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DébatCatherine Trautmann· 6 juin 2026 17 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & famille

Strasbourg face à Ramat Gan : le choix du dialogue

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:00Catherine TrautmannFait
    « Ce jumelage avec Ramadgan comme tous les autres a été créé pour rapprocher les citoyens de notre ville avec les citoyens de Ramadgan. »

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Nous passons au point suivant qui est la question orale présentée par madame Lisa Farot. Gaza Strasbourg peut-elle rester silencieuse ? Vous avez la parole.

Merci madame la maire. Le 20 mai, un poste de radio judaïque à Strasbourg sur les réseaux sociaux titrait "Le jumelage entre Strasbourg et Ramadgan est rétabli." C'est dans un interview sur cette radio que Thierry Ross, consulaire honoraire d'Israël pour le territoire Grand Est, nous annonce qu'un rendez-vous à H closu le vendredi 15 mai avec vous madame Trotman pour établir officiellement le jumelage. [grognement] À l'heure où je vous parle se déroule un génocide à Gaza dont Israël a fait un enfer à cel ouvert.

Plus de 80000 civils sont morts dont des milliers d'enfants. Les possibilités de soins sont inexistantes pour les blessés. La famine est organisée.

C'est un génocide. Les colons israéliens pillent, violent, massacrent les Palestiniens et les Palestiniennes en méprisant abjectement la dignité humaine et le droit international. Nous sommes à Strasbourg, capitale européenne, siège du Conseil de l'Europe et de la Cour européenne des droits de l'homme.

Une ville qui se veut au cœur de la défense des droits humains. La ville de Strasbourg est jumelée avec la ville israélienne de Ramadgan dirigée par le Likoud, le parti du gouvernement génocidaire de Netaniahou. Ce jumelage avait été gelé par la mère précédente.

Avec mon groupe de la France insoumise, nous portons sa suspension jusqu'à l'arrêt du génocide parce qu'un jumelage c'est un lien politique, institutionnel, symbolique. Dans le contexte du génocide à Gaza, la question se pose quel sens conserve aujourd'hui ce jumelage ? Si un jumelage sert à renforcer des liens, est-ce vraiment un tel lien que la ville de Strasbourg souhaite mettre en avant aujourd'hui ?

Si un jumelage sert à favoriser la mobilité des jeunes, les échanges scolaires et les rencontres entre habitants, ces objectifs ne sont-ils pas inatteignables par essence dans un contexte de conflit armé prolongé comme nous l'avons acté aujourd'hui lors de l'examen du texte sur les bourses municipales d'études ? Plus largement, une collectivité locale n'a-telle pas pour responsabilité de s'interroger sur la portée symbolique de ses partenariats internationaux lorsque ceux-ci sont associés aux horaires d'un génocide qui dure depuis bientôt 3 ans ? En Europe, certaines grandes villes comme Barcelone ont pris leur responsabilité et ont suspendu leur relation institutionnelle avec des villes israéliennes.

Aussi, madame la maire, avez-vous réellement réouvert les relations diplomatiques avec le maire de Ramadgan, dégelant ainsi le jumelage arbitrairement dans le contexte génocidaire que nous connaissons ? Par transparence, pouvez-vous nous faire un compte-rendu de votre échange avec monsieur Ross ? Et pourquoi, surtout, pourquoi ne pas avoir abordé le sujet au sein du conseil devant les Strasbourgeois, les Strasbourgeoises et les élus qui les représentent ?

Madame la conseillère, j'ai lu avec intention votre question orale. Tout d'abord à propos du sens du jumelage. Ce jumelage avec Ramadgan comme tous les autres a été créé pour rapprocher les citoyens de notre ville avec les citoyens de Ramadgan et ce sont des Strasbourgeois soutenus par la communauté juive de Strasbourg qui me l'ont à l'époque proposé.

Cela a été mon initiative, je ne l'ai jamais regretté. Ce jumelage revêtait et revait toujours une importance particulière. Il a servi de base à une coopération active, y compris en temps de conflit quand nous nous sommes engagés avec un groupe de villes européennes dont notre ville jumelle de l'Ester.

Besançon dans un programme de soutien à la reconstruction d'infrastructures de transport et la mise en œuvre de services sur le territoire de Gaza grâce à la coopération entre le maire de Gaza et le maire de Tala Aviv qui avait délégué son premier adjoint de façon permanente. Je rappelle que Ramadgan est dans la bandlieu de Tel Aviv et que Ramadgan a été pour nous, même avec un mer li coude, madame la conseillère, la base de cette coopération et aussi la base de son animation. Nous l'avons fait car la démarche de soutien et d'engagement concret citoyen au processus de paix relève de la responsabilité particulière de Strasbourg. et je vous cite, vous dites dans votre question, "Nous sommes à Strasbourg, capitale européenne, siège du Conseil de l'Europe et de la Cour européenne des droits de l'homme.

Une ville qui se veut au cœur de la défense des droits humains. Nous sommes une ville symbole de la réconciliation et pour faire la paix, il faut être deux et il faut être deux aussi si l'on prétend en vérité être favorable à la solution à deux états. [grognement] Je suis favorable à la solution à deux états et je ne serai pas en contradiction avec cette conviction et avec ma responsabilité de maire de Strasbourg.

Quelle est la situation ? Le jumelage avec Ramadan a été gelé par ma prédécesseur Jeanne Barségan qui n'est pas allée au bout de l'exigence que pourtant vous attendiez d'elle avant et pendant la campagne électorale d'arrêter ce jumelage de le supprimer. Le gel, madame la conseillère, est la position la plus inefficace et la plus pénalisante.

Une position de retrait et d'absence. Elle prive Strasbourg de toute initiative et de tout dialogue pour la paix entre citoyens israéliens et palestiniens. Elle pénalise les Israéliens sans pour autant être utile aux Palestiniens qui sont dans la détresse et dans la désolation.

Vouloir la paix, c'est refuser toute action unilatérale. C'est œuvré pour l'arrêt de la guerre et des massacres. C'est exigé que les crimes de guerre soient sanctionnés.

C'est lutter aussi contre un gouvernement dont on ne soutient pas la politique et la pratique. Et donc être absent, être silencieux, gelé, se départir n'est certainement pas la position la plus courageuse et la plus efficace. Je constate aussi que vous pratiquez l'oubli historique.

Je relève que dans votre question orale, vous ne mentionnez nullement le 7 octobre ces massacres et ses horreurs. Et pourtant, on a des femmes qui ont été violées aussi, des femmes qui ont été même démembrées. On en a trouvé les traces.

Alors, je pense que tous les crimes doivent être sanctionnés. les crimes qui ont été commis le 7 octobre, les crimes qui ont pu être commis après. Mais je pense qu'il n'y a pas de justice unilatérale.

Une justice notamment lorsqu'on parle de génocide qui relève en tant que que désignation d'un crime qui a été commis contre l'humanité relève d'un tribunal et d'un tribunal compétent pour cela. Ce n'est pas à Strasbourg de juger ou pas s'il y a eu génocide ou pas. Il y a de la part de Strasbourg à créer les conditions d'une expression, d'une action, d'un engagement et en même temps aussi d'une exigence.

Et cela, je ne l'entends pas dans votre question orale, ni non plus d'ailleurs dans vos prises de position. Donc moi, ce que j'espère, c'est que bientôt nous pourrons travailler à la reconstruction et je condamne ce que subissent les habitants de Gaza depuis 2023 et je le condamne sans ambiguïé. Je dénonce cette situation comme j'ai dénoncé avec clarté le massacre antisémite et terroriste du 7 octobre.

Je regrette et je critique l'attitude de votre parti qui lance sa campagne présidentielle en exploitant et en instrumentalisant à nouveau le conflit israélo-palestinien. créer le chaos par la fracturation de la société en essentialisant les Français selon leur origine, selon leurs opinions, même à présent selon leur religion, ce que vous faites avec l'islam. Car il faut le dire, vous réussissez même à jeter le trouble entre musulmans eux-mêmes.

Il n'aura pas suffi que les excès de vos slogans, des expressions de votre chef de parti, particulièrement antisémite dans cette dernière période alimente une vague d'antisémitisme sans précédent. Vous voilà vous-même maintenant pris au piège de l'instrumentalisation de l'islam pour chercher des voies dans les quartiers. en m'accusant, comme je l'ai vu dans des réseaux sociaux de vos amis qui vous sont proches de fascistes parce que je ne partage pas vos méthodes.

Voilà ce que j'ai vu sur vos réseaux sociaux. Vous pratiquez l'intimidation, l'invective et la menace. Vous m'avez vous m'avez vous ne m'avez plus finalement mise en demeure de répondre sur ma présence à une manifestation.

Et bien, vous m'avez donné raison indirectement de ne pas avoir pu y aller. Pourquoi ? parce que vous attendiez que je vienne pour me conspuyer, pour me menacer et pour redire exactement ce que vous avez dit dans votre question qui a été pourtant retirée.

Alors, j'aimerais savoir d'ailleurs pourquoi cette question a été retirée. Parce que je sais aussi ce que pensent les musulmans de cette ville qui savent combien de mosquées j'ai pu soutenir dans leur construction, dans leur évolution et à quel point je suis proche des communautés musulmanes. Alors, pensez bien aussi à cela.

Les gens ne sont pas dupes, ils sont attentifs et ils regardent comment nous agissons. Et pour moi, la politique n'est pas là pour alimenter les conflits, mais elle est là pour les résoudre. J'ai été élu maire de Strasbourg sur un engagement clair, apaisé, réparé, redressé. [grognement] Je souhaite que chaque Strasbourgeoise et chaque Strasbourgeois soit considéré comme un citoyen libre de sa pensée et de ses opinions, libre de faire ses études et de travailler sans subir les attaques verbales ou physiques à l'école, à l'université, au travail.

Que chacune et chacun soient reconnu et respecté dans sa dignité. C'est la raison pour laquelle avec mes collègues, nous voulons nous engager concrètement, non pas dans les symboles, non pas dans un débat d'accusation théorique ou sémantique dans la lutte contre les actes antimusulmans, contre les actes antisémites et contre toutes les formes de racisme et de discrimination. J'ai été élu sur une promesse de dialogue de concorde républicaine pour que Strasbourg redevienne une ville où on se parle, où le débat est possible et la pluralité d'opinion soit infit respecté.

Appliquer la devise républicaine inscrite au front de notre mairie, liberté, égalité, fraternité est un devoir qui exige de nous particulièrement dans ce conseil de ne pas en permanence heurter, prendre à partie, condamné par procuration une communauté ou l'autre. La République nous engage à défendre et promouvoir les droits humains et leur universalité, loin de la tentation arbitraire ou totalitaire qui a tant marqué l'histoire et la vie des citoyens qui ont honoré notre ville comme l'a fait Mark Block. Un jumelage est un partenariat qui traverse les allias des majorités politiques du temps d'un mandat. construire la paix sur Allon et nous demandera en transparence de travailler au rapprochement des deux parties.

Faisons, mes chers collègues, ce choix, ce choix démocratique, ce choix clair, ce choix transparent, ce choix digne, respectueux des victimes, ce choix qui correspond à l'histoire de Strasbourg et à ses responsabilités. [applaudissements] [applaudissements] Merci chers collègues. En principe, on n'applaudit pas.

Madame Far si vous voulez, vous avez la parole. [grognement] Madame Trotman, je vous ai interrogé sur une question qui est très sensible et très concrète et vous l'avez rappelé, c'est la question du jumelage. Vous m'avez fait une réponse politicienne.

Vous avez utilisé ma question pour régler des comptes dont il n'est pas question ici. Il n'est pas question ici de la campagne présidentielle, il n'est pas question ici des prises de position de mes camarades insoumis. Il est question ici du jumelage de la ville de Strasbourg avec la ville de Ramadgan.

Donc je vous repose la question puisque vous m'avez pas répondu. Le jumelage est-il rétabli ? L'avez-vous dégelé ?

Quel mot-vous eu auprès du maire de Ramadgan pour lui signifier le désaccord dont vous nous parlez ici sur sa politique ? [grognement] Vous m'avez posé en effet la question, y compris en appliquant le consulaire d'Israël en disant que vous exigiez un compte-rendu d'un d'une rencontre qui s'est passée à à Hlos. Mais sachez bien que en fait le jumelage de Ramad Gan n'a jamais été supprimé.

Il n'a plus été activé, c'est tout. Et donc restez, je l'ai dit et vous ne m'avez pas écouté dans ce cas que c'était la position la plus la plus insuffisante, la plus inefficace parce que ça met en retrait et ça ne permet pas à Strasbourg d'agir et d'être écouté par ceux que vous voudriez convaincre d'arrêter le conflit. Donc moi, je n'ai jamais pratiqué la chaise vide, ni la monestation, ni la menace.

Et ça, je pense qu'on peut convaincre quand on est dans l'action, quand on est présent et quand on chemine avec les gens. Et je n'abandonnerai pas vraiment, je vous le dis en toute sincérité et de manière extrêmement convaincue, je n'abandonnerai aucunement cette conviction que Strasbourg doit œuvrer pour la paix. Elle peut le faire même si c'est difficile aujourd'hui parce que si je regarde ce qui s'est passé, les manifestations, [grognement] toutes les toutes les déclarations qui se sont passées symboliquement telle ou telle action, est-ce que ça a changé profondément la vie des Palestiniens ?

Est-ce que nous n'avons pas intérêt nous à travailler avec les médecins, à travailler avec les organisations qui s'occupent de pouvoir secourir les victimes comme nous l'avons fait et je vous le dis dans la précédente période, j'ai moi-même soutenu et proposé l'augmentation des moyens que nous pouvions déployer auprès des des équipes des équipes de médecins et des équipes de soignants sur la ville de Gaza et dans le territoire de Gaza. Donc je pense que c'est là que nous devons être et pas dans une querelle linguistique comme vous avez souhaité le faire ou en appliquant des rendez-vous que je pourrais avoir. Je n'ai pas du tout d'attitude ambigue ni je nai à me cacher.

Je l'ai dit, ce jumelage, il a été à un moment donné mis en place. Il nous a été utile. Je souhaite qu'il le reste, je souhaite qu'il le soit et je souhaite qu'on puisse travailler non pas simplement avec un camp palestinien dans la banlieu de Bethléhem, madame Pharao, parce que ça ça a donné lieu aussi euh à une vision et à une façon symbolique de supprimer de la carte.

On se souvient de ce symbole Israël. Et on voit aussi dans Strasbourg des inscriptions et des programmes culturels qui parlent du rein au Jourdain. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire qu'en fait vous et d'autres dans la ville soutenai la disparition de l'État d'Israël. On peut être en désaccord et je le dis avec un gouvernement avec sa pratique avec son son entraînement dans une guerre meurtricide. Euh, on peut le contester, on doit aussi être extrêmement exigeant là-dessus, mais supprimer un état qui a une exigence démocratique, supprimer ou faire comme si les habitants civils de ce pays n'avaient pas la possibilité de choisir et de se prononcer dans la diversité des opinions, je pense que ce n'est ni vrai ni bon de le faire.

Donc voilà, j'ai répondu. Si ma réponse ne vous satisfait pas, si vous ne l'avez pas écouté et vous ne l'avez pas entendu, c'est que votre propos était uniquement une provocation et que vous vouliez utiliser vos mots, votre rhtorique et votre façon de parler. Je la connais.

Vous pensez gagner la bataille des mots et des symboles. J'ai connu d'autres batailles de mots et de symboles. Et franchement, soyez sûr que dans cette bataille-là, je saurais aussi exprimer mes convictions, mon engagement et les réalisations que je pourrais proposer à notre conseil pour que nous en tout cas ici, on ne fasse pas de fausses promesses, de fausses polémiques, mais qu'on soit engagé dans des actions concrètes.

Nous le devons pour les victimes. Je l'ai dit, je le répète. Merci mes chers collègues.

Je n'en dirai pas plus. Et nous passons à la question suivante qui est présentée par monsieur Cobrin et à laquelle Mathieu Cann euh répondra.