"Les nouvelles techniques génomiques ne sont pas de nouveaux OGM" - Céline Imart
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse directe
Quelle différence entre les OGM et les NTG ? Dans quel cadre juridique européen s'inscrivent ces NTG ?
- 3:00OuverteRéponse partielle
Les NTG sont-elles aussi dangereuses que les OGM ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Quels sont les avantages concrets des NTG pour les agriculteurs ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Le cadre réglementaire actuel est-il suffisant pour éviter les monopoles ?
- 14:00OuverteRéponse directe
Pourquoi certains chercheurs s'opposent-ils aux NTG ?
- 17:00OuverteRéponse directe
Comment concilier innovation et souveraineté alimentaire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:00Céline ImartFait
« On a cette même technique qui a été autorisée pour la santé humaine pour le vaccin contre la COVID. »
- 5:00Céline ImartFait
« On va réveiller certaines caractéristiques de la plante et en endormir d'autres pour obtenir certaines caractéristiques de résilience. »
- 12:00Vincent BéierFait
« Les NTG2 sont toujours considérés comme des OGM réglementés. »
- 16:00Céline ImartFait
« On leur réclame de produire à bas prix, de produire en toute saison, de produire notre alimentation. »
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Midih [musique] 14h, Sud Radio, la France dans tous ces États, le fait du jour. Le Parlement européen a adopté de nouvelles règles autorisant les plantes issues de nouvelles techniques génomiques, les NTG dans l'agriculture. Quelle différence entre les OGM et dans quel cadre juridique européen s'inscrivent ces NTG ?
La députée européenne et elle-même agricultrice Céline Imar est avec nous pour en parler face à Vincent Béier, directeur général de Agriobtention. Merci à tous les deux d'avoir accepté cet entretien. Bonjour Cinear.
Bonjour P. Bonjour Vincent Béguer. Merci d'être en direct et en studio sur Sud Radio.
Bonjour. Pour parler de cette de cette épine dossier qui est très puisque les OGM nous inquiètent. C'est une angoisse euh mondiale depuis si longtemps en période justement de de canicule et on on sait le lien qu'il y a quand même entre une forme d'agriculture consommatrice d'eau et d'énergie et le réchauffement climatique.
Donc nous sommes confrontés à l'arrivée après les OGM, organismes génétiquement modifiés, les NTG, nouvelle technique génomique, n'est-ce pas ? Mais s'il y a une modification du gène, elle n'est pas aussi, j'allais dire prignante et angoissante que celle des OGM. Pour autant, l'univers écologique continue à s'en inquiéter.
Considérant que même sur le plan technique, il y a un danger. Bien entendu, ensuite sur le plan monopolistique, est-ce que les sociétés peent s'en emparer ? Et nous voyons qu'en France, le débat est ouvert et vous, vous êtes pas soupçonnable de rouler pour le lobby des EGM, ni vous, monsieur Tréguer.
Euh, vous nous dites attention, l'NTG c'est une vraie évolution. Non pas attention c'est un vrai bonheur d'autoriser enfin l'innovation en Europe à le pas se tromper de combat mais on en demande toujours tellement plus aux agriculteurs dans un contexte on leur demande d'économiser l'eau, d'économiser les intrans et finalement ces attentes sociétales là elles se heurtent aujourd'hui au réchauffement climatique. Donc le fait de pouvoir bénéficier d'une innovation qui va permettre d'avoir des plantes plus résistantes à la sécheresse qui réclament moins d'engrais moins d'intrant c'est une très belle avancée.
Et comme vous le dites, on ne peut pas soupçonner en fait ces nouvelles techniques génomiques d'être des nouveaux OGM. Pourquoi ? Parce qu'au niveau des OGM, on a une modification du gène.
C'estàdire que dans le gène, par exemple, si je prends un exemple très caricatural, dans le gène du cochon, vous introduisez le gène de la tomate. Bon là, c'est pas du tout ça. On a cette même technique qui a été autorisée pour la santé humaine pour le vaccin contre la COVID où on prend le génome et avec la technique des ciseaux moléculaires en fait, on va réveiller, je je climatise un peu, c'est le principe de la RN [raclement de gorge] messager.
C'est le principe de la RN messager. on va réveiller certaines caractéristiques de la plante et en endormir d'autres pour obtenir certaines caractéristiques de résilience. Donc pas d'inquiétude à ce sujet.
On a vraiment besoin aujourd'hui de répondre à la fois aux attentes de la production alimentaire, de d'arrêter de perdre notre souveraineté alimentaire, d'importer, de mettre des outils à disposition des agriculteurs et puis et ben d'avancer parce qu'on peut pas devenir le musée de l'Europe pendant que le reste du monde innove. On peut pas priver nos agriculteurs et nos semenciers en fait de ce genre d'innovation. Vous-même Vincent Bier, directeur général de Agriobtention, vous accueillez assez favorablement cette arrivée des NTG ?
Oui, très favorablement. C'est alors pas avec autant de d'enthousiasme que madame IAR. C'est-à-dire pour moi, c'est une technique de plus qu'on rajoute dans notre boîte à outil.
Je suis moi-même sélectionneur à la base. Aujourd'hui, je dirige une entreprise mais j'ai été sélectionneur. Et donc, c'est une technique de plus qui va nous permettre d'aller plus vite sur des innovations dans le monde du végétal.
Euh donc euh le fait que euh le cadre réglementaire évolue euh et euh nous donne un petit peu plus de visibilité sur l'utilisation de cette technique et plus est plutôt favorable. Sachant que alors il est pas il y a deux types de de NTG he NTG1, NTG2. Donc les NTG2 sont toujours considérés comme des OGM réglementés en fait et je voudraisir là-dessus OGM en fait les MTG sont aussi des OGM mais non réglementés en fait c'est c'est la grande différence entre MTG1 et NTG2 c'est-à-dire que contrairement aux OGM qui utilisent l'introduction de d'ADN étranger comme décrivait madame IAR [grognement] ces NTG de dit de numéro 1 ne seront pas soumis à une réglementation qui nécessitera beaucoup d'études pour permettre leur communication.
Là, avec ce qui vient d'être voté, on pourra déployer ces ces NTG1 sans avoir toute l'arsenal de réglementation qu'on avait sur les OGM qui ont été développés de l'autre côté de de l'Atlantique. Quelle est l'activité de Agréobtention ? Ça consiste en quoi ?
Alors, Agobtention, nous sommes une société d'innovation. Nous créons des variétés euh sur plein d'espèces euh et nous sommes une filiale d'Inraée. Donc nous mettons sur le marché des variétés de blé, des variétés de maïs, des variétés de carottes.
Voilà. Donc nous fournissons les intransemenciers des agriculteurs. Ce qui signifie que vous recourriez aux OGM quelquefois ou Alors non, de fait les OGM nous n'avons pas eu recours du fait de la réglementation qui avait été mis en place qui fait que c'était extrêmement compliqué même si notre actionnaire Inra a développé des travaux sur le sujet hein.
C'est pour ça que je vous pose la question. Vous l'auriez fait si ça avait pas été réglementé ou autrement dit vous êtes pas antim si je comprends bien. Je suis pas anti OGM.
Non. Moi moi le sujet, on va peut-être y venir, c'est c'est le cadre réglementaire en au sujet de la propriété intellectuelle qui se développe autour de de CNTG. Euh alors moi je partage pas totalement votre avis madame sur le fait queon soit en retard.
Je j'estime que le continent européen a justement une un foisonnement d'innovation et de nombreuses entreprises présente sur le continent européen. Et là par contre, j'estime que la réglementation anti OGM, enfin les anciennes versions he celles avec l'introduction de d'ADN étranger a permis de préserver cette diversité d'acteurs qui qui assure la compétitivité de de la production en Europe. Mais mais est-ce qu'il y a de la souveraineté alimentaire et agricole ? quand on procède, quand on utilise des technologies dépendantes de Trust, vous voyez ce que le le le risque est là, c'est bien le sujet.
Alors euh moi je sur le sur le sur cet aspect-là euh ce que je regrette sur le règlement qui est passé, c'est que le sujet de la brevet stabilité a été repoussé en et va être évalué plus tard. C'est ce que je regrette. euh dans la mesure où euh effectivement euh aujourd'hui en fait euh le le système d'innovation est euh est réglementé par un système qui s'appelle le certificat d'obtention végétale avec ce qu'on appelle l'exemption du sélectionneur.
Donc en fait euh tout ce qui est innovation, tout ce qui est poule génétique végétale est un bien commun que tout le monde peut utiliser pour créer de l'innovation. Céline Nimar, vous avez toujours été très vigilant sur cette question. Alors j'ai toujours été très vigilante sur cette question et les garanties sont votre parti.
Oui oui oui bien sûr avec les républicains mais de manière générale avec la droite on est très vigilant sur ce sujet et on a des garanties extrêmement sérieuses aujourd'hui. Je vais y revenir mais moi d'abord ce que je regrette c'est d'avoir eu à faire face en tant que parlementaire et tous les parlementaires ont eu à faire face à un lobbying absolument mensongé. Nous avons reçu plus de 2000 mail.
Absolument. Nous avons reçu plus de 2000 mails dans nos boîtes mail pour nous dire qu'on avait face à des nouveaux OGM et qu'il fallait absolument ne pas voter ce règlement. Et je vais vous dire le jour du vote, le matin du vote, j'ai vu débarquer dans mon bureau, dans tous les bureaux des parlementaires mais ils sont aussi passés par des chercheurs de l'INRAE.
Alors ça certainement pas vous hein, mais en tout cas certains de vos collègues euh qui sont venus toquer en expliquant que c'était une honte et qu'il ne fallait pas autoriser ce règlement. Et moi je leur ai posé une question, je leur ai dit "Messieur, madame les chercheurs, vous venez dans le parlement sans rendez-vous et aujourd'hui harceler les [rires] parlementaires mais en fait vous êtes payé par l'argent public pour chercher l'innovation. Est-ce que c'est votre rôle quand vous devez chercher l'innovation de réguler la mise en marché et de réguler le droit qui s'applique ?
Non. Et en plus, vous êtes payé avec l'argent de nos impôts et bon là, ils m'ont répondu "Oh là là, très gêné, désolé, on a posé des jours de vacances." Qu'est-ce qui les dérange ?
Ce qui les dérange aujourd'hui, c'est de l'idéologie. C'est de l'idéologie et du militantisme. Aujourd'hui, ils ne veulent absolument pas ces gens-là qu'on puisse mettre sur le marché une innovation avec laquelle par principe idéologique, ils ne sont pas d'accord.
Il faudrait rester à l'âge de pierre de l'agriculture sur la breuvabilité. J'y reviens puisque vous avez soulevé le sujet, vous avez parlé assez longuement. Je souhaiterait aussi pouvoir m'exprimer sur le sujet de la breuvabilité, le texte qui a été voté au Parlement européen, c'est ceinture, bretal et parachute.
Pourquoi ? Un parce qu'il y a d'abord sur les NGT de catégorie 2 donc qui ont plus d'innovation technique que sur les NGT de catégorie 1. En fait, on a un principe d'évaluation déjà premièrement évaluation.
Clairement pour nos auditeurs, ça veut dire qu'il y a un comité d'experts qui se réunit au niveau européen et qui va examiner ces NGT2, ce qu'ils ont trouvé avant de les autoriser. Est-ce que le NGT suppose un problème pour les lobby OGM ? Est-ce que ça remet en cause une forme de lobbyisme ou de monopole ?
Non, ça ne remet pas ça ne remet pas en cause. Les deux choses ne sont absolument pas liées parce que ce sont fragilisation de l'un par l'autre. Non, ce ne sont pas les mêmes techniques.
Il n'y a pas de fragilisation de l'un par l'autre. Mais sur la brevetabilité, sur la traçabilité, on a non seulement une évaluation, mais ensuite on a une autorisation et on a une évaluation poste en ensuite euh de savoir si euh dans cette breftabilité possible, lorsqu'il y a une grosse innovation technique, ça ne nuie pas aux agriculteurs et ça ne crée pas de situation monopolistique. Absolument.
Et c'est pour ça que le texte a traîné 8 ans au niveau 8 ans au niveau des institutions et 3 ans au Parlement européen parce que on voulait absolument avoir des garanties sur la breuité et la traçabilité. Moi ce que je crois aujourd'hui c'est qu'il vaut mieux innover et porter des solutions sur le marché plutôt que de jouer la politique de la peur et de se dire "Oh là là attention, on sait jamais ce qui peut se passer." Et finalement appliquer un sorte de principe de précaution qui fait que tout le monde va être perdant à la fin.
Christophe Béier c'est garanti. Vous rassure. Bé.
Alors tout d'abord, moi je voulais revenir sur le sujet de de l'INRA. La position d'Inraaye, elle est très claire. La position Inraay est favorable à au NGT et d'ailleurs, il y a un grand plan prioritaire de recherche donc sélection végétale avancée qui travaille sur ces sujets avec des financements assez significatifs he plusieurs millions d'euros.
Beaucoup de chercheurs impliqués sur ce sujet pour développer des techniques. Donc le la prise de parole de quelques chercheurs ne ne n'est pas celle de l'ensemble de l'institut. Et vous savez qu'il y a le code de la recherche, on peut pas euh euh empêcher des chercheurs de s'exprimer.
Le code de la recherche donc voilà donc le la prise de parole de certains ne ne n'embar pas tout le proposition. Pourant elle est réelle, elle est réelle, il y a une elle est réelle mais euh dans dans toute société, vous pouvez paser qu'il y a des lobby dans surtout dans ces enjeux agricoles et qui sont très puissants et très efficaces des deux côtés hein. Des deux côtés des deux côtés.
Oui. Et et moi alors moi je voulais revenir en fait le le sujet le sujet parce que vous avez évoqué la NGT2 mais je parle sur les NGT1. On revient sur les en fait le fait d'introduire cette notion de breuabilité crée un risque fort quand même d'appropriation de de de de de ces techniques et surtout de coût de coût lié à tout cela.
Et aujourd'hui, un agriculteur quand il achète des semences, effectivement, il faut qu'il il a un intérêt à les acheter. Il faut que l'innovation euh soit suffisamment intéressante pour que la rentabilité tirée de de de la culture lui permette de financer cette innovation. Moi, ma crainte, c'est ce que j'ai ce qu'on a vu aux États-Unis, c'est que le fait d'introduire la bref stabilité va faire qu'on va décaler l'essentiel de la valeur de l'innovation sur ces brevets au dépend de l'innovation génétique de de de la génétique de la plante.
Et donc s'il y a pas une augmentation de la valeur que l'agriculteur pourra payer pour ses intrants et pas que l'agriculteur d'ailleurs, il faut penser aussi filière. S'il n'y a pas une augmentation de cette valeur, ça veut dire que toute la valeur va glisser vers ces brevets et du coup tous les acteurs qui font de l'innovation sur la création variétale donc d'utiliser la génétique des des plantes n'auront plus de quoi financer leurs activités et donc un appauvrissement de la diversité génétique disponible sur le marché. Salin Marc, quelle est la vertu des NTG concrètement pour les agriculteurs ?
Alors, la vertu des NTG concrètement pour les agriculteurs, c'est qu'ils vont pouvoir bénéficier de l'innovation pour rendre les plantes plus résistantes à la sécheresse, au changement climatique et pour utiliser moins d'eau et moins d'intrant. Et la société le leur réclame à grand cri. Donc, il faut il faut absolument leur donner les outils.
Moi, j'entends toutes les craintes qu'on peut avoir, mais aujourd'hui, on a un texte solide et équilibré. C'est comme si à un moment donné, on avait dit "Oh là là euh est-ce que la biodiversité génétique des vaccins sur le vivant, on empêche Pfizer et Moderna de faire les vaccins Covid ou est-ce que l'intelligence artificielle, c'est quand même très inquiétante. Donc on va interdire en fait les applications cloud chat GPT en France parce que à un moment enfin moi je veux bien qu'on prive les gens qui sont sur le terrain qui qui aujourd'hui qui sont en galère qui souffrent parce que les agriculteurs on leur réclame tout.
On leur réclame de produire à bas prix, de produire en toute saison, de produire notre alimentation, de pas trop manifester, de pas ouvrir leur bouche trop fort, hein, et de de de pas voter pour les extrêmes et en plus et ben de produire notre alimentation. Il faut leur donner les outils, il faut absolument. Ça va dans le sens de ce que l'actualité est en train aujourd'hui de souver comme problématique.
Merci Cimar. Merci. Merci Vincent Bier d'avoir été là.
M.
Céline Imart