Constitutionnalisation de l’IVG : le droit à l’avortement reste un combat
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Applaudissements] [Applaudissements] donc bonjour à toutes et à tous j'espère que vous allez bien donc bienvenue pour cette conférence sur le droit à l'avortement un combat permanent et j'ai le grand plaisir pour cette conférence d'accueillir d'abord Sarah du rocher présidente du planning familial qui non seulement fait un travail extraordinaire au quotidien pour lutter pour l'ensemble des droits sexuels et reproductifs avec tout un ensemble de gens dans le pays et qui vraiment assurent ces droits quotidiens mais en plus sont la cible régulière de l'extrême droite et je crois qu'on doit avoir une solidarité sans faille pour celles et ceux qui militent au planning familial pour que les droits des femmes notamment restent une réalité dans ce pays merci Sarah du rocher d'être avec nous aujourd'hui ensuite on a Natacha kelvennec qui est avec nous que je remercie infiniment d'être là donc qui est sociologue au centre européen de sociologie et sciences politiques qui est polonaise d'origine qui vit aujourd'hui en France mais qui est polonaise et qui est une spécialiste des droits reproductifs et sexuelle et qui nous donc nous parlera spécifiquement de la situation en Pologne qui comme vous le savez est dramatique et puis enfin il y a Camille butin qui est chargé de plaidoyer européen à la Fédération internationale pour le planning familial et qui elle nous dressera plutôt un portrait européen et c'est d'ailleurs par toi Camille que nous allons commencer donc on va d'abord avoir un exposé vous pouvez l'appeler aussi on va d'abord donc avoir un exposé plutôt sur la situation européenne avec Camille puis Natacha nous fera la situation polonaise ensuite Sarah vous fera un point sur la situation française et enfin moi je vous ferai un point sur où est-ce qu'on en est sur le processus législatif et parlementaire que nous avons amorcé l'année dernière le 24 novembre 2022 où ce jour-là l'Assemblée nationale a parlé au monde puisque pour la première fois l'Assemblée nationale a voté pour inscrire le droit à l'avortement dans la Constitution et être ainsi possiblement le premier état du monde inscrire le droit à l'avortement dans sa constitution et ainsi à le protéger Camille je te laisse la parole pour commencer est-ce que oui vous m'entendez oui bonjour à tous et à tous donc moi Camille Vuitton je suis chargée de plaidoyer effectivement pour la Fédération Internationale du planning familial plus précisément pour le réseau européen et donc on est une organisation qui nous battons pour les droits et la santé sexuelle reproductif pour tous et on a des membres en Europe dans une quarantaine de pays et en France c'est le planning planning familial français qui est notre membre je voulais commencer cette intervention en rebondissant sur le titre de la conférence qui est que l'avortement reste un combat je trouvais ça intéressant de le rappeler et je trouvais que ça contraste avec le type de réaction que je peux avoir parfois quand je discute de mon travail avec des personnes que je viens de rencontrer et qui sont certes peut-être peu informés mais souvent la réaction que j'ai c'est ah bon pourquoi pourquoi travailler encore sur l'avortement puis c'est déjà un droit qu'est-ce qui reste à faire en fait pourquoi c'est encore un sujet et je trouve que cette réaction là elle traduit un de deux idées reçues ou peut-être de d'incompréhensions la première c'est que cette idée que l'avortement serait déjà un droit reconnu dans toute l'Europe et que l'access réuniforme dans tous les pays sans aucune inégalité donc évidemment enfin on sait que c'est faux je présenterai un peu plus tard les différences obstacles qui persistent en Europe d'un état à un autre et puis la deuxième idée reçue je trouve c'est cette idée qu'on irait forcément vers un progrès constant et linéaire c'est-à-dire qu'une fois que le droit avortement est reconnu on reviendrait jamais en arrière et ça on sait aussi que c'est faux évidemment il y a encore des États européens qui font des progrès heureusement et dans l'ensemble on peut dire que l'Europe c'est un continent plutôt progressiste mais il y a aussi des États qui reviennent en arrière et je pense que aucun pays n'est vraiment à l'abri d'un retour en arrière quand on voit les mouvements d'extrême droite et les mouvements anti soi qui sont actifs toute l'Europe donc les mouvements anti soient ils sont en fait bien connectés bien financés et ils travaillent ensemble aussi d'un pays un autre et on voit aussi la montée l'extrême droite qui pèse qui qui représente une réelle menace pour le droit à l'avortement droit à l'IVG c'est un des premiers droits à attaqué par l'extrême droite donc voilà donc c'est important de rester mobilisé pour vous faire un peu un état des lieux de l'accès à l'IVG en Europe donc comme je disais en fait il y a énormément d'inégalités qui qui persiste on a réalisé une étude en fait sur 52 pays européens donc bon vous êtes peut-être un peu loin mais vous voyez les couleurs qui indiquent qu'elles étaient à sont les plus en retard et donc vraiment une multitude d'obstacles certains sont législatifs il y a encore deux pays de l'Union européenne qui ont des lois extrêmement restrictives la Pologne d'abord donc en Pologne il y a eu un retour en arrière en octobre 2020 je vais en parler rapidement parce qu'évidemment on en parlera ensuite mais l'avortement était autorisé déjà dans très peu de cas et maintenant il est autorisé que dans les cas où la vie ou la santé de la femme enceinte est à risque ou bien en cas de viol et inceste et en fait en pratique ça signifie qu'il y a aucun accès légal quasiment et surtout on a déjà recensé au moins 6 cas de femmes polonaises qui sont décédées dans des hôpitaux parce que les médecins ont refusé d'intervenir à temps pour leur sauver la vie à Malte la loi est en fait encore pire qu'en Pologne il y avait une interlocution totale sans aucune exception récemment il y a une tentative de libéraliser un tout petit peu la loi et malheureusement finalement là ça reste encore très limité c'est seulement pour sauver la vie la femme et avec la signature de trois médecins gynécologue et en fait à Malte c'est une condition extrêmement difficile à réunir donc les actifs maltaises nous parlent même d'un retour en arrière par rapport au status quo précédent donc voilà après il y a d'autres pays comme l'Italie par exemple ou la loi est certes beaucoup moins restrictive mais quand même en fait on n'est pas sur une loi qui qui prévoit l'avortement sur la demande de la femme il faut remplir des raisons précises de risque graves pour la santé de la femme aussi bon ça peut être des raisons socio-économiques mais c'est soumis à l'approbation d'un médecin donc en fait les femmes sont toujours soumises au bon vouloir des médecins et en plus de ça si l'avortement est réalisé en dehors des conditions prévues par la loi les médecins et les femmes peuvent être peuvent subir des poursuites pénales voire même des peines de prison donc voilà en tout en Europe il y a encore 16 pays qui qui réglemente l'avortement dans leur code pénal et donc c'est à dire qu'en dehors des conditions pris par la loi c'est un crime et ça peut mener à des poursuites pénales et récemment en Pologne une activité a été condamnée à Malte une femme a été soupçonnée donc voilà c'est vraiment des cas qui qui sont encore actuels donc la recommandation c'est évidemment de dépénaliser l'avortement et ça devrait jamais être considéré comme un crime et ça devrait être autorisé sur simple demande des femmes juste par rapport à l'Italie comme vous le savez le gouvernement Meloni a déclarer ne pas vouloir toucher à la loi actuelle alors on vient de voir que la loi elle est loin d'être parfaite mais en plus il y a quand même eu des déclarations antichois de la part de membres du gouvernement et un projet de loi proposé par les membres de la coalition de Meloni qui reconnaîtrait un statut juridique au foetus donc qui interdirait des facto à l'avortement voilà bon les activités italiennes avec qui on est en contact ne sont pas trop inquiets que cette loi aussi restrictive puisse passer mais dans tous les cas c'est un signal plutôt enfin c'est très négatif au niveau politique voilà une autre condition législative qui limite l'accès c'est les délais qui varient énormément d'un état à un autre donc ça va de 10 semaines de grossesse au Portugal à 24 semaines au Pays-Bas en France il y a eu un progrès récemment mais on sait que ça a été compliqué à atteindre en Belgique il y a eu un débat aussi mais finalement la loi elle a pour l'instant elle a pas le soutient politique nécessaire donc voilà le problème c'est quand les femmes dépassent les délais elles sont obligés de voyager ça induit des coûts indirects et sa pénalise bien sûr les femmes les plus désavantagées et je rappelle que la recommandation de l'Organisation mondiale de la santé c'est de supprimer les délais ensuite les obstacles procéduro donc qui est encore 19 pays qui prévoit des obstacles qui sont médicalement pas justifiés et qui vise à compliquer l'accès à l'IVG par exemple une période de réflexion imposée une consultation psychologique obligatoire souvent biaisée une échographie forcée aussi ou bien l'autorisation de tiers par exemple une autorisation parentale ou de plusieurs médecins certains pays progressent en supprimant par exemple la période de réflexion comme les Pays-Bas ou l'Espagne mais d'autres tentent des retours en arrière donc par exemple en Slovaquie tous les six mois il y a une proposition de loi qui vise à imposer des consultations psychologiques ou à rallonger la période de réflexion ces projets de loi a été refusés rejetés jusqu'ici par le Parlement mais on voit que les antichois sont très actifs et en Hongrie en septembre dernier par décret ministériel du ministère de l'Intérieur maintenant c'est les femmes sont obligées de subir une échographie avant de pouvoir avorter donc tous ces obstacles là qui sont médicalement pas justifiés il faut les supprimer après il y a aussi des obstacles économiques donc il y a assez peu d'État finalement qui qui rembourse complètement l'avortement il n'est pas remboursé dans 31 pays donc ce qui est pénalise évidemment les femmes les plus celles qui ont les faibles revenus ou les jeunes filles les méthodes d'avortement varie également donc l'avortement par voie médicamenteuse n'est pas accessible partout la pilule aborte les pilules à partir elles ne sont pas autorisées en Hongrie et en Slovaquie et en Italie elles sont autorisées mais en fait elles sont accessibles que dans trois régions et puis pas toujours à domicile en fait et l'intérêt de l'avortement par voie médicamenteuse c'est de faciliter l'accès justement en pour pouvoir prenant les les pilules à domicile et puis aussi combiner à la téléconsultation ça a été une avancée dans beaucoup de pays donc voilà c'est primordial que les femmes aient le choix en fait de leur méthode d'avortement y compris et qui ont pris médicamenteuses et puis je voulais finir par les obstacles peut-être plus idéologiques donc lié par exemple au manque de médecins qui pratiquent l'avortement donc il y a un grand nombre de médecins qui peuvent refuser dans un grand nombre de pays peuvent refuser de pratiquer l'avortement pour des raisons qui peuvent invoquer des convictions religieuses ou personnelles et par exemple en Italie il y a 70% des médecins gynécologues qui refusent de pratiquer l'avortement ça peut aller jusqu'à 90% dans certaines régions donc dans certaines régions j'ai quasiment pas d'accès en revanche certains pays comme la Suède nous autorisent pas les médecins ou les professionnels de santé à refusé de pratiquer l'avortement pour des raisons religieuses et donc on invite les États de l'Union européenne à soit suivre l'exemple de la Suède soit à mettre en place des mesures qui limitent l'impact de l'objection de conscience ça peut être d'autoriser beaucoup plus de professionnels de santé à pratiquer l'avortement y compris les sages-femmes d'obliger à les médecins à référer les patientes envers quelqu'un qui pratique l'avortement et d'interdire des établissements de santé entier de refuser de pratiquer l'avortement voilà et puis il y a aussi bien sûr le manque d'information la désinformation autour de l'avortement les discours stigmatisants les discours antichois qui qui limite aussi l'accès en Allemagne par exemple jusqu'en 2022 les médecins n'avaient même pas le droit de communiquer sur le fait qu'il pratique l'avortement donc ça heureusement l'Allemagne a changé sa loi et sa maman voilà après en France on sait qu'il y a plein de sites internet anti-vg qui se font passer pour des sites neutres harcèlement devant les cliniques aussi harcèlement des médecins et des femmes dans de nombreux pays voilà certains États peuvent ont pris des mesures pour pour lutter contre contre ces activités antichois par exemple en Espagne en France c'est interdit de d'avoir ces rassemblements devant les cliniques et c'est essentiel en tout cas que les gouvernements se saisissent de la question et en tout cas fournissent des informations claires et objectives eux-mêmes et puis fournissent évidemment l'éducation à la sex j'étais complète voilà ceci dit donc maintenant que j'ai bien parlé tous les obstacles je veux pas être catastrophiste non plus il est possible de se mobiliser collectivement enfin c'est nécessaire mais c'est possible nous à l'IPF ce qu'on essaye de faire pour faire avancer le droit à l'IVG et contre les mouvements anti-soir c'est premièrement d'essayer de traquer ce que fait l'opposition qui est quels sont les acteurs quels sont leurs activités et d'informer nos alliés on fait aussi des actions de soutien assez concrètes aux actifs sur le terrain donc on leur donne des subventions pour financer leurs activités leurs campagnes leur manifestations et aussi on facilite beaucoup les échanges entre activistes d'un pays à un autre parce qu'ils ont beaucoup à apprendre les uns des autres sur les stratégies à mettre en place et puis on utilise nos capacités de communication et plaidoyer pour faire remonter les problèmes nationaux au niveau européen et pour avoir une véritable solidarité internationale pour les activités sur le donc on informe les journalistes les décideurs nationaux et européens et puis nos alliés nos membres dans toute l'Europe et au niveau européen on a atteint quelques victoires vers une meilleure reconnaissance des droits sexuels reproductifs comme des droits humains donc en 2021 le Parlement européen a adopté un rapport qui affirme que les droits sexuels à productifs sont les droits humains et que leur violation constitue une forme de violence faite aux femmes y compris le fait d'empêcher l'accès à l'avortement pour pour les femmes on a aussi eu une condamnation très ferme à plusieurs reprises de l'interdiction de l'avortement en Pologne et un soutien aux actifs polonaises et puis une proposition d'inclure le droit l'avortement dans la charte de droit fondamentaux de l'Union européenne c'est une idée qui a été lancée par le président Emmanuel Macron en janvier 2022 et qui est maintenant et officiellement soutenu par le Parlement européen notamment suite au renversement de reviewade aux États-Unis voilà c'est une proposition qu'on soutient évidemment même si ce sera pas simple au niveau européen on la soutient politiquement et c'est une demande qu'on fait aux partis politiques européens d'inclure cette proposition là dans leur programme pour les élections européennes de 2024 donc voilà c'est sûr que en tout cas l'avenir de droit à l'IVG en Europe va dépendre grandement des résultats des élections semaine prochaine que soit au niveau national ou au niveau européen puisque c'est une question extrêmement politique et je voulais terminer en disant que je ne pense pas qu'on doit traiter de l'avortement de manière isolée c'est une question qui est liée à plein d'autres questions déjà des droits sexuels productifs la contraception l'éducation et sexualité évidemment mais l'égalité des gens aussi les droits des personnes LGBT toutes les toutes les droits de toutes les minorités mais aussi liées à des questions plus générales de démocratie d'État de droit de d'espaces pour la société civile et de justice sociale et voilà je pense que c'est vraiment une question qui est en fait au cœur du projet de société qu'on veut avoir et qui est à défendre face à d'autres forces politiques qui ont un projet tout autre qui est autoritaire et libéral anti-démocratique et patriarcale voilà je vous remercie [Applaudissements] bonjour ok donc moi je voudrais en restant dans la thématique générale de la conférence donc la constitutionnalisation de l'IVG en France je voudrais de façon très factuelle vous présenter le capot polonais donc illustre les risques auxquels ce droit est exposé le droit à l'avortement est exposé s'il n'est pas protégé de façon explicite et pérenne par le droit par la loi donc les exemples les plus évocateurs de série sont je pense bien sûr au cas américains à la révocation en 2022 par la Cour suprême américaine de son arrêt historique d'il y a 50 ans rendant les États américains libres d'interdire l'avortement l'avortement je pense bien sûr au jugement de la Cour constitutionnelle en Pologne on a dans ton à parler entre amis ce jugement a invalidé le motif de pathologie fœtale comme conditions permettant d'accéder à l'avortement c'est recul se sont faits dans le contexte d'alternance politique marquée donc en aux États-Unis par l'arrivée de Donald Trump au pouvoir et en Pologne le parti droit est justice un parti d'extrême droite et dénominations qui ont suivi dans les plus hautes instants judiciaires de juge ultra conservateurs tout d'abord je voudrais présenter quelques cas très concrets de femmes pour illustrer comment cette loi déjà extrêmement restrictive qui a criminialisé l'avortement en 1993 en Pologne et après le jugement de 2020 qui du coup a rendu l'accès à l'avortement encore plus compliqué qu'il était déjà très compliqué donc je voudrais vous vous expliquer comment ces deux cette situation sur la vie quotidienne des femmes en Pologne donc tout d'abord je vais vous parler d'Isabella elle était âgée de 30 ans elle avait une fille de 9 ans elle est tombée enceinte 3 après 3 ans de temps tactile tentative infructueuse elle a été hospitalisée en milieu de sa grossesse il s'agissait d'une pathologie de fœtus malgré les risques pour sa santé et sa vie ce qui est toujours un motif valable théoriquement de l'avortement en Pologne les médecins attendaient que la mort de fœtus in utero elle est décédée de choc septique en 2021 durant une audition au Parlement européen sa belle-sœur a dévoilé les SMS que qu'ils avaient là envoyé à sa famille quelques heures avant sa mort l'écrivaine notamment il faut attendre que le cœur s'arrête de battre parce que grâce au gouvernement impossible de faire autrement c'est la loi le supplice de l'être humain katchinski et Douda donc c'est un nom de deux politiciens de ce parti Droit et Justice l'ont fait les femmes sont devenues découvert selon le président de la Commission des droits des femmes et de l'égalité des gens au Parlement européen au moins six femmes enceintes sont mortes en Pologne suite à ce jugement de 2020 un autre cas Johanna elle est tombé enceinte d'une grossesse non désirée elle a avorté chez elle en se procurant elle-même les médicaments ce qui est légal en Pologne ce qui est illégal c'est d'assister quelqu'un mais les femmes ne sont pas pénalisées elles peuvent faire leur avortement autogéré disons se sentant fragile psychologiquement elle a appelé sa psychiatre qu'elle a informé dans la foulée de son IVG cette dernière a décidé de la faire hospitaliser et en appelant le SAMU et la divulguer l'information sur l'avortement les médecins du SAMU sont arrivés accompagnés de policiers qui ont escorté Johanna à l'hôpital malgré sa détresse psychologique les protestations de médecins la police lui a confisqué son téléphone et son ordinateur a procédé à la fouille au corps son cas ayant été médiatisé lors d'une conférence de presse la police a divulgué les détails relatifs à son état de santé en rendant public l'enregistrement de l'appel de sa psychiatre au fameux de nombreux cas de répression policière de ce type ont été divulgaires récemment notamment la fouille d'une fosse septique par la police suite à une fausse couche une femme dont je peux pas divulguer le nom que j'appellerai Marie était atteinte de détresse psychologique après qu'on a diagnostiqué un trouble mortel de son fœtus malgré les attestations de plusieurs psychiatres qui préconisaient l'avortement pour motif de risque pour sa santé voire pour sa vie ce qui est légal en Pologne théoriquement plusieurs hôpitaux ont refusé de pratiquer l'IVG et la finalement pu avorter suite à l'intervention d'avocat et de députés à l'hôpital faisant partie d'un réseau féministe son avortement fait partie de quelques centaines d'IVG légaux et réalisé dans le cadre enfin dans ce cas de légal en Pologne depuis 2020 donc la Pologne rappelons-le est un pays de 30 millions d'habitants les femmes constituent la moitié des habitants voilà donc quelques chiffres pour passer de ces cas individuels à une vision plus globale la criminalisation de l'avortement en 1993 à drastiquement limité l'accès à cette pratique le nombre d'IVG avoisiné 150 000 par an dans les années 19 entre 20 il est tombé à 1100 en 2019 après le jugement de la Cour constitutionnelle ce chiffre déjà dérisoire a été divisé par 10 de nombreux exemples de refus dirigés dans le cas théoriquement autorisé par par la loi de 1993 dont celui opposé à une adolescente violet en 2008 témoigne des effets indirects du droit qui sont à l'origine de son application plus restricte plus extensive par les médecins par peur de sanctions encourues comme c'est le cas justement de ces refus de pratiquer l'avortement même si la enfin il y a un danger pour la vie ou la santé de la femme et bien sûr ce jugement de 2020 donc à encore aggravé on va dire c'est schillingfect les statistiques officielles ne reflètent bien sûr pas le nombre de réels de l'avortement estimé par par le NG institut goodminscher à 93000 par an selon les organisations ces avortements se répartissent entre pratiques clandestine ce qui va bien sûr avec avec le les risques sanitaires que donc nous pouvons imaginer l'IVG transplantalière ou médicamenteuse autogérées selon une enquête du centre polonais c'est boss une femme sur trois a eu recours l'avortement au moins une fois dans sa vie elle est donnée publiée de l'organisation à baston dream team qui propose des circuits alternatifs d'accès à l'avortement font état d'une hausse exponentielle état d'une exponentielle de demande après le jugement de la Cour constitutionnelle soit 44 000 IVG de médicamentseuses autogérés ou effectuées à l'étranger était suivi par cette ONG ou quelques activistes une dizaine en plus tout en plus aide des milliers de femmes c'est des données de 2022 pourquoi ces attaques récentes c'est la question qu'on me pose souvent quand l'avortement si l'accès était déjà extrêmement compliqué depuis 1993 bah tout d'abord il y a des tendances transnationales d'où d'ailleurs la nécessité d'apporter peut-être une réponse transnationale aussi à ce qui se passe c'est à dire qu'on observe depuis ils ont le début de la seconde décennie du 21e siècle l'apparition du concept de d'idéologie du genre d'idéologie du genre qui structure le débat politique en Pologne mais c'était aussi un peu le cas en France notamment dans il a été mobilisé dans le cadre du de l'opposition au mariage pour tous ce concept a été développé comme l'élément de la stratégie du Vatican permettant de s'opposer aux résultats des conférences de l'ONU en 1990 donc qui ont fait avancer la cause féministe en Pologne les gémonie de l'Église catholique et de cercles de ces cercles partisans simplifient pas simplifie amplifie la raison non de ce concept qui est présenté comme une sorte de produits d'idéologie de colonisation idéologique du peuple polonais par les élites occidentales et et comme une menace pour la famille dite traditionnelle soit un couple hétérosexuel marié avec des enfants au-delà de ces tendances transnationales bien sûr la rupture politique de 2015 a été à l'origine des avancements de ces milieux antichois ou anti genres aussi parce que ça ne concerne pas uniquement l'avortement enfin les droits reproductif ça concerne bien sûr aussi les doigts sexuels en Pologne donc le tournant il libéral de la Pologne après l'arrivée au pouvoir du Parti droit de justice a marqué une offensive quand la démocratie et le droit à productif et sexuel est-ce que disait Camille est totalement vrai c'est à dire que l'avortement est tellement lié c'est une sorte d'indicateur de l'État démocratique du pays et en Pologne ces derniers par les droits reproductifs et sexuelles ont été instrumentalisées en rendant possible une sorte de coopération entre le pouvoir il libéral et ces mobilisations conservatrices anti genre et cette coopération a été profitable pour les deux parce que du coup les acteurs autoritaires ont pu mettre le genre un peu au centre de leur rhétorique en faisant venir d'autres publics qui étaient peut-être pas encore acquis à leur cause et de l'autre côté ça a permis aux mobilisation conservées enfin anti jambes de faire avancer sur leur compte sur le plan politique plusieurs phénomènes ont favorisé cette vague de politisation de l'avortement après 2015 qui est abouti finalement à l'abrogation de la loi de 1993 en 2020 par ce jugement de la Cour constitutionnel donc d'un côté le parti au pouvoir s'est mis à promouvoir et financer des ongets conservatrices tout en déployant des tactiques d'intimidation et de délégitimation donc je sais pas des descentes de police dans les sièges des ongets progressistes ce qui a changé les rapports de force au sein de la société civile de l'autre côté constitue institutionnel des milieux conservateurs à compromis l'État de droit en Pologne à favoriser le démantèlement des politiques d'égalité qui certaines d'entre elles fonctionnent quand même elle introduction de l'expertise anti-féministe au sein des institutions de l'État cette offensive était menée notamment sous l'égide d'un Kings lors légal réunissant une nouvelle génération de militants hautement professionnels relativement jeune 30-40 ans avocat médecin enseignant chercheur introduit au plus haut niveau du pouvoir donc c'est ces gens sont aujourd'hui ministres jugent de la Cour suprême conseillers du gouvernement occupe également des positions très importantes au sein de la société civile ils sont enseignants chercheurs dans les grandes universités polonaises directeur d'hôpitaux associés dans les cabinets d'avocats etc du fait de ces positions ils arrivent à influencer efficacement la conception et l'application des politiques publiques en matière de droit productif et sexuel au-delà de cette proximité avec le pouvoir exécutif que j'ai évoqué qui permet directement de faire avancer les idées conservatrices au sein de l'appareil de l'État le Ting tank qui regroupe globalement les professions légales utilisent principalement des moyens légaux donc sur le plan de législatif par exemple sont très actifs donc ils sont souvent recours à ce qu'on appelle l'initiative citoyenne qui est l'initiative législative citoyenne qui permet de présenter au vote du Parlement des projets de loi qui ont récolté 100000 signatures ainsi le Ting tank était par exemple à l'origine du projet de loi visant à abolir complètement l'avortement en 2016 et à introduire les peines de prison pour les femmes rappelons qu'aujourd'hui les femmes ne sont pas ne risquent pas des pannes de prison c'est que les médecins et des la famille des gens qui les aident soutenus par d'autres organisations antichois et les paroisses qui ont recueilli les signatures le projet a été finalement rejeté par la majorité du temps conservatrice dans le contexte des protestations massives dites protestation noire en 2016 le pouvoir libéral secondé par barre Sting tank exerce des pressions sur les militants et les avortantes mais aussi sur les personnes qui appliquent les politiques publiques donc le cas récent de le procès récent d'en parler Camille aussi de houstona team jugé et condamné pour avoir fourni ses propres pilules abordives à une femme victime de violence conjugale s'inscrit dans la dynamique générale de répression policière et judiciaire aujourd'hui dirigé contre les militants mais aussi les journalistes les artistes récemment les chercheurs aussi ils sont accusés de diffamation blasphème outrage ou atteinte à l'intégrité physique de fonctionnaires de police d'organisation de manifestants manifestation illégales ou comme c'était le cas de Houston of the inside aux avortantes se mesure donc ces mesures font partie d'une sorte de enfin de dispositif qui permet de contenir la protestation et la toute contestation de ces politiques publiques en matière de droits sexuel et reproductifs elles se sont intensifiées durant la vague de protestation 2020 dans les années 2020-2021 d'abord en août 2020 pour les manifestations de soutien à Margot militantes LGBT placé en détention provisoire préventive je crois on dit en France pour avoir vandalisé un van avec des slogans rom of homophobe puis en réaction et en réaction à la décision du de la constitutionnelle en octobre 2020 les militants et leurs avocats que j'ai interviewé témoigne de dizaines voire centaines de procédures qui les visent de la charge mentale bien sûr parfois financière malgré qu'ils sont globalement défendu par par les avocats pro-bonaux une des personnes que interroger à 150 procédures en cours donc 15 OpenAL les avocats proches d'or de Yuris s'associent au pouvoir libéral dans ces procédures il représente par exemple dans le cas de houstina explication qui d'ailleurs a été expliqué par la juge nommé par par le pouvoir libéral il représente les policiers dans les affaires d'outrage ou d'attendre à l'intégrité physique de l'autre côté c'est une taxe fait pression sur les professions médicales les procureurs la police en envoyant directement à ses institutions des opinions légales qui leur sont adressés et dans lesquels les avocats proches de rhoderus par exemple vont expliquer que la dépression n'est pas vraiment un problème de santé donc ne peut être considéré comme motif valable d'avortement ces actions produisent bien sûr des tuning infections incite les gens à ne pas exercer leur liberté donc c'est à dire de manifester de publier un article quand on a 150 procédures juridiques en cours on va un peu hésiter avant d'aller manifester si on a des risques qui sont liés à ça ou ne pas appliquer la loi en refusant l'avortement aux femmes qui ont légalement qui ont également droit une femme est simple par exemple m'expliquait ses mécanismes donc elle a dit chaque médecin qui délivre un certificat à testant qu'une femme a le droit d'avorter à dans un coin de tête ces pensées sur ordo URIs les risques qu'il ou elle prend lorsque je dérive un certificat psychiatrique indiquant qui a un risque pour la santé ou la vie d'une femme enceinte je suis bien sûr consciente que j'agis conformément à la loi car la santé mentale et la santé mais j'ai tout de même très peur un autre une autre caractéristique de ces milieux c'est nouveau milieu anti choix c'est la transnation de leurs actions donc les rapports de du forum parlementaire européen des enquêtes de plusieurs journalistes d'investigation met à jour l'existence d'une sorte d'international ultra-conservatrice compose de dizaines voire centaines d'organisations interconnectées dans le monde entier beaucoup de d'américaine mais beaucoup de européennes aussi des liens financiers entre ces organisations les co-présances dans les instances dirigeantes les compréhenses dans les durant les échéances militantes les consignatures de documents adressez institutions témoignent donc d'une interdépendance très développée entre elles en 2022 par exemple de Yuri ça signait aux côtés d'une centaine d'organisations originaire de 15 pays une lettre adressée à Emmanuel Macron pour protester contre sa proposition d'inclure le droit à l'avortement dans la Charte pourra fondamentaux dans le cadre de la Présidence française de l'Union européenne une trentaine de ces organisations ont adressé individuellement ou collectivement des opinions dites à mucus-curie à la Cour constitutionnelle polonaise avant le jugement de 2020 l'exemple elles sont partout à l'ONU elles ont le statut des organisations affiliés auprès de l'ONU où elles font front commun donc c'est extrêmement dangereux c'est pour ça je pense que la réponse transnationale est aussi bien enfin indiqué dans ce cas de figure donc moi je pense que l'exemple polonais démontre comment dans le cas d'une alternance politique il est possible en seulement quelques années de démanteler les lois existants de faire avancer avancer des idées rétrogrades relatives au droit reproductif et sexuelle au sein de l'appareil de l'État au sein des institutions dans les cours dans les hôpitaux dans les universités donc il est évident que des verrous légaux que ça soit au niveau national comme constitué constitue sur réaliser le droit à l'avortement où on y va transnational comme l'inscrire dans les traités par exemple l'Union européenne dans la chartre des droits fondamentaux pourrait ça ne serait pas un risque zéro parce qu'on a bien vu en Pologne que la Constitution ça les arrête pas trop et que voilà c'est c'est juste à titre indicatif mais ça pourrait quand même enfin constituer des barrages qui rendraient toute modification et de enfin et qui rendrait ses risques moindres voilà merci beaucoup [Applaudissements] [Musique] [Applaudissements] bonjour à toutes et toutes déjà merci beaucoup pour l'invitation merci aussi à France insoumise de mettre un débat sur le droit à l'avortement je pense que c'est important vraiment de mettre ces sujets là au coeur ça faisait longtemps en fait qu'ils étaient pas au cœur et je trouve que finalement ce qui s'est passé aux États-Unis ça fait une honte de chocs pour toutes et tous même si nous ça fait 50 ans qu'on demande la constitutionnalisation ça veut dire qu'on a toujours demandé on a essayé de chercher depuis quand et puis en fait c'est quelque chose qu'on réclame depuis très longtemps puisque évidemment qu'on discute et on échange avec des pays européens voire hors européens et on voit les menaces directes sur le droit à l'avortement juste quand même pour rappeler toutes les noces minutes il y a une femme qui meurt d'un avortement clandestin dans le monde ça veut dire que c'est pas juste une situation c'est vraiment une attaque directe et on voit en effet que c'est un objet direct et un outil direct de l'extrême droite qui est la question du droit disposé de son corps le droit de dire non à une grossesse qu'on ne souhaite pas et donc bien évidemment déjà je voulais juste redire ma solidarité que le planning est bien sûr solidaire et à toutes les féministes en Europe et aux dans le monde qui se battent pour ce droit qui est fondamental et encore plus au courage des Polonaises activistes qui font un travail gigantesque et je voulais juste réappuyer ma solidarité voilà et dire aussi et dire aussi notre rôle en fait qui est aussi d'interpeller le gouvernement à soutenir la Pologne à soutenir l'Hongrie aussi à soutenir les Italiens c'est aussi notre rôle nous le planning familial français de pousser à ça et j'invite évidemment aussi les parlementaires à pousser à ça ça veut dire à que ça soit un sujet puisque en fait c'est pas quelque chose qu'on voit dans les médias ce qui se passe en Pologne ou en Hongrie ou en Italie et c'est vrai que de visibilité les réalités des femmes c'est une chose qui est plus qu'essentiel concernant les droits sexuels et reproductifs donc merci enfin je trouve que c'est vraiment l'exemple très précis mais je voulais je voulais peut-être déjà me représenter donc moi je suis Sarah du rocher je suis membre d'un bureau confédéral et je suis présidente du planning familial peut-être en deux mots pour vous dire un peu ce qui est le planning familial parce que souvent on pense que c'est une institution ben non en fait on est un mouvement politique on est une association féministe d'éducation populaire on a à peu près 80 antennes sur l'hexagone et dans les départements d'outre-mer donc vous avez peut-être autour de vous une association départementale voilà là où vous habitez en tout cas et donc l'objectif qui est c'est d'accueillir toutes les personnes concernant les droits sexuels et reproductifs alors concernant l'avortement concernant la contraception concernant les violences aussi concernant l'éducation à la sexualité on est une association assez généraliste sur ces sujets et en fait on bouge avec la société ça veut dire que à chaque fois que les personnes nous amènent des choses de la réalité de ce qu'ils vivent et bien nous notre objet ça va être d'aller le porter auprès de parlementaires auprès d'institutions publiques pour dire voilà c'est ça la réalité et là on vous alerte on est des lanceuses d'alerte sur les questions des droits sexuels et reproductifs et évidemment que on accueille à peu près 400 000 personnes par an et on intervient auprès de 150 000 personnes sur les questions d'éducation à la sexualité donc en fait comme je vous disais nous on a un peu les observatrices de ce qui peut se passer sur l'accès à l'avortement parce qu'on a quand même un grand nombre de personnes qui viennent nous voir sur les questions d'avortement et en fait aujourd'hui quand on met le débat sur la constitutionnalisation c'est pas juste une envie de quelque féministes ou de quelque parlementaires à vouloir le constitutionnaliser c'est parce qu'on est bien conscient du contexte on est bien conscient qu'il y a des menaces et aujourd'hui de dire que le droit à l'avortement en France n'est pas menacé c'est faux c'est faux je vois pas pourquoi il y aurait une exception française déjà ça c'est une première chose quand on voit qu'il est menacé un peu partout quand il est pas établi donc alors ça sera à peu prétentieux de dire qu'en France ça serait pas possible et donc aujourd'hui moi je veux juste vous indiquer quelques éléments pour vous dire un peu les réalités de ce qu'on entend de ce qu'on voit nous sur le terrain en sachant que c'est pas juste des situations individuelles comme je vous dis on voit un grand nombre de personnes mais en tout cas aujourd'hui on peut définir que pour certaines femmes pour certaines personnes qui sont en demande d'avortement accéder à un parcours simple c'est pas vrai ça veut dire qu'aujourd'hui nous serons demande c'est que les femmes puissent avoir facilement accès aux droits à l'avortement c'est pas datant d'une semaine c'est pas d'attendre deux semaines c'est pas d'attendre de se déplacer puisque aujourd'hui on est dans des vraies réalités on était dans des vrais réalités il y a des femmes qui passent d'un département à un autre et ça se voit en Italie aussi et ça se voit aussi en Espagne c'est à dire que quand la loi elle existe elle est là mais concernant l'accès et là je vous parle de personnes je vous parle de femmes qui ont des vrais difficultés par rapport à ça et ça pose forcément la question financière ça veut dire que quand vous devez quand vous devez partir à 80 km de là où vous habitez que aujourd'hui le parcours de l'avortement il est compliqué il faut trois rendez-vous ça veut dire qu'il faut prendre des congés faut faire garder les enfants si on en a ça veut dire qu'il faut dépenser des sous pour pouvoir se déplacer c'est honteux en fait ça veut dire que mais ça aujourd'hui c'est des vrais réalités alors évidemment que nous on alerte par rapport à ça en permanence donc à chaque fois qu'on a l'alerte et ben en fait on va alerter le ministère de la Santé qui va alerter l'agence régionale de santé et évidemment qu'on va essayer de trouver un médecin qu'on va déplacer d'un département à un autre parfois pour pouvoir faire non non c'est bon il y a que ça à l'avortement sauf que pour nous c'est pas du tout suffisant puisque aujourd'hui euh bah on est on est l'été là c'était les vacances souvent ça repose sur un ou deux professionnels de santé que ça soit des sages-femmes ou des médecins et ben finalement en fait quand il y en a un qui est en congé parce qu'ils ont le droit d'être en congé aussi ou parce que aussi il peut y avoir de l'épuisement et bien évidemment que l'accès à l'avortement sur le territoire où on est et ben il est compliqué donc vraiment pour nous il y a quelque chose autour de réalité de choses concrètes qui sont aussi reliées à d'autres politiques ça veut dire c'est les politiques de santé quand il y a un désert médical la première chose qui est sacrifiée c'est la santé des femmes et ça c'est pas que en France c'est un peu partout sauf que on ferme des maternités on ferme donc des CIVG et ça c'est quelque chose qui est très concret depuis les dix dernières années on voit on est vraiment en alerte sur le fait qu'il y ait une réduction d'offres de soins concernant l'avortement donc pour nous c'est vraiment une grosse alerte qu'on a ça veut dire qu'on va pas en allant mieux très clairement sur l'accès à l'avortement et sur des choses très concrètes donc ça c'est vraiment une des premières choses la deuxième chose c'est que on a des ennemis de l'avortement comme vous l'avez bien dit toutes les deux en fait aujourd'hui je vais vous dire un exemple en fait on a un numéro vert IVG contraception sexualité le 0 800 08 11 je le place quand je peux le placer tout le temps comme les Polonaises font aussi à placer les numéros et en fait ce numéro il est pas vieux ça va faire c'est au 40 ans de la loi veille ça veut dire qu'au avant il y avait aucune plateforme d'information il y avait les antennes du planning bien sûr mais en fait pousser la porte du planning c'est pas si simple que ça et en fait ce qui s'est passé c'est que ce numéro a été créé on va bientôt fêter les 10 ans on va bientôt fêter les 50 ans d'aloeil et en fait c'est ça qui est très important ça veut dire qu'il y avait pas de source réelle d'information on a développé ce numéro aujourd'hui il y a un chat il y a un site qui existe mais pourquoi on l'a fait on l'a fait pour que les personnes aient une vraie information mais c'est surtout que on a vu sur les plateformes la création de sites internet qui désinformer les femmes on a regardé les derniers mois depuis qu'on a sorti le site internet en un mois il y a trois sites antichois qui sont sortis ça veut dire qu'ils ont les moyens ça veut dire qu'ils ont le temps et ça veut dire que ils travaillent un vocabulaire aussi à comment est-ce qu'on s'adresse aux personnes qui attaquent les militants de féministes qui attaquent le planning familial ça c'est une chose et par contre leur cible aujourd'hui c'est vous êtes enceinte vous avez pas forcément eu d'éducation à la sexualité d'information parce que en fait il y a pas de grosses campagnes et nous c'est ce qu'on demande par exemple au gouvernement qui est une grosse campagne sur les droits sexuels et reproductifs pour vraiment dire une information claire et juste et ben en fait vous allez vous retrouver avec des choses comme c'est un échec c'est grave vous risquez d'être stérile ça c'est des choses qui existent encore en 2024 et c'est un combat permanent je vous dis un autre exemple Simone Veil est décédé il y a quelques années le lendemain il y a un site qui s'appelle Simone Forever qui apparaît le lendemain matin tout le monde pensait que c'était un site un peu en hommage et que ça venait de nous en fait quelque chose autour de merci Simone Veil pour le droit à l'avortement même si on est bien d'accord que c'est aussi c'est surtout les militants de féministes derrière qui ont fait que ce droit là puisse exister et ben en fait ils avaient acheté des dons de domaines et Simone Forever c'était le nom des 60 ans du planning familial mais on n'avait pas acheté le domaine ils font un raid sur internet ils achètent des noms de domaine ils essayent d'avoir de créer des choses et ça par exemple nous c'est des moyens que l'on a qu'on a pas et c'est vraiment leur axe d'attaque par rapport à ça et plus de manière beaucoup plus beaucoup plus concrète le planning familial a été attaqué cinq fois cette année ces antennes ont été attaquées alors le planning familial est attaqué de manière très régulière on a toujours été attaqué ça c'est quelque chose d'assez clair mais depuis les dernières élections présidentielles que ça soit dans nos manifestations féministes que ça soit sur les questions d'avortement on sent qu'il y a un contexte qui est en train de s'aggraver énormément et un des axes c'est un des sujets qu'ils atteints en premier c'est la question en fait du droit à l'avortement et donc on a eu à Strasbourg et à Bordeaux trois antennes du planning qui ont été dégradés qui ont été revendiquées par des blocs d'extrême droite très clairement avec des messages voilà d'intimidation avec des messages de désinformation imaginez juste quand il y a écrit par terre des mots horrible sur l'avortement imaginez juste que vous êtes une femme qui vient au planning qui veut avorter et qui voit ce message là donc on a vraiment une alerte là on n'est pas assez attendu sur cette alerte là et je le je le redis le planning et les droits sexuels reproductifs sont la cible mais comme c'est la cible de des mouvements enfin des mouvements qui défend les personnes exilées par exemple on est c'est pas n'importe quels associations aujourd'hui dans le contexte français qui sont la cible le planning et la cible parce que comme tu disais on rêve d'une société qui est sur la justice sociale qui est pour aussi faire en sorte que les personnes les plus éloignées du droit les personnes les plus pauvres et qui vivent vraiment les choses les plus compliquées et ben finalement ces personnes elles sont complètement oubliées c'est elles les perdants là-dedans et redire aussi que la constitutionnalisation c'est pas juste pour nous c'est pas juste pour faire plaisir à nous c'est pour les pour les années suivantes mais surtout c'est que si la France constitutionnalisait le droit à l'avortement ça rendrait le mouvement féministe ne met pas que français d'une mobilisation que c'est possible que ça va donner des idées à d'autres féministes même si elles l'ont bien mais on pourra dire la France la fait et nous bien sûr on sera solidaire au fait que dans d'autres pays il y ait la constitutionnalisation c'est pas comme certains disent c'est pas juste comme ça une envie qu'on a eu un matin de se lever et de se dire on va constitutionnaliser le droit à l'avortement et c'est pour ça que notre rôle aujourd'hui c'est d'alerter là-dessus moi je remercie les parlementaires comme Mathilde qui ont posé qui ont posé les choses et qui ont mis au débat la constitutionnalisation dire que Mélanie Vogel a fait la suite aussi mais tu vas en dire bien sûr après et que le Sénat pour la première fois le Sénat a toujours refusé de débattre sur l'avortement et il y a eu cette PPL sur l'avortement ils ont toujours dit non là pour la première fois on a réussi mais je vous dis pas que ça a été très compliqué mais en fait il y a vraiment cette cette [Musique] cette urgence de constitutionnaliser parce qu'on le voit ce qui se passe en Europe on voit ce qui se passe en Pologne on voit ce qui se passe aux États-Unis et je pense que là on est dans une responsabilité et c'est surtout une mobilisation de tous les temps parce que on a d'autres sujets parce que il est nécessaire bien sûr mais parce qu'on a aussi encore des difficultés des revendications à avoir sur l'avortement nous on voudrait d'aider les supplémentaires on voudrait que la cause de conscience saute puisqu'il y a une clause de conscience spécifique à l'avortement juste pour vous dire [Applaudissements] [Musique] en fait juste pour vous dire en fait tout médecin peut refuser un acte c'est à dire il a une clause de conscience sauf qu'en fait les compromis sur l'avortement c'est toujours le cas c'est toujours un sujet l'avortement de toute façon qui met qui met l'extrême droite en furet mais en fait la clause de conscience c'est ça a été mis dans la loi Veil à l'époque pour calmer un petit peu pour rassurer un petit peu et en fait c'est le seul acte en France où il y a une double clause donc vous imaginez ça veut dire que c'est un acte qui est à part c'est un acte qui fait pas partie du parcours des femmes on oblige pas du tout les médecins à faire des avortements c'est pas du tout ça notre truc la seule chose c'est que symboliquement de dire que cet acte là il y a en plus une cause de conscience supplémentaire c'est assez alarmant et peut-être vous dire quand même que les antichois ont quand même nous on a une petite victoire en France mais comme ça a été compliqué d'allonger de deux semaines on a allongé de deux semaines ça faisait 20 ans qu'on n'avait pas allongé les délais vous imaginez s'il faut faire deux semaines tous les 20 ans ça va être un petit peu compliqué alors qu'on parlait de situation très concrète mais par contre on a eu beaucoup de défaites et je pense que de constitutionnaliser l'avortement ça serait une victoire pour les féministes mais ça sera aussi pour une défaite ils ont besoin d'en prendre dans la figure des défaites et je pense vraiment je pense vraiment enfin moi je on a vu qu'ils avaient collé sur les vélibes enfin on a vu ça coûte à peu près 100.000 euros quelque chose comme ça c'est énorme ça veut dire qu'ils ont été capablement une nuit de faire ça ils vont le refaire et vraiment moi je vous invite enfin on va avoir besoin de vous en fait on va avoir besoin de la société civile pour vraiment faire en sorte que là dessus il ne gagneront pas et je vous invite à signer une pétition il y en a une en cours en ce moment si jamais vous avez envie mais on a besoin de ça c'est des signes pour nous qui sont importants c'est pas juste quelque chose qui ne servira à rien c'est qu'on a vraiment besoin de dire que ils seront perdants et qu'on gagnera voilà [Musique] [Applaudissements] merci infiniment à vous trois je vais continuer avec la bataille parlementaire qu'on a donné mené cette année effectivement à la fois à l'Assemblée nationale et au Sénat et rappeler comme la fée Sarah à l'instant que derrière une loi il y a toujours une foule et que d'abord et avant tout ce sont les militants de féministes un peu partout dans le monde y compris pour nous avoir légalisé l'avortement dans notre pays qui ont fait que ces lois ont pu avancer parce que des femmes ont des obéi parce qu'elles ont appris elles-mêmes à s'avorter entre elles pour pouvoir faire en sorte que le droit avance et qu'en fin le droit des femmes puissent progresser et donc cette victoire qu'on veut arracher en France on la veut pour nous-mêmes on la veut pour l'Europe on la veut pour les femmes polonaises mais on la veut pour les femmes etatsuniennes et pour l'ensemble des militantes qui se battent dans le monde pour avoir le droit de disposer librement de leur corps donc [Applaudissements] juste pour vous expliquer comment ça s'est passé et c'était une phrase de Simone de Beauvoir de 1974 qui est résonnait très fort en juin 2022 en juin 2022 vous avez à la fois l'annulation de l'arrêt donc qui permettait d'avorter aux États-Unis avec des choses bon 18 États qui dans la foulée directement interdisent ou restreignent directement l'avortement et puis d'autres qui ont suivi malheureusement la voix et du coup une parole qui s'est complètement libérée sur cette question là vous avez un élu en Caroline du Sud qui a proposé en mars 2023 une proposition de loi pour donner la peine de mort aux femmes qui auraient avorté illégalement c'est ce qui se crée lorsque vous arrivez dans dans des situations comme ça avec des femmes qui aux États-Unis un an après l'annulation de l'arrêt se retrouvent à faire soit des centaines de kilomètres pour pouvoir avorter y compris lorsque je voyais un reportage de toujours sur une femme qui a une fausse couche et pas une fausse couche pardon sont fœtus c'est mort dans son ventre et ont refusait de lui enlever ça je ne sais pas si vous imaginez ce que ça veut dire en terme de mal-être physique de torture psychologique que de garder un être mort en vous dont vous ne voulez plus et qui doit qui a dû faire 8 heures de voiture pour faire en sorte qu'elle puisse avorter c'est des millions de femmes et de jeunes filles aux États-Unis qui sont mises en danger par ce qui se passe et évidemment c'est la même chose que ce qui se passe en Pologne tu parlais d'agnieschka d'Isabella mais il y a aussi agnieschka qui est morte et quatre autres femmes qui sont mortes depuis que le droit à l'avortement a été quasiment interdit en Pologne donc là on a une question vous savez souvent on dit en politique on touche sur des sujets quand on parle des classes populaires sur ce qu'est la politique ça c'est Édouard Louis qui dit ça qui dit c'est des questions de vie ou de mort c'est exactement ça qu'on est en train de toucher aujourd'hui c'est une question de vie ou de mort pour les femmes avec pour toujours l'extrême droite à chaque fois qui en premier lieu s'attaque à ses droits là tu disais ça va avec des attaques d'autres droits notamment des LGBT etc là vous avez vu mélodie en Italie une des premières choses qu'elle fait c'est elle dit aux familles homos parentales vous avez il y a deux mamans un enfant ou deux enfants ou trois enfants ce que vous voulez et bien on va enlever du certificat de naissance de l'enfant des enfants des années qui sont déjà là on va leur enlever le deuxième nom d'une des parents donc on leur enlève le droit de parentalité sur les enfants qu'ils éduquent ça c'est une des choses que Meloni est en train de faire en plus que ce que tu racontais à côté donc à la fois on a l'ombre de choc dont on parlait sur les États-Unis et puis on a autre chose dans dans je voudrais vous parler aussi qui est l'arrivée de 89 députés RN à l'Assemblée nationale rappelez-vous toujours que au premier tour des élections législatives ceux qui gagnont l'élection législative au premier tour c'est la nuit Pesse c'est la nuesse qui a gagné le premier tour des élections législatives et que se passe-t-il au second tour et bien c'est simple dans le dans le dans ce que nous avons en définit sur les trois blocs théorisés sur les trois blocs le bloc d'extrême libéralisme de macronisme ont préféré laisser passer des députés du rassemblement national plutôt que de faire élire des députés nupaisses et je peux vous le démontrer avec un seul chiffre il y avait au second tour de l'élection législative en 2022 61 second tour qui opposait un candidat du Rassemblement national et un candidat ou une candidate de la nups il n'y a que 7 candidats macronissent qui avait été éliminée au premier tour qui ont appelé clairement à voter pour la nupes donc dans les 54 autres cas ils n'ont pas appelé à voter pour la nuit Pesse ni même abattre l'extrême droite et vous avez même l'ancienne ministre des Sports qui se retrouva en face à Rachel kéké première femme de ménage jamais élu à l'Assemblée nationale a dit qu'il fallait faire barrage à l'extrême gauche [Musique] et donc tu es en quelque sorte inversé même cette partie là donc ils sont fait venir des députés RN et je vais vous dire ce que disent ces députés RN parce que je crois que c'est important que vous sachiez qui sont ces députés sur la question de l'avortement alors Marine Le Pen vous le savez avec dit en 2012 qu'il fallait arrêter les IVG de confort alors vous comprenez bien que si vous commencez à regarder ce qu'un IVG de confort pas du végétaux de confort bon en fait c'est une restriction une restriction pardon durable du droit à l'avortement mais ensuite Marine Le Pen est accompagnée de Laure La Valette qui elle en 2014 avait fait un texte pour proposer tout simplement d'abroger totalement le droit à l'avortement vous continuez avec une autre députée qui est très proche de Marine Le Pen Caroline Parmentier qui elle écrit en 2018 accrochez-vous à vos sièges qu'elle regrettait qu'après avoir génocidé les enfants français à raison de 200 000 par an c'est le nombre d'avortements moyens qu'il y a en France chaque année donc après avoir génocidé les enfants français à raison de 200 000 par an on doit maintenant les remplacer à tour de bras par les migrants voilà ça c'est Caroline Parmentier vous en avez d'autres Hervé de l'épino alors lui incroyable proche de Marine Le Pen aussi je vous dis aussi de qui il est avocat de tenez-vous aussi l'alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne et qui disait en 2020 au moment de l'allongement des délais que nous avons voté à l'Assemblée nationale grâce à Alban Gaillot qui disait dans un tweet comparer l'avortement à 14 semaines au génocide arménien et rwandais à la Shoah au crime de daesh et expliquer que l'IVG était un acte intrinsèquement mauvais en 2014 pour les 40 ans de la loiveille il tweet sinistre anniversaire hommage au million de victimes de l'avortement non à la culture de la mort oui à la vie et vous pouvez continuer sur tout un tas Christophe Benz un autre député RN qui dit l'avortement est un génocide de masse etc etc donc en juin 2022 vous avez à la fois du fait de la responsabilité historique des macronistes 89 députés RN bon on en a fait gicléen entre temps et 188 maintenant mais vous avez 89 députés à Rennes qui arrivent avec ce type de propos qu'ils ont tenu et qu'il continue de tenir plus vous avez l'onde de choc de ce qui se passe aux États-Unis et qui fait écho à ce qui entraîne se passer en Europe et je disais donc que les paroles de Simone de Beauvoir de 1974 font à ce moment-là résonance très forte puisqu'elle disait rien n'est jamais définitivement acquis il suffira d'une crise politique économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remises en question votre vie durant vous devrez rester vigilante donc en juin 2022 nous sommes tout juste élus nous venons de multiplier par 5 notes nombre de députés nous sommes passés de 17 à 75 députés insoumis et même à 151 des petites manifestes et lorsque nous voyons l'annulation de l'arrêt nous décidons de déposer une proposition de loi pour faire en sorte qu'on constitutionnalise c'est-à-dire qu'on inscrive dans la Constitution le droit à l'avortement et à la contraception on avait essayé bon ça ça va pas passer mais je vous expliquerai pourquoi mais en tout cas parce que pour nous c'est les deux corréler des mêmes droits et d'ailleurs quand vous regardez par exemple en Hongrie ou ils obligent les femmes à écouter le cœur du fœtus avant de pouvoir avorter vous voyez le truc une des premières choses sur lesquelles ils se sont attaqués c'est sur la question de la vente libre du de la pilule du lendemain maintenant faut aller voir un médecin alors vous imaginez vous avez un rapport sexuel et il faut aller voir un médecin généraliste alors peut-être faut attendre trois jours qui est une pilule que vous devez prendre dans les 24 maximum 48 heures après le rapport sexuel donc enfin bon donc pour nous c'était les Coréens des deux droites donc on propose cette proposition de loi qui est d'ailleurs une des choses que nous nous portons comme un mouvement le mouvement de l'émancipation et de la humaine c'est-à-dire de mettre des nouveaux droits dans la Constitution le droit de choisir son genre librement le droit à l'avortement et beaucoup d'autres droits le droit à l'eau comme un droit fondamental humain qui permette voilà de protéger ses droits là et justement de profiter parce que souvent ils disent je comprends pas pourquoi on inscrirait l'avortement dans la Constitution l'avortement n'est pas dans un danger dans notre pays alors déjà ça a du Rocher vous a montré exactement le contraire et même s'il n'est pas en danger comme en Pologne et heureusement pour l'instant et bien c'est justement ce moment-là où il faut l'inscrire dans la Constitution parce que si vous attendez d'être dans une situation où le recul sur les droits se fait tellement fort alors vous êtes dans un moment où vous ne pouvez pas l'inscrire dans la Constitution donc nous avons décidé de déposer cette proposition là elle a été examinée le 24 novembre 2022 à l'Assemblée nationale et a été votée très largement puisque je vais vous redonner si je les retrouve les chiffres sur voilà 337 députés pour et 32 contre donc elle a été votée très largement à l'Assemblée à l'Assemblée nationale puisque nous l'avions présenté dans le cadre de notre niche parlementaire de la France insoumise donc le vous avez suivi le seul jour où on peut choisir l'ordre du jour à l'Assemblée nationale pour nous c'est une victoire immense et il faut être fier d'être celles et ceux qui par le travail qu'on a fait en lien avec une association les militantes qui avons ouvert la brèche sur cette question alors le combat il est pas terminé mais on a commencé à ouvrir la brèche et le fait que à l'Assemblée nationale dans une très large majorité les élus sur proposition insoumises je le dis parce que d'habitude quand voter des choses qui viennent de chez nous ça ça leur fait très très mal sur proposition insoumise on voit comme ça un signal au monde entier en disant nous pouvons être le premier pays à constitutionnaliser le droit à l'IVG c'était un signal historique énorme à ce moment là et suite à ça au Sénat Mélanie Vogel donc du groupe des écologistes à elle continuait le chemin législatif de cette proposition de loi et donc le premier février 2023 il y a eu donc l'examen du texte au Sénat qui s'est passé de manière beaucoup plus houleuse alors nous on avait des amendements des certains LR et du RN qui était absolument dégueulasses mais alors vous montez d'un stade quand vous arrivez au Sénat bien évidemment vu la composition et donc avec un texte qui a été adopté par le Sénat à 166 voix pour et 152 voix contre donc quand Sarah vous dit Sarah du rocher pardon vous dit que ça a été ardu d'aller chercher voix par voie les gens parce que c'était exactement ça c'est le travail qui a été fait et qui a permis pour la première fois dans notre histoire que le Sénat adopte une proposition là pour qu'on constitutionnalisé le droit à l'IVG donc c'est une victoire éclatante pour nous sur ce on discute avec les associations entre temps Macron fait un hommage à Gisèle à limi dans lequel il dit qu'il va bien sûr mettre dans la Constitution le droit à l'IVG et ce que Camille butin a rappelé tout à l'heure qu'il voulait inscrire le droit à l'avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne alors là vraiment c'est l'hypocrite en chef donc il explique ça bon voilà et nous on dit vous savez il y a plusieurs moyens de changer la Constitution soit vous faites un congrès donc c'est à dire l'Assemblée nationale et le Sénat il faut 3/5 des gens pour pouvoir changer la constitution et ensuite la Constitution est changé donc ça c'est dans le cadre d'un projet de loi qui est fait par le gouvernement soit c'est une proposition de loi donc ça c'est d'initiative parlementaire qui est faite et à ce moment-là il faut que ça soit adopté dans les mêmes termes dans les mêmes mots entre l'Assemblée nationale et le Sénat et ça donne lieu de manière automatique un référendum au départ avec les associations et les militantes nous étions contre les référendum pourquoi car nous on avait fait des sondages sur au moment de notre niche parlementaire 87% des Français dans ce pays sont favorables au droit de à l'avortement inscrit dans la Constitution et 92% des Français me demandaient pas pourquoi il y a une différence entre les deux mais c'est comme ça 92% des Françaises sont favorables au fait qu'on inscrive la contraception dans la Constitution le droit à la contraception dans la Constitution donc on a une majorité mais écrasante sur cette question dans le pays donc c'était pas parce qu'on avait peur de le perdre le référendum mais on se disait que franchement dans un quand vous faites un référendum vous devez faire bon des débats contradictoires donner la parole à la télé dans les journaux et que avoir des millions de jeunes femmes des millions de filles dans ce pays qui vont être exposés à des discours antichois ça nous donnait pas trop envie quoi donc on a commencé à faire le forcing sur Macron en lui disant regardez l'Assemblée nationale a voté le Sénat a voté maintenant c'est à vous de présenter le projet de loi ce qui accessoirement lui aurait permis d'être le premier président au monde à inscrire l'avortement dans sa constitution c'était pas dégueulasse qu'on proposait comme donc on commence à redire à chaque fois qu'on pouvait quand est-ce que vous allez faire le projet de loi on fait des tribunes on fait des pétitions on fait des manifestations bon on fait tout ce qu'on peut et puis là arrive la petite musique quand on en parle notamment la première ministre et à d'autres oui oui on mettra ça dans une loi constitutionnelle globale vous savez c'est la loi de changement de Constitution qu'ils avaient essayé qui avait été arrêté je vous rappelle par le scandale Benalla d'accord et qui veut par exemple faire en sorte que on permette non plus d'avoir 5 ans de mandats pour le président mais sept ans et nous c'est hors de question qu'on fasse ça parce que imaginez-vous que tapez 7 ans de Macron vous comprenez qu'on a pas envie bon donc on leur dit si vous faites ça c'est l'assurance que ça ne passera jamais parce que nous on ne sera pas d'accord avec tout ce que vous avez mis à côté donc en fait vous faites exprès de faire échouer cette initiative et on apprend même que peut-être parce qu'apparemment il a prévoit pour janvier la réforme constitutionnelle que peut-être ça ne serait même pas dans la réforme constitutionnelle ça on sait pas encore on va voir à la rentrée donc de plus en plus on se dit alors ça c'est une réflexion qu'on va avoir avec le groupe parlementaire mais nous notre prochaine niche parlementaire elle est le 30 novembre et donc le 30 novembre il est possible que si l'Assemblée nationale vote dans les mêmes termes que le Sénat le droit la l'inscription du droit à l'avortement dans la Constitution qu'on aille au référendum et que comme a dit Sarah tout à l'heure qu'on leur inflige enfin une défaite parce que les anti choix dans ce pays l'extrême droite se croit tout permis ils deviennent de plus en plus violents ils ont des messages de plus en plus violents envers tout le monde et bien depuis les abécédaires de l'égalité on recule devant eux et bien cette fois-ci peut-être qu'on pourrait arrêter de reculer et enfin infliger une défaite pour qu'il ne puisse plus avancer d'un seul pas parce que la seule chose qui peut faire reculer l'extrême droite dans ce pays la seule chose qui peut faire reculer les les anti choix dans ce pays c'est qu'ils aient une défaite cinglante et quand je vous dis 87 % des gens sont d'accord avec ça si on fait une bonne campagne honnêtement on peut faire une bonne campagne sur les droits sexuels et reproductifs on peut faire une bonne campagne sur l'hypocrite qui est Emmanuel Macron qui est celui qui a proposé l'inscription dans la Charte des droits fondamentaux mais qui refusent de le faire déjà dans son propre pays en France et ainsi faire en sorte qu'on inscrive enfin ce droit fondamental dans la Constitution et qui permet de redire au pays tout entier que le corps des femmes n'appartient pas à l'état n'appartient pas au juge n'appartient pas à la famille il n'appartient qu'aux femmes et à elle seule [Musique] [Applaudissements] on a 20 minutes une vingtaine de minutes pour poser quelques questions donc peut-être qu'on va en prendre trois quatre et puis après comme ça chacune aura un petit mot de conclusion bonjour et merci pour cette conférence qui touche du coin un sujet qui est vraiment très très important je pense qu'on peut tous le dire je me demandais du coup quand on parle d'IVG aujourd'hui un deuxième droit qui est qui touche énormément c'est le droit des personnes transgenres du coup je me demandais est-ce que aujourd'hui en France ou dans le reste du monde est-ce que c'est aussi compliqué d'avoir une personne transgenre d'avoir accès à l'IVG ou si c'est plus compliqué parce que c'est les mêmes termes est-ce que c'est un boire impossible voilà c'est la question que je me posais [Applaudissements] merci beaucoup c'était super intéressant j'ai deux questions je vais faire rapide la première par rapport à la niche parlementaire si je ne m'abuse il me semble que le texte a été légèrement modifié au Sénat et que droit est devenu liberté et j'avoue qu'en tant que militante féministe ça m'interroge un peu et ensuite deuxième question moi je travaille au planning familial et donc je fais assez fréquemment des accompagnements IVG mineurs je travaille au planning à Nice donc je vous laisse imaginer l'ambiance au niveau des praticiens etc au niveau de l'accès à l'IVG pour les mineurs et de l'anonymisation des soins c'est extrêmement compliqué on a encore aujourd'hui beaucoup de médecins de sage-femmes d'échographe qui ne connaissent pas le code en fait l'assurance maladie ne leur donne pas le code pour assurer l'anonymisation donc la semaine dernière on a dû payer l'IVG d'une mineure pour garantir son anonymat on n'a pas beaucoup de sous c'est extrêmement compliqué je sais qu'on est pas le seul planning à le faire du coup là j'en profite Mathilde pano vous êtes devant moi l'accès à l'IVG des mine urs il y a peut-être quelque chose à faire voilà merci [Applaudissements] [Musique] [Applaudissements] écoutez je suis très contente d'avoir de vous avoir entendu et rappeler en fait quelque chose qui me prend moi je suis comme vous d'un certain âge pour certaines je veux dire j'ai une bam depuis des années des décennies sur la question du droit des femmes et le droit des femmes c'est quelque chose de et là surtout parce que le droit des femmes s'intègre la santé des femmes et la santé des femmes elle est en danger depuis des années des décennies elle a été à travers ce que vous avez rappelé sur à l'immy sur d'autres tous les combats et aujourd'hui vous annoncez un truc moi je sur des questions de la constitutionnelle je dois vous avouer je n'avais pas une grande idée mais finalement l'idée que vous êtes en train de de nous de poser en fait de dire ouvrir en tant toutes en France un débat national sur la question du droit de la santé des femmes que les femmes elles ont le droit d'avoir elle-même conscience de leur corps et elles ont conscience mais le dire publiquement nationalement ça va être un débat extraordinaire et je pense que là moi j'ai une petite expérience sur la question où je me bats depuis des années avec les gynécologues médicaux médical médico sur la question du fait qu'ils avaient annulé en 1987 le diplôme de la gynécologie médicale c'est-à-dire la on avait nous en France on avait en France nous les femmes le un médecin pour nous un médecin qui savait nous écouter qui avait pris une le temps de nous écouter parce que nous on a quand même une particularité sur cette et on avait besoin des gynécologues et que nous étions l'exception française c'est ce qu'on nous avait dit en 1987 en 97 quand on a commencé à se battre sur le fait de rétablir le diplôme gynécologie médicale il a été rétabli l'exception française a été a été démontré et maintenu et pourquoi à l'époque on avait interdit on avait supprimé le diplôme de gynécologie médicale ou non que il y a qu'en France qui avait un diplôme de médecin gynécologue médical que en Europe il n'y en avait pas et que c'était les obstétriciens qui faisaient le rôle et ben nous en France on était l'exception française et on l'a maintenu et en la garder et aujourd'hui nous avons insuffisamment mais quand même nous avons encore cette année 80 19 je me trompe pas peut-être 99 médecins pour les femmes gynécologues qui sont encore mis sur le sur le droit d'avoir c'est-à-dire le numerus clausus ne s'est pas appliqué totalement mais c'est comme pour les autres médecins je vais dire on a un gros problème et c'est pour ça qu'on a la France insoumise parce que on veut on veut qu'il y ait des médecins de toute nature de toute spécialité quelle que soit qu'on soit homme ou femme [Applaudissements] merci beaucoup pour votre attention pour vos questions je suis également enfin je voulais aussi remercier effectivement la France en bus pour l'organisation de ce débat c'est une question qui est importante et qui se trouve en dont on ne parle pas assez alors peut-être essayer de prendre les questions alors pour l'accès à l'IVG des personnes transgenres je n'ai pas une vue d'ensemble dans tous les pays européens mais en tout cas je sais que dans certains pays il y a tout simplement pas de reconnaissance du l'identité de genre en fait il y a pas de possibilité de changer de genre donc en fait à partir de là les droits des personnes transgenres n'existent pas et sont bafoués y compris pour l'accès à la santé évidemment pour la question pour les questions de santé sexuelle productif c'est c'est une question particulière et je pense que en pratique dans l'accès c'est effectivement très compliqué et les personnes transgenres se retrouvent face à des médecins qui sont pas forcément formés quoi après je laisserai le Sahara peut-être qu'on peut dire pour la France en particulier et voilà et sinon je voulais je voulais juste dire effectivement que ce débat là enfin avoir l'opportunité d'avoir un débat national et même européen en fait pourquoi pas vraiment faire de l'avortement et des droits sexuels et de l'égalité des genres des enjeux clés pour pour les prochaines élections européennes voilà nous on essaye d'organiser ça en tout cas avec nos membres il y a aussi la journée internationale le 28 septembre pour le droit l'avortement c'est une journée qui est clé sur laquelle il faut il faut communiquer aussi donc on a une campagne qui se prépare voilà encore une fois je pense que c'est une question essentielle pour pour les femmes mais pas que pour tous et pour la démocratie l'État de droit et les valeurs qui qui doivent être communes à tous [Applaudissements] [Musique] sur les deux questions de d'accès donc les transgenres ne sont pas reconnus légalement en prenant évidemment pas d'accès à l'avortement les mineurs vous avez parlé des mineurs enfin il faut être accompagné de parents pour pour pouvoir ne serait-ce que enfin prétendre à se faire entendre à l'hôpital c'est extrêmement compliqué je dirais ce que vous avez dit sur les médecins je trouve que c'est très important puisque en Pologne on voit que puisque l'avortement n'est pas excessible aujourd'hui les étudiants n'apprennent pas à les faire donc donc ils savent pas tout simplement voilà donc il est extrêmement important de former les médecins que qu'ils soient en nombre suffisant pour pour les femmes pour bien suivre leur grossesse moi je vais faire une petite conc à mon niveau je pense qu'il est extrêmement important d'être très très très vigilant parce que dans le cas d'une d'une alternance politique qui peut peut-être nous arriver en France nous serons exposés au même risque que la Pologne a été explosé en 2015 donc donc c'est le moment comme vous avez dit de enfin comme tu as dit de de s'en occuper peut-être et il est extrêmement important de maintenir une pression vraiment internationale parce que plus on est plus plus il y a de résonances donc ça soit au niveau national qu'au niveau transnational que la Charte européenne la Constitution en France ça pourrait être un bon exemple pour les autres pays donc voilà je je pense que vu que l'ennemi est très transnational très très interconnecté nous en tant que militant militante féministe nous devons aussi nous organiser [Applaudissements] alors on est dans un contexte en France mais pas que en France d'une augmentation de transphobie LGBT phobie en général SOS Homophobie a sorti un une enquête il y a pas si longtemps où on voyait une augmentation de plus de 30 % d'attaque lgbt-fobe dont des attaques transfo donc évidemment que nous le planning en tout cas on milite pour que toutes et tous et accès aux droits sexuels reproductifs dont l'avortement mais encore une fois ça veut dire qu'il faut former les médecins et on sait que il peut y avoir de la transphobie de la part de médecins les médecins ne sont pas tous des alliés ça c'est une certitude et donc pour nous c'est quelque chose qui va de soi et on agira dans ce sens là en tout cas en tout cas c'est c'est vraiment quelque chose de très réalisme mais il faut se rappeler quand même que le vécu vous savez le cet espèce de traumatisme où ça va pas du tout quand j'ai avorté on a remarqué en fait de la parole des personnes c'était pas qu'elle le vivait mal nous le plus souvent au planning ce qu'on voit c'est qu'elles sont soulagées par contre ce qui est compliqué c'est sur leur parcours et d'entendre par exemple d'entendre des battements comme ils imposent en Hongrie mais en France ça existe encore d'imposer par exemple de dire mais vous êtes sûr quand même vous êtes jeune vous avez un mari alors comme si en plus il fallait qu'on se voit très il fallait rentrer un peu dans le moule il y a c'est ça qu'on a qu'on entend des femmes et donc c'est vrai que juste peut-être pour rebondir un tout petit peu des médecins ils nous bloquent quand même sur tout ce qui est santé des femmes ils ont pas tout le temps été facilitants et à chaque fois sur l'augmentation des délais par exemple ou sur encore la cause de conscience et bah chaque fois vous inviter qui sur un plateau télé un médecin pourquoi un médecin nous on était très très peu invité on demandait la vie au médecin mais nous de notre côté c'est les femmes qui est important pour nous c'est les choix qu'elles prennent les choix enfin les femmes et les personnes les choix qu'elles font pour elle et pour eux on les entendait pas tellement c'est un peu le rôle du planning par rapport à ça et juste ce que disait la camarade du planning juste juste avant c'est que c'est un exemple hyper concret merci pour d'avoir donné cet exemple hyper concret parce qu'en fait ce qu'on a remarqué c'est que ça fait 50 ans qu'on se bat pour faire évoluer la loi on a eu des belles batailles mais à quel prix à chaque fois et encore une fois c'était parce que c'était des choses très concrètes et en fait on voit que dans la mise en œuvre ça bloque en permanence pour avoir un code par exemple pour le fait que tous les actes autour de l'avortement soient pris en charge il fallait juste mettre sur une ordonnance un code on s'est rendu compte qu'il fallait un an et demi pour créer un code à la sécurité sociale enfin rien n'était facilitant en fait et c'est l'ensemble de menaces ces ensembles de barrages c'est difficulté toujours à devoir se batailler pour que ça soit effective pas que écrit dans la loi mais que ça soit effectif pour les personnes parce que c'est ça des conséquences aujourd'hui donc vraiment et sur l'écriture ça sera un débat que le mouvement féministe a bien évidemment et qui qui vit là dedans après il va falloir qu'on se pose des questions sur la question des menaces et sur la question de qu'est-ce que nous on en dira l'écriture ne nous convient pas actuellement et l'idéal aurait été celle portée par Mélanie Vogel et par celle de Martine parce que mais tu avais rajouté la contraception là-dessus et pour nous il y avait une cohérence moi j'ai vraiment pas compris dans les débats pourquoi est-ce que la contraception ça allait bloquer autant mais j'ai vraiment pas compris oui c'est un détail voilà mais en fait on voit qu'ils ont aucune cohérence par rapport à ça par contre il demandait à augmenter les financements du planning et l'éducation à la sexualité ce qui est très très drôle quand même puisque il nous attaque en permanence à ce sujet là mais en tout cas je pense que si jamais on va dans une bataille de référendum il va falloir vraiment qu'il y ait une très grosse mobilisation je sais Mathilde que tu y crois énormément j'étais avec Mélanie Vogel hier je sais qu'elle y croit aussi énormément je vous avoue que ça nous fait un peu peur mais si on est ensemble et si aussi on pourrait presque demander aussi à des chefs d'État européens de demander ou de réaffirmer quelque chose qu'il y a quelque chose qui soit beaucoup plus important et aussi des activistes on pourrait ensemble en tout cas gagner cette bataille mais on aura besoin de vous toutes et tous en tout cas [Applaudissements] [Musique] alors peut-être moi aussi je vais continuer sur la question de l'écriture alors juste pour que tout le monde comprenne bien nous quand on a fait notre proposition loi donc vous avez compris on avait fait avortement et contraception puisqu'il considère que alors que la contraception est ce que vivent le plus régulièrement et quotidiennement des millions de femmes dans notre pays vous savez votre alarme à 20h pour prendre une pilule des choses bon bref ils ont considéré que c'était un détail d'inscrire la contraception dans la Constitution ce qui est pour moi une aberration mais bon donc on est arrivé sur une formulation qui a fait le consensus le plus large possible dans l'assemblée et qui réaffirmait que était inscrit dans la Constitution le droit à l'interruption volontaire de grossesse le droit ensuite ça arrive au Sénat et au Sénat je vous ai dit il s'est passé juste et ça a été une énorme bataille notamment parce que le Sénat est dominé par la droite et donc au Sénat l'amendement qui a fait consensus ça aussi ça fait plein de débats entre nous pour savoir si on abandonné ou si on continue comme ça mais l'amendement qui a permis de faire majorité était un amendement d'un LR qui a remplacé le mot droit par le mot liberté alors évidemment ça ne va pas nous on voudrait dans un idéal que soit réaffirmé le droit à l'avortement dans la dans la Constitution mais la question qui nous est posée à toutes et tous là c'est de savoir parce que y compris à les énergies militantes il y a bon les moments aussi politiques et en ce moment on est dans un moment politique qui est qui peut être favorable à cette inscription et donc on a le choix entre deux choses et c'est ça qui va falloir qu'on tranche dans les deux trois prochains mois soit on laisse tomber cette bataille pour l'instant alors elle sera toujours inscrite dans notre programme elle sera toujours portée par le planning familial par beaucoup d'associations elle continuera à exister mais on se dit que bah tant pis on l'aura pas maintenant on l'aura dans plusieurs années ou alors on accepte que on a une formulation qui certes ne nous convient moins mais quand vous parlez avec des juristes si vous disent en fait ça change pas énormément de choses ça protège tout autant d'écrire droit ou liberté donc juridiquement parlant si on parle que langage juridique dans la Constitution ça fonctionne donc l'autre option c'est de dire et bien on profite de l'espace politique qu'on a ouvert par la bataille qu'on a mené depuis longtemps mais notamment cette année et on y va et c'est ça qui va falloir qu'on décide dans les prochains mois et si on décide ça ça veut dire qu'il va falloir une mobilisation 13 ans très un très ample dans la société pas parce que je pense qu'on peut la perdre je pense qu'on va gagner ce référendum j'en suis même absolument persuadé c'est pour ça que je pense qu'on peut y aller quand je vous disais 87% bon mais la question c'est de mobiliser les gens pour ça parce que la mobilisation des anti choix elle sera forte et ils ont les moyens derrière donc si on va ça faudra qu'on fasse une vraie mobilisation sur cette question et expliquer l'enjeu et l'enjeu c'est quoi c'est de dire que évidemment que c'est pas gravé dans le marbre à jamais si c'est inscrit dans la Constitution mais ça rend beaucoup plus difficile lors d'une alternance politique lorsque quelqu'un arrive de dire que sur la seule volonté d'un homme on puisse d'un coup enlever le droit fondamental de millions de femmes de ce pays donc ça leur rend la tâche beaucoup plus compliqué donc ça protège ce droit et c'est pourquoi je pense qu'il faut mener cette bataille jusqu'au bout il y a une deuxième chose sur lequel je voulais vous alerter quand même c'est que tout à l'heure on parlait de l'extrême droite sur sur la question de l'avortement si vous vous regardez ce que le rassemblement national a fait pendant la bataille des retraites c'est exactement ça parce que que proposer le rassemblement national bon alors déjà pas grand chose ils ont rien fait ils étaient pas en manif ils n'ont pas fait d'amendements ils en ont même fait moins que Renaissance ça donne une idée de quel point ils étaient opposés à la retraite à 64 ans de toute façon ils ont une retraite de 60 à 67 ans mais le RN leur solution qui disait partout c'était il faut faire des bébés c'est comme ça qu'on va faire en sorte que le déficit se comble mais faire des bébés c'est ça veut dire quoi pour le rassemblement national ça commence par dire que on s'attaque au droit des femmes et ce que nous nous savons ici c'est que quel que soit la situation y compris dans des pays comme la Pologne ou c'est où la situation est terrifiante lorsqu'une femme a décidé d'interrompre une grossesse elle le fera dans tous les cas la question c'est le fera-t-elle dans des conditions qui sont sécurisées pour elle ou est-ce qu'elle le fera comme on le faisait à une époque dans des conditions qui peuvent mener dans beaucoup de cas à la mort donc c'est une politique qui est criminelle de s'attaquer à ses droits des femmes et aux droits de disposer de son corps et je vous invite pour terminer si vous avez le temps je sais pas si c'est passé dans le programme j'ai pas le programme sous les yeux mais nous avons la chance aux amphis de projeter à Nicolas qui est un film qui raconte le combat de toutes ces femmes je vous disais derrière des lois il y a toujours des foules de toutes ces femmes qui se sont battues pour que le droit à l'avortement soit reconnu qui faisait des avortements clandestins c'est un superbe film c'est un beau film d'éducation populaire sur la bataille qui a été menée pendant des années et des années par des militantes absolument extraordinaires donc allez le voir aux amphis si c'est pas encore passé je sais pas dans le programme ou en tout cas aller le voir quand quand vous rentrez chez vous en tout cas on a un combat qui est important à mener qui est un combat qui concerne notre pays mais qui concerne pas que notre pays et qui là aussi j'aime bien cette phrase de Léonard Cohen qui disait dans toute chose il y a une brèche et c'est par là qu'entre la lumière et bien peut-être que la France peut être la brèche qui peut ensuite aider des millions de femmes et un tas de peuples dans le monde et donc ça sera une des tâches qu'on aura cette année merci beaucoup [Musique] [Applaudissements]
Mathilde Panot