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Podcast / conversationFrance Culture (sur YouTube)· 24 octobre 2025 59 minContradictoireActualité / polémiqueJusticeInstitutions & élections

SARKOZY INCARCÉRÉ : l'écriture d'un feuilleton médiatique

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 51 %Défensif 39 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse partielle

    Comment analyser le traitement médiatique du cas Sarkozy ?

  • 5:00RelanceRéponse directe

    Paris Match a-t-il embrassé le récit imposé par Sarkozy ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que certains médias tombent dans le piège de la mise en scène ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Comment expliquer l'invisibilisation des charges dans cette affaire ?

  • 16:00RelanceRéponse directe

    Peut-on considérer que Sarkozy a remporté la bataille médiatique ?

  • 22:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi les victimes de l'attentat du DC10 ont-elles été occultées ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 8:00Lou FrelFait
    « La justice condamne qui elle veut, quand elle veut, comme elle veut et il n'est pas nécessaire d'apporter des preuves. »
  • 2:10Fait
    « il faut aussi lui donner accès »
  • 8:10Fait
    « il y a eu l'affaire de l'exécution provisoire qui leur a donné des raisons de le faire »

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans la fabrique de l'information, le rendez-vous de France Culture consacré au décryptage du travail journalistique et à l'analyse des récits médiatiques. Et cette semaine, un feuilleton a nourri l'ensemble de nos médias, celui de l'incarcération de Nicolas Sarkozy du départ de son domicile, soutenu par son public à son arrivée à la prison de la santé, escorté par un bataillon de policiers. C'est bien l'ancien président qui a imprimé cette séquence médiatique, celle d'un homme qui clame son innocence et se dit victime d'un acharnement en remettant en question l'indépendance de la justice.

Nicolas Sarkozy, regard déterminé main dans la main avec Carla Bruni en une de Paris Match. Cette photo restera sans doute celle du mardi 21 octobre. Un registre émotionnel largement relayé sur les chaînes d'information continue ou dans les débats télévisés.

Alors que les éléments de fond de cette condamnation sont particulièrement occultés, il a été reconnu coupable d'association de malfaiteurs qu'il a constitué avec Claude Guillambr Sortefeu et Ziad Kakedin, association dont l'objectif était de préparer une corruption au plus haut niveau. Cette invisibilisation des charges s'inscrit dans la continuité du procès de l'affaire libyenne peu couvert par la presse française. Comment analyser alors le traitement médiatique du cas SarkoZ ?

Lui qui connaît ce monde des médias par cœur et de l'intérieur et qui a su tout au long de sa carrière les utiliser comme un outil de communication ? Quelle place tiennent les chroniqueurs judiciaires dans notre paysage médiatique face au bruyant discours des éditorialistes politiques et quel rôle a joué Médiia Part invités en studio pour y répondre. Loufritel bonjour.

Bonjour. Vous êtes journaliste politique à Paris Match. J'ai évoqué à l'instant la une de votre hebdomadaire dont je rappelle maintenant le titre.

Nicolas et Carla Sarkozy. L'épreuve à vos côtés UNES Abzous. Bonjour.

Bonjour. Vous êtes journaliste à Média Part qui a joué un rôle central dans cette affaire en révélant un certain nombre d'éléments. Vous êtes en charge vous des médias et vous reviendrez sur la couverture de cette semaine.

Stéphane Durant Soufflant. Bonjour. Bonjour.

Vous êtes chroniqueur judiciaire au Figaro et vous faites partie des journalistes qui ont suivi assidument les audiences du procès Sarkozy Kaddafi. Votre regard sera précieux pour revenir sur le fond du jugement. Enfin Thierry l'Évêque complète ce plateau.

Bonjour. Bonjour. Vous êtes journaliste indépendant et vous avez également couvert ce procès pour le site les jours et vous collaborez également avec la presse régionale.

De la presse régionale locale à la presse internationale, nous pourrons compter cette semaine sur Mélanie Chenoir. Bonjour. Bonjour.

Vous êtes journaliste à Coré International, notre partenaire qui veille, sélectionne et traduit le meilleur de la presse étrangère. Vous reviendrez sur Nicolas Sarkozy, vue de l'étranger. Et en fin d'émission, une chronique consacrée à aux touristes russes qui sont allés en Corée du Nord.

Voilà, vous avez le programme complet de ce numéro et comme chaque semaine, vous pouvez nous suivre en image sur la chaîne YouTube de France Culture ou sur son compte TikTok et toujours en podcast. Merci d'être de plus en plus nombreux à nous suivre. Joséphine Renard qui prépare la fabrique à mes côtés.

Accueille toutes vos questions sur nos réseaux. C'est parti. Ce matin vers 9h40, l'ancien président a quitter son domicile de l'ouest de Paris.

Accompagné [musique] de son épouse Carla Bruni, Nicolas Sarkozy a salué une centaine de ses partisans venus l'acclamer avant son départ pour la prison. Euh c'est un récit médiatique, c'est une mise en scène qui est euh euh faite par Nicolas Sarkozy et ses soutiens y compris médiatique pour cadrer le récit. Qu'il y a un objectif et ça rejoint mon inquiétude sur le fond, c'est d'effacer les faits.

On le rappelle si vous nous rejoignez. Nicolas Sarkozi, ancien président de la République est donc condamné à 5 ans de prison avec mandat de dépôt. La justice condamne qui elle veut, quand elle veut, comme elle veut et il n'est pas nécessaire d'apporter des preuves.

Ne sous-estimez pas ce message qu'envoie les magistrats et qui va bien au-delà du cas Nicolas Sarkozy. Triste spectacle pour une France qui s'humilie plus qu'elle ne [musique] l'imagine euh aux yeux du monde entier a incarcéré celui qui l'a représenté pendant 5 ans après lui avoir retiré sa légion d'honneur, obtenu pourtant [musique] après son intervention pour sauver les enfants de la maternelle de Neïi. La haine n'a donc décidément aucune limite.

Les mots de Nicolas Sarkozy sont ceux de Marine Le Pen quelques mois plus tôt. Or, ce n'est pas la même chose quand cela vient d'un ancien président. La justice menacerait la démocratie.

Trump outreatlantique ne dit pas autre chose. Pour pouvoir discuter, il me semble des conséquences éventuellement politiques du jugement, il faut regarder les faits qu'il y a dans le jugement et de quoi est constituée cette gravité exceptionnelle. Alors, nous sommes en fin de semaine, l'occasion de faire le le bilan.

Est-ce qu'on peut considérer, Thierry l'Évêque, que Nicolas Sarkozy a remporté remporté la bataille médiatique à défaut d'avoir gagné la bataille judiciaire ? Bon, je suis pas sûr qu'on puisse dire ça puisque d'ailleurs il y a une enquête d'opinion qui est sortie qui montre que je crois euh plus des 23 des Français considèrent qu'il a été condamné à juste titre sans d'ailleurs avoir été informé correctement en plus du contenu du jugement. Donc, mais ce qui est sûr, c'est qu'il a mis en scène cette incarcération qui avait été différée par le tribunal pour lui permettre d'organiser sa vie professionnelle.

Et cette mise en scène, les médias audiovisuels en particulier étaient pas obligés de s'y prêter. Or, ils sont prêtés complétisamment avec des directs, des journées entières où à aucun moment, me semble-t-il, en tout cas sur les chaînes d'info continu n'ont été rappelés effectivement les motifs de la condamnation. C'est vrai que quand on regarde les images, moi je j'ai en mémoire cette escorte, son déplacement, on a presque l'impression que ce sont des des images de victoire électorale.

Oui, parce que ça rappelait un peu, vous savez, l'élection de Shira, par exemple, quand les motos couraient après sa voiture. Effectivement, il a mis en scène une sorte de martyre supposé où d'ailleurs il se présente tantôt en Mondantess le personnage d'Alexandre Duma capitaine Drefus et dernièrement encore ce matin, j'ai vu sur un poste de Paris Match qu'il détaillait la biographie de Jésus qu'il était censé lire en détention. Donc oui, c'est une c'est une mise en scène et un élément de sa défense, cette bonne guerre.

Mais les je pense pas que la profession est à s'y prêté et or elle l'a fait. Et je pense que c'est encore un problème de plus dans la couverture de cette affaire. Voilà, une mise en scène forcément réfléchie par bah son clan, sa communication comme vous dites.

C'est c'est c'est cette bonne guerre. Toute la question c'est de savoir est-ce que certains médias tombent dans le piège ou pas. D'ailleurs, est-ce que c'est considéré comme un piège ?

Louetil vous avez été cité indirectement, du moins celui pour lequel vous travaillez Paris Imatch. Est-ce que vous avez l'impression vous que votre journal a embrassé totalement le récit qui a été imposé ou suggéré par Nicolas Sarkozi ? qu'il en soit, c'est quand même un événement historique.

C'est la première fois qu'on a un président de la République qui se qui va en prison. C'est pas la première fois qu'on a un président de la République ex-président de la République condamné, mais qui va en prison. Oui, Paris Match et les médias en général doivent aussi raconter des événements qui sortent de l'ordinaire et qui marquent aussi l'histoire et en l'occurrence histoire politique de de notre pays.

Que Nicolas Sarkozy et ses proches est utilisé en revanche d'un d'un procédé mais qui a toujours fait partie finalement de l'histoire Nicolas Sarkozy depuis l'époque où était avec Cécilia qui est celle de la mise en scène et vraiment d'une starification. Oui, c'est évident, mais c'est intrinsèque à cette famille, c'est intrinsèque au fonctionnement de Nicolas Sarkozi. En l'occurrence, moi ce que je trouve intéressant aussi dans ce moment, c'est effectivement la dichotomie entre l'opinion.

C'est vrai que j'ai pas l'impression que l'opinion s'intéresse spécialement au sort de Nicolas Sarkozi. J'ai pas l'impression que en tout cas, il y a une levée de bouclier, mais c'est vrai que dans les milieux notamment de droite, ça a profondément choqué. Et je pense aussi que ça va contribuer à accélérer encore un peu plus le fossé qui existe entre entre politique et français.

Mais ça raconte aussi un moment de l'histoire politique de notre pays où nous sommes. Nous avons depuis les années depuis 1958 puis 62 décidé d'avoir un président de la République qui est élu au suffrage universel direct de façon très monarchique et cela induit de facto une starification de toutes les personnes qui vont prétendre à cette fonction et de toutes les personnes qui les qui les prennent ces fonctions. J'entends bien Loufritel et sans vouloir faire le procès cette fois-ci de de Paris Match.

On comprend que il y a un récit qui soit proposé par Nicolas Sarkozi, mais est-ce que c'est pas aussi le rôle des médias de prendre une certaine distance par rapport à ce récit là ? Parce que quand je regarde le dossier que vous avez consacré, il y a pas beaucoup de mots ou pas beaucoup de lignes qui renvoient en fait au fond de l'affaire. C'estàdire qu'on est vraiment quand vous quand vous titrez l'épreuve, on est dans une fonction un peu empathique émotionnelle.

On est du côté du camp de Nicolas Sarkozi. On est complètement dans l'émotion. Il s'agit vraiment d'entrer dans les coulisses de ce qu' a été de ce qu'ont été les derniers moments de Nicolas Sarkozi.

Heureusement, nous sommes dans un pays où il y a des presses différentes. D'autres presses s'occuperont de cela mais Paris Match, c'est pas vraiment sa sa ligne habituelle. Effectivement, nous c'est plus l'intime les derniers moments.

Quelque chose en fait d'un peu un peu voyuriste peut-être mais qui est demandé aussi et il est vrai que Nicolas Sarkozi a été un de nos personnages pendant des années. C'est un personnage lié à l'histoire de Paris Match aussi et donc au lecteur de Paris Match. Donc vous dites c'est c'est votre fonction finalement de mettre en image le récit qui a été proposé.

C'est ce que nous avons choisi et oui ça participe de notre fonction. Alors, comme vous dites, il y a plusieurs presses dans notre pays. Encore heureusement, nous sommes un pays qui peut accueillir de nombreux titres qui peuvent publier en liberté.

Médiapartement de cette presse indépendante et libre. Unes Abzu, vous avez consacré un papier sur le traitement médiatique. Comment vous le voyez ce traitement de ces derniers jours ?

Euh ben en réalité ce traitement, je trouve qu'il est assez euh homogène et et en fait je trouve ce qui est pertinent pour analyser un peu la qualité d'un traitement médiatique sur un sujet, c'est de d'observer à la fois euh ce qui est dit euh les les principaux éléments qui sont relayés hein là en l'occurrence et surtout la défense de Nicolas SarkoZi, les avocats de Nicolas Sarkozi qu'on a vu qu'on a vu à peu près partout sur tous les plateaux télé. Euh le on dit des des médias audiovisuels que sont des médias d'imag s'intéressent à une histoire si elle a quelque chose à raconter, s'il y a des personnages forts, si voilà des personnages un peu romanesques. Euh là en l'occurrence Nicolas Sarkozi c'est c'est un personnage assez assez romanesque.

Des moments forts dans ce procès, il y en a eu pendant les 3 mois d'audience où les médias audiovisuels ont été assez peu présents. Il y a eu des moments forts, notamment quand les familles de l'attentat du DC1 ont regardé Nicolas Sarkozi les yeux dans les yeux et l'ont lui ont reproché d'avoir frayé avec un avec un avec un dictateur qui est responsable aussi de de la mort de leur famille. Ça n'a pas du tout été raconté.

Et puis pour ce qui encore n'a pas été raconté, bah par exemple dans les médias audiovisuels, mais aussi dans la presse écrite, euh j'ai le souvenir de du JT de TF1 euh le jour de son de l'incarcération de Nicolas Sarkozy qui s'ouvre en fait sur voilà les moments d'émotion, la famille euh Nicolas Sarkozi qui a eu des derniers mots pour sa famille et les mots Libye financement illégal de campagne euh en fait tous les mots qui renvoie finalement à l'affaire de ce pourquoi il a été condamné. On a l'impression qu'à ce moment-là on est juste dans le registre émotionnel compréhensible. On se met à la place si on était fille ou fils de Nicolas Sarkozi, on serait sans doute triste à l'idée de voir son père incarcéré.

Mais là, on est sur un point de vue, on va dire, de l'ordre de l'intime. Louitel, vous en parlez tout à l'heure, c'était de l'ordre de la communication. Mais il me semble qu'il y a une différence entre communication et information.

Ou ouais, complètement. Bah effectivement en fait ce qui s'est passé c'est voilà le le moment de enfin Nicolas Sarkozi à défaut de pouvoir remporter la bataille judiciaire bah comme il le fait toujours à essayer de de mettre à son service ses bonnes connexions dans dans la presse et dans le monde des médias pour pour essayer de gagner la bataille médiatique. Et ce qu'il a fait lors de enfin la veille le jour de son incarcération, c'est rien d'autre que une éème tentative de reprendre la main sur le récit médiatique.

C'est ce qu'on a observé de la part des médias, c'est bah qu'ils ont effectivement relayé en masse ce récit en se rendant euh à la à la manifestation qui avait été organisée en relayant les éléments de langage à savoir qu'il y avait Foule qui s'était amassé pour lui témoigner de son soutien. Bon la foule c'est même pas 300 personnes. Ça suffit pour remplir une image à la télévision hein.

Même 100 personnes suffisent. Stéphane Durantouflant. Vous qui êtes journaliste au Figaro spécialisé sur les affaires judiciaires, quel regard vous portez-vous sur le traitement de ces derniers jours ?

Je le rappelle hein, vous avez suivi euh le procès pendant 3 mois. Et puis quel regard vous portez peut-être particulièrement sur votre journal à vous le Figaro ? Alors sur le traitement de ces derniers jours, je constate que en fait c'est un phénomène qui prend enfin on en parle parce que c'est Nicolas Sarkozi mais c'est un peu toujours pareil.

C'estàd que le séquençage fait que un moment dans les affaires judiciaires, ça commence par les faits diversiers qui sont sur le terrain et qui gratte des informations. Ensuite, quand il y a un procès, c'est les chroniqueurs judiciaires qui suivent le procès et puis après c'est d'autres gens qui assurent le service aprèsvente. C'està-dire que euh des commentateurs de tout poil, là il se trouvent que c'est des éditorialistes politiques et qui ont pris beaucoup la main.

Euh c'est drôle parce que ça fait un quart d'heure qu'on est là. On a toujours pas parlé du fond d'ailleurs. Je le remarque.

Alors ça tombe bien, l'émission dure 1 heure. Donc là, on va parler du traitement par du fond parce que ça on va pas faire une heure sur le traitement de de la mise en scène. Mais c'est intéressant ce que vous nous dites.

Vous nous dites voilà quelque part il y a plusieurs corps de métier et est-ce que c'est légitime que celui qui va faire le service aprèsvere comme vous venez de le dire soit peut-être l'éditorialiste politique à défaut d'être quelqu'un comme vous par exemple qui connaît le dossier par cœur ? sûr. Mais alors le ça c'est la question c'est pourquoi on n'invite pas les chroniqueurs judiciaires comme aujourd'h dans cette comme aujourd'hui [rires] et voilà et pour répondre complètement à votre question sur le le Figaro, le Figaro a suivi ce procès.

Moi j'ai été tous les jours, je suis j'ai raté une demi-journée d'audience de plédoirie pour des prévenus dont on avait peu parlé qui sont pas ceux qui retiennent l'attention pour d'autres raisons parce que j'avais un autre article à faire. Moi sinon, j'étais là tous les jours. Euh et euh en ce qui concerne moi, ma partie de chroniqueur judiciaire, j'ai dit dans le Figaro et j'invite vos auditeurs à à aller voir, tout est dedans du début à la fin.

Et comme d'habitude euh ça fait 35 ans que je travaille au Figaro et jamais je n'ai eu une consigne puisque je pense peut-être la question sous j'assente une consigne ou là là tu y vas un peu fort. Euh mes articles ont été publiés inextin et on m'a même demandé de faire des pages entières en cours de procès pour bien expliquer ce qui est en train de se passer parce que Thierry était là. Nous dans la salle d'audience, on a l'habitude et on comprend.

Et nous, contrairement par exemple à un éditorialiste politique lambda qui sait des choses que je ne sais pas, mais le chroniqueur politique, il ne sait pas ce que c'est qu'une association de malfaiteur et c'est fondamental et nous, on l'a bien expliqué. Enfin, personnellement, je l'ai bien enfin bien, je sais pas, mais j'ai fait tout mon possible pour que les lecteurs du Figaro soient pleinement informés de ce qui se passait pendant ce procès. Deux choses que vous nous dites importantes à l'instant. que vous en tant que journaliste Figaro, vous bénéficiez d'une liberté totale pour rendre compte de l'affaire et c'est ce qui permet peut-être d'effacer des soupçons que l'on entend beaucoup de connivance entre des milliardaires, des millionnaires, des gens qui dirigent les journaux.

Donc là, c'est le groupe d'assaut qui qui dirige le le Figaro. On sait très bien que Nicolas Sarkozy a des liens étroits avec beaucoup de monde économique. Vous nous dites voilà, j'ai eu toute la liberté de traiter cette affaire là.

Néanmoins, est-ce que votre voix a été entendue à la hauteur de certaines autres voix ? vous nous dites voilà personne enfin il y a pas beaucoup de beaucoup d'éditorialistes politiques qui savent pas ce que c'est que association de malfaiteurs. Est-ce que vous considérez que dans vos colonnes les éditoralistes politiques savent très bien ce que ça veut dire à de malfaiteur ou est-ce que vous êtes allé les voir en leur disant "Attends là tu tu as peut-être dit un peu n'importe quoi, je vais t'expliquer." Alors je suis pas allé les voir parce que j'étais au procès jubilard quoi quand Nicolas Sarkozi a été condamné et j'étais à Alboulé le soir.

Mais non mais très honnêtement j'ai pas suivi là. J'étais dans le jubilard. Maintenant, je sais ce que le Figaro a écrit là-dessus.

H moi j'aurais pas écrit ça. Voilà mais est-ce que les gens peuvent pas dire tiens je vais appeler on va appeler notre spécialiste justement des affaires judiciaires pour que il puisse un peu cadrer mes éléments de langage et éviter que je dise parfois des contrevérités parce qu'il y a eu des contr chose dans en général quel que soit le média dans lequel vous êtes, c'est quand même assez rare quand vous êtes spécialiste de quelque chose d'avoir un de vos collègues qui vient vous voir pour vous demander votre expertise sur l'inverse peut être vrai. Moi par exemple quand je je traite d'affaires politique là pour préparer cette émission, j'ai appelé Jean les Marie qui est politique, je lui ai demandé ce qu'il en pensait.

Et puis il y a il y a beaucoup de médias où c'est pas le cas et où en fait euh effectivement euh mais d'ailleurs ça crée des doublons, ça peut créer beaucoup de problèmes avec des sources notamment euh des gens qui les traitent depuis des années et qui euh un jour apprennent qu'un de leur leurs collègues l'a appelé et a dit n'importe quoi. Posé des questions qui qui étaient complètement hors de propos parce que effectivement c'était pas la bonne c'est c'est la personne le journaliste qui avait appelé n'était pas n'était pas au fait mais c'est quelque chose malheureusement qui arrive partout. Stéphan le jour de le jour du jugement de du prononcé du jugement donc j'étais à Alby et mais j'ai fait un article d'Alby pour expliquer le le qui a été publié un article pour expliquer pourquoi et comment on en était arrivé là où j'ai de nouveau expliquer tout ce qui avait déjà été dit dans le journal et qui a été publié c un jeudi je crois le jugement donc dans le journal du vendredi h Donc il ne reste plus qu' finalement qu' vos collègues il de lire leur propre journal oui mais après oui bien sûr Voilàanalyse.

Voilà, moi je suis pas non plus je pas la police de la bien sûr. Non, mais quand vous dites liberté d'analyse, c'est là où on va revenir un élément intéressant entre information et opinion. C'estd que chacun a le droit d'exprimer son opinion.

Après, il faut quand même que chacun puisse se reposer sur des mêmes faits. Il il y a des faits qui sont justement objectifs qui ont été celui du qui ont été dans le compte-rendu de ce procès là que vous avez justement repris, analyser, détaillé et je crois que là, c'est important pour notre métier que tout le monde puisse se baser sur des faits qui sont inattaquables à l'inverse d'une opinion qui est une opinion comme les autres. Mais mais la condamnation de Nicolas Sarkozy a aussi des répercussions politiques claires, c'est pas n'importe qui.

Et donc à partir de ce moment-là, c'est vrai que les les éditorialistes politiques font leur métier d'éditorialisme politique. You Abd moi je trouve que moins important en fait que la possibilité ou non d'écrire enfin de de faire entendre des voix plurielles dans dans un journal par exemple comme le Figaro, ce qui est aussi essentiel c'est la hiérarchie de l'information. Et ce qu'on on observe aussi souvent, c'est que par exemple un papier de chronique judiciaire, bah qui donne les éléments factuels du procès euh n'a pas la même place que un édito politique en première page de de du journal qui vient asséner les éléments de défense de Nic de Nicolas Sarkozy et qui enfin qui fait complètement obstruction des des des raisons qui ont été invoquées par le tribunal pour condamner Nicolas Sarkozi.

Et puis ce que vous disiez aussi sur le la nécessité de pouvoir s'appuyer sur des faits, bah effectivement enfin notre métier de journaliste, c'est d'abord de d'évoquer les faits et de donner aux citoyens les clés de compréhension de l'actualité et euh permettre au fond qu'il y ait un consensus minimal sur les faits qu'on que le débat démocratique puisse s'appuyer et commencer à partir des faits. Et quand et dans et aujourd'hui ce qu'on observe en fait c'est que les faits ont quasiment valeur d'opinion en fait. Euh on a on a entendu quasiment que voilà Nicolas Sarkozi, il était victime d'une injustice et et face à ça, on va mettre par exemple bah un chroniqueur judiciaire qui aura la matière judiciaire.

On va dire regardez ces deux-là se confrontent. Maintenant, je veux dire, on a un qui dit les faits et en a un autre qui qui donne son opinion. Mais mais vous dites voilà, c'était là-dessus que je voulais revenir Thierry Lev quand on a justement l'avocat de Nicolas Sarkozi qui dit qu'il y a aucune preuve dans le dossier, c'est c'est son jeu sans doute en tant qu'avocat.

Maintenant le la règle journalistique là à cet endroit-là lorsqu'on entend justement cette affirmation là qui n'est pas perçue d'ailleurs ni délivré comme une opinion mais comme une affirmation, le devoir c'est peut-être de dire bah si il y a quand même quelques preuves. Bah oui d'ailleurs Stéphane et nous tous on l'a écrit il y a des preuves il y a des preuves de l'association de malfaiteurs à savoir les rencontres de monsieur Géan et HEFu avec Abdallah Senous beau frrère de Kaddafi et criminel de masse auteur de l'attentat du DC10. Euh il y a le carnet du ministre du pétrole euh Chouriganem retrouvé après sa mort curieuse d'ailleurs à Vienne entre les deux tours de la présidentielle 2012 et euh qui mentionne trois filières de financement euh du la campagne enfin de la la campagne Sarkozy et il y a les flux financiers correspondants avec les montants exacts indiqués sur le carnet retrouvé sur les comptes de Takedine sorti ensuite en espèce.

Donc si tout ça c'est pas des preuves, je sais pas ce que de quoi de quelle preuve il faut pour condamner quelqu'un. Donc ces trois éléments par exemple, je les ai jamais retrouvé dans tous les éditoriaux, les déclarations politiques et cetera. On on tourne autour du fait que le tribunal a certes dit il n'y a pas de preuve que l'argent liquide versé par les Libyens parce qu'il a bien été versé dans la campagne.

Mais nous chroniqueurs jusire on sait que ça n'a pas d'incidence sur la la matérialité du pacte corruptif. Une fois qu'on est d'accord et que l'argent est parti le pacte corruptif il existe. Ensuite l'argent il est peut-être allé dans campagne Sarkozi.

Il est pas écrit que c'est pas le cas. il écrit qu'on les indices ne sont pas suffisants pour l'affirmer. Il est peut-être parti ailleurs, mais peu importe, le pacte corruptif, il est là et il est prouvé.

Donc ça, cet élément-là, il aurait dû être ça aurait dû être la base en fait de tous les commentaires sur cette affaire. Or, euh la base de tous les commentaires, c'est en réalité un une affirmation fallacieuse qui aurait pas de preuve. le Freetil une réaction par rapport à ce qui vient d'être dit entre cette base qui devrait être la base élémentaire d'une début de discussion et peut-être un traitement médiatique qui par certains égards a failli à rappeler cette base là pour promouvoir justement un autre discours.

Le problème c'est que moi j'aimerais bien être d'accord avec vous sur le fait que il y a des faits et rien que des faits qu'on peut pas les interpréter mais mais le problème c'est que ça s'interprète aussi et par exemple Nicolas Bastuc lui l'interprète de façon totalement différente et dit qu'effectivement ce pacte corruptive bah en fait vu que ça ne repose sur aucun Oui. Mais le tribunal lui il le retient c'est ça qui compte. D'accord.

Mais et s'il est en prison c'est à cause de ça. C'est pas Nicolas Bastu qui juge pas la FF. Mais d'accord mais le fait est que justement vous pouvez trouver d'autres experts qui vont dire l'inverse et en cela on va pas arbitrer avec des experts.

C'est le tribunal qui arbitre juste finir et puis et puis je vous rappelle qu'il y a une deuxième instance et que peut-être que la deuxième instance dira autre chose. Reste des hommes qui jugent en fait. Voilà c'est là où je veux en venir c'est que nous restons des hommes qui jugeons et que même avec toute notre bonne volonté en essayant d'être objectif dans nos matières en essayant d'être objectif lorsque l'on condamne un homme ça reste matière à interprétation.

Et en cela, vous avez donc une une faille que les gens peuvent utiliser pour remettre en question dans un sauce ou dans un autre. Je rappelle just rappelle juste que c'est une décision collégiale aussi. C'est pas qu'un seul homme ou qui j c'est déjà le fruit de plusieurs regards interprétation.

Pos le postulat poser le postulat que ce sont des hommes. Vous aurez toujours des gens pour dire puisque ce sont des hommes, ils sont faillibles. Donc on peut les remettre en question. 2 secondes.

On va donner la parole à Stéphane Durant soufflant qui la demande. Oui. Sur ce qu'a dit Thierry, j'ai pas grand-chose à dire. quand même un petit détail.

Nicolas Sarkozi était poursuivi pour quatre délits et il a été effectivement relaxé pour trois d'entre que l'association de malfaiteurs. Je rappelle financement illégal de campagne, corruption passive, recelle de détournement de fonds publics et association de malfaiteurs. Seul le dernier est revenu.

Voilà. Et donc quand il dit il on n pas le tribunal l'a dit qu'on a pas retrouvé un centime de d'argent libyen dans ma campagne et il a été relaxé de ce chef. Donc c'est pas faux.

Hm. il peut il peut quand même se prévaloir de ces des trois des trois relaxes dont il a bénéficié. Ça c'est vrai.

Ensuite, je crois qu'il y a une grande confusion dans l'esprit du public. En fait, les gens comprennent pas bien ce que c'est qu'une association de malfaiteurs. Je pense que dans l'esprit du grand public, et c'est ça aussi qui est qui est mis en avant par la défense d'une par toutes les défenses d'ailleurs d'une manière générale dans ce genre d'affaires d'association de de malfaiteur, c'est que on on a l'air de penser que l'association de malfaiteur, ce serait une espèce de circonstance aggravante qui viendrait se greffer sur un autre délit.

Or, c'est pas le cas. L'association de malfaiteurs, c'est un délit qui est autonome, qui existe tout seul. Pouvez-nous le rappeler justement ?

Profitons de vulgarisation ? une l'association de malfaiteurs, c'est un délit qui consiste avoir préparé un autre délit, quelqu alors un braquage, un attentat, enfin ça marche dans tout hein, l'association de malfaiteur et ça se caractérise par au moins un acte, un quelque chose de temps, il en faut au moins un. Et euh en France tous les jours, il y a des tas de gens qui sont condamnés pour association de malfaiteurs avec peu de choses en matière terroriste, en matière de stupéfiant, en matière de grande délinquence.

Là, ce qui est ce qui est inédit dans l'affaire qui nous intéresse, c'est que ce cette association de malfaiteurs a été glissée sur un dossier politico-financier. Pour faire quoi ? Ça était jamais arrivé.

Hm. Et et donc on on Non, oui, oui, oui, pardon. et et donc on dans la la défense médiatique est qui est organisée autour de ça, on dit aux gens, est-ce qui est facile à à entendre et qui comment dire qui qui parle au bon sens, comment est-il possible de condamner un homme puisque le tribunal a dit lui-même qu'il n'y avait pas d'argent libien dans sa campagne ?

Et donc on est sur cette espèce d'ambiguïté qui n'est pas maîtrisée parce que ça c'est plus long à expliquer. Voyez déjà là je rame depuis depuis 2 minutes, c'est plus long à expliquer que bah il y a pas d'argent libien. comment on peut condamner h d'où l'important justement d'avoir cette connaissance et juridique et des affaires pour pouvoir sur les les différents plateaux de télévision qui ont traité du sujet et ils ont été nombreux ces derniers jours.

Rappelezer ces éléments-lhier l'évêc. Oui. Alors, rappelez aussi un petit détail factuel puisque c'est bien euh que pour les auditeurs qui comprennent, le pacte corruptif, il est constitué à partir du moment où on s'entend et où sur le marché donc euh argent liben contre une démarche en faveur de monsieur Senouci et une démarche pour la Libye future quand monsieur Sarkozy sera président.

Donc le pacte corruptif, il est constitué. Pourquoi il y a pas corruption ? En réalité, le tribunal le dit sur un détail.

Il dit euh euh monsieur Sarkozy peut pas être déclaré coupable de corruption parce qu'il n'a pas agi comme euh euh personne dépositaire de l'autorité ou élu chargé de mission de services public. Il a agi comme candidat en vue de contrepartie lorsqu'il serait président dans le futur. Donc techniquement ça ne rentre pas exactement dans le texte légal mais le pacte corruptif il y est.

Donc c'est la raison pour laquelle on a habillé entre guillemets ces faits juridiquement avec l'association malfaiteur qui est le plus haut délit aussi du code pénal en terme de peine ça vaut 10 ans. Voilà. Mais en réalité c'est peu importe le le la qualification juridique, ce qui importe c'est la vérité du dossier.

Et donc tout ça ça s'est bien passé alors que pendant 10 années, on a dit qu' c'était imaginaire. Voilà. Et on rappelle évidemment que Nicolas Sarkozi a fait appel et et que ce ce ce on peut lui remettre la corruption en appel puisque le parquet a fait appel aussi.

Le frit, vous souhaitez Non, je je suis d'accord avec ce vient d'être dit. Effectivement, Nicolas Sarkozy est un citoyen qui a été condamné, qui est présumé aujourd'hui innocent, qui pourra se présenter à nouveau dans un procès en appel, mais ce n'est pas une victime. S'il y a des victimes dans cette affaire, ce sont les 170 morts de l'attentat du décès 10.

Cet attentat a été perpétré, commandé, organisé par le colonel Kaddafi, le dictateur des dictateurs, son beau-frère Abdallah Senousi. Ces deux personnes avec lesquelles monsieur Sarkozii, monsieur Hortfeu, monsieur Géant ont commercé. Marchandisé, voilà de quoi on parle et c'est pour c'est fait là d'une extrême gravité qu'aujourd'hui dans un délit d'association de malfaiteurs, monsieur Sarkozy est en prison.

Il y restera un mois, 2 mois, peu importe. Ça ne nous intéresse pas. Ça ne nous intéresse pas non plus, nous les familles de cet attentat de savoir combien il y a de mètres carrés dans sa cellule, quel bouquin il a emmené dans son pactage, ce qui va manger et qui va lui rendre visite.

Ça ne nous intéresse pas. Daniel Clin donc la sœur d'une victime de l'attentat du DC 10 et partie civile du procès. You Abzut, je le dis, vous vous travaillez sur l'analyse des médias pour pour le journal médiia part.

Est-ce qu'on peut considérer qu'il y a une sorte d'invisibilité ou d'invisibilisation de ces victimes ? On les a pas beaucoup entendu, on les a pas beaucoup vu dans les médias. Ouais, on les a même quasiment.

Enfin, moi j'ai pas le souvenir de les avoir vu à part peut-être sur France info sinon en dehors de ça euh on les a pas du tout vu et alors que précédemment elles sont quand même au cœur de ce procè enfin le tribunal leur a même reconnu un statut de de de partie civile voilà et leur a leur a accordé des des dommages et intérêts. E donc voilà donc effectivement ils ont complètement été occultés du traitement médiatique sur sur le sujet. Ouais.

Vous avez effectivement la la même sensation vous qui avez donc suivi l'un et l'autre Stéphane Durant soufflant ou Thierry Lévêc ces 3 mois de procès et d'ailleurs je crois qu'il y a eu des moments très forts avec il eu un moment il y a eu un moment très très fort en effet quand le il a il leur a été donné la parole et plusieurs de ces partis civiles sont venus au micro et d'ailleurs avec beaucoup de dignité mais de de manière très très dure. En gros, tout disait, on a on a été révulsé quand on a vu Kaddafi planter sa tente dans un jardin de la République lors de sa fameuse visite. Je sur la la sur la recevabilité, c'est vrai que on s'interrogeait sur la recevabilité de des victimes d'un attentat euh tel que celui-ci dans une affaire politico-financière.

C'était un peu inhabituel mais les partis s'il ont été recevables et en ce qui concerne le Figaro, j'ai j'ai traité euh avec de des citations pas le jour même de de leur déposition mais dans un article récapitulatif que j'ai fait dans la foulée et donc les lecteurs de mon journal ont été informés de ce qu'avait dit et pensé les les partis civiles et de la réponse que leur avait faite Nicolas Sarkozi. tirer l'évêque sur justement les familles de victimes. Oui.

Alors évidemment ça donnait un peu la on va dire la moelle de ce dossier financier puisque les dossiers financiers ils sont pas toujours très couverts dans les rédactions parce que c'est vu comme abstrait. Bon à mon sens d'ailleurs c'est faux mais c'est un peu le sentiment qui plane on va dire au-dessus de ces procès. Mais là il y avait de la chair humaine en quelque sorte.

Il y avait de la soupincarnation en tout cas il y avait de l'incarnation possible. et là il y avait des portraits possibles à faire et donc l'enjeu de ce process de dire est-ce que le plus haut au niveau de l'État est allé négocier avec un criminel de masse à savoir monsieur Senusi dont on sait il est condamné à perpétuité en France qu'il a commandité c cet attentat là et un autre d'ailleurs contre l'OKby à Loirerby en Écosse avec un total de plus de 400 morts et donc que la réponse soit oui dans le jugement et Ortefeu et Géant ont reconnu au procès être allé discuter avec monsieur Senusi. Bien sûr, ils ont expliquer qu'ils avaient parlé de la pluie du beau temps.

Le tribunal explique dans son jugement qu'on peut pas le croire puisque un tel personnage, on va pas le rencontrer par hasard pour discuter de choses ordinaires. Donc ça aussi, ça aurait dû être au cœur des commentaires cette affaire. Est-ce qu'on a déjà vu un dossier aussi grave où des ministres de la République sont allés discuter avec quelqu'un sous mandat d'arrêt international recherché par la France pour avoir tué 54 Français ?

Et je le retrouve pas cet élément. Et pour bien comprendre justement sur cette affaire là que reste-t-il justement des poursuites qu'il y avait à son à son encontre à ces nous ? C'est toujours valable puisqu'il y a un mandat d'arrêt international délivré par la cour d'assis qui l'a jugé en 1999 par défaut et donc il est aux dernières nouvelles incarcéré en Libye actuellement.

Peut-être un jour sera-t-il remis à la France pour et à ce moment-là il pourra être jugé à nouveau pour cette affaire du décis. Donc c'est peut-être pas terminé non plus sur ce volet là. Lou Frel, j'entendais bien ce que vous nous disiez sur l'ADN de Paris Match qui est celui justement des des stars, des personnalités médiatiques.

Toute façon, Nicolas Sarkozy est un homme politique et aussi une star. D'ailleurs, il a largement surfé sur cette pipolisation dont on parlait il y a une quinzaine d'années. Il se mettait torsenu en une et cetera.

Il a eu des histoires d'amour avec des femmes très médiatiques. Il a utilisé justement ça comme un ressort de sa communication à la Kennedy. À la Kennedy, exactement.

Néanmoins, ce qu'on vient d'entendre justement sur les victimes du décès 10 là, peut-être qu'il y avait matière tout de même à consacrer des portraits. Euh je le disais, on dans la presse, les portraits, c'est une clé d'entrée assez facile qui génère de l'émotion justement. Est-ce qu'il y aurait pas une possibilité que votre lectorat à un moment donné se retrouve dans l'émotion ?

Écoutez, pour le coup, je ne sais pas si le chroniqueur judiciaire en a fait au moins pour le service web, mais j'imagine que oui. Alors, je vais pas m'avancer, je ne sais pas. En l'occurrence, oui, ce sont de c'est le genre de portrait qui est tout à fait intéressant, surtout dans Paris Match, mais là où j'écoutais ce que vous disiez tout à l'heure sur justement l'aspect euh politico-financier pour les gens, c'est euh c'est compliqué et là effectivement ça donnait un petit peu de de matière.

Il y a aussi une chose qui est qui est dramatique malheureusement. On parle d'ancien ministre on parle d'un ancien président de la République. La justice de facto français lente permettant d'avoir des preuves tangibles.

Mais cette lenteur a fait aussi qu'on s'est complètement désintéressé d'un dossier pendant plus de 10 ans. Il y a quand même ça. Et donc quand vous avez les téléspectateurs, les lecteurs 10 ans plus tard, cela d'ailleurs ont pour certains changé, les journalistes en charge de ces dossiers pour certains ont changé. vous retrouvez aussi avec effectivement en que de comète des personnes qui se retrouvent sur les avec sur les épaules un dossier extrêmement complexe avec un public qui n'y comprend rien qui finalement n'y est plus forcément attaché parce que Claude Guéan il a 80 ans à l'époque c'était quelque chose de d'impressionnant ce qui ce qui est son sa mise en examen aujourd'hui.

Plus personne honnêtement ne sait qui est Claud. En fait, ce que vous nous dites, c'est que le c'est pas assez attractif pour pour les médias de raconter ça. Non, c'est c'est pas ça que je suis en train de dire.

Ce que je suis en train de dire, c'est que s'il y a un désintérêt aussi et donc aussi c'est à cause de la longueur de des procédures judic. Oui. Et un mauvais traitement parfois, c'est aussi à cause de ça parce que effectivement ce sont des dossiers qui nécessitent déjà parlons de la profession, c'est quand même une profession assez précaire.

Vous en avez pas beaucoup des journalistes finalement qui sont en poste dans des journaux pendant des années. La plupart aujourd'hui sont euh sont indépendants. Donc de pouvoir couvrir un dossier pendant plus de 10 ans pour un journal ou plusieurs journaux, mais en tout cas d'avoir cette possibilité en sachant en plus chroniqueur judiciaire, vous vous le savez que ce sont pas forcément les papiers les plus lus et qu'aujourd'hui on est soumis en plus à une à une une pression de la de l'audience et de la lecture.

On peut le voir en en en sur sur les sites par exemple. Exactement. d'avoir cette possibilité de pouvoir le suivre au jour le jour, de pas devoir être sur 15 dossiers en même temps et cetera.

Aujourd'hui, c'est extrêmement rare. C'est aussi dû à une précarisation du métier. Un Abzus, est-ce que parce que là on se rend compte aussi, c'est la couverture de ce procès.

Alors là, l'ofride, elle vient nous elle nous vient nous donner des éléments qui pourraient expliquer euh alors c'est même pas du désintérêt, c'est structurel ce que vous évoquez sur le fait que l'affaire a peut-être pas été traitée à sa juste valeur. Qu'est-ce qu'on peut dire de la manière dont ce procès euh comment ce procès a été couvert ? Est-ce qu'il a été justement bien couvert, suffisamment couvert ? par les médias.

Euh bah euh pour Ouais quantifier la manière dont il a été couvert, ce qui est assez significatif, c'est de constater que et nos collègues chroniqueurs judiciaires le savent mieux que moi, mais pendant les 3 mois d'audience, il y avait quasiment pas enfin il y a pas une télé, pas une radio essentiellement je crois à peine une dizaine de journalistes qui étaient présents à chacune des à chacune des des journées d'audience. Donc ça fait Ouais, ça fait 7 h journalistes de presse écrit et à chaque fois qu'il y a eu une occasion un peu intéressante, importante de pour les télés ou les radios de de venir couvrir le procès, ça a été en fait bah par exemple pendant la la plédoirie de des avocats de Nicolas Sarkozy euh ou euh plus tard le 25 septembre dernier, donc au moment où la condamnation de Nicolas Sarkozi a été connue et en fait en fait on a presque l'impression que que l'affaire des financements libiens a démarré Au moment où Nicolas Sarkozi est sorti de la salle d'audience et a a été mis au courant de sa condamnation à 5 ans de prison, il est sorti, il a commencé à livrer ses éléments de de langage, à savoir qu'il était innocent, qu'il avait été reconnu, enfin qu'il avait été disculpé de trois des quatre grièves qui avaient été retenu contre lui. Et en fait de de cela a découlé toute la couverture médiatique qui s'en est suivi en fait comme si Nicolas SarkoZia avait donné un peu le de tout ce qui s'est suivi par la suite.

Et pour peut-être essayer de comprendre pourquoi est-ce que ça a été si mal couvert ou si peu couvert, je pense que au-delà voilà de la précarité et cetera, des journalistes qui connaissent cette matière, il y en a beaucoup. Ils ont jamais été ou très peu invités sur les plateaux télé. Je pense qu'il y a d'autres raisons.

Il y a les celles qu'on connaît à savoir le fait que Nicolas déjà il y a un peu une manière de une sorte de défense de classe. On l'a vu, moi ce qui m'a beaucoup marqué c'est sur ces news à un moment donné même récemment sur Europe 1 aussi un proche de Nicolas Sarkozi qui a dit "Mais la prison c'est pas fait pour des gens comme nous, c'est la prison c'est pour les animaux. Qu'est-ce que ça veut dire ?" Enfin, c'est quand même un peu surprenant ça.

En gros, il y a un peu une espèce de défense de classe de dire voilà la prison, c'est pas pour la délinquence au col blanc, c'est pas pour des gens comme Nicolas SarkoDi, c'est pour des criminels, des gens qui trafiquent euh voilà les entre guillemets les PA, c'est pas c'est pas pour le le la grande classe politique. Et puis il y a aussi le fait que bah Nicolas Sarkozi, il ait des liens très étroits avec beaucoup des propriétaires de presse que qui détiennent les 90 % des médias. Aujourd'hui, il est au conseil de surveillance de la Gardèire.

La Garder qui possède Europe 1, qui possède aussi le journal du dimanche. On a vu la couverture qui en a été faite dans le journal du dimanche et dans Europin et sur Europe 1 quasi uniquement en défense de de la version Nicolas Sarkozi. Il est aussi enfin sur ces news propriétaire de du milliardaire ultra conservateur Vincent Boloré.

Euh bah Nicolas Sarkozi en 2007, il fête sa victoire électorale sur le yach que lui a prêté Vincent Boloré. Euh enfin je veux dire et puis pour finir Martin Big le propriétaire donc de TF1 et de LCI bah c'est ni plus ni moins que le témoin de mariage de Nicolas Sarkozy et le parrain de l'un de ses fils. Donc en fait une fois qu'on a tous ces éléments là, on comprend un peu les liens d'intérêt qui qui unissent tout ce c'est des liens d'intérêt mais il y a pas non plus de corrélation immédiate pour le fait qu'il soit parin et que ça soit pas traité puisqu'on voit j'entends ce que vous dites mais on sait qu' un journal et vous le savez c'est une multitude de journalistes aussi qui essaent de faire on disait tout à l'heure avec le le Figaro, on pourrait tout à fait penser que le Figaro pourrait avoir des liens très proches avec Nicolas SarkoZi et puis on entend quand même Stéphane Durant Soufflant qui nous dit qu'il a toujours écrit librement même s'il est toujours important pour la transparence de rappeler toutes les liens que vous venez que vous venez de faire à l'instant.

Un Youes. Oui. Juste une chose sur ces news donnent une image mais il y a pas que ces news dans le paysage audiovisuel français et en l'occurrence j'ai vu aussi les autres chaînes d'info.

Souvent c'était effectivement c'était pas souvent des chroniqueurs judiciaires mais le binôme qui s'installait c'était un journaliste politique et un un juriste, un magistrat et voir deux magistrats si cela n'était pas forcément d'accord. euh il y avait du contradictoire et globalement quand même le débat s'est plus focalisé et c'est vraiment dommage sur la question de l'exécution provisoire plutôt que sur le fond. Et en fait c'était c'est là je pense le péché originel c'est que l'exécution provisoire 6 mois avant on avait eu un autre cas c'était celui de Marine Le Pen où là les journalistes politiques euh l'avaient beaucoup plus suivi parce qu'effectivement c'est un personnage politique actuel donc il y avait un petit peu plus d'intérêt et surtout c'est c'est c'est là-dessus qu'ensuite la classe politique en tout cas à droite s'est focalisée aussi pour remettre aussi en cause certaines de ces condamnations c'est qu'en fait c'était pas la question du fond c'était pas forcément la question la personnalité, c'était cette partie là spécifiquement justement sur l'exécution provisoire, je profite d'avoir Stéphane Durant soufflant à mes côtés, Thierry Lévêc, des des des spécialistes.

Là aussi, ça a été pas très évident à comprendre pour le public. Exécution provisoire. Qu'est-ce que ça veut dire ?

Dans quel cas ? On a vu aussi toute la rhtorique de Nicolas Sarkozi où on se disait finalement on le met que elle s'exécute que uniquement lorsqu'il y a une menace de fuite à l'étranger. Alors lui disait je vais pas partir demain.

Or, ce n'est pas tout à fait ça l'exécution provisoire. Stéphanie en soufflant. à l'exécution provisoire des peines euh de prison supérieure ou égale à 5 ans euh c'est je crois 86 ou 90 % de donc c'est un peu la règle, on va dire ça, même si des gens ont le droit de faire appel et restent présumés innocents et ont le droit de se défendre.

Euh évid mais c'est c'est toujours vrai, on est toujours un peu on est un peu pris en otage dans dans ces affaires très spectaculaires parce que il y a des répercussions politiques majeures, des interprétations et tout ce qu'on veut. Euh l'exécution provisoire euh de la même manière pour pour Marine Le Pen a créé une une intense émotion. Alors c'est pas les mêmes situations, c'est pas les mêmes faits et cetera, mais Marine Le Pen est une candidate potentielle euh à l'élection à la prochaine élection présidentielle.

Voilà. Nicolas Sorkozi, à notre connaissance n'est pas candidat mais c'est une personnalité majeure de la de la vie politique de de ces dernières années. Donc le fait qu'il y ait des exécutions provisoires euh tout d'un coup en fait le le on se réveille et on se dit "Ah l'exécution provisoire existe" mais enfin nous on envoie tout le temps des exécutions provisoires et et il y en a dans les tribunaux au comparion immédiate.

C'est pas les mêmes choses mais ce sont des exécutions provisoires à tous les coups et au cours d'assise aussi. Les exécutions pour toi à tous les coups et au cours d'assise aussi, c'est bien de le rappeler. France Culture Louis, tu sais que ton père c'est un voleur.

La fabrique de l'information sur le service public, ne pas s'attendre à de telles choses aurait été déraisonnable. François Celtiel et on parle donc aujourd'hui dans la fabrique de l'information du traitement de l'incarcération de Nicolas Sarkozy. Nous sommes en compagnie de Lou Frel qui est journaliste politique à Paris Match, de UNES Abzuz journaliste qui couvre les médias médiia part du chroniqueur judiciaire du Figaro Stéphane Durant soufflant et de Thierry Lévêque journaliste indépendant qui a couvert le procès pour le site les jours et avec Mélanie Chenoir que j'ai présenté en début d'émission qui travaille pour Coréen International et peut-être l'occasion de se demander Mélanie quel a été l'état de la couverture justement de cette affaire là du côté de la presse étrangère.

Alors ce qui est assez frappant, c'est qu'il y a une forme d'unanimité dans les médias internationaux et ça arrive assez rarement dans la presse de gauche comme dans la presse de droite, il y a eu une avalanche d'articles sur le sujet avec des critiques assassines de la figure de Nicolas Sarkozy en raison de la gravité des faits pour lesquelles il a été condamné. On peut citer par exemple la Frankfurter algemined, journal conservateur allemand qui décrit Nicolas Sarkozi comme un récidiviste qui sape les valeurs fondamentales de la République. Dans le télégraphe britannique également conservateur, on écrit que Sarkozy se voyait entrer dans les manuels d'histoire en grand homme d'état.

Il restera dans les mémoires s'il y reste. Comme l'escroc qui a traîné dans la fange non seulement la fonction présidentielle mais la République toute entière. Et même donc sur le continent africain, on a le Jelly, journal guinéen, qui voit dans cette condamnation une forme de justice morale pour de nombreux africains.

Il estime, donc je cite, "Nicolas Sarkozi, pai aujourd'hui les péchés accumulés sur le dos du continent." Et depuis la condamnation, quel regard portent les journaux étrangers sur les réactions que ça a pu susciter en France, notamment les attaques contre le système judiciaire ? Oui.

Bah là aussi, il y a un constat assez unanime qu'on pourrait résumer en un mot et ce mot c'est effarant. Donc je vous donne quelques exemples pour donner une idée du ton. Euh dans l'hebdomadaire libéral allemand site, on peut lire ce qui est particulier en France, c'est qu'après le jugement, souvent ce ne sont pas les condamnés qui se retrouvent sous pression, mais les juges.

La magistrate qui a jugé Le Pen coupable de détournement de fonds public a fait l'objet de menaces et d'insultes. Sarkozi a reçu le soutien de dizaines de journalistes, en général conservateurs, qui ont qualifié sa peine d'inhabituellement dure et reprocher à la justice de ternir l'image de la France. Et donc même constat un peu pour notre confrère américain Alexander Hurst qui est chroniqueur au gardien.

Pour lui, on assiste même à une forme d'américanisation de la société française. Début octobre, il nous disait dans un entretien, "Ce qui me choque, c'est de voir la France suivre la voie américaine. Tout le monde devrait être outré de voir un ancien président attaquer la justice française, une institution qui sans conteste travaille de manière impartiale.

Et maintenant que Nicolas Sarkozy est incarcéré, est-ce que ça s'est un peu essoufflé à l'étranger ou ça continue à faire couler de l'encre ? Alors ça continue et ce qui surprend surtout c'est le soutien dont bénéficie Nicolas Sarkozy de la part d'une partie de la classe politique et de l'opinion. La journaliste allemande Annika Yurus par exemple relève cette inversion des rôles.

Le coupable devient une victime, on en parlait y compris sur les plateaux de télévision où je la cite, on parle de ces trois pulls qu'il emmène et des livres qu'il a choisi pour se montrer comme un personnage tragique, héroïque et le plus surprenant pour notre coneur allemande, c'est de voir que ça fonctionne puisque beaucoup de médias français tombent dans le piège. Ils reproduisent, dit-elle, les images que Nicolas Sarkozy veut que nous voyons de lui le héros tragique. Merci euh Mélanie pour cette fenêtre sur la presse justement étrangère.

Unes Abzus, peut-être une réaction par rapport à ce qui vient d'être dit notamment l'américanisation. Est-ce que c'est quelque chose que vous avez évoqué aussi ? Un peu une séquence trumpienne ce qui vient de se passer là.

Ouais, totalement. C'est-à-dire que que comme je le disais, à défaut d'avoir gagné la bataille judiciaire, bah Nicolas Sarkozi essaie de gagner la bataille médiatique et pour y parvenir, il a besoin en fait des d'effacer le réel, de couvrir la la réalité des faits qui ont été mis en évidence par les 10 ans d'instruction. Euh et donc pour ça effectivement il il met à son service tout un tas de enfin toutes ses toutes ses connaissances, toutes ses toutes ces tous ces réseaux tentaculaires dans les médias.

Et puis aussi, je trouve un un élément euh intéressant effectivement ce qui est euh souligné à l'étranger, à savoir euh voilà cette manière que qu'on a nous en France de se focaliser sur euh euh ses conditions, les conditions de son incarcération et cetera et puis le fait que une partie de la classe politique le soutienne, c'est d'autant plus surprenant que que voilà, je en fait on assiste un peu à une à une défense de en fait une classe politique qui se mobilise pour assurer son impunité. On a vu des soutiens de Marine Le Pen qui qui ont même l'intention de déposer une une proposition de loi pour que les les personnes qui se présentent à des élections ne puissent plus être condamné à une peine d'égilibité ou que il puissent plus être frappé par une exécution provisoire. Il voit midi à leur porte plutôt que de rentrer dans le récit médiatique.

C'est un moyen de Oui, voilà. Mais c'est en fait c'est une défense de classe qui s'organise, c'est-à-dire en fait, on a quasiment une attaque contre l'abolition des des privilèges qui est quand même bah qui est quand même un un acquis de de la Révolution française et et c'est à ça qu'on s'attaque. Et les médias de fait quand il participent à quand il ils tendent la main de de à Nicolas Sarkozy, to le micro et tourne la caméra effectivement.

Voilà. Exactement. Bah il participe en fait à donner de de la force à ce à ce récit là.

Alors, je je pense que c'est malheureusement moins euh recherché que ça. Honnêtement, euh le système politique dans lequel on est aujourd'hui avec une élection du président de la République au suffrage universel direct où on est complètement happé par cette élection que ce soit journaliste, politique, français euh dans cette perspective là, en ayant l'impression que tout va changer avec l'élection d'un monarque républicain, c'est Miss France tous les 5 ans et bien ça crée aussi ça et ça fait qu'après Nicolas Sarkozi s'engouffre dans la brèche pour faire un récit médiatique qui fonctionne parce que en fait il est en campagne permanente. Voilà. et en campagne en coup d'éclat médiatique permanent.

Euh Stéphane Durant soufflant, est-ce que finalement cette affaire-là ne révèle pas aussi le manque bon de de connaissance, on va dire, de la manière dont la justice fonctionne du côté de la population française ? On le dit aussi sur d'autres thématiques quand on parle de sciences par exemple ou de santé et peut-être un problème aussi de la communication de l'instance judiciaire elle-même. Là l'institution judiciaire en ce moment se pose beaucoup de questions sur sa propre communication en effet puisque les jugements sont rendus bon dans des salles d'audience où tout le monde ne peut pas entrer.

Le jugement de l'affaire libyenne puisqueon on parle de celui-là, il fait 400 pages. C'est pas les 400 pages les plus fun à lire hein. c'est tout fu et il y a pas pour il y a pas il y a pas de d'œuvre pédagogique qui est mise en en œuvre par l'institution judiciaire mais là depuis peu là il commence à se demander justement comment faire pour être mieux compris mieux et mieux expliquer leurs propres décisions qui sont maintenant rendu il faut le dire le plus souvent dans un français moderne ce qui a pas été le cas longtemps il y avait des des phrases qui étaient même carrément incompréhensibl c'est compréhensible dans ces affaires là c'est compliqué C'est tout fu il faut il faut prendre le temps.

Mais c'est vrai que même si l'institution apprend peu à peu communiquer sur des petites choses sur sur des grandes sur des grandes affaires comme ça, en effet serait bien que il y ait des qu'on entende des voix aussi de magistrats qui expliquent et qui donnent au moins un cadre qui vulgarise et qui explique les choses en le rendant accessible à tout le monde en fait accessible et et et irréprochable. C'estàd qu'il donne du vraiment du factuel. Voilà, on a condamné pour si pour c pour ça, on a relaxé pour si pour ça.

Oui, ça me rappelle même le moment du Covid où on avait de temps en temps justement des déclaration officielle qui clairement nous disait objectivement où est-ce qu'on était et cetera à Tier l'Évêque. Bah justement le président du tribunal de judiciaire de Paris, Pman Galet Marsban est allé, c'est plutôt une une première hein, deux ou trois fois sur des médias nationaux, expliquer la décision, expliquer que l'exécution provisoire c'était la règle et cetera. Bon, on envisage les pores-paroles maintenant des juridictions, mais enfin vu le manque de moyens parce qu'il faut souligner ça aussi, je pense qu'on en a encore loin.

Cela dit, les journalistes, ils sont là pour expliquer les jugements. Je veux dire, s'il y a des choses incompréhensibles, c'est bien pour ça qu'il y a des médias pour les expliquer à l'opinion. Mais ça ferait pas de mal.

On pourrait avoir Ça ferait pas de mal. En effet, ça ferait pas de mal. Mais enfin, moi je pense quand même que la réflexion que la la profession devrait mener, c'est que ce procès en réalité, il a pas été couvert normalement.

Stéphane parlait du procès jubilard par exemple, on a eu des des papiers tous les jours des 20h tous les jours. La maire de Jubilard qui l'a mis en cause lors du procès, je crois a même été invité au 20h où il y a eu un sujet sur des affaires criminelles qui sont Ah oui, mais quoi c'est différent d'une affaire de corruption ? Président, on devrait faire des papiers, des plateaux de télé sur c'est une affaire essentielle puisque d'abord il y a le président et ensuite ça met en cause la diplomatie, les relations internationales de la France.

Donc ce procès peut pas être laissé de côté comme ça. Et puis d'un seul coup, on va faire de semaines de presse pour essayer d'expliquer ce qui s'est passé au milieu du tumulte. Je pense qu'il faut revoir le dans les rédactions la couverture de ce genre d'événement.

On peut espérer justement que ce procès et ce traitement servent à une prise de conscience et peut-être espérer même que le que l'appel soit mieux suivi et mieux couvert par les médias Lou Frel. Ça me fait penser ce débat à un autre qu'il y a eu le moment où il a fallu euh penser à mettre des des euh des caméras, à rediffuser en fait les séance à l'Assemblée nationale. Il y a eu le même genre de problème pendant euh pendant longtemps.

Effectivement, c'était que les journalistes qui étaient là pour rapporter ce qui s'y déroulait. Mais effectivement, si vous voulez faire en sorte que le citoyen puisse comprendre, euh il faut aussi lui donner accès. Or effectivement, une salle d'audience, c'est petit, euh c'est maintenant, vous le dites, c'est un français plus moderne.

Euh à l'Assemblée, c'est pas forcément un français plus moderne, mais en tout cas euh c'est des c'est des réflexions qui ont eu lieu déjà dans d'autres dans d'autres secteurs. 14h52 sur France Culture, l'heure de partir en Corée du Nord. France Culture, la fabrique de l'information.

C'est la chronique de Mélanie Chenoire. Vous nous parlez aujourd'hui Mélanie d'un récit de voyage pas tout à fait comme les autres. Oui, celui de touristes russes qui ont [musique] choisi de passer leurs vacances dans un pays où ils sont à ce jour les seuls au monde à être admis. la Corée du Nord.

Donc après des années de fermeture aux étrangers, le pays de Kim Jongun accueille depuis 2024 des ressortis sans russes. Dans un article paru hier dans Courrier International et disponible en ligne demain, le médiarusse indépendant Vetir publie les témoignages de trois de ses vacanciers qui partagent leurs impressions à propos du pays le plus fermé au monde. Et dès le décollage vers Pyongang, les anecdotes sont savoureuses.

Dimitri Chaf, informaticien et photographe de 26 ans originaire de Saint-Pétersbourg en croit à peine ses yeux à l'aéroport de Vladivostock. Et pour cause, l'avion était un vieux Toupolf, appareil soviétique conçu dans les années 60 et qui n'est plus produit en série depuis 2013. "Déjà que j'ai peur de prendre l'avion", raconte-t-il, là, j'ai été franchement choquée par ce petit coucou complètement archaïque.

On a été secoué tout le vol et à l'atterrissage, je me suis enfoncée dans mon siège par instinct. C'était comme si l'appareil lui-même voulait nous faire faire un petit saut dans le temps. Et cette idée du saut dans le temps, c'est justement une impression qui revient beaucoup dans les description qu'on retrouve dans l'article.

Absolument. Et c'est ce que raconte Daria Zupkova, originaire de Moscou, l'une des premières Russes à avoir visité le pays depuis l'ouverture de la frontière de Pyongyang. Elle retient l'image d'une capitale où les habitants semblent certes vivre une vie normale, mais où on est comme figé dans le passé soviétique.

J'ai l'impression, dit-elle, de revenir à mon enfance. Même l'éclairage, on dirait qu'il sort d'un film d'époque. Alors bien sûr, toutes leurs visites ont été strictement encadrées avec un planning millimétré, toujours en présence d'un guide.

Il leur était formellement interdit de prendre des photos des militaires par exemple et même des habitants sous prétexte de respecter leurs droits à être à leur avantage sur les photos. Il leur été aussi interdit d'apporter des livres dans leur valises pour éviter d'importer des publications potentiellement subversives. On parlait des livres justement dans les valises.

Encore Lia. Continuez Mélanie. Oui.

Euh et donc à ce propos, les vacanciers russes émettent aussi des avis critiques euh sur ce qu'ils ont ce qui leur a été donné de voir. Pour Daria Zupkova, par exemple, Pyong fait mentir les clichés qu'on associe à la Corée du Nord. On dit que les magasins sont vides, mais j'ai pris des photos des kiosques et des magasins, raconte cette vétérinaire de 35 ans.

Les vitrines étaient remplies de produits alimentaire, des bananes, des pommes, des boissons, des snacks, beaucoup de couleurs, de jolis emballages. Moi, c'est ça que j'ai vu, c'est mon témoignage à moi. Mais à l'inverse, Dimitri décrit une forme de mise en scène.

Il raconte : "Tu as la sensation désagréable d'être pris au piège dans un décor. les étales chargé de fruits, les librairies qui regorgent de livres, les gens bien habillés, smartphone en main, brushing impeccable. Et à un moment, tu vois que le même magasin juste en face n'a rien dans ses rayonnages et tu comprends qu'on t'a mené par le bout du nez.

Et lire ce genre d'analyse critique dans un média russe alors même que Vladimir Poutine et Kim Youngun resserrent activement leur lien depuis 2024. Qu'est-ce que ça nous dit de la source ? Bah effectivement, c'est assez rare pour être souligné.

C'est un médiia russe indépendant, une source qu'on reprend d'ailleurs pour la toute première fois à Courer International parce qu'elle est relativement nouvelle. Vetir a été fondé en 2023, d'abord sous forme de chaîne YouTube et puis après des restrictions imposées à la plateforme par les autorités russes, un site internet a été créé en complément. On peut y trouver des reportages, des interviews, des enquêtes russophones grâce au travail de journalistes basés en Russie mais aussi d'autres installés à l'étranger comme c'est le cas de l'autrice de cet article.

Et donc tout comme le médiia russe en exil, Nova Gazzetta Europe et quelques autres, ces sites d'information indépendant sont ceux qui nous permettent de voir une autre réalité pour aller au-delà du discours officiel donné par les médias proches du Kremelin. Et c'est un peu ce qui nous manque en Corée du Nord. C'est pourquoi les récits comme celui publiés par Vetir sont particulièrement précieux.

Merci beaucoup Mélanie et je rappelle que cette chronique est à retrouver en image sur les réseaux de coural et également sur le site Radio France à la fabrique de l'information. Stéphane Durant sououfflant, je parlais justement de de l'appel qui qui aura lieu. Est-ce qu'on peut espérer que que ça soit mieux couvert par les médias qu'il y ait une sorte de fait de rattrapage par rapport à cette affaire là au moment de l'appel ?

Il faut toujours espérer et on peut toujours faire mieux tous autant qu'on est sur sur la le fait que les le les notamment les télévisions n'est pas été là tout le temps. Je c'est sans doute vrai. C'est vrai que je fais pas très attention à qui est là, qui n'est pas là, mais c'est devenu une tendance maintenant.

Bon, dans tous les process, c'est que le le les télés ont pris l'habitude de venir au moment dit important, l'ouverture, la fermeture, le réquisitoire tel ou tel voilà choisissent des séquences sur Jubilard par exemple sur Jubilard à tous les jours et la maman de Jubilard, elle est venue au 20h de France. Je je alors alors c'est ça serait plutôt Jubilard l'exception à ce moment-là. Oui.

Donc effectivement les les médias qui vont se déplacer sur des moments forts, des moments finalement spectaculaires, c'est-à-dire l'ouverture, la force mais là, il y en avait dans le procès Sarco Liby, hein, il y en avait hein, le Carneganem, les dépositions de monsieur HEFu et Guéan qui reconnaissent avoir rencontré Susy. Ça ça fait pas un beau papier télé. Oui, mais encore une fois, malheureusement en fait, c'est Nicolas Sarkozi, c'est plus un personnage de premier plan. même à droite regarder au moment où il s'est fait condamné Oui mais quand par exemple quand il a été condamné dans l'affaire bismus on a attendu deux ou 3 heures un tweet de Laurent Voquet qui à l'époque était le président par intérim de LR il a mis du temps et franchement il y avait personne vraiment pour le le défendre ça se bouculait pas au portillon là il y a eu l'affaire de l'exécution provisoire qui leur a donné des raisons de le faire mais c'est vrai que sur le fond de l'affaire il y a un peu de mal Abd ouais sur son importance je tendrais à nuancer enfin je veux dire il y a quand même le le ministre Géral d'armantin qui ont pris quand même le risque de venir en soutien de de Nicolas Sarkozi.

Quel bénéfice politique ils ont attiré si effectivement Nicolas Sarkozi est mort et enterré ? Aucun. Et puis et puis juste pour pour terminer rapidement parce que ça y est, on approche de la fin UNES, un mot.

Ouais, juste sur le sur ce qui va suivre. On aurait pu au moins espérer que le procès Sarkozy débouge sur une réflexion plus globale sur la corruption de nos élites politiques. Ça aurait été aussi simple.

Merci beaucoup. Merci à tous de m'avoir accompagné pour cette émission. Je remercie comme chaque semaine Joséphine Renart à la préparation de cette émission ainsi que George Leroi à la réalisation.