Anasse Kazib - Débat sur l'immigration : Macron fait-il diversion ?
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Il va se mettre les pieds dans le tapis, au-delà de ce que j'en pense, c'est-à-dire cette vieille méthode qui consiste à faire diversion, c'est-à-dire dès que ça chauffe un petit peu socialement, on vous ressort quoi ? L'immigration vous explique en quoi ? Que c'est un grand sujet tabou, qu'on n'a pas le droit d'en parler en France, alors qu'on parle que de ça au moment des élections. Et qu'aujourd'hui, pardon de le dire, mais l'extrême droite a quasiment plus besoin de parler, puisqu'il y a plein de ventriloques qui parlent à leur place, voilà, et qu'on est dans le domaine du fantasme.
La politique d'asile paye d'une certaine façon les manques, à la fois européens et français, d'une politique d'immigration qui soit plus claire. Quand on parle d'immigration, on confond tout. On parle d'asile, on parle de situation de détresse humanitaire, on parle d'immigration économique. Et nous allons avoir un débat à l'Assemblée nationale qui doit nous permettre justement de poser la réalité de l'immigration en France.
Voilà, un débat où il n'y aura pas de vote, un débat où il n'y aura pas de prise de décision, mais il faut poser, c'est ce que disait Stanislas Guérini, le patron de La République En Marche, il faut poser les questions, même si ce sont les questions qui fâchent. La majorité prépare donc ce débat, elle a une semaine pour travailler les éléments, travailler les éléments concrets de ce débat sur l'immigration. Une cinquantaine de députés va être reçus aujourd'hui du ministère de l'Intérieur pour parler regroupement familial, parler questions de droit d'asile, parler reconduite aux frontières. Alors vous avez entendu Olivier Besançois, oui, bien sûr, la colère monte sur les retraites.
Donc dans ces cas-là, on chope un chiffon rouge, on le connaît, c'est immigration et ça permet de déporter l'intérêt des Français alors que l'intérêt des Français, c'est bel et bien la retraite, leur quotidien et le pouvoir d'achat. Après, concernant l'immigration, c'est vrai qu'on a des chiffres, ça donne souvent lieu à des duels de chiffres ou des batailles de chiffres. L'INSEE estime qu'il y avait en 2018 en France 6 millions et demi d'émigrés, ça fait 9,7% de la population. 130 000 personnes qui s'installent chaque année en France ont vocation à y rester, qu'elles soient réfugiées ou non. Par exemple, en 2017 et 2018, Paris avait délivré 262 000 premiers titres de séjour.
Immigration, le débat qui fait diversion, Anas Cazib, 32-16 pour en parler avec les jugés, avec les grandes gueules. Anas.
De toute façon, depuis l'ouverture de cette question-là par Nicolas Sarkozy en 2008 sur l'identité nationale, il y a cette boîte de pandore de l'immigration, elle a été ouverte. Maintenant, depuis on va dire un an et demi, les deux sujets sur lesquels il y a moyen de gratter des électeurs, parce qu'on parle d'élection, les gens-là, s'ils ne sont pas élus ou réélus, ils n'existent pas, ils n'ont pas d'intérêt de faire de la politique. Et les deux sujets majeurs, aujourd'hui, on le voit avec le dernier sondage Ipsos en tête de gondole, si je puis dire, c'est l'écologie. Et ce qui fait ramener aussi un peu des électeurs, c'est le sujet de l'immigration.
Donc on tape un petit coup à gauche pour aller récupérer des voix chez les gauchistes, et on tape un coup à droite pour essayer de récupérer les, on va dire...
Alors, ce n'est pas un sujet pour toi, l'immigration ou pas ? Ceux qui se sont trouvés dans l'aile droite, on va dire, des Républicains. Sans que ce soit un sujet ? Ce n'est pas un sujet, l'immigration, pour toi ?
Pour moi, ça n'a jamais été un sujet, sauf pour ceux pour qui c'est un sujet. Mais moi, je ne vois pas de sujet sur l'immigration. Moi, je suis fils d'immigré, donc voilà, sinon je ne serais pas devant vous, je serais peut-être en train de presser des jus à Marrakech. Donc moi, je suis très content que mon père ait été accueilli dans ce pays, il l'a bâti, il l'a construit, nos parents, sur des générations et des générations.
Maintenant qu'on ait l'impression que c'est Mamadou qui vole le pain des Français, ce n'est pas Mamadou qui ferme Fort Blancfort, ce n'est pas Mamadou qui ferme Whirlpool, ce n'est pas Karim qui ferme GMS, ce n'est pas le travailleur polonais ou autre qui fait en sorte qu'il y a de la misère sociale. Voilà, il faut un peu regarder en haut, moi, je pense, et essayer d'arrêter de regarder les migrants. Il n'y a personne, il n'y a pas un plaisir. Je pense qu'il faut s'imaginer qu'une personne qui quitte le Bénin, qui quitte le Soudan, ne le fait pas pour la CAF. Il n'y a personne qui quitte son pays pour la CAF ou le RSA. Ça n'existe pas, ça, d'accord ?
On ne risque pas sa vie, on ne risque pas la mort en mer pour une histoire de CAF ou de RSA. Enfin, il faut ouvrir les yeux.
Gilles William Golnadel.
D'abord, je suis content qu'un fils d'immigrés se réjouisse d'être en France parce qu'il y a tellement de discours misérabilistes en expliquant que les Français de souche sont des afro-racistes. Ça me fait plaisir à entendre, premièrement. Deuxièmement...
C'est le débat qui fait diversion, l'immigration ?
Je ne comprends pas ce que ça veut dire. Très sincèrement, je ne comprends pas ce que ça veut dire. Que l'immigration, et notamment l'immigration massive, et notamment l'immigration illégale, soit un problème légitime pour de très nombreux Français, pour une majorité de Français, en ce compris des immigrés ou des petits-fils d'immigrés comme celui qui vous parle, ça me paraît totalement légitime. Ça me paraît même relevé de la banalité affligeante. Que, comme tous les sujets, comme tous les sujets qui existent et des vrais sujets, ils soient instrumentalisés par le monde politique, c'est normal. C'est normal. Et que ces gens-là aient des arrières-pensées politiques, c'est tout à fait normal.
C'est leur boulot. Maintenant...
Est-ce que c'est un sujet dont parlent quotidiennement les Français ? C'est ça la question ? Parce que depuis un an, est-ce qu'on parle d'immigration ou est-ce qu'on parle de pouvoir d'achat ?
Mais Alain, tu passes ton temps à m'interroger sur la question à chaque fois que je viens. Ne me dis pas que ça tombe du ciel. Non, mais là, le sujet est remis sur le tapis par le Président à l'Assemblée nationale. Cessons cette comédie. Alors que pendant plusieurs mois, le grand débat, c'était sur le pouvoir d'achat des Français, c'était pas sur l'immigration. Mais c'est pas sur le fromage ou dessert. Je ne te dis pas que c'est l'unique problème. Je te dis que la question de l'immigration, ce n'est pas une question qui est née aujourd'hui dans le cerveau fertile de M. Macron. Le problème avec M. Macron, c'est qu'il a effectivement, là, parlé d'un bon sujet. Il en a bien parlé.
Et notamment le fait qu'il décrit une partie de son électorat, à savoir les bourgeois, comme insensibles au problème des gueux dans les banlieues, problème de sécurité, problème également culturel, si j'ose dire. C'est normal, mais le problème, c'est que c'est quelqu'un qui dit tout et son contraire. Je pense que ce président, que je respecte, est quand même atteint de schizophrénie politique. C'est quelqu'un qui, encore, il y a quelque temps, expliquait qu'un blanc, un mâle blanc, n'était pas habile à commander un rapport dans les banlieues. C'est quelqu'un qui m'expliquait, il y a encore un an ou deux ans, qu'il n'y avait pas de culture française.
Donc il est capable de dire tout et son contraire. Et je le soupçonne d'être à chaque fois sincère. Il y a quand même un problème. Oui, mais là, sauf qu'on ne sait même pas comment il est posé, le débat sur l'immigration. Il y a un débat sans vente, c'est un débat sans vote, c'est une comédie.
Ah, alors c'est bel et bien destiné à faire diversion, alors Gilles-William-Golnadel. D'ailleurs, quand on pose, au sein de la majorité, on pose le débat sur l'AME, l'aide médicale d'État, on voit bien que Mme Buzyn, qui est médecin, dit « Moi, j'aurais signé la tribune des médecins pour maintenir l'AME ». Donc on voit bien, au sein de sa majorité, ils ne sont pas d'accord. Donc ça prouve que le débat, eh bien, il est bien sorti aujourd'hui.
C'est une palinodie. Le débat en lui-même sans vote, c'est une palinodie. Donc il est sorti comme un chiffon rouge. Je te parle de moi des déclarations.
Moi, je te parle d'un débat qui arrive à l'Assemblée nationale. On estime qu'il était indispensable d'en parler pour les Français.
Je n'ai pas l'impression qu'aujourd'hui, les Français en soient préoccupés au premier chef. Je pense que les Français sont extrêmement préoccupés par la question de l'immigration et c'est légitime. Moi, je ne suis pas d'accord avec ça. Oui, oui, j'avais compris. Je ne suis pas d'accord avec ça. Les gens, ils cherchent ce qu'ils mettent dans leur assiette dans un premier temps. C'est ce qui les intéresse. L'immigration, enfin, quand on regarde un peu les statistiques au niveau électoral des votes, mais les votes où c'est massivement pour le Front National, ce sont des secteurs où les gens ne vivent même pas avec un immigré.
Enfin, je vous invite à regarder un super reportage sur Arte où il n'y avait pas... Dans le Nord, ils ne vivent pas... Non, mais enfin, tu plaisantes ou quoi ? Dans le Nord, ils ne vivent pas avec un immigré. Le Nord, au Rassemblement National, c'est n'importe quoi. Non, mais dans le Nord, j'ai le William, dans les bassins miniers, dans la Picardie. Enfin, je suis désolé, moi, mon secteur, c'est Paris Nord. Paris Nord, on fait des tournées des fois à Compiègne. Je t'invite à aller du côté de Compiègne, de Aurilaville, de Creil, de voir la misère sociale. Merci pour ton invitation, mais je suis souvent allé à Amiens, je sais comment ça se passe, par exemple.
C'est la misère sociale, et le Front National sait faire ça, c'est aller gratter sur la misère sociale. Mais ces gens-là sont préoccupés à la fois par les questions sociales et à la fois par les problèmes de migration. C'est pas encore une fois un choix. Ces gens-là veulent manger, j'ai le William, ils veulent manger, s'ils ont du boulot, d'accord ? La préoccupation de l'immigration, elle ne viendrait pas, d'accord ? Le problème, c'est qu'on leur a expliqué, on leur a fait croire que ceux qui ont fermé les mines, ceux qui ont fermé les entreprises à Amiens, dans le Nord, à Roubaix, etc., ce sont les Africains.
Mais ils n'ont pas besoin de croire pour savoir qu'encore aujourd'hui, la France est incapable de faire respecter les lois, les lois républicaines sur les flux migratoires. C'est pas une invention, ça. Actuellement, les gens, y compris des gens qui ne sont pas éligibles aux droits d'asile, peuvent s'installer...
Genre les Albanais, les Géorgiens et autres, dont le nombre d'arrivées sur le territoire a augmenté.
Ou les Ivoiriens, ou les gens du Nigeria, qui ne sont pas éligibles aux droits d'asile, peuvent s'installer illégalement sur le territoire français. Sans bouger en suite. Et ou quoi qu'ils y sont, ils y restent. Eh bien ça, ça révolte légitimement tous les Français de toute origine. Mais pourquoi ils viennent illégalement, Gilles William ? Parce que justement et contrairement... Parce que justement et contrairement... Est-ce que toi, tu peux aller au Nigeria de manière facile ? Est-ce que tu pourrais aller en Côte d'Ivoire ? Non mais... Si tu vas... Attends, je te pose une question. Travaillez. Si tu vas, n'importe quelle... C'est ça qui est marrant.
C'est-à-dire les Français, lorsqu'ils vont à l'extérieur, vous savez, ce n'est pas des immigrés. Ce sont des expats. C'est fashion. Ils s'installent, ils viennent promouvoir le bon pain français, les bonnes boulangeries, les bons pinards. Mais par contre, lorsqu'il y a un immigré, un Ivoirien, etc., il vient illégalement. Il vient pour gratter la CAF et le RSA. N'importe quelle personne de ce pays qui sont français et européens... Moi, si je veux aller au Nigeria, je vais prendre mon biais et je pourrais aller au Nigeria. Et un Nigérien ne pourrait pas faire la même chose parce qu'on ferme nos frontières. Ce n'est pas normal. Un petit détail. Tu y vas avec ton passeport.
Tu ne t'imposes pas dans un pays. Quand tu rentres chez quelqu'un, tu frappes à la porte. D'accord ? C'est la première loi de l'hospitalité. Parce qu'on a des traités, Gilles William. Il y a des traités qui nous permettent de voyager dans l'ensemble des pays du monde. Est-ce que tu peux entendre, encore une fois, en dépit du monde fou dans lequel nous vivons, il y a des frontières pour les États-nations et qu'on doit se plier à des règles. Ces gens-là ne se plient d'autant plus aux règles qu'ils savent très bien que ces règles sont foulées au pied ici. et qu'ils sont en plus aspirés par des conditions qui leur sont faites, qu'ils ne peuvent pas rêver dans leur métier.
Gilles William Golnadel. La réalité, elle est là. Gilles William Golnadel.
Il y a Maxime Liedau qui vous regardez, qui a sûrement une ou deux petites choses à nous dire quand même. Dans un instant. Ensuite, débat sur l'immigration, débat indispensable. Ou débat destiné à faire diversion 3216rmc.fr pour en parler avec les Gégés. Les Gégés, les grandes gueules avec aujourd'hui Gilles William Golnadel. Nous sommes avec Anna Skazy, Maxime Liedau, des grandes gueules qui parlent de l'immigration. Avant de reprendre le fil de notre discussion, nous vous offrons un séjour en famille au Futuroscope de Poitiers. Et pendant les vacances de la Toussaint, le Futuroscope va passer en mode Halloween, Futuro Win.
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Indéniablement, il fait diversion dans le sens où on est évidemment dans un moment où tous les sujets qu'aimerait évoquer Emmanuel Macron, économie, retraite, est sensible, est tendu. Les voyants sont rouges. Maintenant, est-ce que l'immigration est un débat ? Oui. Et ce qu'on voit en ce moment partout, notamment les premiers dans la bouche des députés de La République En Marche, avoir un discours horrifié en comparant Macron au Front National, prouve qu'il y a un problème avec ce sujet. Qu'on préfère le mettre sous le tapis en espérant que...
Ah, ça c'est le problème quand tu as une majorité composite d'aile droite et d'aile gauche.
Bien sûr, mais c'est révélateur de quelque chose qu'on veut impérativement mettre sous le tapis. Alors que c'est préoccupant. Un sondage dont je ne dirai pas la source pour ne pas me tromper était que 67% des Français ne se sentent pas chez eux. Ça c'est factuel.
Mais ça veut dire quoi, ne pas se sentir heureux ?
Justement, peu importe, il faut creuser ça pour trouver des solutions. Peu importe, si tu sors une donnée... Non mais attends, pardon, mais Anas, tu as quand même été capable de faire le lien entre immigration et les usines qui fermaient. Donc bon, le jour où tu arriveras à dire quelque chose de cohérent, peut-être que tu me reprendras sur mes sourds. C'est ça, oui. Et donc... Attends, attends, attends. Vas-y, fini. Et donc j'aimerais terminer. Et ensuite, il y a quand même quelque chose qui prouve que dans le pays, il y a une sorte de police dans la pensée. À partir du moment où il y a un discours accès de police et qu'ils refusent de voir qu'on a quand même une immigration illégale.
À partir du moment où il y a en France 255 000 de passeports, d'autorisation d'entrée sur le territoire, de délivrés contre 325 000 qui bénéficient de l'aide médicale d'État, pardon, ça prouve bien qu'il y a une donnée qu'on n'a pas en compte. Et donc ce qu'on appelle les lois qui nous obligeraient à renvoyer les personnes qui sont en situation irrégulière chez eux ne sont même pas appliées. Donc ça prouve quand même qu'il y a non seulement un sujet, il y a un débat et donc qu'il y a des trous.
Anas, parce qu'aujourd'hui, on voit qu'on mélange tout le sentiment. Et ça, ça fait longtemps, soi-disant, les Français qui disent « on n'est plus chez nous ». Il faut l'expliquer, c'est ce que ça veut dire « on n'est plus chez nous ». Ensuite, il y a le fait que les migrants qui essayent de venir en France ou plutôt en Europe, c'est pas la France qui peut régler le problème. On en accueille quasiment peu ou pas. C'est un problème européen. Et puis ensuite, il y a la question effectivement des droits d'asile pour des demandeurs du droit d'asile qui n'ont pas légitimité à le demander. Et la question, c'est surtout les géorgiens notamment et les albanais.
Donc si tu veux, il y a trois sujets qui sont distincts les uns des autres.
Mais qui en regroupent un. Mais en plus, je finis juste sur ça. Je pense que la plupart de ceux qui réagissent n'ont même pas écouté attentivement le chef de l'État. Il n'a pas du tout fait un discours du Front National. Dans le discours national, j'entends rarement « oui, il faut accueillir mieux ». J'entends rarement ça. Or, Emmanuel Macron a précisément dit ça. Il dit précisément « écoutez, il faut s'organiser pour que ceux qui aient le droit à tout ce qu'on peut offrir en France en bénéficient et correctement ». Donc il faut accueillir mieux, mais sélectionner et notamment tous ceux qui viennent pour des raisons économiques faire le tri et les renvoyer chez eux n'est nécessaire.
Il ne dit que la simplicité.
– Non, non, non. Il a quand même dit, ce qui est assez nouveau dans sa bouche, c'est que justement, et il ironisait sur les bourgeois, il a quand même dit que des Français dans les quartiers avaient de réels problèmes par rapport à l'immigration. – C'est nouveau dans sa bouche. – Ah oui. – Non mais pardon, c'est nouveau dans sa bouche. C'est quelqu'un qui, il y a encore un an, considérait les gens qui avaient ce genre de problème comme des lépreux. Il est maintenant, comme un souverain tomaturge, il est capable maintenant de guérir les écrouelles. Il guérit contre la lèpre, M. Macron. C'est quand même un discours tout à fait nouveau. Et d'une certaine manière, il risque…
– Mais est-ce que tu as compris ce qu'il voulait faire ?
– Non mais d'une certaine manière, j'ai compris… – Est-ce que tu as compris ce qu'il voulait faire ? – Non mais d'une certaine manière, je ne sais pas ce qu'il veut faire. Mais d'une certaine manière, il risque d'être piégé par son double langage, parce que beaucoup de gens qui, justement, avaient peur d'être désignés comme des lépreux, vont sortir de leur ghetto et disent, même si le chef de l'État reconnaît que l'immigration est un problème dont on peut parler et dont on doit parler…
– Oui mais sans mesure derrière, Christophe Castaner a dit lui-même qu'il n'y aura pas de décision. Donc ça n'a strictement aucun intérêt. Le nouveau monde fait de la politique politicienne comme l'ancien monde, quoi, si tu veux. En plus, c'est se moquer des Français, parce que si les Français ont vraiment un problème aujourd'hui avec l'immigration au deux tiers, comme tu le dis, à ce moment-là, il faut apporter des solutions.
Or là, on n'apporte pas de solutions. – C'est un discours purement et simplement platonique, dont il risque, finalement, d'un jour d'avoir à payer l'addition par rapport aux gens qui veulent faire quelque chose. – Anas Kazib. – Quelle discussion de bourgeois pour qui ça va très bien dans le monde. – Oh là là, ça y est. Allez, côté, tu vas lui parler à Anas. – Si vous voulez parler entre vous, je vous laisse parler entre vous, il n'y a pas de problème. – Vas-y, vas-y Anas. – Je ne sais pas c'est quoi ton rapport à l'immigration, mais tu as une vie très bonne et je ne pense pas que tu as des difficultés, que l'immigration t'empêche de vivre au quotidien.
À un moment donné, lorsqu'on regarde la manière dont les personnes issues de l'immigration ou qui viennent ou qui essayent de fuir, soit les guerres, soit la misère, et viennent se réfugier en France, en Allemagne, en Belgique ou ailleurs, – Et qu'on trouve dans les restaurants, dans les cuisines des restaurants. – Qui, par exemple, délivre la monnaie qui est le franc CFA ? C'est la France. C'est-à-dire, vous imaginez, vous, une seule seconde, si l'euro était tiré en Côte d'Ivoire, si c'était les Ivoiriens qui seraient en train de tirer l'euro. Moi, je reviens de Marrakech, moi, je suis d'origine du Maroc, je suis parti à Marrakech cet été.
Allez dans la Médina, dans le souk, ceux qui ont déjà eu l'occasion d'aller à Marrakech. On a vidé la Médina de Marrakech de tous ses habitants. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il n'y a que des maisons d'hôtes et des riades qui ont été rachetées par des Français. C'est-à-dire que si on avait pris le premier arrondissement, le deuxième arrondissement de Paris, qu'on l'avait vidé de ses habitants… – Non mais je me confonds. – Si tu veux dire… – Le problème, c'est que tu retournes. – Non mais parce que vous parlez d'un problème de l'immigration. – Oui, si tu veux dire. – Je suis en train de… – Attendez, je suis tout sous le prisme du marxisme. – Mais je ne pense rien de marxisme.
– Lorsqu'on parle d'immigration, ce n'est pas en termes de terrain, ce n'est pas en termes d'espace. Les gens n'ont pas un problème d'espace, on n'a pas un problème d'espace en France. Lorsqu'on parle d'immigration, on parle « finance derrière ». – Je te réponds un moment, c'est fini. – Lorsque les gens parlent d'immigration, il colle la question de finance. La ME, pourquoi on parle de la ME ? – Mais parce que ça pose problème, Anas. – La ME, c'est 300 000 personnes. – Non mais je vais t'expliquer le problème, Anas. – 300 000 personnes, c'est qu'on foigne les gens.
– Non mais non, pas du tout. Je vais t'expliquer ton problème qui est ton côté marxiste et un peu trop révolutionnaire. Non mais c'est parce que je vais t'expliquer le problème. C'est que tout cet argent qu'on n'investisse pas ou qu'on n'investit pas auprès des gens qui en ont vraiment besoin, c'est-à-dire que ceux qui sont en situation d'illégalité ne va pas, ne peut pas, laisse-moi finir. – C'est un problème d'argent. – Non mais justement, l'argent, tu en parles tout le temps avec ceux qui sont au plus riche. – C'est un milliard d'euros, c'est un milliard d'euros pour l'État.
– La fraude fiscale, c'est 120 milliards, la fraude à la TVA, le carousel de TVA, c'est 700 milliards, le CICE, c'est 40 milliards, de l'argent, il y en a un moment donné,
il faut arrêter d'aller chercher les gens pour 300 millions d'euros, d'aller mécoter, d'aller laisser les gens crever dans la mer pour 300 millions d'euros quand il y a 120 milliards de fraude fiscale chaque année. Alors il faut arrêter 5 secondes, regarde, tu peux l'en remettre. – Ça n'a rien à voir, tu comprends, tu comprends, tu comprends, tu comprends, tu comprends.
– Là où on peut justement tenter de faire de l'économie, c'est pour réussir à mieux adapter, mieux intégrer et mieux s'occuper de ceux qui sont en droit d'être sur notre sol, c'est tout ce que je veux te dire, c'est uniquement ça. Parce qu'il y a un sujet, plus on peut gagner de l'argent quelque part pour mieux les intégrer, mieux s'en occuper, mieux sécher tout ce que c'est humanitaire.
– Très sincèrement, et je ne veux pas du tout y réuniser, je n'ai rien compris à la sortie d'Anas, mais rien compris. Si, en parlant de la Médina qui se vide, ça veut dire que l'immigration appauvrit également les pays d'immigration, ah ben je suis bien d'accord. Il y a beaucoup de jeunes qui seraient beaucoup mieux à s'occuper de leur pays chez eux plutôt qu'à venir ici. Si c'est ça que ça voulait dire, ok. – Ça veut dire simplement de laisser la richesse dans les pays des gens ? – Non mais tu feras l'exégèse après, ok.
Ensuite, réduire le problème de l'immigration à une question économique, c'est de ne rien comprendre aux multiples problèmes que pose une immigration massive et souvent illégale. illégale, il n'est pas seulement qu'économique, il est aussi économique, parce qu'un milliard c'est pas rien, et c'est gênant quand même que des gens français en situation régulière ne bénéficient pas de l'aide médicale dont un illégal bénéficie. Il y a quelque chose quelque part qui échappe un peu. – C'est incroyable. – Oui, oui, c'est incroyable. – C'est de la fake news en venu en voir. – Non, c'est pas du tout. – Les gens n'ont pas le droit d'utiliser l'aide médicale. – Pas du tout.
– Non, attendez, on ne peut pas dire n'importe quoi non plus. – Non, non, non, et bien justement… – C'est en train de faire croire que les immigrés bénéficient plus de l'aide médicale d'État qu'un Français. – Je te dis qu'un… – C'est-à-dire que tu connais des Français qui vont à l'hôpital et à qui on dit on ne vous soigne pas parce que vous n'avez pas d'argent. – Oui, je peux te dire qu'un illégal n'a rien à payer du tout, contrairement à quelqu'un qui se trouve dans une situation de légalité. – Oui, c'est plus qu'un Français qui va à l'hôpital. – Ça s'appelle la solidarité comme j'aime français. – Non, pas la solidarité.
– Moi je paie, dans ma fiche je paie, je paie la ME, j'en suis fier, je suis heureux de payer la ME. – Ce ne sont pas que des problèmes économiques qui sont importants, ce sont aussi des problèmes de sécurité, ce sont aussi des problèmes d'identité et ce sont même des problèmes de terrorisme.
– On va écouter Wilfried qui nous appelle, excuse-moi, excuse-moi, t'es gentil mais
toutes les victimes, toutes les victimes juives, toutes les victimes juives du terrorisme islamique ont été tuées par des gens issus de l'immigration, c'est un fait, il peut te déranger mais c'est un fait. – Né en France, issus de l'immigration, non mais attends, t'es gentil, issus de – Et chaque mot compte issus de l'immigration, donc l'immigration est un problème multiforme. – Donc c'est… – L'immigration… – C'est intéressant ce que tu disais, c'est que tu disais… – Mais ah bah j'ai dit William… – Oui, mais c'est intéressant dans le sens où je vais t'expliquer… – Non mais c'est souvent intéressant…
– C'est-à-dire que tu parles d'une immigration massive pour en arriver aux jeunes, à la jeunesse issue de l'immigration. – Ah bah si tu veux me faire dire… – Donc là c'est un problème des générations… – Alors si tu veux me faire dire… – Si tu veux me faire dire qu'une bonne intégration, une nécessaire intégration, qui est actuellement partiellement ratée et justement gênée par des nouvelles couches de gens qui viennent et qui empêchent l'intégration des précédents, je te le dis très volontiers.
– On va écouter Wilfried qui nous appelle de Côte d'Or, il est en direct avec nous. – Rien.
– Donnez votre avis au 32ème. – Les grandes gueules.
– Wilfried bonjour. – Bonjour. – Bonjour. – Bonjour. – Qu'en dites-vous ? Est-ce qu'on est dans un… – Je suis invité l'auditeur, je vous entends, le débat est un peu animé. – Bah à peine. – Voilà, je suis aussi immigré. Je suis aussi immigré. Je voulais reprendre à Jules-William-Golandès, je lui dis déjà bonjour. Bonjour Monsieur. – Bonjour. – Bonjour. – Quand on parle de l'immigration, j'aimerais bien qu'on parle aussi de la cause de l'immigration. Le pourquoi les gens immigrent. Ça c'est aussi important. Je suis aussi immigré. Je vais vous dire tout simplement, moi je n'ai pas reçu un billet d'avion, un billet d'invitation de la France. Je suis venu aussi m'incrusté.
Ça fait 20 ans que je suis en France. Je n'ai jamais chômé. J'ai chômé les deux premières années où je suis arrivé et jusqu'aujourd'hui j'ai toujours travaillé. Pas de chômage. J'ai reçu les papiers une semaine, je n'ai jamais chômé. Donc ça veut dire que quelque part, je rends ce que la maire patrie m'a donné quand je suis arrivé.
– Oui.
– Et de deux, je vais vous dire une chose. Il faut que la politique, la France revoie sa politique au niveau Afrique subsaharienne. Ce qui fait que les gens quittent chez eux. Ce n'est pas par quitté de cœur, mais ils quittent par nécessité. C'est comme si aujourd'hui tu habites dans un coin où il y a des dealers, il y a des gens mauvais, tu es obligé de partir pour chercher un endroit calme, apaisé, dans l'intérêt de vos enfants pour qu'ils puissent grandir dans les bonnes conditions. C'est exactement ça. – Il fuit la misère. – Pardon ? – Il fuit la misère. – Il fuit la misère.
Aujourd'hui, quand on regarde en Afrique subsaharienne, dont moi je suis centrafricain, dont je viens, notre dirigeant aujourd'hui a voulu coopérer avec les Russes. Pourquoi la France oppose ? Nous, on a aussi le droit de coopérer avec d'autres pays pour essayer d'avancer. On a vécu avec la France pendant des années, des années, des années, mais rien n'a avancé. Aujourd'hui, on ne peut pas converser avec d'autres pays. La monnaie, elle est déjà bloquée par la France. Il n'y a que la France qui peut gérer cette monnaie-là, déjà. Et de deux, aujourd'hui, nous, en tant que jeunes, nous demandons tout simplement à ce que la politique change.
Moi, aujourd'hui, si j'ai ce que j'ai comme revenu en France, je serais parti. Chez moi, je serais parti. – Vous faites quoi aujourd'hui en France ? Quel est votre métier, Wilfried ? – Je suis chauffeur routier. – Chauffeur routier, d'accord. – Je suis chauffeur routier. Je suis chauffeur routier. Je vous dis, et je ne casse pas sur la France parce que je veux vous dire une chose, ce pays m'a tout donné. Et en France, je veux vous dire encore une chose, on ne peut pas chômer en France. Il y a du tout, partout. – Merci Wilfried d'avoir été avec nous. Je vous lis quelques réactions qui sont arrivées sur internet rmc.fr.
J'ai Patrick qui me dit, oh ben moi je tiens à remercier Emmanuel Macron parce que grâce à sa politique migratoire, il va réussir à faire passer le Rassemblement National. C'est un peu ce que me dit Joe aussi sur internet rmc.fr. Il me dit, Emmanuel Macron crée le débat et fait monter l'immigration de manière à être sûr que, derrière, ça va faire mousser Madame Le Pen dans la perspective de 2022. On nous prend vraiment pour des cons, m'écrit Joe sur internet rmc.fr.
– C'est la loi de l'immigration qui était censée être vraiment le bagne, etc. On voit aujourd'hui qu'elle est à peine appliquée, donc il faudrait quand même savoir ce qu'on fait et je ne pense pas qu'on soit un pays tortionnaire.
– Je regarde la consultation, le débat sur l'immigration, est-ce qu'il est créé pour faire diversion ? Vous dites oui à 66% sur rmc.fr et on est oui à 72% sur Twitter. Donc ceux qui nous suivent et ceux qui nous écoutent, visiblement, ne sont pas trop dupes de la manœuvre politique. Alors, je vais vous montrer comment.
Si vous voulez voir, j'ai besoin de vous montrer la salle de l'immigration. Merci. Merci. Nous vousons d'avoir regardé cette vidéo. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci.
Anasse Kazib