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InterviewLe Crayon· 14 mai 2021 20 minComplaisantActualité / polémiqueSolidarités & familleNumériqueInstitutions & élections

L'Interview Politique - Rémi Cardon - Détresse des jeunes & fracture numérique

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:42OuverteRéponse directe

    Quel est selon vous le rôle de l'homme politique ?

  • 1:09OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce sont ces grands électeurs-là que vous représentez, ou qui est-ce que vous représentez, au final ?

  • 2:08OuverteRéponse directe

    Est-ce que le rôle d'opposition du Sénat a quand même une vraie importance ?

  • 3:48OuverteRéponse directe

    Est-ce que ces territoires sont mal représentés ?

  • 4:21OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il faudrait imaginer un Parlement décentralisé ?

  • 5:04OuverteRéponse directe

    Le gouvernement n'est pas le seul à avoir l'initiative législative ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:00Invité politiqueFait
    « De 25 à 65 ans, on a un revenu de solidarité, le RSA, et après 65 ans, on a le minimum vieillesse. »
  • 0:07Invité politiqueFait
    « Et pour la jeunesse, on n'a rien. »
  • 5:23Invité politiqueFait
    « C'est la catégorie d'âge, 18-25, qui n'a aucun revenu de solidarité. »
  • 6:02Invité politiqueChiffre
    « Ça représente 800 000 jeunes à peu près aujourd'hui. »
  • 7:22Invité politiqueFait
    « À Amiens, il y a un psychologue pour 30 000 étudiants. »
  • 14:32Invité politiqueChiffre
    « Il y a 85% des Français sont connectés, voire 90% même. »
  • 14:42Invité politiqueChiffre
    « il y a plus de 2000 communes qui n'ont rien »
  • 17:15Invité politiqueFait
    « on a gagné quand même un certain nombre de villes »
  • 17:23Invité politiqueChiffre
    « on a gagné 45 villes de plus de 30 000 habitants »

Temps de parole

  • Rémi Cardon69 %
  • Présentateur30 %

2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Rémi Cardon

De 25 à 65 ans, on a un revenu de solidarité, le RSA, et après 65 ans, on a le minimum vieillesse. Et pour la jeunesse, on n'a rien.

0:09
Invité

Attends, pause. C'est quoi le cryomédia ? On est une équipe qui vous propose du contenu vidéo respectant trois piliers. Le débat, l'ouverture d'esprit et la pluralité des opinions. Notre but, faire réfléchir et permettre la libre circulation des idées. Bonne vidéo.

0:21
Présentateur

Bonjour à tous, on se retrouve aujourd'hui pour un nouvel épisode de cette série consacrée au rôle de l'homme politique. Nous sommes avec Rémi Cardan. Bonjour. Bonjour Rémi Cardan. Vous avez exercé plusieurs fonctions politiques depuis plusieurs années. Vous avez été conseiller municipal, secrétaire fédéral du Parti Socialiste dans la Somme, et vous êtes désormais sénateur. Ma question sera donc la première question classique de cette interview. Quel est selon vous le rôle de l'homme politique ?

0:44
Rémi Cardon

Le rôle de l'homme politique, c'est de représenter celles et ceux qui le font à lire, donc au mieux, en fonction des orientations politiques. C'est celui aussi de faciliter parfois des projets du territoire, puis aussi de construire la loi avec les différents groupes politiques. Alors nous, on est dans l'opposition, mais...

1:05
Présentateur

Oui, justement, vous avez donc été élu par des grands électeurs, donc par un suffrage indirect. Est-ce que ce sont ces grands électeurs-là que vous représentez, ou qui est-ce que vous représentez, au final ?

1:14
Rémi Cardon

Moi, je suis du coup sénateur. Je suis représentant des collectivités, des grands électeurs, des élus. Et puis, on représente aussi les Français, puisqu'on conçoit la loi. Donc, il y a aussi l'Assemblée, le Sénat, il y a la navette parlementaire qui se monte. Et le Sénat a une importance, parce que c'est le seul, aujourd'hui, le seul contre-pouvoir à la politique du gouvernement. On a quand même aussi la chance de pouvoir contrôler ce que fait le gouvernement avec des commissions d'enquête. Donc, c'est quand même une lourde responsabilité d'être le seul contre-pouvoir au gouvernement, parce que la difficulté, aujourd'hui, à l'Assemblée, c'est qu'il y a quasiment 300 députés de la majorité.

Donc, c'est difficile d'être dans l'opposition à l'Assemblée, je suppose. Là, au Sénat, on a quand même une chance de pouvoir contrôler et de, parfois, modifier la loi dans le bon sens.

2:08
Présentateur

Et peut-être, justement, parce que c'est un suffrage indirect, l'élection des sénateurs et le Sénat, de manière générale, est peut-être moins connue des citoyens. On apprend aussi à l'école primaire que, dans la navette législative que vous mentionnez, entre l'Assemblée et le Sénat dans la constitution de la loi, c'est l'Assemblée nationale qui peut avoir le dernier mot sur le Sénat. Est-ce que le rôle d'opposition du Sénat a quand même une vraie importance ? Vous le sentez profondément ?

2:35
Rémi Cardon

Oui, il y a beaucoup de sujets. D'ailleurs, la commission d'enquête qui est très connue maintenant, la commission d'enquête à faire bénalat, celle sur le Covid-19. Il y a quand même des commissions d'enquête qui permettent de faire ressortir des choses. Là, il y a aussi une grande réflexion sur Hercule, sur EDF et Eolia. Il y a des sujets qui sont en train de se construire. Et c'est vrai qu'on a l'opportunité d'analyser en profondeur les sujets. Parce qu'on a, si je regarde de près, quand même, on a plus de temps par rapport à un député pour étudier la loi. C'est là où le sénateur, on l'appelle le sage, et il y a plus de temps pour étudier la loi. Moi, je trouvais que c'était important.

Et puis surtout parce qu'on a aussi une représentativité un peu différente. On ne représente pas les habitants et les électeurs. On représente les grands électeurs. Et donc, il y a la richesse, enfin, ce que j'ai ressenti dans le Sénat, c'est la richesse d'élus locaux de plusieurs horizons. Il y a des anciens agriculteurs, il y a des anciens éleveurs, il y a vraiment tous les profils inimaginables. Et puis on sent, c'est pour ça qu'on dit que c'est l'assemblée des territoires, on sent les territoires dans cette assemblée.

3:48
Présentateur

Et alors justement, en parlant de territoire, on a parfois, on parle beaucoup de défiance envers la politique. envers le Parlement y compris. Et on l'a vu avec la crise des Gilets jaunes, il y a beaucoup de personnes qui se sont senties peut-être trop marginalisées, des personnes qui sont venues des territoires dans des plus grandes métropoles françaises. Est-ce que ces territoires sont mal représentés ? Est-ce qu'il faudrait peut-être imaginer un Parlement qui serait décentralisé, qui ne serait pas parisien, comme on a une partie du Parlement européen à Strasbourg, par exemple ?

4:21
Rémi Cardon

C'est une très bonne question. Et je pensais que, figurez-vous, il y avait un projet de loi qui s'appelait 3D, et puis après 4D. Donc avec les D, c'est décentralisation, différenciation, il y en a plusieurs. Et ce projet de loi devait justement travailler sur la décentralisation et comment les territoires vont reprendre un peu le pouvoir au sens, puisque la France, ce n'est pas que Paris et l'Ile-de-France. La France, c'est essentiellement un pays plutôt rural, si on regarde bien la carte de la France.

Et en tout cas, moi, j'attendais beaucoup de ce projet de loi qui va être enterré, en fait, puisqu'on n'aura pas le temps d'un point de vue législatif au vu des prochaines séances et présidentielles.

4:59
Présentateur

Et le gouvernement n'est pas le seul à avoir l'initiative législative de ce point de vue ?

5:04
Rémi Cardon

Alors, nous, on pourrait monter effectivement des projets de loi. Mais d'ailleurs, moi, j'avais plutôt monté une proposition de loi, je ne sais pas si vous vous souvenez, sur l'extension du RSA pour les moins de 25 ans, parce que ça me semblait pertinent aujourd'hui d'envoyer un vrai message à la jeunesse qui n'a aucun revenu de solidarité. C'est la catégorie d'âge, 18-25, qui n'a aucun revenu de solidarité. C'est-à-dire que de 25 à 65 ans, on a un revenu de solidarité, le RSA, et après 65 ans, on a le minimum vieillesse. Et pour la jeunesse, on n'a rien.

Et vous voyez qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de jeunes, je n'ai même pas besoin de le dire, qui se retrouvent soit en banque alimentaire, soit qui sont hors radar de l'État, qu'on ne voit pas. Vous savez, les jeunes qui ne sont ni en formation ni en emploi, qui restent enfermés chez eux et qui n'ont aucune perspective aujourd'hui.

5:55
Présentateur

Je crois qu'il y a effectivement beaucoup de jeunes qui disparaissent complètement des radars de l'éducation nationale. Ça concerne plusieurs pourcents d'une classe d'âge.

6:02
Rémi Cardon

Ça représente 800 000 jeunes à peu près aujourd'hui. Et aujourd'hui, il y a, je crois, 1,5 million de jeunes qui sont catégorisés comme pauvres, puisqu'ils sont en dessous du seuil de pauvreté.

6:15
Présentateur

Donc, il y a eu urgence.

6:17
Rémi Cardon

Il y a eu urgence et tout ce que je ressens, c'est que le gouvernement est timide sur ces propositions et peut-être même sourd parfois. Je pense que les dégâts vont être assez lourds dans les prochains mois, parce que j'ai une pensée aussi pour les 600 000 jeunes qui ont été diplômés en juin dernier, qui se retrouvent à fréquenter Pôle emploi pendant des heures sans avoir de perspective.

6:42
Présentateur

Et d'ailleurs, au-delà même de l'urgence sociale, on sent qu'avec la crise du Covid, il y a eu une urgence psychologique qui s'est beaucoup fait ressentir récemment. Hugo Descript, le youtubeur, en a parlé. Il a invité la ministre de l'enseignement supérieur, Frédéric Vidal, pour en discuter.

6:58
Rémi Cardon

Donc, c'est vrai qu'il n'y a pas des propositions qui sont en adéquation avec la réalité. C'est-à-dire, les fameux bons pour aller voir un psychologue. Donc, il faut un, demander, il faut passer par un médecin avant pour avoir justement un espèce d'ordonnance pour fréquenter un psychologue, malheureusement. Et ensuite, il paraît très compliqué puisque, je prends le cas d'Amiens, puisque c'est la ville la plus importante de mon département. À Amiens, il y a un psychologue pour 30 000 étudiants. Donc, même si c'est bon... C'est saturé. C'est saturé, voilà.

Donc, vous voyez qu'il y a, entre les réponses qu'on peut entendre dans les médias, les effets d'annonce et la réalité, il y a encore un décalage qu'il faut... En tout cas, il faut réduire ce décalage très rapidement parce que sinon, on est face à un mur.

7:48
Présentateur

Et sur les différents moyens de s'émanciper, puisqu'il n'y a pas que le social, il n'y a pas que le psychologique, peut-être qu'il faudrait aussi envisager une meilleure représentativité des jeunes au sein du Parlement. Et vous en êtes un bon exemple puisque vous avez été élu en tant que le premier... Enfin, le plus jeune sénateur de la Ve République, exactement. Donc, félicitations pour ça.

8:10
Rémi Cardon

Merci.

8:11
Présentateur

Le Sénat, ça a une image parfois un petit peu vieillotte parce qu'on a un âge médian qui est assez élevé, qui a 61, je crois. Est-ce que les jeunes, la sagesse que vous mentionniez tout à l'heure à propos du Sénat, on peut aussi l'avoir ?

8:30
Rémi Cardon

Écoutez, moi, ce que je ressens, en tout cas, pour devenir sénateur, ce n'est pas une question d'âge, c'est une question de volonté, une question... L'expérience, on peut l'avoir. Moi, j'ai commencé très tôt à m'investir dans l'associatif, à m'investir dans les collectivités. Dès le plus jeune âge, dès l'âge de 15 ans, j'étais déjà dans un certain nombre d'instants jeunesse. J'ai participé, j'étais très engagé, très jeune. Et vous voyez qu'au bout de 10 ans, je me retrouve au Sénat. Tant mieux, c'est une chance, en tout cas, parce que c'était dur à faire comprendre, quand même, qu'un jeune pouvait devenir sénateur.

9:04
Présentateur

Justement, est-ce qu'on devrait s'en étonner ? Est-ce qu'on devrait se féliciter du fait que quelqu'un soit élu à moins de 27 ans ? Peut-être pas. Peut-être que ça devrait être normalisé.

9:14
Rémi Cardon

Oui, voilà, c'est ça. Ça devrait être normalisé. J'espère que j'ai lancé une nouvelle étape pour qu'il y ait un maximum de jeunes candidats aux prochaines sénatoriales. En tout cas, ça serait parfait. Vous voyez que si tout est possible, c'est une question de volonté et aussi de ce qu'on peut apporter. Parce que moi, j'avais aussi une vision intéressante, puisque je travaille dans le privé. Donc, j'étais chef de projet dans le numérique. Je travaillais auprès des collectivités. Et en plus de ça, j'étais élu local à côté. Donc, j'avais une vision des choses intéressantes. Et c'est pour ça que je me suis engagé dans cette campagne sénatoriale et ça a apporté ses fruits.

9:51
Présentateur

La politique actuelle a été sans doute assez, ou même très profondément modifiée par l'émergence des réseaux sociaux, puisque ça raccourcit le temps politique. Ça exige une communication à flux tendu. Alors, quand on est dans l'opposition, quand on est au Sénat, on a peut-être un peu plus de temps, un peu plus de recul par rapport à ça. Mais j'aimerais vous demander quel est votre avis sur les réseaux sociaux ? Est-ce que c'est un vecteur d'expression ou plutôt un vecteur de pression ?

10:21
Rémi Cardon

Je pense qu'on ne peut pas répondre facilement à cette question entre pression et expression, puisque c'est vrai qu'aujourd'hui, on est capté par ces réseaux sociaux. On regarde très peu de secondes, certes, des actualités, mais je pense qu'il faut surtout qu'on se responsabilise. C'est-à-dire que quand on est capté par une information, qu'on prenne le temps, en tout cas, de vérifier. Parce que ça, c'est aussi un vrai problème. Il y a des problèmes des fake news, on ne maîtrise pas forcément l'information. Ces réseaux sociaux sont très forts en termes de viralité. Ils peuvent bousculer en très peu de temps avec un certain nombre de partages. On peut envoyer une vague assez importante.

Donc là-dessus, je pense que c'est à chaque citoyen. Il y a un enjeu énorme, à la fois vis-à-vis du numérique. Il y a un enjeu énorme, parce que je mets aussi forcément un autre échelon, le numérique. Il y a la navigation sur Internet, sur les réseaux sociaux, tout ça. Mais il y a un enjeu énorme pour l'éducation nationale et pour l'éducation populaire. Parce que c'est vraiment important. C'est un sujet qui, demain, en rend encore plus de répercussions. Aujourd'hui, ça prend une proportion énorme. Il y a quand même des gens qui ont une série d'abonnés. Ils ont une vraie communauté, en tout cas, derrière eux. On essaye. Vous essayez, je suppose. Mais c'est important.

Et vous êtes aussi là pour, je pense, sensibiliser sur des sujets comme là. On en discute un peu de politique. Mais c'est hyper important. Et justement, je trouve que vous le faites très bien avec le crayon. Merci.

12:01
Présentateur

Oui, c'est vrai qu'il y a une fracture numérique qui est importante en France. Il y a, je crois, quasiment 2000 communes qui n'ont toujours aucun réseau absolument. Alors, ce sont peut-être des très petits villages. Mais il y a pas mal de fractures, effectivement, de ce côté-là. Et c'était un des problèmes aussi qui avaient émergé au niveau de la crise des Gilets jaunes, si je me souviens bien. Peut-être pour reparler sur la liberté d'expression, il y a eu récemment une application qui a été supprimée qui s'appelait l'application Parlor, qui était un réseau social quasiment sans modération au niveau des idées exprimées.

Et qui donc a attiré notamment des idées très à droite ou très radicales. Et ça a été censuré par l'App Store, le Play Store de Google. Est-ce que, vous, ça vous inspire des choses ? Est-ce que vous avez un rapport particulier à la liberté d'expression en France ou de manière générale ?

12:59
Rémi Cardon

Si vous voulez, moi, c'est là où je pense qu'il faut parfois de la modération. Attention, quand je dis ça, c'est modération au sens où on ne peut pas accepter tout. Les propos haineux et des choses qui sont très virulentes n'ont rien à faire, en tout cas sur les réseaux sociaux. Mais que des GAFAM aient un fort poids, parce qu'au final, c'est ce que vous soulevez. C'est qu'il y a effectivement des GAFA qui ont un poids considérable. Ils peuvent choisir si oui ou non, ils acceptent le contenu. Moi, je pense que c'est plutôt à des législateurs d'encadrer par la loi qu'est-ce qui est acceptable, qu'est-ce qui est modérable. Je pense que c'est chacun son rôle.

Et je pense que les GAFAM doivent revenir à leur rôle initial, c'est-à-dire concevoir des logiciels et pas forcément s'immiscer dans le champ politique ou citoyen. Exactement, c'est un peu le message que je peux vous dire, en tout cas sur cette question.

14:04
Présentateur

Et en France, est-ce que sur le numérique, on a un retard ? Bon, on n'a pas de GAFAM à l'heure actuelle. Je sais que le président Macron essaie de faire émerger, je crois, 25 licornes justement à l'horizon 2025. Des licornes qui sont des start-up, des entreprises innovantes, valorisées à plus d'un milliard de dollars. Vous avez un avis, du coup, sur l'état du numérique en France et sur les politiques et le développement, le business ?

14:28
Rémi Cardon

Ce qu'on ressent, c'est que la France est ultra connectée. Il y a 85% des Français sont connectés, voire 90% même. Là-dessus, il n'y a pas de problème. Maintenant, il y a aussi, je dirais, une fracture territoriale. Il y a quand même, vous l'avez signé, il y a plus de 2000 communes qui n'ont rien. Quand je dis ils n'ont rien, parfois, ils ont même des difficultés à communiquer par téléphone.

14:55
Présentateur

Oui, ces communes-là, ce n'était même pas de réseau téléphonique, je crois. Après, il y a même encore d'autres niveaux.

14:59
Rémi Cardon

Oui, il y a plusieurs niveaux. Il y a celles et ceux qui ont peu de débit, qui sont en bas débit. Il y a celles et ceux qui ont aussi le fait d'avoir des difficultés pour communiquer par téléphone. Et donc, là-dessus, il y a une vraie fracture qui s'installe. Et ce que j'espère, en tout cas, c'est que si la 5G va se débrouiller, puisqu'il y a des antennes qui vont arriver, il ne faudrait pas qu'on creuse encore plus le fossé. C'est-à-dire que dans ce cas-là, il faut rééquilibrer, notamment dans les zones rurales. Si on met une antenne 5G à Lyon, je n'ai rien contre. Mais dans ce cas-là, on compense sur les communes rurales aux alentours. par au moins une antenne, un pylône 4G.

Je pense qu'il faut créer un pourcentage pour ne pas que la fracture soit trop violente. Là, c'est la fracture aussi par rapport à l'infra, donc aux infrastructures, mais il y a aussi la fracture sur l'usage. Et l'électronisme, parfois dans les quartiers populaires et même dans les zones rurales, c'est flagrant. Il y a des zones qui sont en grande détresse là-dessus. Et j'attends beaucoup. Là, c'est une question d'investissement, en fait. Et ça, on essaye que le gouvernement le comprenne.

Alors, ils font des choses, attention, je ne dis pas qu'ils ne font rien, parce qu'il y a 4000 conseillers numériques qui vont être déployés dans les territoires, qui sont payés par l'État pendant deux ans, dans les collectivités, pour accompagner l'usager à remplir sa feuille d'impôt, la CAF. Enfin, il y a plein de démarches. Et puis, il faut savoir que 100% des démarches du service public seront dématérialisées d'ici 2022. Donc, il y a un enjeu important là. Et donc, ça, il faut le faire maintenant. Il sera trop tard.

16:43
Présentateur

Il y a des chèques numériques qui sont déployés. Il y a un dispositif justement dans ce cadre-là. Je crois que le gouvernement agit quand même un peu de ce point de vue-là, avec des bons qui ont une certaine valeur de 10 euros, je crois, qu'on peut dépenser dans certains organismes de formation dans le numérique. Et vous êtes dans l'opposition, vous le mentionniez tout à l'heure. Vous essayez de faire évoluer les choses sur un tas de sujets, de la jeunesse, le numérique. Quel est l'avenir aujourd'hui du socialisme et de la gauche ?

17:10
Rémi Cardon

Au Parti Socialiste, pour moi, on a repris un peu du poil de la bête, c'est le cas de le dire, sur les municipales, puisqu'on a gagné quand même un certain nombre de villes. Et pour les villes de plus de 30 000 habitants, on est en tête, puisqu'on a gagné 45 villes de plus de 30 000 habitants. Donc on a quand même repris un peu de couleurs, on va dire ça comme ça, un peu de... un teint un peu plus rose que d'habitude. Mais le sujet, il n'est pas là, il est aussi comment on construit, parce qu'aujourd'hui, c'est vrai qu'il y a une poussée des écologistes. Et nous, je pense qu'aujourd'hui, ce qu'il faut... Enfin, moi, je vois les choses comme ça, c'est mon avis personnel.

Je pense qu'il faut construire une nouvelle doctrine, la social-écologie. Et ça se fait avec les écologistes, ça ne se fait pas qu'aux partis socialistes. Et j'estime qu'aujourd'hui, on n'est pas loin. Maintenant, il y a le problème, vous connaissez la guerre entre les partis, tout le monde se tire la couette, et puis on n'arrive à rien. Et ça, c'est dramatique. Et j'espère qu'en tout cas, au présidentiel, on arrivera à avoir une candidature commune. Et donc ça, voilà, affaire à su, j'ai pas de... Il y a plusieurs candidatures. Il n'y a pas de scoop. Il n'y a pas de scoop.

18:20
Présentateur

Pour aller vers la fin, j'aimerais vous demander qui est-ce que vous souhaiteriez voir à votre place et qui est-ce que vous inviteriez à notre place dans cette interview consacrée au rôle de l'homme ou de la femme politique ?

18:30
Rémi Cardon

Quelqu'un comme Arnaud Montebourg peut être intéressant à écouter, et en tout cas, le faire parler sur des sujets. Parce que je pense que le patriotisme économique est hyper important. Anne Hidalgo est quelqu'un qui a un vrai courage politique, un vrai sens, et je pense qu'elle peut apporter aussi à vos débats.

18:52
Présentateur

Arnaud Montebourg, Anne Hidalgo, si vous nous entendez, on vous reçoit avec très grand plaisir. Et pour terminer cette émission, la question signature. Que vous inspire la phrase « Trace tes contours », le crédo du crayon ?

19:06
Rémi Cardon

Alors, je ne sais pas très bien dessiner, désolé, mais... Non, mais je pense qu'en tout cas, vous avez... Je pense que c'est important qu'il y ait ce genre de médias un peu nouveaux, qui apportent de la fraîchure dans le débat, qui ont une... En tout cas, on ressent que vous avez du vécu, et donc ça a toute sa place. Et pour le coup, il ne faut pas que vous soyez modérés dans les réseaux sociaux, si je puis me permettre, pour revenir au débat de tout à l'heure.

19:36
Présentateur

Merci, M. Cardon.

19:38
Rémi Cardon

Merci à vous.

19:39
Présentateur

On se retrouve mardi prochain pour un prochain épisode de cette émission du rôle de l'homme ou de la femme politique. Mais d'ici là, vous pouvez évidemment la liker, la commenter, la partager autour de vous si elle vous a plu, et puis nous le faire savoir. Ciao. Ciao.