Lyhanna : "Je n'en peux plus, on n'est pas à la hauteur de la situation !"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Le grand [musique] matin Sud Radio 7h10h, Jacques Cardose. Vous êtes peut-être sous la douche ou sur la route ou devant votre petit déjeuner. Quoi qu'il arrive, soyez les bienvenus dans le grand matin de Sud Radio, vous le savez, vous avez la parole 0826 300.
On parle justice, on parle retraite aussi beaucoup ce matin. À présent, c'est à la une et c'est à la une, on a choisi ce témoignage sincère d'une députée qui s'y connaît en matière de protection de l'enfance. Bonjour Laur Miller.
Bonjour. Soyez la bienvenue sur l'antenne de Sud Radio. Vous avez été présidente de la commission d'enquête sur les manquements des politiques publiques de la protection de l'enfance.
Ça vous a pris 1 an de travaux et hier vous avez fait sensation en sifflant la fin de la récrée. Euh vous êtes toujours en colère ce matin ? Oui, oui, oui, parce que c'est une accumulation, je pense.
Moi, je suis élu depuis euh 2023, donc ça fait pas si longtemps, ça fait 3 ans. Et euh c'est une période qui est quand même singulière dans l'histoire de notre vie politique, je pense, avec une assemblée qui est très morcelée et en fait, oui, euh je pense comme peut-être beaucoup de Français, j'en peux plus, en fait, je trouve qu'on n'est pas du tout à la hauteur de de la situation de notre pays, qu'on pourrait et qu'on aurait les capacités, je pense, de faire beaucoup mieux et notamment en terme de dignité de la parole politique. et que systématiquement voilà on on retombe dans les travers de travers voilà c'est ça de la politique politicienne.
Vous avez eu des mots très très forts et je vais je propose de vous écouter. On reprend évidemment le fil de l'entretien juste après. On vous écoute.
Depuis qu'on a commencé cette séance de question gouvernement. J'ai honte de l'image qu'on donne. Hier, il y a des hommes, des femmes, beaucoup de femmes qui se sont déplacées probablement pour la première fois de leur vie devant un palais de justice pour nous demander d'agir en responsabilité et de protéger nos enfants.
Et depuis 15h, on se renvoie la balle comme des gamins dans une cour d'école. On cherche des responsabilités individuelles [applaudissements] et en fait, j'imaginais mais avec beaucoup de naïveté sans doute qu'on allait être constructif enfin parce que je crois que c'est ce que les gens attendent de nous sur un sujet comme celui-ci, qu'on se tienne la main, qu'on se tende la main, qu'on se mette tous autour d'une table pour travailler pour nos enfants. Vous savez quoi alors Miller, ça vous fait ça nous fait du bien de vous entendre.
Ça nous fait du bien d'entendre ce genre de témoignage à l'intérieur de l'hémicycle. Alors, comme vous l'avez dit tout à l'heure, peut-être parce que vous faites pas de politique depuis très très longtemps, mais parce que tout simplement bah c'est le sentiment de tous les Français en fait, c'est qu'à un moment donné, arrêtez de vous en de vous renvoyer la balle, vous le dites fort bien, je vais pas le refaire mais en tous les cas cet agacement on le comprend. Vous faites un énorme travail sur la protection de l'enfance.
Je le disais, il y a eu ce rapport au vitriol il y a 1 an et en séance, on se bat comme des chiffonniers. J'imagine que la lenteur de la justice, elle ne vous étonne pas vous. Non non, rien ne m'étonne.
Mais comme vous le dites, je trouve que c'est dommage en plus parce que je voudrais dire aussi à peut-être à ceux qui nous écoutent que il y en a franchement beaucoup des députés hommes et femmes et des des sénateurs sans doute aussi qui font ce travail dans l'ombre qui rendent des rapports qui sont extrêmement utiles. Et en fait, il faudrait juste que ces rapports-là et que ces hommes et ces femmes de bonne volonté on on les mette au travail finalement et je pense qu'on s'en sortirait beaucoup mieux qu'aujourd'hui mais finalement on entend les voix que de quelques députés très médiatiques. qui rend pas service aux autres et qui soi suivi des faits ces fameux rapports par parce que vous avez fait 92 recommandations sur la protection de l'enfance.
Est-ce que certaines ne serait-ce que une a été reprise ? Alors il y a eu des avancées, il faut faut quand même le dire. Il y a eu alors je bah alors il y a eu des décrets mais bon vous allez pas être satisfait en effet mais il y a eu des décrets d'application qui ont été pris sur une loi qui s'appelait la loi Taquet d'Adrien Taquet qui datait de 2022.
Tenez-vous bien, c'était une loi euh qui était euh salutaire en effet lorsqu'elle a été prise pour accompagner davantage et beaucoup mieux les enfants issus de la de l'aide sociale à l'enfance. Et depuis 2022, on avait des décrets d'application qui n'étaient pas encore pris. Donc on va dire qu'on a rattrapé euh un retard qui n'avait pas lieu d'être en mettant en œuvre un certain nombre de décrets d'application.
C'était au moment de Catherine Votrein lorsqu'elle était ministre. Donc ça n'est pas entièrement satisfaisant parce que ça aurait déjà été pris mais c'était une bonne chose. En revanche en effet pour l'essentiel rien n'a été pris.
Le pire de tout c'est que tout ne passe pas par la loi. Oui. Simplement il faut une volonté politique globale.
Il faut prendre le sujet à bras lecorp. Il faut mettre tous les ministres autour de la table parce que ça n'est pas que l'affaire d'un ministre mais c'est l'affaire de toutes les administrations. Euh et en effet parce que c'est compliqué sans doute on en est encore là aujourd'hui.
Vous parlez d'un désengagement de l'État pour la protection de l'enfance d'une façon générale malgré le fait que certaines des dispositions ont été incluses dans certains projets de loi. C'est toujours valable ça ce jugement que vous avez eu à moment de ce rapport ? [grognement] Bah oui, franchement oui, parce que alors le sujet de la protection de l'enfance, il est comme je le dis, il est peut-être un petit peu plus complexe que les autres parce que il mobilise plusieurs ministères mais parce qu'il mobilise aussi les collectivités territoriales.
C'est sur les départements qui mettent en œuvre cette politique. Oui, mais justement on a le sentiment qui rejette un peu. Oui, mais justement, pardon de vous couper, on a on a le sentiment que le entre guillemets le pouvoir central rejette un peu systématiquement la la faute sur les départements ou sur quelqu'un d'autre.
C'est agaçant quand même. Ah bah, exactement, on en est encore là. C'est-à-dire que tout le monde se renvoie la balle et que donc rien ne se fait.
Et encore une fois, alors c'est des sujets euh cette question de de la protection de l'enfance, c'est un sujet qui impose de nous quelque chose que les politiques n'ont pas l'habitude de faire qui est de voir un peu plus loin que l'année prochaine. C'est-à-dire si on met de l'argent sur la table pour accompagner davantage et mieux ces enfants qui encore une fois ont déjà subi des traumatismes difficiles dans leur famille qu'on a extrait de leur famille pour les mettre sous protection dans des foyers ou dans des familles d'accueil. Si on les accompagnait mieux, on sait qu'à la fin, même si on ne pense pas à la question humaine, ça nous rapporterait de l'argent de mieux les accompagner.
Vous voyez ? Pour ça, il faut un investissement. Voilà, il faut un investissement.
Et vous parlez d'humanité, Lor Miller, dites-moi, le ministère de l'intérieur qui fait interdire la manifestation de lundi à Paris pour la petite Liana en invoquant, je cite, la menace terroriste, est-ce que c'est la bonne méthode ou est-ce qu'ils sont pas, pardon de le dire, mais totalement à côté de la plaque ? Alors, c'est des histoires c'est c'est juridique. Donc, je sais pas exactement euh quels étaient les éléments qu'ils avaient en leur possession.
C'est toujours difficile de juger, mais en effet, vu de l'extérieur, enfin, moi j'ai été, je pense, frappé comme beaucoup de monde de voir que c'est pas la priorité sans doute. Et puis parce que je pense que Infin, les les hommes et les femmes qui se sont déplacés n'étaient pas agressifs et juste ils voulaient réagir à une actualité qui nous traumatise tous et dire que c'était la malheureusement la mort de trop. Je pense qu'on est tous avec ça à l'esprit et que maintenant on a une nécessité d'agir.
Donc oui, bien sûr, c'était des manifestations extrêmement dignes je je crois et et qu'il faut maintenant en revanche en tenir compte et agir et et j'espère vivement agir et agir vivement. Merci beaucoup Lor Miller d'avoir été avec nous pour ce témoignage. Merci pour ce témoignage sincère aussi qui essaie de de remettre l'église au centre du village et qui fait qui siffle un peu la cour de la fin de la cour de récrée parce que c'était un peu ça hier. ce à quoi on a assisté euh à l'Assemblée.
Laure Miller