Jean-Noël Barrot : peut-on encore éviter la guerre ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 80 %Attaque 10 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:20OuverteRéponse directe
La guerre est-elle indispensable à la paix ?
- 3:24OuverteRéponse directe
Comment s'organise la diplomatie française face aux crises ?
- 3:32OuverteRéponse directe
Présentez-vous en quelques mots.
- 5:15OuverteRéponse directe
Combien d'heures de sommeil un ministre fait-il en moyenne ?
- 5:54OuverteRéponse directe
Quel est votre premier réflexe le matin ?
- 6:16OuverteRéponse directe
Comment gérez-vous les urgences nocturnes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10Invité politiqueFait
« Ce qui est indispensable à la paix, c'est l'équilibre des forces. »
- 0:37Invité politiqueChiffre
« On est en train de relever nos dépenses militaires dans des proportions très significatives. »
- 2:47Invité politiqueFait
« Il arrive dans des cas spécifiques qu'il faille avoir recours à la force pour mettre fin à une situation de guerre, mais ça doit être encadré. »
- 3:04Invité politiqueFait
« L'usage de la force n'est possible que lorsque les pays du monde, la communauté internationale, est d'accord. »
- 3:51Invité politiqueFait
« J'ai été élu député dans les Yvelines, le département dans lequel je vis. »
- 5:18Invité politiqueChiffre
« J'essaie de préserver un minimum de sommeil pour être en forme, prendre des bonnes décisions et répondre correctement aux questions. Donc, aux alentours de 6 heures de sommeil par nuit. »
- 12:52Invité politiqueFait
« La réponse, s'agissant de l'engagement politique, elle doit porter sur l'idéal, sur ce qui vous paraît juste, et suffisamment juste pour que le sacrifice en vaille la peine. »
- 37:05Invité politiquePromesse
« 'abord une révolution dans la manière dont sont répartis les pouvoirs et les responsabilités »
- 37:58Invité politiqueFait
« 'est qu'il faut faire confiance à la jeunesse aux travailleurs et aux entrepreneurs »
- 40:41Invité politiqueChiffre
« on est en train de relever nos dépenses militaires dans des proportions très significatives »
- 41:09Invité politiqueFait
« notre dissuasion nucléaire reste pleinement indépendante »
- 46:16Invité politiqueFait
« ça finit toujours par marcher mais ça prend du temps »
- 46:40Invité politiqueFait
« 'ai été aux premières loges d'un accord de cessez-le-feu qui a été trouvé au Liban en novembre 2024 »
- 58:58Invité politiqueFait
« pour résister aux empires il faut que l'Europe se redresse mais pour que l'Europe se redresse il faut que la France rebondisse »
- 1:00:00Invité politiqueFait
« nous ne sommes pas condamnés au déclin »
- 1:00:15Invité politiqueFait
« on considère que la France a déjà perdu et que la France est déjà déclassée »
- 1:00:20Invité politiqueFait
« on ne propose aucun destin alternatif »
- 1:00:27Invité politiquePromesse
« heureusement en 2027 qui proposeront à la France de reprendre du terrain, d'aller plus loin, de viser plus haut »
Temps de parole
- Jean-Noël Barrot68 %
- Présentateur15 %
- Présentateur 210 %
- ?6 %
≈ 35,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Ce qui est indispensable à la paix, c'est l'équilibre des forces. C'est lorsque les forces s'équilibrent qu'on peut éviter que la situation ne dégénère et qu'elle se transforme en conflit. On n'a pas besoin de faire appel à la guerre pour assurer la paix. Ce que l'on risque,
si
l'on ne bouge pas, c'est qu'à un moment, les États-Unis et la Chine seront si loin devant nous et lancés dans leur course à la domination économique, militaire, technologique, numérique,
qui
feront de nous leur vassau.
Et
donc, quand on voit la Chine et les États-Unis, qui sont en avance sur nous dans un certain nombre de domaines désormais, ce n
'est
pas parce qu'on est moins bon, c'est parce qu'on a des boulets au pied. On est en train de relever nos dépenses militaires
dans
des proportions très significatives. Quand on est puissant, on est craint. Et quand on est craint, on n
'est
pas une proie. Dans mon secteur, les affaires étrangères et la diplomatie, une phrase de travers, ça peut avoir des conséquences. Donc, il faut essayer d'avoir l'esprit clair.
Bonjour
à tous, merci d'être avec nous.
On
est très heureuse avec Carole de vous retrouver pour un nouvel épisode de Sphère 5 pour répondre aux questions qui comptent vraiment. Dans la vie, c'est de l'axe à part. Il y a cinq piliers, cinq sphères avec lesquelles on jongle tous, les amis, la famille, le travail, la santé et l'âme. D'où le titre de notre émission, vous l'avez compris, Sphère 5. Oui, parce qu'à l'intérieur de toutes ces sphères, il y
a
des questions fondamentales qu'on s'est tous posées au moins une fois dans notre vie. Faut-il souffrir pour réussir ? Doit-on tout pardonner ? Et peut-on être heureux sans enfant ? Parmi ces grandes questions, ce qui nous intéressait, c'était d'avoir une discussion vraiment libre, sincère. On n'est pas là pour chercher le bon mot ou le buzz, mais d'avoir un échange vraiment fort autour de ces questions qui nous ont tous animés au moins une fois dans notre vie. Parce qu'on pense que réussir dans la vie ne veut pas dire réussir sa vie.
Bienvenue
dans Sphère 5.
Alors
aujourd'hui, on reçoit une figure de la politique française, un homme très présent sur la scène internationale.
Il
est au cœur de toutes les crises diplomatiques qui existent, l'Ukraine, la Palestine, tous les conflits armés du moment.
On
reçoit le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères. Bonjour, Jean-Noël Barraud. Bonjour. Merci d'être avec nous dans Sphère 5. Bienvenue. Merci. Chaque semaine, avec notre invité, on a une grande question qui anime notre débat. Et la question qu'on a choisie pour vous, Jean-Noël Barraud, c'est la guerre est-elle indispensable à la paix ? Alors comme ça, à froid, vraiment, une première réponse rapide
?
La réponse est non.
Ce
qui est indispensable à la paix, c'est l'équilibre des forces.
C
'est lorsque les forces s'équilibrent qu'on peut éviter que la situation ne dégénère et qu'elle se transforme en conflit. On n'a pas besoin de faire appel à la guerre pour assurer la paix. Il arrive
dans
des cas spécifiques qu'il faille avoir recours à la force pour mettre fin à une situation de guerre, mais ça doit être encadré. Et on a pour ça des règles qui ont été fixées il y a 80 ans, quand les Nations Unies ont été construites, et qui disent que l'usage de la force n'est possible que lorsque les pays du monde, la communauté internationale, est d'accord. Une fois que le consensus émerge, alors on peut utiliser la force. Et c'est comme ça que la France participe à des opérations de maintien de la paix avec des militaires qui sont envoyés dans certains pays du monde pour créer les conditions de la paix.
Alors on a beaucoup de questions, de quelle manière ça s'organise, est-ce que c'est vraiment respecté, etc. On va avoir le temps d'y revenir. Mais d'abord, on a un petit exercice pour chacun de nos invités. On va vous y soumettre aussi, de vous présenter à ceux qui nous regardent et qui nous écoutent, comme s'ils ne vous connaissaient absolument pas. J
'ai 42 ans, bientôt 43. J'ai deux enfants. Je suis marié. J'habite à Versailles. Je suis engagé en politique depuis bientôt 18 ans. Mais j'ai eu un métier avant de faire de la politique. Je suis enseignant et chercheur. J'ai exercé ma profession aux États-Unis. Avant de revenir aux alentours de 2017,
au
moment où Emmanuel Macron a été élu président. Et à ce moment-là, j'ai été élu député dans les Yvelines, le département dans lequel je vis. Et depuis, j'ai pris des responsabilités à la fois au sein de mon parti, le modem de François Bayrou, et puis un peu plus tard, en 2022, au sein du gouvernement. D'abord en étant chargé des questions numériques, puis des questions européennes, et puis aujourd'hui, des affaires étrangères.
J
'ai une petite... Je vous raconte parce qu'évidemment, il s'agit d'Emmanuel Macron. Mais dans un podcast étranger, il a été soumis à cette même question. C'est de là d'ailleurs que vient l'inspiration de cette question. Et sa réponse était assez rigolote.
Je
ne
sais
pas si vous avez entendu, mais en tout cas, je le rappelle. Il a dit « Oh, ben, I'm a French guy ». Il a commencé comme ça. Voilà, je suis un gars français avec une responsabilité assez importante, mais j'aime bien ça. Et j'ai trouvé sa réponse assez rigolote, assez simple finalement. Vous aimez être au service de votre pays ?
Bien sûr.
Et au fond, c'est ce qui est le fil rouge de ma vie professionnelle. Le service des autres, le service de mon pays.
On
va commencer par l'humeur du jour. Vous allez voir, c'est hyper facile. Questions courtes, réponses courtes. Il n'y
a
rien de compliqué, mais en même temps, c'est assez amusant. Le nombre d'heures de sommeil en moyenne d'un ministre, c'est quoi
?
Ça dépend. Moi, j'essaie de préserver un minimum de sommeil pour être en forme, prendre des bonnes décisions et répondre correctement aux questions. Donc, aux alentours de 6 heures de sommeil par nuit,
c'est déjà pas mal. Oui,
il y a une petite idée reçue de 3-4 heures de sommeil pendant toute la vie
politique. Ça arrive.
Il y a des jours où on n'a pas le temps de beaucoup
d'hommes. Vous arrivez à faire plus quand même de temps en temps. Mais il faut
recharger un peu les batteries, parce que sinon, on travaille mal. Et dans mon secteur, les affaires étrangères et la diplomatie, une phrase de travers, ça peut avoir des conséquences. Donc,
il
faut essayer d'avoir l'esprit clair.
Premier réflexe le matin.
Regarder les informations de la nuit,
et
notamment celles qui viennent des États-Unis. Parce que ces derniers mois, les décisions de l'administration américaine ont assez largement structuré l'actualité internationale. Et donc, pour pouvoir se préparer à réagir, mais aussi à agir, on doit se tenir au courant.
Question bête, il n
'y
a personne qui...
Et pardon,
excusez-moi, il y a tout simplement le décalage horaire.
Ce
qui
se produit en fin de journée aux États-Unis, nous arrive en début de matinée en Europe.
Question bête, quand il y
a
un truc vraiment dingue qui se passe dans la nuit, il n
'y a
pas quelqu'un qui vient, qui frappe à votre porte, qui vous réveille en disant « Il
faut
absolument que vous vous réveillez, il y
a
un truc. »
Ou
alors, il n
'y a
pas un téléphone rouge chez vous qui sonne s'il y
a
un truc vraiment dingue qui se passe
?
Ça peut arriver, mais jusqu'à une présence, ça ne s
'est
pas produit.
Ok. Vous êtes joignable 24h sur 24,
malgré tout.
Ça, c'est requis de la part d'un ministre.
En
tout cas, on sait où me trouver et si besoin, on peut me sortir du lit.
Vous êtes de garde pour la France ? Vous êtes
quand même de
garde tout le temps.
Oui, après, évidemment, je ne suis pas seul dans mon ministère. Tout autour du monde, dans nos ambassades, nos consulats, mais aussi au sein du Quai d'Orsay, vous avez des personnes qui veillent et qui font ça d'ailleurs avec beaucoup de passion et d'engagement.
Est-ce que vous avez une routine ou une habitude quotidienne absolument indispensable,
qu
'elle soit liée à la sphère professionnelle ou personnelle d'ailleurs
?
Ma routine, c'est de commencer la journée avec un grand café et un grand verre d'eau. Et ensuite, j'essaye, malheureusement, je ne
peux
pas le faire tous les jours, et on y reviendra sans doute, de faire un petit peu d'activité sportive, parce que ça,
c
'est indispensable pour préserver l'équilibre.
Oui, et puis pour oxygéner le cerveau
aussi. Exactement.
On le sait très bien. Accro au téléphone ou plutôt raisonnable
? Non,
je dirais accro au téléphone.
Et
c'est la grande question de mise en route de sphère 5. Est-ce que vous pensez, selon vous, est-ce qu'on peut tout conjuguer dans la vie ? Avoir les amis, la famille, le travail, la santé et l'âme, et tout réunir
? C
'est ce qui fait la saveur de la vie que de tenter de le faire, même si ce sont des équilibres fragiles, mais de ménager une place pour chacune de ses priorités, que sont évidemment la famille, la santé, le travail, mais aussi les amis, et une forme de spiritualité, ce que vous appelez l'âme, qui à mon avis est indispensable pour ne pas se perdre dans un monde où notre attention est en permanence happée par de multiples sujets.
Et
c'est une sorte de discipline personnelle, qu'il faut réussir à se donner pour que la juste place puisse être donnée. Pour savoir aussi, et c'est peut-être parfois le plus difficile, faire évoluer la place de chacune de ces sphères pour être pleinement épanoui et pour contribuer aussi à l'épanouissement de ceux qui nous entourent.
Il
y a clairement certains médecins qui rentrent dans cette question où se disent que
ce n'est
pas possible pour eux. Tu parlais du monde médical, les médecins, les membres du gouvernement, le président de la République, évidemment, on se dit quand même que vous n'arrêtez jamais et que ça doit être quand même assez difficile à un moment de vous préserver, de préserver votre santé physique, de préserver votre santé mentale, de préserver votre famille. Donc oui, c'est possible. Moi, je trouve que c
'est
un message important à faire passer. Déjà, c'est une manière de mieux comprendre votre rôle.
Attention, je ne dis pas qu'il n
'y
a pas des servitudes et des sacrifices. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, vous évoquez le président de la République, on pourrait se dire, bon, il est président, il fait ce qu'il veut de son temps.
C
'est tout l'inverse. Je
ne sais pas si c'est vraiment
ce qu
'on
pense. Il est soumis à des contraintes extrêmement fortes et c'est vrai de celles et ceux qui
s
'engagent en politique. Beaucoup de sacrifices sur les autres sphères. Ce que je veux dire, c'est qu'on doit tâcher d'éviter que ces sacrifices ne, je dirais, effacent ou fassent disparaître les autres sphères.
Et
ça,
ça
suppose bien sûr
de
pouvoir préserver pour sa santé un peu de temps comme j'essaye de le faire chaque semaine pour l'activité sportive, pour courir. Ça suppose d'être très attentif à la famille, à veiller à dégager du temps pour le conjoint ou la conjointe, pour les enfants
qui,
au fond, comprennent les sacrifices, mais en souffrent parfois.
Et
donc, c'est cet équilibre qu'il faut réussir à trouver. C'est moins facile dans une vie politique qui ne s'arrête jamais. Huit jours par... Sept jours par semaine, 24 heures sur 24 heures.
C'est super, c'est là. L'absence, c'est révélateur. C'est
presque huit jours par semaine, parce que ça mort aussi sur des temps dont
on
pourrait considérer qu'ils sont
réservés à toute autre chose.
Je pense que je la ressortirai le huit
jours
par
semaine, y
compris pour moi dans les périodes un petit peu difficiles. Ça me fait penser,
j
'aimerais avoir votre regard dessus.
J
'ai une amie très proche qui est passionnée par la politique et qui... Vraiment, je vais y aller cache. Elle a
entre
30 et 33 ans, je ne sais plus exactement, peu importe en tout cas cet âge-là, ou quand on est une femme, on a envie de construire sa vie, de trouver le partenaire de sa vie, potentiellement d'avoir des enfants.
Et
elle a eu une proposition dans un ministère très alléchante. La première réaction de sa maman, elle n'est pas encore mariée, elle n'a pas encore d'enfant. Et la première réaction de sa maman,
ça
a été, tu ne peux pas faire ça.
Tu
ne peux pas parce que tu
vas
encore décaler
le projet. Oui,
de ta vie. Quelle est votre... Vous qui êtes à l'intérieur de cette vie politique, vous comprenez la réaction de cette maman, est
-ce que c'est
dommage, est-ce que finalement elle se trompe,
et
aujourd'hui c'est plus possible qu'avant, ou de manière très réaliste, si elle prenait ce job, elle mettrait vraiment ce projet de vie familiale de côté pendant quelque temps ? Je comprends parfaitement
l'inquiétude de la maman. Et moi-même, j'ai eu à certains moments de ma vie professionnelle et de mon engagement politique, des questions qui se sont posées à moi. Est-ce que
je
m'écarte de ma vie professionnelle, de chercheur, d'enseignant
?
Est-ce que je la sacrifie quelque part, au moins temporairement, pour servir mon pays, pour m'engager en politique ? Est-ce que, moi qui ai deux jeunes enfants, deux enfants, est-ce que je poursuis mon parcours politique ou mon engagement politique ? Ça veut dire que je les verrai moins. Ces questions, il faut se les poser, dans ce type d'engagement, qui est très prenant, et qui appelle des sacrifices. Et la réponse, s'agissant de l'engagement politique, elle doit porter sur l'idéal, sur ce qui vous paraît juste, et suffisamment juste pour que le sacrifice en vaille la peine. Ça ne peut pas être, et ça ne doit pas être, une question de CV, ou d'ego, ou de représentation.
Ça doit être quelque chose qui vous fait vibrer de l'intérieur. Sinon, il y a de forts risques que le sacrifice n'en vaille pas la peine.
Oui, parce que c'est vécu comme un sacrifice, là où, au final, le mot sacrifice est intéressant, parce qu'il porte justement ce poids.
Au
final, c'est un choix. C'est un choix que vous faites en votre âme et conscience, de servir à votre patrie, choix que peuvent faire également, par exemple, les militaires. Il y a quelque chose d'un peu sacerdotal, dans des fonctions comme ça, ministérielles, ou même médicales, comme on en parlait. Et le mot sacrifice est peut-être trop connoté,
de
manière pas négative, mais induit forcément une souffrance. Alors que,
vous
le dites justement, ça ne doit pas être une souffrance. Parce
que sinon,
ça sera vécu comme tel.
Exactement. Mais si j'utilise le mot sacrifice, c'est aussi parce que vos proches, vos interlocuteurs, eux, attendent de vous que vous reconnaissiez, d'une manière ou d'une autre, que vous leur faire porter, à eux aussi, une part de votre
engagement. De votre mission. Et c
'est pourquoi, non seulement il est essentiel pour vous-même que votre engagement ait un sens qui vous fasse vibrer de l'intérieur, mais c'est important aussi pour pouvoir expliquer à vos proches, à ceux qui vous entourent, pourquoi vous y consacrez autant de votre temps et de votre énergie.
Votre conjointe et vos enfants ont compris
? Sur
le fond, oui. Mais il n'empêche qu
'au quotidien, c'est
pas facile
à l'aider. C'était un peu
la
question. Regardez,
je vous donne un exemple.
Induite.
Je vous donne un exemple. Mon fils a eu 10 ans le 1er mars dernier. C'est votre aîné ? C'est mon aîné. Et nous avions prévu de longue date un petit voyage pour marquer ces 10 ans, qui est un
adversaire important. Oui, c'est une étape. C'est deux
chiffres. Je
ne sais
pas si vous vous souvenez, mais la veille du 1er mars, qui était un dimanche, le week-end commençait le 28 février, c'est le début de la guerre lancée par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran.
Et
donc, cette situation m'a contraint à écourter ce week-end qu'on prévoyait depuis très longtemps. Alors, bien sûr qu'on peut expliquer que dans un moment comme celui-ci, beaucoup de choses sont en jeu et que ma mission m'impose d'aller au front. mais pour un enfant de 10 ans, ça ne
va
pas lui faire plaisir de voir que son papa lui est arraché le
week
-end de son anniversaire.
Voilà.
Et donc, il
y
a à la fois une compréhension et ça suppose aussi de le faire partager avec le conjoint, la conjointe, les enfants. Mais ça n'empêche pas qu'il y
a
des moments de frustration.
Oui, il était frustré quand même. Il
était
frustré quand
même. Il était frustré quand même. Mais on fera un autre week-end. Et on le comprend. En espérant
qu'il ne sera pas interrompu.
On lui souhaite, à lui. On revient sur votre parcours un petit peu et votre enfance. Oui, ça nous intéressait de pouvoir... Déjà, vous venez quand même d'une famille politique. Je trouve que c'était intéressant de discuter de ça pour savoir un petit peu comment vous avez vécu ça, le fait de grandir dans une famille aussi politique. Votre grand-père était politique et résistant. Votre père également. Vous vous êtes toujours dit la politique, ça sera une partie de ma vie future ou c'était quelque chose, c'était plus un héritage dont au début, vous vous êtes dit j'aurais quand même un petit peu envie de m'en détacher.
Je
me suis détaché dans un premier temps de cet héritage mais tout en me disant que je continuerais à m'intéresser à la politique.
Et
c'est à la fin de mes études que, redécouvrant ce qu'avait été effectivement l'engagement de mon grand-père qui était pharmacien de campagne dans le Massif central et qui a fait partie de cette génération d'hommes et de femmes qui se sont levés dans le plus grand secret pour participer à des actions de résistance ou de protection des enfants juifs sur le secteur du Chambon-sur-Lignon
que quelque
chose s'est allumé en moi. La flamme de l'engagement en quelque sorte.
Et
ensuite, effectivement, d'avoir grandi dans une famille qui était déjà marquée par le service des autres, le service de son pays, ça m'a nécessairement un peu contaminé. Et si j'ai fait le choix d'être enseignant, d'être chercheur dans un premier temps et puis ensuite de m'engager dans la vie politique, c'est d'une manière ou d'une autre
parce
que j'ai hérité de cette vocation-là.
Oui,
parce qu'on imagine que les conversations le dimanche midi à table dans la famille Barreau quand vous êtes jeune, c'est des conversations qui sont extrêmement enrichissantes et qui derrière vont nourrir peut-être un appétit soit pour le débat, soit pour les questions d'idées ou en tout cas pour développer une vraie conscience politique.
C'est vrai.
Et j'ai eu cette chance-là et y compris sur des questions dont j'ai à traiter aujourd'hui au ministère des Affaires étrangères et de l'Europe puisque mon histoire personnelle mais aussi familiale est, je dirais, marquée par l'importance du projet européen non pas seulement pour la prospérité de notre pays, de notre continent mais comme un projet de réconciliation avant toute chose. Et donc dans un moment justement où l'Europe est appelée à se lever pour résister à la pression des nouveaux empires, je retrouve en quelque sorte dans mon engagement
un
certain nombre de principes auxquels j'ai pu être familiarisé dans le contexte familial.
À
cette période, quelle est justement la place de la sphère familiale ? Vous portez donc le nom barreau. Qu'est-ce que ça implique ? Est-ce que déjà vous sentez que nécessairement la sphère familiale et l'héritage familial et la sphère professionnelle vont être intimement liés tout au long de votre vie
? Je
voulais dire...
Quel
regard vous aviez sur ce père, ce grand-père ? Est-ce que vous étiez déjà plein d'admiration ?
Non,
je pense que comme chaque enfant, même s'il arrive qu'on mette ses pas dans ceux de nos parents, on a envie d'exister pour soi-même. Et donc, je vous dis, jusqu'à 25 ans, j'étais...
Donc assez
tard. J'ai tracé ma route. J'ai continué à la tracer d'ailleurs, puisque en étant enseignant et chercheur, en allant dans une université américaine exercer ce métier, un peu cette vocation, je m'étais un petit peu éloigné de mes bases familiales. Mais il y a quelque chose qui est resté,
c
'est le goût de servir.
Et
ça, je pense que je ne
m
'en détacherai jamais véritablement. Ensuite, quand mon engagement politique s'est cristallisé, quand je suis devenu député en 2017, ça s'est fait loin des bases familiales, puisque j'ai grandi dans le Massif central, en Haute-Loire, dans une ville qui s'appelle Y-Saint-Jo, où mon père avait été élu. Mais je suis engagé ailleurs.
Je
suis engagé dans les Yvelines, à Versailles, ce qui veut dire que j'ai en quelque sorte construit mon propre ancrage et mon propre engagement à ma manière. Et sans doute un peu différemment.
C'est quoi le déclic ? À quel moment vous dites je vais tenter d'être député ?
J
'ai
suivi
la vie politique, y compris lorsque j'étais enseignant et chercheur. J'ai conservé des liens d'affection, mais aussi d'amitié avec François Bayrou. Et lorsque François Bayrou a rallié ou a proposé une alliance à Emmanuel Macron, qui a permis à Emmanuel Macron de l'emporter, l'étape suivante c'était les élections législatives, l'élection des députés. Et c'est à ce moment-là qu'il m'a été proposé d'être élu à Versailles, la ville ou en tout cas le territoire où j'allais travailler et habiter puisque c
'est
le moment où je rentrais des États-Unis.
Est-ce que c
'est
à ce moment-là aussi que vous rencontrez Emmanuel Macron ? Juste pour qu'on comprenne bien le process. Oui
absolument. Moi je suis venu à l'Assemblée nationale d'abord via le modem
de François Bayrou
qui s'est allié avec Emmanuel Macron.
Et
donc c'est à ce moment-là que la jonction s'est faite.
Et ça a tout de suite fité
? Vous
savez moi en 2017 j'étais un jeune député. J'arrivais avec mes années de recherche et d'enseignement et d'ailleurs j'avais à ce moment-là un combat qui a été vraiment central au début de ma vie à l'Assemblée nationale c'était que les politiques publiques soient évaluées parce que c'est ce qu'on fait quand on est chercheur souvent et ce qui à mon avis manque un petit peu au pays.
C'est
-à
-dire
qu'on dépense de l'argent public on lance des politiques et on ne regarde pas assez si les résultats escomptés ont été obtenus. Donc mon grand grand cheval de bataille ça a été justement de créer des liens entre l'Assemblée nationale et le monde des chercheurs pour que les chercheurs se penchent sur les décisions qui sont prises et nous disent voilà une décision qui a produit des effets en voici une autre qui n'en a pas produit peut-être faudrait-il la corriger.
C
'est intéressant quand vous parlez de votre parcours académique parce qu'on en parle finalement très peu vous avez fait des études ultra brillantes vous avez été prof au MIT alors le MIT c'est une des plus grandes universités américaines. est-ce que c'est quelque chose l'enseignement qui aurait pu vous détourner entre guillemets sur le long terme du fait de rejoindre une vie politique ? Ah
bien sûr et c'est pour ça qu'en 2016
lorsque
se pose la question de continuer cette carrière universitaire au MIT ou de rentrer en France pour des raisons à la fois personnelles ou autre j'ai mis du temps à traiter ce dilemme et ça n'est qu'une fois que je me suis convaincu que je pourrais poursuivre l'enseignement et de la recherche
en
France
tout
en peut-être ménageant différemment mes différentes sphères mes différentes priorités que j'ai pu prendre cette décision rentrer et c'est là que j'ai été rattrapé par la politique.
Pas simple le choix député des Yvelines avec François Bayrou je veux dire à ce moment-là grande figure qu'il est toujours mais à ce moment-là grande figure de la politique française et puis prof au MIT pas évident le choix.
Alors
le choix il était est-ce que je reste prof au MIT
je
suis un peu éloigné de ma famille de mon pays que j'aime et je poursuis dans ce cadre qui effectivement est extrêmement propice pour réfléchir etc. parce qu'il
y a
un brassage de chercheurs du monde entier des moyens considérables qui sont donnés et puis un certain enthousiasme dans les départements de recherche qu'on retrouve nulle part ailleurs dans le monde il faut bien l'avouer ou alors rentrer en France prendre un poste dans une université française
peut
-être un peu mieux concilier vie familiale et vie professionnelle retrouver mon pays
à la
fin c'est ce choix que j'ai fait et puis tout d'un coup j'ai été rattrapé quelques mois plus tard par la politique puisque avec cette victoire d'Emmanuel Macron qu'il était difficile d'anticiper et bien c'est ouvert la possibilité
on est
tous d'accord avec ça tous de cette élection
et
donc là tout d'un coup après avoir fait un choix le choix de rentrer en France mais pour poursuivre dans la voie universitaire me voilà entraîné dans une autre aventure professionnelle qui est l'engagement politique comme député à l'Assemblée nationale
juste
avant de continuer sur la politique ça vous manque d'enseigner
? la
recherche me manque l'enseignement aussi mais je dirais principalement la recherche
la recherche donc vous êtes nommée ministre c'est factuel c'est pas pour vous brosser dans le sens du poil mais on est d'accord avec Carole pour se dire que votre carrière politique elle est fulgurante
vous
êtes nommée ministre donc d'abord déléguée à charger du numérique en 2022 puis ministre de l'Europe et des affaires étrangères en 2024
on
a calculé ça fait 1380 jours comment ça se passe dans la mesure de ce qu'on peut dire le coup de téléphone pour vous annoncer que vous êtes le prochain ministre des affaires étrangères
qui
vous appelle ? Michel Barnier oui qui m'appelle un jeudi matin
je
suis à l'époque ministre délégué chargé de l'Europe mais vous vous en souvenez c'était un un gouvernement chargé des affaires courantes donc dans une situation un peu particulière particulière
bien sûr
ça
aussi on l
'a
pas oublié
et je m'y
attendais absolument pas
je
m
'attendais à ce qu'un nouveau gouvernement soit formé et je m'attendais
à
vrai dire à ne pas en faire partie
et
donc ce coup de fil a été une surprise un moment d'émotion aussi parce que
il
y a des figures qui ont inspiré mon engagement politique qui ont
exercé
cette mission ministre des
affaires
étrangères
et
donc tout d'un coup ça peut donner le vertige et puis très vite
dans
ces
moments vous êtes
obligé de répondre à l'instant T quand
on
vous appelle c'est oui non peut-être ou donne moi deux trois heures pour réfléchir c'est quoi l'ADA vous avez le droit de réfléchir
deux heures
quand même non mais vous avez le droit de réfléchir deux heures
quand même
et puis on a quelques personnes à consulter
voilà on parle
à son entourage son
entourage et puis aussi vous savez dans la je dirais la vie politique française post-dissolution il y
a
des équilibres politiques qui sont subtils et donc il faut aussi consulter son chef de parti etc c
'est
un joli premier bilan puisque j'ai lu là en préparant cette interview que l'une des premières conversations que vous avez eues en tant que ministre des affaires étrangères c'était pour négocier la libération de Cécile de Cécile Collère
et
Jacques Paris qui a abouti donc c'est peut-être l'occasion de en quelques mots dresser un premier bilan de cette première grande négociation diplomatique que vous avez menée avec cette mission là
grande
émotion au moment de leur libération définitive mais aussi de leur sortie de prison qui était intervenue quelques mois auparavant parce qu'effectivement quand j'ai été jeté dans le grand bain de la diplomatie mon premier entretien était avec le ministre iranien pour exiger leur libération c'est un travail de longue haleine qui s'est noué ou dénoué dans un dialogue continu avec cet homologue
et
qui qui
a
supposé de contourner ou de surmonter un certain nombre d'obstacles mais c'est aussi pour moi une leçon d'humanité parce que
quand
on revient de la captivité et bien on est parfois très profondément marqué abattu par l'épreuve qu'on a vécu
et
bien Cécile et Jacques au jour de leur sortie de prison témoignaient déjà d'une extraordinaire soif de vie de rattraper tout le temps qui avait été perdu après avoir eux-mêmes fait preuve d'un courage inouï sous une pression considérable donc pour moi ça a été une leçon d'humanité et de courage
on
est ici pour parler donc de cette thématique faut-il passer par la guerre pour avoir la paix tout à l'heure vous nous avez répondu très clairement non on va quand même développer un peu question toute simple est-ce que aujourd'hui et franchement j'insiste sur le mot aujourd'hui le contexte international est franchement cataclysmique peut-être que ça va aller de pire en pire je sais pas mais en tout cas aujourd'hui c'est vraiment très dur maintenant la guerre est à nos portes c'est important je pense de le formuler on le sait tous et c'est important de le conscientiser
est
-ce qu'on peut vraiment éviter la guerre dans le monde d'aujourd'hui
oui
mais ça suppose comme dans les grandes étapes de l'histoire de notre pays d'être prêt à des grands changements
pourquoi
je dis ça ? parce que la période que nous vivons
c
'est au fond une période qu'on pourrait qualifier de transition
hégémonique
c'est à dire que on passe d'une grande organisation du monde à une autre et comment se le conscientiser ? au fond ce qui domine aujourd'hui c'est la rivalité croissante entre les Etats-Unis d'un côté la superpuissance du XXe siècle qui a gagné la guerre froide et la Chine la superpuissance émergente qui est en train de la rattraper
cette
rivalité entre les deux va créer de plus en plus d'instabilité et de plus en plus de crises comme celle auxquelles on a assisté ces derniers mois en Iran aujourd'hui Venezuela ou autre qui peuvent tout être lus d'une manière ou d'une autre comme une façon pour l'une des deux superpuissances de gagner du terrain ou de reprendre du terrain sur l'autre
et
donc
c
'est parti pour se multiplier les crises comme celles qu
'on
vit aujourd'hui à moins que à moins que l'Europe se lève et se redresse et en quelque sorte fasse tampon ouvre une troisième voie dans laquelle beaucoup de pays du monde vont vouloir s'engouffrer parce qu'ils n'ont pas envie de choisir un camp et ils ont envie de rester libres ils n
'ont
pas envie d'être entraînés d'un côté par les Etats-Unis ou de l'autre par la Chine ils ont envie d'être libres comme nous
sauf
que seule l'Europe est suffisamment avancée suffisamment riche et puissante pour pouvoir ouvrir cette troisième voie mais on n
'y
est pas
et
ça ça suppose qu'on soit beaucoup plus indépendant et beaucoup plus fort et c'est comme ça qu'on peut éviter la multiplication des crises et d'éviter que la guerre se rapproche de nos frontières
Est-ce que c'est pas en partie dû à la structure même de l'Europe parce que les Etats-Unis c'est 50 Etats réunis mais ça reste une entité la Chine c'est un pays finalement la structure même de l'Europe c'est des pays des langues différentes alors on a une monnaie similaire mais des langues différentes des cultures différentes des religions différentes on est obligé de toute façon de se parler pour faire avancer les choses et ça fait je pense 30 ans qu
'on
se parle est-ce que c'est ça aujourd'hui la force finalement qui permettrait d'avoir un contre-pouvoir
au
milieu de ces deux de ces deux empires
alors
j'ai cru que vous me dire
ou la limite ou la limite
alors non il faut pas penser que parce qu'on est 27 on n'arrive pas à décider alors qu'aux Etats-Unis comme il y
a
un président ils arrivent à décider il y a des puissances dans l'histoire qui ont réussi à prospérer pendant longtemps pendant des siècles avec un gouvernement une gouvernance collective c'est le cas de Venise par exemple les doges de Venise ils étaient plusieurs il n'y
avait
pas de chef des doges et pourtant ils ont réussi à établir une forme de rayonnement et de domination pendant très longtemps
non
ce qu'il faut c'est de la volonté c'est à dire une vision partagée de là où nous voulons que notre continent se trouve or
pour
l'Europe c'est pas si simple pour nous français ça l'est un peu plus que pour les autres qui avons toujours tenu à une forme d'indépendance et qui nous en sommes donné les moyens avec une capacité de nucléaire civil avec notre dissuasion nucléaire qui est complètement indépendante il faut se souvenir que les autres pays européens n'ont pas ces leviers d'indépendance
et
donc tout l'enjeu aujourd'hui c'est de les amener
à
être convaincus que par des décisions un peu courageuses et bien on peut ensemble construire une Europe qui ne paye pas le prix de guerre qu'elle n'a pas choisi
qui
ne se laisse pas entraîner dans des conflits qu'elle désapprouve qui préserve son propre modèle sans importer un modèle chinois ou un modèle américain
c
'est en cours
les
esprits évoluent mais c'est trop lent
et
donc
une
partie de mon job et évidemment de celui du président c'est de c'est d'évangéliser nos partenaires européens en leur disant que c'est possible et qui n'ont pas à être la quatrième roue du carrosse chinois ou du carrosse américain
mais ça c'est une belle vision c'est une vision idéale et je comprends tout à fait ce que vous dites
la
réalité c'est que par exemple récemment les chefs d'entreprise pas que beaucoup de gens qui partent en voyage qui ont la chance de partir en voyage en Chine
à
100% tous quand ils reviennent ils expriment ceci la France a du souci à se faire
ben
oui
bien sûr bien
sûr la vision
elle est belle la réalité elle est elle est quand même celle-ci oui mais
la réalité bien sûr
c'est qu'on n'y est pas
du tout
assez vite on n'y est pas du tout
et
donc ce
qu'on risque il faut y aller alors qu'est-ce qu'on fait
on
peut
le dire en négatif ce que l'on risque
si
on ne bouge pas
et
bien c'est qu'à un moment les Etats-Unis et la Chine seront si loin devant nous et lancés dans leur course à la domination économique militaire technologique numérique
qui
feront de nous leur vassaut qui nous dicteront notre mode de vie qu'ils écriront notre avenir à leur place pourquoi ?
et
bien parce qu'ils diront si tu veux avoir accès à telle technologie si tu veux que je te garantisse ta sécurité si tu ne veux pas t'appauvrir et bien tu devras faire ce que je t
'ai et
ça c'est un discours qui marche très bien sur les jeunes en plus c'est pour ça que c'est très inquiétant
en tout cas les jeunes doivent à mon avis ou c'est pas qu'ils doivent mais c'est que les jeunes sont en droit d'attendre des dirigeants européens aujourd'hui qu'ils prennent les décisions qui s'imposent vous savez on a des exemples dans l'histoire qui ressemblent à la période qu'on est en train de vivre il y en a notamment un moment qui est
le
moment où Sparte qui était la cité grecque qui dominait la Méditerranée
a
vu Athènes qui était en train de la rattraper d'un très mauvais oeil et pour éviter qu'Athènes ne devienne la cité dominante a lancé de manière préemptive une guerre à l'encontre d'Athènes donc on voit bien la puissance dominante la puissance établie qui attaque la puissance la puissance émergente pour éviter de se faire attraper on voit bien à peu près de
quoi vous parlez
tout à fait qu'est-ce qui s'est passé 30 ans de
guerre
la guerre du Péloponnèse Sparte a plus ou moins gagné
mais
sorti épuisé les deux superpuissances si je puis dire sont sortis complètement rincés et qui a émergé et bien c'est une troisième puissance la Macédoine qui pendant que les deux étaient en train de se taper dessus si je puis dire a battu sa propre monnaie a créé son propre réseau d'alliances s'est donné une armée
et
sur cette base là a réussi à tirer les marrons du feu et est devenue en quelque sorte la cité dominante et rayonnante du monde grec c'est ça qu'on doit viser pour l'Europe devenir après la phase de rivalité exacerbée entre les Etats-Unis et la Chine le nouveau modèle pour l'organisation des échanges internationaux
vous
avez parlé plusieurs fois de décisions courageuses décisions difficiles
on
va pas se mentir on sait que c'est un peu le nom de code pour dire c'est vraiment des décisions qui vont être vénères enfin qui sont pas simples quoi c'est quoi pour vous ces décisions courageuses qu'il va falloir prendre ou qu'il faudrait prendre dans un monde parfait si vous aviez une baguette magique là tout de suite maintenant ça serait quoi ces décisions
? d
'abord une révolution dans la manière dont sont répartis les pouvoirs et les responsabilités c'est vrai dans la sphère publique mais c'est aussi dans la sphère privée
pour attraper la Chine
la capacité de diriger sa vie la capacité de créer une entreprise la capacité de diriger une association ou un ministère aujourd'hui on vit dans des carcans qu'on a nous-mêmes construits et qui nous empêchent d'exprimer pleinement notre potentiel et donc quand on voit la Chine et les Etats-Unis qui sont en avance sur nous dans un certain nombre de domaines désormais c'est pas parce qu'on est moins bon c'est parce qu'on a des boulets au pied donc première décision retirer les boulets deuxième
ce
n'est pas parce qu'on est moins bon c'est parce qu'on a des boulets au
pied mais
je pense que c'est très important d
'insister dessus on a tout
le talent tout le génie et toute l'énergie c'est juste qu'il faut qu'elle puisse s'exprimer librement et c'est vrai pour la France c'est vrai pour le reste de l'Europe deuxième des choses
c
'est qu'il faut faire confiance à la jeunesse aux travailleurs et aux entrepreneurs on a construit un modèle en France et dans d'autres pays européens après la deuxième guerre mondiale avec une démographie galopante et une croissance très forte aujourd'hui on a une démographie déclinante et une croissance faible et ce qui se passe
c
'est que on a un modèle très déséquilibré au détriment des jeunes
si
on veut être fort si on veut se projeter dans l'avenir il faut que les jeunes entrent dans la vie non pas en se disant que ça va aller de pire en pire mais en se disant qu'on leur donne tous les moyens de diriger leur vie qu'on facilite leur accès au logement qu'on facilite leur accès à
des
solutions de garde qu'on ne les comment dire assomme pas avec des cotisations des charges et des impôts pour payer un modèle social qui aujourd'hui est très à leur désavantage
ça
c'est la deuxième des choses qui à mon avis est essentielle pour la France et pour l'Europe et puis la troisième des choses
si
j'avais une baguette magique c'est de restaurer le civisme ce dont nous avons besoin si nous voulons d'aimer le pion aux nouveaux empires c'est de courage et de civisme n'être pas des consommateurs mais d'être des citoyens qui prenons tous notre part dans le redressement du pays et dans le redressement de l'Europe
et
ça ça veut dire aussi qu'il faut qu'on puisse partager
des
moments des espaces communs on l'a vu pendant les Jeux Olympiques Paris 2024 les français ont envie de participer à des grandes aventures collectives et pas uniquement en spectateur mais aussi en acteur et c'est cela qu'il faut qu'on avec la baguette magique qu'il faudrait qu'on puisse restaurer
et que ça dure plus
que 15 jours un bel été et
que ça dure plus que 15 jours un bel été et que ça dure plus que 15 jours que ça nous
projette dans les décennies mais avec des pouvoirs mieux répartis avec l'accent et la priorité donnée à la jeunesse et avec du civisme on est tout à fait capable de rattraper voire même de dépasser la Chine et les Etats-Unis
Sondage
à Odoxa pour Public Sénat 72% des français redoutent une nouvelle guerre en Europe dans les années à venir Ma question qu'est-ce qu'on doit dire aux enfants qui disent à leurs parents est-ce qu'on va être en guerre un jour
? Que
les pays européens et la France en premier lieu se sont donné les moyens d
'écarter
durablement les menaces mais que oui
on
vit dans un monde de plus en plus instable
ce
qui appelle de notre part un certain nombre de décisions pour écarter ce risque mais on est en train de relever nos dépenses militaires dans des proportions très significatives
conséquentes
et ça c'est pas fait pour aller envahir les pays voisins
c'est
fait pour apparaître comme
puissant ça s'appelle de la
dissuasion
voilà
quand on est puissant on est craint et quand on est craint on n
'est
pas une proie
et
c'est exactement l'objectif de ces efforts qu'on consent par ailleurs notre dissuasion nucléaire reste pleinement indépendante et nous permet là encore d'écarter bien des menaces
et
donc ces moyens ça s'appelle la diplomatie cher ministre alors c'est quoi
la
diplomatie ?
la
diplomatie c'est par le dialogue de défendre nos intérêts les intérêts de la France et des Français
prenez l
'immigration l'emploi la santé l'environnement
le
narcotrafic tout ça
ça
se joue aussi et notamment dans le dialogue diplomatique avec les pays dans lesquels se trouvent les racines des problèmes
mais expliquez-nous concrètement c'est quoi ce dialogue parce que Carole et moi on peut dire qu'on est plutôt deux femmes assez diplomates je crois enfin voilà on sait l'être en tout cas quand on a besoin de l'être mais ça c'est dans notre vie de tous les jours dans notre relation à l'autre
du quotidien
qu'est-ce que
ça représente quand
il s'agit de défendre les intérêts de notre pays
la mission du diplomate elle est triple d'abord protéger nos compatriotes à l'étranger lorsqu'il
y a
une catastrophe naturelle ou une guerre les aider à être rapatriés lorsqu'ils sont otages ou détenus arbitraires obtenir leur libération et puis lorsqu'ils ont besoin de documents d'état civil lorsqu'ils ont besoin de scolariser leurs enfants être à leur côté grâce à notre réseau international
deuxième
mission informer la France et les Français de ce qui se passe autour du monde et donc nos diplomates passent une grande partie de leur temps à rendre compte par des notes des télégrammes diplomatiques de manière très détaillée de ce qui se passe dans le pays où ils sont envoyés pour que les autorités françaises comprennent parfaitement quelles sont les marges de manœuvre
et
puis la troisième démission c'est dans le dialogue avec les pays qui sont nos partenaires de maximiser nos intérêts mais aussi de défendre nos valeurs donc comment ça marche ? on se rencontre
on
exprime nos attentes
vis
-à-vis du partenaire et on essaye en négociant d'obtenir le maximum du partenaire qui lui essaye de faire la même chose
est-ce que ça vous arrive parfois de vous dire il y a quand même un décalage entre ce qui se passe réellement dans un pays et la perception qu'on peut en avoir je viens d'un exemple tout bête tu parlais des gens qui étaient en Chine j'étais à Shanghai ou Hong Kong il y a 2-3 ans pour eux l'Europe est en guerre parce qu'il y avait la guerre en Ukraine et en gros les gens demandaient ouvertement ça va à Paris je dis bah oui mais Paris, Kiev c'est loin mais en fait sur le prisme hongkongais ils avaient vraiment l'impression que la guerre n'était pas à nos portes elle était chez nous est-ce que c'est quelque chose qui arrive plus fréquemment que ça ne devrait dans la diplomatie ?
bien sûr et d'ailleurs on a dû prendre des mesures depuis que j'ai pris ces fonctions pour nous permettre
d
'agir plus efficacement dans ce qu'on appelle le champ des perceptions pourquoi
?
parce que le quai d'Orsay avant la diffusion des positions françaises se faisait de manière très verticale porte-parole repris par des agences de presse repris par des journaux des télévisions mais maintenant l'information elle se diffuse de manière très différente sur des réseaux sociaux
qui sont
fragmentés qui sont polarisés
et donc on a qui appartiennent
en plus très souvent à un des deux empires
exactement
dont
les règles sont fixées par des milliardaires chinois ou américains pour le dire autrement qui n'ont pas en tête la défense des intérêts français et qui se moquent bien de l'image de la France à l'étranger donc qu'est-ce qu'on a fait
?
et bien on a transformé profondément la direction de la communication et de la presse du ministère
qui
désormais dispose d'une vraie force de frappe pour aller corriger ce qui se passe sur les réseaux sociaux contre-attaquer lorsque l'image de la France ou de l'Europe est atteinte parce que quand à Hong Kong par exemple certains vous disent l'Europe est en
guerre il ne faut pas s'y tromper
c'est des influences bien souvent malveillantes qui veulent diffuser le message que l'Europe
est faible c'est pas un truc
qu'ils ont deviné comme ça ils ont forcément lu ça
quelque part c'est sûr
et donc nous maintenant avec notamment notre compte sur les réseaux sociaux French Response lorsqu'on la France est ciblée par des attaques que ce soit en Afrique en Asie ou ailleurs on répond mais avec les codes des réseaux sociaux pas avec des communiqués de presse mais avec de l'ironie avec de la dérision pour que notre viralité soit plus forte que la viralité du contenu qui nous attaque et ça marche très bien
on
se souvient tous de cette période assez choquante où la Russie a envahi l'Ukraine on est en février 2022 à ce moment là on se souvient parfaitement de ces heures et de ces heures passées au téléphone entre Vladimir Poutine et Emmanuel Macron j'imagine qu'à ce moment là aussi le ministère des affaires étrangères a beaucoup agi
ça
n'a pas marché ça n'a pas marché la réalité c'est que la guerre elle est là on n'a aucune idée de quand est-ce qu'elle va s'arrêter c'est une situation franchement terrible donc
là
parler n'a pas marché est-ce que vraiment pardon de poser la question très directement mais est-ce que vraiment parler ça marche pour arrêter la guerre
?
c'est une bonne question et ça me permet de rendre hommage à ceux qui font la diplomatie c'est-à-dire les agents du ministère les ambassadrices et les ambassadeurs pourquoi ? parce que ça finit toujours par marcher mais ça prend du temps et souvent on a l'impression que c'est un peu scisif dur
de dire ça en ce moment aux Ukrainiens mais on l'entend non mais j
'ai été aux premières loges d'un accord de cessez-le-feu qui a été trouvé au Liban en novembre 2024
et
dont la trame avait été imaginée des mois auparavant par des diplomates français
donc
là ils ont conçu la trame ils ont été voir les Libanais les Israéliens les Américains et ça marchait pas et ça marchait pas et
ça
marchait pas
jusqu
'au jour
où
ça marche et donc et c'est un peu la même chose pour les libérations d'otages et c'est un peu la même chose pour les contrats que nos diplomates réussissent à obtenir pour des entreprises françaises ou pour attirer en France des gros investissements étrangers ça marche pas ça marche pas mais on réessaye avec persévérance jusqu'au jour où ça marche donc faut pas se décourager il faut continuer quand on est convaincu en tout cas qu'on porte une idée juste
quand on vit dans un monde où je pense qu'on l'a tous vécu après le Covid le vivre ensemble même au sein de notre propre pays avec nos concitoyens est toujours un peu plus difficile finalement comment on fait dans le cadre de votre métier pour se dire on doit constamment parler avec des gens qui ne sont pas d'accord qui défendent des opinions très opposées qui ne veulent pas lâcher parce qu'à la fin la diplomatie c'est tout le monde veut un truc mais tout le monde veut le même truc il faut que quelqu'un se mette d'accord
est
-ce qu'il y
a
un moment c'est pas épuisant finalement de devoir systématiquement aller à l'effort pour se dire je dois mettre tout le monde autour de la table et tout le monde doit lâcher un petit truc
non
au contraire je trouve que c'est une mission passionnante et même lorsqu'il s'agit de parler avec des interlocuteurs qui sont les représentants de systèmes que l'on déteste dont on condamne la politique c'est le cas de
mon
homologue le ministre des affaires étrangères de l'Iran dont nous avons condamné sanctionné à de nombreuses reprises la politique la répression sanglante à l'encontre des manifestants
n
'empêche que nous avions un
intérêt à défendre
la libération de nos compatriotes et ensuite il y a une dimension là encore qui est peu connue de ce qui fait la
je
dirais la singularité du métier de diplomate pour surmonter certains obstacles lorsque les positions sont très figées
le
diplomate immobilise sa part d'humanité pour aller éveiller la part d'humanité de son interlocuteur et c'est ainsi
parfois en
créant cette couche de confiance entre les deux représentants de deux pays ou de deux systèmes qui ont des intérêts opposés que vous parvenez à surmonter le blocage donc autrement dit l'intelligence artificielle
ne
viendra pas se substituer à ce travail et à cette part d'humanité que les diplomates apprennent à apprivoiser et à manipuler en quelque sorte en eux-mêmes
alors
justement
vous
en tant que personne en tant qu'être humain avec votre morale et vos valeurs votre vision des choses de la vie et du monde est-ce qu'il vous est arrivé pour défendre les intérêts de votre pays ou de compatriotes de devoir vous trahir en quelque sorte ou trahir votre morale mais parce que vous saviez qu'à ce moment-là c'était dans l'intérêt de l'autre
je
rêvais de poser cette question je suis trop heureuse que tu la poses j'ai pas eu ce sentiment
on s'allie
pour vous poser cette
question qui
est vraiment importante
oui je n'ai jamais eu le sentiment de me trahir j'ai
simplement
dans les moments les plus difficiles une nouvelle fois eu le sentiment
vis
-à-vis de mes interlocuteurs de mettre le sujet de contentieux à distance
et
de trouver dans la relation interpersonnelle les moyens de revenir avec des solutions quand on est bloqué
et
qu
'on
ne comprend pas les blocages on met le sujet à distance on essaye vraiment de se mettre à la place de l'autre de l'appeler à faire la même chose on comprend les contraintes auxquelles il est soumis souvent vous savez votre interlocuteur c'est pas forcément le décisionnaire c'est le diplomate donc c'est le représentant donc comprendre les contraintes auxquelles il est soumis lui faire comprendre les contraintes auxquelles vous êtes soumis et comme ça quand on décortique les choses dans un dialogue entouré de confiance et bien trouver la voie de passage le chemin de traverse qui permet de disons de satisfaire les intérêts des deux parties
vous
avez lancé le label le patrimoine de la diplomatie en juin 2025 donc vous expliquez que c'était une manière de donner plus accès aux français à tous ces sites qui ont marqué la diplomatie avec ses réussites et ses échecs je crois qu'on a bien compris que voilà il y avait eu les deux cas vous assurez cette mission c'est celle qu'on vous a confiée malgré tout comment nous en tant que citoyens on peut concrètement être acteur de la diplomatie aujourd'hui mais vraiment concrètement
mon objectif avec cette initiative comme d'autres c'est de valoriser que chacun porte déjà une part de l'action internationale de la France les entreprises quand elles s'exportent les collectivités comme les mairies ou les départements les régions lorsqu'elles ont des projets de coopération à l'étranger nos artistes nos savoir-faire qui sont reconnus dans le monde entier les étudiants étrangers les travailleurs ou les créateurs d'entreprises que nous accueillons sur notre sol
et
donc on aurait tort de considérer que la diplomatie c'est l'apanage du quai d'Orsay et des ambassades tout le monde est appelé à y participer et d'ailleurs une partie de
l
'histoire diplomatique de la France c'est écrite dans des sites comme le château de Rambouillet pas très loin de chez moi qui a reçu ce label mais d'autres encore dans l'Hexagone et dans les Outre-mer et c'est cet exercice de démocratisation auquel j'ai voulu pousser le ministère dans un moment où je crois que les Françaises et les Français voient bien que ce qui se passe au-delà de nos frontières n'a jamais eu autant d'impact sur nos vies quotidiennes et dans un moment il faut resserrer les liens entre les Français et leur diplomatie
On
en arrive à notre rituel sphère 5 c'est un moment qu'on aime bien pour rappel on a les 5 sphères l'amitié la famille la santé le travail et l'âme le Jean-Noël Barraud de 20 ans peut-être un peu rebelle en train de faire ses études comment est-ce qu'il qu'elle était la sphère la plus importante peut-être un peu rebelle peut-être un peu rebelle un petit peu pas
encore c'est décidé à
être homme politique
non
mais il y avait nécessairement une grande place pour les amis je dirais par rapport à celle qu'elle occupe aujourd'hui une moindre place pour la santé quand on est quand on a 20 ans on ne sait pas elle
est acquise on croit qu'elle est acquise on espère
qu'elle est acquise même si ce n
'est
pas toujours le cas aujourd'hui bien sûr la famille occupe une place plus grande et les amis malheureusement en tout cas dans les fonctions que j'exerce aujourd'hui ont une place moins importante et comme je dis j'essaye de préserver un peu de temps pour la sphère santé ou en tout cas pour l'exercice physique pas uniquement la santé physique d'ailleurs mais aussi l'équilibre du moral et l'aération et quant à l'âme ou la spiritualité je pense qu'elle était peut-être moins présente quand j'avais 20 ans qu
'elle ne l'est
aujourd'hui ou
peut
-être qu'avec le temps qui passe ou tout simplement la prise de conscience qu'on vit tous dans un monde où cette dimension de notre âme a été sans doute marginalisée ce qui nous appauvrit il nous appartient à chacun de retrouver les voies d
'une
forme de vie spirituelle qui peut être religieuse ou ne pas l'être mais qui est importante parce qu'elle nous nourrit et d'ailleurs nous permet d'être plus épanoui dans les autres sphères je
dirais
pour bien peut-être pour clouter et revenir à notre question de départ qui était vraiment importante pour nous aujourd'hui un monde sans guerre est possible aujourd'hui et je le dis avec une forme d'émotion parce que je suis vraiment consciente du monde dans lequel on évolue et même en tant que maman ça me touche encore plus fort celui que je vais laisser à mes enfants un monde sans guerre est possible et pour être réaliste et parler des plusieurs guerres des différentes guerres qui frappent notre monde aujourd'hui ce n'est pas une fin en soi c'est ça c'est possible de retrouver la paix après tout ça ce sera possible
à
l'échelle de l'histoire
humaine ce serait
possible
oui à l'échelle de l'histoire humaine
bon
la norme c'est plutôt le conflit et l'exception c'est plutôt la paix mais c'est possible
c
'est dur d'entendre ça oui
mais c'est possible et c'est la France qui l'a démontré en 1950 lorsque mon prédécesseur qui s'appelait Robert Schuman et qui était ministre des affaires étrangères
s
'entend que
on
était 5 ans après la deuxième guerre mondiale que ça y est le vent du ressentiment de la vengeance se remettait à souffler
a
dit et bien on va surmonter cela comment on va faire et bien on va créer entre l'Allemagne et la France qui s'était déjà combattu à trois reprises une zone d'intérêt commun pour que la France cesse ou l'Allemagne cesse de vouloir envahir la France pour aller capter l'acier et réciproquement que la France cesse de vouloir aller capter le charbon en Allemagne et qu
'on
crée qu'on mette en commun le charbon et l'acier voilà une intuition visionnaire qui refuse le ressentiment et qui dit qu'un autre avenir est possible
nous
sommes tous les héritiers de cette vision là et nous avons réussi pendant 80 ans à vivre dans une Europe en paix et relativement prospère donc c'est possible mais à condition
de
refuser le monde tel qu'on voudrait nous l'imposer un monde radicalisé un
monde
polarisé un monde où c'est la force qui fait la loi et où les postures deviennent de plus en plus durcies si nous voulons la paix alors nous devons bien sûr dissuader la menace comme je l
'ai
dit
l
'équilibre des forces est essentiel
mais
aussi nous projeter dans des logiques de dialogue de coopération de reconnaissance de respect mutuel c'est la seule manière de garantir durablement la paix c'est ce que nous portons aujourd'hui la pression des empires s'accroît mais tout n'est pas perdu parce que l'Europe a clairement le potentiel de se prémunir
contre
le retour de la guerre contre la pression des empires mais mieux d'ouvrir une nouvelle ère une nouvelle voie qui est fondée sur justement les logiques de dialogue de respect de coopération dont nous savons parce que notre histoire est entachée par la guerre et par le sang qu'elles sont seules susceptibles de garantir durablement la
paix Dernière
question vous serez où en 2027
? En
2027 je serai
à
ma tâche si mes autorités en décident nous aurons une échéance politique très importante puisque
pour
résister aux empires il faut que l'Europe se redresse mais pour que l'Europe se redresse il faut que la France rebondisse et donc du choix que les françaises et les français feront en 2027 dépend ou dépendent beaucoup de choses et une grande partie de notre avenir
donc
je serai du côté de ceux qui appelleront les françaises et les français à un projet de conquête d'enthousiasme presque d'épopée pour nous-mêmes pour libérer les énergies pour redonner du pouvoir à la jeunesse pour restaurer le civisme non pas seulement parce que c'est la France mais aussi pour que nous puissions entraîner l'Europe avec nous et laisser à nos enfants une planète habitable et un monde en paix
Vous
avez l'air d'être un optimiste mais vous êtes inquiet pour les séances présidentielles
? Je
suis plutôt optimiste qu'inquié ou en tout cas je suis plutôt déterminé parce que je pense que je pense que les françaises et les français sentent bien que nous ne sommes pas condamnés au déclin et ils voient bien
que
chez certaines forces politiques aux extrémités de l'échiquier et bien au fond on considère que la France a déjà perdu
et
que la France est déjà déclassée
et
on ne propose aucun destin alternatif et qu'il y en aura heureusement en 2027 qui proposeront à la France de reprendre du terrain d'aller plus loin de viser plus haut
et
d'entraîner l'Europe avec elle vers un autre avenir qui reste possible
Merci
beaucoup Merci
Jean
-Noël Barron merci beaucoup d'avoir été avec nous pour cette émission de Sphère 5 on était ravis de vous accueillir j'espère que chez vous aussi ça vous a captivé et
de réfléchir à la situation de notre monde Merci
merci pour ces données
N
'hésitez pas à partager cet épisode commenter envoyer le à vos amis vos proches vos parents vos cousins vos cousines vous pouvez le retrouver sur Youtube sur toutes les plateformes de podcast et sur les réseaux sociaux et on vous retrouve très vite dans un nouvel épisode de Sphère 5
Merci Merci
à vous
Jean-Noël Barrot