Gabrielle Cathala: «C’est ce pouvoir qui nuit aux étudiants»
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:50OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez un outil de prédilection ?
- 1:25OuverteRéponse directe
Votre milieu familial était-il la classe moyenne ?
- 1:55OuverteRéponse directe
Est-ce que cet univers a joué un rôle dans vos choix politiques ?
- 2:33OuverteRéponse directe
La politique était-elle présente dans votre enfance familiale ?
- 5:14OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous a poussé à partir en Haïti en 2016 ?
- 8:23OuverteRéponse directe
Cette expérience au Congo-Brazzaville vous a-t-elle paru plus réussie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:04Invité politiqueFait
« je pense que l'outil le plus important à venir, c'est le bulletin de vote. »
- 2:30Invité politiqueFait
« j'étais étudiante boursière, par exemple. »
- 3:08Invité politiqueFait
« je ratais la moitié des cours, parce que je travaillais tous les après-midi. »
- 3:53Invité politiqueFait
« tous les principes qui étaient les droits humains, les principes constitutionnels, et tout ce qu'on peut apprendre à l'université, étaient complètement détournés par Nicolas Sarkozy et son gouvernement de l'époque. »
- 6:07Invité politiqueFait
« Haïti, c'est un pays qui est ravagé par le néocolonialisme, ou en tant qu'expatrié occidental, etc., on participe à l'explosion des prix, à la perpétuation de domination, de logique coloniale. »
- 6:41Invité politiqueFait
« vous n'avez pas le droit de marcher dans la rue, vous devez vous déplacer qu'avec un chauffeur, où vous allez dans des bars, dans des restaurants. C'est pour assurer votre protection. »
- 8:16Invité politiqueFait
« on a parlé l'année dernière du bicentenaire de la double dette, et le pays a été saigné financièrement pendant des décennies. »
- 9:52Invité politiqueFait
« les Chinois sont très agressifs, ils ouvrent, ils ont des moyens qui sont colossaux, alors que la France est historiquement... »
- 15:53Invité politiqueFait
« c'est ce pouvoir qui nuit aux étudiants. Il ne faut pas inverser les responsabilités. »
- 17:12Invité politiqueFait
« on sait que ça se terminera comme le grand débat national des Gilets jaunes, c'est-à-dire dans les cartons. »
- 20:43PrésentateurChiffre
« 6 877 personnes ont été placées en garde à vue, dont 86% d'enfants. 2 376 personnes font l'objet de poursuites, dont 1 923 enfants. »
- 21:56Invité politiqueChiffre
« près de 7000 mineurs, donc enfants, ont été placés en garde à vue. Il y en a 26 en détention provisoire. »
- 22:16Invité politiqueFait
« le but de l'opération est d'effrayer des enfants, des élèves, leurs parents, l'éducation nationale, pour que le mouvement s'essouffle. »
- 23:59Invité politiqueFait
« la France utilise des armes mutilantes, des grenades, du LBD, qui sont des armes qui sont interdites dans les autres pays de l'Union européenne parce que ce sont des armes qui peuvent être létales et ces armes sont utilisées contre des enfants. »
- 24:10Invité politiqueChiffre
« vous avez 36 enquêtes IGPN dont au moins 4 sont sur des mutilations à vie. »
- 29:07Invité politiqueFait
« je pense qu'il y a un racisme systémique dans la police. »
- 32:03Invité politiqueFait
« tout cela a été supprimé en séance publique, avec les voix de l'extrême droite, le RN, l'UDR, le groupe d'Éric Sotty, les LR, et le Bloc central, qui faisait semblant de soutenir l'intégralité du texte avec l'avis favorable de Madame Berger. »
- 32:52Invité politiqueFait
« Vous aviez l'inclusion de mesures qui étaient plus progressistes, qui étaient meilleures que les mesures initialement prévues par le texte. »
- 33:04Invité politiqueFait
« l'examen en séance publique est arrivé sur un rabotage de toutes les mesures qui étaient les plus progressistes et qui étaient déjà insuffisantes. »
- 35:36Invité politiqueFait
« En 2004, en Espagne, vous aviez une réelle volonté politique et un budget qui allait avec. »
- 35:46Invité politiqueFait
« nous sortons de 10 ans de macronisme avec dans les 5 ans à venir les principales associations féministes qui risquent de mettre la clé sous la porte »
- 37:08Invité politiqueChiffre
« Monsieur Glucksmann a fait un score certes écrasant mais sur un nombre dérisoire de votants qui est 20 fois inférieur à la dernière primaire socialiste »
- 37:52Invité politiqueChiffre
« Nous avons un candidat parrainé par plus de 420 000 personnes qui a fait la semaine dernière à Clermont-Ferrand un meeting rassemblant plus de 10 000 personnes »
- 38:05Invité politiqueChiffre
« plus de 10 000 personnes, ce qui est plus que François Hollande juste avant l'élection présidentielle de 2012 »
Temps de parole
- Gabrielle Cathala64 %
- Présentateur26 %
- ?9 %
≈ 55,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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L
'atelier politique
avec
Frédéric Rivière.
Bonsoir et bienvenue dans l'atelier politique. Dans cette émission, nous essayons de prendre le temps de la réflexion, le temps de l'analyse, de la mise en perspective, avec
l
'ambition de comprendre ce qui nous arrive et peut-être aussi ce qui s'annonce. Et ce soir, nous sommes avec Gabrielle Catala, députée de la France Insoumise de la 6e circonscription du Val d'Oise, membre de la Commission des lois de l'Assemblée nationale et présidente du groupe d'amitié France Haïti. Bonsoir. Bonsoir. Cette émission, je vous le précise, est enregistrée dans les conditions du direct. Nous sommes ensemble pour environ 40 minutes. Vous allez donc avoir du temps
pour
développer vos idées. Et je vais vous soumettre à la question rituelle de cette émission, puisque dans un atelier, normalement, on trouve des outils. Est-ce que vous, Gabrielle Catala, vous avez un outil de prédilection
? Alors,
je ne suis pas très bricolage, mais je pense que l'outil le plus important à venir, c'est le bulletin de vote. Puisque l'année prochaine, nous avons une élection présidentielle et chaque Français devra s'en saisir.
Oui. Alors, c'est un peu un détournement, votre réponse, parce que je ne
suis
pas sûr qu'on puisse ranger un bulletin de vote dans la catégorie des outils. On peut dire que c'est peut-être un instrument d'expression, je ne sais pas. Mais enfin, bon, vous avez fait ce choix
et
il est respectable. Gabrielle Catala, vous avez grandi en Gironde. Votre mère était infirmière au CHU de Bordeaux.
Elle l'est toujours. Elle l'est toujours.
Et votre père travaillait, peut-être toujours aussi, dans le secteur du vin. Quand on dit dans le secteur du vin, ça veut dire quoi
? Non,
mon père était viticulteur.
Oui, donc il travaillait vraiment
dans le secteur du vin. C'est-à-dire, il produisait du vin.
Oui,
mes parents avaient un domaine viticole
qu
'ils ont vendu,
puisque
ni mes frères ni moi ne voulions reprendre les rênes de la propriété.
Et donc, vous, vous avez développé des compétences en onologie ?
Aucune. C'est vrai ? Aucune. D'ailleurs, je ne bois presque pas.
Et quand vous buvez, ce n
'est
pas du vin
?
Non, je ne sais pas si c
'est
très intéressant, mais comme tous les Françaises et Français, je bois parfois du vin, de la bière, des cocktails.
Est-ce qu'on peut dire que votre milieu familial, c'était la classe moyenne
? Oui,
tout à fait. Moi, j'ai grandi dans un milieu
moyen,
avec des parents, avec des revenus qui ne
sont
pas très élevés, et deux frères.
Donc,
j'étais étudiante boursière, par exemple.
Est-ce que cet univers a joué un rôle dans la construction de vos choix politiques
?
Oui, je pense, parce que je crois que j'ai découvert la violence, je dirais, sociale, où
j
'ai pris davantage conscience des inégalités
lorsque
je suis arrivé à l'université. Puisqu'à l'université, vous avez soit les étudiants de bonne famille, avec tous les moyens qui sont dans les meilleures conditions pour étudier,
et
vous en avez d'autres, comme moi, qui sont boursiers, qui comptent leurs sous, qui doivent travailler pour finir leur fin de mois, pour espérer partir en Erasmus, pour payer leur code civil et leur code de procédure pénale. Et donc là, évidemment, j'ai pris conscience de toutes les inégalités, et surtout, j'étais étudiante en fin de quinquennat Sarkozy.
Donc
il y avait toutes ces polémiques, la dynamique de l'élection présidentielle de 2012
qui
allait arriver.
Et
c'est en première année, je crois, de l'université que je me suis politisée, puisque
on
analysait très souvent, enfin je faisais du droit constitutionnel, et on analysait
le
fonctionnement des institutions
en
le mettant en parallèle avec la pratique réelle.
Et
c'est là que j'ai compris, en lisant et en me renseignant bien davantage,
que
tous les principes qui étaient les droits humains, les principes constitutionnels, et tout ce qu'on peut apprendre à l'université, étaient complètement détournés par Nicolas Sarkozy et son gouvernement de l'époque.
Mais
vous parlez des différences entre les étudiants, ceux qui viennent de milieux plus aisés, ceux qui sont boursiers. Vous avez eu l'impression de vivre
ce
qu'on appelle parfois le mépris de classe
? Non,
pas directement du mépris de classe, mais c'est sûr que j'ai eu le sentiment, mais qui est avéré, d'avoir moins de chance que les autres. Puisque lorsque vous ratez la moitié des cours, moi je ratais par exemple,
en
Master 1, je ratais la moitié des cours, parce que je travaillais tous les après-midi.
Et
donc quand vous travaillez tous les après-midi,
que
vous rentrez chez vous le soir, que vous êtes fatigué,
et
que vous n'avez en fait pas les moyens,
ni
le temps de rattraper tout ce que vous avez loupé,
quand
arrivent les partiels, évidemment, il y a de lourdes inégalités.
Est
-ce que la politique était présente dans votre enfance, au sein de votre famille
? Oui
et non, c'est-à-dire que mes
parents
écoutent les informations,
la
radio, mais ils n'ont jamais été syndiqués, nous n'allions pas en manifestation, ils ne sont pas membres d'associations. Donc moi, la politisation est plutôt arrivée via le lycée puis la faculté, et elle n'est pas apparue dans le milieu familial.
Alors
après vos études, études de droit, donc vous en avez parlé, vous partez, c'est en 2016, en Haïti pour une organisation non gouvernementale. Qu'est
-ce
qui vous a poussé à faire cette démarche
? Alors
je m'intéressais à l'humanitaire, au développement, avec toute la naïveté qui va avec,
et
j'avais fait un stage dans une ONG française qui s'appelle Acted,
et
ensuite il était question de partir dans un pays pour avoir des missions liées à l'humanitaire. Donc
j
'aurais pu partir au Tchad, au Soudan, et finalement j'ai été envoyée en Haïti, un pays que je préférais, eu égard à son histoire et qui m'attirait
beaucoup
plus, et qui en fait s'est avérée être
une
désillusion totale, et une illustration d'une monde tel qu'il tourne, tel qu'il existe.
C
'est-à-dire que
Haïti,
c'est un pays
qui
est ravagé par le néocolonialisme,
ou
en tant qu'expatrié occidental, etc., on participe à l'explosion des prix, à la perpétuation de domination, de logique coloniale. Et donc lorsque j'ai, au bout de plusieurs mois, j'ai beaucoup réfléchi parce que
j
'étais là-bas avec d'autres collègues aussi qui étaient désemparés par les missions, la situation, et l'ambiance aussi. Il faut savoir que c'est une vie qui n'a aucun sens,
c
'est-à-dire que vous êtes dans une capitale, Port-au-Prince,
où
vous n'avez pas le droit de marcher dans la rue, vous devez vous déplacer qu'avec un chauffeur,
où
vous allez
dans
des bars, dans
des restaurants. C'est pour assurer votre
protection
?
Oui, c'est des normes de sécurité poussées à l'extrême, parce que c'est classé rouge sur le site du ministère
des
Affaires étrangères, il y a beaucoup
d'enlèvements, etc. Vous vous y êtes conformé totalement ? Moi, je m'y
suis souvent conformé, sauf une fois où je suis parti marcher seul dans la montagne pendant un week-end ou trois jours, je ne sais plus, et où il ne m
'est
strictement rien arrivé, et encore heureux. Et donc au bout de quelques mois, j'ai décidé de démissionner, parce que mon travail n'avait aucun sens,
rien
de positif
sur
le pays, que ce soit mon travail directement ou celui de l'association
en
question. Mais par contre, je pense que ça a été très utile pour moi, puisque aujourd'hui, je suis président du groupe d'amitié
France-Haïti à l'Assemblée
nationale,
et
l'histoire d'Haïti est une histoire qui est occultée dans l
'histoire
de France,
qui
est pourtant une histoire qui fait pleinement partie de l'histoire de France et de l'histoire même du monde, puisque la révolution haïtienne de 1804, c'est un fait majeur dans l'histoire mondiale. Et ce qui est un fait majeur, c'est avant tout le fait qu'une armée d'esclaves ait battu l'armée de Napoléon en 1803, et que la France ait été humiliée par l'Empire à l'époque, humiliée par une armée d'esclaves. Et Haïti a ensuite payé chèrement cette révolte, puisqu'on a parlé l'année dernière du bicentenaire de la double dette, et le pays a été saigné financièrement pendant des décennies.
Après Haïti, vous partez pour le Congo-Brazzaville entre 2017 et 2019, comme chargée de mission, cette fois ça n'est plus une ONG, vous êtes chargée de mission pour la société civile au sein de l'ambassade de France. Est-ce que cette expérience-là vous a paru plus réussie
? Je
voulais avoir un regard différent, puisque là il n'était pas question de travailler pour une association, mais pour une institution,
pour au
fond un service public. Oui,
et pour la diplomatie aussi. Pour la diplomatie française. Donc
c'était très intéressant, puisque je suis dans un pays étranger, dans une ambassade, on a un certain nombre de missions, la coopération environnementale,
la
coopération sur le plan des droits humains,
de
l'humanitaire, parce que je m'occupais aussi des questions humanitaires, de l'analyse de la situation humanitaire là-bas, de rédiger des notes, etc. Mais là aussi, je crois que ça a été très utile pour moi,
au
niveau culturel, au niveau de
la
compréhension des enjeux pour la France en Afrique centrale, etc. Mais il faut savoir que c'est une manière de notre diplomatie, dans ces pays d'Afrique centrale, et d'ailleurs je crois
dans de
nombreux pays dans le monde, est complètement à la ramasse par rapport aux Chinois, par rapport même aux Russes, qui essaient d'étendre leur influence en Afrique centrale, et qui l'ont vraiment étendue, notamment en
Afrique. La diplomatie
chinoise, c'est une diplomatie largement commerciale, non
?
Non, les Chinois sont très agressifs, ils ouvrent, ils ont des moyens qui sont colossaux, alors que la France
est historiquement...
Dans des intentions commerciales ?
Il n'y a pas que les intentions commerciales, il y a évidemment les intentions commerciales qui sont aussi les intentions en France, parce que quand vous allez au Congo,
les
enjeux, c'est quand même le pétrole, ce n
'est
pas d'être gentil. Donc les Chinois ouvrent des instituts confucius un peu partout pour concurrencer les instituts français, ils font beaucoup d'événements culturels, ils financent énormément de bourses, dans l'enseignement supérieur, et même pendant la minorité d'enfants pour attirer des étudiants du monde entier.
Et
nous, le budget de la diplomatie est devenu complètement dérisoire et on a une diplomatie culturelle qui recule.
On
va marquer une respiration musicale dans cette émission, Gabriel Catala, avec un titre que vous avez choisi. Je vais vous laisser l'annoncer parce que vous connaissez beaucoup mieux que moi. Dites-nous ce que c'est.
C
'est un titre qui s'appelle Onadikoum, je ne
suis
pas sûre de très bien le prononcer.
C'est
le péril que je voulais éviter,
je vous
en ai laissé la responsabilité.
De
Hamad Kabour, qui est un titre qui date des années 70, de 1976, et qui est une chanson très populaire en Palestine,
qui
parle de la résistance
des
Palestiniens, des peuples arabes. Et c'est une chanson que j'ai choisie parce que
non
seulement je pense qu'on doit
s
'intéresser à la culture palestinienne, et au génocide qui est toujours en cours depuis trois ans.
Mais
parce que c'était la chanson que nous mettions lorsque
j
'ai participé à la flottille de la liberté sur
le Grand Allah l
'été dernier. Et c'est la chanson que nous avons mise parmi d'autres que nous avons chantée quand nous avons été arrêtés par l'armée israélienne. Voilà, donc c'est pour mes camarades. On
écoute celui
-ci.
L'atelier politique
sur
RFI.
Ouna di koum, donc c'est le titre, cette chanson de Hamad Kabour. On ne
va
pas s'attarder puisque vous nous avez expliqué avant de l'écouter les raisons pour lesquelles vous l'aviez choisie. On termine d'un mot sur votre parcours. D'ailleurs, c'est l'entrée en politique d'une certaine manière, puisqu'en 2019, vous devenez conseillère juridique
pour
le groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale. Donc, vous
n'êtes
pas encore pleinement une actrice politique. Mais enfin, vous mettez
un pied. Nous
sommes tous des militants politiques
de La France Insoumise. Oui, tout est
politique. Ce n
'est
pas
moi qui
vous dirai le contraire. Comment ça s'est fait ? Vous aviez déjà des rapports, des affinités avec La France Insoumise ?
Non,
j'étais simple, sympathisante.
Et d'ailleurs,
comme j'avais vécu à l'étranger,
j'avais
raté non seulement la présidentielle de 2017, puisque je vivais en Haïti à ce moment
-là,
et les européennes de 2019, puisque je vivais au Congo.
Et
donc, je voulais vraiment m'engager au sein de La France Insoumise en rentrant en France.
Et
j'ai eu ce poste à l'Assemblée Nationale,
pour
le coup, sans connaître personne
à
la base. Et vous êtes devenue députée en 2024. Tout à
fait. Alors,
on va aborder les blocus, le mouvement lycéen, qui s'étend désormais aux étudiants. Ça se poursuit dans plusieurs lycées, universités. Vos opposants affirment que cela nuit à la majorité des étudiants qui souhaitent poursuivre leurs études. Où vous fixez la limite entre l'exercice du droit de grève, d'un côté, et la liberté d'aller étudier pour les autres
? Alors,
d'abord, je pense que c'est ce pouvoir qui nuit aux étudiants. Il ne faut pas inverser les responsabilités.
C
'est ce pouvoir qui paupérise les étudiants, qui fait que les files d'attente s'allongent pour participer à des distributions alimentaires.
C
'est ce pouvoir qui fait que les loyers explosent pour les étudiants,
qui
rend les étudiants très stressés, et d'ailleurs, qui les a sélectionnés avec un algorithme, avec Parcoursup, puisque la plupart des étudiants, aujourd'hui, n'étudient pas dans la filière
qu
'ils souhaitaient à la base.
Et
moi, je pense que la lutte doit continuer tant que ces personnes ne sont pas écoutées.
Les
étudiants ont rejoint des lycéens
qui
ont des revendications, qui doivent être écoutées, qui sont des revendications totalement légitimes
sur
le bâti scolaire, sur la demande d'avoir des enseignants, la demande d'avoir du personnel, infirmière scolaire, médecin scolaire, etc.
sur
la demande d'avoir un avenir,
d
'abroger Parcoursup,
et
aussi de mettre fin à la répression policière. Ces revendications ont été plusieurs fois
publiées. Et
en face, vous avez un gouvernement
qui
est toujours sûr de lui-même, qui n'écoute jamais rien,
qui
essaye en permanence d'enfumer les gens.
Là,
nous l'avons vu avec la création de la plateforme où des personnes peuvent mettre des contributions. Et on sait que ça se terminera
comme
le grand débat national des Gilets jaunes, c'est-à-dire
dans
les cartons. Vous avez l'invention de moments de démocratie lycéenne dans des lycées, mais vous avez cette annonce de M. Lecornu de 3 000 postes d'enseignants remplaçants. Alors, j'ai lu tout à l'heure qu'il n'y
en
avait que 150 contractuels
non
formés recrutés
au
moment où on se parle. et ces 3 000 enseignants, là aussi, je crois qu'on doit dire que c'est une arnaque puisque vous avez dans le budget pour 2027
la
suppression de 1 588 postes d'enseignants et aucune création de postes
d
'AED, de médecins scolaires, d'assistantes sociales, de l'éducation nationale, etc.
La
lutte doit donc continuer et je crois qu'il ne faut pas céder
à
cette petite musique, que le récit est instauré par le gouvernement et par les médias et qui tente de monter les lycéens et les étudiants les uns contre les autres.
Et
on
voit que ça ne marche pas. Il n'y a pas de division que vous pensez chez les
étudiants entre ceux qui voudraient continuer d'aller
dans leur fac
ou
dans leur lycée
et ceux qui les empêchent ?
Il y a
évidemment des divisions surtout comme dans toute la société. Mais les étudiants et les lycéens qui veulent continuer à avoir cours doivent rendre conscience que les autres luttent dans leur intérêt. C'est dans l'intérêt de toutes et tous que des lycéens demandent la fin de parcours sub, que des lycéens demandent des moyens, que des lycéens demandent à avoir des tables et des chaises dans leur salle de cours. Et donc là, toute l'attention médiatique qui consiste à montrer 80% de poubelles qui brûlent et de choses comme ça, au lieu de laisser la parole aux lycéens et aux étudiants pour qu'ils puissent exprimer leurs revendications, on voit que ça ne marche pas.
Puisqu'hier, vous aviez, mardi pardon, vous aviez ces grandes manifestations et d'ailleurs le mouvement qui était auto-organisé, celui qui est parti de l'hôtel de ville, a rassemblé plus de monde que celui qui est parti de Place d'Italie qui était soutenu par les syndicats.
On va reprendre ces discussions, Gabriel Catala, merci d'être avec nous. Vous écoutez l'Atelier politique, émission réalisée par Mathias Golchani, mais il est l'heure pour l'instant de faire un point sur l'actualité. On se retrouve dans quelques minutes pour la deuxième partie de notre émission.
L
'Atelier politique
avec
Frédéric Rivière.
L'Atelier politique avec Gabriel Catala, député de la France Insoumise de la sixième circonscription du Val d'Oise, membre de la commission des lois de l'Assemblée nationale et
présidente
du groupe d'amitié France Haïti. Je le dis toujours en début d'émission, cette émission est enregistrée dans les conditions du direct.
C
'est vrai qu
'il
n'y
a
pas de montage. Ce que vous dites sera diffusé tel que vous l'avez dit. Mais il faut tout de même préciser, puisque
nous
sommes samedi soir et qu'une grande manifestation doit avoir eu lieu aujourd'hui, un peu partout en France d'ailleurs, et que bien évidemment, par définition, cette émission est enregistrée avant cette manifestation et que par conséquent, on ne peut pas évoquer les éventuels événements qui s'y seraient produits. On va revenir donc sur le mouvement lycéen étudiant, Gabriel Catala. Les forces de l'ordre, vous en avez parlé, interviennent régulièrement pour évacuer des blocages. Et vous avez publié, il y a quelques jours, c'était le 9 octobre, un tweet dans lequel vous disiez ceci. Un bilan a été publié par le ministère de la Justice depuis le début du mouvement lycéen.
6 877 personnes ont été placées en garde à vue, dont 86% d'enfants. 2 376 personnes font l'objet de poursuites, dont 1 923 enfants. Et pendant ce temps, ajoutiez-vous, les plaintes pour violences physiques et sexuelles sont les enfants, peuvent dormir tranquilles, les agresseurs aussi. Honte à messieurs Nouniez et Darmanin. Est-ce que vous considérez vraiment que les jeunes qui organisent les blocus
soient
des enfants
? Bien
sûr que ce sont des enfants.
Et
qu'elle a
gentil à peu près. Puisque des
personnes
qui
n'ont pas 18 ans,
selon
la Convention internationale des droits de l'enfant, on appelle ça des enfants.
Et
je vois qu'il y a toujours cette volonté
de
les faire passer pour des adultes
et
de nier leur minorité
et
les droits qui vont avec
pour
justifier la répression.
Et
là où cette répression est inadmissible, c'est qu'elle est plus violente que celle qui s'est abattue sur les gilets jaunes alors qu'elle s'abat sur des enfants.
Et
le bilan qui a été publié parce que là vous citiez mon tweet qui date de plusieurs
jours. Voilà,
de plusieurs jours. Il y a eu un nouveau bilan publié mercredi 14 octobre. Et ce bilan, c'est que près de 7000 mineurs, donc enfants, ont été placés en garde à vue. Il y en a 26 en détention provisoire. Et mercredi 14 octobre, le canard enchaîné a révélé qu'un commissaire avoue lui-même que le but de l'opération est d'effrayer des enfants, des élèves, leurs parents, l'éducation nationale, pour que le mouvement s'essouffle. Et donc, quand vous avez
presque
7000 garde à vue dont à peine un tiers aboutissent à des poursuites, cela veut dire que ce sont des garde à vue arbitraires, préventives, pour effrayer,
comme c'était le cas déjà pour les retraites et pour les gilets jaunes.
Je voudrais qu
'on
s'arrête un instant sur ce terme d'enfant. Il y a quelques jours, Jean-Luc Mélenchon a dit qu'il voulait donner le droit de vote à partir de 16 ans. Donc, on peut donner le droit de vote à des enfants.
Tout à fait, puisqu'à partir de 16 ans, on peut être jugé alors qu'on est enfant. On peut aller en prison.
Donc, on
peut être
enfant et
responsable de ce qu'on
fait. Tout à fait. On peut être enfant et responsable de ce qu'on fait. Mais là, ce que je suis en train de vous dire, c'est que la plupart de ces enfants n'ont rien fait. Quand vous placez des personnes en garde à vue et que les trois quarts quasiment ressortent avec aucune poursuite et que ceux qui sont poursuivis, cela aboutit sur des rappels à la loi Histoire 2, cela veut dire que ces personnes étaient innocentes et que les gardes à vue étaient arbitraires. Et là où il y a une terrible responsabilité de M. Nunes
et
de M. Darmanin, puisqu'on parle beaucoup de M. Nunes, mais il y a aussi une répression judiciaire.
Le ministre de la
Justice et le garde des Sceaux, le ministre
de l'Intérieur Nunes
et le garde des Sceaux. M. Nunes
a dit qu'il n'avait pas donné de consigne de retenue aux policiers et aux gendarmes. Mais ne pas donner de consigne de retenue,
c
'est
déjà une
consigne.
Cela veut dire qu'on accepte la violence. Le
ministre de l'Intérieur a dit ça, lorsqu'il y a violence,
il n'y a pas de consigne de retenue.
Cela
veut dire qu
'il n'est pas revenu sur ses propos. Il s'est d'ailleurs enlisé à l'Assemblée nationale et il porte une immense responsabilité puisque la France utilise
des
armes mutilantes, des grenades, du LBD, qui sont des armes qui sont interdites dans les autres pays de l'Union européenne parce que ce sont des armes qui peuvent être létales et ces armes sont utilisées contre des enfants. Depuis le début du mouvement, vous avez 36 enquêtes IGPN dont au moins 4 sont sur des mutilations à vie. Vous avez des enfants qui ont des blessures de guerre et vous avez un récit qui essaye de les rendre responsables de ces mutilations. Lorsqu'on parle par exemple de ce jeune Evan
dont
la main a été arrachée à Lens,
vous
avez un récit qui dit qu'il a ramassé
la
grenade tout seul.
Oui, mais on entend
aussi très
honnêtement le fait que rien n'est sûr, que
pour l
'instant rien ne permet de
savoir. Ce
récit a été instauré avant même que lui soit écouté puisqu'il est encore hospitalisé, il faut le dire, avant que son avocat soit écouté et alors qu'il n'a pas, il me semble qu'il est gaucher et qu'il a rattrapé la grenade avec la main droite ou inversement. Donc le récit ne tient pas. Et je me demande parce que nous avons demandé évidemment la démission de M. Nulès de M. Darmanin
et
si on ne démissionne pas
quand
plus de 10 enfants sont mutilés ou éborgnés ou blessés ou ont été étranglés, pourquoi on démissionne en politique en fait ? Si on ne démissionne pas pour ça
? Puisque
M. Nulès n
'est
pas responsable visiblement. Et c'est pareil pour M. Darmanin, si on ne démissionne pas quand une petite fille est violée puis tuée et que toute la chaîne judiciaire a démontré son insuffisance, pourquoi on démissionne en politique
du coup ?
Il y a aussi pendant ces manifestations où tout le monde peut l'observer, des violences, des dégradations de biens publics, des abribus, il y a des pillages parfois de magasins, etc. Tout ça, j'imagine que vous le condamnez et évidemment, ça desserre le mouvement, non ?
Vous avez toujours cette injonction lorsqu'il y a des événements
à
condamner la violence et à
mettre... Je ne vous ai pas en rejoint, je vous ai demandé. Oui,
bien
sûr.
Vous m'avez demandé. Non,
non, mais les mots ont une importance. Et cette
propension à mettre sur le même plan des violences secondaires contre des biens
et des violences contre des personnes.
Est-ce que ces violences-là, ces dégradations, est-ce que ça n'est pas profondément regrettable parce que ça nuit au mouvement
? Mais les dégradations, évidemment, ce n
'est
pas utile. C'est-à-dire que vous avez toujours... Nous, nous avons toujours appelé à la non-violence, à la lutte, la manifestation, les blocus dans le calme. Là où on peut parfois comprendre qu'il y a une lassitude, c'est que depuis des décennies, les gens demandent des choses gentiment à un pouvoir. Et lorsque vous arrivez tout innocemment à demander avec un cahier de doléances, il ne se passe jamais rien. Vous
êtes sur la ligne de Bali
Bagayoko,
par exemple, le maire de Saint-Denis qui a dit parfois
la violence peut être légitime.
Et vous avez des fauteurs de troubles qui vont profiter
de
mouvements qui n'en font pas partie pour venir dégrader. Et ça, évidemment,
ce
n'est pas utile.
Vous êtes sur cette ligne de Bali Bagayoko, le maire de Saint-Denis qui a dit oui, parfois la violence peut être légitime.
Moi, je pense que lorsque un camarade, si j'étais au lycée et que je voyais un camarade se faire éborgner ou se faire mutiler, peut-être que je me dirais que marquer un graffiti je ne sais où ou que brûler une poubelle, ce n
'est
pas si grave à côté de ça. Et d'ailleurs, je vais reprendre la phrase d'une grand-mère qui disait ça lors d'une manifestation puisque le mouvement est rejoint aussi par toutes les générations qui disait les poubelles qui brûlent, ça n'intéresse que les ordures.
Et alors, vous n'avez pas parlé des membres des forces de l'ordre qui sont blessés,
ils
sont très nombreux, il y en a pas loin de 800. Qu'est-ce que vous en dites
de
ces
cas ?
Alors moi, je n
'ai
pas vu les forces de l'ordre, je n
'ai
pas vu
800 personnes, je n'ai pas vu 800 personnes. Il y en avait
761 il y a quelques jours.
C'est répertorié par le ministère de l'Intérieur
qui
met,
je ne sais rien sur ces bidons, mais je n'ai pas vu le détail de quelles étaient ces blessures. En tout cas, je n'ai pas vu des forces de l'ordre avoir une main arrachée, être éborgnée ou être étranglée.
Et
donc, il faut arrêter de mettre la violence sur le même plan parce que des hommes armés
qui
utilisent de la violence contre des enfants et qui font que ces enfants ont une vie brisée avec des parents qui s'inquiètent, que ces enfants vont être terrorisés et avoir peur ensuite de manifester, etc. Ce n'est pas la même chose qu'être légèrement blessé
quand
en face vous avez des mineurs qui sont mutilés.
Il y a des slogans radicaux qui sont régulièrement prononcés pendant ces manifestations comme par exemple un flic, une balle ou le fameux ACAB
qui
est un acronyme anglais
qui,
si on le traduit en français, veut dire littéralement
j
'ouvre les guillemets tous les flics sont des bâtards.
Est
-ce que ça, ce sont des formules
que
vous cautionnez
? Moi,
je ne
peux
pas dire que je les cautionne. Moi, je suis députée donc je ne
vais
pas aller crier ACAB ou aller crier des
slogans.
Par contre, vous
aviez dit
en 2025 qu'il y avait un racisme généralisé dans la police.
Il y a
un
racisme. Vous le dites
toujours.
Oui,
moi, je pense. Ce qui est important, c'est généraliser.
Oui,
je pense qu'il
y
a un racisme systémique dans la police.
Quand on dit généralisé
ou systémique,
qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que vous
pensez qu'une majorité
de policiers sont
racistes ? Il faut écouter ce que ça veut dire.
Le
racisme systémique, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'il y a une institution qui couvre le racisme, qui le permet et qui ne fait rien pour l'éradiquer. C'est ça que ça veut dire.
Et
donc, là où il y a un racisme systémique, je ne suis pas la seule à le dire. Quand vous avez les Nations Unies qui disent qu'il
y
a un problème de racisme systémique
dans
la police, il faudrait l'entendre. Quand vous avez la défenseur des droits qui le dit, il faudrait l'entendre. Et donc, ce n'est pas juste la France insoumise qui pense qu'il y a un racisme systémique dans la police. Et l'expérience montre que lorsque vous êtes un jeune homme arabe ou noir, vous avez 13 fois plus de chances d'être contrôlé par la police. les chiffres montrent que lorsque vous êtes un jeune homme noir ou arabe, vous avez plus de chances d'être tué par la police.
Et
donc, il faut l'entendre.
Plus
de risques peut-être quand on parle de...
Oui, plus de risques, pardon.
Mais quand vous dites généraliser, généraliser, c'est la même chose que systémique ?
Oui, c'était dans le sens
systémique. C'était
dans le sens systémique. Et là encore, c'est prouvé
et
ça fait l'objet d'études très sérieuses et notamment des Nations Unies.
Je voudrais qu'on évoque la loi intégrale qui a été adoptée il y a quelques jours et lors du vote solennel donc de cette loi contre les violences sexuelles, c'était ce mardi 13 octobre, l'ensemble des groupes politiques a voté pour tandis que la France Insoumise a choisi de s'abstenir. Sur votre compte X, Twitter, vous avez écrit que ce texte, je vous cite, n'a d'intégral que le nom
et je
vous cite toujours qu'il exclut les femmes les plus vulnérables, étrangères, racisées, précaires, et LGBTI. Juridiquement, puisque vous avez fait des études de droit, est-ce que cette loi prive ces femmes du moindre droit ou est-ce qu'elle s'applique de la même manière à toutes les victimes
? Alors,
les femmes étrangères, les femmes étrangères, il faut des mesures spéciales.
Oui, mais vous attendez bien ma question. Vous avez fait du droit. Est-ce que juridiquement,
il
y a un traitement de défaveur
à
l'égard des femmes dans les catégories que vous avez nommées, étrangères, racisées, précaires,
etc.,
ou est-ce qu
'il
manque des mesures spécifiques en leur faveur ? Ce qui n
'est pas la même chose.
c'est ce qu'il y
a
écrit dans mon tweet. Dans mon tweet, j'ai précisé
tout
ce qui avait été supprimé, notamment sur les étrangères, parce que vous aviez des dispositions pour les femmes étrangères, pour que notamment, je vais terminer ma
phrase,
puisqu'elles pouvaient, avec le texte tel que déposé, surtout le texte que nous avions fait voter en commission, qui permettait d'aller plus loin, elles pouvaient
éviter
une OQTF, l'expulsion, lorsqu'elles sont sans papier, si elles portaient plainte ou si elles prouvaient par tout moyen, donc certificat médical, certificat d'association, qu'elles étaient victimes de violences sexuelles. Tout cela a été supprimé en séance publique,
avec
les voix de l'extrême droite, le RN, l'UDR, le groupe d'Éric Sotty, les LR, et le Bloc central, qui faisait semblant de soutenir l'intégralité du texte avec l'avis favorable de Madame Berger. Et donc, il n'y a aucune mesure dans ce texte
en
faveur de ces femmes étrangères, puisqu'elles n'auront pas davantage de protection avec ce texte. Et c'est ce qui a pu être dit aussi par des associations Amnesty International, Médecins du Monde, Nous Toutes, les CIDFF et les principales associations féministes du pays qui l'ont regrettée. Pour les femmes les plus précaires vulnérables, pareil, il n'y a rien. Pourquoi ? Parce que cette loi n'est assortie
d'aucun musée.
Il manque des mesures
spécifiques. Il manque des mesures
spécifiques. Mais on
n'a pas
exclu ces femmes du texte.
Ces femmes ont de fait été exclues du texte par le débat, puisqu'en commission, le texte, après la commission, allait dans le bon sens. Vous aviez l'inclusion de mesures qui étaient plus progressistes, qui étaient meilleures que les mesures initialement prévues par le texte. Et la séance, l'examen en séance publique, est arrivé sur un rabotage de toutes les mesures qui étaient les plus progressistes et qui étaient déjà insuffisantes. D'où notre abstention. Et vous vous doutez que lorsque le Rassemblement national vote pour un texte féministe et enfantiste, cela veut dire que le contenu
ne le gêne
pas. Enfantiste, oui, tout à fait. C'est-à-dire en faveur des droits des enfants. C'est un mot
qui va faire son chemin comme le mot féministe. Je crois que je l'ai lu en
effet sur
votre compte
Twitter et
je ne le connaissais pas. Et vous avez
des associations qui se disent enfantistes, le collectif 160 000 enfants, le collectif enfantiste, etc.
Donc,
c'est
les droits des enfants.
C'est en faveur des droits des enfants. c'est en faveur
des droits des enfants. Et lorsque le Rassemblement national en vient à voter pour un texte en séance publique alors qu'il s'était abstenu en commission et qu'il a tenu que des propos anti-féministes en séance, cela signifie bien qu'au fond, ce n'est pas un texte de féminisme radical, que ce n'est pas un féminisme anti-raciste et que le texte au fond, y compris en étant assorti d'aucun budget puisque vous n'avez aucun budget pour que
ce texte s'applique correctement. Vous avez beaucoup
souligné et pour le coup, vous n
'êtes
pas seul à le dire.
Tout
à fait. Et c'est pour ça que le gouvernement ça les arrange puisque ça leur permet de sortir de
la
séquence de l'IANA qui les a considérablement affaiblis en disant voilà,
on
a donné un avis favorable à une loi tout en sachant qu'elle n'est pas votée définitivement parce que le Sénat qui est très à droite va continuer à la détricoter et qu'il n'y a aucun budget pour que les mesures qui sont les mesures que l'on peut saluer s'appliquent.
Mais enfin, il y
a
quand même des associations qui saluent des progrès etc. Et vous, vous dites, vous venez de le dire à l'instant, le texte a été voté par l'ERN donc ça prouve bien. Vous ne trouvez pas que ça peut quand même donner l'impression d'une lecture un peu sectaire de la politique qui dira que s'il a été voté par l'ERN il n
'est
forcément pas bon.
Non, parce que ce
n
'est pas seulement c'est un argument
que je donnais mais ce n'est pas le seul c'est aussi une chose que vous soulignez. Ce n'est pas le
seul argument. Moi, je crois que l'important en politique ce n'est pas d'aller, de voter pour donner des signaux ou pour faire plaisir parce qu'il y a une injonction lorsqu'on parle de violences faites aux femmes et aux enfants à l'unanimité comme si c'était un sujet qui n'était pas politique aussi. Et je crois qu'on doit la vérité aux gens. Moi, j'ai envie d'être quelqu'un d'honnête et je n
'ai
pas envie de faire croire à des femmes qui ont été violées ou à des enfants vulnérables qu'avec ce texte leur vie va changer et que c'est l'histoire comme ça a pu être raconté parce que chacun a besoin de faire sa communication de dire c'est historique c'est comme l'Espagne alors que ça n'a rien à voir avec ce qui s'est passé en Espagne en 2004. En 2004, en Espagne, vous aviez une réelle volonté politique et un budget qui allait avec. Là, nous sortons de 10 ans de
macronisme avec des résultats assez remarquables en Espagne.
Là, nous sortons de 10 ans de macronisme avec dans les 5 ans à venir les principales associations féministes qui risquent de mettre la clé sous la porte
en
raison du démantèlement des services publics et de l'assèchement de leur financement par l'Etat. Vous avez donc des ministres qui viennent faire leur communication là-dessus dans l'hémicycle et en commission pendant plusieurs semaines et vous avez surtout une assemblée nationale où vous avez plus de 120 députés d'extrême droite très conservateurs avec des LR aussi et un Sénat très conservateur. Et donc, à la fin, c'est triste à dire mais vous ne pouvez pas vous retrouver avec un texte progressiste.
Il
nous reste à peu près 2 minutes 30, Gabriel Catala. Vous voyez, je n
'ai
pas gardé beaucoup de temps mais on va parler un tout petit peu de la présentielle. Ce n
'est
pas toujours évident de dire des choses intéressantes sur le sujet donc c'est pour ça que j'ai finalement conservé assez peu de temps pour ce chapitre. Mais il
y
a tout de même eu un événement il y a quelques jours qu'il y ait la victoire écrasante de Raphaël Glucksmann dans cette primaire d'une partie de la gauche à laquelle, on le sait bien, la France insoumise n'avait pas voulu s'associer. Est-ce que, du point de vue de la France insoumise, c'est tout de même un événement politique ? Victoire avec 66,6% des voix
?
Alors déjà, ce n
'est
pas la primaire d'une partie de la gauche,
c
'est la primaire du PS et de place publique sans
les écolos, les communistes et les insoumis donc par définition ce
n'est pas la gauche
? C'est une partie de
la gauche. Monsieur Glucksmann a fait un score certes écrasant mais sur un nombre dérisoire de votants qui est 20 fois inférieur à la dernière primaire socialiste où Benoît Hamon avait remporté la primaire. Il fait moins que la septième personne en 2017 et nous, je veux dire, participer à la guerre des gauches, moi ça ne m'intéresse pas. Mais
est-ce que vous
croyez à cette
vieille
théorie formulée il y a quelques années par Manuel Valls des gauches irréconciliables ? Est-ce que désormais, avec Glucksmann à la tête de cette partie de la gauche pour la présidentielle, le fossé maintenant est infranchissable ?
Mais dans tous les cas, les manœuvres et le cirque du Parti Socialiste qui, en tout cas pour ce qui est de M. Glucksmann, n'a plus rien de gauche, nous ne nous intéressent pas. Nous, nous avons un candidat parrainé par plus de 420 000
personnes
qui
a fait
la semaine dernière à Clermont-Ferrand un meeting rassemblant plus de 10 000 personnes,
ce
qui est plus que François Hollande juste avant l'élection présidentielle de 2012, François Hollande qu'il avait remporté. Nous avons bientôt le 5 novembre notre convention au Bourget qui sera un immense événement et dans lequel nous présenterons notre programme. Et donc, les candidats qui essayent d'exister en parlant de nous mais qui n'ont rien à proposer, qui n'ont pas de programme, qui passent leur temps à cracher sur les autres pour exister, ça ne nous intéresse pas.
Merci
Gabriel Catala d'être passé à l'atelier politique. Cette émission est à retrouver sur le site internet de RFI ou sur l'application Pure Radio. Tout de suite, un nouveau point sur l'actualité et vous avez rendez-vous ensuite avec Laurent Salouard pour Musique du Monde. Bonne soirée, à la semaine prochaine.
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Gabrielle Cathala