Emmanuel Maurel (GRS), candidat à la primaire de gauche: «L’enjeu est d’aller battre le RN»
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 20 %Défensif 15 %
Questions et réponses
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- 0:00ComplaisanteRéponse directe
Bonjour Emmanuel Morel, merci de nous rejoindre sur RFI.
- 0:07OuverteRéponse directe
Que venez-vous faire dans cette galère, Emmanuel Morel, face au favori de place publique Raphaël Luxman et face Olivier Faure ?
- 2:06OuverteRéponse directe
Est-ce que la réponse du gouvernement est à la hauteur, Emmanuel Morel ? Le gouvernement qui ailleurs prolongé, élargi l'aide aux grands rouleurs, c'est suffisant ?
- 2:31RelanceRéponse partielle
Sur la crise énergétique, il y a d'abord les choses qui ne dépendent pas de nous.
- 3:35OuverteRéponse directe
Vous défendez-vous une démondialisation, une démarchandisation ?
- 5:51OuverteRéponse directe
Et parmi ces ruptures, vous prenez également l'idée d'un grand emprunt national. Vous la défendrez ce soir, cette idée.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39Invité politiqueFait
« J'ai été déçu par le quinquennat de Hollande. J'ai fait mon examen de conscience. J'ai quitté le PS. »
- 0:53Invité politiqueFait
« j'ai cru que Mélenchon, ça serait le nouveau Mitterrand, rassembleur autour d'une gauche républicaine et populaire. Bon, c'est pas le cas. »
- 0:58Invité politiqueFait
« le principal danger, c'est quand même l'arrivée du Rassemblement national à l'Élysée. »
- 2:42Invité politiqueFait
« la différence avec Macron, c'est que moi, je pense qu'on aurait pu se préparer davantage. »
- 2:52Invité politiqueFait
« ça fait des années que j'entends dire, et les gouvernements se succèdent en disant qu'il faut qu'on se soigne de notre addiction aux hydrocarbures et au pétrole. »
- 4:08Invité politiqueChiffre
« 5 milliards. »
- 4:08Invité politiquePromesse
« 5 milliards, c'est à la fois beaucoup, mais ça permet de respirer et ça fait gagner du pouvoir d'achat aux Français. »
- 4:43Invité politiqueFait
« D'ailleurs, pas trop soutenue par les députés RN à l'époque. »
- 5:11Invité politiqueFait
« il y a 40 ans, la France était autosuffisante d'un point de vue alimentaire. Aujourd'hui, on importe la moitié de nos fruits et légumes, on importe la moitié de notre volaille. »
- 6:23Invité politiquePromesse
« Ça veut dire qu'on fait un pacte entre les générations. On demande aux gens qu'on l'épargne, et notamment les plus de 65 ans, d'aider le pays à investir massivement dans la décarbonation, dans la transition écologique, dans l'industrie. »
Temps de parole
- Emmanuel Maurel69 %
- Présentateur26 %
- ?5 %
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Bonjour Emmanuel Morel, merci de nous rejoindre sur RFI. A quelques heures, on l'a dit maintenant, de ce premier grand débat de la primaire de gauche. Que venez-vous faire dans cette galère, Emmanuel Morel, face au favori de place publique Raphaël Luxman et face
à
Olivier Faure, le patron du PS, vous qui avez, on le rappelle, claqué la porte du parti il y a presque 8 ans maintenant.
—
Oui, mais là, vous citez Molière, mais Homère est à la mode. Donc c'est le retour à Ithac. Plus sérieusement, moi, je suis de la famille socialiste. D'ailleurs, j'ai créé un parti qui s'appelle « La gauche républicaine et socialiste
».
Je suis comme des millions d'électeurs de gauche. J'ai été déçu par le quinquennat de Hollande. J'ai fait mon examen de conscience. J'ai quitté le PS. Mais ça n'en reste pas moins vrai que je suis attaché à notre idéal commun, la République.
— Déçu par Hollande,
puis par Mélenchon. —
Mélenchon... Mais comme beaucoup d'électeurs,
en
fait, j'ai cru que Mélenchon, ça serait le nouveau Mitterrand, rassembleur autour d'une gauche républicaine et populaire. Bon, c'est pas le cas. Donc à un moment, je fais le constat qu'aujourd'hui, le principal danger, c'est quand même l'arrivée du Rassemblement national à l'Élysée. Et pour ça, il faut trouver la solution. Pour moi, la solution, c'est un candidat de gauche socialiste, crédible, authentique, qui tire les leçons des erreurs du passé. C'est pour ça que je suis dans cette primaire. Et comme ça vient d'être dit à l'instant, aujourd'hui, je dirais pas qu'elle est confidentielle. Ça concerne déjà des dizaines de milliers de personnes. L'objectif, c'est quoi ?
C'est de mobiliser le plus de monde. Et ces débats le permettront peut-être. Parce qu'en fait, plutôt que de mettre du sang sur les murs... Là, j'ai entendu cette expression un peu violente. La vérité, c'est que c
'est
une confrontation de projets, d'analyses, de propositions. Non seulement ça peut bien se passer, mais je pense surtout que ça peut entraîner. Parce que ma conviction,
c
'est qu'un ancien Premier ministre de Macron ne pourra pas gagner l'élection présidentielle, qu'une gauche trop maximaliste, trop radicale ne le fera pas non plus. Donc il y a une possibilité pour un candidat de la gauche socialiste de le faire. Faisons-le, parce qu'il en va quand même de la viande d
'un
autre pays.
Et tout de suite, les mains dans le cambouis, puisque l'un des grands thèmes de cette confrontation télévisée ce soir, ça sera bien sûr le pouvoir d'achat des Français sur fond, d'envoler des prix du carburant. Est-ce que la réponse du gouvernement est à la hauteur, Emmanuel Morel ? Le gouvernement qui ailleurs prolongé, élargi l'aide aux grands rouleurs, c'est suffisant ?
Déjà, le pouvoir d'achat ne se résume pas à la seule question du carburant. Je pense qu'on va beaucoup parler des salaires qui sont trop bas, à la fois dans le privé et dans le public. Je pense qu'il faudra parler du logement et de l'encadrement nécessaire.
Précisément sur la crise
énergétique. Sur la
crise énergétique,
il y a d'abord les choses qui ne dépendent pas de nous.
Ce
n
'est
pas de notre faute si Trump et Netanyahou ont mené une guerre folle en Iran. Ce n
'est
pas de notre faute si...
Là, vous parlez comme
le président Macron.
Oui, mais la différence avec Macron, c'est que moi, je pense qu'on aurait pu se préparer davantage. Par exemple, ça fait des années que j'entends dire, et les gouvernements se succèdent en disant qu'il faut qu'on se soigne de notre addiction aux hydrocarbures et au pétrole. Et en réalité, rien n'a été fait pour l'électrification, notamment du parc automobile.
Et
donc, on se retrouve là. Alors, il y
a
une situation d'urgence. Et quand il y
a
une situation d'urgence, il faut déjà aider les principaux concernés. Les principaux concernés, c'est qui ? C'est ceux qui bossent à perte à cause du prix du carburant. Donc là, de toute façon, il faut mettre le paquet. Les principaux concernés aussi,
et
c'est parce que moi, je ne
veux
pas voir la fracture territoriale s'élargir, c'est les gens qui n'ont pas d'autre choix que de prendre leur bagnole. Parce que quand vous habitez en métropole, vous avez un réseau de transport collectif qui est dense. Il y a des alternatives. Si vous êtes dans Lot ou en Lozère, vous ne pouvez pas. Donc ça, c'est la priorité. Après, moi, je pense qu'il y
a
une mesure que d'autres pays européens ont faite, c'est celle du plafonnement. C'est une négociation sur les marges des distributeurs et des raffineurs.
Au risque de la
pénurie, puisqu'on n'a pas les moyens des autres nations,
de nos voisins européens... Vous savez, déjà, la pénurie,
moi, je ne sais pas ce qui se passera dans un mois. Donc ça, c'est une solution d'urgence absolue. Mais après, ce qu'il faut, c'est tout ce qui contribue à l'électrification, il faut le faire maintenant. Le rétrofit électrique, transformer l'essence en
bioéthanol...
Il faut accélérer. Mais il faut que ça soit une priorité de la nation. Et d'ailleurs,
la
seule baisse des taxes, moi, que je ferai aujourd'hui,
tout
de suite,
c
'est la baisse de la TVA sur l'électricité. Abonnement et consommation.
Ça coûte combien,
ça
? 5 milliards. 5 milliards, c'est à la fois beaucoup, mais ça permet de respirer et ça fait gagner du pouvoir d'achat aux Français. Et ça, je pense que là, pour le coup, on peut le faire maintenant. Et c'est utile pour le grand dessin qui est le mien, qui est celui de l'électrification et de la décarbonation du pays.
Vous évoquiez notre dépendance, entre autres, au pétrole, aux énergies fossiles, comme l'illustre cette crise des carburants. Vous défendez-vous une démondialisation, une démarchandisation ? Il faut relocaliser massivement. C'est une idée aujourd'hui que porte le RN, l'extrême droite aussi.
Oui,
enfin, c'est une idée que j'ai portée, moi, au Parlement européen pendant 10 ans. D'ailleurs, pas trop soutenue par les députés RN à l'époque. Donc, la vérité, quand même, c'est que nous prenons conscience chaque jour de notre trop grande dépendance au reste du monde. Ça a été le cas pendant le Covid. Souvenez-vous, on s
'est
rendu compte que tout d'un coup, on n'était même plus capable de fabriquer du paracétamol, des masques, du matériel médical de première nécessité. Et c'est vrai dans tous les domaines. C'est vrai dans l'agro-ouil alimentaire aussi. Moi, ce qui me rend dingue, c'est qu'il
y
a 40 ans, la France était autosuffisante d'un point de vue alimentaire. Aujourd'hui, on importe la moitié de nos fruits et légumes, on importe la moitié de notre volaille. Vous voyez, il y a quelque chose qui ne va pas. Donc, remettre le système à l'endroit, c'est un certain nombre de ruptures. La démondialisation,
c
'en est une, parce qu'il faut relocaliser notre production. La démarchandisation, c'en est une aussi. Moi, je ne veux pas d'une société où tout se vend, tout s'achète, tout se jette. Regardez la fast fashion. Catastrophe en termes écologiques, mais c'est aussi une catastrophe en termes de modèles de développement. On a des montagnes de déchets. À un moment, si on ne prend pas des décisions radicales sur ces questions, je pense qu'on va au devant de graves déconvenus. Donc, oui, il faut des ruptures. Et c'est ces ruptures-là que je
veux interdire. Et
parmi ces ruptures, vous prenez également l'idée d'un grand emprunt national. Vous la défendrez ce soir, cette idée. Est-ce que vous redoutez ce soir, Emmanuel Morel, un débat tendu ? Ça chauffe déjà, on l'a dit, entre Raphaël Glucksmann et Ségolène Royal, le patron de place publique qualifié de stagiaire en politique.
Ça
ne risque pas, on parlait du sang sur les murs, mais de tourner quand même ce soir un peu à la foire d'empoigne et d'affaiblir quel que soit celui qui l'emportera en octobre.
Grand emprunt national, c'est quand même une proposition structurante pour moi. Ça veut
dire quoi ?
Ça veut dire qu'on fait un pacte entre les générations. On demande aux gens qu'on l'épargne, et notamment les plus de 65 ans, d'aider le pays à investir massivement dans la décarbonation, dans la transition écologique, dans l'industrie. Ça, pour moi, c'est absolument fondamental parce que ça permet d'unir le pays autour d'un grand projet commun. Après,
vous
parliez de la primaire. Oui, il y a des petites phrases, des punchlines. Je ne
suis
pas sûr que ça intéresse vraiment les gens, les punchlines. Ça fait rigoler pendant deux secondes, mais la vérité
quand même... Il y a un
certain climat, quand même.
Oui, enfin, un climat, on va voir ce soir. Moi,
je
suis sûr que les choses sont plus apaisées qu'on ne le dit. Pourquoi ? Parce que, quand même, l'enjeu, c'est ce que je vous disais tout à l'heure,
l'enjeu, c'est d
'avoir un candidat et qu'on devra tous soutenir, et d'aller battre le RN. C'est quand même pas rien. C'est un sacré pari qu'on fait. Donc, la moindre des choses, c'est le respect et la dignité, mais je suis sûr qu'il y en aura.
Et quoi qu'il arrive, au soir du second possible tour, ça sera le 17 octobre, pour tenter qu'il y ait deux tours, si vous n'avez pas gagné, vous soutiendrez
le
gagnant, quoi qu'il arrive,
que ce soit
Fluxman, que ce soit Olivier
Faure. Oui, mais vous savez, j'avais
été
tellement... Parce que ce genre
d'engagement,
voilà, ça compte à gauche. Je vais vous dire, moi, j'ai été tellement écloré par ce
qui s'était passé quand Benoît Hamon avait été élu, le désistement de Valls et des autres,
que
la première des choses que je dis, c'est, moi, je respecterais mes engagements.
Et
le débat à suivre, ce
soir, premier
débat de la primaire. Merci Emmanuel Morel. Bon courage.
Emmanuel Maurel