QUAND UN JUGE DÉMASQUE LA CABALE DE RETAILLEAU, DARMANIN ET BORNE CONTRE UN LYCÉE MUSULMAN
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:00OuverteRéponse directe
Comment avez-vous accueilli la décision de justice rétablissant le contrat du lycée AOS ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Quelle est votre analyse de la réaction politique après cette décision ?
- 6:00RelanceRéponse directe
Le ministre de l'Intérieur parle d'entrisme islamiste sans preuves. Que répondez-vous ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Quelles sont vos recommandations pour lutter contre l'islamophobie ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Peut-on parler d'irresponsabilité de l'État face à la montée des actes antimusulmans ?
- 12:00OuverteRéponse directe
La mobilisation pro-palestinienne est-elle liée à la montée de l'islamophobie ?
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Un établissement emblématique fondé il y a plus de 20 ans était alors accusé de je cite dysfonctionnement administratif majeur lié à des financements reçus entre 2011 et 2014 de la fondation Qatar Charity. Il n'en fallait pas plus pour que la droite et l'extrême droite hurle à l'entrisme islamiste. C'était le début d'un bras de fer et d'une polémique interminable teinté d'islamophobie et d'une récupération politique sans gène de la part du ministre de l'intérieur de l'époque Gérald Darmanain.
Après près d'un an et demi de bataille, la justice a finalement décidé ce mercredi 23 avril de rétablir le contrat du lycée à Veros. Mais mais c'était sans compter sur l'opiniatreté du gouvernement qui tranche nettement avec les réactions à la suite du scandale de l'établissement catholique Betaram. Ellisabeth Borne annonce se laisser la possibilité de faire appel et Bruno Retaillot en rajoute une couche.
Évidemment, un contrat d'association ne dépend pas du ministère de l'intérieur mais du ministère de l'éducation nationale a indiqué hier qu'elle se réservait le droit de faire appel. Bon, pour ce qui me concerne, moi je pense que évidemment et je souhaite que ce soit le cas et que l'État fasse appel. Maintenant, je voudrais plus précis pour redire que les faits sont graves.
Que les faits sont graves, qu'ils sont significatifs de ce que je viens d'appeler l'entrisme islamisme que je veux combattre avec la plus grande fermeté. Et le lycée AOS est pour nous un bastion de cet entrisme et un entrisme qui en plus s'attaque à la jeunesse. On a dans des établissements qui devraient être des sanctuaires, des jeunes consciences qui se construisent.
Alors le cas du lycée Avoses est-il pas finalement symbole d'une islamophobie rampante et de plus en plus décomplexée notamment sur le plan politique ? on vient de l'entendre. Quel est l'état justement de l'islamophobie en France alors que d'après les données du ministère de l'intérieur, plus de 173 actes antimusulmans ont été décomptés en 2024.
On en parle tout de suite avec Sabrina Sbayi, député écologiste des Haut de scène et corpporteur d'un texte sur l'islamophobie justement débattu à l'Assemblée nationale fin mars dernier. C'est parti pour Au cœur de l'actu. [Musique] Bonsoir Sabrina Sbali.
Merci d'avoir accepté notre invitation. Euh comment vous avez accueilli cette décision de justice, donc de rétablir le contrat de l'établissement musulman à Verro et derrière la réaction euh politique qui va dans le sens d'une contestation de ces décisions ? Bah alors enfin habituellement nous on commande pas les décisions de justice.
Là je pense pour le coup que le lycée a fait un appel. Il a obtenu gain de cause sur son établissement. Non, par contre, ce qu'on avait dit dès le départ, c'est que ça nous semblait disproportionner cette rupture de contrat avec cet établissement et que on voit bien le ministre de l'intérieur dont on se demande d'ailleurs de quoi il est ministre parce que visiblement il est ministre de tout, ministre des affaires étrangères là, ministre de l'éducation nationale, ministre de l'intérieur.
Donc il se mêle de tout, il a une un avis sur tout et bien évidemment qu'il va continuer sur cette lancée. Moi ce que je peux dire c'est que quand on connaît le personnage suite à ces dernières déclaration, rappelez-vous du dernier meeting où il terminait par vive le sport et abas le voile, ses premiers faits d'armes, c'est quand même de dire qu'il faut interdire les mères voilées accompagnatrices, qu'il faudrait interdire le voile dans les universités. Et donc ce qu'on peut dire de lui, c'est que visiblement l'islam est une obsession pour ce notre nouveau ministre de l'intérieur puisqu'il ne parle que de cela, de l'entrisme islamiste.
Et personne ne ni le fait qu'à un moment euh il faut combattre bien évidemment toutes les idées qui peuvent conduire à des projets extrêmement dangereux pour notre état, pour notre République qui pourrait mettre en danger notre jeunesse. Or là, on a plutôt le sentiment qu'il y a un acharnement euh sur les Français de confession musulmane dans notre pays. Et c'est un peu d'ailleurs ce que traduit finalement le rapport qu'on a pu débattre, dont on a pu débattre à l'Assemblée nationale encore il y a quelques semaines de ça.
C'est encore très frais. Hm hm. On en on en reparlera.
Il y a quand même une une forme de continuité dans ces accents euh euh très offensifs de la part des derniers ministres de l'intérieur. C'était déjà le cas de Gérald Darmanin. Qu'est-ce que ça dit de la politique d'Emmanuel Macron ?
Et bien euh alors je je franchement je pense que personne n'est incapable de dire ce que dit la politique d'Emmanuel Macron parce que je pense que personne ne sait ce que veut dire Emmanuel Macron quand on voit les zigzags permanents dans la politique qu'ell soi internationale intérieure ou autres. Par contre, ce qui est certain, c'est qu'on a une partie des ministres dont Bruno Rotaillot, Gérald Darmanin juste avant lui qui ont effectivement une cible euh aujourd'hui qui est claire, qui est celle d'aller courir après l'électorat de l'extrême droite et dont il pense qu'en tapant sur une partie de la communauté française ou pas d'ailleurs puisque leur cible principale est en l'immigration pour justifier tout ce qui va mal dans notre pays. Alors Bruno Rota a une spécificité parce que lui c'est vraiment les Algériens et l'Algérie le problème en France mais on voit bien que ça cible quand même particulièrement les musulmans et qu'à chaque fois on utilise la laïcité sous couvert justement de stigmatiser une partie de la population et c'est bien là le problème.
Donc oui, on voit bien en tout cas qu'ils ont un objectif c'est celui d'aller taper dans l'électorat de l'extrême droite et qu'ils pensent malheureusement qu'il faut faire le programme de l'extrême droite pour éviter que l'extrême droite arrive au pouvoir. Alors justement, on a entendu Bruno Retaillot parler d'intégr d'entrisme islamiste sans effectivement expliquer en quoi il y avait de de l'entrisme. Tout à fait.
On sait que que ce soit Bruno Rotaillot ou Gérald Darmanin, ces deux personnalités ont des ambitions politiques notamment en vue de 2027. C'est aussi une récupération politique en vue de des prochaines échéances électorales. Il y a un agenda politique, c'est évident pour les deux.
Oui, qui se voi candidats en 2027 et donc leur stratégie encore une fois c'est d'aller chercher. Vous savez, le RN n'a pas arrêté de se vantter en disant "Nous avons eu 11 millions d'électeurs aux législatives." Je pense que leur objectif à eux, c'est d'aller chercher ces 11 millions d'électeurs en pensant qu'ils vont les récupérer en utilisant les mêmes éléments de langage que l'extrême droite.
Nous, ce qu'on dit assez régulièrement, c'est que le l'électeur préfère toujours l'original à la copie et donc pourquoi aller voter pour Bruno Rotaou quand ils peuvent voter pour Marine Le Pen si elle peut se présenter ou pour un Jordan Bardella ? Donc je ne crois pas que ce paris soit gagnant. Par contre, il fracture le pays.
Ça c'est une évidence. Et j'ai même envie de dire que plus grave que cela parce qu'on a des personnalités qui occupe médiatiquement cet espace mais on a aussi des parlementaires aujourd'hui qui sont sur cette ligne politique. Il y a de cela quelques semaines, il y a eu un rapport qui a été présenté par Caroline Yadan et Julien Odoule sur l'islamisme et le communautarisme dans le sport.
On parle de 0,07 % euh des chiffres hein de de toutes les fédérations, de tous les clubs. On parle de 180000 clubs en France et là on nous sort un rapport tapis rouge au niveau médiatique pour aller expliquer que l'islamisme euh est un danger absolu dans le mouvement sportif et je encore une fois on parle de 0,07 %. On ne se base quasiment sur aucun chiffre.
Pour vous donner un exemple, dans le rapport, il est indiqué que par exemple il y a un club qui a été fermé parce que sur des photographies, il y avait des sportifs voilés. On en est là en fait aujourd'hui dans notre pays. Et quand vous parlez de tapier rouge, on me souviens que Caroline Yadan justement avait été invité sur RMC RMC Sports qui a fait polémique parce que il y avait pas de véritable contradiction de de fond en fait aussi.
C'est c'est le le la liberté de dérouler ce discours aussi médiatiquement qui peut gêner aussi. Oui, absolument. pas de contradicteur.
Moi, j'aurais aimé par exemple qu'il nous invite au moment où on a rendu le rapport de la commission d'enquête qui pour le coup là c'est un travail de 6 mois où il y a eu des auditions, un travail extrêmement sérieux sur les violences et les dysfonctionnements des fédérations sportives où on sait qu'un enfant sur 7 est victime de violence. On a parlé d'agression sexuelle sur des mineurs dont par exemple le témoignage d'Angélie Kochi qui expliquait qu'elle avait été violée 400 fois par son entraîneur. On n'a pas été invité sur ces plateaux pour expliquer ce qui dysfonctionnait dans le sport.
Par contre, Carolinead, oui, elle est invitée pour parler d'un rapport où comme je le dis, moi j'ai assisté à quelques auditions de ce rapport. Euh les questions qui étaient posées, c'était terrifiant quand même parce qu'on en est arrivé à euh est-ce que le régime alimentaire est un signal faible d'islamisation dans notre pays ? Donc, il faut quand même préciser de quoi on parle.
Alors, est-ce qu'on parle du halal, du cacher, est-ce que être végétarien aujourd'hui, c'est un signe de radicalisation ? Enfin, je sais pas, il faut poser toutes ces questions-là. Et visiblement pour notre collègue parlementaire, non, c'était le fait que dans son dans sa région euh les jeunes qui étaient au foot ne mangaient plus de sandwich au jambon et donc pour lui c'était un signe d'islamisation.
On en est là, on en est à interdire le collant euh dans les clubs de foot parce que c'est un vêtement de pudeur islamique alors que tous les garçons et toutes les filles ont toujours porté des collants pour s'entraîner quand il fait froid. Donc voilà, on en est vraiment on est devenu à la police des des de la tenue vestimentaire dans le mouvement sportif, à la police du port du voile et euh et c'est une dérive extrêmement grave, je pense dans notre pays. Alors pour revenir au cas du du lycée AOS, euh ces interventions euh politiques, non notamment gouvernementales, euh est-ce qu'elle ne euh montre pas aussi que ce qui dérange, c'est euh le le succès d'un lycée musulman qui affichait des résultats tout de même excellents.
L'excellence euh venant d'un lycée qui se présente comme de confessions musulmane dérange d'une certaine façon. En réalité, oui, c'était un lycée qui avait enfin c'est d'ailleurs toujours un lycée qui a des résultats excellents, qui sort des pépites de cet établissement. Euh moi, je trouve que enfin l'État est dans son rôle de contrôler les établissements scolaires.
La difficulté aujourd'hui, c'est qu'il faut que ce contrôle, il se fasse de manière égalitaire et identique partout dans toutes les formes d'établissement. Moi ce qui me surprend c'est qu'on en arrive à des telles inégalités qu'on a des établissements comme Betaram qui n'ont eu aucun contrôle depuis 30 ans visiblement alors qu'aujourd'hui on a plus de 150 plaintes pour fait de violence et d'agression sexuelle. Et de l'autre côté on a des établissements catégorisés comme 10 musulmans et là ils sont contrôlés systématiquement.
Alors pourquoi pas on peut contrôler systématiquement tous les établissements ? C'est le rôle après tout pourquoi pas de l'État de vérifier que nos enfants soient bien éduqués, qu'ils aient des résultats excellents et cetera. Là, c'est pas le cas.
Donc, on voit que Betaram, c'est pas le cas. Stanislas, je rappelle pas la polémique autour notamment d'Amilou Castera et de ses enfants et de tout ce qu'on a appris sur cet établissement. Et pourtant là, personne ne dit rien.
On continue à financer ces établissements, y compris avec des montants qui sont extrêmement importants et ça ne dérange personne. Mais dès qu'on parle d'un lycée, d'un établissement où il y aurait des musulmans, et bien là, tout d'un coup, c'est la psychose généralisée, mais qui est à tous les niveaux. Je je regardais il y a quelques jours de cela euh lorsque le pape est mort euh on a Pascal pro quand même qui nous parle de l'islam alors queon parle du pape.
Donc il y a une obsession aujourd'hui de l'islam dans notre pays, une obsession euh des musulmans. Et euh c'est vrai que le travail qui a été fait, les auditions qu'on a pu faire ont montré que finalement tout cela est une continuité parce qu'aujourd'hui d'abord il y a une continuité parce qu'on pense que un homme barbu ou une femme qui porte un voile et bien on mélange tout. euh on passe de musulman à islamiste à djihadistes.
En fait, on fait l'amalgame de tout cela. Et du coup, la réalité c'est que quand on voit une femme voilée et ben on pense djihadiste, terroriste alors que c'est une femme qui pratique sa religion. Et on parle de prosélitisme pour des femmes qui sont voilées.
Et de l'autre côté, on a une continuité parce que nous dans les auditions qu'on fait, on nous explique que en réalité, il y a 40 ans euh où on disait euh salle boule, salle arabe, on peut plus le dire aujourd'hui. Et donc pour stigmatiser ces personnes-là, on passe par l'islam parce qu'on a le principe de laïcité qui nous permet de dire "Ah oui, mais là c'est pas la laïcité, donc il faut mettre de côté cette religion dans notre pays." C'est la c'est la même chose.
C'est une continuité d'un racisme qui dure depuis des années dans notre pays qu'on n pas traité et qui vise d'ailleurs essentiellement les Maghrébains parce que vous pourrez poser la question à tout le monde quand il parle de musulmans, il pensent pas aux Indonésiens par exemple alors que c'est le pays où il y a le plus de musulmans à travers le monde. Alors vous m'avez tendu une perche concernant Betaram. On est en plein scandale Betaram, on peut le dire et c'est difficile de ne pas faire le rapprochement entre le sort des deux établissements. l'un au sein duquel on a eu des cas de violence très graves pendant des décennies couvertes par des politiques dont peut-être le premier ministre on verra ce qu'and diront les les auditions à venir et l'autre qui simplement reçoit un financement venu du Qatar et est d'emblé accusé de de manquement grave au principe républicain la députée LFI Mathilde Panu a a commenté et critiqué ce double standard c'était au micro de nos collègues de TF1.
On l'écoute. Point, je trouve révoltant, le depoid de mesure qui existe dans notre pays avec Ellisabeth Borne qui a annoncé hier vouloir faire appel sur la décision du tribunal administratif qui a réinstauré le contrat d'association entre le lycée AOS, vous savez, le lycée souscontrat musulman et l'État et que c'est révoltant parce que la décision du tribunal dit que c'était discriminatoire. Or pour Betaram, il n'y a aucune mesure qui a été prise et madame Borne tarde toujours à les prendre.
Et je trouve ce de poids de mesure révoltant et indigne de notre République parce que encore une fois, on voit qu'il y a une différence entre des établissements sous contrat catholiques et des établissements sous contrat musulmans et la République ne peut pas l'accepter. Vous êtes d'accord avec ce que vous venez d'entendre Sabrina Sbayba ? Ah ben oui oui absolument.
Je pense qu'il y a effectivement une un double standard et de la manière dont on traite les établissements et et c'est ça qui pose problème en réalité. Moi je le disais, qu'on contrôle les établissements, c'est normal, l'État est dans son rôle. Il faudrait d'ailleurs donner peut-être plus de moyens à l'inspection pour pouvoir faire son travail.
C'était le cas dans les fédérations sportives, c'est le cas dans l'éducation aussi. Mais par contre, c'est vrai que là avoir des ministres qui disent qu'ils vont faire appel d'une décision de justice alors que le le le rendu du tribunal est très clair sur le fait que c'était disproportionné, que c'était discriminatoire. Et de l'autre côté, on a le cas Betaram où il ne se passe rien.
C'est-à-dire qu'on a le sentiment que l'État est passif par rapport à ce qui est en train de se passer. En tout cas, c'est le sentiment que ça donne de l'extérieur et on a une commission d'enquête qui est en cours. Donc, on verra effectivement les auditions et les résultats qui en sortent, mais on n' pas le sentiment de les voir s'activer autant sur cet établissement Betara, mais d'ailleurs sur d'autres établissements dont on a encore des plaintes qui sont en train d'arriver sur des établissements aussi catholiques.
Donc voilà, l'idée n'est pas de stigmatiser l'un ou d'opposer l'un par rapport à l'autre. C'est pas du tout le propos. Mais par contre, il faut que tout le monde soit traité de la même manière dans notre pays.
La devise républicaine, c'est celle-ci aussi, c'est de dire égalité. Donc l'égalité, c'est l'égalité de traitement aussi pour tous les citoyens, quel que soit le choix qu'ils font. Et d'ailleurs dans les établissements privés, qui soient catholiques, musulmans ou même juif, aujourd'hui, vous n'avez pas vous n'avez pas que des étudiants qui sont musulmans, catholiques ou juifs.
Vous avez aussi des étudiants des lycéens qui ne qui n'ont pas de religion et dont les parents font le choix des établissements privés. H cette montée euh euh du de l'islamophobie en en France euh vous dénoncez vous le dénoncez dans dans ce texte présenté à l'Assemblée nationale. Quelles sont vos recommandations ?
En fait euh d'abord oui, d'abord on a un vrai problème, c'est que d'abord sur le mot islamophobie, c'est ça cristallise le débat public aujourd'hui parce que même au sein de la gauche euh je le précise, l'emploi du terme a fait débat notamment certaines voix euh venues de du Parti socialiste qui estimait que le terme islamophobie ne caractérisait pas, que enfin qu'il qu'il aurait dû qu'on aurait dû préférer le terme haine antimusulman au terme islam. Islamophobie, c'est c'est une diversion. On ne parle pas du fond en se préoccupant uniquement de la sémantique comme ça.
Je pense que oui. Je pense que en s'occupant de la sémantique d'abord, c'est quand même c'est une manière de nier qu'il y a un problème dans notre pays sur l'islamophobie. Euh après par exemple sur le rapport qu'on a rendu, on avait une coraur qui était socialiste pour qui le terme ne posait pas de problème.
Mais tous les sociologues qu'on a interrogé nous disent que le terme islamophobie a été utilisé pour la première fois en 1910 par la France pour parler des Algériens, des indigènes à l'époque en Algérie et pour stigmatiser spécifiquement les musulmans indigènes. Donc le terme initial quand il est utilisé en 1910, c'était bien pour stigmatiser les musulmans. Entre-temps, c'est un mot qui a été un peu oublié, réutiliser pour d'autres choses pour dire qu'il fallait pas critiquer la religion et l'islam.
Nous, on a été très clair. On est dans un pays laïque où le droit à la critique de la religion est un fait. C'est pas la peine de revenir dessus.
On sait qu'on peut critiquer les religions dans notre pays. Par contre aujourd'hui, il est clair que ceux qui utilisent le terme d'islamophobie et les victimes principalement et bien en fait quand elle parle l'islamophobie, elle parle bien de discrimination envers les musulmans. Donc je ne vois pas en fait l'idée de dire que il faudrait pas utiliser ce terme mais j'ai presque envie de dire que ça c'est secondaire qu'on utilise le mot haine antimusulman ou islamophobie l'essentiel est de le traiter ce problème.
Et effectivement, on a dans notre pays une ambiance et un climat qui pose problème. Moi, dans le rapport, on l'avait mis en évidence. Euh quand vous avez euh par exemple une chaîne comme C News qui en 2023 sur 365 jours utilise le bandeau le dans le bandeau le mot islam 335 jours sur 365 jours.
Donc islam et immigration, l'amalgame parfait et absolu. Je parle même pas de certains bandeaux qui font euh qui parlent de l'islam comme étant un virus. ono donc c'est un problème et dans l'une des recommandations justement il est proposé de renforcer le rôle de l'arcom parce qu'aujourd'hui on voit bien la difficulté d'ailleurs pour des victimes ou pour des personnes qui se sentiraient victimes de pouvoir obtenir gain de cause en faisant des signalements à l'arcom sur les propos qui sont tenus sur les chaînes et il y a très peu finalement derrière de remise en cause.
Vous savez, moi j'avais posé la question. On me dit "Oui, mais par exemple, si on dit une partie des musulmans et bien c'est pas un problème. C'est si on dit tous les musulmans que c'est un problème." On en est là en fait de la subtilité pour pouvoir ou pas condamner des propos qui sont tenus sur un plateau au même titre que vous pouvez tenir des propos qui sont absolument abjects comme certains l'ont tenu parfois en disant qu'il fallait réguler la présence des musulmans en Europe ou des choses comme celle-ci.
Et bien à partir du moment où le journaliste régule la parole, on considère que le travail a été fait, qu'il y a pas besoin d'intervenir. Là, c'est un problème. Mais il y a aussi dans le rapport une des recommandations pour une formation par exemple euh des policiers, de la justice pour mieux prendre les plaintes parce que vous avez évoqué 173 faits d'islamophobie.
En réalité, c'est beaucoup plus que ça. Vous avez 50 % des musulmans en Europe qui se disent avoir été victimes de discrimination. C'est énorme.
Euh quand on parle et quand on auditionne les gens, ils nous disent "Mais en fait, on est victime tout le temps." Tous les jours, tous les jours on subit de de l'islamophobie. Sauf que comme il n'y a plus de confiance dans les institutions, que par ailleurs, ils ont le sentiment que les plaintes ne seront pas suivies des faits, il y a plus de plainte, il y a plus de signalement, il y a plus de plainte.
Et c'est grave quand on en arrive à ce niveau-là et qu'une partie de notre société euh n'a plus confiance dans la police et la justice pour pouvoir faire ce travail et d'avancer sur la question de des plaintes et de la merde don dont elles seront traitées, c'est un problème. Donc il y a cette volonté d'aller sur une formation, de mieux faire connaître. Euh on a eu l'occasion d'auditionner X enfin ex Twitter France par exemple en Grande-Bretagne, ils ont fait une grande campagne de prévention sur l'islamophobie. des pays anglaction sont quand même beaucoup plus avancés euh sur la question pour le coup voilà en Grande-Bretagne ils ont fait une grande campagne de prévention et de communication sur X pour appeler à la vigilance pour la pour faire de la prévention sur l'islamophobie.
J'ai posé la question pourquoi pas en France ? C'est pas du tout dans les radars aujourd'hui alors que vous avez des des musulmans. D'ailleurs, c'est Olivier Steves, par exemple qui qui avait écrit un des livres qui s'appelle La France, tu l'aimes mais tu la quittes qui explique le départ massif des Français de confession musulman de notre pays.
Pas parce que forcément ils ont été victimes mais parce que le climat et l'ambiance est insupportable pour eux. Et donc c'est une double perte parce que d'abord on perd des gens qui sont formés euh qui vont à l'école de la République, qui sont formés, qui ont des métiers euh et qui décident de quitter. Donc ils vont dans d'autres pays où le climat est meilleur pour eux et c'est vraiment bah c'est une perte immense en fait pour notre pays.
Mais vous en tant que député de d'être audible sur cette question quand on a cette surenchère politique permanente entre deux ministres Bruno Retaillot et Gérald d'Armanin qui n'hésite pas à parler comme l'extrême droite sinon à à prendre des positions dignes du Rassemblement national ou de reconquête. Mais c'est extrêmement difficile parce que d'abord dès que vous alors d'abord si vous utilisez le mot islamophobie, le débat s'arrête. On va vous dire l'islamophobie n'existe pas puisqu'on a le droit de critiquer l'islam.
Donc il décide de prendre une seule version de la définition du mot. Donc c'est extrêmement compliqué. Euh quand vous allez parler euh de ce sujet, ben on va vous dire euh bah oui, il y a eu 173 signalements, finalement c'est pas grand-chose.
C'est pour ça que moi euh ce que je dis à chaque fois, c'est signaler. Il faut signaler systématiquement parce que sinon si on n' pas de signalement et donc il y a tout un travail à faire aussi pour pousser les gens à aller faire des signalements, on on a même évoqué à moment un mitou de l'islamophobie. Euh parce que je crois à un moment que si ce sujet ne devient pas enfin si on ne pousse pas les gens à signaler systématiquement les les faits de discrimination dont ils sont victimes, en fait, on ne pourra jamais se dire que c'est un sujet important et qu'il faut mettre des moyens et une politique publique en face pour y répondre.
Donc voilà, moi je dis tout le temps signaler systématiquement à chaque fois que vous avez un fait comme cela et puis de toute manière à chaque fois vous en parlez, on est islamogauchiste, on est des écoterroristes, enfin vraiment c'est on est on se fait du débat public parce qu'on ose pointer des sujets qui sont extrêmement importants. Et moi, j'ai envie de leur dire ce qui est grave finalement, c'est que au contraire, nous on est dans une logique de fédérer notre pays et la nation et de dire qu'il n'y a pas de distinction à voir entre les citoyens, quelle que soit la religion ou pas. D'ailleurs, on a le droit aussi d'être raté dans notre pays et en fait l'objectif étant pas de distinguer les gens en fonction de leur de leur religion.
Sauf que là, on part du principe que parce qu'on est maghréin, on est forcément musulman. Et c'est aussi un problème, vous savez, on a des parents qui nous disent "Mais en fait c'est le cas à la cantine ou quand il y a des enfants avec des prénoms en consens magerbine d'office, on leur donne pas de viande ou on leur donne pas de porc. Enfin vraiment, on est dans des préconçus, dans des schémas en France qui sont assez inquiétants.
Et je crois euh d'ailleurs que le y compris le terme islamophobie, par exemple, on l'utilise au Conseil de l'Europe, il y a des résolutions qui ont été votées. Donc on voit bien que on a des problèmes, on a une spécificité en France mais encore une fois du travail qu'on a réalisé, on se rend bien compte que la question coloniale, la question du Maghreb et donc la question de l'Islam sont très liés en France et c'est aussi pour ça qu'il y a c'est aussi pour ça qu'il y a une spécificité. Alors, est-ce qu'on peut aller jusqu'à parler euh d'irresponsabilité d'État parce que euh on voit des attaques de mosquée et on voit aussi le danger avec des mouvements euh néofascistes, violents qui se constituent et qui euh ont pour projet euh de passer à l'acte euh euh contre les musulmans mais contre toutes les autres minorités.
Est-ce qu'il y a une irresponsabilité de la part de l'État de ne pas mettre euh en place euh les les les conditions euh pour faire reculer ces discriminations ? Ah mais moi je pense que oui, il y a euh une forme de nonchalance en tout cas et de stigmatisation précise envers les musulmans en France qui peut être extrêmement dangereuse. Vous aviez encore il y a quelques semaines de cela le Manuel Vals qui expliquait que l'antisémitisme était essentiellement euh arabo-musulman dans notre pays.
Donc on pointe, on utilise une communauté pour taper sur l'autre. Ensuite, ça a été les asiatiques, vous savez, c'est quand même des bons immigrés parce que eux ils font pas trop de bruit, on les entend pas trop. Donc là aussi, on utilise une communauté pour taper sur l'aut C'est pour ça que je parlais de fracture dans notre pays.
Pour moi, de mon point de vue, c'est ça qui est le plus dangereux en réalité euh euh dans notre pays. C'est cette fracture-là qu'ils veulent euh mettre en place artificiellement justement pour euh bah pouvoir aller engranger un électorat d'extrême droite. Moi ce qui est certain, c'est que aujourd'hui on a des actes extrêmement graves dans notre pays. euh des mosquées qui sont attaquées, une explosion de l'antisémitisme, du racisme de manière générale et il est de la responsabilité de l'État de travailler à l'apaisement et à la résolution de ces problématiques parce que sinon euh vers quelle société est-ce qu'on veut aller ?
Et vraiment moi je parfois je suis très inquiète, je me dis mais en fait qu'est-ce qu'on qu'est-ce qu'on qu'est-ce qu'on raconte à notre jeunesse et qu'est-ce qu'on veut faire de notre société, de notre pays quand on a des personnalités à ce niveau-là de l'État qui utilisent des mots pour stigmatiser, pour monter les uns contre les autres, pour provoquer la la fracture dans notre pays. Ils ont une responsabilité bien sûr dans l'ambiance et dans le climat qui règne dans notre pays et je crois qu'à la fin, ils seront perdants en réalité, moi j'en suis persuadé. Alors, vous avez commencé à l'évoquer.
Il y a aussi la responsabilité médiatique qui se pose euh pendant le Ramadan notamment. On a pu entendre des séquences assez hallucinantes comme celle-ci sur BFM TV. Les œufs euh on les utilise encore plus en période de fête et là typiquement en ce moment, on est en période de de Ramadan et et alors ça peut euh représenter une explication parmi d'autres fait que dans certains supermarchés, on trouve moins facilement des œufs que d'habitude.
Tout à fait. Au niveau au moment du Ramadan, les gens consomment énormément d'œufs. Euh, ils cuisinent, ils font leurs gâteaux, ils font tout ce qui va.
Donc oui, il y a une grosse consommation d'œuf actuellement. Alors là, on est sur BFM TV mais on aurait pu avoir la même séquence sur C News ou C News en pire même puisque ces news consacrent très souvent des heures à la moindre occasion des heures d'émission dès qu'elle peut faire des émissions racistes ou islamophobes. Est-ce qu'il y a clairement une dérive médiatique aussi à pointer du doigt ?
Oui, moi je enfin vraiment moi je pareil on regarde les émissions. J'avais dit tout à l'heure l'exemple des bandeaux CS, les débats la manière dont ils sont menés, le fait qu'il n'y ait pas euh de de confrontation d'idées. On est vraiment dans un déroulement de tapis rouge sur les propos euh islamophobes largement avec des experts.
On sait pas ils sont experts de quoi, mais ils sont experts visiblement de l'islam. On n'invite jamais les principaux concernés sur les plateaux pour en parler. Et là en l'occurrence alors cette année c'est les œufs.
L'année dernière c'était l'huile. Je tiens à le rappeler parce que c'était déjà le cas l'année dernière pendant le mois du Ramadan. Ils avaient expliqué qu'il y avait une peine rue d'huile à cause des musulmans.
Ça naissait les œufs. Mais il faut dire que cette dame ne semble pas bien connaître quand même le fonctionnement du Ramadan et des musulmans parce qu'en général les gâteaux c'est plutôt les derniers jours du Ramadan. Là on était au début, il y avait déjà la pénurie des œufs.
Je crois pas que ça soit de notre fait. Mais pourquoi pas après tout ? Bon j'avais dit un peu par ironie l'année prochaine ça sera le beurre.
Chaque année sa pénurie d au Ramadan. Non non, là vraiment on est dans une stigmatisation euh et dans de l'islamophobie pure. Ils ont aucune statistique.
Là, voilà, on pose des vérités euh enfin on pose des des des phrases comme si c'était des vérités. Là, c'est pas le cas du tout. Il y a pas de chiffre.
On sait pas d'où sort d'où sort cette analyse, mais c'est comme ça. Et là, vous allez avoir tout un toute toute une partie de la population qui va dire "Oui, c'est vrai, c'est le Ramadan, il y a sûrement une pénurie des œufs à cause de cela." Donc mais des propos comme ça, il y en a tout le temps.
Vous savez, au moment de l'affaire Crépole, euh on avait quelqu'un qui avait dit oui que visiblement peut-être le l'auteur serait musulman. Ça a jamais été contredit par quoi que ce soit. Régulièrement, on parle de des de la civilisation arabo-musulmane.
On sait pas trop ce que ça veut dire. Et donc on pointe comme ça, on stigmatise sur les médias. Et j'avoue que là aussi, je pense que l'État aurait matière à alors il y a la liberté de la presse, bien sûr, personne ne dit euh qu'il faut museler les journalistes, mais je crois qu'il y a certaines chaînes qu'il faut appeler maintenant des chaînes d'opinion et il faut les assumer comme tel.
Pour moi, ces news est une chaîne d'opinion aujourd'hui. Il y a pas de il y a pas de débat, il y a pas de contradiction. On est vraiment sur un déroulement d'idées d'extrême droite.
Il faut l'assumer en tant que tel et je pense qu'il faut régler cette question. ce que je disais tout à l'heure, on parle de la mort du pape, on nous parle d'islam, on parle de de d'agression, on nous parle de musulmans. Là, c'est en permanence avec le lien immigration, islam, délinquence en permanence qui est le triptique de l'extrême droite et et questionner aussi le financement de ces médias qui vient euh souvent de propriétaires multimillionnaires ou milliardaires euh qui ont cette idéologie très intégriste mais aussi islamophobe et quasiment assumé.
Oui, et euh bien sûr, il y a une concentration des médias aujourd'hui avec ces idées-là, mais c'est très surprenant parce que le même qui en l'occurrence détient certains médias, ça le dérange pas d'aller au dîner des bâtisseurs et là avec tous les catholiques qui pèsent dans notre pays sans aucun problème. Là, on parle plus de laïcité. Si on avait fait le même dîner avec des musulmans, serait du communautarisme.
Ouh là là, alors là, ça aurait été de de l'islam politique, de l'entrisme, de l'islamisme. On aurait eu le droit à tout. Euh alors que là, ça ne pose absolument aucun problème.
Et moi, j'ai presque envie de dire la laïcité c'est pas l'interdiction de la religion. C'est pas le fait de faire disparaître la religion, c'est de faire en sorte que chacun puisse la vivre librement dans notre pays. La difficulté aujourd'hui, encore une fois, je l'ai dit, c'est qu'on utilise des textes de loin et euh pour stigmatiser une partie de nos concitoyens.
Il y a un texte qui a été voté au Sénat il y a pas très longtemps sur l'interdiction des signes religieux, notamment dans le sport. Là aussi, il y a des athlètes qui se sont euh qui se sont mobilisés pour dire que c'était pas possible. Moi, j'avais eu l'occasion de recevoir les Jabus Basket pour toutes qui aujourd'hui ne peuvent plus pratiquer leur sport. parce qu'elles sont voilées.
Je rappelle que la France est le seul pays aux Jeux Olympiques et Paralympiques qui a interdit le port du couvre-chef et du voile dans les compétitions alors qu'on était pays accueillant. Franchement, c'est quand même une bien triste distinction pour notre pays. Il y a eu d'ailleurs cette ironie d'avoir l'une des médaillées qui portait le voile et à la cérémonie de clôture alors que les athlètes françaises ne pouvaient pas le faire.
Alors, la mobilisation d'une frange de l'opinion en faveur de de des Palestiniens, en faveur euh euh des Gazaouis massacré par Israël, euh est-ce que c'est à mettre aussi en lien avec cette montée de de l'islamophobie ? Alors euh moi je pense qu'on peut dire génocide en courant en Palestine he et à Gaza euh parce que d'abord ce qui est en train de se passer est extrêmement grave qu'on parle beaucoup de Gaza a raison mais il faut pas oublier ce qui se passe en six Jordanie avec les colons une extension des colonisations et des morts aussi en 6 Jordanie encore là dernièrement mais je crois surtout que ce qu'il ne faut surtout pas ce à quoi il ne faut surtout pas céder ça serait de nous faire dire que le conflit serait un conflit religieux c'est pas un conflit religieux Dieu là-bas, c'est un conflit de colonisation. Il y a un colonisateur et un peuple colonisé.
Donc un peuple colonisateur, un peuple colonisé, c'est une guerre de territoire. Et je crois qu'il faut vraiment ne pas céder à cela parce que si on cède à cela et bien en fait on on finalement on prend les éléments de langage d'une partie notamment de la droite et de l'extrême droite qui relativise ce qui se passe là-bas en disant mais c'est une guerre entre les musulmans et les juifs. Pas du tout.
Vous comprenez le sens de ma question, c'est que la il y a une déshumanisation des Gazaï liée aussi du fait de leur religion. Les chrétiens d'Orient avaient plus de suscitait plus d'émotions de de la part des opinions enfit ou des des médias pardon des de grands médias que les les Gazaouis aujourd'hui. Est-ce que c'est vraiment que leur religion ou est-ce que c'est leur origine ?
Moi, j'ai pas senti beaucoup d'empathie pour les catholiques de Palestine. Ils ont été chassés de l'église encore à Pâqu. J'ai pas entendu d'indignation collective en parlant de ça.
C'est pour ça que je dis à la question de l'origine pour moi le fait qu'il soit arabe fait que pour certains leur vie vaut moins que celle d'autres. Je ne suis pas certain que ce soit uniquement la question de la religion mais il y a un continuum. Pour eux, être palestinien ça veut dire forcément être musulman.
C'est là où il se trompent parce qu'en réalité, il y a toutes les religions là-bas. C'est le berceau des des trois religions monothéistes. Donc je crois vraiment que là pour le coup, c'est évident qu'il y a une indignation à à géométrie variable.
Moi d'ailleurs, j'arrête pas de le dire. Le droit international n'a ni couleur de peau ni religion et en fait on devrait l'appliquer partout de la même manière. forcé de constater que ce n'est pas le cas aujourd'hui quand je vois que monsieur Netaniaou se rend tranquillement en Europe sans être inquiété alors qu'il a un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale qu'il traverse par ailleurs l'espace aérien français sans qu'il soit inquiété c'est quand même ça dit quand même beaucoup de nos de notre pays et de l'application du droit international et je crois malheureusement que ça va laisser des séquelles extrêmement importantes parce que on peut pas on peut pas donner des leçons au monde entier sur l'application du droit international et le pays des droits de l'homme et laisser ce génocide se poursuivre sous nos yeux, le génocide le mieux documenté de l'histoire malheureusement euh euh pour nous et euh et dire que finalement on appliquerait les règles de manière totalement euh identique quel que soit euh quel que soit le pays qui nous fait face.
C'est faux. Et je crois que Gaza est venu nous rappeler à quel point il y avait une hypocrisie de des pays européens occidentaux par rapport à la situation qui se passe là-bas. et la France aussi se montre malheureusement assez transparente, voir donne son soutien conditionnel comme on a pu l'entendre encore et encore à à au gouvernement de Benjamin Netanahou.
Oui. Et puis le refus de d'appliquer des sanctions. Vous savez, nous on avait dit c'est pas compliqué.
Euh il suffisait de prendre la feuille de sanction pour Poutine et la Russie et de changer Russie par Israël et et Poutine par Netaniau. Et en fait, on avait une feuille de sanction qui était assez réalisable. Il fallait on pouvait tout à fait suspendre les accords d'association de l'Union européenne avec Israël, on l'a jamais fait.
On pouvait arrêter faire un embargo sur la vente d'armes, on l'a jamais fait. Donc on voit bien que derrière les belles paroles, il n'y a absolument aucun acte. Et c'est bien cela à mon avis qui devrait tous nous interroger aussi parce qu'on entend beaucoup en ce moment le président de la République nous parler de la reconnaissance de l'État de Palestine.
Euh c'est intéressant parce que ça fait des mois qu'on le demande. Ça a même été voté en 2014 en France sans jamais être appliqué. Là aussi, il y aurait beaucoup de choses à dire sur le gouvernement de l'époque qui n'a pas mise en œuvre les résolutions qui ont été votées.
Mais euh moi, j'entends parler de la reconnaissance de l'État de Palestine. J'entends pas parler des frontières de 67, j'entends pas parler de la question des 700000 colons qui sont installés en 6 Jordanie. Tout ça c'est des questions éminemment importantes.
Dire juste reconnaître l'état de Palestine sans rien donner derrière, ça veut rien dire du tout. C'est c'est un coup de communication et ça ne changera pas le quotidien des Palestins. D'Emmanuel Macron.
Euh pour en revenir au sujet de l'islamophobie, quelle est la suite parlementaire que vous comptez donner s'il y a suite parlementaire à à donc ce texte sur l'islamophobie, qu'est-ce que vous prévoyez pour le futur ? Alors, nous ce qu'on alors d'abord, je dois dire que c'était assez euh euh miraculeux d'avoir ce débat dans l'hémicycle parce que c'est un sujet dont on parle beaucoup partout et dont en fait on n' jamais eu un temps de débat. Euh ce débat, on l'a eu alors qu'on avait demandé, moi j'avais demandé la création d'un groupe d'études islamophobie avec une pétition qui avait été lancée qui a plus de 15000 signatures, ça a été refusé.
On avait demandé à avoir un temps d'échange là-dessus, ça n'a pas eu lieu. Et là, il a fallu que le groupe écologiste utilise un droit de tirage. Donc là, euh on peut pas dire non.
Donc c'est un droit de tirage une fois par session pour obtenir ce débat sur l'islamophobie. Donc maintenant la suite, c'est de lancer un groupe de travail transpartisant sur la question. pour pouvoir approfondir le travail parce que en quelques semaines, c'était quand même compliqué d'auditionner toutes les personnes qu'on aurait voulu avoir pour justement traiter ce sujet en profondeur.
Et donc l'idée, c'est d'avoir un groupe de travail qui approfondisse le travail pour aller éventuellement sur des propositions de loi pour travailler spécifiquement et pour sanctionner spécifiquement ce qu'on appelle islamophobie, haine antimusulman. Encore une fois, peu importe pour moi, l'essentiel étant de traiter le sujet. Merci beaucoup Sabrina SBI, député des Haut de scène d'avoir accepté notre invitation.
Merci à vous de nous avoir regardé. un merci particulier spécial et toute la rédaction du média se joint à moi pour remercier le réalisateur de cette émission Ellie euh qui est un grand professionnel très sympathique, très jovial et et solaire et qui nous a accompagné pendant 6 années euh 6 années de de loyaux et très salutaire service à la régie du média. Merci à IIE.
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Bruno Retailleau