'ultralibéralisme, de plus en plus droitier, et puis face à l'extrême droite. Merci Éric Coquerel, président insoumis

17:26
Présentateur

de la Commission des Finances à l'Assemblée, invité du 8-30.