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ChroniqueSébastien Gobert· 16 décembre 2025 11 minActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalInstitutions & élections

75% d'Ukrainiens opposés à l'abandon du Donbass / 57% opposés à des élections en période de guerre

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Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

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    « Donald Trump répétait encore que son action, ses efforts diplomatiques étaient motivé par le seul désir de vouloir sauver des vies humaines et que d'ailleurs 82 % des Ukrainiens appelaient de leur vœux un accord de paix, sous-entendu quel que soit le prix à en payer. »
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    « 72 % des Ukrainiens se disent prêts à accepter un plan qui gèlerait le conflit le long de la ligne de front actuelle et qui s'accompagnerait de garanties de sécurité de longue durée. »
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    « Seul 23 % des Ukrainiens estiment que la guerre peut s'arrêter entre aujourd'hui et la mi-2026. Par contre, ils sont 43 % à estimer que la guerre va durer jusqu'à au moins la mi-2026, voire déborder jusqu'à 2027. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Il y a quelques jours, le 10 décembre, Donald Trump répétait encore que son action, ses efforts diplomatiques étaient motivé par le seul désir de vouloir sauver des vies humaines et que d'ailleurs 82 % des Ukrainiens appelaient de leur vœux un accord de paix, sous-entendu quel que soit le prix à en payer. Fidèle à son habitude, le président américain n'a pas précisé d'où il tenait cette statistique. Et on sait très bien qu'il y a d'autres motivations derrière son action diplomatique, notamment la volonté de nouer une relation constructive avec la Russie.

Mais ce 82 % dans la bouche de Donald Trump, ça s'inscrit dans la rhthorique d'une volonté populaire ukrainienne qui serait ignoré encore une fois sans préciser par qui. Toujours est-il que cela s'inscrit dans une petite musique qui monte et qui déborde sur la question des élections et peut-être d'un référendum pour valider les résultats d'un quelconque processus de paix. Alors pour prendre un peu de recul par rapport à ça, un nouveau sondage de l'Institut international de sociologie de Kief est sorti et il nous donne pas mal d'indications précieuses.

Alors, parlons-en. Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette nouvelle vidéo où l'on parle des négociations de paix sans parler des négociations de paix puisque comme on le voit, le travail des différentes délégations se poursuit et ce qui nourrit énormément de spéculations et d'incertitudes et pour l'instant il n'y a pas vraiment quelque chose de tangible sur lequel j'ai envie de commenter. D'autant plus qu'il faut toujours se rappeler que pour l'instant les négociations sont entre les Ukrainiens et les Américains avec une participation européenne, mais ils ne sont pas entre les deux plus gros concernés, c'est-à-dire les Ukrainiens et les Russes.

Hier, on a aussi vu passer un plan européen pour assurer des garanties de sécurité à l'Ukraine après justement la conclusion d'un éventuel accord. C'est assez bien étauffé et c'est assez remarquable que les Européens arrivent à exprimer cette position de manière autonome vis-à-vis des États-Unis. Mais pour l'instant vraiment tout ce qui est écrit sur ces feuilles de papier est sujet à changement en fonction euh des différentes évolutions des négociation.

Un député ukrainien, Yaroslave Gelesnac a d'ailleurs noté ce matin sur sa chaîne Telegram qu'il y avait une dissonance cognitive entre cet enthousiasme véhiculé par la sphère médiatique concernant les progrès des négociations et cette idée peut-être cette illusion qu'il pourrait y avoir des progrès dans un futur très proche et donc que on pourrait vivre un tournant voire même une fin des hostilités dans un futur très proche. Donc une dissonance cognitive entre ça et le fait que un projet de loi pour organiser des élections en période de guerre et en période de loi martiale soit parti pour un processus d'étude au long cours dans un comité parlementaire. Et donc on ne parle pas du tout d'un cycle d'étude accéléré.

Là, évidemment, hein, je parle du projet de loi qui est poussé par Volodimir Zelenski parce que lui-même est poussé par Donald Trump parce que lui-même est poussé par Vladimir Poutine. Mais donc le fait que ce projet de loi pour organiser des élections en période de loi martiale soit parti pour une étude au long cours dans un comité parlementaire, et bien ça veut dire que à la fois Volodimir Zelenski mais aussi les parlementaires se projettent toujours dans la perspective d'un conflit de longue durée. Et en tous les cas, c'est au diapason de l'opinion publique ukrainienne qui à 63 % se dit prête à vivre dans un climat de guerre aussi longtemps que nécessaire.

Et en mai c'était 60 % et en septembre 62 %. Donc on voit une consens de l'opinion sur cette question. Un autre indicateur très important, seul 23 % des Ukrainiens estiment que la guerre peut s'arrêter entre aujourd'hui et la mi-2026.

Par contre, ils sont 43 % à estimer que la guerre va durer jusqu'à au moins la mi-2026, voire déborder jusqu'à 2027. Donc là, les statistiques que je vous propose, c'est tiré de cette dernière étude de l'Institut international de sociologie de Kief réalisé auprès d'un échantillon de 547 personnes représentants de la diversité de la population ukrainienne. On peut dire que l'échantillon n'est pas beaucoup mais l'avantage de ces études donc de l'Institut international de sociologie de Kief, c'est leur régularité et ça nous permet de comparer ces indicateurs dans le temps.

On peut en penser ce qu'on veut, mais étant donné qu'on a plus d'enquête d'opinion à grande échelle, c'est-à-dire des élections, et bien ça reste primordial en période de guerre et à tout le moins, c'est beaucoup plus fiable que les 82 % que Donald Trump a sorti de son chapeau. Alors, qu'est-ce qu'on voit d'autre dans ce sondage ? 72 % des Ukrainiens se disent prêts à accepter un plan qui gèlerait le conflit le long de la ligne de front actuelle et qui s'accompagnerait de garanties de sécurité de longue durée.

Et ça donc, comme on le voit, l'opinion publique démontre une acceptation de compromis qui sont quand même très difficiles puisquil faut rappeler qu'il y a encore 1 an, le discours dominant, c'était le retour aux frontières de 1991. Et il faut surtout rappeler que sur les territoires qui sont occupés, que ce soit depuis 2022 ou depuis 2014, il y a des populations, des populations ukrainiennes qui subissent la répression de l'administration russe, une rcification à marche forcée et la militarisation de leur mode de vie. Et donc même si ce sont des concessions très difficiles à envisager, l'opinion publique a bel et bien évolué euh en fonction et aussi de l'évolution du rapport de force et du grignotage russe sur le terrain.

Et dans le même temps, 75 % des personnes interrogées refusent la perspective d'un plan qui prévoirait le retrait de troupe ukrainienne de ce qu'il reste d'Ukrainien dans l'oblast de Donet qui prévoirait une limitation de la taille des forces armées ukrainiennes et qui ne s'accompagnerait pas de garanties de sécurité concrète. Et là encore, on voit une adéquation entre l'opinion publique et les négociations en cours puisque on sait que ces trois questions sont parmi les points d'achoppement entre les négociateurs ukrainiens, américains et européens. Même si évidemment, et faut-il le rappeler, cette question territoriale n'est pas au cœur de l'agression russe.

C'est une guerre à viser bien plus politique pour subjuguer toute l'Ukraine dans son entièreté. Et si la plupart des commentateurs de ces négociations s'arrêtent sur cette question territoriale, c'est d'abord et avant tout leur faute de refuser de voir cette dimension politique, géopolitique et impérialiste de l'agression russe. qui est en jeu.

Et ce pourquoi Moscou insiste sur cette question territoriale, c'est beaucoup plus pour sécuriser des gains et pour tenter d'obtenir par la diplomatie ce qu'elle n'a pas réussi à obtenir par la force jusqu'à présent, afin d'améliorer ses positions en vue d'une offensive future ou en tout cas de la continuation d'une déstabilisation de l'Ukraine en tant qu'enté souveraine. Et c'est vraiment pour ça que les questions de la taille de l'armée, des garanties de sécurité, du statut de la langue ou de l'église, des réparations de guerre, des enquêtes pour crime de guerre sont si crucial he ça dépasse vraiment la question territoriale. Alors dans le cadre des négociations en cours, il est important de s'arrêter sur la question des élections qui sont, comme j'ai dit poussées par le créelin et donc poussé par la Maison Blanche et qui ont contraint Volodimir Zelenski à faire une annonce comme quoi il était prêt à des élections.

Et ensuite, il a fait un tour de pass-pass d'abord en appelant les Américains à sécuriser le scrutin et donc à prendre leur responsabilité et aussi en refilant la patate chaude aux parlementaires qui ont donc enterré plus ou moins un projet de loi dans le processus parlementaire de long terme. Et ça encore une fois c'est raccord avec l'opinion publique puisque une majorité d'Ukrainiens refuse la perspective d'organiser des élections en période de guerre et ça à 57 %. Ils ne sont que 9 % à vraiment vouloir une élection le plus tôt possible.

Et comme vous le voyez sur ce graphique, c'est constant puisque une majorité d'Ukrainiens, que ce soit maintenant ou dans les mois précédents, refusent la perspective d'organiser des élections en période de guerre. Et ça fait écho à une autre donnée, c'est celle du taux de confiance dont bénéficie Volodimir Zelenski. Donc là-dessus, juste entre parenthèses, toujours faire la différence entre la personnalité du président et l'institution de la présidence et les autres institutions d'état qui bénéficient d'un taux de confiance bien plus faible.

Là, en l'occurrence, en décembre 2025, Volodimir Zelenski bénéficie d'un taux de confiance de 61 %, ce qui est très stable quand vous regardez euh les données des mois précédents. Alors, ce que l'Institut international de sociologie de Kief dit, c'est que le taux de confiance envers Vladimir Zelenski a perdu 10 points en novembre à cause du scandale de corruption, le fameux scandale de corruption. Mais à partir du 28 novembre et le limogage du chef de cabinet présidentiel André Yermac, et bien le taux de confiance est remonté donc à ce 61 % qui est un niveau relativement stable comme on peut le constater ici.

Et donc ça c'est vraiment à prendre en compte. Non seulement les Ukrainiens ne veulent pas d'une élection en période de guerre mais en plus de ça il n'y a pas de désaveux majeur de Volodimir Zelenski. Donc encore une fois en période de guerre.

Ce que ça donnera après la fin des hostilités. Est-ce que Volodimir Zelenski a une chance de remporter un second mandat ? Est-ce qu'il veut se représenter ?

Tout ça pour l'instant, ça reste des questions ouvertes. Dans le prolongement de cette thématique, on voit qu'il y a un regain de confiance dans les efforts de lutte contre la corruption qui s'élève maintenant à 59 %. Ce qui est important hein, compte tenu du scandale actuel qui d'ailleurs n'en finit pas de livrer des suites.

Et je voudrais vous parler encore d'un dernier indicateur, c'est le taux de confiance envers les États-Unis qui lui pour le coup s'est effondré d'une année sur l'autre puisque il s'élevait à 41 % en décembre 2024 et il n'est plus aujourd'hui qu'à 21 %. Le taux de confiance envers l'OTAN s'élevait à 43 % en décembre 2024. Aujourd'hui, c'est 34 % et c'est en fait l'Union européenne qui bénéficie d'un regain de confiance avec aujourd'hui 49 %.

Mais on voit quand même qu'il y a une confiance limitée, nettement en dessous de 50 % euh pour tous les partenaires de ce qu'on appelait il y a encore peu l'Occident. Donc voilà, dans cette période troublée, ce sondage nous en dit pas mal sur l'état de l'opinion publique ukrainienne. une opinion qui est donc informée et sensible aux enjeux diplomatiques, qui est prête à des compromis mais pas à n'importe quel prix, qui est prêt à endurer cet état de guerre aussi longtemps que nécessaire et qui refuse très majoritairement l'organisation d'élection en période de guerre et en période de loi martiale et cela donc à contrario de toutes les voies qui s'expriment que ce soit au Krémelin ou à la Maison Blanche et qui prétendent rendre aux Ukrainiens la liberté de faire un choix et à ça donc les Ukrainiens disent non merci que ce soit maintenant ou dans les mois qui ont précédé et face à la volatilité de l'administration Trump quant aux conditions d'une sortie de ce conflit et face encore plus à la menace existentielle que représente l'agression russe et bien on voit que l'opinion publique ukrainienne démontre une constance assez remarquable.

Merci d'avoir suivi cette vidéo jusqu'au bout. le fil et je vous retrouve très vite.