Aller au contenu
Tous les transcripts
InterviewRFI — L'Atelier politique (sur Site radio)· 17 octobre 2026 39 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheSolidarités & familleJusticeSécurité

Gabrielle Cathala: «C’est ce pouvoir qui nuit aux étudiants»

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:50OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous avez un outil de prédilection ?

  • 1:25OuverteRéponse directe

    Votre milieu familial était-il la classe moyenne ?

  • 1:55OuverteRéponse directe

    Est-ce que cet univers a joué un rôle dans vos choix politiques ?

  • 2:33OuverteRéponse directe

    La politique était-elle présente dans votre enfance familiale ?

  • 5:14OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous a poussé à partir en Haïti en 2016 ?

  • 8:23OuverteRéponse directe

    Cette expérience au Congo-Brazzaville vous a-t-elle paru plus réussie ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:04Invité politiqueFait
    « je pense que l'outil le plus important à venir, c'est le bulletin de vote. »
  • 2:30Invité politiqueFait
    « j'étais étudiante boursière, par exemple. »
  • 3:08Invité politiqueFait
    « je ratais la moitié des cours, parce que je travaillais tous les après-midi. »
  • 3:53Invité politiqueFait
    « tous les principes qui étaient les droits humains, les principes constitutionnels, et tout ce qu'on peut apprendre à l'université, étaient complètement détournés par Nicolas Sarkozy et son gouvernement de l'époque. »
  • 6:07Invité politiqueFait
    « Haïti, c'est un pays qui est ravagé par le néocolonialisme, ou en tant qu'expatrié occidental, etc., on participe à l'explosion des prix, à la perpétuation de domination, de logique coloniale. »
  • 6:41Invité politiqueFait
    « vous n'avez pas le droit de marcher dans la rue, vous devez vous déplacer qu'avec un chauffeur, où vous allez dans des bars, dans des restaurants. C'est pour assurer votre protection. »
  • 8:16Invité politiqueFait
    « on a parlé l'année dernière du bicentenaire de la double dette, et le pays a été saigné financièrement pendant des décennies. »
  • 9:52Invité politiqueFait
    « les Chinois sont très agressifs, ils ouvrent, ils ont des moyens qui sont colossaux, alors que la France est historiquement... »
  • 15:53Invité politiqueFait
    « c'est ce pouvoir qui nuit aux étudiants. Il ne faut pas inverser les responsabilités. »
  • 17:12Invité politiqueFait
    « on sait que ça se terminera comme le grand débat national des Gilets jaunes, c'est-à-dire dans les cartons. »
  • 20:43PrésentateurChiffre
    « 6 877 personnes ont été placées en garde à vue, dont 86% d'enfants. 2 376 personnes font l'objet de poursuites, dont 1 923 enfants. »
  • 21:56Invité politiqueChiffre
    « près de 7000 mineurs, donc enfants, ont été placés en garde à vue. Il y en a 26 en détention provisoire. »
  • 22:16Invité politiqueFait
    « le but de l'opération est d'effrayer des enfants, des élèves, leurs parents, l'éducation nationale, pour que le mouvement s'essouffle. »
  • 23:59Invité politiqueFait
    « la France utilise des armes mutilantes, des grenades, du LBD, qui sont des armes qui sont interdites dans les autres pays de l'Union européenne parce que ce sont des armes qui peuvent être létales et ces armes sont utilisées contre des enfants. »
  • 24:10Invité politiqueChiffre
    « vous avez 36 enquêtes IGPN dont au moins 4 sont sur des mutilations à vie. »
  • 29:07Invité politiqueFait
    « je pense qu'il y a un racisme systémique dans la police. »
  • 32:03Invité politiqueFait
    « tout cela a été supprimé en séance publique, avec les voix de l'extrême droite, le RN, l'UDR, le groupe d'Éric Sotty, les LR, et le Bloc central, qui faisait semblant de soutenir l'intégralité du texte avec l'avis favorable de Madame Berger. »
  • 32:52Invité politiqueFait
    « Vous aviez l'inclusion de mesures qui étaient plus progressistes, qui étaient meilleures que les mesures initialement prévues par le texte. »
  • 33:04Invité politiqueFait
    « l'examen en séance publique est arrivé sur un rabotage de toutes les mesures qui étaient les plus progressistes et qui étaient déjà insuffisantes. »
  • 35:36Invité politiqueFait
    « En 2004, en Espagne, vous aviez une réelle volonté politique et un budget qui allait avec. »
  • 35:46Invité politiqueFait
    « nous sortons de 10 ans de macronisme avec dans les 5 ans à venir les principales associations féministes qui risquent de mettre la clé sous la porte »
  • 37:08Invité politiqueChiffre
    « Monsieur Glucksmann a fait un score certes écrasant mais sur un nombre dérisoire de votants qui est 20 fois inférieur à la dernière primaire socialiste »
  • 37:52Invité politiqueChiffre
    « Nous avons un candidat parrainé par plus de 420 000 personnes qui a fait la semaine dernière à Clermont-Ferrand un meeting rassemblant plus de 10 000 personnes »
  • 38:05Invité politiqueChiffre
    « plus de 10 000 personnes, ce qui est plus que François Hollande juste avant l'élection présidentielle de 2012 »

Temps de parole

  • Gabrielle Cathala64 %
  • Présentateur26 %
  • ?9 %

≈ 55,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:07
Locuteur

L

0:08
Invité

'atelier politique

0:09
Locuteur

avec

0:10
Invité

Frédéric Rivière.

0:16
Présentateur

Bonsoir et bienvenue dans l'atelier politique. Dans cette émission, nous essayons de prendre le temps de la réflexion, le temps de l'analyse, de la mise en perspective, avec

0:24
Locuteur

l

0:24
Présentateur

'ambition de comprendre ce qui nous arrive et peut-être aussi ce qui s'annonce. Et ce soir, nous sommes avec Gabrielle Catala, députée de la France Insoumise de la 6e circonscription du Val d'Oise, membre de la Commission des lois de l'Assemblée nationale et présidente du groupe d'amitié France Haïti. Bonsoir. Bonsoir. Cette émission, je vous le précise, est enregistrée dans les conditions du direct. Nous sommes ensemble pour environ 40 minutes. Vous allez donc avoir du temps

0:48
Locuteur

pour

0:49
Présentateur

développer vos idées. Et je vais vous soumettre à la question rituelle de cette émission, puisque dans un atelier, normalement, on trouve des outils. Est-ce que vous, Gabrielle Catala, vous avez un outil de prédilection

1:01
Locuteur

? Alors,

1:02
Gabrielle Cathala

je ne suis pas très bricolage, mais je pense que l'outil le plus important à venir, c'est le bulletin de vote. Puisque l'année prochaine, nous avons une élection présidentielle et chaque Français devra s'en saisir.

1:12
Présentateur

Oui. Alors, c'est un peu un détournement, votre réponse, parce que je ne

1:15
Locuteur

suis

1:15
Présentateur

pas sûr qu'on puisse ranger un bulletin de vote dans la catégorie des outils. On peut dire que c'est peut-être un instrument d'expression, je ne sais pas. Mais enfin, bon, vous avez fait ce choix

1:23
Locuteur

et

1:24
Présentateur

il est respectable. Gabrielle Catala, vous avez grandi en Gironde. Votre mère était infirmière au CHU de Bordeaux.

1:32
Locuteur

Elle l'est toujours. Elle l'est toujours.

1:34
Présentateur

Et votre père travaillait, peut-être toujours aussi, dans le secteur du vin. Quand on dit dans le secteur du vin, ça veut dire quoi

1:41
Locuteur

? Non,

1:41
Gabrielle Cathala

mon père était viticulteur.

1:42
Locuteur

Oui, donc il travaillait vraiment

1:43
Présentateur

dans le secteur du vin. C'est-à-dire, il produisait du vin.

1:46
Locuteur

Oui,

1:46
Gabrielle Cathala

mes parents avaient un domaine viticole

1:48
Locuteur

qu

1:49
Gabrielle Cathala

'ils ont vendu,

1:50
Locuteur

puisque

1:51
Gabrielle Cathala

ni mes frères ni moi ne voulions reprendre les rênes de la propriété.

1:55
Présentateur

Et donc, vous, vous avez développé des compétences en onologie ?

1:59
Gabrielle Cathala

Aucune. C'est vrai ? Aucune. D'ailleurs, je ne bois presque pas.

2:02
Présentateur

Et quand vous buvez, ce n

2:03
Locuteur

'est

2:03
Présentateur

pas du vin

2:04
Locuteur

?

2:05
Gabrielle Cathala

Non, je ne sais pas si c

2:06
Locuteur

'est

2:06
Gabrielle Cathala

très intéressant, mais comme tous les Françaises et Français, je bois parfois du vin, de la bière, des cocktails.

2:14
Présentateur

Est-ce qu'on peut dire que votre milieu familial, c'était la classe moyenne

2:18
Locuteur

? Oui,

2:19
Gabrielle Cathala

tout à fait. Moi, j'ai grandi dans un milieu

2:22
Locuteur

moyen,

2:23
Gabrielle Cathala

avec des parents, avec des revenus qui ne

2:26
Locuteur

sont

2:27
Gabrielle Cathala

pas très élevés, et deux frères.

2:29
Locuteur

Donc,

2:30
Gabrielle Cathala

j'étais étudiante boursière, par exemple.

2:33
Présentateur

Est-ce que cet univers a joué un rôle dans la construction de vos choix politiques

2:38
Locuteur

?

2:39
Gabrielle Cathala

Oui, je pense, parce que je crois que j'ai découvert la violence, je dirais, sociale, où

2:47
Locuteur

j

2:47
Gabrielle Cathala

'ai pris davantage conscience des inégalités

2:49
Locuteur

lorsque

2:50
Gabrielle Cathala

je suis arrivé à l'université. Puisqu'à l'université, vous avez soit les étudiants de bonne famille, avec tous les moyens qui sont dans les meilleures conditions pour étudier,

2:59
Locuteur

et

3:00
Gabrielle Cathala

vous en avez d'autres, comme moi, qui sont boursiers, qui comptent leurs sous, qui doivent travailler pour finir leur fin de mois, pour espérer partir en Erasmus, pour payer leur code civil et leur code de procédure pénale. Et donc là, évidemment, j'ai pris conscience de toutes les inégalités, et surtout, j'étais étudiante en fin de quinquennat Sarkozy.

3:21
Locuteur

Donc

3:22
Gabrielle Cathala

il y avait toutes ces polémiques, la dynamique de l'élection présidentielle de 2012

3:27
Locuteur

qui

3:28
Gabrielle Cathala

allait arriver.

3:30
Locuteur

Et

3:30
Gabrielle Cathala

c'est en première année, je crois, de l'université que je me suis politisée, puisque

3:35
Locuteur

on

3:36
Gabrielle Cathala

analysait très souvent, enfin je faisais du droit constitutionnel, et on analysait

3:41
Locuteur

le

3:42
Gabrielle Cathala

fonctionnement des institutions

3:43
Locuteur

en

3:44
Gabrielle Cathala

le mettant en parallèle avec la pratique réelle.

3:47
Locuteur

Et

3:47
Gabrielle Cathala

c'est là que j'ai compris, en lisant et en me renseignant bien davantage,

3:52
Locuteur

que

3:53
Gabrielle Cathala

tous les principes qui étaient les droits humains, les principes constitutionnels, et tout ce qu'on peut apprendre à l'université, étaient complètement détournés par Nicolas Sarkozy et son gouvernement de l'époque.

4:04
Locuteur

Mais

4:04
Présentateur

vous parlez des différences entre les étudiants, ceux qui viennent de milieux plus aisés, ceux qui sont boursiers. Vous avez eu l'impression de vivre

4:13
Locuteur

ce

4:13
Présentateur

qu'on appelle parfois le mépris de classe

4:15
Locuteur

? Non,

4:16
Gabrielle Cathala

pas directement du mépris de classe, mais c'est sûr que j'ai eu le sentiment, mais qui est avéré, d'avoir moins de chance que les autres. Puisque lorsque vous ratez la moitié des cours, moi je ratais par exemple,

4:26
Locuteur

en

4:26
Gabrielle Cathala

Master 1, je ratais la moitié des cours, parce que je travaillais tous les après-midi.

4:30
Locuteur

Et

4:30
Gabrielle Cathala

donc quand vous travaillez tous les après-midi,

4:32
Locuteur

que

4:32
Gabrielle Cathala

vous rentrez chez vous le soir, que vous êtes fatigué,

4:34
Locuteur

et

4:35
Gabrielle Cathala

que vous n'avez en fait pas les moyens,

4:37
Locuteur

ni

4:38
Gabrielle Cathala

le temps de rattraper tout ce que vous avez loupé,

4:41
Locuteur

quand

4:41
Gabrielle Cathala

arrivent les partiels, évidemment, il y a de lourdes inégalités.

4:45
Locuteur

Est

4:45
Présentateur

-ce que la politique était présente dans votre enfance, au sein de votre famille

4:49
Locuteur

? Oui

4:51
Gabrielle Cathala

et non, c'est-à-dire que mes

4:53
Locuteur

parents

4:53
Gabrielle Cathala

écoutent les informations,

4:55
Locuteur

la

4:55
Gabrielle Cathala

radio, mais ils n'ont jamais été syndiqués, nous n'allions pas en manifestation, ils ne sont pas membres d'associations. Donc moi, la politisation est plutôt arrivée via le lycée puis la faculté, et elle n'est pas apparue dans le milieu familial.

5:14
Locuteur

Alors

5:14
Présentateur

après vos études, études de droit, donc vous en avez parlé, vous partez, c'est en 2016, en Haïti pour une organisation non gouvernementale. Qu'est

5:24
Locuteur

-ce

5:24
Présentateur

qui vous a poussé à faire cette démarche

5:25
Locuteur

? Alors

5:26
Gabrielle Cathala

je m'intéressais à l'humanitaire, au développement, avec toute la naïveté qui va avec,

5:33
Locuteur

et

5:33
Gabrielle Cathala

j'avais fait un stage dans une ONG française qui s'appelle Acted,

5:36
Locuteur

et

5:37
Gabrielle Cathala

ensuite il était question de partir dans un pays pour avoir des missions liées à l'humanitaire. Donc

5:45
Locuteur

j

5:46
Gabrielle Cathala

'aurais pu partir au Tchad, au Soudan, et finalement j'ai été envoyée en Haïti, un pays que je préférais, eu égard à son histoire et qui m'attirait

5:54
Locuteur

beaucoup

5:55
Gabrielle Cathala

plus, et qui en fait s'est avérée être

5:57
Locuteur

une

5:58
Gabrielle Cathala

désillusion totale, et une illustration d'une monde tel qu'il tourne, tel qu'il existe.

6:05
Locuteur

C

6:05
Gabrielle Cathala

'est-à-dire que

6:06
Locuteur

Haïti,

6:07
Gabrielle Cathala

c'est un pays

6:08
Locuteur

qui

6:09
Gabrielle Cathala

est ravagé par le néocolonialisme,

6:12
Locuteur

ou

6:13
Gabrielle Cathala

en tant qu'expatrié occidental, etc., on participe à l'explosion des prix, à la perpétuation de domination, de logique coloniale. Et donc lorsque j'ai, au bout de plusieurs mois, j'ai beaucoup réfléchi parce que

6:30
Locuteur

j

6:31
Gabrielle Cathala

'étais là-bas avec d'autres collègues aussi qui étaient désemparés par les missions, la situation, et l'ambiance aussi. Il faut savoir que c'est une vie qui n'a aucun sens,

6:41
Locuteur

c

6:41
Gabrielle Cathala

'est-à-dire que vous êtes dans une capitale, Port-au-Prince,

6:44
Locuteur

où

6:44
Gabrielle Cathala

vous n'avez pas le droit de marcher dans la rue, vous devez vous déplacer qu'avec un chauffeur,

6:50
Locuteur

où

6:51
Gabrielle Cathala

vous allez

6:51
Locuteur

dans

6:52
Gabrielle Cathala

des bars, dans

6:54
Locuteur

des restaurants. C'est pour assurer votre

6:55
Présentateur

protection

6:55
Locuteur

?

6:55
Gabrielle Cathala

Oui, c'est des normes de sécurité poussées à l'extrême, parce que c'est classé rouge sur le site du ministère

7:03
Locuteur

des

7:03
Gabrielle Cathala

Affaires étrangères, il y a beaucoup

7:04
Locuteur

d'enlèvements, etc. Vous vous y êtes conformé totalement ? Moi, je m'y

7:07
Gabrielle Cathala

suis souvent conformé, sauf une fois où je suis parti marcher seul dans la montagne pendant un week-end ou trois jours, je ne sais plus, et où il ne m

7:16
Locuteur

'est

7:16
Gabrielle Cathala

strictement rien arrivé, et encore heureux. Et donc au bout de quelques mois, j'ai décidé de démissionner, parce que mon travail n'avait aucun sens,

7:26
Locuteur

rien

7:27
Gabrielle Cathala

de positif

7:27
Locuteur

sur

7:29
Gabrielle Cathala

le pays, que ce soit mon travail directement ou celui de l'association

7:32
Locuteur

en

7:33
Gabrielle Cathala

question. Mais par contre, je pense que ça a été très utile pour moi, puisque aujourd'hui, je suis président du groupe d'amitié

7:41
Locuteur

France-Haïti à l'Assemblée

7:42
Gabrielle Cathala

nationale,

7:43
Locuteur

et

7:43
Gabrielle Cathala

l'histoire d'Haïti est une histoire qui est occultée dans l

7:46
Locuteur

'histoire

7:46
Gabrielle Cathala

de France,

7:47
Locuteur

qui

7:47
Gabrielle Cathala

est pourtant une histoire qui fait pleinement partie de l'histoire de France et de l'histoire même du monde, puisque la révolution haïtienne de 1804, c'est un fait majeur dans l'histoire mondiale. Et ce qui est un fait majeur, c'est avant tout le fait qu'une armée d'esclaves ait battu l'armée de Napoléon en 1803, et que la France ait été humiliée par l'Empire à l'époque, humiliée par une armée d'esclaves. Et Haïti a ensuite payé chèrement cette révolte, puisqu'on a parlé l'année dernière du bicentenaire de la double dette, et le pays a été saigné financièrement pendant des décennies.

8:23
Présentateur

Après Haïti, vous partez pour le Congo-Brazzaville entre 2017 et 2019, comme chargée de mission, cette fois ça n'est plus une ONG, vous êtes chargée de mission pour la société civile au sein de l'ambassade de France. Est-ce que cette expérience-là vous a paru plus réussie

8:41
Locuteur

? Je

8:42
Gabrielle Cathala

voulais avoir un regard différent, puisque là il n'était pas question de travailler pour une association, mais pour une institution,

8:48
Locuteur

pour au

8:48
Gabrielle Cathala

fond un service public. Oui,

8:50
Locuteur

et pour la diplomatie aussi. Pour la diplomatie française. Donc

8:53
Gabrielle Cathala

c'était très intéressant, puisque je suis dans un pays étranger, dans une ambassade, on a un certain nombre de missions, la coopération environnementale,

9:02
Locuteur

la

9:02
Gabrielle Cathala

coopération sur le plan des droits humains,

9:05
Locuteur

de

9:06
Gabrielle Cathala

l'humanitaire, parce que je m'occupais aussi des questions humanitaires, de l'analyse de la situation humanitaire là-bas, de rédiger des notes, etc. Mais là aussi, je crois que ça a été très utile pour moi,

9:17
Locuteur

au

9:17
Gabrielle Cathala

niveau culturel, au niveau de

9:20
Locuteur

la

9:20
Gabrielle Cathala

compréhension des enjeux pour la France en Afrique centrale, etc. Mais il faut savoir que c'est une manière de notre diplomatie, dans ces pays d'Afrique centrale, et d'ailleurs je crois

9:33
Locuteur

dans de

9:34
Gabrielle Cathala

nombreux pays dans le monde, est complètement à la ramasse par rapport aux Chinois, par rapport même aux Russes, qui essaient d'étendre leur influence en Afrique centrale, et qui l'ont vraiment étendue, notamment en

9:45
Locuteur

Afrique. La diplomatie

9:45
Présentateur

chinoise, c'est une diplomatie largement commerciale, non

9:48
Locuteur

?

9:49
Gabrielle Cathala

Non, les Chinois sont très agressifs, ils ouvrent, ils ont des moyens qui sont colossaux, alors que la France

9:57
Locuteur

est historiquement...

9:57
Présentateur

Dans des intentions commerciales ?

9:59
Gabrielle Cathala

Il n'y a pas que les intentions commerciales, il y a évidemment les intentions commerciales qui sont aussi les intentions en France, parce que quand vous allez au Congo,

10:05
Locuteur

les

10:06
Gabrielle Cathala

enjeux, c'est quand même le pétrole, ce n

10:07
Locuteur

'est

10:07
Gabrielle Cathala

pas d'être gentil. Donc les Chinois ouvrent des instituts confucius un peu partout pour concurrencer les instituts français, ils font beaucoup d'événements culturels, ils financent énormément de bourses, dans l'enseignement supérieur, et même pendant la minorité d'enfants pour attirer des étudiants du monde entier.

10:31
Locuteur

Et

10:32
Gabrielle Cathala

nous, le budget de la diplomatie est devenu complètement dérisoire et on a une diplomatie culturelle qui recule.

10:39
Locuteur

On

10:39
Présentateur

va marquer une respiration musicale dans cette émission, Gabriel Catala, avec un titre que vous avez choisi. Je vais vous laisser l'annoncer parce que vous connaissez beaucoup mieux que moi. Dites-nous ce que c'est.

10:49
Locuteur

C

10:49
Gabrielle Cathala

'est un titre qui s'appelle Onadikoum, je ne

10:53
Locuteur

suis

10:53
Gabrielle Cathala

pas sûre de très bien le prononcer.

10:55
Locuteur

C'est

10:55
Présentateur

le péril que je voulais éviter,

10:57
Locuteur

je vous

10:57
Présentateur

en ai laissé la responsabilité.

10:59
Locuteur

De

10:59
Gabrielle Cathala

Hamad Kabour, qui est un titre qui date des années 70, de 1976, et qui est une chanson très populaire en Palestine,

11:07
Locuteur

qui

11:08
Gabrielle Cathala

parle de la résistance

11:09
Locuteur

des

11:10
Gabrielle Cathala

Palestiniens, des peuples arabes. Et c'est une chanson que j'ai choisie parce que

11:13
Locuteur

non

11:14
Gabrielle Cathala

seulement je pense qu'on doit

11:17
Locuteur

s

11:17
Gabrielle Cathala

'intéresser à la culture palestinienne, et au génocide qui est toujours en cours depuis trois ans.

11:25
Locuteur

Mais

11:25
Gabrielle Cathala

parce que c'était la chanson que nous mettions lorsque

11:28
Locuteur

j

11:29
Gabrielle Cathala

'ai participé à la flottille de la liberté sur

11:31
Locuteur

le Grand Allah l

11:33
Gabrielle Cathala

'été dernier. Et c'est la chanson que nous avons mise parmi d'autres que nous avons chantée quand nous avons été arrêtés par l'armée israélienne. Voilà, donc c'est pour mes camarades. On

11:42
Présentateur

écoute celui

11:43
Locuteur

-ci.

12:07
Invité

L'atelier politique

12:09
Locuteur

sur

12:10
Invité

RFI.

14:14
Présentateur

Ouna di koum, donc c'est le titre, cette chanson de Hamad Kabour. On ne

14:18
Locuteur

va

14:18
Présentateur

pas s'attarder puisque vous nous avez expliqué avant de l'écouter les raisons pour lesquelles vous l'aviez choisie. On termine d'un mot sur votre parcours. D'ailleurs, c'est l'entrée en politique d'une certaine manière, puisqu'en 2019, vous devenez conseillère juridique

14:32
Locuteur

pour

14:32
Présentateur

le groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale. Donc, vous

14:36
Locuteur

n'êtes

14:36
Présentateur

pas encore pleinement une actrice politique. Mais enfin, vous mettez

14:40
Locuteur

un pied. Nous

14:40
Gabrielle Cathala

sommes tous des militants politiques

14:41
Locuteur

de La France Insoumise. Oui, tout est

14:43
Présentateur

politique. Ce n

14:43
Locuteur

'est

14:43
Présentateur

pas

14:43
Locuteur

moi qui

14:44
Présentateur

vous dirai le contraire. Comment ça s'est fait ? Vous aviez déjà des rapports, des affinités avec La France Insoumise ?

14:50
Locuteur

Non,

14:51
Gabrielle Cathala

j'étais simple, sympathisante.

14:52
Locuteur

Et d'ailleurs,

14:53
Gabrielle Cathala

comme j'avais vécu à l'étranger,

14:55
Locuteur

j'avais

14:56
Gabrielle Cathala

raté non seulement la présidentielle de 2017, puisque je vivais en Haïti à ce moment

15:02
Locuteur non identifié

-là,

15:03
Gabrielle Cathala

et les européennes de 2019, puisque je vivais au Congo.

15:07
Locuteur

Et

15:07
Gabrielle Cathala

donc, je voulais vraiment m'engager au sein de La France Insoumise en rentrant en France.

15:12
Locuteur

Et

15:13
Gabrielle Cathala

j'ai eu ce poste à l'Assemblée Nationale,

15:16
Locuteur

pour

15:16
Gabrielle Cathala

le coup, sans connaître personne

15:18
Locuteur

à

15:19
Présentateur

la base. Et vous êtes devenue députée en 2024. Tout à

15:22
Locuteur

fait. Alors,

15:23
Présentateur

on va aborder les blocus, le mouvement lycéen, qui s'étend désormais aux étudiants. Ça se poursuit dans plusieurs lycées, universités. Vos opposants affirment que cela nuit à la majorité des étudiants qui souhaitent poursuivre leurs études. Où vous fixez la limite entre l'exercice du droit de grève, d'un côté, et la liberté d'aller étudier pour les autres

15:52
Locuteur

? Alors,

15:53
Gabrielle Cathala

d'abord, je pense que c'est ce pouvoir qui nuit aux étudiants. Il ne faut pas inverser les responsabilités.

15:58
Locuteur

C

15:59
Gabrielle Cathala

'est ce pouvoir qui paupérise les étudiants, qui fait que les files d'attente s'allongent pour participer à des distributions alimentaires.

16:08
Locuteur

C

16:09
Gabrielle Cathala

'est ce pouvoir qui fait que les loyers explosent pour les étudiants,

16:12
Locuteur

qui

16:13
Gabrielle Cathala

rend les étudiants très stressés, et d'ailleurs, qui les a sélectionnés avec un algorithme, avec Parcoursup, puisque la plupart des étudiants, aujourd'hui, n'étudient pas dans la filière

16:21
Locuteur

qu

16:22
Gabrielle Cathala

'ils souhaitaient à la base.

16:24
Locuteur

Et

16:24
Gabrielle Cathala

moi, je pense que la lutte doit continuer tant que ces personnes ne sont pas écoutées.

16:29
Locuteur

Les

16:29
Gabrielle Cathala

étudiants ont rejoint des lycéens

16:31
Locuteur

qui

16:32
Gabrielle Cathala

ont des revendications, qui doivent être écoutées, qui sont des revendications totalement légitimes

16:36
Locuteur

sur

16:37
Gabrielle Cathala

le bâti scolaire, sur la demande d'avoir des enseignants, la demande d'avoir du personnel, infirmière scolaire, médecin scolaire, etc.

16:44
Locuteur

sur

16:44
Gabrielle Cathala

la demande d'avoir un avenir,

16:46
Locuteur

d

16:46
Gabrielle Cathala

'abroger Parcoursup,

16:48
Locuteur

et

16:48
Gabrielle Cathala

aussi de mettre fin à la répression policière. Ces revendications ont été plusieurs fois

16:54
Locuteur

publiées. Et

16:56
Gabrielle Cathala

en face, vous avez un gouvernement

16:58
Locuteur

qui

16:58
Gabrielle Cathala

est toujours sûr de lui-même, qui n'écoute jamais rien,

17:02
Locuteur

qui

17:02
Gabrielle Cathala

essaye en permanence d'enfumer les gens.

17:05
Locuteur

Là,

17:06
Gabrielle Cathala

nous l'avons vu avec la création de la plateforme où des personnes peuvent mettre des contributions. Et on sait que ça se terminera

17:13
Locuteur

comme

17:13
Gabrielle Cathala

le grand débat national des Gilets jaunes, c'est-à-dire

17:15
Locuteur

dans

17:16
Gabrielle Cathala

les cartons. Vous avez l'invention de moments de démocratie lycéenne dans des lycées, mais vous avez cette annonce de M. Lecornu de 3 000 postes d'enseignants remplaçants. Alors, j'ai lu tout à l'heure qu'il n'y

17:29
Locuteur

en

17:29
Gabrielle Cathala

avait que 150 contractuels

17:32
Locuteur

non

17:33
Gabrielle Cathala

formés recrutés

17:34
Locuteur

au

17:35
Gabrielle Cathala

moment où on se parle. et ces 3 000 enseignants, là aussi, je crois qu'on doit dire que c'est une arnaque puisque vous avez dans le budget pour 2027

17:45
Locuteur

la

17:46
Gabrielle Cathala

suppression de 1 588 postes d'enseignants et aucune création de postes

17:50
Locuteur

d

17:50
Gabrielle Cathala

'AED, de médecins scolaires, d'assistantes sociales, de l'éducation nationale, etc.

17:56
Locuteur

La

17:57
Gabrielle Cathala

lutte doit donc continuer et je crois qu'il ne faut pas céder

18:01
Locuteur

à

18:02
Gabrielle Cathala

cette petite musique, que le récit est instauré par le gouvernement et par les médias et qui tente de monter les lycéens et les étudiants les uns contre les autres.

18:12
Locuteur

Et

18:12
Gabrielle Cathala

on

18:12
Locuteur

voit que ça ne marche pas. Il n'y a pas de division que vous pensez chez les

18:15
Présentateur

étudiants entre ceux qui voudraient continuer d'aller

18:17
Locuteur

dans leur fac

18:18
Présentateur

ou

18:18
Locuteur

dans leur lycée

18:19
Présentateur

et ceux qui les empêchent ?

18:21
Locuteur

Il y a

18:21
Gabrielle Cathala

évidemment des divisions surtout comme dans toute la société. Mais les étudiants et les lycéens qui veulent continuer à avoir cours doivent rendre conscience que les autres luttent dans leur intérêt. C'est dans l'intérêt de toutes et tous que des lycéens demandent la fin de parcours sub, que des lycéens demandent des moyens, que des lycéens demandent à avoir des tables et des chaises dans leur salle de cours. Et donc là, toute l'attention médiatique qui consiste à montrer 80% de poubelles qui brûlent et de choses comme ça, au lieu de laisser la parole aux lycéens et aux étudiants pour qu'ils puissent exprimer leurs revendications, on voit que ça ne marche pas.

Puisqu'hier, vous aviez, mardi pardon, vous aviez ces grandes manifestations et d'ailleurs le mouvement qui était auto-organisé, celui qui est parti de l'hôtel de ville, a rassemblé plus de monde que celui qui est parti de Place d'Italie qui était soutenu par les syndicats.

19:15
Présentateur

On va reprendre ces discussions, Gabriel Catala, merci d'être avec nous. Vous écoutez l'Atelier politique, émission réalisée par Mathias Golchani, mais il est l'heure pour l'instant de faire un point sur l'actualité. On se retrouve dans quelques minutes pour la deuxième partie de notre émission.

19:36
Locuteur

L

19:36
Invité

'Atelier politique

19:37
Locuteur

avec

19:39
Invité

Frédéric Rivière.

19:44
Présentateur

L'Atelier politique avec Gabriel Catala, député de la France Insoumise de la sixième circonscription du Val d'Oise, membre de la commission des lois de l'Assemblée nationale et

19:53
Locuteur

présidente

19:54
Présentateur

du groupe d'amitié France Haïti. Je le dis toujours en début d'émission, cette émission est enregistrée dans les conditions du direct.

20:02
Locuteur

C

20:02
Présentateur

'est vrai qu

20:03
Locuteur

'il

20:03
Présentateur

n'y

20:03
Locuteur

a

20:03
Présentateur

pas de montage. Ce que vous dites sera diffusé tel que vous l'avez dit. Mais il faut tout de même préciser, puisque

20:10
Locuteur

nous

20:10
Présentateur

sommes samedi soir et qu'une grande manifestation doit avoir eu lieu aujourd'hui, un peu partout en France d'ailleurs, et que bien évidemment, par définition, cette émission est enregistrée avant cette manifestation et que par conséquent, on ne peut pas évoquer les éventuels événements qui s'y seraient produits. On va revenir donc sur le mouvement lycéen étudiant, Gabriel Catala. Les forces de l'ordre, vous en avez parlé, interviennent régulièrement pour évacuer des blocages. Et vous avez publié, il y a quelques jours, c'était le 9 octobre, un tweet dans lequel vous disiez ceci. Un bilan a été publié par le ministère de la Justice depuis le début du mouvement lycéen.

6 877 personnes ont été placées en garde à vue, dont 86% d'enfants. 2 376 personnes font l'objet de poursuites, dont 1 923 enfants. Et pendant ce temps, ajoutiez-vous, les plaintes pour violences physiques et sexuelles sont les enfants, peuvent dormir tranquilles, les agresseurs aussi. Honte à messieurs Nouniez et Darmanin. Est-ce que vous considérez vraiment que les jeunes qui organisent les blocus

21:12
Locuteur

soient

21:13
Présentateur

des enfants

21:13
Locuteur

? Bien

21:14
Gabrielle Cathala

sûr que ce sont des enfants.

21:15
Locuteur

Et

21:15
Présentateur

qu'elle a

21:16
Locuteur

gentil à peu près. Puisque des

21:16
Gabrielle Cathala

personnes

21:17
Locuteur

qui

21:18
Gabrielle Cathala

n'ont pas 18 ans,

21:19
Locuteur

selon

21:19
Gabrielle Cathala

la Convention internationale des droits de l'enfant, on appelle ça des enfants.

21:23
Locuteur

Et

21:23
Gabrielle Cathala

je vois qu'il y a toujours cette volonté

21:25
Locuteur

de

21:26
Gabrielle Cathala

les faire passer pour des adultes

21:28
Locuteur

et

21:29
Gabrielle Cathala

de nier leur minorité

21:30
Locuteur

et

21:31
Gabrielle Cathala

les droits qui vont avec

21:32
Locuteur

pour

21:33
Gabrielle Cathala

justifier la répression.

21:34
Locuteur

Et

21:35
Gabrielle Cathala

là où cette répression est inadmissible, c'est qu'elle est plus violente que celle qui s'est abattue sur les gilets jaunes alors qu'elle s'abat sur des enfants.

21:43
Locuteur

Et

21:44
Gabrielle Cathala

le bilan qui a été publié parce que là vous citiez mon tweet qui date de plusieurs

21:48
Locuteur

jours. Voilà,

21:48
Gabrielle Cathala

de plusieurs jours. Il y a eu un nouveau bilan publié mercredi 14 octobre. Et ce bilan, c'est que près de 7000 mineurs, donc enfants, ont été placés en garde à vue. Il y en a 26 en détention provisoire. Et mercredi 14 octobre, le canard enchaîné a révélé qu'un commissaire avoue lui-même que le but de l'opération est d'effrayer des enfants, des élèves, leurs parents, l'éducation nationale, pour que le mouvement s'essouffle. Et donc, quand vous avez

22:22
Locuteur

presque

22:23
Gabrielle Cathala

7000 garde à vue dont à peine un tiers aboutissent à des poursuites, cela veut dire que ce sont des garde à vue arbitraires, préventives, pour effrayer,

22:32
Locuteur

comme c'était le cas déjà pour les retraites et pour les gilets jaunes.

22:35
Présentateur

Je voudrais qu

22:35
Locuteur

'on

22:35
Présentateur

s'arrête un instant sur ce terme d'enfant. Il y a quelques jours, Jean-Luc Mélenchon a dit qu'il voulait donner le droit de vote à partir de 16 ans. Donc, on peut donner le droit de vote à des enfants.

22:45
Gabrielle Cathala

Tout à fait, puisqu'à partir de 16 ans, on peut être jugé alors qu'on est enfant. On peut aller en prison.

22:50
Locuteur

Donc, on

22:50
Présentateur

peut être

22:50
Locuteur

enfant et

22:51
Présentateur

responsable de ce qu'on

22:53
Gabrielle Cathala

fait. Tout à fait. On peut être enfant et responsable de ce qu'on fait. Mais là, ce que je suis en train de vous dire, c'est que la plupart de ces enfants n'ont rien fait. Quand vous placez des personnes en garde à vue et que les trois quarts quasiment ressortent avec aucune poursuite et que ceux qui sont poursuivis, cela aboutit sur des rappels à la loi Histoire 2, cela veut dire que ces personnes étaient innocentes et que les gardes à vue étaient arbitraires. Et là où il y a une terrible responsabilité de M. Nunes

23:19
Locuteur

et

23:20
Gabrielle Cathala

de M. Darmanin, puisqu'on parle beaucoup de M. Nunes, mais il y a aussi une répression judiciaire.

23:25
Présentateur

Le ministre de la

23:25
Locuteur

Justice et le garde des Sceaux, le ministre

23:28
Présentateur

de l'Intérieur Nunes

23:29
Locuteur

et le garde des Sceaux. M. Nunes

23:31
Gabrielle Cathala

a dit qu'il n'avait pas donné de consigne de retenue aux policiers et aux gendarmes. Mais ne pas donner de consigne de retenue,

23:38
Présentateur

c

23:38
Locuteur

'est

23:39
Présentateur

déjà une

23:40
Gabrielle Cathala

consigne.

23:41
Locuteur

Cela veut dire qu'on accepte la violence. Le

23:43
Présentateur

ministre de l'Intérieur a dit ça, lorsqu'il y a violence,

23:45
Locuteur

il n'y a pas de consigne de retenue.

23:46
Gabrielle Cathala

Cela

23:46
Locuteur

veut dire qu

23:46
Gabrielle Cathala

'il n'est pas revenu sur ses propos. Il s'est d'ailleurs enlisé à l'Assemblée nationale et il porte une immense responsabilité puisque la France utilise

23:55
Locuteur

des

23:56
Gabrielle Cathala

armes mutilantes, des grenades, du LBD, qui sont des armes qui sont interdites dans les autres pays de l'Union européenne parce que ce sont des armes qui peuvent être létales et ces armes sont utilisées contre des enfants. Depuis le début du mouvement, vous avez 36 enquêtes IGPN dont au moins 4 sont sur des mutilations à vie. Vous avez des enfants qui ont des blessures de guerre et vous avez un récit qui essaye de les rendre responsables de ces mutilations. Lorsqu'on parle par exemple de ce jeune Evan

24:27
Locuteur

dont

24:28
Gabrielle Cathala

la main a été arrachée à Lens,

24:31
Locuteur

vous

24:32
Gabrielle Cathala

avez un récit qui dit qu'il a ramassé

24:33
Locuteur

la

24:34
Gabrielle Cathala

grenade tout seul.

24:35
Présentateur

Oui, mais on entend

24:36
Locuteur

aussi très

24:37
Présentateur

honnêtement le fait que rien n'est sûr, que

24:39
Locuteur

pour l

24:39
Présentateur

'instant rien ne permet de

24:40
Locuteur

savoir. Ce

24:40
Gabrielle Cathala

récit a été instauré avant même que lui soit écouté puisqu'il est encore hospitalisé, il faut le dire, avant que son avocat soit écouté et alors qu'il n'a pas, il me semble qu'il est gaucher et qu'il a rattrapé la grenade avec la main droite ou inversement. Donc le récit ne tient pas. Et je me demande parce que nous avons demandé évidemment la démission de M. Nulès de M. Darmanin

25:03
Locuteur

et

25:03
Gabrielle Cathala

si on ne démissionne pas

25:04
Locuteur

quand

25:05
Gabrielle Cathala

plus de 10 enfants sont mutilés ou éborgnés ou blessés ou ont été étranglés, pourquoi on démissionne en politique en fait ? Si on ne démissionne pas pour ça

25:12
Locuteur

? Puisque

25:13
Gabrielle Cathala

M. Nulès n

25:14
Locuteur

'est

25:14
Gabrielle Cathala

pas responsable visiblement. Et c'est pareil pour M. Darmanin, si on ne démissionne pas quand une petite fille est violée puis tuée et que toute la chaîne judiciaire a démontré son insuffisance, pourquoi on démissionne en politique

25:26
Locuteur

du coup ?

25:26
Présentateur

Il y a aussi pendant ces manifestations où tout le monde peut l'observer, des violences, des dégradations de biens publics, des abribus, il y a des pillages parfois de magasins, etc. Tout ça, j'imagine que vous le condamnez et évidemment, ça desserre le mouvement, non ?

25:42
Gabrielle Cathala

Vous avez toujours cette injonction lorsqu'il y a des événements

25:45
Locuteur

à

25:46
Gabrielle Cathala

condamner la violence et à

25:48
Locuteur

mettre... Je ne vous ai pas en rejoint, je vous ai demandé. Oui,

25:51
Gabrielle Cathala

bien

25:51
Locuteur

sûr.

25:51
Gabrielle Cathala

Vous m'avez demandé. Non,

25:52
Locuteur

non, mais les mots ont une importance. Et cette

25:55
Gabrielle Cathala

propension à mettre sur le même plan des violences secondaires contre des biens

26:00
Locuteur

et des violences contre des personnes.

26:02
Présentateur

Est-ce que ces violences-là, ces dégradations, est-ce que ça n'est pas profondément regrettable parce que ça nuit au mouvement

26:10
Gabrielle Cathala

? Mais les dégradations, évidemment, ce n

26:13
Locuteur

'est

26:13
Gabrielle Cathala

pas utile. C'est-à-dire que vous avez toujours... Nous, nous avons toujours appelé à la non-violence, à la lutte, la manifestation, les blocus dans le calme. Là où on peut parfois comprendre qu'il y a une lassitude, c'est que depuis des décennies, les gens demandent des choses gentiment à un pouvoir. Et lorsque vous arrivez tout innocemment à demander avec un cahier de doléances, il ne se passe jamais rien. Vous

26:45
Locuteur

êtes sur la ligne de Bali

26:46
Présentateur

Bagayoko,

26:46
Locuteur

par exemple, le maire de Saint-Denis qui a dit parfois

26:48
Présentateur

la violence peut être légitime.

26:50
Gabrielle Cathala

Et vous avez des fauteurs de troubles qui vont profiter

26:53
Locuteur

de

26:54
Gabrielle Cathala

mouvements qui n'en font pas partie pour venir dégrader. Et ça, évidemment,

26:57
Locuteur

ce

26:57
Gabrielle Cathala

n'est pas utile.

26:59
Présentateur

Vous êtes sur cette ligne de Bali Bagayoko, le maire de Saint-Denis qui a dit oui, parfois la violence peut être légitime.

27:05
Gabrielle Cathala

Moi, je pense que lorsque un camarade, si j'étais au lycée et que je voyais un camarade se faire éborgner ou se faire mutiler, peut-être que je me dirais que marquer un graffiti je ne sais où ou que brûler une poubelle, ce n

27:20
Locuteur

'est

27:20
Gabrielle Cathala

pas si grave à côté de ça. Et d'ailleurs, je vais reprendre la phrase d'une grand-mère qui disait ça lors d'une manifestation puisque le mouvement est rejoint aussi par toutes les générations qui disait les poubelles qui brûlent, ça n'intéresse que les ordures.

27:34
Présentateur

Et alors, vous n'avez pas parlé des membres des forces de l'ordre qui sont blessés,

27:38
Locuteur

ils

27:38
Présentateur

sont très nombreux, il y en a pas loin de 800. Qu'est-ce que vous en dites

27:42
Locuteur

de

27:42
Présentateur

ces

27:42
Locuteur

cas ?

27:42
Gabrielle Cathala

Alors moi, je n

27:43
Locuteur

'ai

27:43
Gabrielle Cathala

pas vu les forces de l'ordre, je n

27:45
Locuteur

'ai

27:45
Gabrielle Cathala

pas vu

27:46
Locuteur

800 personnes, je n'ai pas vu 800 personnes. Il y en avait

27:49
Présentateur

761 il y a quelques jours.

27:52
Gabrielle Cathala

C'est répertorié par le ministère de l'Intérieur

27:54
Présentateur

qui

27:54
Locuteur

met,

27:56
Gabrielle Cathala

je ne sais rien sur ces bidons, mais je n'ai pas vu le détail de quelles étaient ces blessures. En tout cas, je n'ai pas vu des forces de l'ordre avoir une main arrachée, être éborgnée ou être étranglée.

28:05
Locuteur

Et

28:05
Gabrielle Cathala

donc, il faut arrêter de mettre la violence sur le même plan parce que des hommes armés

28:09
Locuteur

qui

28:10
Gabrielle Cathala

utilisent de la violence contre des enfants et qui font que ces enfants ont une vie brisée avec des parents qui s'inquiètent, que ces enfants vont être terrorisés et avoir peur ensuite de manifester, etc. Ce n'est pas la même chose qu'être légèrement blessé

28:24
Locuteur

quand

28:25
Gabrielle Cathala

en face vous avez des mineurs qui sont mutilés.

28:29
Présentateur

Il y a des slogans radicaux qui sont régulièrement prononcés pendant ces manifestations comme par exemple un flic, une balle ou le fameux ACAB

28:37
Locuteur

qui

28:38
Présentateur

est un acronyme anglais

28:40
Locuteur

qui,

28:40
Présentateur

si on le traduit en français, veut dire littéralement

28:43
Locuteur

j

28:43
Présentateur

'ouvre les guillemets tous les flics sont des bâtards.

28:46
Locuteur

Est

28:46
Présentateur

-ce que ça, ce sont des formules

28:49
Locuteur

que

28:49
Présentateur

vous cautionnez

28:51
Locuteur

? Moi,

28:52
Gabrielle Cathala

je ne

28:52
Locuteur

peux

28:52
Gabrielle Cathala

pas dire que je les cautionne. Moi, je suis députée donc je ne

28:54
Locuteur

vais

28:54
Gabrielle Cathala

pas aller crier ACAB ou aller crier des

28:56
Locuteur

slogans.

28:56
Présentateur

Par contre, vous

28:57
Locuteur

aviez dit

28:57
Présentateur

en 2025 qu'il y avait un racisme généralisé dans la police.

29:02
Locuteur

Il y a

29:02
Gabrielle Cathala

un

29:03
Locuteur

racisme. Vous le dites

29:03
Présentateur

toujours.

29:04
Locuteur

Oui,

29:04
Présentateur

moi, je pense. Ce qui est important, c'est généraliser.

29:07
Locuteur

Oui,

29:07
Gabrielle Cathala

je pense qu'il

29:08
Locuteur

y

29:08
Gabrielle Cathala

a un racisme systémique dans la police.

29:10
Locuteur

Quand on dit généralisé

29:12
Présentateur

ou systémique,

29:12
Locuteur

qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que vous

29:13
Présentateur

pensez qu'une majorité

29:16
Locuteur

de policiers sont

29:17
Gabrielle Cathala

racistes ? Il faut écouter ce que ça veut dire.

29:19
Locuteur

Le

29:19
Gabrielle Cathala

racisme systémique, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'il y a une institution qui couvre le racisme, qui le permet et qui ne fait rien pour l'éradiquer. C'est ça que ça veut dire.

29:28
Locuteur

Et

29:28
Gabrielle Cathala

donc, là où il y a un racisme systémique, je ne suis pas la seule à le dire. Quand vous avez les Nations Unies qui disent qu'il

29:35
Locuteur

y

29:35
Gabrielle Cathala

a un problème de racisme systémique

29:36
Locuteur

dans

29:37
Gabrielle Cathala

la police, il faudrait l'entendre. Quand vous avez la défenseur des droits qui le dit, il faudrait l'entendre. Et donc, ce n'est pas juste la France insoumise qui pense qu'il y a un racisme systémique dans la police. Et l'expérience montre que lorsque vous êtes un jeune homme arabe ou noir, vous avez 13 fois plus de chances d'être contrôlé par la police. les chiffres montrent que lorsque vous êtes un jeune homme noir ou arabe, vous avez plus de chances d'être tué par la police.

30:00
Locuteur

Et

30:00
Gabrielle Cathala

donc, il faut l'entendre.

30:01
Locuteur

Plus

30:01
Présentateur

de risques peut-être quand on parle de...

30:03
Locuteur

Oui, plus de risques, pardon.

30:06
Présentateur

Mais quand vous dites généraliser, généraliser, c'est la même chose que systémique ?

30:10
Gabrielle Cathala

Oui, c'était dans le sens

30:11
Locuteur

systémique. C'était

30:12
Gabrielle Cathala

dans le sens systémique. Et là encore, c'est prouvé

30:16
Locuteur

et

30:17
Gabrielle Cathala

ça fait l'objet d'études très sérieuses et notamment des Nations Unies.

30:20
Présentateur

Je voudrais qu'on évoque la loi intégrale qui a été adoptée il y a quelques jours et lors du vote solennel donc de cette loi contre les violences sexuelles, c'était ce mardi 13 octobre, l'ensemble des groupes politiques a voté pour tandis que la France Insoumise a choisi de s'abstenir. Sur votre compte X, Twitter, vous avez écrit que ce texte, je vous cite, n'a d'intégral que le nom

30:43
Locuteur

et je

30:44
Présentateur

vous cite toujours qu'il exclut les femmes les plus vulnérables, étrangères, racisées, précaires, et LGBTI. Juridiquement, puisque vous avez fait des études de droit, est-ce que cette loi prive ces femmes du moindre droit ou est-ce qu'elle s'applique de la même manière à toutes les victimes

31:04
Locuteur

? Alors,

31:05
Gabrielle Cathala

les femmes étrangères, les femmes étrangères, il faut des mesures spéciales.

31:09
Présentateur

Oui, mais vous attendez bien ma question. Vous avez fait du droit. Est-ce que juridiquement,

31:14
Locuteur

il

31:14
Présentateur

y a un traitement de défaveur

31:16
Locuteur

à

31:17
Présentateur

l'égard des femmes dans les catégories que vous avez nommées, étrangères, racisées, précaires,

31:22
Locuteur

etc.,

31:22
Présentateur

ou est-ce qu

31:23
Locuteur

'il

31:24
Présentateur

manque des mesures spécifiques en leur faveur ? Ce qui n

31:27
Locuteur

'est pas la même chose.

31:28
Gabrielle Cathala

c'est ce qu'il y

31:28
Locuteur

a

31:28
Gabrielle Cathala

écrit dans mon tweet. Dans mon tweet, j'ai précisé

31:32
Locuteur

tout

31:32
Gabrielle Cathala

ce qui avait été supprimé, notamment sur les étrangères, parce que vous aviez des dispositions pour les femmes étrangères, pour que notamment, je vais terminer ma

31:40
Locuteur

phrase,

31:40
Gabrielle Cathala

puisqu'elles pouvaient, avec le texte tel que déposé, surtout le texte que nous avions fait voter en commission, qui permettait d'aller plus loin, elles pouvaient

31:48
Locuteur

éviter

31:49
Gabrielle Cathala

une OQTF, l'expulsion, lorsqu'elles sont sans papier, si elles portaient plainte ou si elles prouvaient par tout moyen, donc certificat médical, certificat d'association, qu'elles étaient victimes de violences sexuelles. Tout cela a été supprimé en séance publique,

32:02
Locuteur

avec

32:03
Gabrielle Cathala

les voix de l'extrême droite, le RN, l'UDR, le groupe d'Éric Sotty, les LR, et le Bloc central, qui faisait semblant de soutenir l'intégralité du texte avec l'avis favorable de Madame Berger. Et donc, il n'y a aucune mesure dans ce texte

32:16
Locuteur

en

32:16
Gabrielle Cathala

faveur de ces femmes étrangères, puisqu'elles n'auront pas davantage de protection avec ce texte. Et c'est ce qui a pu être dit aussi par des associations Amnesty International, Médecins du Monde, Nous Toutes, les CIDFF et les principales associations féministes du pays qui l'ont regrettée. Pour les femmes les plus précaires vulnérables, pareil, il n'y a rien. Pourquoi ? Parce que cette loi n'est assortie

32:38
Locuteur

d'aucun musée.

32:39
Présentateur

Il manque des mesures

32:40
Locuteur

spécifiques. Il manque des mesures

32:42
Présentateur

spécifiques. Mais on

32:42
Locuteur

n'a pas

32:43
Présentateur

exclu ces femmes du texte.

32:45
Gabrielle Cathala

Ces femmes ont de fait été exclues du texte par le débat, puisqu'en commission, le texte, après la commission, allait dans le bon sens. Vous aviez l'inclusion de mesures qui étaient plus progressistes, qui étaient meilleures que les mesures initialement prévues par le texte. Et la séance, l'examen en séance publique, est arrivé sur un rabotage de toutes les mesures qui étaient les plus progressistes et qui étaient déjà insuffisantes. D'où notre abstention. Et vous vous doutez que lorsque le Rassemblement national vote pour un texte féministe et enfantiste, cela veut dire que le contenu

33:20
Locuteur

ne le gêne

33:20
Gabrielle Cathala

pas. Enfantiste, oui, tout à fait. C'est-à-dire en faveur des droits des enfants. C'est un mot

33:27
Locuteur

qui va faire son chemin comme le mot féministe. Je crois que je l'ai lu en

33:30
Présentateur

effet sur

33:30
Locuteur

votre compte

33:30
Présentateur

Twitter et

33:31
Locuteur

je ne le connaissais pas. Et vous avez

33:33
Gabrielle Cathala

des associations qui se disent enfantistes, le collectif 160 000 enfants, le collectif enfantiste, etc.

33:38
Présentateur

Donc,

33:38
Locuteur

c'est

33:39
Présentateur

les droits des enfants.

33:39
Locuteur

C'est en faveur des droits des enfants. c'est en faveur

33:41
Gabrielle Cathala

des droits des enfants. Et lorsque le Rassemblement national en vient à voter pour un texte en séance publique alors qu'il s'était abstenu en commission et qu'il a tenu que des propos anti-féministes en séance, cela signifie bien qu'au fond, ce n'est pas un texte de féminisme radical, que ce n'est pas un féminisme anti-raciste et que le texte au fond, y compris en étant assorti d'aucun budget puisque vous n'avez aucun budget pour que

34:06
Locuteur

ce texte s'applique correctement. Vous avez beaucoup

34:07
Présentateur

souligné et pour le coup, vous n

34:09
Locuteur

'êtes

34:09
Présentateur

pas seul à le dire.

34:11
Locuteur

Tout

34:11
Gabrielle Cathala

à fait. Et c'est pour ça que le gouvernement ça les arrange puisque ça leur permet de sortir de

34:17
Locuteur

la

34:17
Gabrielle Cathala

séquence de l'IANA qui les a considérablement affaiblis en disant voilà,

34:22
Locuteur

on

34:22
Gabrielle Cathala

a donné un avis favorable à une loi tout en sachant qu'elle n'est pas votée définitivement parce que le Sénat qui est très à droite va continuer à la détricoter et qu'il n'y a aucun budget pour que les mesures qui sont les mesures que l'on peut saluer s'appliquent.

34:38
Présentateur

Mais enfin, il y

34:38
Locuteur

a

34:38
Présentateur

quand même des associations qui saluent des progrès etc. Et vous, vous dites, vous venez de le dire à l'instant, le texte a été voté par l'ERN donc ça prouve bien. Vous ne trouvez pas que ça peut quand même donner l'impression d'une lecture un peu sectaire de la politique qui dira que s'il a été voté par l'ERN il n

34:51
Locuteur

'est

34:51
Présentateur

forcément pas bon.

34:52
Gabrielle Cathala

Non, parce que ce

34:53
Locuteur

n

34:53
Gabrielle Cathala

'est pas seulement c'est un argument

34:55
Locuteur

que je donnais mais ce n'est pas le seul c'est aussi une chose que vous soulignez. Ce n'est pas le

34:58
Gabrielle Cathala

seul argument. Moi, je crois que l'important en politique ce n'est pas d'aller, de voter pour donner des signaux ou pour faire plaisir parce qu'il y a une injonction lorsqu'on parle de violences faites aux femmes et aux enfants à l'unanimité comme si c'était un sujet qui n'était pas politique aussi. Et je crois qu'on doit la vérité aux gens. Moi, j'ai envie d'être quelqu'un d'honnête et je n

35:20
Locuteur

'ai

35:20
Gabrielle Cathala

pas envie de faire croire à des femmes qui ont été violées ou à des enfants vulnérables qu'avec ce texte leur vie va changer et que c'est l'histoire comme ça a pu être raconté parce que chacun a besoin de faire sa communication de dire c'est historique c'est comme l'Espagne alors que ça n'a rien à voir avec ce qui s'est passé en Espagne en 2004. En 2004, en Espagne, vous aviez une réelle volonté politique et un budget qui allait avec. Là, nous sortons de 10 ans de

35:43
Locuteur

macronisme avec des résultats assez remarquables en Espagne.

35:46
Gabrielle Cathala

Là, nous sortons de 10 ans de macronisme avec dans les 5 ans à venir les principales associations féministes qui risquent de mettre la clé sous la porte

35:54
Locuteur

en

35:55
Gabrielle Cathala

raison du démantèlement des services publics et de l'assèchement de leur financement par l'Etat. Vous avez donc des ministres qui viennent faire leur communication là-dessus dans l'hémicycle et en commission pendant plusieurs semaines et vous avez surtout une assemblée nationale où vous avez plus de 120 députés d'extrême droite très conservateurs avec des LR aussi et un Sénat très conservateur. Et donc, à la fin, c'est triste à dire mais vous ne pouvez pas vous retrouver avec un texte progressiste.

36:21
Locuteur

Il

36:22
Présentateur

nous reste à peu près 2 minutes 30, Gabriel Catala. Vous voyez, je n

36:25
Locuteur

'ai

36:25
Présentateur

pas gardé beaucoup de temps mais on va parler un tout petit peu de la présentielle. Ce n

36:28
Locuteur

'est

36:28
Présentateur

pas toujours évident de dire des choses intéressantes sur le sujet donc c'est pour ça que j'ai finalement conservé assez peu de temps pour ce chapitre. Mais il

36:35
Locuteur

y

36:35
Présentateur

a tout de même eu un événement il y a quelques jours qu'il y ait la victoire écrasante de Raphaël Glucksmann dans cette primaire d'une partie de la gauche à laquelle, on le sait bien, la France insoumise n'avait pas voulu s'associer. Est-ce que, du point de vue de la France insoumise, c'est tout de même un événement politique ? Victoire avec 66,6% des voix

36:57
Locuteur

?

36:58
Gabrielle Cathala

Alors déjà, ce n

36:58
Locuteur

'est

36:58
Gabrielle Cathala

pas la primaire d'une partie de la gauche,

37:00
Locuteur

c

37:00
Gabrielle Cathala

'est la primaire du PS et de place publique sans

37:02
Locuteur

les écolos, les communistes et les insoumis donc par définition ce

37:06
Gabrielle Cathala

n'est pas la gauche

37:06
Présentateur

? C'est une partie de

37:07
Gabrielle Cathala

la gauche. Monsieur Glucksmann a fait un score certes écrasant mais sur un nombre dérisoire de votants qui est 20 fois inférieur à la dernière primaire socialiste où Benoît Hamon avait remporté la primaire. Il fait moins que la septième personne en 2017 et nous, je veux dire, participer à la guerre des gauches, moi ça ne m'intéresse pas. Mais

37:29
Locuteur

est-ce que vous

37:30
Présentateur

croyez à cette

37:32
Locuteur

vieille

37:32
Présentateur

théorie formulée il y a quelques années par Manuel Valls des gauches irréconciliables ? Est-ce que désormais, avec Glucksmann à la tête de cette partie de la gauche pour la présidentielle, le fossé maintenant est infranchissable ?

37:43
Gabrielle Cathala

Mais dans tous les cas, les manœuvres et le cirque du Parti Socialiste qui, en tout cas pour ce qui est de M. Glucksmann, n'a plus rien de gauche, nous ne nous intéressent pas. Nous, nous avons un candidat parrainé par plus de 420 000

37:55
Locuteur

personnes

37:55
Présentateur

qui

37:56
Locuteur

a fait

37:57
Gabrielle Cathala

la semaine dernière à Clermont-Ferrand un meeting rassemblant plus de 10 000 personnes,

38:01
Locuteur

ce

38:01
Gabrielle Cathala

qui est plus que François Hollande juste avant l'élection présidentielle de 2012, François Hollande qu'il avait remporté. Nous avons bientôt le 5 novembre notre convention au Bourget qui sera un immense événement et dans lequel nous présenterons notre programme. Et donc, les candidats qui essayent d'exister en parlant de nous mais qui n'ont rien à proposer, qui n'ont pas de programme, qui passent leur temps à cracher sur les autres pour exister, ça ne nous intéresse pas.

38:26
Locuteur

Merci

38:26
Présentateur

Gabriel Catala d'être passé à l'atelier politique. Cette émission est à retrouver sur le site internet de RFI ou sur l'application Pure Radio. Tout de suite, un nouveau point sur l'actualité et vous avez rendez-vous ensuite avec Laurent Salouard pour Musique du Monde. Bonne soirée, à la semaine prochaine.

39:00
Invité

Retrouvez l'intégralité des podcasts RFI sur l'application RFI Pure Radio.