« Iran, dissuasion nucléaire : on rétablit les faits ! » entretien explosif
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à tous, je suis absolument ravi de vous retrouver. On a un gros programme aujourd'hui parce qu'on est avec l'excellent Romain Bessonnet, géopolitologue, secrétaire général du Cercle Aristote, qu'on a toujours le plaisir à écouter et à retrouver. Et avec Romain, on va parler aujourd'hui de la guerre au Moyen-Orient, de la guerre d'Iran mais qui est en train de s'embraser.
On va parler de la dissuasion nucléaire européanisée. On va se demander aussi ce que devient Zelensky et l'Ukraine dans cette affaire. Comment ça va mon cher Romain ?
Ça va, ça va. Ça va ? Bon, écoute, on va rentrer tout de suite puisque tout va bien, on va rentrer dans le vif du sujet.
Donc Israël et les États-Unis ont frappé l'Iran. On voyait quand même la chose venir avec cette armada américaine qui s'était mise en position et les velléités israéliennes de Netanyahou là-dessus depuis longtemps. Et très vite, on a vu une expansion du conflit à des pays de la zone jusqu'à Chypre, qui est un pays, enfin il y a une base britannique, qui est un pays membre de l'Union européenne.
Première chose qui peut un petit peu surprendre, et je vais demander ton opinion, est-ce que tu t'attendais à cette guerre ? Est-ce que tu t'y attendais maintenant ? Et est-ce que ça ne te surprend pas alors qu'on est à peine un an après l'arrivée au pouvoir de Donald Trump qui s'était fait élire sur une promesse de paix ?
Alors, on devait s'y attendre parce qu'au vu de l'armada que les États-Unis avaient amassé dans le golfe Persique, c'était forcément pour faire quelque chose. L'idée qu'on allait mettre autant de bâtiments juste pour faire pression sur l'Iran, afin de faire un accord, n'était pas très crédible. Ensuite, on voit qu'au sein de l'administration américaine, il y a des gens qui sont aux abonnés absents.
J'ai fait un post sur X l'autre jour en faisant une alerte enlèvement vis-à-vis de Tulsi Gabbard, qui est la directrice du renseignement, qui était arrivée dans la campagne de Donald Trump, justement sur la promesse qu'on n'allait plus jamais faire de guerre sans fin et qu'on n'allait plus intervenir en dehors des frontières des États-Unis. Donc, voilà, on voit qu'il y a des gens qui sont vraiment gênés au plus que gênés aux entourniers dans cette affaire. L'impression qu'on a aussi, c'est que Donald Trump, en fait, s'est rallié à Benjamin Netanyahou et que, en fait, cette intervention, elle est liée par des considérations de politique intérieure, c'est-à-dire que, comme Donald Trump est en difficulté dans les sondages, il voulait ressouder autour de lui une partie de sa base, c'est-à-dire ce qu'on appelle les chrétiens sionistes, qui sont donc cette partie de l'Église évangélique qui est farouchement soutien à Israël.
Et puis, enfin, je pense qu'il a été convaincu, notamment par Marco Rupio, ainsi que certains néoconservateurs, que l'Iran était le dernier obstacle à son rêve de créer un Moyen-Orient en paix, plus qu'en paix, voire même en symbiose avec Israël, dans le cadre des accords d'Abraham. Donc, voilà, on a une intervention qui a été montée de ce point de vue-là. Et ensuite, dernière chose, je pense qu'il y a une erreur d'analyse, c'est que les stratèges américains qui ont monté cette affaire, enfin, surtout les stratégies israéliens d'ailleurs, ont réussi à convaincre Donald Trump que, finalement, le régime iranien est une dictature comme une autre, et qu'il suffisait de décapiter la tête pour faire tomber le régime, un peu comme on l'avait fait au Venezuela.
Or, le régime de la République islamique d'Iran est un régime polycentrique, extrêmement résilient parce qu'il a de multiples centres de pouvoir, et donc, faire tomber la tête le guide suprême, en fait, il n'y a aucune chance que ça fasse tomber le régime derrière. Donc, et même que ça amène le régime à la table des négociations. Et enfin, ceux qui disent, notamment les Iraniens d'étrangers, qui sont des gens qui, pour la plupart, en fait, ont été des fidèles du Shah d'Iran, oublie une chose, c'est que dans la population iranienne, les États-Unis n'ont jamais été perçus comme des amis.
C'est-à-dire qu'il faut savoir que le Shah d'Iran, Reza Pahlavi, est arrivé quand même dans les fourgons de l'armée américaine après l'assassinat du premier ministre nationaliste Mossadegh par la CIA. Et donc, c'est toujours resté dans une grande partie de la population iranienne, notamment nationaliste, que les États-Unis ne sont vraiment pas des alliés de l'Iran. Donc, je doute franchement que cette opération mène à quelque chose.
Surtout si les Américains souhaitent aller au sol, ce qui serait de la folie furieuse, parce qu'au regard de la géographie de l'Iran, il ne serait pas très difficile pour les États-Unis de prendre le contrôle de ce pays. C'est un peu comme l'Afghanistan, mais en plus grand et en pire. Donc, je ne vois pas où veulent aller les stratégies américaines dans cette affaire.
Parce que le seul truc qu'ils arrivent à avoir, c'est que l'Iran, en fait, qui sont dans une vision, je dirais, théologique de la politique, disent « si on doit mourir, on fera mourir tout le monde à côté de nous ». C'est la vision du martyr des chites iraniens. Et donc, c'est pour ça qu'ils bombardent toute la région autour et qu'ils endommagent les infrastructures économiques en disant, de toute façon, si la République islamique devait mourir sous les bombes, il y en a qui mourront autour de nous aussi.
Donc, l'idée, c'est que les Iraniens, actuellement, bombardent les pays du Golfe Persique pour faire pression sur eux, pour qu'ils ramènent les Américains et surtout les Israéliens à la raison. Il faut savoir que, en fait, et la France ne doit pas se mêler de ce...
On va en parler dans un instant plus bien. Parce que, en fait, moi, quand je travaillais au Parlement européen, à la Commission des affaires étrangères avec Pierre-Eugro-Gérond, on a bien connu les diplomates iraniens et aussi les diplomates israéliens. Et en fait, on se rend compte que des deux côtés, et surtout avec l'extrême droite israélienne qui est au pouvoir actuellement à Tel Aviv, on a des gens qui ont une vision religieuse de la politique de part et d'autre et pour lesquels, en fait, la seule alternative, c'est la destruction totale de l'autre.
Les Israéliens vous disent que, de toute façon, avec l'Iran, aucun accord n'est possible. Le seul moyen de traiter avec eux, c'est de mettre fin complètement au régime des Moula, voire même de faire un grand ménage dans le clergé chiite iranien. Et en face, les Iraniens disent que les Israéliens sont des usurpateurs sur la terre d'Israël.
Donc, à partir du moment où on a un face-à-face entre deux clans extrémisés et une vision eschatologique de la relation de l'un à l'autre, c'est très difficile de prendre parti. Est-ce que tu penses, tu as dit beaucoup de choses, est-ce que tu penses qu'il y a eu un moment, parce qu'il y avait des négociations normalement avant cela, ce qu'on nous disait, est-ce que tu penses qu'il y a eu des négociations sincères où tout était écrit à l'avance ? L'AIEA, l'Agence internationale de l'énergie atomique, vient de déclarer ce 3 mars qu'il n'y avait aucune preuve que l'Iran était au bord de la bombe nucléaire.
Ça nous fait penser d'ailleurs au rôle qu'avait l'AIEA pendant l'Irak en 2003. C'était l'AIEA qui disait qu'il n'y a pas d'armes de destruction massives, pas de preuves qu'il y ait des armes de destruction massives. Et donc d'abord, est-ce que tu penses qu'il y a eu des négociations sincères ?
Deux, tu dis que Trump voulait flatter une partie de sa base électorale, certes, mais il en perd aussi une autre. Et on les voit en ce moment s'exprimer bruyamment en disant que ce n'est pas du tout ce qui nous a été vendu. Donc est-ce que tu penses que son calcul, ne serait-ce que simplement en termes strictement électoraux, puisqu'on est dans une année de mid-terme quand même, il y a des élections intermédiaires à la fin d'année, est-ce que tu penses qu'il est rationnel ce calcul ?
Voilà, comment tu analyses cette irrationalité apparente et est-ce que tu penses qu'il y a eu des vraies négociations ? Alors ce calcul aurait pu être rationnel si l'Iran était une dictature comme les autres. C'est-à-dire si l'Iran était une dictature du type Syrie de Bachar el-Assad ou Venezuela de Maduro, dans lesquelles vous avez un pouvoir extrêmement personnel et le fait de supprimer le leader fait supprimer le régime derrière.
Donc juste pour te couper, il n'y a plus personne qui achète. Regarde, tu disais l'Iran, l'opinion publique n'achète pas ça parce qu'ils ne sont pas pro-américains, ça c'est quand même de l'autorité publique. Mais même aux États-Unis, les gens n'achètent plus, même nos opinions publiques par rapport à il y a 20 ans, achètent beaucoup moins ce narratif de « on va apporter la liberté, la démocratie » parce qu'on a vu que ce n'était jamais le cas en fait.
Donc quoi qu'il arrive, est-ce que ce n'est pas foutu ce genre d'argument aujourd'hui ? En tout cas, ce que je constate, c'est que ça n'a pas été couronné de succès, c'est que le régime est encore là. Et que les durs du régime n'ont pas désormais, que les gardiens de la Révolution sont encore là.
Donc on est maintenant, on parle de quatre jours après le début des frappes, on a à vision, je dirais, à au moins moyen terme, le régime de la République islamique d'Iran se maintient, il va se maintenir. Ensuite, il est clair que pour Donald Trump, on verra ce que ça va donner, mais je pense que ce n'est pas une bonne affaire électorale. Alors, est-ce qu'il a fait un coup de dé en se disant « foutu pour foutu ? » Je vais attaquer l'Iran, de toute façon, c'est un problème que les États-Unis avaient depuis 1979, moi je pourrais dire au moins que je l'ai réglé, et profiter du fait qu'il a encore une majorité au Congrès pour le faire.
C'est aussi une possibilité, le fait de se dire qu'il pourrait peut-être passer dans l'histoire comme étant celui qui aura mis fin au régime de la République islamique, vis-à-vis duquel, au département d'État aussi américain, vous avez des réactions parfois qui sont complètement irrationnelles, c'est-à-dire que l'idée qu'on va venger la prise de l'ambassade américaine en 1979, a fait la prise d'otage de l'ambassade américaine de 1979 à Téhéran, et aussi quelque chose qui est de l'ordre de l'irrationnel chez beaucoup de diplomates américains. Donc, il y a ça, et effectivement, la base MAGA, notamment isolationniste, je ne pense pas que là, pour l'instant, elle serre les dents, si ça continue à durer, elle risque de se retourner contre Trump. Et on a déjà les premiers indices de ça.
Donc, c'est quelque chose de très dangereux de son côté. Ensuite, Trump a toujours la solution de repli de se dire, j'ai le scalp de Ramenei, c'était l'essentiel, et puis on revient à la maison, s'il n'arrive pas à voir plus. Donc, voilà, c'est une sorte de coup de poker, dont je ne pense pas que ça va donner plus de résultats que ça.
Notre entretien avec Romain Bessonnet continue dans un instant, et il y a de quoi dire. Vous allez voir, l'actualité est tellement intéressante, explosive, il y a beaucoup de choses à dire. Juste le temps de vous rappeler de penser à vous abonner à cette chaîne YouTube, par un petit clic gratuit sur le bouton s'abonner, c'est très, très efficace pour que les vidéos touchent plus de monde, circulent mieux.
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Alors, tu as eu effectivement un imbrouillot avec la première déclaration de Marco Rubio devant le Congrès qui a dit « Nous, on n'était pas menacés, mais Israël l'était et l'Iran aurait riposté, on aurait pu avoir des dommages, donc on devait intervenir. » Ce qui a été interprété comme « Donc, ce n'est pas notre guerre. » Et ensuite, il a un peu rétropédolé devant les journalistes en disant « Je n'ai jamais dit ça, c'est bien nous qui avons pris seuls et souverainement la décision. » Donc, il y a quand même ce débat-là qui s'installe aussi aux États-Unis, très massivement.
C'est que ce n'est pas les États-Unis qui ont décidé d'aller sur cette guerre et qui sont suivistes par rapport à Netanyahou. Et ça, c'est un point. Et deuxième chose, est-ce que tu penses, comme c'est quand même évoqué de plus en plus souvent, qu'il y a le scénario d'un retrait rapide poussé par l'opinion publique qui est hostile à cette guerre.
Il n'y a que 27% des Américains qui soutiennent. poussé par les déchirures parmi ses élus. Bon, il pourrait revenir en arrière, ce qui pourrait ressembler à Trump.
On ne serait pas forcément très surpris. Mais il y a un autre scénario qui est avancé aussi, c'est d'envoyer des troupes au sol. Alors là, on s'aventure dans un truc.
Est-ce que tu penses que ce scénario est possible ? Et voilà, qu'est-ce que tu penses de ce débat interne américain et de ce scénario de troupes au sol ou de retrait plus rapide que prévu ? Le problème des troupes au sol, c'est que le seul pays à partir duquel les Américains pourraient opérer pour faire l'invasion, c'est l'Irak.
Où la majorité de la population est chiite et pro-iranienne. Donc, déjà, là, on pourrait avoir des problèmes. Alors, il pourrait décider de partir depuis le Kurdistan irakien, mais ça veut dire d'avoir l'accord du gouvernement syrien, ce qui n'est pas du tout dit, étant donné que le gouvernement d'Armet al-Shara actuellement est sous la forte dépendance de la Turquie et la Turquie est opposée à toute intervention.
Le président Erdogan a fait un discours très précis sur la question avant-hier. Donc, je ne vois pas depuis quelle base terrestre il pourrait lancer une invasion et faire un débarquement depuis les pays du Golfe, via le Golfe Persique, serait très hasardeux sur un pays qui a les dimensions de l'Iran. 90 millions d'habitants, on rappelle. 90 millions d'habitants, c'est un pays plus grand que l'Irak, c'est un pays avec d'énormes zones montagneuses et des zones de marée en plus.
En taille, c'est quoi ? C'est 3-4 fois la France ? Je ne sais plus, il est temps.
Donc, voilà, on est sur quelque chose. Si les Américains voulaient faire une intervention au sol qui ait des chances de réussir, il leur faudrait masser une armée de plus de 300 000 hommes avec plusieurs armées blindées. Mais c'est délirant.
Et cette armée, le seul endroit où ils peuvent la masser, c'est l'Irak. Donc, voilà. Et pour eux, ce serait le risque d'avoir, justement, que les partis pro-iraniens qui ont tous des milices, harcèlent les Américains sur les arrières, dans le sud de l'Irak.
Donc, pour moi, il n'y a aucune chance qu'on ait une intervention au sol. Enfin, après, je peux me tromper, mais les chances qu'il y ait une intervention au sol sont extrêmement minimes. OK.
D'accord. Il y a deux acteurs qu'on ne voit pas énormément, alors qu'ils sont soutiens de l'Iran, c'est la Chine et la Russie. Ils ont condamné l'intervention israélo-américaine.
Mais est-ce que ça va plus loin que ça en sous-main, d'après tes informations ? On sait qu'il y a des relations de défense entre les deux. Enfin, de vente d'armes.
Il y a des relations énergétiques entre notamment la Chine et l'Iran. Est-ce que tu penses que ça va plus loin ? Est-ce que la Russie et la Chine ont envie de s'impliquer plus dans ce conflit ?
Est-ce que la logique des BRICS va se constituer ? Comment tu vois ? Pour l'instant, on ne les entend pas beaucoup, honnêtement.
Tout d'abord, ce qu'on voit, c'est que la Chine a envoyé un soutien militaire assez timide, mais qui est réel à l'Iran, étant donné qu'elle a déployé des bâtiments de guerre électronique dans le golfe Persique, qui permettent d'écouter les communications des forces navales américaines et de recueillir des informations qu'ils transmettraient aux Iraniens. C'est ce qu'ils font, ils transmettent du renseignement aux Iraniens en ce moment. Donc, une deuxième chose, c'est que j'ai lu, dans la presse spécialisée en Russie, que les Russes transmettent aussi du renseignement satellitaire à l'armée iranienne.
Donc, deuxième type d'aide. Et troisième, c'est que les missiles et les drones tchaïdes iraniens marchent avec des composants russes et chinois, et que ces composants leur sont livrés. Donc, ça, c'est un troisième point.
Et quatrième point, si l'Iran veut tenir, ils auront besoin d'avoir des livraisons de nourriture, par exemple, et la Russie livre du blé quasiment tous les jours à l'Iran. Donc, c'est l'aide qu'ils reçoivent actuellement. Il n'y aura pas, par exemple, par contre, d'aide militaire directe sous forme d'intervention militaire aux côtés de l'Iran.
Ça, dans les deux capitales, que ce soit Pékin ou à Moscou, c'est complètement exclu. Par contre, oui, il y a une aide matérielle, une aide militaire en matière de renseignement, et une aide en matière de fourniture, donc, comment dire, soit de matériel militaire. Les Chinois, par exemple, livrent des radars et puis des missiles anti-aériens à l'Iran.
Et les Russes livrent des composants pour fabriquer des doigts. Ok. Si tu dis, dans les deux capitales, Pékin et Moscou, il n'y a pas de volonté de s'impliquer militairement, c'est par sens des responsabilités, parce que ça correspondrait à une mondialisation du conflit, de fait, à une guerre mondiale, ou c'est parce que ça n'est pas ainsi que font la Chine et la Russie ?
Parce qu'on voit que le camp occidental, quand l'Ukraine est là, ils y vont à fond, alors que la Chine et la Russie, par rapport à leurs alliés, semblent y aller quand même plus mollo. C'est ce que d'ailleurs certains disent, pour dénigrer la Chine et la Russie, en disant, regardez, il ne faut pas les avoir comme alliés, parce que quand vous avez des problèmes, ils ne sont pas là. Toi, tu dis, en fait, ils sont là, mais ce n'est pas du tout la même manière d'intervenir que l'OTAN, par exemple, par rapport à ses propres pays.
Alors, tout d'abord, premièrement, ces pays n'ont pas donné de garantie de sécurité formelle à l'Iran. Pour ce qui est de la Russie, le seul pays qui a une garantie de sécurité formelle, incluant l'arme nucléaire, c'est la Biélorussie. Mais c'est bien de le rappeler, la BRICS, ce n'est pas l'OTAN.
Les BRICS, ce n'est pas l'OTAN. Les BRICS, c'est un groupe de pays qui, essentiellement, économiquement, s'allie pour échapper à l'emprise économique des pays occidentaux sur leur politique étrangère. C'est-à-dire que, grosso modo, c'est un groupe de gens qui veulent ne pas dépendre des sanctions occidentales.
D'abord et avant tout. Ensuite, vous avez...
Donc, ça, c'est une première chose. D'ailleurs, il y a une deuxième garantie de sécurité que les Russes ont donnée formelle, c'est à la Cour du Nord, avec lequel ils ont un accord de défense clair et explicite, qui a d'ailleurs été mis en œuvre par les Nord-Coréens dans la région de Kursk. Donc, ça, c'est un point qui est fondamental.
Ensuite, l'Iran, si l'Iran continue à vivre et ne s'est pas effondré depuis les frappes de la guerre des 12 jours, c'est parce que la Chine et la Russie ont continué de commercer avec elle et ont permis à l'Iran de continuer à survivre. Donc, voilà. L'idée que l'aide, ça ne peut être que l'aide massive à contenu militaire, il y a toute une panoplie que ces pays utilisent dans le cadre de leur politique étrangère.
Voilà. Oui, vous savez, alors, justement, la France, on a senti dans son allocution le 3 mars ce soir, Emmanuel Macron, qui a une espèce de volonté à la fois de dire qu'il est en défensive, mais est-ce qu'il n'a pas, en disant qu'il veut prendre la tête d'une coalition pour libérer le détroit d'Hormuz, est-ce qu'il ne va pas plus loin que simplement du défensif ? Parce qu'en tout cas, il n'est pas titillé par l'idée de vouloir y aller un peu, comme on pourrait peut-être le présumer un an avant l'élection présidentielle, avec peut-être des arrières-pensées.
Est-ce que tu l'as senti comment ? Et qu'est-ce que tu penses que la France doit faire ou ne pas faire dans ce conflit ? Le problème d'Emmanuel Macron, c'est qu'il a été lié par les bêtises de ses prédécesseurs, c'est-à-dire que, et il ne sait pas comment s'en sortir, c'est-à-dire que l'accord de défense qu'on a signé avec les Émiratis, qui est un accord quand même d'engagement militaire automatique en cas d'attaque contre les Émirats, qui est un accord qui va plus loin que l'article 5 de l'OTAN.
Voilà, c'est un truc qu'on n'aurait jamais dû signer, surtout quand on a une puissance nucléaire. Et bien...
C'est signé quoi, sous Hollande, c'est ça ? Signé sous Sarkozy. Sous Sarkozy, ok.
Voilà, encore une de plus. Une de plus de Sarkozy. Donc, voilà, avec en plus une base française dont je me demande encore à quoi elle sert.
Question qu'on se posait, nous aussi. Donc, eh bien, on a, étant donné que si l'idée, c'était d'assurer la liberté de passage dans le détroit d'Hormuz, la base de Djibouti le fait déjà. Donc, c'est vraiment une base qui ne sert à rien ou qui avait des arrière-plans financiers, parce qu'il n'y a pas d'autre choix.
Enfin, il n'y a pas d'autre explication. On voit. Là, pour le coup, si les Émirats venaient dire « Bon, maintenant, vous appliquez l'accord de défense, c'est-à-dire que la France doit rentrer en guerre contre l'Iran pour détruire toutes les bases de lancement de tous les vecteurs qui sont susceptibles de menacer les Émirats arabes unis, on va être dans une situation compliquée.
Parce que, en fait, dans ces cas-là, les intérêts français vont être directement visés par les Iraniens, où qu'ils soient. Bien sûr. Et puis, ça peut nous entraîner, effectivement, dans une escalade militaire avec l'Iran.
Donc, l'idée, en fait, je pense, c'est qu'actuellement, Macron est en train de dire aux Émiratis de ne pas faire jouer l'accord de défense, de dire qu'on va donner quand même des moyens d'interception aux Émirats, on va envoyer des rafales pour abattre un certain nombre de drones, non. Mais en termes de capacité militaire, on ne peut pas aller beaucoup plus loin. Surtout que, en plus, pour la France, ça nous fait ouvrir un deuxième front, après notre front principal, étant donné que nous agissons en européen, c'est le front de la Baltique, où, justement, le Charles de Gaulle était parti pour montrer aux Russes que, maintenant, la Baltique, c'est Maré Nostrum des Européens et qu'on allait s'attaquer à sa dite flotte fantôme.
Donc, on ne peut pas être sur la Baltique, la mer Noire, avec un contingent en Roumanie et le prochain Moyen-Orient. Donc, à un moment donné aussi, nous, il va falloir qu'on choisisse. Les Américains, par exemple, ont dit déjà que l'Ukraine, c'était très loin d'être prioritaire et il commence déjà, et Zelensky a fait un discours avant-hier, où il a dit que si la guerre en Iran se prolonge plus d'une semaine, il faut s'attendre à ce que l'Ukraine ait des problèmes d'approvisionnement en matière de missiles.
Justement, je voudrais qu'on parle, c'est une bonne transition pour clôturer ce dossier à Iran. Je voulais parler des conséquences sur l'Ukraine. Zelensky a l'air d'être complètement oublié, par tout le monde, par ses sponsors.
Les conséquences pour l'Ukraine, ça peut être quoi, un effondrement rapide ? Les conséquences pour l'Ukraine, ça peut être déjà d'avoir des moyens de défense antiréenne très limités et donc que les frappes russes se multiplient sur ces installations économiques et accéléraient la faillite financière de l'Ukraine. Il faut savoir que, par exemple, les frappes actuelles vont augmenter le prix des produits alimentaires en Ukraine de 25 à 30 %.
C'est la presse économique ukrainienne qui l'annonçait, qu'on a des problèmes dans le secteur de l'acier en Ukraine qui commencent déjà à licencier, à fermer des sites. Donc, l'idée, c'est que...
Et les Européens, en fait, ont un veto de la Hongrie actuellement qui fait qu'on ne peut pas débloquer les 90 milliards sur deux ans, donc 45 milliards cette année. Et de mémoire, c'est 30 en aide militaire, 15 en aide économique de financement, avec un ministre des Finances de l'Ukraine qui a annoncé...
Non, le président de la Commission des Finances du Parlement ukrainien a annoncé la semaine dernière que si l'argent promis par les Européens n'est pas débloqué avant avril, l'Ukraine sera en cessation de paiement. Donc, l'Ukraine, c'est vraiment un mauvais coup pour elle que cette guerre en Iran. De plus, c'est un mauvais coup parce que ça va permettre de remplir les caisses de la Russie avec un prix du pétrole qui franchit allègrement les 100 à 120 dollars actuellement.
Sachant que pour le prix d'équilibre pour le budget russe, pour équilibrer son budget, il faut que la Russie ait un baril entre 40 et 60 dollars. Là, on n'a plus du double, donc ça veut dire que la Russie va faire des excédents. Donc, voilà, c'est une bonne nouvelle pour les Russes, une très mauvaise nouvelle pour M.
Zelensky. Ils rendent d'autant plus vain nos idées d'aller financer ce trou à fond perdu, ce trou ukrainien ou de l'armée, au lieu de chercher plutôt à négocier la paix. Ça va rendre les choses encore plus absurdes de notre côté.
Plus le temps passe, plus on va devoir dépenser de toute façon. Pour rien. En fait, celui qui avait raison, c'était l'ancien conseiller de Zelensky, Arestovic, qui avait été viré d'ailleurs à cause de ça de l'équipe Zelensky quand il avait dit en novembre 2022, c'est maintenant qu'il faut qu'on négocie parce qu'on est en position de force, parce qu'il avait repris Kersson à cette époque.
C'est maintenant qu'il faut qu'on négocie, qu'on arrête les frais, parce que plus on attend, plus le prix politique qu'on va devoir payer sera élevé, parce que les Russes sont structurellement, comment dire structurellement, les Russes ne peuvent pas perdre. Et c'est nous les Européens qui à chaque fois disons aux Ukrainiens, lâchez pas, de toute façon nous on a les reins assez solides pour vous permettre de faire la guerre autant de temps qu'il me le faut. Là actuellement, on commence à voir les limites de l'exercice parce que les 90 milliards en fait vont même pas couvrir les besoins budgétaires de l'Ukraine pour l'année 2026.
Oui, mais par contre vont aggraver nos déficits à nous. Ça c'est certain. Parce qu'on paye à peu près 17 à 18 milliards sur ces 90, nous français.
On va passer au deuxième sujet que je voulais aborder, c'est la dissuasion nucléaire. Tu as écouté l'intervention de Macron à Lille-Long, j'imagine. Alors j'ai vu certains… Je pense que les pingouins en fait doivent encore en avoir des larmes aux yeux.
Des larmes aux yeux, oui. Tu vas nous dire ce que tu en penses. Mais j'ai vu certains se rassurer très vite en disant « c'est bon, il a dit que la décision appartenait uniquement au président français donc il n'y a plus de problème ».
Si on l'écoute bien et si on voit ensuite ce qu'on écrit Mertz et Tusk, c'est plus compliqué que ça. On a quelque chose qui va, on le comprend par étapes, vers une européanisation, voire une germanisation de notre arme nucléaire, non ? Il y a plusieurs choses en fait que même des spécialistes n'ont pas vues.
C'est premièrement l'idée que l'on puisse mettre des bases avec de l'armement nucléaire dans un pays et de dire que ce pays n'aura pas vaut au chapitre sur la décision. Hormis les États-Unis, dans un contexte très particulier de l'OTAN, il n'y a personne qui n'accepte jamais ça. C'est-à-dire, y compris par exemple les Russes qui pourcent avec la Biélorussie, c'est plus qu'un allié.
Pour eux, les vecteurs qui sont stationnés en Biélorussie ne peuvent pas être activés sans le double accord du président russe et du président biélorusse. Pourquoi ? Parce que quand on met des vecteurs nucléaires sur votre territoire, vous devenez une cible d'une réponse nucléaire.
Et aucun État n'accepte. Et aucun État n'accepte d'avoir ce risque-là sans avoir parti à la décision. Ça n'a pas été dit aux Français déjà.
Et deuxièmement, à l'inverse, pour nous, le fait de mettre des vecteurs sur un territoire qui n'est pas le nôtre nous apporte un risque stratégique. C'est que, de facto, nos bases deviennent les cibles prioritaires d'un demi potentiel. Étant donné que c'est la force qui pourrait amener une riposte déraisonnable.
Et donc, nos bases deviennent des cibles prioritaires pour un agresseur éventuel. Et enfin, ça donne un faux sentiment de sécurité aux pays qui les accueillent. C'est-à-dire que, par exemple, moi, si j'avais Macron en face de moi, je lui dirais OK, on va mettre des vecteurs nucléaires français en Pologne, par exemple.
Admettons que la Pologne, avec la Lituanie, décident de faire un blocus unilatéral de la région Kalingrad, région russe. Les Russes estimeront que c'est une atteinte à leurs intérêts vitaux, étant donné qu'on a une partie de leur territoire dont on leur interdit l'accélération. Est-ce que, dans ces cas-là, si les Russes attaquent, est-ce qu'on emploiera l'arme nucléaire française ?
Alors que l'attaque aura été provoquée par un blocus. Et ce que je dis, ce n'est pas de la science-fiction. Vous avez des officiels en Lituanie et en Pologne qui, tous les jours, le disent.
Que si l'Ukraine perd la guerre, il va falloir qu'on fasse une action de représailles contre la Russie, avec un blocus de Kalingrad, menace sécuritaire, prioritaire pour les Européens et la Pologne et la Lituanie en particulier. Deuxième chose, la cohérence de dire « Le président de la République garde seul le bouton nucléaire, ne vous inquiétez pas, on ne partagera jamais. » Ah bon ?
Mais comment on peut avoir un bouton nucléaire qu'on ne partage pas et une diplomatie que l'on partage ? Parce que le même président qui vous dit « Je suis chef, c'est moi qui aurai le bouton nucléaire d'une arme qui est au service d'une politique étrangère. » L'arme nucléaire, c'est une arme, mais c'est la quintessence de l'arme au service d'une politique étrangère indépendante.
Elle a été voulue pour ça par le général de Gaulle, pas pour son intérêt militaire. Bien sûr. En second lieu, mais en premier lieu, elle a été voulue comme la clé de voûte d'une politique étrangère indépendante.
C'est pour ça que les Américains ont tout fait pour qu'on ne l'ait pas. Et bien, comment on peut avoir une arme nucléaire avec le président de la République qui est l'unique détenteur du pouvoir de déterminer les objectifs, les cibles et d'appuyer sur le bouton, et une politique étrangère que l'on déciderait à la majorité qualifiée au sein de l'Union européenne ? Ou en droit de veto ?
Sont la transition d'Emmanuel Macron. Oui, bien sûr. Avec perte du droit de veto.
Donc, c'est-à-dire que dans ces cas-là, notre droit de veto au Conseil de sécurité, parce que la jurisprudence hongroise, maintenant, ça s'appliquera par la Cour de justice, les États membres sont liés par les décisions de la politique étrangère de l'Union européenne, y compris quand ils votent dans d'autres organisations autres que l'Union européenne. C'est-à-dire que, eh bien, si demain, on a donc, selon les voeux du président Macron, et le dernier obstacle à ça, ce serait que, d'ailleurs, que Viktor Orban perde les élections hongrois et qu'ensuite, par la clause transverse, on puisse faire basculer la diplomatie de la sphère de l'unanimité à la sphère de la majorité qualifiée, eh bien, si la France subit une défaite dans un conseil affaires étrangères, et il faut se rappeler que sur le Mercosur, on a été mis en minorité sur une question de politique étrangère, déjà, enfin, de commerce extérieur, mais qui est évidemment de la politique étrangère. Si demain, sur une question de politique étrangère, par exemple, la décision de faire un blocus total de la région de Kaliningrad, décider à la majorité qualifiée par tous les Européens, hormis la France, décision qui s'imposera à nous, est-ce qu'on dira, ah, non, finalement, la dissuasion nucléaire française ne garantira pas l'effectivité d'une décision européenne ?
Qui peut croire ça ? Eh oui, c'est l'engrenage. Qui peut croire ça ?
Donc, Emmanuel Macron a fait de la poudre aux yeux, il a sorti ce que j'appellerais moi la peau souverainiste et agoliste en disant « ne vous inquiétez pas, je suis dans la lignée de mon prédécesseur, dans la lignée du général, le bouton nucléaire ne se partage pas, mais je vais partager tout le reste. Je vais partager les risques parce que je vais mettre des vecteurs dans d'autres pays européens, ce qui fait que les moyens de dissuasion nucléaire française deviendront des cibles en cas de tension de ces États membres de l'Union européenne et d'un État tiers, la Russie par hasard. Deuxièmement, ce même président de la République nous dit que lui, il veut qu'on passe à la majorité qualifiée dans les décisions de politique étrangère au niveau européen, ce qui, pour une puissance nucléaire, justement, est une folie furieuse.
Et il nous dit « mais par contre, je maintiens une dissuasion nucléaire indépendante. » il y a des choses qui ne collent pas entre les trois propositions. Oui, et aussi bien le RN qu'on a vu Julien Aubert, Marion Maréchal, ont mordu à l'hameçon ou ont voulu en tout cas mordre pour évacuer le problème en disant « donc c'est bon, finalement il nous a rassurés ».
Alors que moi, j'ai écouté le discours et je lis tout ce qui se dit et s'écrit à côté, je n'ai pas du tout été rassuré, j'ai été confirmé dans mon idée qu'il était bien dans une entourloupe effectivement pour aller vers l'européanisation de la chose. Et puis dire « on va faire financer l'augmentation de notre nombre de têtes nucléaires par les autres États européens qui ne voudront bien sûr pas prendre part à la décision » mais enfin il faut nous prendre pour des imbéciles. Alors on remarque que se créent des comités de pilotage nucléaire entre la France et l'Allemagne, la France et la Pologne, etc.
Donc si on a la décision seul, on se demande à quoi ils servent. Donc là aussi, il y a quand même un loup. Et par ailleurs, et ça d'ailleurs lui ne l'a pas dit clairement, c'est ensuite Mertz qui l'a écrit et tout ce qu'ils l'ont écrit.
Les groupes de pilotage nucléaire, c'est quand même ce que ça veut dire. Enfin, on pilote, on pilote une politique. Et certains ont remarqué, je crois très justement, que les pays concernés dans la Cité 8 sont justement les pays qui refusent pour l'instant les euro-bondes que Macron lui souhaite, les bondes du trésor européen.
Donc on pourrait se demander s'il n'y a pas en coulisses un deal, un accord en « je vous donne l'arme nucléaire et vous m'autorisez à faire de la dette commune ». Ce qui serait donc une double perte de souveraineté au passage. Il y a peut-être aussi un peu ça qu'on peut voir.
Il y a forcément un accord en coulisses en tout cas. Il y a une négociation en coulisses, c'est évident, qui n'est pas dite aux Français. Il y a beaucoup de choses.
Premièrement, dire « je maintiens la dissuasion nucléaire indépendante ». Mais je vais partager toutes les informations sur la dissuasion nucléaire avec des pays étrangers. Déjà, rien que ça, c'est de la folie furieuse.
Je vais partager les analyses stratégiques pour qu'on soit d'accord sur les menaces et les éventuelles cibles au cas où on devrait déployer l'arme nucléaire. Ça aussi, c'est de la folie furieuse. Parce que soit c'est un truc qui ne sert à rien et dans ces cas-là, on fait perdre du temps et de l'énergie à nos militaires qui n'en ont pas besoin.
Soit c'est un truc qui est effectif et dans ces cas, c'est dangereux parce qu'on partage avec des puissances étrangères dont certaines d'ailleurs sont très liées aux États-Unis. Les secrets de notre arme nucléaire, leur procédure de déploiement, leur procédure de mise en œuvre ainsi que la définition des cibles, chez moi, on n'appelle pas ça une dissuasion nucléaire indépendante. Bien sûr.
On appelle ça une dissuasion nucléaire partagée. C'est évident. Certes, le seul truc qu'on ne partage pas c'est la décision finale.
Encore heureux. Encore heureux qu'on ait une constitution et qu'elle soit encore un peu effective sur les pouvoirs souverains régaliens du président de la République. Mais sur tout le reste, sur tout le reste, c'est extrêmement dangereux.
Et enfin, le président de la République nous a pas dit, mais pour rappel, on a deux composantes sur les trois d'une triade nucléaire. Et donc, sur ces deux composantes, il y en a une qu'on maîtrise complètement. Ce sont les sous-marins nucléaires, lanceurs d'engins, les SNLE.
Et le deuxième, ce sont les vecteurs aériens, la force aérienne stratégique. Il nous a pas parlé du SCAF. Il nous a pas parlé d'une nouvelle avion qui devra remplacer le rafale pour porter nos vecteurs nucléaires.
Ça, qui c'est qui va décider ? Est-ce qu'on va partager aussi ? Parce que c'est bien beau d'avoir une arme nucléaire, mais si, par exemple, les avions qui doivent les emporter ne peuvent pas décoller sans l'accord du chancelier allemand, parce qu'il y aura des composants allemands dans l'avion, le futur SCAF, dont on ne sait pas s'il est en mort cérébrale ou en mort tout court.
L'Express a dit qu'il avait obtenu de Mertz qu'il soutienne le SCAF en échange de l'arme nucléaire, justement. Donc, double trahison là aussi. Mais de facto, si on fait le SCAF, on va partager notre arme nucléaire, étant donné que sur un des deux vecteurs, sur le vecteur aérien, dans ces cas-là, il y aura des composants allemands dans ce SCAF et les Allemands pourront toujours dire écoutez, vous n'utilisez pas ces avions-là pour bombarder nucléaire, enfin, pour faire une frappe nucléaire sur tel ou tel pays, comme les Américains le font sur ceux qui ont des F-35.
Bien sûr. Bien sûr. Non, mais c'est bien de disséquer les choses parce que certains s'arrêtent à la surface des mots plus ou moins volontairement alors que nous, nous connaissons par ailleurs la manière dont fonctionne l'Europe.
Elle fonctionne toujours de la même manière. Elle avance masquée. Elle ne dit pas clairement son projet final.
Il faut la moitié le deviner. Il y a des concepts flous, c'est filandreux toujours. Mais on voit bien où ça nous mène.
Et donc, la solution, c'est de sortir de l'Union Pen. Enfin, je veux dire, encore une fois, ça valide. Il n'y en a pas d'autre.
Il faut retrouver sa souveraineté nationale de manière intacte et totale. Voilà. C'est ce que je crois on peut mettre comme conclusion à tout cela.
Écoute, un grand merci, mon cher Romain. On a vu les deux grands sujets, je crois, les plus importants du moment et même le troisième avec l'Ukraine qui est en conséquence. Et on se retrouve très bientôt.
Merci. Merci. Merci, Dorian.
Eh bien, un immense merci à Romain Bessonnet. C'est très pointu, c'est très précis. Ça permet d'aller au-delà de la propagande médiatique ou du travail que ne font pas les fausses oppositions, complices, paresseuses, et puis d'aller vers la seule solution, c'est-à-dire le Frexit, notre libération.
D'ailleurs, Romain sera là, la grande manif nationale pour le Frexit. Samedi 28 mars, rendez-vous 14h en place du Palais-Royal à Paris. La marche énorme s'élancera à 15h.
Organisez-vous pour être là. C'est un événement très, très important, notamment pour lutter contre cette dissuasion nucléaire européenne, pour la paix aussi, pour nos libertés, pour nos paysans, pour le Frexit. La France libre et éternelle.
Soyez là. Et avant cela, on se retrouve ce vendredi 6 mars à 19h. Ce vendredi, grand direct sur cette chaîne.
Le jeudi 19 mars, je suis en réunion publique à Chasseneuil-du-Poitou. Inscrivez-vous. C'est une entrée gratuite.
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Florian Philippot