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speechyoutube.com· 20 novembre 2017 28 min

Discours d'Edouard Philippe | Conseil de LaREM

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Édouard Philippe

Marcheuse, marcheur, il y a une chose qui est plus difficile que de parler juste après le déjeuner, c'est de parler juste avant. Vous êtes nombreux ici à vous être levés aux aurores pour arriver à l'heure. Vous avez faim, moi aussi. Et au fond, cette caractéristique commune est probablement la meilleure garantie que ce discours sera bref. Je voudrais vous remercier pour votre accueil, vous remercier pour votre soutien. Je suis très heureux d'être ici avec vous aujourd'hui, heureux de retrouver les membres d'un gouvernement rassemblé, des parlementaires déterminés et des marcheurs engagés.

Je suis d'autant plus heureux d'être avec vous qu'il m'est arrivé d'être moins bien accueilli dans des réunions de ce type. La vie est décidément étonnante. C'est avec chaleur que vous accueillez un Premier ministre qui n'est pas membre de votre mouvement, quand d'autres, avec froideur, font mine de prendre acte que je ne serai plus membre du leur. Vous avez peut-être noté qu'il arrive que les hommes et les femmes politiques aujourd'hui parlent de leur famille politique. Je suis sûr que vous avez remarqué les circonvolutions de ceux qui préfèrent parler de famille politique que de parti politique, parce que la famille, ce serait toujours respectable et le parti, ce serait forcément honteux.

Je ne sais pas si vous êtes un parti ou une famille politique, mais quand je vous vois, je constate qu'en effet, on ne choisit pas toujours sa famille, mais on choisit ses amis. Mais je suis surtout heureux d'être avec vous parce qu'aujourd'hui est un jour important. C'est un jour important d'abord parce que nous sommes à Lyon, cher Gérard, à Lyon. Only Lyon, comme on dit ici en bon français. Lyon qui impressionne par sa prospérité, par sa transformation, par sa sérénité aussi. Lyon qui montre, comme d'autres villes de France, cher Gérard, mais plus que beaucoup d'autres, qu'à force de travail, à force de cohérence, à force d'engagement aussi, l'action publique peut porter ses fruits.

Que dans un pays où les élus sont souvent dénigrés, des maires et leurs équipes peuvent incarner ce qu'il y a de meilleur dans l'engagement politique. Cher Gérard, ton succès à Lyon est incontestable, et il est d'ailleurs incontesté. Et il te donne, à toi aussi, cette sérénité, cette force qui nous est précieuse dans les fonctions qui sont les tiennes. C'est plus qu'essentiel. Je veux t'en remercier. C'est un jour important ensuite parce qu'il marque une nouvelle étape dans la vie de votre mouvement. Je sais que les nouveaux statuts que vous avez adoptés trouvent application aujourd'hui.

Je sais aussi que vous avez fait le choix courageux d'un grand mouvement démocratique, innovant, réformateur, exigeant, ouvert. Rien n'est facile dans l'organisation d'une action collective. Lorsque tout le monde file droit, on hurle à la caporalisation. Lorsque tout le monde débat, on hurle à la cacophonie. Et lorsqu'on évite ces deux écueils, rassurez-vous, on trouvera toujours quelqu'un pour hurler. Que cela ne vous inquiète pas, votre mouvement est en marche, rien ne l'arrêtera.

C'est un jour important aussi parce qu'il illustre votre capacité, notre capacité, à faire dialoguer des personnes dont les différences politiques sont réelles, et assumées d'ailleurs, mais dont ces différences sont vécues comme autant de richesses. Chère François, merci pour ton soutien précieux à l'action que nous conduisons, et merci pour ta voix, toujours loyale, toujours exigeante, toujours utile, à laquelle, tu le sais, je suis extrêmement attentif. Merci bien sûr à tous les membres du gouvernement qui sont réunis ici et qui oeuvrent à la transformation du pays.

Je voudrais dire à tous ma fierté d'être sous l'autorité du président de la République, le chef d'orchestre de ce gouvernement et de cette majorité. Au-delà, et mes amis, au-delà de tous ceux qui, comme vous, s'inscrivent pleinement dans la majorité présidentielle, l'incarnent, la font vivre, il est d'autres militants, d'autres élus, d'autres citoyens qui souhaitent la réussite du président de la République et du gouvernement. Beaucoup le pensent, certains le disent.

C'est notre devoir de dialoguer aussi avec eux, d'accueillir ceux qui tendent la main sans exiger d'eux un accord pur et parfait qui, du reste, n'a probablement pas de place dans notre monde politique et dans notre façon d'envisager le débat citoyen. Peut-être pourrons-nous les convaincre de nous rejoindre, ou peut-être réussirons-nous à constituer des majorités de projets sur nos réformes essentielles, dans l'intérêt collectif. Il y a là un enjeu dont l'importance n'échappe à personne ici et qui est prometteur à la fois d'une nouvelle façon d'envisager le débat public et de succès demain dans l'action du gouvernement.

Je m'y emploie à chaque instant car je suis convaincu, mesdames et messieurs, chers amis, que la recomposition politique à l'oeuvre depuis l'élection du président de la République, qui s'est poursuivie au moment de la composition du gouvernement, qui s'est poursuivie au moment de l'élection d'une majorité vaste à l'Assemblée nationale, cette recomposition est loin, bien loin d'être achevée. Les architectes et les menuisiers diraient que la poutre travaille encore. Eh bien, laissons-la travailler. Laissons travailler la poutre, c'est souvent le meilleur moyen de ne pas l'avoir dans l'oeil. Enfin, c'est évidemment une journée importante, car vous venez d'élire votre premier délégué général.

Il y a à peine un an, cher Christophe, nous siégeons tous les deux sur les bancs de l'Assemblée nationale. Sur des bancs différents. Toi, élu du sud-est, moi, élu du nord-ouest. Toi, élu d'un territoire rural, moi, élu d'un territoire industriel et portuaire. Mais toi et moi, élu sur des terres au climat chaud et sec. Si, si, il ne peut pas répondre, c'est très bien comme ça. Rien n'indiquait, cher Christophe, que nous serions un jour conduits à nouer une collaboration aussi étroite. Et c'est probablement une des magies du moment unique que nous vivons ensemble, que de permettre d'aussi jolies rencontres.

Depuis six mois, je n'ai eu qu'à me féliciter de ton énergie, de ta compétence, de ta finesse et de ta loyauté la plus totale. Casta, je l'appelle comme ça, Casta, c'est d'abord un accent. Un accent tonique et un accent joyeux. C'est aussi une volonté. Très fortement enraciné dans quelque chose qui, à mon avis, remonte très loin. La volonté de faire réussir l'équipe. Et, mes chers amis, je ne sais pas s'il sera un bon délégué, mais je peux vous garantir qu'il fera un excellent général. Voilà donc les marcheurs. Vous voilà donc les marcheurs avec un mouvement, avec des statues et avec un castaner. Vous êtes, comme on dit, en ordre de marche.

Et je n'ai pas besoin de vous dire à quel point les défis qui nous attendent sont nombreux et difficiles. Le plus grand de ces défis, le plus essentiel, le plus difficile à relever, c'est celui d'être à la hauteur. À la hauteur de ce qui s'est joué en avril et en mai dernier. Rien ne s'est passé comme prévu dans cette élection présidentielle. Et rien, mais alors rien de ce qui s'est passé n'a été anodin. Permettez-moi de vous dire avec peut-être un peu de gravité que la victoire du président de la République au mois de mai nous a prémunis d'un long et d'un rude hiver. Oui, la France aurait souffert d'être plongée dans ce repli frileux sur elle-même qui nous était proposé.

Oui, les Français auraient souffert d'être assignés à cette nostalgie amère et à cette vaine colère qu'on leur proposait en alternative. Nous devons désormais réussir. Pour éviter d'avoir à constater un beau matin que cet hiver arrive, nous n'avons pas d'autre choix que de réussir. Une incroyable fenêtre de transformation s'est ouverte. C'est à nous de l'utiliser. Nous devons transformer le pays, nous devons le réparer, nous devons le préparer à affronter les défis du monde de demain. Vous le savez mieux que personne, puisque vous avez bâti ce projet, c'est bien d'une véritable transformation dont il s'agit.

Le renouvellement profond de notre vie politique et de notre fonctionnement démocratique. La rénovation de notre modèle social et l'invention d'un nouveau modèle de croissance fondé sur l'innovation, les compétences, les transitions écologiques et numériques. Il y a fort à parier, mesdames et messieurs, que nous n'aurons pas deux occasions comme celles que nous vivons. C'est une situation inédite qui nous donne des droits, bien sûr. Celui d'influencer le cours des choses, celui de faire valoir nos convictions. Mais cette situation unique nous donne aussi des devoirs au premier rang desquels le devoir de réussir.

Le gouvernement que je conduis est au travail depuis six mois, quasiment jour pour jour. Six mois, c'est 10% du quinquennat. Et nul n'est autorisé à se laisser aller à l'autosatisfaction. Et encore moins alors que nous commençons. Mais je voudrais vous dire à vous, les marcheurs, au nom du gouvernement, notre fierté du travail engagé et notre détermination à poursuivre. Car depuis six mois, beaucoup a été fait. Et nous pouvons dire que la transformation est elle aussi en marche.

Pour libérer le travail et protéger les actifs, la réforme du Code du travail, la baisse des cotisations sociales, la suppression du RSI, voilà des engagements qui avaient été pris par le président de la République, voilà des actions qui ont été mises en oeuvre par le gouvernement. Pour encourager l'investissement et l'innovation, un grand plan d'investissement de 57 milliards d'euros, la transformation de la fiscalité sur le patrimoine et l'épargne, la baisse de l'impôt sur les sociétés, la transformation du CICE en baisse de charges pérennes, nous sommes engagés.

Pour assurer la sécurité des Français, la loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, l'augmentation sans précédent du budget de la défense, la création de la police de la sécurité au quotidien, nous sommes engagés. Pour mener enfin nos étudiants à la réussite et mettre fin à cette dramatique et honteuse, disons-le, sélection par l'échec, le plan étudiant présenté par Frédéric Vidal, c'est un grand plan de transformation qui va profondément lui aussi transformer la réalité.

Pour favoriser la réussite scolaire pour tous, ce combat dont François a parlé, ce combat essentiel pour la République, pour nous-mêmes, pour nos enfants, pour ce que nous sommes, pour construire le monde de demain, le dédoublement des classes de CP en zone REB+, le dispositif devoir fait, la liberté d'organisation des rythmes scolaires, tout cela, et bien plus encore, engagé avec Jean-Michel Blanquer, tout cela est engagé.

Pour protéger les plus fragiles, la revalorisation du minimum vieillesse, de l'allocation adulte handicapé, le plan logement d'abord, la stratégie de lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes, la nouvelle politique pour la ville et les quartiers, tout cela est engagé. Pour améliorer le quotidien de nos compatriotes, la suppression, oui, mesdames et messieurs, la suppression de la taxe d'habitation pour 80% des foyers, la refonte de la politique du logement pour faire baisser les loyers demain, la lutte contre les déserts médicaux, la lutte contre le tabagisme, l'extension de la vaccination obligatoire, la priorité donnée au transport du quotidien, tout cela est engagé.

La loi confiance, la loi confiance et le souci de l'exemplarité, le plan climat, la plateforme Make Our Planet Great Again, l'accord sur les travailleurs détachés à la suite d'un travail considérable mené par tous les membres du gouvernement sous l'impulsion du président de la République qui a considéré très tôt que nous ne pouvions pas nous satisfaire de la réglementation européenne telle qu'elle existait et des propositions de compromis qui nous étaient suggérées et mises sur la table.

L'ensemble des membres du gouvernement, l'ensemble des voix qui représentent la France, des parlementaires, ont à chacun de leurs contacts avec nos partenaires européens insisté sur la nécessité de trouver le bon compromis. Je voudrais rendre hommage évidemment à Muriel Pénicaud qui s'est battue pour avancer sur ce sujet comme elle s'est battue sur la transformation du droit du travail. La vision, mesdames et messieurs, formulée par le président de la République sur l'Europe dans son discours de la Sorbonne, une vision claire, une vision cohérente, une vision qui fonde désormais le débat et les propositions au sein des pays européens.

Bruno Le Maire, de retour de Berlin, nous disait récemment que ce sont sur les propositions françaises que nos partenaires discutent. Et chacun sait ici que lorsqu'on a l'initiative dans un débat, lorsqu'on apporte le premier l'idée, la proposition, on est toujours bien plus fort et bien plus persuasif. C'est cette initiative que le président de la République a su faire renaître, c'est cette capacité de la France que nous devons amplifier dans les semaines, dans les mois et dans les années qui viendront. Notre budget 2018 est forcément discuté.

Il vient concrétiser nos choix et un grand nombre de ceux qui connaissent les questions budgétaires et qui ne sont pas forcément d'accord avec nous sur tous les sujets, reconnaissent qu'il est fondé sur une double exigence de sincérité et de courage. Je le dis parce que Gérald Darmanin, le ministre de l'Action et des Comptes publics, dans la préparation du budget, a souhaité faire en sorte que de façon systématique, nous prenions en compte cette exigence de sincérité qui avait sans doute toujours été défendue auparavant. Sans doute. Mais disons que maintenant c'est plus net. Disons que maintenant ça se voit dans les chiffres. Que nous écartons les hypothèses de sous-budgétisation.

Que nous disons les choses et que nous affichons les chiffres tels qu'ils sont, tels qu'ils doivent être, même quand ils sont difficiles, nous disons la vérité des chiffres. C'est indispensable quand on veut prendre des décisions et les expliquer. Ce budget est sincère, il est courageux, il ne fait pas l'unanimité, tant mieux. Rien ne serait pire qu'un budget qui ne ferait aucun choix, qui ne changerait rien pour ne mécontenter personne. Lorsque la France insoumise et le Front national nous critiquent, je me dis que nous ne sommes pas sur le mauvais chemin. La vérité, c'est probablement que si eux étaient satisfaits, vous ne le seriez pas. Et vous auriez raison.

Il est toujours plus facile, mesdames et messieurs, nous le savons tous, il est toujours plus facile de ne rien changer, de ne jamais questionner ni les acquis ni les rentes, de ne jamais s'interroger véritablement sur ce qui fonctionne bien et sur ce qui ne fonctionne pas, de ne jamais questionner le bon usage de l'argent public en laissant entendre qu'il suffirait d'en accorder plus pour que ça marche mieux, de laisser traîner les projets coûteux et mal ficelés pour les laisser à ses successeurs. J'ai quelques exemples en tête. Et si j'avais le temps, je vous les citerai tous.

C'est l'honneur de la politique, c'est l'honneur du président de la République, c'est l'honneur du gouvernement de ne pas céder à ces facilités. Nous avons fait des choses difficiles, oui, mais au fond, l'était-elle vraiment difficile par rapport à celles qui nous attendent ?

La réforme complète de la politique du logement, la réforme de l'assurance chômage, de la formation professionnelle, de l'apprentissage, la réforme constitutionnelle, la stratégie santé, la maîtrise des flux migratoires et la réforme du droit d'asile, la loi de programmation militaire, la réforme de la justice, le projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles, grandes causes du quinquennat, la couverture intégrale du territoire entrée au débit pour 2022 et bien d'autres choses encore, le tout dans un contexte financier et budgétaire qui n'est pas simple, mais qui ne doit pas nous empêcher de tenir les engagements que nous avons pris vis-à-vis de nos partenaires européens et surtout les engagements que nous avons pris et que nous tiendrons vis-à-vis de nos enfants.

C'est une responsabilité immense qui est la nôtre. Et quand je dis la nôtre, je veux dire la mienne et la vôtre. Car vous avez, marcheuses, marcheurs, une responsabilité unique. Rien ne sera possible si vous n'êtes pas pleinement ce grand mouvement majoritaire et central dont a besoin le pays. A vous d'inventer son fonctionnement. Et c'est difficile. Et c'est même ingrat à certains égards. Mais c'est essentiel. Je ne suis pas sûr que vous puissiez vous appuyer sur l'expérience passée pour avoir contribué à la création de l'UMP en 2002. C'est un parti dont le nom et un certain nombre de valeurs fondatrices ont disparu depuis. Je sais que c'est un exercice redoutable.

Mais je ne suis pas inquiet pour vous. Pour une raison simple. Depuis un an et demi, vous avez déjà tout réinventé. Alors vous pouvez bien continuer un peu. De toute façon, je ne connais aucun mouvement politique qui se crée, qui se structure et qui annonce vouloir faire exactement comme les autres. Je n'en connais pas non plus qui revendique l'appellation de parti politique et pourtant joliment inscrite à l'article 4 de notre Constitution. Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage. C'est quand même beau. Certains d'ailleurs y concourent davantage que d'autres. C'est vrai. Et Dieu sait si vous, les marcheurs, vous y avez contribué tout au long de cette année.

Mais ce qui est certain, c'est que vous devez structurer, vous devez faire fonctionner, vous devez développer un mouvement citoyen d'ampleur, enthousiaste, optimiste. Et vous devez le faire vivre comme un mouvement pérenne, solide, organisé, rompu à l'exercice du pouvoir. Alors si j'osais, si j'osais, monsieur le délégué général, cher Christophe, je me permettrais de vous fixer 3 objectifs. D'abord, porter une voix forte, dans les médias bien sûr, mais aussi et surtout dans les territoires, pour défendre l'action du gouvernement que le président de la République m'a demandé de conduire.

Vous êtes tous ici, les ambassadeurs du président de la République et les ambassadeurs de la transformation que nous mettons en oeuvre pour tenir les engagements qu'il a pris. Vous êtes aussi nos lanceurs d'alerte, nos baromètres. Partout, toujours, défendez cette parole et exprimez-la. Faites-nous savoir, faites-nous connaître les désarrois, les malentendus, les inquiétudes et même, s'il y en a, les compliments. Ensuite, deuxième objectif, faites vivre un maillage territorial dense et durable pour préparer les prochaines échéances électorales, les élections européennes mais aussi et surtout les élections locales.

Dans le débat public, dans le débat politique, les idées sont premières, les idées sont essentielles. Mais les idées ont besoin de s'incarner. Elles ne peuvent pas, pour entrer en pratique, rester dans le monde des idées. Je n'avais pas prévu, cher François et cher Gérard, de faire un discours platonicien aujourd'hui mais il faut sortir du monde des idées. Il faut incarner les idées. Il faut s'enraciner pour que véritablement ces idées puissent prendre une dimension pratique.

Tous ceux qui, ici, aujourd'hui, exercent ou ont exercé des fonctions électives et quelles que soient les responsabilités qu'ils ont exercées, du plus modeste conseiller municipal au plus éminent des ministres, du plus éminent des conseillers municipaux jusqu'au plus modeste des ministres, tout le monde, tous ceux qui ont exercé des responsabilités électives savent cela. C'est l'enracinement et l'incarnation qui permettent de transformer la réalité et de mettre en oeuvre les idées qui nous animent. et pour cela, il faut une école, une structure, un mouvement, un parti, des marcheurs.

Enfin, troisième objectif, sans doute le plus important, ne cessez jamais de vivre, de proposer, de créer, d'innover, d'inventer, de penser le long terme, de déranger même. Les partis traditionnels, on le voit, meurent de ne plus avoir d'idées. ne tombez pas dans ce travers. Nous avons besoin d'une formation politique qui est claire, avec exigence, avec intelligence, avec réalisme, avec créativité, d'une formation politique qui sache revivifier notre démocratie en portant des débats participatifs et des idées nouvelles vers les élus, en inventant un nouveau militantisme ouvert à d'autres mondes, à d'autres modes, le monde économique, le monde associatif, le monde numérique.

Tout cela est à défricher. Et pour tout cela, vous pourrez toujours compter sur mon soutien. Je me garderai bien de vous donner les enseignements de mon expérience partisane, lointain souvenir d'un monde heureusement révolu. Je peux simplement vous dire que lorsque vous vous disputerez, ce sera le signe que vous êtes en train de devenir un vrai, un bon vieux parti politique. Si vous retardez le plus possible cette échéance, vous aurez fait oeuvre très utile. Cela pourrait être un quatrième objectif qui, je vous l'annonce, ne sera pas le plus simple à tenir. En attendant, je constate que vous avez à la fois un inspirateur, un cap, un projet, une cohérence et aujourd'hui, un délégué général.

J'ai beau chercher, je ne vois pas quelle autre formation politique, à part bien sûr le BODEM, cher François, peut aujourd'hui nous en dire autant. Mes amis, l'heure de vérité approche, celle du déjeuner. merci de m'avoir accueilli aujourd'hui comme toujours, comme l'un des vôtres. Et pour finir, je voudrais citer Marx, Grouchot Marx. Grouchot Marx qui disait « Je me méfie beaucoup des clubs qui m'acceptent comme membre ». Eh bien aujourd'hui, je ne me méfie pas. Je vous salue avec reconnaissance et amitié. Au les cœur et bon appétit ! Merci.