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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 15 juin 2022 25 min

Olivier Faure : "Désormais, on est macroniste ou on est anti-républicain"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien de la matinale, le premier secrétaire du Parti Socialiste, candidat nu, passe à réélection en Seine-et-Marne. Questions et réactions, amis auditeurs, au 01 45 24 7000, vous connaissez le chemin, vous pouvez passer aussi sur l'application de France Inter. Bonjour Olivier Faure. Bonjour à vous. Bonjour. Et merci d'être à notre micro. Emmanuel Macron, hier, sur le tarmac de l'aéroport d'Orly, a appelé les Français au bon sens et au sursaut républicain. Je le cite.

« Parce qu'il en va de l'intérêt supérieur de la nation, je veux vous convaincre de donner dimanche une majorité solide au pays pour assurer l'ordre à l'extérieur comme à l'intérieur de nos frontières. Rien ne serait pire que d'ajouter un désordre français au désordre mondial. » Fin de citation. Le président de la République fait donc le choix de dramatiser l'enjeu du second tour des législatives et ces mots sont forts. Comment les avez-vous reçus ?

1:00
Olivier Faure

C'est aussi vieux que la politique. Moi ou le chaos. Voilà ce que nous dit Emmanuel Macron. Comme s'il n'avait pas, lui, conduit au chaos. Vous êtes dans un pays, notre pays, où nous n'avons jamais connu autant de manifestations, de fractures entre les Françaises et les Français. Il est celui qui a opposé, divisé en permanence les uns et les autres. Et voilà qui nous explique que le chaos, ce serait nous. La réalité, c'est que l'apaisement peut venir au contraire dans un pays où on prendrait en considération les revendications de celles et ceux qui, aujourd'hui, ont le sentiment d'être abandonnés. C'est ça la réalité et c'est ce que nous voulons faire.

1:37
Invité

Il a ajouté que dimanche, aucune voix ne devait manquer à la République. Il en appelle au sursaut républicain. Vous vous sentez visé, exclu comme membre de la NUP du cercle républicain ?

1:48
Olivier Faure

Mais quelle outrance ! Quelle outrance ! Comment peut-on imaginer... Désormais, on est macroniste ou on est anti-républicain ? Et à force de convoquer des arguments d'autorité de cette nature, ils laissent penser que le pays serait désormais en proie à des anti-républicains partout. C'est une folie. Et les mots perdent leur sens. La réalité, c'est que, évidemment, nous sommes des républicains et que le vote républicain, c'est d'abord le vote tout court. Venir voter, et notamment les plus jeunes. Faire en sorte que celles et ceux qui ne se sont pas déplacés aux zones la semaine dernière le fassent parce que c'est leur avenir qui est en cause.

2:24
Présentateur

On va y venir. Emmanuel Macron pourrait aller à Kiev dans les prochaines heures. C'est un déplacement, s'il devait avoir lieu, que vous saluez de la part du président de la République. Un déplacement que vous attendez, en tout cas.

2:36
Olivier Faure

Oui, moi je souhaite que la France continue à apporter un soutien clair au peuple ukrainien pour défendre son intégrité territoriale.

2:44
Invité

Alors, venons-en aux enseignements du premier tour des législatives. Quand on regarde à froid les résultats, Olivier Faure, vous êtes certes qualifié dans des centaines de duels face à Ensemble, mais tout de même, la percée de la NUP autour de 26% n'est pas forcément spectaculaire en comparaison des scores accumulés de ces différentes composantes. Et puis surtout, en 2017, vous faisiez à peu près le même score. Finalement, cet accord ne vous a pas amené plus de voix qu'il y a 5 ans. Comment ça se fait ? Au fond, vous n'avez pas été déçus dimanche soir ?

3:11
Olivier Faure

Vous pourriez poser d'abord la question, même s'ils ne sont pas là, eux, ce matin, mais à la République En Marche. C'est eux qui perdent 4 ou 5 points.

3:18
Invité

On leur a posé la question. Là, c'est vous ? Oui, oui. Vous n'avez pas pris un seul point.

3:22
Olivier Faure

Et nous avons un peu progressé. Et surtout, nous avons ce qui est absolument considérable. Nous avons basculé dans un autre monde, puisque nous étions à peu près 150 à être présents au second tour de l'élection législative dernière, et que nous sommes aujourd'hui plus de 400. Ça veut dire qu'aujourd'hui, la victoire, elle est possible. Ce qui était absolument inimaginable il y a 5 ans, elle est devenue 5 ans plus tard.

3:46
Invité

Vous pensez vraiment que la victoire, elle est possible aujourd'hui ? Bien sûr. Dans tous les instituts de sondage, personne ne voit une majorité absolue pour vous, pour la NUP ?

3:54
Olivier Faure

Dans les instituts de sondage, vous le savez bien, eux-mêmes sont très fragiles. Ils le disent. Ils ne savent pas projeter les résultats du premier tour sur le second. Parce que personne ne connaît ce qu'on appelle la matrice de report. Comment se comporteront les électeurs qui n'ont voté ni pour la NUP, ni pour la République En Marche au premier tour ? Nous n'en savons absolument rien. Et d'abord, y compris, quels sont les électeurs qui se déplaceront au second tour ? Quand vous savez qu'au premier tour de l'élection législative, vous avez en moyenne 70% des moins de 35 ans qui ne sont pas venus voter.

4:26
Invité

Vous les engueulez comme Jean-Luc Mélenchon les a engueulés le soir à la télévision ? Les jeunes, vous leur dites...

4:30
Olivier Faure

Il s'agit de leur dire dans quel monde voulez-vous vivre ? Est-ce que vous voulez continuer à connaître ce monde dans lequel, finalement, la doctrine libérale domine tout ? Et l'inaction climatique en est le résultat ? Ou est-ce que vous voulez, au contraire, que l'on se batte ensemble... Mais pourquoi ne sont-ils pas venus voter, selon vous ? Vous avez une explication ? Mais parce qu'on leur a tellement dit que ça ne servait à rien. On a tellement expliqué. Enfin, on.

4:55
Invité

Ce n'est pas vrai. On n'a pas dit. Oui, non.

4:58
Olivier Faure

Non, non, je ne parle pas de vous. Je parle, en fait, de la majorité qui a passé son temps à expliquer que, finalement, c'était mécanique. Et c'est vrai que, dans toutes les élections présidentielles dernières, la suite, c'était toujours une majorité conforme. Cette fois-ci, pour la première fois, vous avez l'opposition qui arrive en tête, en tête, dans une élection de l'initiative qui succède à une élection présidentielle. Et c'est là qu'il y a un espoir possible.

5:22
Invité

Mais, pardon, le ministère de l'Intérieur ne dit pas que vous êtes arrivé en tête.

5:24
Olivier Faure

Oui, j'ai bien compris que le ministère de l'Intérieur avait une certaine façon de présenter les chiffres. La réalité, c'est que si vous reprenez, y compris outre-mer, celles et ceux qui se déclarent comme appartenant à la gauche et qui veulent diriger ce pays avec la nouvelle Union Populaire, Écologique et Sociale, nous sommes devant.

5:40
Présentateur

Mais l'absence de mobilisation des jeunes, c'est un pari raté.

5:42
Invité

Des jeunes et puis de 50% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon qui ne sont pas retournés aux urnes six semaines plus tard. Ce n'est pas que la faute de la majorité, c'est un peu facile, non ?

5:50
Olivier Faure

Non, la faute de la majorité, c'est d'avoir absolument cherché à enjamber l'élection législative, refuser le débat. Le seul débat qu'il y a eu avant le premier tour, Léa Salamé, c'est vous qui l'avez animé. Il y en a eu un seul sur les services publics, rien d'autre, nulle part. Avec un président qui cherche à s'échapper, y compris, cette fois-ci, il y a des sept semaines, il est parti en Europe à un moment, parce que, alors ce voyage, je ne dis pas qu'il l'a projeté depuis quelques heures, il est projeté depuis de longues semaines. Mais tout simplement parce qu'il pensait que l'élection législative était simplement une formalité, et qu'il n'y avait même pas besoin de s'y impliquer.

Et il n'y avait surtout pas besoin de débattre avec qui que ce soit. Nous avons une première ministre depuis quelques jours. Elle est, normalement, la chef de la majorité. Et donc, elle devrait être celle qui conduit la campagne des législatives. Elle s'est refusée à tout débat avec qui que ce soit. C'est insupportable, cette façon de mépriser la démocratie. Et puisqu'on parlait tout à l'heure de chaos, qu'est-ce qui mène au chaos, sinon le fait que les élections donnent le sentiment de ne plus purger aucun débat ? C'est ça la réalité. C'est qu'on a aujourd'hui un débat qui se déplace progressivement dans la rue, parce que dans les urnes, il est devenu impossible.

7:00
Présentateur

Olivier Faure, si l'on regarde dans le détail, LFI pourrait obtenir autour de 100 sièges, selon les projections, ce qui veut dire au moins 5 fois plus de députés que dans le Parlement sortant. En revanche, vous, PS, obtiendriez entre 24 et 29 sièges, c'est-à-dire au mieux le nombre de députés que vous avez aujourd'hui, et au pire, 5 de moins. Le PS seul, il a gagné quoi à cette alliance avec l'ANUP ?

7:26
Olivier Faure

D'abord, la première chose, c'est que le PS, c'est d'abord un parti qui a vocation à rassembler la gauche et à lui permettre de gouverner. Et donc, je ne pense pas exclusivement en termes partisans. Je suis en train de vous dire depuis tout à l'heure à ce micro qu'il y a des enjeux qui sont considérables.

7:42
Invité

Mais enfin, qu'est-ce que vous gagnez si vous perdez le nom de député ?

7:45
Olivier Faure

Mais pourquoi me parlez-vous, en fait ?

7:47
Invité

N'est-ce pas une victoire, au fond, le résultat de dimanche soir, de la France insoumise, point ?

7:52
Olivier Faure

Pardon, mais en fait, si nous conservons un groupe à l'Assemblée, ça n'est pas complètement indifférent. Nous aurions pu être totalement éliminés. Mais ce que je veux vous dire, parce que je ne veux pas simplement donner le sentiment aux Françaises et aux Français qui, justement, ont tant de mal dans cette élection à se déplacer, que la question serait à chaque fois une question partisane. Combien joueurs de sièges pour moi, pour les autres, etc. La question n'est pas là aujourd'hui. La question, c'est est-ce qu'on engage ou pas les grandes transitions qui sont nécessaires à notre pays ?

Et pour moi, que ce soit avec les Insoumis, les Communistes, les Écologistes ou les Socialistes, évidemment, la question centrale, elle est est-ce qu'on engage ces grandes transitions ? Et je le souhaite ardemment.

8:32
Invité

Alors, sur le fond, justement, sur la bataille idéologique,

8:35
Présentateur

Olivier Véran a estimé dimanche soir que Jean-Luc Mélenchon n'était pas la gauche et qu'il était d'extrême gauche. Est-ce qu'il est dangereux ? Oui, Jean-Luc Mélenchon, son programme est dangereux, a poursuivi Olivier Véran. Sur ce point, donc, idée idéologique, que lui répondez-vous ?

8:52
Olivier Faure

Je me souviens d'un temps pas si lointain où Richard Ferrand, président de l'Assemblée et pilier de la Macronie, expliquait dans l'entre-deux-tours, à un moment où il venait supplier la gauche de venir voter pour Emmanuel Macron, ce que nous avons fait, il expliquait qu'il avait des valeurs communes avec l'ensemble de la gauche, y compris avec Jean-Luc Mélenchon. Et il parlait des valeurs républicaines. Donc, les voir maintenant tourner kazakh et expliquer que ce serait l'extrême gauche, que ce serait le chaos, que ce serait les soviétiques qui débarqueraient la semaine prochaine, oubliant tout simplement que ça fait maintenant plus de 30 ans que l'Union soviétique a disparu.

Il est temps qu'ils mettent leur pendule à l'heure et tout simplement qu'ils regardent les choses en face.

9:36
Présentateur

A ce micro lundi, Gabriel Attal poursuivait, ce deuxième tour va permettre une clarification entre deux projets, l'un républicain, l'autre qui s'éloigne de la République, l'un européen, l'autre, le vôtre, celui de la NUP qui veut in fine sortir de l'Union européenne. On porte un projet de libération de notre économie en face des projets de ruines économiques qui ne sont pas financés. Là encore, qu'est-ce que le socialiste, Olivier Faure, répond à Gabriel Attal ?

10:01
Olivier Faure

Comme il a changé. Et c'est tellement étonnant de voir ces gens qui, un jour, ont été de gauche et qui ont épousé toutes les caricatures que la droite produit sur la gauche depuis un siècle. On a aussi expliqué pendant longtemps que la gauche, c'était la ruine, la faillite. À chaque étape, rien n'était possible. On ne pouvait pas faire les congés payés, rappelez-vous. Puis après, on ne pouvait pas faire les 35 heures. On ne peut jamais rien faire avec la droite. Avec la droite, c'est simple. Quand vous proposez le moindre changement, quand vous proposez de vous occuper prioritairement de ceux qui ont moins, on vous explique que c'est impossible. Les macronistes vous disent

10:45
Présentateur

qu'est-ce qu'il a changé aussi, Olivier Faure ?

10:48
Invité

Qu'est-ce qu'il a changé, le PS ? Parce que vous aussi, vous avez changé. Vous disiez, avant le premier tour de l'élection présidentielle, vous ne pensiez pas, vous défendiez à ces micros-là, vous, Anne Hidalgo et vos candidats, vous défendiez, on reste dans l'Europe, on ne désobéit pas aux règles européennes. Mais toujours, je dirais la même chose. Vous dites toujours, est-ce que vous dites aujourd'hui, ce matin, la police tue ?

11:11
Olivier Faure

Mais je ne dis pas la police tue, je ne l'ai pas dit. Je dis simplement que, c'est l'expression que Jean-Luc Mélenchon a utilisée, je ne dis pas la police tue, mais je ne dis pas non plus qu'il n'y a rien, il n'y a pas de sujet. Et que si Jean-Luc Mélenchon n'avait pas été, alors certes, avec une vision qui est trop systémique pour être juste, mais la réalité quand même, c'est que vous avez une jeune femme qui n'avait commis aucun délit, qui est morte d'une balle dans le crâne. Bon, est-ce qu'on en parle ou on n'en parle pas ? Est-ce qu'on ne dit pas qu'il y a des bavures parfois ? Moi, je défends la police, mais je ne défends pas les policiers qui tuent aveuglément.

11:44
Invité

Est-ce qu'on parle de Daniel Obono et Daniel Simonnet, les deux candidats de la France Insoumise aux législatives qui ont été critiqués pour s'être affichés avec Jérémy Corbyn, ex-patron du parti travailliste britannique, exclu de son groupe parlementaire pour l'axisme face à l'antisémitisme ? Est-ce qu'on en parle de ça ? Est-ce que vous trouvez ça bien de recevoir Corbyn, de s'afficher avec Corbyn ? Est-ce que vous êtes à l'aise avec ça ?

12:04
Olivier Faure

À l'aise, ce n'est pas la question. Je vais vous dire les choses très franchement. Je vais vous dire, moi, je suis un combattant de l'antiracisme, de la lutte contre l'antisémitisme, et Corbyn n'est pas le témoin de moralité que je me serais choisi.

12:19
Invité

Vous savez beaucoup de choses à avaler.

12:21
Olivier Faure

Mais je n'avale rien. Vous voyez bien que je suis resté moi-même. Et dans une alliance, quand on s'allie avec des gens, on ne se renie pas. On est simplement dans une alliance parce qu'on a envie, besoin, de se retrouver sur des grands sujets de convergence. Et ils sont infiniment plus nombreux que ceux que vous évoquez.

12:39
Présentateur

Là, c'est des questions de valeurs, non ?

12:41
Olivier Faure

Je vous parle de valeurs. Je vous dis aussi que mes valeurs, ce sont aussi des valeurs qui me disent qu'aujourd'hui, est-ce qu'on considère que les financiers doivent nous limiter dans nos ambitions, notamment par exemple sur le climat ? Est-ce qu'on va accepter l'idée que nos enfants connaîtront des épisodes climatiques qui seront terrifiants dans les 20 prochaines années ? Ou est-ce qu'on considère que ce sont le CAC 40, les grandes multinationales qui nous dictent notre conduite ? Ça, c'est des valeurs. Elles sont essentielles. Est-ce que dans nos valeurs, on dit que finalement, on peut vivre aujourd'hui avec le SMIC ou est-ce qu'on l'augmente à 1 500 euros ? Ça, c'est des valeurs.

Est-ce que vous pensez que...

13:17
Invité

La retraite à 60 ans, vous la défendez vraiment ?

13:19
Olivier Faure

Bien sûr, je préfère défendre la retraite à 60 ans plutôt que celle d'à 67 ans comme M. Edouard Philippe ou à 65 ans comme le président Macron. Vous vous rendez compte ? J'étais hier avec une chirurgienne que j'ai rencontrée dans la rue qui me dit mais je suis tellement d'accord avec vous. Mais je suis chirurgienne. Je suis avec des gens que j'opère parce qu'à plus de 50 ans, ils arrivent avec des malformations et qu'ils ne peuvent plus travailler. C'est ça la réalité. Et cette valeur-là, je la porte avec toute la gauche parce que nous sommes convaincus les uns et les autres que ce qui doit primer avant tout, c'est la valeur humaine.

13:51
Présentateur

Alors sur le socialisme et l'EPS, des auditeurs assez divisés au standard. Bonjour Lionel.

13:56
Auditeur

Bonjour M. Demorand. Comment ça va ?

13:59
Présentateur

Bah écoutez, plutôt pas mal et vous ?

14:00
Auditeur

Bah moi, pas très bien, vous voyez. Alors dites-nous, dites-nous. J'ai 73 ans, monsieur. Oui. Ça fait depuis 50 ans que je suis au Parti Socialiste. Vous savez ce que je viens de faire ? Non. Avant-hier. J'ai jeté ma carte du Parti Socialiste dans la poubelle. J'en suis malade, j'en tremble. Quand j'en... Voir, hein, le Parti Socialiste s'appeler, s'atteler avec M. Mélenchon, non, je peux pas. Là, je peux pas. Moi, j'ai travaillé avec M. Mélenchon quand j'étais au PS. Non, je peux pas. Il faut... Et je vais vous dire une chose. J'ai voté M. Macron pour la première fois. Car aux élections... Excusez-moi, je suis un peu ému. Et aux élections précédentes, j'avais voté M. Benoît Hamon.

Deux fois. Même s'il était pas au deuxième tour, j'ai voté deux fois parce que j'étais encore convaincu par le PS.

14:47
Présentateur

Et pourquoi vous avez voté M. Macron ?

14:50
Auditeur

Parce que M. Macron, c'est... Premièrement, il lui faut sa majorité. Il lui faut. Il faut y donner sa majorité. Parce qu'avec M. Mélenchon comme Premier ministre, oh là là.

15:00
Présentateur

Merci Lionel. Merci Lionel pour cette intervention. On a entendu votre émotion. 50 ans au PS. Et la carte jetée il y a quelques jours. Olivier Faure vous répond.

15:11
Olivier Faure

Moi, je comprends qu'on puisse avoir des doutes. Et c'est une tristesse de savoir qu'il y a des gens qui peuvent changer la vie maintenant. Mais ce que je dis simplement, c'est que le choix que j'ai fait et que j'ai fait en conscience, celui de cette nouvelle union populaire, écologique et sociale, avec les communistes, avec les écologistes, avec les insoumis, et bien sûr avec les socialistes, c'est un choix qui est un choix que je fais aussi pour les générations qui viennent. Je vois ce que ce gouvernement n'a pas fait depuis 5 ans. Je vois ce qu'il s'apprête à faire aussi. Mettre à l'amende les bénéficiaires du RSA. Continuer sur l'inaction climatique.

Faire payer un impôt sur la vie à ceux qui vont travailler plus longtemps et qui vont servir non pas à financer les retraites, mais à financer ceux que le gouvernement ne veut pas faire payer aux plus riches. Et bien effectivement, le choix pour moi, il est simple, il est clair. Il est de choisir la gauche, toujours la gauche.

16:08
Présentateur

Je le disais, des avis divergents au standard. Bonjour Aline.

16:13
Auditeur

Bonjour.

16:14
Présentateur

On vous écoute.

16:16
Auditeur

Alors moi, j'ai toujours voté plus à gauche que le PS. Et là, je voudrais féliciter, remercier M. Faure d'avoir accepté, d'avoir fait cette union. Je trouve que c'est intelligent. Voilà. Tout le monde à gauche demandait une union. Tout le présidentiel et tout. Moi, je disais, mais on a la gauche la plus bête qui soit. Et là, enfin, il y a une union. J'en suis très heureuse.

16:41
Présentateur

Voilà. Merci Aline. Dans un autre genre, donc, que notre auditeur précédent, Olivier Faure, j'imagine que vous serez heureux d'entendre cette voix.

16:51
Olivier Faure

Oui, heureux tout simplement, mais comme le sont celles et ceux qui sont au premier tour venus avec nous conforter cette alliance et qui ont levé un espoir. Et cet espoir, il ne faut pas qu'il retombe. Dimanche prochain, il faut que toutes celles et ceux qui croient effectivement qu'un autre monde est possible se déplacent.

17:10
Invité

Il y a tout de même beaucoup de questions sur la crédibilité de votre programme économique. Comment comptez-vous le financer ? L'Institut Montaigne, think tank libéral, je précise, évoque plus de 300 milliards de nouvelles dépenses par an. Et même l'Institut Terranova, qui est plutôt classé à gauche, craint, je cite, un déficit d'une hauteur jamais expérimentée, entièrement structurelle et une dynamique explosive de la dette publique. Si vous arrivez au pouvoir, comment vous voulez rassurer tous ceux qui craignent que ça va être la ruine du pays ?

17:37
Olivier Faure

J'appellerais Dominique Seu. Et il nous dira ce qu'il a dit ce matin pour les macronistes. Ils ont envoyé à Bruxelles un projet qui prévoit en fait de revenir aux 3% de déficit. Donc, ils ne touchent plus au déficit, ils ne financent plus pour le déficit. Ils ne veulent pas augmenter les impôts directs. Et donc, Dominique Seu nous dit que ce ne sera pas la TVA. Tant mieux ! Moi, je ne le crois pas.

18:00
Invité

Pardonnez-moi de vous dire, c'est ce que vous répétez, c'est ce que Jean-Luc Mélenchon répète depuis dimanche soir, qu'il y aurait un agenda caché d'Emmanuel Macron d'augmenter la TVA. Mais oui, bien sûr. Dominique Seu, mais surtout le gouvernement, vous répond fake news.

18:13
Olivier Faure

Ils nous répondent fake news et moi, je leur réponds comment est-ce que vous allez financer ce que vous nous dites. Parce que c'est sympathique de nous dire que le monde sera plus beau demain. Simplement, si vous n'avez pas de recettes supplémentaires, comment est-ce que vous financez les transports publics, l'hôpital, l'éducation ? Comment est-ce que vous faites quand vous proposez, en plus, de rendre 80 milliards ? Donc, il faut faire 80 milliards d'économies, pas d'impôts supplémentaires. Ils comptent sur la croissance et sur la réforme des retraites à 65 ans.

Et alors, pourquoi donc nous ne pourrions pas financer quoi que ce soit, par exemple, le retraite à 60 ans, puisqu'il y a 80 milliards visiblement qui sont liés à la croissance ? Donc, moi, je vous retourne la question et je vous dis pourquoi cette question-là est posée en permanence à la gauche, alors qu'on ne pose jamais

18:50
Présentateur

la question à la droite en lui demandant

18:52
Olivier Faure

comment est-ce qu'on se finance et comment est-ce qu'on fait surtout pour répondre aux grands enjeux ? Mais quand vous dites

18:57
Présentateur

augmentation de la TVA, vous avez des papiers, vous avez des preuves ou c'est une hypothèse que vous formulez et que vous lancez dans le débat public sans en savoir plus que ça ?

19:07
Olivier Faure

Non, il y a des indiscrétions qui nous viennent d'un certain nombre de gens qui travaillent dans les bureaux à Bercy et qui nous disent que cette hypothèse-là est posée. Je ne sais pas si c'est l'intention complète du gouvernement, je dis simplement que cette opération-là, elle est possible et que si le gouvernement le dément, eh bien, tant mieux, mais ce que je dis, c'est qu'il y a bien un problème de recette pour le gouvernement. Et ce que je vous dis aussi à ce micro ce matin... Et pour vous, il n'y a pas

19:27
Invité

de problème de recette ?

19:28
Olivier Faure

Il n'y a pas de problème de recette. Ce que je vous dis ce matin...

19:30
Invité

Où vous voulez trouver le recette ?

19:32
Olivier Faure

Ce que je vous dis ce matin, par ailleurs, Léa Salamé, c'est qu'il y a quelque chose de frappant. C'est qu'en permanence, on est en train de nous expliquer que rien n'est possible. Mais ce qui va devenir possible, c'est le réchauffement climatique. Ce sont ces grandes questions qui sont devant nous. La pauvreté, la grande pauvreté qui galope avec une inflation qui est elle-même devenue, non pas structurelle, sur de longues années, j'espère, mais enfin, pour les quelques prochaines années, on sait que ça va exister. Et alors quoi ? On creuse la dette ? On creuse la dette

19:56
Invité

encore et encore ?

19:57
Olivier Faure

Mais vous me parlez de dette, vous me parlez de déficit, vous me parlez de ces gens qui ne veulent pas donner davantage. Moi, je vous dis que l'argent, il existe. Quand vous avez 160 milliards de bénéfices qui sont réalisés par le CAC 40 en 2021, un moment où tout le monde se sert à la ceinture et qu'on ne veut pas toucher au super profit de ces multinationales, de Total, de tous les autres qui aujourd'hui n'ont pas besoin de cet argent pour pouvoir rester en vie, mais nous, nous avons besoin pour garantir la vie des générations futures, nous avons besoin de cet argent-là. Et donc, oui, il faudra effectivement imposer davantage les plus riches et les grandes entreprises.

Est-ce que vous trouvez normal qu'Amazon ne paye quasiment rien, que McKinsey ne paye quasiment rien sur notre sol ? Non, ça n'est pas normal. Et donc, oui, il faudra les imposer durablement, faire en sorte que cet argent qui existe serve d'abord le bien commun.

20:44
Présentateur

Monique, au standard, question sur les retraites, je crois, Monique, et on me dit aussi que vous êtes retraitée vous-même.

20:50
Auditeur

Je suis retraitée moi-même.

20:52
Présentateur

Soyez la bienvenue, on vous écoute.

20:53
Auditeur

Je suis étonnée qu'on demande de baisser les retraites à 60 ans pour un sens qui est 62 ans, alors que tous nos voisins, tous les Européens, travaillent à longue date de retraite. Je suis donc tout près de l'Allemagne où certains nous... On nous prend pour des rigolos de vouloir baisser, alors que l'Allemagne n'a pas la dette que nous avons.

au Luxembourg, les gens travaillent plus tard, travaillent 40 heures par semaine, bien sûr, ils gagnent 30% de plus que nous à Metz, par exemple, mais ils travaillent plus, je veux dire, on n'est pas plus paresseux que les autres, et nos petits-enfants, j'ai des petits-enfants, la semaine dernière, en parlant d'argent avec ma petite-fille, elle me dit, mais mamie, nous, on n'a plus de retraite, tu ne vois pas ce qui se passe, donc je pense que ça aussi, ça joue.

21:53
Présentateur

Merci Monique, merci beaucoup à vous, et coucou aux petits-enfants, Olivier Faure

21:58
Olivier Faure

vous répond. Monique, je ne sais pas à quel âge vous êtes vous-même parti à la retraite, mais certainement pas à 65 ans, et donc, il y a aujourd'hui une injustice terrible par rapport notamment aux carrières longues, aux métiers pénibles, qui, à 65 ans, ne peuvent plus travailler. Est-ce que vous imaginez travailler quand vous êtes dans les travaux publics, quand vous êtes carreleur, quand vous êtes dans des métiers qui imposent le port de charge lourde, ce sont ces métiers-là d'abord qui doivent être visés par les 60 ans, parce que ces gens-là, ils ne peuvent pas travailler davantage.

Et quand je vois, j'étais l'autre jour avec un monsieur, Guy, qui a développé un cancer à 62 ans, et me dit, heureusement que j'ai eu la pré-retraite à 55 ans, en l'occurrence, parce que si je n'avais pas connu ces années-là, peut-être que si mon cancer ne se guérit pas, je n'aurais même pas eu de retraite. Vous savez que l'âge de la retraite en bonne santé, il est inférieur à 65 ans. C'est une moyenne, bien sûr. Il y a des gens qui vivent très vieux et très bien, mais il y a aussi tous ceux qui sont partis avant. Vous avez déjà un quart de ceux qui sont parmi les plus pauvres qui sont morts à 62 ans. Comment voulez-vous qu'on puisse défendre sérieusement l'idée d'augmenter à 65 ans ?

Et vous savez que 65 ans, c'est pour ceux qui auront une retraite à taux plein parce qu'ils ont une carrière complète pour ceux qui n'ont pas de carrière complète. Il faudra attendre 70 ans pour toucher les fameux 1100 euros dont Emmanuel Macron nous parle. Mais qui attendra 70 ans pour pouvoir se toucher ces 1100 euros ? La réalité, ce sont des gens qui prendront la retraite plus tôt avec une grosse décote et qui ne pourront jamais vivre correctement.

23:35
Présentateur

Pour conclure, une question historico-économique de Françoise sur l'application d'Inter, quelles sont les conditions aujourd'hui, 2022, qui permettent de réussir une politique qui a échoué en 1981, l'arrivée de la gauche au pouvoir avec François Mitterrand, pour aboutir au tournant de la rigueur de 1983 ?

23:56
Olivier Faure

Mais je ne vois pas très bien pourquoi... Et vous avez une minute. Oui, j'ai une minute. Et bien donc, je vous dis que la réalité, c'est qu'aujourd'hui, nous avons besoin aussi de relancer par la demande notre économie et qu'on ne peut pas toujours faire peser sur les plus faibles toutes les... Ce qui ne peut pas être la variable d'ajustement et qu'aujourd'hui, nous avons au contraire un intérêt évident à ce que le pouvoir d'achat de l'ensemble des Français augmente pour relancer la machine économique. C'est une... Enfin, je ne vais pas faire ici un cours d'économie sur le multiplicateur keynésien, mais c'est effectivement ce que nous cherchons.

24:30
Présentateur

Et 2022, c'est 1981 ?

24:33
Olivier Faure

Et 2022, c'est 2022. C'est une nouvelle offre politique et c'est la volonté d'opérer les grandes transitions dont nous avons besoin.

24:39
Présentateur

Olivier Faure,

24:40
Olivier Faure

merci d'avoir été au micro de France Inter ce matin.

24:42
Invité

France Inter.