Canicule : «Le bilan humain va s’allourdir, il y aura un effet retard», annonce Jean Paul Hamon
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[musique] Il est quasiment 6h mo5 sur Europain et votre invité ce matin Alexandre Lemire et Jean-Paulamont médecin et président d'honneur de la Fédération des médecins de France. Bonjour docteur Enje Paulamont. Bonjour.
Nous parlons avec vous ce matin de l'impact de la canicule sur notre santé, de la surmortalité qu'elle provoque. Les premiers chiffres de santé publique France recensent 1000 décès supplémentaires. C'est un bilan qui pourrait s'aggraver.
Ce recensement s'appuie sur les urgences, les hôpitaux et les cliniques, mais il ne tient pas compte, pas encore, des morts à domicile. Ce qui veut dire, nous sommes encore loin, docteur Amon, d'avoir la réalité du tableau de la surmortalité lié à cette canicule. C'est c'est assez étonnant qu'il ne tiennent pas compte des des morts à domicile parce que ceux-là sont tout à fait recensés, hein.
Ce sont ces personnes-là qui qui sont en train de s'entender actuellement dans les dans les funérariums. Et bien évidemment le le le bilan va le bilan va s'alourdir parce que on a tenu les on sait ce qui s'est passé en 2003, il y a eu énormément de décès et et après tout est des semaines suivantes, toutes les personnes âgées qui avaient lutté contre cette canicule euh sont décédés. C'està-dire vous créez aussi un effet retard en fait là, un effet retard de la canicule sur nos sur les organismes également.
Bien é bien bien évidemment parce que l'organisme lutte contre cette canicule. Il y a cette hyperventilation qui est nécessaire qui fatigue le cœur. Il y a il y a cette ce que fait l'organisme, c'est-à-dire que les les vaisseaux sanguins se dilatent en surface pour favoriser la transpiration.
Tout ça favorise tout ça favorise une très très grande fatigue. C'est ça atteint les les le le cœur, le système le système cardiaque, le système respiratoire. Et il y a il y a des gens qui sont qui sont hypertendus, qui sont insuffisants respiratoires, qui en souffrent, des insuffisants cardiaques, qui en souffrent énormément et et les personnes âgées sont naturellement les les les plus concernés parce que elles ont des polypathologies.
Donc c'est extrêmement éprouvant. Alors, de fait, Sébastien Lecornu a a lui-même reconnu que le nombre de victimes à domicile était bien supérieur à tous les épisodes précédents. Ce qui veut dire la France n'est pas bonne, docteur Jean-Paul Amont, dans la prévention, dans l'accompagnement de ces personnes souvent âgées et isolées à domicile.
Alors, écoutez, c'est quand même assez bizarre de de dire que le le le nombre de décès à domicile est supérieur quand on connaît pas quand on connaît pas euh le exactement les les l'état des lieux des des des personnes qui sont euh qui sont décédées à domicile. Euh le la difficulté la difficulté en France si vous voulez c'est que vous avez on ne s'appuie pas assez sur des équipes de soins primairirees que sont les infirmiers les infirmières libérales que sont les les médecins généralistes et surtout on manque terriblement de d'auxiliaire de vie ce sont des métiers quand vous pensez que l'infirmière libérale qui est essentiel pour maintenir des gens à domicile l'auxiliaire de vie qui est essentiel pour pour faire boire faire manger rafraîchir la personne âgée la personne dépend C ces professionsl ne sont ne sont pas reconnues sur le plan sanitaire quand elles se déplacent à domicile qu'elles vont de de de chez un patient à un autre avec leur voiture elles prennent des elles prennent des prunes parce que leur voiture n'est pas identifiable et ne sont pas reconnues. Donc si vous voulez tout ça, il faut s'appuyer sur une équipe de soins primairirees.
Il faut éviter aux patients d'aller à l'hôpital et il faut permettre de faire revenir rapidement les patients à la maison. Et pour ça, il n'y a que l'équipe de soins primairire qui est capable de le faire. Il serait temps qu'on comprenne.
J'entends qu'il dit qu'on qu'il faut qu'on augmente les lits et cetera et cetera. Il faut qu'on ait des équipes de soins primaires qui évitent et qui raccourcissent ces hospitalisations. C'est la base.
J'espère que là on a on a enfin compris. Alors, on a enfin compris. A-t-on compris les l'impact de la canicule de 2003 ?
Alors oui, si l'on regarde les épades, les épades sont climatisées désormais. On a entendu ce Attendez, attendez. Les épades ont des lieux rafraîchis. endroits réfléchissché du compte, on est loin du compte parce que les personnes âgées la plupart du temps retourne dans une chambre le soir euh et bien souvent tôt parce que il y a assez peu de personnel pour retarder le la mise dans la chambre mais les chambres ne sont pas climatisées et bien souvent les les personnes âgées rentrent dans un véritable cagnard à partir de 18h.
H l'ensemble de la chaîne a tenu l'ensemble de la chaîne a tenu je reprends les mots de Sébastien le cornu après cette cette canicule qui refuse d'ailleurs toujours la comparaison avec la cannicule de 2003. Il disent elle serait mal à propos cette comparaison Jean-Paul Mon mais attendez parce que c'est elle est pas finie hein. Elle est pas finie.
On nous annonce encore on nous annonce encore des points de de la chaleur là dans dans la semaine qui vient. Euh on est au début on est au début de l'été. H on est au début de l'été et et je pense que le débat qu'il y a sur la climatisation maintenant ne va plus se poser.
Il faut clairement climatiser les épades hein. C'est pas seulement des chambres rafraîchies mais il faut il faut dans les chambres. Il faut climatiser les hôpitaux parce que c'est intolérable qu'on puisse euh arriver fragiliser dans un hôpital et être dans être pris dans un cagnard et cetera, avoir des chambres à 35°gr 40°gr et cetera, c'est insupportable.
Et puis il faut climatiser les écoles. Donc ça la discussion la discussion ne se pose pas. Ça vous inquiète cette cette calicule qui les équipes de soins primaires pour éviter les hospitalisations et les raccourcir.
Et [raclement de gorge] j'espère que cette fois-ci on va en prendre le chemin parce que là vraiment c'est insupportable. Jean-Paul Amont c'est une source d'inquiétude pour vous. On vous on vous entend cette nouvelle canicule qui se profile, j'imagine on pense au temps de récupération très court pour les organismes bien sûr.
Mais bien évidemment parce que euh moi j'ai des personnes âgées. J'ai j'ai perdu malheureusement une une dame dont on allait fêter les 100 ans dans 2 mois. Elle a pas résisté à la première canicule.
J'en ai j'en ai deux ou trois euh dont je vois bien, je les ai vu à domicile qui ont descendu une marche et puis et puis j'étais j'étais vraiment ému l'autre jour quand je suis allé voir cette dame de 97 ans chez elle euh qui était organisé qui avait une organisation remarquable. Je suis arrivé au 5e étage euh elle était dans un véritable cagnard. Euh elle avait une une petite serviette humide sur le front.
Elle avait une serviette qui était moyenne, qui était humide toujours sur ses épaules et elle avait une grande serviette humide sur ses sur ses genoux. et elle avait préparé un 3è un 2è jeu de serviette qui était en train de reposer sur euh qui était humide et qui était en train de rafraîchir sur des bois sur des bouteilles qu'elle avait fait euh qu'elle avait fait congeler. Donc si vous voulez, elle était elle était organisée, elle était mignonne et alors pour aller chercher ses serviettes qui étaient dans la cuisine, elle avait prévu son débulateur.
Donc moi, j'ai dégagé un petit peu le chemin parce que je trouvais que c'était un petit peu étroit le passage pour le déambulateur. J'ai poussé le canapé, déplacé quelques plantes euh et elle elle avait une auxiliaire de vie qui ne venait que 2 heures par jour. Ouais.
Ouais. Or euh et et la personne qui est décédée à 99 ans, elle était très entourée et celle dont je vous parle, elles ont des aides soignantes, elles ont la famille est présente, elles sont perfusées et cetera, mais incontestablement l'organisme est fragilisé et on croise des doigts. Mais clairement le le le la canicule a a vraiment euh a vraiment attaqué leur organisme et et ces personnes-là vont certainement vont certainement décéder plutôt qu'ell dû.
Docteur Jean-Paul Amon, médecin, président d'honneur de la Fédération des médecins de France. Merci d'avoir été avec nous ce matin sur Europ.