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Podcast / conversationFrance Inter (sur YouTube)· 11 avril 2023 3 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleEurope & internationalImmigration & asileInstitutions & élections

Fabien Roussel peut-il vraiment mobiliser à gauche ? En toute subjectivité

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 67 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:13OuverteRéponse partielle

    Cela va-t-il, Guillaume, décupler ses ambitions ?

  • 1:08OuverteRéponse partielle

    Et cette stratégie vous paraît-elle pertinente ?

  • 1:50OuverteRéponse directe

    Et ça, comment l'expliquez-vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:21InvitéChiffre
    « il a fait 2,28% des voix au premier tour. »
  • 1:41InvitéChiffre
    « si on refusait aujourd'hui le match de la présidentielle, Roussel aurait 5% des voix et Mélenchon 17%. »
  • 2:27InvitéFait
    « Mais son problème est que Marine Le Pen s'est emparée de ces thèmes-là depuis belle lurette. »
  • 2:34InvitéFait
    « Le Rassemblement National, contrairement au PC, relaye non seulement les inquiétudes économiques de l'électorat populaire, mais aussi ses angoisses existentielles face à l'immigration ou à l'islam. »

Temps de parole

  • Invité89 %
  • Présentateur11 %

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0:00
Présentateur

7h20, en toute subjectivité ce matin avec le directeur de la rédaction du Figaro Magazine, Guillaume Roquette, bonjour. Bonjour Nicolas Demorand. Fabien Roussel a été confortablement réélu hier à la tête du Parti Communiste. Cela va-t-il, Guillaume, décupler ses ambitions ?

0:16
Invité

En tout cas, ça va sûrement conforter ses velléités d'émancipation vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon. Parce que voilà des mois que Fabien Roussel ne retient plus ses coups contre le leader maximo de la gauche radicale avec un rêve. Reconstituer la gauche d'avant, autour du PC et du PS, jusqu'à Bernard Cazeneuve. Pour lui, la NUPES, cette alliance qui a enrôlé les écologistes, les socialistes et les communistes derrière la France insoumise, s'est dépassée. Parce que Jean-Luc Mélenchon est trop clivant, trop poutrancier, trop perso pour ramener la gauche au pouvoir.

Du coup, Fabien Roussel s'est lancé dans une opération reconquête de l'électorat populaire en défendant, pêle-mêle, le nucléaire, le biftec, la chasse et la France qui se lève tôt. Vous vous souvenez peut-être de sa sortie à la dernière fête de l'Humanité où il expliquait préférer la gauche du travail à celle des allocations et des minimas sociaux. Chez les insoumis, on s'en étrangle encore. Et cette stratégie vous paraît-elle pertinente ? Eh bien, ce n'est pas du tout sûr. En tout cas, elle est loin d'avoir fait ses preuves. Parce que Fabien Roussel était déjà sur ce positionnement de gauche à l'ancienne pendant la dernière campagne présidentielle.

Or, malgré l'engouement médiatique dont il était l'objet, il a fait 2,28% des voix au premier tour. C'est-à-dire quasiment 10 fois moins que Jean-Luc Mélenchon. Et depuis, ce dernier Mélenchon a eu beau s'abîmer par ses outrances et son impuissance dans la crise des retraites. Le rapport de force ne s'est pas inversé. Loin s'en faut. Selon un sondage publié dans le dernier Figaro Magazine, si on refusait aujourd'hui le match de la présidentielle, Roussel aurait 5% des voix et Mélenchon 17%. Et ça, comment l'expliquez-vous ? Je pense que la gauche, incarnée par Fabien Roussel, est dépassée. La victoire en politique, ça commence par l'hégémonie culturelle.

Il faut imposer ses thèmes, sa grille de lecture de la société. Or, qu'est-ce qui arrive encore à mobiliser à gauche aujourd'hui ? C'est l'écologie, la décroissance, la lutte contre les discriminations, réelles ou imaginaires, l'intersectionnalité, voire le wokisme. On est loin des préoccupations des Gilets jaunes. Le fondement du discours de Fabien Roussel, c'est le social. Il dénonce les ravages de la désindustrialisation et de la mondialisation libérale. Il défend la France périphérique, méprisée par les élites. Mais son problème est que Marine Le Pen s'est emparée de ces thèmes-là depuis belle lurette. Avec un avantage majeur.

Le Rassemblement National, contrairement au PC, relaye non seulement les inquiétudes économiques de l'électorat populaire, mais aussi ses angoisses existentielles face à l'immigration ou à l'islam. Or, ce positionnement identitaire, Fabien Roussel a du mal à l'endosser. C'est quand même compliqué de fermer les frontières en chantant l'international.

2:52
Présentateur

Guillaume Roquette, merci.