Compte rendu du Conseil des ministres du 24 février 2021.
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 10:00OuverteRéponse directe
Stratégie de mesures ciblées dans les 10 territoires ?
- 12:00OuverteRéponse partielle
Position sur le vaccin Spoutnik et aide russe ?
- 15:00RelanceÉludée
Pourquoi refuser l'espacement des doses au-delà de 3 semaines ?
- 18:00OuverteRéponse directe
Zones préoccupantes et stratégie cas par cas ?
- 21:00OuverteRéponse directe
Doutes sur l'efficacité du vaccin AstraZeneca ?
- 24:00RelanceRéponse partielle
Indicateurs pour mesures locales et allègement ailleurs ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30porte-paroleChiffre
« Le nombre de nouveaux cas avait diminué de 10% la semaine dernière, il a augmenté de quasiment 10% sur la semaine qui vient de s'écouler. »
- 2:30porte-paroleChiffre
« 2 650 000 personnes ont reçu une dose du vaccin et près d'1 350 000 ont déjà reçu leurs deux doses de vaccin. »
- 4:30porte-paroleChiffre
« 80% des pensionnaires en EHPAD qui le désiraient et qui ont pu être vaccinés et environ une personne sur quatre âgée de 75 ans ou plus. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Mesdames, Messieurs, bonjour à tous. Il y a une semaine, à ce même pupitre, je vous disais combien la situation était fragile et qu'une étincelle seulement pouvait suffire à relancer l'épidémie. Depuis quelques jours, le nombre de contaminations et le taux d'incidence repartent à la hausse.
Si le nombre de nouveaux cas avait diminué de 10% la semaine dernière, il a augmenté de quasiment 10% sur la semaine qui vient de s'écouler. La situation se dégrade et elle est même préoccupante, très préoccupante, dans une dizaine de départements et dans certains territoires impose même des décisions et des mesures rapides et fortes. Face au risque imminent devant nous, nous avons une méthode.
D'abord une vigilance absolue. Nous suivons les chiffres et la situation hospitalière dans chaque territoire en continu et nous restons sans cesse à l'écoute des élus, des soignants, de toutes celles et de tous ceux qui agissent sur le terrain contre l'épidémie. Ensuite une réaction rapide.
Nous l'avions montré la semaine dernière en Moselle, nous l'avons montré ce week-end dans les Alpes-Maritimes. Dès que la situation l'impose, nous n'hésitons pas à prendre des mesures et des décisions rapides et fortes. Mais, pour des décisions efficaces, nous avons besoin aussi d'une concertation large et franche.
C'est ce que nous avons fait ce week-end, c'est celle qui se déroulera cet après-midi avec les élus du Dunkerquois puisque vous savez qu'Olivier Véran et Brigitte Bourguignon se rendront sur place dès cet après-midi. Nous sommes fidèles à notre engagement : consulter, prendre des décisions locales adaptées et efficaces. Ce que nous avons fait sur le littoral des Alpes-Maritimes et ce que nous sommes en train de travailler à Dunkerque, nous pourrons le faire dans d'autres territoires si cela s'avérait nécessaire.
Notre ligne de conduite n'a pas changé. D'abord des ripostes ciblées, des mesures de freinage précises et les étendre si cela est nécessaire. Nous savons combien la situation est difficile.
Nous savons quelles sont les craintes, la lassitude des Français face à l'épidémie et nous la comprenons mais nous marchons aujourd'hui tous ensemble sur un fil et nous devons donc continuer tous ensemble à tenir. Nous avons besoin encore de lutter contre cette épidémie et sur ces sujets le Premier ministre animera demain une conférence de presse pour répondre à l'ensemble des questions qui sont posées. Nous avons un horizon.
La vaccination avance : 2 650 000 personnes ont reçu une dose du vaccin et près d'1 350 000 ont déjà reçu leurs deux doses de vaccin. Ce sont aujourd'hui près de 80% des pensionnaires en EHPAD qui le désiraient et qui ont pu être vaccinés et environ une personne sur quatre âgée de 75 ans ou plus, ce qui fait que l'âge moyen des personnes vaccinées en France est nettement, très sensiblement plus élevé que l'âge moyen des personnes vaccinées chez nos principaux voisins européens. Et vous savez que c'était pour nous un objectif particulièrement important de cibler en priorité la vaccination sur les personnes les plus âgées qui sont les plus fragiles vis à vis de l'épidémie, qui sont celles qui sont les plus à risque de développer une forme grave et de devoir être hospitalisées.
En disant ces mots, je sais que beaucoup de personnes de 75 ans et plus notamment attendent encore un rendez-vous et je veux leur dire que je sais leur frustration qui est à la hauteur de leur attente. Je la comprends. Je veux vous dire que dans les prochaines semaines ce sont des centaines de milliers de doses qui vont continuer à arriver, des centaines de milliers de doses supplémentaires.
Elles permettront d'ouvrir de nouveaux rendez-vous et d'atteindre notre objectif de vaccination des personnes âgées. Ces résultats, cette cadence qui s'accélère, nous pouvons les obtenir grâce à l'Europe. Nous avons évité une guerre des piqûres entre Européens et, par notre engagement commun, nous sommes en mesure de garantir des livraisons importantes, régulières et sur le long terme aux Français et aux Européens du vaccin.
Ces jours-ci, nous franchissons de nouveaux pas majeurs. Tous les soignants ont désormais accès à un vaccin, tout comme les personnes entre 50 et 64 ans avec des comorbidités qui peuvent bénéficier du vaccin AstraZeneca dont l'efficacité, notamment sur les formes graves, est à la fois réelle et démontrée scientifiquement. Dès demain, la vaccination sera pratiquée par les médecins de ville et dès vendredi par la médecine du travail.
La cadence ne cesse de s'accélérer et, entre la vaccination et le retour prochain de conditions météo moins favorables au virus, nous avons donc un horizon. Nous ne pouvons pas baisser les bras ou nous décourager si près du but. Il nous faut tenir, tenir ensemble, car c'est par notre solidarité, par nos efforts collectifs que nous pourrons traverser cette épreuve ensemble et en finir avec le virus.
Les gestes barrières, les distances, le port du masque sont plus que jamais nécessaires et sont plus que jamais nos meilleures armes face à l'épidémie. Je veux aussi dire que nous continuerons à aider les Français jusqu'à la dernière minute de cette crise pour qu'ils puissent la traverser. Qu'il n'y ait aucune ambiguïté : Tant que la situation ne sera pas éclaircie, nous répondrons à l'appel des entreprises, nous répondrons à l'appel de l'ensemble des acteurs qui font vivre notre économie.
Au cours de ce Conseil des ministres, le Ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance, Bruno Le Maire, a ainsi pu faire un point sur les dispositifs qui ont été mis en place pour permettre à nos entreprises de traverser la pandémie. Je dis "à nos entreprises" mais bien évidemment aussi à nos salariés et à nos travailleurs indépendants. Depuis le mois de mars, près de deux millions d'entreprises ont bénéficié du Fonds de solidarité pour un montant de plus de 15 milliards d'euros.
C'est une aide directe, c'est une aide concrète qui a été étendue en lien avec les acteurs des secteurs concernés, à mesure que la situation évoluait, une aide qui peut aller jusqu'à 200 000 euros par mois et qui est accessible à toutes les entreprises qui doivent aujourd'hui fermer mais aussi aux entreprises qui constatent une diminution très importante de leur chiffre d'affaires. En plus du Fonds de solidarité, nous avons mis en place le prêt garanti par l'État, un apport massif, rapide et nécessaire de trésorerie pour les entreprises. Plus de 650 000 entreprises ont reçu un de ces prêts dont le montant total atteint 133 milliards d'euros.
Mais il ne fallait pas que la solution se transforme en contrainte, en "mur" comme nous l'entendons souvent, et que les entreprises se retrouvent face à ce mur, c'est pourquoi aucun remboursement ne sera exigé dès la première année et il sera possible d'amortir le prêt sur une durée de un à cinq ans. Je veux ajouter que ces aides concernent tous les secteurs économiques et n'oublient pas notamment les indépendants. Ils sont éligibles eux aussi au Fonds de solidarité.
Ils peuvent bénéficier du prêt garanti par l'État, des réductions de cotisations sociales et même des remises d'impôts directs. Depuis le début de la crise, vous le voyez, nous avons adapté nos dispositifs. Nous nous sommes adaptés aux demandes et aux difficultés rencontrées par les entreprises qui avaient et qui ont parfois toujours une interdiction de recevoir du public.
C'est ainsi que nous avons décidé des exonérations de charges sociales pour un effort de quatre milliards d'euros. Enfin, pour les secteurs de l'hôtellerie et de la restauration et du tourisme, nous avons mis en place une aide spécifique pour compenser le poids des charges fixes. Cette aide peut couvrir 70% des charges fixes des entreprises de plus de cinquante salariés et 90% pour les petites entreprises dans la limite de dix millions d'euros sur l'année.
Elle concerne dans un premier temps surtout les grandes entreprises et celles qui ont des charges fixes particulièrement élevées. Mesdames, Messieurs, en même temps que nous affrontons la crise, nous continuons à mener à bien les réformes et les projets nécessaires pour notre pays. Sans l'épidémie, les portes du Salon de l'agriculture auraient dû ouvrir cette semaine et je veux en profiter pour rendre hommage ici, comme le Président de la République l'a fait hier, au travail absolument exceptionnel qui est réalisé par nos agriculteurs au quotidien.
Ce sont eux qui nous nourrissent, qui nous ont permis de tenir tout au long de cette crise et notamment pendant les confinements. Ils ne comptent pas leurs heures et ils participent au rayonnement de notre pays. Nous devons les saluer et ne jamais perdre de vue les efforts qu'ils font et qu'ils font souvent dans l'ombre.
Le Ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Julien Denormandie, a fait un point sur les principaux chantiers de notre action en matière agricole. Le premier engagement du Ministère c'est de concilier agriculture et écologie, notamment en réduisant considérablement l'utilisation des produits phytosanitaires. Nous avons oeuvré massivement en la matière.
Je pense au meilleur contrôle ou à la séparation de la vente et du conseil. Je pense à la réduction des ventes et à la réduction de l'utilisation des produits phytosanitaires entre 2018 et 2019. Les ventes de glyphosate ont diminué de 35% et celles de produits bio pharmaceutiques de 34%.
Nous gardons notre objectif en vue : réduire de 50% l'utilisation de produits phytosanitaires d'ici à 2025. Pour y parvenir, nous avons accru notre soutien au développement de l'agriculture biologique. En 2019, le nombre d'exploitations certifiées bio a augmenté de 12% et nous voulons aller encore plus loin.
Nous irons plus loin grâce à un renforcement du Fonds Avenir Bio de dix millions d'euros, grâce à la promotion de la certification Haute Valeur Environnementale, par la mise en place d'un crédit d'impôt avec un objectif de 15 000 exploitations certifiées HVE en 2022, qui a été fixé dans le cadre du plan biodiversité. Grâce à la restructuration des filières, 50 millions d'euros du Plan de Relance sont consacrés à cet objectif, grâce aux investissements dans la recherche et l'expérimentation, financés par le programme Investissements d'Avenir, grâce aux investissements enfin pour l'achat d'agro équipement spécifique et sur ce point 215 millions d'euros d'aide sont prévus. Ce soutien massif à la filière bio nous permettra de relever le défi d'une meilleure alimentation et notamment que les repas en restauration collective soient composés à 20% de produits bio d'ici le 1er janvier 2022.
C'est un engagement fort, vous le savez, que nous poursuivons. Nous avons beaucoup avancé entre 2017 et 2019. La part des approvisionnements bio a déjà doublé dans les cantines.
C'est une réussite concrète dont bénéficient chaque jour des millions d'enfants. La deuxième ambition que nous portons c'est améliorer le bien-être animal. Il s'agit d'une aspiration profonde de notre société mais aussi d'un devoir moral que nous avons.
Nous avançons, nous renforçons les contrôles dans les abattoirs. Nous créons un observatoire de la protection animale qui ouvrira cet été. Nous avons lancé un plan de lutte contre l'abandon des chiens et des chats.
Le travail continue aujourd'hui et nous avons beaucoup à construire. Là encore, grâce à France Relance, nous nous donnons les moyens de ces ambitions : 100 millions d'euros pour renforcer le bien-être animal et la prévention des maladies animales en élevage, plus de 100 millions d'euros pour la modernisation de nos abattoirs et 20 millions d'euros pour le soutien aux animaux abandonnés et en fin de vie. Troisième engagement, troisième objectif particulièrement important : soutenir les nouvelles installations agricoles.
Je le disais il y a quelques instants, nous ne pouvons pas envisager notre modèle agricole sans nos agriculteurs, notre modèle alimentaire sans nos agriculteurs. Nous avons donc besoin d'assurer l'attractivité de leur métier et d'attirer une nouvelle génération d'agriculteurs pour s'installer. Nous nous donnons les moyens d'agir et de réussir la transition agricole.
La loi dite EGalim qui a été promulguée en octobre 2018 nous a permis d'avancer dans tous les domaines : sur le bio à la cantine, sur le bien-être animal avec un renforcement du délit de maltraitance, sur l'usage de certains produits. La loi EGalim est une véritable révolution pour notre alimentation et notre agriculture. Cette loi a également permis, et c'est une disposition et un enjeu particulièrement importants pour nos agriculteurs, de revoir la chaîne de valeur agroalimentaire au profit des agriculteurs.
Je veux ajouter que ce travail continue. Une mission a été confiée à Monsieur Papin pour trouver les moyens d'une meilleure répartition de la valeur le long de la chaîne alimentaire et je veux dire que l'État pèse de tout son poids dans les négociations commerciales. Enfin, nous mettons la relance au service de nos agriculteurs.
Grâce à France Relance, ce sont un milliard deux cent millions d'euros qui sont en train d'être investis pour des installations modernisées, pour une meilleure prise en compte des enjeux écologiques et du bio, pour une alimentation plus saine aussi. Enfin, et c'est un enjeu crucial pour beaucoup de nos agriculteurs, nous avons considérablement œuvré pour sécuriser les aides de la PAC. Après trois années de retard important et depuis 2018, le taux de dossiers payés dans les délais est supérieur à 99%, ce qui est un chemin considérable quand nous savons les retards qu'avaient pu connaître un grand nombre d'agriculteurs dans les années précédentes.
Mesdames, Messieurs, ce Conseil des ministres a été l'occasion d'examiner quatre textes. Tout d'abord un projet de loi ratifiant trois ordonnances que je vous avais présentées dans un précédent compte-rendu du Conseil des ministres. Il s'agit de garantir les recrutements dans la fonction publique, dans les armées et dans les forces de l'ordre malgré l'épidémie.
Deuxième texte que nous avons examiné : un projet de loi approuvant l'amendement au protocole de Göteborg relatif à la réduction de l'acidification et de l'eutrophisation et de l'ozone troposphérique. Ce protocole vise à réduire de 40% les émissions de dioxyde de soufre, d'oxydes d'azote et de composés organiques volatils et ammoniac. Grâce à cet amendement, nous ajoutons un nouveau polluant à cette liste, les particules fines.
C'est une prise en compte importante à la fois pour l'environnement et pour la santé publique car c'est la première fois qu'un accord international contraignant prend en compte la question des particules fines. Troisième texte ensuite : une ordonnance relative aux installations à câbles. Sans rentrer plus dans les détails, il s'agit de simplifier les règles concernant le fonctionnement pour les remontées mécaniques.
Enfin, dernier texte, un décret déconcentrant les décisions administratives individuelles en matière d'eau. C'est également un texte de simplification administrative qui va permettre à l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'Alimentation, de l'Environnement et du Travail, l'Anses, de prendre un certain nombre de décisions d'agrément qui étaient jusque là entre les mains du Ministère des Solidarités et de la Santé. Voilà, Mesdames, Messieurs, ce qui conclut ce propos liminaire de compte-rendu du Conseil des ministres et je me tiens à votre disposition pour répondre à vos questions éventuelles.
Bonjour, Anna Newsbom de Blumberg. Je souhaite simplement expliciter un de vos propos. Vous avez dit que la stratégie consistait en des mesures ciblées.
Est-ce que j'ai bien compris si je dis que le Gouvernement prépare des mesures ciblées pour ces dix territoires, cette dizaine de territoires que vous avez mentionnés ? Ce que j'ai indiqué c'est que des mesures ont été prises et annoncées en concertation avec les élus locaux dans les Alpes-Maritimes ce week-end, que le Ministre de la Santé avec la Ministre déléguée sont cet après-midi à Dunkerque où là aussi la situation est dégradée. Ce que j'ai dit enfin c'est que la situation est particulièrement préoccupante dans une grosse dizaine de départements et qu'il y aura un dialogue qui va s'engager là aussi mais sur ces points c'est le Premier ministre qui s'exprimera et qui détaillera les choses demain, lors de la conférence de presse.
Une question que je relaie pour ma consœur Sylvie Corbet de AP sur les déclarations d'Agnès Pannier-Runacher ce matin : Elle a dit qu'elle regrettait que les autorités russes ne soient pas plus avancées dans l'approbation et les discussions sur le vaccin Spoutnik avec l'Agence européenne du médicament. Est-ce que la France pousse la Russie à se lancer plus énergiquement dans cette discussion-là ? Et, deuxième question, Agnès Pannier-Runacher disait également ce matin que la France pourrait aider la Russie à produire ce vaccin Spoutnik.
Qu'en est-il, de quoi s'agit-il et est-ce que par exemple Sanofi pourrait avoir un rôle là dedans ? Je n'ai pas écouté l'interview de ma collègue de ce matin, pas encore, mais je peux vous refaire et vous faire les deux réponses de principe sur cette question-là. La première c'est que nous considérons que l'épidémie, la pandémie, est un enjeu mondial.
Et le monde entier aujourd'hui se mobilise pour y répondre, notamment par la vaccination et notamment par la recherche et la mise sur le marché d'un certain nombre de vaccins et qu'évidemment nous sommes favorables à ce que le plus grand nombre de vaccins sûrs et efficaces puissent être proposés à l'ensemble des citoyens dans le monde, particulièrement en Europe et en France. Et donc évidemment nous sommes favorables à ce que des vaccins qui ont fait preuve de leur sûreté et de leur efficacité puissent être proposés à l'Agence européenne du médicament pour être autorisés et cela vaut évidemment pour le vaccin Spoutnik comme pour d'autres vaccins qui sont développés par d'autres pays. Et, sur le second point, vous avez évidemment connaissance de notre mobilisation très forte pour développer, élargir, renforcer les capacités de production de vaccins.
Vous savez que le Président de la République a réuni un certain nombre d'entreprises il y a plusieurs semaines, ce qui nous a permis d'aboutir à ce que des vaccins d'autres laboratoires soient produits en France dans des usines françaises qui acceptent de produire ces vaccins. Il y a une annonce importante qui a été faite par Sanofi, supplémentaire, sur ce sujet cette semaine. On travaille au niveau européen avec Thierry Breton sur cette question et donc, évidemment, là aussi cela a vocation à s'appliquer à l'ensemble des vaccins.
Et dernière question pour mon confrère Michel Rose de Reuters, vaccin à nouveau : De plus en plus d'études montrent un taux d'efficacité des vaccins Pfizer et AstraZeneca après la première dose quasiment similaire à celui qui intervient après la deuxième dose. L'OMS comme la HAS en France recommandent donc d'espacer les doses au delà de trois semaines. Pourquoi la France continue-t-elle de refuser l'espacement des doses au-delà de trois semaines malgré les recommandations des autorités sanitaires ?
Sur ce point les choses avaient été explicitées très largement puisqu'il y avait une conférence de presse dédiée sur cette question-là par mon collègue Olivier Véran et le professeur Alain Fischer il y a quelques semaines. Je n'ai pas d'information supplémentaire sur ce sujet et ce que je peux dire c'est qu'évidemment on prend toujours les décisions utiles pour développer notre stratégie vaccinale dès lors que nous avons suffisamment de garanties scientifiques sur l'efficacité de cette campagne vaccinale. Et dans ces conditions le Ministre de la Santé avait eu l'occasion de s'exprimer dans une conférence de presse encore une fois avec le professeur Fischer il y a quelques semaines et je ne dispose pas aujourd'hui de nouvelles informations sur ce sujet-là mais, là encore, demain à la conférence de presse j'imagine qu'il pourra répondre à cette question si elle était posée.
Merci. Bonjour, Agathe Lambret pour BFM TV. Vous avez parlé d'une dizaine de départements.
Je sais qu'il y a une conférence de presse demain mais est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur les zones qui vous préoccupent ? Et enfin pourquoi cette stratégie du cas par cas ? Est-ce que cela signifie qu'il y a toujours un chemin, pour reprendre vos mots, même un chemin étroit pour éviter un confinement national ?
On sent que le ton aujourd'hui est un peu plus inquiet peut-être que ces derniers jours. Encore une fois, j'ai commencé mon intervention liminaire en rappelant les propos que j'avais tenus la semaine dernière sur la fragilité très forte de la situation alors même que, quand je m'exprimais devant vous la semaine dernière, nous sortions d'une semaine où l'incidence avait diminué de 10% et nous avons vu une semaine plus tard qu'elle avait augmenté de 10%. Cela confirme la très grande fragilité de cette situation, le fait que nous marchons sur un fil et que nous devons continuer à nous mobiliser collectivement, à tenir ensemble pour faire reculer l'épidémie.
Encore une fois il y a une conférence de presse qui aura lieu demain et il y a aujourd'hui, vous le savez, plusieurs régions où nous sommes davantage préoccupés par la situation, par le niveau de l'incidence et le niveau des hospitalisations. Il y a la région Hauts de France, la région Ile de France, la région Grand Est et la région PACA. Pour le reste vraiment je vous renvoie à la conférence de presse du Premier ministre demain.
Et le confinement national, il y a toujours un chemin ? Pour répondre très clairement à votre question, si nous considérions qu'il fallait aujourd'hui un confinement, nous aurions décidé d'un confinement. Et donc tous nos efforts doivent se poursuivre pour éviter d'avoir à décider d'un nouveau confinement national, évidemment sans certitude que nous y parviendrons mais, depuis maintenant plusieurs semaines, plusieurs mois, c'est ce que vous m'entendez vous dire.
Mais nous avons une stratégie. Cette stratégie, je vous le disais, c'est la capacité à respecter les gestes barrières, les règles du couvre feu. C'est la stratégie tester, alerter, protéger pour faire en sorte de remonter les chaînes de contamination, de garantir que les personnes qui sont contaminées, les cas contacts, puissent s'isoler.
Ensuite le deuxième volet de cette stratégie c'est de prendre des décisions localisées au bon moment pour avoir un freinage plus fort encore de la circulation du virus dans les territoires où c'est nécessaire. Et le troisième volet de cette stratégie c'est la campagne de vaccination qui se poursuit et, à chaque jour que nous passons à augmenter le nombre de personnes qui sont vaccinées, ce sont autant de personnes qui ont beaucoup moins, infiniment moins de risques de développer une forme grave de la maladie et de devoir être hospitalisées. Bonjour, Guillaume Daret de France 2.
On entend certains doutes émis par des Français autour du vaccin AstraZeneca, des gens qui hésiteraient à aller se faire vacciner avec ce type de vaccin parce qu'ils le jugeraient en tout cas moins efficace que d'autres. Qu'est-ce que vous répondez à cela ? Qu'est-ce que le Gouvernement répond à cette inquiétude d'une partie des Français ?
Ce que je réponds c'est que l'important dans ces questions-là ce sont moins les garanties qui sont données par le politique que par les scientifiques et que les études scientifiques attestent de l'efficacité du vaccin AstraZeneca, notamment pour réduire très fortement les formes graves de la maladie. Il y a notamment une étude importante qui a été je crois prépubliée, comme on dit dans le jargon, hier, une étude écossaise qui doit encore être revue au niveau international mais qui atteste encore une fois de cette efficacité. Le vaccin AstraZeneca c'est un des piliers majeurs de la stratégie vaccinale en France, en Europe et même dans le monde.
Il a une efficacité qui est prouvée et évidemment il faut que les Français pour qui ce vaccin est indiqué y aient recours. Bonjour, Jean-Rémi Baudot pour Europe1. Vous avez dit "Certains territoires ont besoin de mesures rapides et fortes." Sur quels indicateurs précisément est-ce que vous baserez votre décision ?
Et puis je relaie une question de ma consœur de France Info, Julie Marie-Leconte : Vous dites qu'il y a des mesures ciblées. Est-ce que, a contrario, cela veut dire qu'il y a des endroits où les mesures pourraient être un peu allégées ou pourraient être un peu desserrées ? Merci.
Sur la première question, vous savez que nous avons une appréciation au cas par cas. Nous regardons localement quelle est la situation, d'ailleurs au niveau des bassins de vie, on va évidemment plus finement encore que les départements, c'est notamment ce que vous avez vu à Nice ce week-end puisque c'est une partie du département où des mesures très renforcées ont été prises. Nous regardons une batterie d'indicateurs : évidemment le taux d'incidence, le taux d'incidence s'agissant des personnes âgées.
Nous regardons la situation des variants, le nombre de criblages que nous détectons à travers les tests PCR et évidemment la pression sur l'hôpital. Je redis que la situation à l'hôpital est préoccupante, qu'il y a une pression forte, que nos soignants n'ont pas connu le creux des vagues et qu'ils font face à cette situation depuis maintenant plusieurs mois, depuis un an en réalité, et que nous devons, quand nous nous mobilisons, avoir une pensée pour eux qui sont sur le front pour soigner les Français qui en ont besoin. Si je peux me permettre une petite relance, est-ce que ce n'est pas difficile d'expliquer aux Français qu'il y a une semaine, dix jours, deux semaines, on était plutôt dans un climat où on laissait entendre que ça allait quand même mieux et là on est un peu dans une dramatisation, en tout cas dans un moment de gravité ou d'un moment peut-être de bascule.
Comment est-ce que vous expliquez cela et comment les Français peuvent comprendre que d'une semaine sur l'autre, peut-être d'une quinzaine sur l'autre, il y ait un tel changement de ton de votre part ? Encore une fois je vous renvoie à mes déclarations la semaine dernière. Je crois qu'on a toujours insisté, y compris quand on observait une diminution légère, très légère de l'incidence, j'ai toujours insisté sur la fragilité de la situation.
Je pense que l'important dans cette crise et ce que nous poursuivons depuis le début c'est la transparence. Nous faisons la transparence tous les jours, chaque semaine, moi dans mon compte-rendu du Conseil des ministres, le Ministre de la Santé et régulièrement le Premier ministre dans les conférences de presse du jeudi, sur l'État des lieux de la situation sanitaire et je pense que c'est demandé par les Français. Je pense que les Français attendent cette transparence sur la situation et la nature de cette situation et on voit effectivement que cette situation est changeante.
Elle l'est en France mais elle l'est en réalité dans le monde entier et ce qu'on a observé depuis plusieurs semaines dans un certain nombre de pays, c'est-à-dire une diminution régulière, parfois assez forte dans des pays qui avaient fait le choix de confiner et de confiner très strictement il y a plusieurs mois. On observe que, dans une part importante de ces pays, la situation se traduit depuis maintenant plusieurs jours par un plancher voire une très légère augmentation. Nous regardons beaucoup ce qui se passe chez nos voisins.
Je pense notamment à l'Allemagne, à la Suisse où, si la situation et si l'épidémie a diminué très fortement et très rapidement pendant plusieurs semaines, il y a aujourd'hui une forme de plancher, voire dans certains pays une remontée et une recrudescence de l'épidémie et c'est le cas aujourd'hui en France, ce qui doit encore une fois nous inviter à nous mobiliser encore davantage. Juste vous n'avez pas répondu, excusez-moi, sur "desserrer ailleurs ou pas". À ce stade il n'est pas prévu de prendre des mesures qui iraient dans le sens d'un allègement des restrictions dans des départements où l'incidence est moins élevée qu'ailleurs.
Je vais insister sur le fait que souvent c'est dans ces départements que nous constatons aussi la croissance la plus forte du taux d'incidence, en tout cas dans une partie d'entre eux qui sont régulièrement cités, que le virus circule aujourd'hui fortement sur l'ensemble du territoire, même s'il y a des territoires où nous avons une préoccupation plus forte que dans d'autres, et donc aujourd'hui l'important encore une fois c'est de continuer à tenir face à l'épidémie. Jérôme Rivet de l'AFP. Justement est-ce que vous constatez, est-ce que vous liez l'aggravation de la situation à un relâchement du respect des gestes barrières et est-ce que vous considérez, vous craignez que finalement le couvre feu de 18h soit de moins en moins accepté avec l'arrivée des beaux jours et les jours plus longs ?
Je ne donne jamais aucune leçon. Je suis en transparence à vous donner les informations dont nous disposons sur la situation de l'épidémie et avec je crois une nécessaire humilité aussi pour nous tous parce qu'il y a encore une part de cette épidémie dont nous ne connaissons pas l'intégralité des clés. Il y a une explication probable à la reprise de cette épidémie qui est liée à la diffusion des variants sur laquelle nous avons des alertes que nous avons prises en compte depuis plusieurs semaines.
Il y a possiblement, c'est ce que disent un certain nombre de scientifiques, un impact de la météo avec, lorsqu'il y a des vagues de froid importantes, une recrudescence de l'épidémie qui est constatée. Il y a une part qui est aujourd'hui, et le Ministre de la Santé l'a d'ailleurs dit à plusieurs reprises en toute humilité, qui est inexplicable. Et moi je redis simplement quelle est la situation en transparence aujourd'hui et je redis que l'important pour nous tous c'est de continuer à tenir et à ne pas baisser la garde et relâcher nos efforts aujourd'hui.
Bonjour, Simon Le Baron pour France Inter. Vous avez suivi comme nous et même d'encore plus près les polémiques de ces derniers jours, créées et/ou alimentées par des membres du Gouvernement sur l'islamo-gauchisme, sur les menus sans viande dans les cantines lyonnaises. On a du mal à comprendre quelle est la position de l'Exécutif du Gouvernement sur ces questions-là.
Est-ce qu'il y en a une ? Bien sûr. Il peut y avoir, vous savez, des discussions, des différences d'approche sur tel ou tel sujet dans une majorité, c'est même je crois assez sain et normal.
L'important c'est de ne jamais perdre de vue l'objectif commun, la volonté politique commune et les décisions qui sont prises collectivement et je crois que nous gardons cette boussole-là. J'ai une question pour nos confrères de France Bleu Besançon sur l'avenir du site Jacob Delafon, dernier fabricant français de céramique, 140 salariés. C'est un site historique et le seul repreneur qui était en lice, qui était une entreprise française, s'est retiré alors que le plan social doit être clos dans quelques jours.
Bruno Le Maire avait été alerté sur la situation en septembre. Est-ce qu'il va intervenir, est-ce qu'il compte sauver et que va-t-il faire pour sauver le savoir-faire de cette entreprise encore une fois historique et ses emplois ? Merci.
Effectivement à l'automne dernier le groupe Kohler a annoncé la fermeture de son site de Damparis dans le Jura qui produit des céramiques de marque Jacob Delafon et qui emploie 150 personnes. La PME française Kramer a étudié la possibilité de reprendre le site. Malgré de premiers échanges qui avaient été fructueux, un accord n'a pu être trouvé à quelques jours de la fin du PSE.
En particulier je crois que le groupe Kohler s'inquiète de la fragilité économique du projet de reprise potentielle. Certains salariés ont fait écho à cette inquiétude. Ce que je peux vous dire c'est que les services du Ministère de l'Économie, des Finances et de la Relance, Agnès Pannier-Runacher et singulièrement la Ministre déléguée à l'Industrie, tentent de renouer les liens du dialogue aujourd'hui rompu entre les deux groupes pour voir si une solution de reprise peut exister.
Il y a donc une mobilisation du Gouvernement sur ce sujet. Je vous remercie. Cela me paraissait important de vous poser cette question, pour nos confrères encore une fois, mais je vous relance sur ma première : Quelle est la position de l'Exécutif sur d'une part l'islamo-gauchisme, sur ce qu'on appelle l'islamo-gauchisme, et sur les menus sans viande dans les cantines ?
Encore une fois, on a entendu des voix dissonantes. Sur le premier sujet je crois que j'avais été assez clair sur ce sujet-là aussi la semaine dernière. Aujourd'hui le Gouvernement fait de l'estudiano-centrisme.
On se concentre sur la situation des étudiants et des universités pour les aider à traverser la crise. C'est cela la priorité, c'est ce que j'ai dit devant vous la semaine dernière. C'est d'ailleurs du reste ce que la Ministre de l'Enseignement supérieur a redit ce week-end, ce qu'elle a redit chez certains de vos confrères dans une matinale lundi matin.
C'est cela aujourd'hui qui nous préoccupe et c'est cela que poursuit l'Exécutif comme objectif : aider nos étudiants et les universités à traverser cette crise. Sur le second sujet, là aussi je crois qu'il y a suffisamment de travail pour ne pas consacrer trop de temps à ces questions-là. L'important pour nous c'est de ne pas faire de la politique politicienne avec la santé de nos enfants et avec la situation de nos agriculteurs.
Voilà ce qui nous préoccupe et ce qui nous rassemble et, encore une fois, si on reprend cette question-là, des cantines de nos enfants. J'ai cité tout à l'heure les réformes importantes engagées dans le secteur agricole. J'ai rappelé les objectifs qui sont les nôtres, les objectifs d'augmenter le recours au bio dans nos cantines.
Je crois que la Ministre a eu l'occasion de rappeler aussi ce que nous avons porté dans un certain nombre de réformes s'agissant de l'alternative végétarienne dans nos cantines scolaires, c'est cela notre ligne et ce sont les objectifs que nous poursuivons. J'ai une dernière question de la part de France Info sur un sujet plus léger : La vidéo pour promouvoir le respect des gestes barrières de McFly et Carlito sur YouTube a dépassé les dix millions de vues, c'était le défi que leur avait lancé le Président de la République. Est-ce qu'Emmanuel Macron va tenir son pari et donc participer à ce fameux concours d'anecdotes qui lui est proposé ?
Et, plus généralement, vous êtes vous-même le Ministre le plus présent sur les réseaux sociaux, est-ce qu'il y a une stratégie assumée de l'Exécutif d'être très présent sur ces supports-là pour parler aux jeunes qui parfois peut-être vous échappent via les médias traditionnels ? Sur le premier point je me réjouis de ces dix millions de vues parce que ce sont dix millions de personnes qui ont regardé cette vidéo qui rappelle l'importance des gestes barrières, évidemment avec un ton décalé, avec de l'humour, mais je crois que c'est aussi un moyen de nous rappeler collectivement, en permanence, les gestes que nous devons poursuivre pour lutter contre l'épidémie, une vidéo qui a été faite par deux YouTubeurs qui sont particulièrement engagés puisqu'ils avaient déjà réalisé des opérations, notamment pour venir en soutien à nos soignants dans le cadre de l'épidémie. Et le Président de la République a toujours tenu tous ses engagements et donc tiendra évidemment l'engagement qu'il a pris devant eux au moment de ce défi.
Sur le second point, je considère en tant que porte-parole du Gouvernement que je dois aller répondre aux questions des Françaises et des Français sur tous les terrains qui sont disponibles pour le faire. Ce que nous faisons aujourd'hui est évidemment un terrain qui est central et très important. Les journalistes sont évidemment ceux qui ont vocation à interroger, interpeller, demander des réponses au Gouvernement sur tous les sujets.
Mais aujourd'hui l'essor du numérique et des réseaux sociaux nous donne infiniment de possibilités pour avoir cet échange direct, sans filtre, et pour pouvoir répondre là aussi à des questions. Et je considère par ailleurs que, dans le cadre de la crise sanitaire, il y a une telle nécessité à répondre aux questions, aux doutes, aux inquiétudes, une telle nécessité là aussi à être présent pour relayer un certain nombre de messages, parfois pour contrer un certain nombre de messages complotistes, de messages faux, de mensonges qui sont relayés, qu'il ne faut pas avoir de snobisme sur les modes de communication qu'on doit utiliser. Et donc je vous invite à suivre l'émission que je lancerai ce soir à 19h depuis l'Elysée, sans filtre, en direct sur YouTube et sur Twitch.
Avec grand plaisir. Pardon, je voulais juste rebondir sur la question de Simon Le Baron sur la question des menus sans viande. Est-ce que le sujet a été abordé en Conseil des ministres et est-ce qu'on peut dire a minima brièvement que c'est un raté ou alors une communication malheureuse de la part du Gouvernement et même de certains députés parce qu'eux aussi se sont divisés entre eux sur le sujet ?
J'entends votre question. Pour ne pas faire de jeu de mots, je ne vais pas moi-même remettre le couvert sur cette question-là. Ce que je peux vous dire c'est que non, ce sujet n'a pas été abordé, et je peux vous dire que le Président de la République considère qu'il y a suffisamment de travail sur tous les fronts que j'ai évoqués pour aborder cette question-là en Conseil des ministres évidemment.
Et donc, encore une fois, il faut se concentrer sur les objectifs qui sont les nôtres, qui sont fixés par le Président de la République, qui sont animés et construits par le Premier ministre, c'est-à-dire faire face à la crise sanitaire, à la crise économique et développer le Plan de Relance et l'ensemble des réformes que nous sommes en train de porter. Merci. Et s'agissant de l'Essonne ou des rixes ont fait deux morts, je voulais savoir si le sujet avait été abordé également ou si le Président a réagi à ces faits divers dramatiques ?
Vous savez que nous abordons très régulièrement en Conseil des ministres les questions régaliennes, comme on dit, et notamment la question de la sécurité qui est absolument fondamentale pour le quotidien des Français. Le Ministre de l'Intérieur a eu l'occasion de s'exprimer hier à l'occasion d'un déplacement et il a rappelé que le phénomène des bandes est un fléau qui conduit à des drames comme le décès de ces deux jeunes de 14 ans en 24 heures à peine dans l'Essonne et je veux avoir une pensée pour leurs familles, pour leurs proches qui sont frappés par ce drame qui est absolument épouvantable et bouleversant. Les bandes organisées, ce sont des vies qui sont menacées, ce sont des vies détruites.
Ce sont des jeunes qui ne se définissent parfois plus que par la rivalité et par la violence. Et, le Ministre de l'Intérieur l'indiquait hier, c'est un phénomène qui est très francilien puisqu'il y a un nombre très important, massif, de bandes de jeunes identifiés qui se trouvent en Ile de France. Et donc nous prenons nos responsabilités sur ce sujet-là.
Gérald Darmanin a annoncé des effectifs de police supplémentaires. Il a annoncé une réunion avec les préfets d'Ile de France en fin de semaine en lien avec le Ministère de l'Éducation nationale parce que, je veux le dire, et j'avais déjà eu l'occasion de le dire, ce problème nous devons l'aborder par tous les angles. Il y a évidemment la part de réponses qui incombe à nos forces de sécurité et je veux rappeler le chantier majeur qui est engagé par le Ministre de l'Intérieur autour du Beauvau de la sécurité pour continuer à renforcer les moyens de nos forces de sécurité.
Il y a la part qui incombe évidemment à l'Éducation nationale et il y a également le rôle et la part importante des familles dans cette affaire et je pense que c'est dans sa globalité que ce sujet grave doit continuer à être abordé. J'ai deux petites questions pour des confrères de France Télévisions pour l'émission Complément d'enquête. Le cabinet de consulting McKinsey va devoir payer un demi milliard de dollars aux États-Unis pour sa responsabilité dans la crise des opioïdes.
Le journal Le Monde a révélé récemment que McKinsey France ne paierait pas tous ses impôts dans notre pays et qu'il ferait ce cabinet de l'optimisation fiscale dans le Delaware. Et, malgré toutes ces mises en cause, le cabinet de consultants vient de remporter un appel d'offres de douze millions d'euros auprès du Ministère de l'Économie. Est-ce que d'un point de vue éthique cela ne pose pas un problème au Gouvernement ?
Je n'ai pas du tout connaissance de la première partie de votre intervention et de ces questions fiscales donc je ne peux pas vous répondre mais je vous invite à interroger le Ministère de l'Économie et des Finances qui vous répondra évidemment sur ce sujet-là. Sur une autre dimension, sur un aspect de la Convention citoyenne. Elle voulait interdire l'extension d'aéroports existants dans son projet or le projet de loi Climat n'empêchera pas la plupart des extensions d'aéroports comme Nice, Lille ou Nantes Atlantique.
Comment expliquer que ces agrandissements soient finalement possibles ? Il y a une discussion qui se fait au cas par cas avec les élus et les acteurs concernés dans chaque territoire. Et vous savez notamment qu'il y a des annonces qui ont été faites très récemment, il y a quelques jours, s'agissant de l'aéroport de Roissy.
Et pour le reste il y a des discussions qui se poursuivent avec les élus locaux dans chacun des territoires et avec les acteurs concernés pour continuer à avancer. Toutes les mesures, tous les choix que nous faisons ne nécessitent pas de dispositions législatives. En disant cela, je ne sais pas s'il en faut une singulièrement pour cette question-là mais en tout cas il y a des engagements qui ont été pris.
Il y a un certain nombre d'objectifs qui ont été annoncés et on cherche évidemment à les atteindre, toujours en concertation avec les élus locaux. Est-ce que le Gouvernement soutient la proposition de loi qui a été déposée pour interdire l'écriture inclusive dans les documents administratifs ? Là encore, quand je disais tout à l'heure que le Gouvernement se concentrait sur les chantiers prioritaires que nous avons à traverser en ce moment, je redis ce que j'ai dit tout à l'heure de ce point de vue-là.
Pour le reste, j'ai le souvenir que dès 2017 le Premier ministre Édouard Philippe avait pris une circulaire sur cette question-là, sur la question de l'utilisation de l'écriture inclusive dans les documents officiels, et pour ma part qui suis porte-parole du Gouvernement, membre du Gouvernement et qui vois circuler très régulièrement des documents officiels, je n'ai pas d'exemple d'utilisation de l'écriture inclusive dans ces documents-là. Encore une fois je pense que c'est important aujourd'hui de se consacrer aux priorités de notre pays. Et je pense que la crise sanitaire, la crise économique, la relance écologique de notre pays, la question de la lutte contre le séparatisme et du renforcement de notre sécurité est déjà un programme suffisamment vaste pour avancer, ce qui ne veut pas dire que le Parlement ne peut pas déposer des propositions de loi et les examiner en toute indépendance vis à vis du Gouvernement.
Un mot de politique. On est à quelques mois des élections régionales. Est-ce que le Président a récemment, aujourd'hui ou dans les semaines passées, invité à nouveau ses ministres à s'investir en tant que têtes de listes ou en tant que que candidats pour ces élections ?
Merci. Non. Encore une fois, les échanges que nous avons en Conseil des ministres ou dans les séminaires gouvernementaux, il y en a eu un au début de l'année, nous les consacrons vraiment encore une fois à la crise que nous sommes en train de traverser et aux réformes que nous sommes en train de lancer, que nous sommes en train de porter à leur terme pour transformer le pays.
On parle très peu voire pas du tout, s'agissant du Conseil des ministres, des questions électorales, même si je sais qu'elles mobilisent évidemment les oppositions, qu'elles mobilisent aussi la presse et c'est normal. Mais cela n'est pas l'actualité du quotidien. Vous avez des échanges avec le Président dans d'autres instances que le Conseil des ministres ?
Non, je n'ai pas de nouveaux éléments à donner sur ce sujet-là. Encore une fois, je conçois que pour les oppositions la question des élections régionales est absolument centrale dans leur prise de parole et dans les interventions qu'elles sont amenées à faire en ce moment. Ce n'est pas le cas du Gouvernement.
Moi je suis ici depuis l'Elysée en sortie du Conseil des ministres en tant que porte-parole du Gouvernement, mais vous savez qu'il y a dans la majorité un mouvement politique, un groupe parlementaire et des responsables de la majorité au niveau plus politique qui peuvent tout à fait aborder les questions électorales et qui le font d'ailleurs régulièrement. Merci beaucoup. Je vous dis à la semaine prochaine.
Emmanuel Macron