Camélia, harcèlement, téléphones au lycée... Édouard Geffray dans le 8h30 franceinfo
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Édouard Jeffrey. Bonjour. Merci d'être avec nous sur France Info.
Bonjour Paul. Bonjour à tous. C'est l'une des images de ce weekend.
Cette marche blanche hier en Sémarne en hommage à Camélia. Il y a 10 jours. Cette adolescente de 17 ans victime de harcèlement scolaire s'est suicidé.
Son oncle a lancé un appel à ne pas se taire. Les mots des enfants étouffés par le silence des adultes finissent par tuer. Nous ne pouvons pas laisser ça se reproduire.
Édouard Jeffrey, c'est l'éducation nationale qui est responsable. Alors, d'abord euh je me permets de redire toutes mes pensées à la famille et à la communauté éducative parce que pour une famille, c'est le pire qui puisse arriver et c'est une vie brisée et évidemment toute la communauté est très touchée et et je crois que le comment dire les échos de ce suicide de la jeune caméia montrent bien que c'est une société entière qui est touchée euh sur sur les responsabilités. Je ne sais pas à ce stade.
Il y a une enquête pénale qui est en cours, il y a une enquête administrative qui est en cours. J'ai moi-même diligenté une enquête de l'inspection générale. J'attends les conclusions dans les dans les prochains jours.
Ils sont en train de d'auditionner ce nombre de personnes. Et en attendant cela, je crois qu'il y a deux choses qui font à l'esprit. La première, c'est la plus grande prudence.
Il y a pas de tribunal numérique en France et donc il faut faire attention à pas tout de suite imputer des responsabilités. Il y a une enquête, elle le dira et après vous parlez du proviseur qui a été mis en retrait de ses fonctions à sa demande. Tout à fait et s'il y a des mesures à prendre, je les prendrai et je peux vous garantir que ma main ne faiblir pas mais je les prendrai en fonction des conclusions de l'enquête.
Tout le monde comprenne de quoi on parle. Pardon mais le jour de de son suicide, Camilia avait vu le proviseur. Elle écrit ensuite à sa mère il a dit que je me victimise et puis elle se donne la mort.
Vous, qu'est-ce que vous savez aujourd'hui de la responsabilité de du proviseur ? Précisément aujourd'hui, j'ai demandé une enquête et quand j'aurai la relation totale des faits leur chronologie, je pourrais me prononcer. Rien aujourd'hui ne prouve que le proviseur a une part de responsabilité.
Il y a les faits que vous avez mentionné qui ont justifié que je déclenche une enquête, sinon j'en aurais pas déclenché. J'ai déclenché une enquête. Vous l'avez eu directement lui ?
Non, j'ai pas j'ai pas j'ai pas souhaité précisément pour ne pas perturber l'enquête. Donc il si habituellement quand il y a un problème, j'appelle les proviseurs là en l'occurrence je pas perturbé l'enquête. Donc il y a une enquête.
Quand l'enquête aura conclu à ce mois j'en tirerai les conclusion. Et la deuxième chose et c'est quand même important c'est je j'bondis sur ce que disait l'oncle de Camélia et et vraiment mais je le dis à tout le monde par pitié ne vous taisez pas. Oui, il parle des mots des enfants étouffés par le silence des adultes, mais il vise aussi peut-être l'éducation nationale.
Vous je par définition, ils visent tous ceux qui n'ont pas réagi en temps. Mais vous vous êtes victime, vous êtes témoin, vous en parlez un adulte, vous faites le 30. C'est un numéro ça.
C'est le numéro d'appel qui n'a pas été utilisé dans cette affaire. Non. Et alors, comment ça se fait ?
Mais ni par la ni par la famille, ni par là aussi, ça fait partie des choses qu'il faud regarder. Mais effectivement, il y a pas eu il y a pas eu d'alerte, si je peux dire, au-dessus euh il y a eu effectivement des alertes probablement au niveau de l'établissement. Il y a pas eu d'al au dessus.
Et donc vraiment, je le redis, on est on a tous une part de responsabilité pour protéger nos enfants. On peut pas laisser faire ça. Et donc vous êtes adulte, vous êtes enfant, vous êtes témoin, vous êtes victime, vous décrochez votre téléphone, vous faites le 318 vraiment.
Enfin, par pitié, il faut le dire à tout le monde. Il faut que ça soit affiché partout, faut que ce soit répété sur vos chaînes. Le 301, le 3018, le 3018, on l'appelle et après nous derrière on assure.
Le message est passé. On va écouter maintenant d'abord Cheer Razad qui a participé hier à la marche au Microfance info de Farida Noir et ensuite Justine Atlan qui est directrice générale de l'association de la protection des enfants sur internet enfance. Au début d'année on en parle des fois il y a des interventions mais en réalité c'est pas plus on nous en parle pas plus que ça.
On nous fait faire des QCM pour nous demander si on est seul, si on se sent pas bien ou triste et cetera, mais il y a jamais rien derrière. Il manque certainement de formation parce qu'on se rend compte que souvent euh les adultes dans les établissements ont du mal à s'en saisir. Enseignant, proviseurs, même effectivement surveillant.
Enfin, il faut vraiment que tous ceux qui sont témoins adultes puissent s'en saisir. QCM manque d'information. Est-ce que vous partagez ce constat ?
Alors, on a un programme qui s'appelle phare qui normalement est déployé dans tous les établissements et d'ailleurs, je vais relancer aujourd'hui même tous les recteurs et tous les directeurs académique pour faire en sorte que ce soit effectivement le cas et pour remettre, si je puis dire, euh un nouveau un nouveau coup d'accélérateur sur ces sujets-là. Euh dans ce cadre-là, on forme on forme les élèves, on forme les professeurs, on forme les personnels et cetera. Est-ce que ça suffit la réponse et non ?
Parce que on est sur un phénomène qui est à la fois massif et qui est pernicieux. que le prop du harcèlement c'est que c'est compliqué à détecter et en plus il se poursuit sur les réseaux sociaux. Il y a des coordinateurs pardon dans le cadre de ce dispositif phare les coordinateurs harcèlement là normalement il y en a dans tous les établissements.
Il y a il y a une équipe par établissement et il y a en plus une équipe par département et par académie. Et là cette équipe n'a pas été saisie une fois il y a eu un harcèlement en l'occurrence en l'occurrence je ne le sais pas. Ça fait partie des choses qu'on verra.
Vous ne savez pas encore ? Non. Ça fait partie des choses qu'on verra parce que j'attends je ramasse pas les choses bout par bout.
J'attends les conclusions de l'enquête dans les jours qui viennent et à ce moment-là on saura tout. On aura un film complet. Vous pardon, vous parlez du programme Phare qui est effectivement très important dans toute la France et la présidente dans le département de la FCPE qui enseig la première fédération de parents d'élèves de l'école publique trouve qu'il est très bien fait, très bien construit ce programme PH mais elle pointe le manque de moyens pour faire appliquer ce programme.
Est-ce que vous manquez d'argent à l'échelle nationale pour lutter contre le harcèlement ? Je sais je honnêtement je dirais pas qu'on manque d'argent. Il y a une nécessité en fait pour nous le vrai enjeu c'est de se mettre constamment à jour.
C'est un sujet sur lequel finalement il faut constamment se reformer et une fois encore c'est un sujet sur lequel on lutte nous sur un terrain qui est l'environnement scolaire mais en dehors de l'environnement scolaire je sais pas faire et l'école peut pas tout faire. Donc quand les quand les quand nos jeunes se font harceler sur les réseaux sociaux au-delà des murs de l'école, il y a des choses que je sais faire dans l'école. Au-delà des murs, ça devient compliqué et c'est pour ça qu'il faut se battre sur tous les terrains.
On va en parler d'abord juste d'un mot. Vous avez rencontré la famille de Camélia ? Non, je leur ai écrit euh mais j'ai souhaité respecter leur deuil et et je considère que euh si voilà, je leur aiécris, je suis leur disposition.
Euh je je comment dire je tiens pas à faire publicité euh de ma petite personne euh quand les gens sont confrontés à un drame pareil. Je pense qu'ils ont besoin d'abord de recueillement, de respect et moi je respecte profondément la douleur. Évidemment, je les recevrai quand j'aurai de l'enquête pour les partager avec eux par contre.
Ça c'est sûr. Et Gify, vous vous parliez de des souffrances en dehors de l'école. Il y a un autre suicide d'une adolescente de 12 ans qui a eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi.
Une adolescente qui s'est pendue dans sa chambre à Glorian dans les Pyrénées orientales. Que savez-vous de ce drame et qu'avez-vous fait ? Alors en première analyse, je dis bien en première analyse puisqu'il y a un inspecteur académique qui est venu aussitôt sur les lieux, nous nous n'avons aucun élément ni à l'échelle de l'établissement ni en dehors, donc ni le 318 et cetera, qui témoignerai d'un harcèlement.
Et en revanche euh les différents éléments, pour être tout à fait transparents, m'ont conduit à faire un signalement au procureur sur l'environnement familial de cette jeune fille, c'està-dire l'article 40, c'est-à-dire effectivement un signalement procureur sur des faits dont on a eu connaissance et qui nous semble justifié qui a un regard de la justice dans le cadre de l'enquête judiciaire. Donc à ce stade, vous écartez la piste du harcèlement scolaire. Il n'y aura pas d'enquête administrative.
Alors, il y a une enquête puisquil y a un inspecteur qui est sur place, mais les premiers éléments ne montrent pas a priori en tout cas, il y avait pas de il y avait eu aucune saisine de personnes sur des faits de harcèlement. Là, on vient de parler de deux suicides d'adolescentes en l'espace d'à peine de semaines. Est-ce qu'il y a une recrudescence de suicide chez les jeunes en particulier chez les jeunes filles ?
Alors, de manière générale, depuis le Covid, il y a une reconnaissance des suicides ou des tentatives de suicide très substantiel. Santé publique France parle de 80 % en 5 ans. Donc oui, il y a une il y a une recrudescence importante depuis le Covid grosso modo, au cours des 5 dernières années.
COVID. Et c'est lié à quoi cette recrudescence ? C'est très difficile à qualifier.
Euh il y a il y a clairement ça touche plus les jeunes filles que les garçons déjà. Premier élément. Et deuxième élément euh les écrans jouent un jouent un rôle on va dire en tout cas d'accélérateur ou d'aggravation.
Euh il y a une enquête qui qui est sortie en début d'année sur la santé mentale de nos jeunes. Euh très clairement plus ils consomment des écrans, plus leur santé mentale se dégrade. Il y a vraiment une relation de de il y a une relation de cause à effet qui qui est vraiment très très catégorique de ce point de vue-là.
Avant de on va parler justement de l'interdiction des écrans mais on parle quand même de deux suicides de jeunes filles en moins de 15 jours. Phare qui n'a peut-être pas été déclenché d'un numéro d'urgence qui n'a pas été utilisé. Enfin, c'est un constat d'échec, non ?
Je pense surtout que enfin d'abord c'est quand il y a un mort d'homme, il y a échec, c'est clair. Euh mais je pense aussi que il y a il y a il y a un enjeu de maturité collective. On peut pas tout attendre de l'école.
On a notre rôle à jouer. Si on l'a mal joué, une fois encore, j'en tirerai les conséquences, mais on peut pas tout attendre de l'école. Et il faut vraiment que notre société se mobilise, que les parents se mobilisent, qu'il parlent avec leurs enfants, qui restreent l'usage des réseaux sociaux.
C'est pas un mal de restreindre l'usage des réseaux sociaux par ses enfants. C'est c'est ça le sauve. Et donc il faut qu'on se batte collectivement.
Mais c'est si c'est un combat qui touche l'ensemble de la société. C'est pas seulement que les parents doivent faire plus aussi selon vous. On peut pas tout attendre de l'école.
En tout cas c'est c'est pour y arriver il faut qu'on soit main dans la main sur le sujet. Et d'ailleurs tous les parents que j'ai l'occasion de rencontrer et cetera le savent très bien. Il faut qu'on soit main dans la main sur le sujet.
Si on considère qu'il y a une brique qui cassure et que les autres pendant ce temps-là dans le fond n'ont pas besoin de s'en préoccuper, là on prend des risques. Vous vous parliez des réseaux sociaux, justement, vous soutenez le texte qui vise à les interdire au moins de 15 ans qui est examiné aujourd'hui à l'Assemblée. Le président Macron a annoncé une procédure accélérée pour qu'il entre en vigueur dès la rentrée prochaine.
Ce qui voudrait dire que concrètement le 1er septembre 2026, les Français devront donner une pièce d'identité pour s'inscrire sur les réseaux sociaux. Vous croyez vraiment que c'est possible ça ? Alors, non seulement je pense c'est possible, mais c'est nécessaire.
Euh parce que une fois encore aujourd'hui, si vous voulez, il y a plusieurs enjeux. Il y a un enjeu de santé publique, on vient de parler de la santé mentale, il y a un enjeu cognitif, c'estàd que nos jeunes, ils passent des heures et des heures et des heures à scroller comme on dit ou à swiper sur TikTok et autres et et un cœur des jeunes passe plus de 5 heur par jour sur les écrans. Ouais.
Enfin, vous rendez compte de ça veut dire. Et après ça, on me dit "Mais que faites-vous à l'école ? Mais s'il passe plus de temps sur TikTok que dans la classe, comment voulez-vous que je dise à un professeur qu'il est là pour éveiller les consciences civiques ?" Mais je pense que le constat, on est assez nombreux à le partager en revanche concrètement, comment vous faites ?
Parce que là vraiment vous pensez queon va présenter une pièce d'identité à chaque fois qu'on voudra s'inscrire sur un réseau social. Alors d'abord al on n'est pas obligé de présenter des pièces d'identité, il y a plusieurs euh modèles qui existent. Euh soit alors effectivement on est obligé de justifier de sa propre identité directement auprès du réseau social.
Euh soit alors il y a ce qu'on appelle un tiers de confiance. C'est que vous passez par quelqu'un qui connaît votre identité et qui dit au réseau social oui, il a plus de 15 ans ou non, il a moins de 15 ans. Est-ce que vous avez déjà expérimenté avec les sites pornographique ?
Alors pour les sites pornographiques, les moins de 18 ans, ça ça marche. Il se trouve que nous pour les réseaux sociaux en plus, on a une solution éducation qui permettrait directement à à l'élève de de passer par cette plateforme là et de pas avoir à donner des éléments personnels sur lui, mais simplement à la plateforme de dire oui, non. Mais vous pensez que les plateformes vont jouer le jeu ?
Parce qu'en fait aujourd'hui c'est ça, vous misez sur la bonne volonté des plateformes, on est d'accord ? Vous n'avez aucun moyen de contraindre les plateformes. Ah pardon mais le droit c'est une contrainte madame.
Mais pas pour les plateformes. Les États n'ont pas le droit de contraindre les plateformes. Vous le savez ça ?
Non mais attendez, excusez-moi. Enfin, il y a quand même un truc qui s'appelle le droit européen et le droit national. Justement, ils sont en contradiction là.
Ça s'applique. Alors d'abord ils sont plus en protection parce que le président de la République a mené un travail au niveau européen qui a permis effectivement que l'Europe renvoie aux Étatsmembres le soin de de comment dire de fixer l'âge de la majorité numérique. Ça c'est la première chose.
Deuxième chose, on prend une loi, on fait pas des recommandations aux plateformes, on prend une loi euh qui va être débattue dès cet après-midi en procédure accélérée parce que le président de la République l'a souhaité et de manière à ce qu'on puisse agir dès le premier, c'est dès la rentrée. Et à partir du moment où le droit s'applique et je vous dis ça parce qu'il se trouve que dans une vie antérieure, je travaillais à la Commission nationale informatique et liberté sur le RGPD, on disait la même chose, on disait les plateformes machin et cetera. Non, je suis désolé, il y a un droit.
Le droit, il est respecté. Respecté, on des conséquences. Vous savez que selon le droit européen, la France ne peut pas faire peser une vérification d'âge sur les plateformes.
La France, selon le droit européen, peut fixer un âge minim. Fixer un âge. Oui, mais elle ne peut pas faire peser la vérification de l'âge sur les plateformes, vous savez.
Mais mais la responsabilité des plateformes, c'est de s'assurer que des mineurs, enfin des mineurs de moins de 15 ans désormais ne seront pas sous le enfin ne seront pas inscrits en tant que tel sur la plateforme. Ça sera eux de faire le travail. Ils auront la bonne volonté des plateformes.
Non, je mets sur le respect du droit. Ils auront 4 mois pour le faire. Donc a priori, puisqu'on part sur une application 1er septembre, il y aura une période transitoire pour si je puis dire purger les comptes et après on aura juste protéger nos enfants d'un dispositif de plateformes dont ils n'ont pas besoin et qui visent principalement grosso modo à utiliser leur t de cerveau disponible.
Edg dans un instant on va parler de l'interdiction de téléphone au lycée aussi mais tout de suite il est 8h46 et c'est l'info en une minute avec Dianne Ferchit. Nouvelle manifestation aminée à police aux États-Unis. Un millier de manifestants qui dénoncent une police de l'immigration inhumaine après la mort d'un homme tué par cette police de l'immigration. 3 semaines après celle d'une américaine dans les mêmes circonstances, les anciens présidents Barack Obama et Bill Clinton appellent les Américains à défendre leurs valeurs.
Les États-Unis où le bilan de la tempête hivernale s'ourdit au moins 10 morts alors qu'une vingtaine d'États sont en état d'urgence face à des températures jusqu'à - 45° et des chutes de neige très importantes. Plus d'un million de foyers américains sont privés d'électricité. En France, l'ouverture en appel du [musique] procès de l'assassinat de Samuel Patti, quatre hommes rejugés, deux amis du terroriste condamnés à 16 ans de réclusion en première instance et les auteurs de la vidéo qui dénonçait le professeur d'histoire géographie, le père d'une élève et un militant islamiste condamné eux à 13 et 15 ans de prison.
Près d'une agence immobilière sur deux acceptent ou facilite une [musique] discrimination raciale. C'est ce que révèle une enquête des SOS racisme, campagne de testing auprès de 200 agences. Aurore Berger, la ministre chargée de la lutte contre les discriminations promet dans le Parisien aujourd'hui en France une formation obligatoire pour tous les agents immobiliers.
France info le 830 France info Agath Lambret Paul Larouturou avec Édouard Gre ministre de l'éducation nationale le téléphone peut-être bientôt banni du lycée Paul cet après-midissance qui vise à interdire notamment le téléphone au lycée elle sera donc examinée après on va dire le succès mitigé au collège. Par quel miracle vous voudriez dévisser des lycéens de leur téléphone portable ? Comment faites-vous ?
Alors, d'abord, je j'apprécie vous utilisez le mot dévissé puisqueeffectivement, on a des on a des jeunes qui aujourd'hui peuvent être vissés sur leur téléphone. Alors, je suis un peu plus euh nuancer que vous sur le collège. Au collège, il y a une interdiction qui globalement fonctionne.
Elle est pas parfaite, bien sûr, les gens les contourent, mais globalement ça fonctionne. Vous avez un bilin, vous avez des chiffres ? Euh alors écoutez, enfin, j'ai pas de chiffres comme ça en tête, mais euh mais a priori euh quand on interroge les chefs établissement euh de manière euh pardez-moi de terme empirique, ce qui m'arrive souvent parce que je vais souvent au collège ou en lycée, globalement l'interdiction au collège et la respecter.
Deuxième chose, nos lycéens quand il nos lycéens actuels, ils ont connu le collège euh sans téléphone portable, hein. Donc c'est pas une nouveauté. Hm.
Et donc l'idée de dire "Oh là là, mais ça va leur tomber dessus", mais pas du tout. Ils ont connu le collège, ils y ont d'ailleurs plutôt bien vécu sans portable. Et ce qu'on dit, c'est qu'effectivement le temps de l'école et moi je suis très ferme là-dessus, le temps de l'école c'est pas le temps du téléphone.
Mais comment vous l'appliquez ? Vous allez renforcer les moyens parce qu'il faut faut du personnel pour puis par ailleurs au lycée son téléphone, on en a besoin de temps en temps pour biper à la cantine ou pour faire d'autres choses. Donc vous faites comment ?
Donc d'abord, il y a deux choses. La première, c'est qu'effectivement, il y a un principe d'interdiction et ensuite il y a les dérogations qui seront fixées dans le règlement intérieur. Si vous êtes en internat, si vous avez besoin du téléphone pour biper à la cantine, ce genre de choses, bah c'est chez l'établissement, ça va vivre localement et ça va s'adapter aux réités locales.
Il s'agit pas de dire à tout le monde "Venez sans téléphone". Ils peuvent venir avec leur téléphone mais ils ne l'utilisent pas, sauf lorsque le chef établissement l'a autorisé. Et quand ils sortent et qu'ils reviennent, ils le prennent, ils sortent comment ça ?
Non mais ils ont pas besoin, ils le mettent dans leur sac, ils le sortent pas de la journée, c'est tout. Et si on les voit avec dans la journée des dans des circonstances qui sont pas autorisées, à ce moment-là, on récupère le téléphone, on le confisque. Mais c'est comme le projet phare et le harcèlement dont on parlait tout à l'heure, là encore, vous avez besoin de plus de moyens, donc de plus d'argent.
Est-ce que vous avez les moyens, monsieur le ministre ? Pardonnez-moi, c'est c'est assez intéressant comme débat parce que comme tout le reste d'ailleurs, mais la question est intéressante. Moi, j'entends dire depuis quelques semaines, "Ah mais on va pas pouvoir mettre une personne derrière chaque élève pour vérifier qu'elle a pas son téléphone." Enfin, depuis quand est-ce qu'on apprécie la la le bien fondé d'une règle ?
à la lumière de la capacité à mettre une personne derrière chaque chaque risque de manquement sinon il y a plus de capacité de l'appliquer. Non mais sinon il y a plus de code de la route. Il y a des policiers pour le faire.
Il y a des policiers partout. Vous avez un policier par feu rouge et par stop. Vous avez un certain nombre de contrôles qui sont aléatoires quand vous êtes chef établissement, quand vous êtes CPE, il y a des adultes dans un établissement, il vous voi avec un téléphone portable, le CP vous voit avec un téléphone portable, téléphone portable confisqué.
Point. Mais au-delà de ça, parce que c'est ça qui compte aussi, c'est qu'il faut qu'on fasse prendre conscience à nos jeunes que quand on passe, vous disiez tout à l'heure 5h par jour sur son téléphone, 5h par jour, enfin les réseaux sociaux et compagnie, leur objectif c'est pas votre santé physique et mentale. Leur objectif c'est vous passiez le maximum de temps à les consulter.
C'est pas que vous vous couchiez tôt, c'est pas que vous force que vous refassiez le monde avec vos camares. On vous entend Édard Gef, vous voulez donc mettre fin aux téléphones, au lycée, aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans et dans le même temps, le budget 2026 acte la suppression de 4000 postes d'enseignants. Alors vous mettez en avant euh la baisse de la démographie, mais est-ce que c'est vraiment un bon argument quand on voit l'état de certaines classes surchargé, des professeurs qui sont épuisés, qui considèrent qu'ils sont mal payés pour travailler beaucoup trop, c'est vraiment la solution de supprimer 4000 postes ?
Il faut partir du constat. On aura perdu dans le premier degré hein, donc juste dans les écoles maternelles et élémentaires, on aura perdu 1 million d'élèves. 1 million entre 2019 et 2029.
Il y a un moment donc on passe de 6700000 à 5700000 et on va perdre grosso modo 20 % d'élèves au cours des 15 %. Donc la réponse c'est la démographie. Ça c'est la démographie.
Et en même temps, il manquait 2500 profs à la rentrée en septembre. Et on connaît tous, je pense, on est nombreux à connaître un enfant qui a pas eu de prof pendant 6 mois, pendant un an. On est bien d'accord là-dessus, mais il y a deux sujets disciplins.
Mais pardonnez-moi juste, on je repends de la démographie, c'est quand même juste un paramètre assez fondamental et en plus l'école est en première ligne pour ça. Je perds donc 20 à 25 % des élèves au cours des 15 prochaines années. Ne pas en tirer les conséquences progressives, ça serait absolument irresponsable. pas le bon moment pour alléger les classes du coup mais c'est précisément ce qu'on fait mais vous avez pas assez de prof tout simplement parce que non mais attendez je j'y arrive tout simplement parce que en fait on ne suit pas la démographie si on avait suivi la démographie il aurait fallu supprimer 8 ou 9000 postes cette année on propose en supprimer 4000 pourquoi parce que l'idée c'est un atteraissage progressif et précisément chaque année chaque année hein depuis 2017 chaque année on réduit le nombre d'élèves par classe.
Il y a aujourd'hui plus de deux élèves par classe en moins par rapport à 2017 on sera à 21 élèves par classe à la rentrée scolaire prochaine. C'est du jamais vu système négatif. Simplement moi mon mon si vous voulez ma ma ligne c'est et c'est pas une question de PF 2026, c'est une question de long terme.
C'est que sur 20 ans, il faut qu'on arrive à concevoir un atterrissage très progressif pour limiter les fermetures de classe, réduire nos DF par classe et malgré tout au bout d'un moment tirer les conséquences de démographique qui étant chutip pour l'instant. Et le manque de professeur, comment vous luttez aussi contre ce phénomène ? Le manque d'attractivité du métier, problème de vocation.
Vous vous proposez une réforme de la formation des enseignants dès quel est le enfin ce serait à partir d'une licence bac+ 3 qu'on pourrait passer concour. Alors si le projet de loi finan est adopté dès le mois de mars là on a des étudiants qui sont en L3 qui vont passer les concours et qui feront leur master donc leur temps de formation en fait en tant que professeur en étant rémunéré. Et vous pensez que c'est ça qui va réuss un peu quand même parce que d'abord faire ces études en master en étant rémunéré 1400 € net par mois la première année 1800 € net par mois la deuxème année c'est quand même plus confortable que dans d'autres circonstances premier élément et surtout ça veut dire que on les prend plus tôt on leur met le pied à l'étrier plus lentement et de manière plus progressive mais derrière il y a aussi très clairement un un enjeu global qu'il faudra traiter au cours des années qui viennent de rémunération de conditions de travail et cetera Oui, parce que là les salaires ne vont pas augmenter à court terme.
Bah à court terme, mais on voit bien que c'est un des sujets euh à moyen terme et et de manière générale, si vous voulez saisir de ce sujet euh ben dans le temps qui est le mien, ça peut être un peu compliqué mais de manière générale, je crois qu'il faut s'en saisir et donc préparer le terrain pour la suite. Oui, bien sûr. Et dans le temps qui est le nôtre, on a encore trois questions importantes à vous poser avant la question qui est alors on y va.
Ça fait 2 ans qu'une campagne de vaccination scolaire contre le papier homa virus a été lancée. Pourquoi ça marche pas ? Alors d'abord ça ça marche pas si mal que ça en été.
C'est progressif. Maintenant, on a 58 % des jeunes filles qui qui sont vaccinées, 37 % des garçons compte 13 % il y a 2 ans. Donc, notre type, c'est 80 % 2030, ça marchera.
Euh, et au passage, d'ailleurs, je dis aux parents, désormais, c'est couplé avec la vaccination contre le ménagingocc, donc les méningites. Euh et donc faites vacciner vos enfants, c'est 6004 cancers de de chaque année du HPV qui sont entièrement évitables par la vaccination. Édouard Jeffrey après les révélations des violences physiques et sexuelles à Notre Dame de Bettaram et dans d'autres établissements privés, votre prédécesseur Ellisabeth Borne avait lancé un plan d'inspection.
Où en est ce plan ? Où en est l'inspection ? Il se déroule de manière normale si je puis dire au sens où on a donc 1000 établissements privés qui ont été contrôlés l'année dernière. 40 % auront été contrôlés d'ici 2027.
Donc c'était la cible qui a été fixée par le plan et je m'y tiens avec beaucoup de rigueur et salus centaram en particulier. Il y a eu en tout euh enfin il y a eu plusieurs inspections pardon successives. Euh donc euh voilà, les choses se passent comme prévu.
Sauf que le secrétaire général de l'enseignement catholique se plaint de graves abus d'autorité lors des contrôles. Alors il y a eu dans quelques cas euh clairement des des comportements inacceptables de la part d'inspecteur. Donc on y a mis fin.
Euh il nous les a signalé. On a évidemment repris l'ensemble des procédures avec les intéressés et on y a mis fin euh quelques semaines après mon arrivée au ministère. Le procès en appel de quatre personnes condamnées pour l'assassinat de Samuel Patou aujourd'hui.
Son comité de soutien demande son entrée au panthéon. Vous avez déclaré jeudi que cette panthéonisation devait être, je vous cite, réfléchie. Où en êtes-vous de vos réflexions après ce weekend ?
Est-ce que vous en avez échangé avec l'homme qui prend cette décision à savoir le président de la République ? Alors d'abord effectivement, je remercie de le rappeler, c'est le président de la République, c'est pas moi qui prend cette décision. Moi ce que j'ai dit en réponse à la question qui m'était posée, c'est qu'effectivement ça nécessite d'être réfléchi parce que ce ne sont pas les critères habituels d'une pantthéonisation.
Indéblement, Samuel Patier est devenu une grande figure symbolique de la République. Jusqu'à présent, le Panthéon a toujours vu entrer des hommes et des femmes dont l'action de leurs vivants avait eu un effet déterminant sur l'avenir de la collectivité nationale. Donc euh là, si je puis dire, il il est devenu une figure symbolique à son corps défendant.
Euh et donc je je ne sais je c'est pour ça se réfléchit c'est ça serait une inflexion dans par rapport au critères habituels de pantéonisation et comme vous l'avez rappelé en tout cas je suis pas compétent pour me prononcer sur le sujet d'or Jeffrey comme tous les jours. C'est le moment de la question qui aujourd'hui la question qui ne veut pas d'enfant la SNCF est en pleine polémique après le lancement d'une nouvelle offre une classe optimum plus qui promet du calme plus de place sauf que ces rames sont interdites aux enfants de moins de 12 ans. Est-ce que cela vous a choqué vous aussi ?
Et de quoi est-ce le symptôme selon vous, ministre de l'éducation ? Moi tout ce qui est no kids, comme on dit aujourd'hui avec cette espèce d'anglicisme en plus c'est sans enfant me scandalise profondément mais vraiment profondément. Enfin quel est le pays qui peut vivre à ce point ?
Quelle est la société qui peut vivre à ce point dans l'instant que là aussi vissé à ses écrans, elle veut en plus avoir la paix et pas être dérangée par ses enfants ? Moi, je suis ministre de 12 millions d'élèves et d'un million de professeurs qui tous les jours construisent l'avenir. Je ne conçois pas qu'on ne construise pas l'avenir.
Et je ne conçois pas de mère général, d'ailleurs indépendamment du cas d'espèce, je ne conçois pas que euh on se dise que finalement c'est mieux de choisir son voisin de train, son voisin de piscine, son voisin de cinéma et cetera. C'est pas ça faire société. Faire société c'est brasser les gens, c'est brasser les âges.
Et donc moi question de la SNCF ou vous lui dites quoi ce matin ? Vous l'avez eu directement ? Non, je l'ai pas eu directement.
Et puis je trouve que c'est plutôt en réité ce qui se passe, c'est plutôt le symptôme d'autre chose. Il y en a maintenant dans les cinémas, il y en a dans les hôtels. On va devenir dingue.
Donc moi ma ligne et en plus il vient juste d'arriver, je pense pas que ce soit lui qui a créé cette offre qui est manifestement plus ancienne que ça. Mais moi ma ligne c'est simple he pour reprendre un anglicisme, c'est everything for kids. Puisque ils disent nos kids, c'estd tout pour les enfants parce que sinon c'est notre avenir qui est en péril.
Donc tout pour les enfants. On fait en sorte de que les gens qui en veillent puissent en avoir. On fait en sorte de les éduquer, de les amer au bout de leur potentialité.
On les protège y compris contre les dangers modernes et à la fin on construit l'avenir. Ça c'est quand même autre chose en terme d'espoir que de se dire bah je vais rester dans mon truc No kids avec mon train, mon cinéma, mon home cinéma et ma piscine. Et ce sera le mot de la fin.
Merci beaucoup Édouard Gefrey, ministre de l'éducation d'avoir répondu aux questions de France info.
Édouard Geffray