Aller au contenu
Tous les transcripts
ChroniqueNeva· 29 octobre 2026 12 minComplaisantActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSolidarités & familleBudget & impôtsTravail & emploi

211 milliards d'aides aux entreprises, 12 milliards de RSA : qui sont les vrais assistés ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:22Chiffre
    « Le Sénat arrive à au moins 211 milliards d'euros en 2023. »
  • 2:05Chiffre
    « Le reste, ce sont 75 milliards de baisses de cotisations sociales, 88 milliards d'avantages fiscaux et 41 milliards de prêts, de garanties et d'investissements de la banque publique BPI France. »
  • 3:26Fait
    « La France aide ses entreprises plus que tout le monde en Europe. »
  • 4:02Chiffre
    « Sans les prêts de la banque publique, sans la TVA réduite et sans les niches techniques, il reste 108 milliards. »
  • 6:40Chiffre
    « Le RSA, c'est 12 milliards d'euros par an, 549 euros par mois en moyenne pour chaque foyer. »
  • 8:42Chiffre
    « Les seules baisses générales de cotisations, 65 milliards, pèsent plus que tout le budget des armées. »
  • 9:24Chiffre
    « La fraude au RSA, 1,5 milliard. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:00

Non, les entreprises ne sont pas gavées d'aides publiques. Arrêtons avec ce terme. Et là aussi, les faits sont têtus. Les faits [rires] sont têtus. Merci pour la pub, Patrick. Dans une série qui s'appelle Les chiffres sont têtus, on ne pouvait pas rêver mieux. Alors, on a vérifié. Et le premier à lui répondre, c'est Bercy, le ministère de l'économie de Sébastien Lecornu. Pas vraiment une annexe de la CGT. Le 13 octobre, 7 semaines après ce discours, Bercy a publié son tout premier chiffrage officiel des aides publiques aux entreprises, 166 milliards d'euros rien qu'en 2024. Et pour l'année d'avant, le Sénat en avait compté au moins 211. Si tu touches le RSA, l'État sait au centime près ce que tu reçois. Ces milliards-là, il a mis des années à les additionner. Alors, on va regarder d'où

0:41

sort ce chiffre, ce qu'il y a dedans et si ça sert vraiment à quelque chose. Et tu verras qui on traite d'assisté dans ce pays et qui on ose même pas appeler comme ça. Au départ, il y a une commission d'enquête du Sénat en 2025. Son président est un sénateur LR, Olivier Rietmann, et son rapporteur est un communiste, Fabien Gay. Pendant 6 mois, ils auditionnent 33 patrons, de Michelin à LVMH. Et en chemin, ils tombent sur un os. L'État n'a aucun chiffre officiel à jour de ce qu'il donne aux entreprises. Le dernier calcul porte sur 2019. Le rapporteur demande deux fois au ministre de l'économie de l'époque, Éric Lombard, de le mettre à jour. La première fois, on lui répond que c'est trop de travail. La deuxième fois, que ce calcul a été fait par un autre service avec sa propre

1:22

méthode. Bref, circulez. Alors, le Sénat a fait le calcul lui-même. L'INSEE parlait de un plancher de 70 milliards, le président de la République de 98 milliards, Éric Lombard de 150 à 155 milliards, Agnès Verdier-Molinié parlait de 20 à 28 milliards. Le Sénat arrive à au moins 211 milliards d'euros en 2023. Et je préfère être précis parce que le MEDEF nous attend au tournant. Ces 211 milliards vont à toutes les entreprises, de la boulangerie du coin à Total Énergies. Et les vrais chèques, les subventions, n'en font que 7. Le reste, ce sont 75 milliards de baisses de cotisations sociales, 88 milliards d'avantages fiscaux et 41 milliards de prêts, de garanties et d'investissements de la banque publique BPI France. Bercy, lui, trouve moins parce qu'il ne compte pas

2:05

ces prêts et qu'en 2023, il restait des aides de crise. Les deux chiffres sont officiels, ils ne mesurent simplement pas la même chose. Le rapport a été adopté à l'unanimité de la commission, droite comprise. Et le jour du vote, son président LR a tenu à dire que les baisses de cotisations ne sont pas des aides parce que, je cite, "les chiffres sont têtus." Décidément, tout le monde veut entrer dans le club. Revenons à Patrick Martin et à son argument complet. Ces aides ne sont que la compensation partielle de politiques publiques mal conçues que nous n'avons pas sollicitées. Les 35 heures pour commencer, aides déduites, vous le savez, nos entreprises demeurent les plus taxées au monde. Patrick dit "aides déduites". Ça tombe bien, l'Institut Rexecode, proche du

2:48

patronat, a fait exactement ce calcul. Une fois les aides déduites, les entreprises françaises sont les deuxièmes plus taxées de l'Union Européenne, derrière [musique] la Suède. C'est beaucoup, je te l'accorde, mais deuxième d'Europe, on est encore loin du titre de champion du monde. Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, va encore plus loin. La France est le pays en Europe qui aide le plus ses entreprises. La France est aussi le pays en Europe qui taxe le plus ses entreprises. Et quand on fait la différence entre les deux, on est encore champion d'Europe. Champion d'Europe d'après lui, deuxième d'après Rexecode. Même au gouvernement, on arrondit vers le haut. Mais retiens surtout sa première : la France aide ses entreprises plus que tout le monde en

3:26

Europe. Reste le mot compensation. Une baisse de cotisation n'est pas un chèque, d'accord. Sauf que Bercy l'écrit lui-même, noir sur : les moindres recettes fiscales et sociales constituent des ressources publiques au même titre que les crédits budgétaires. Un chèque ou une ristourne, pour les caisses publiques, ça revient au même, c'est de l'argent qui n'entre pas. Et pour que la Sécu ne coule pas, c'est l'État qui la rembourse avec une part de la TVA, celle que tu paies sur tes courses. Allez, faisons plaisir au Medef et retirons tout ce qui fâche. Le Sénat l'a fait lui-même. Sans les prêts de la banque publique, sans la TVA réduite et sans les niches techniques, il reste 108 milliards. Et Bercy, avec sa propre méthode, a même retiré toutes les baisses générales de cotisations. Il

4:02

trouve encore 60 milliards en 2024, presque tout le budget de l'éducation nationale, retraite des profs mise à part. ? Non, bien nourri quand même. La vraie question, c'est de savoir si ça marche. Prenons la plus célèbre, le CICE lancé par François Hollande en 2013, un crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, c'est écrit dans le nom. Et en face, le Medef affiche un objectif. Dans son rapport d'activité de 2014, il parle même de ses engagements, "Réunir les conditions pour créer 1 million d'emplois en 5 ans." Son président de l'époque, Pierre Gattaz, en faisait même des badges. D'après le Sénat, c'est ce million-là que le CICE était censé créer. temps, c'est notre objectif au niveau du Medef de créer 1 million d'emplois. Et c'est 1 million d'emplois sous 5 ans.

4:44

Moi, j'ai jamais promis 1 million d'emplois. Le résultat, mesuré pour France Stratégie, un service du Premier ministre, c'est environ 100000 emplois pour à peu près 18 milliards d'euros rien qu'en 2016. Le Medef espérait 1 million d'emplois, on en a eu 100000. Dans l'estimation la plus solide, ça met l'emploi à 180000 euros par an. À ce prix-là, l'État aurait pu embaucher les gens lui-même et bien les payer. Je ne vais pas te dire que rien ne marche. Les baisses de cotisations sur les salaires proches du SMIC créent des emplois, là-dessus, les économistes sont d'accord. Mais au-dessus d'1,6 fois le SMIC, le Conseil d'analyse économique, rattaché au Premier ministre, n'a trouvé en 2019 aucune preuve que ça serve. Et il y a le crédit d'impôt recherche, près

5:22

de 8 milliards par an. En 2022, 596 grandes entreprises, moins de 3 % des bénéficiaires, en ont touché 38 %. Sanofi en a reçu plus d'1 milliard d'euros en 10 ans, tout en supprimant des postes de chercheurs. Et d'après le patron du Medef lui-même, devant les sénateurs, 20 à 30 % de ce crédit d'impôt partent chez les cabinets de conseil qui aident à le décrocher. Comme quoi, il y a quand même des gens que ça enrichit. Et quand ça ne marche pas, ce sont les salariés qui paient l'addition. Le mardi 5 novembre 2024, Michelin annonce la fermeture de ses usines de Cholet et de Vannes, soit 1254 emplois. À Cholet, les salariés l'apprennent en 1/4 d'heure. Euh, il y a encore une semaine dans les usines, on avait fait des groupes de travail pour la compétitivité de

6:02

l'usine. Mais là, je me sens vraiment trahi parce que je me je me demande ce que je vais faire demain. Cette année-là, Michelin fait 1,9 milliards d'euros de bénéfices et verse 964 millions de dividendes, d'après le groupe lui-même. Côté argent public, il a touché au moins 32 millions de baisses de cotisations et 40 millions de crédit d'impôt recherche. C'est peu à côté de ses dividendes et c'est bien le problème. L'argent part et personne ne demande rien en échange. Son patron, Florent Menegaux, explique aux sénateurs que ses usines françaises perdent de l'argent. Le groupe, lui, en gagne largement. Et quand on lui demande pourquoi verser des dividendes en fermant des usines, il répond que ça n'a rien à voir et que bien rémunérer les actionnaires est une garantie de

6:40

tranquillité financière. Pour les 1254 salariés, la tranquillité, c'est raté. Et il y a mieux. À La Roche-sur-Yon, Michelin avait reçu 4,3 millions d'euros de CICE pour huit machines. D'après le Sénat, deux ont été installées en France et les six autres sont partis en Roumanie, en Pologne et en Espagne. L'usine a fermé en 2020. Il a fallu une commission d'enquête pour que Michelin annonce, en 2025, qu'il rembourserait. [musique] Chez LVMH, dans la branche vins et spiritueux, 1200 postes ne seront pas remplacés, pendant que le dividende monte et que le groupe touchait 275 millions d'euros d'aide en 2023. Au Sénat, le rapporteur a posé la question à l'homme le plus riche de France. Si si quelqu'un quitte l'entreprise, c'est que il a un emploi. Hein, il il va

7:23

pas partir pour se mettre lui-même au chômage. Merci, monsieur Arnault. Les 1200 postes qui ne seront pas remplacés, eux, n'ont trouvé personne. Et pour toutes ces entreprises, il n'existe aucune règle générale qui dise "Tu touches de l'argent public, tu ne licencies pas ou tu ne verses pas de dividendes la même année." En Allemagne, pendant la crise de l'énergie, une entreprise qui touchait plus de 2 millions d'euros d'aide devait garder au moins 90 % de ses effectifs, sinon, elle remboursait. Nous, on a surtout eu des badges. Et pendant qu'on parle de contrepartie, cette chaîne ne touche aucune aide publique. Sa seule contrepartie, c'est toi. Si tu as appris quelque chose, abonne-toi. Je ne te promets pas 1 million d'emplois, mais je continuerai à compter à la place de Bercy. Revenons à

8:02

nos milliards. Pendant des années, l'État n'a même pas fait l'addition. Le 5 novembre 2024, le jour même où Michelin annonce ses fermetures, le Premier ministre, Michel Barnier, promet à l'Assemblée de savoir ce qu'on a fait dans ces groupes de l'argent public qu'on leur a donné. Son gouvernement tombe 1 mois plus tard et d'après le Sénat, 6 mois après, le nouveau ministre de l'économie n'avait toujours pas demandé la moindre enquête. Le président LR de la commission l'a constaté lui-même. Personne n'est capable de dire qui touche quoi et à quel niveau. Il a fallu attendre octobre 2026 pour que Bercy publie son premier chiffrage officiel. Et ces 166 milliards de 2024 dépassent le déficit de l'État cette année-là, 156 milliards. Les seules baisses générales de cotisations, 65

8:42

milliards, pèsent plus que tout le budget des armées. Pour les armées, il y a une loi de programmation votée au Parlement. Pour ces 65 milliards, il n'y a même pas une condition. Et c'est Bercy qui l'écrit. Dans ce même rapport, "Ces baisses ne sont subordonnées à aucune condition ni à aucune démarche." 1 an plus tôt, au Sénat, le ministre de l'économie disait pourtant ça. Contrairement à ce qui est dit souvent, l'immense majorité des aides publiques aux entreprises en France, elle est conditionnée. Les allègements de charges sur les bas salaires, ils sont évidemment conditionnés à de l'emploi. Conditionnés à de l'emploi. Autrement dit, pour avoir une baisse de cotisations sur un salaire, il faut payer un salaire. Ben voyons. Il faudrait quand même que le ministre lise son ministère.

9:24

De l'autre côté, on ne parle pas du tout pareil. Le RSA, c'est 12 milliards d'euros par an, 549 euros par mois en moyenne pour chaque foyer. Les aides aux entreprises, comptées par le Sénat, c'est 17 fois plus. Et pourtant, tu sais très bien qui on appelle les assistés. Le 21 octobre, sur TF1, le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, annonçait qu'on allait recalculer les aides de ceux qui ont des revenus illégaux. Les prestations sociales, que ce soit le RSA, que ce soit les indemnités chômage, bref, la solidarité nationale, elle ne paye pas pour les voyous, elle ne paye pas pour les casseurs. Il vise les receleurs, soyons justes, pas tous les allocataires. Sauf que la mécanique est toujours la même. Pour le RSA, on recalcule et on fait rembourser. Pour le CICE de la Suralion, il a fallu

10:06

6 ans et une commission d'enquête. Il y a 1 an, Sébastien Lecornu voulait déjà mettre fin au maquis des aides sociales. Chaque euro versé doit aller à celui qui en a le besoin. Chaque euro, monsieur le Premier ? Alors, commencez par les 211 milliards. On vous a même fait le calcul. Pour les entreprises, en novembre 2025, un amendement de LFI proposait une seule condition aux aides des grands : ne pas empiler plus de deux étages de sous-traitants à l'étranger. Même ça, c'était trop. Il a été rejeté par 125 voix contre 37. Les macronistes ont voté contre et les 57 députés RN présents aussi, sans une seule voix pour. Le même RN qui voulait taxer les super dividendes dans son contre-budget de l'an dernier. En avril, Jordan Bardella déjeunait avec le Medef et en arrivant,

10:47

il a : "Je n'ai pas l'entreprise honteuse." On avait remarqué. Et puisqu'on parle de fraude, un organisme officiel, le Haut Conseil du financement de la protection sociale, l'a chiffrée à environ 13 milliards d'euros par an pour la Sécu. Les entreprises en représentent à peu près 60 %. La fraude au RSA, 1,5 milliard. Et ce Haut Conseil prévient lui-même que réduire la fraude sociale au RSA, ça nourrit un discours, je cite, "anti-pauvre". Alors, les assistés, ce sont ceux qu'on contrôle au centime près ou ceux à qui on ose même pas demander ce qu'ils ont fait de l'argent. Et la fraude fiscale, on la garde pour la prochaine version ? Mon avis, c'est que le problème n'est pas d'aider les entreprises. Une boulangerie, une PME, une usine qui se modernise, ça mérite un coup de main. Le

11:27

problème, c'est d'aider sans compter et sans rien demander en retour. On peut garder ce qui marche, les baisses de cotisations sur les bas salaires, arrêter ce qui ne sert à rien et poser deux règles simples. Si tu touches de l'argent public et que tu délocalises dans les deux ans, tu rembourses tout. Et une aide publique, à part les baisses de cotisations, ne peut pas finir en dividendes. Ces deux règles, je ne les ai pas inventées. Elles sont dans le rapport d'une commission du Sénat présidée par la droite, adoptée à l'unanimité. Il suffirait de les voter et visiblement, c'est déjà trop demandé. Patrick Martin avait raison sur un : les faits sont têtus. Et les faits, c'est que l'État sait combien touche une famille au RSA, au centime près, mais qu'il lui a fallu attendre 2026 pour

12:03

publier le total de ce qu'il donne aux entreprises. Alors, la prochaine fois qu'on te parle des assistés, tu pourras poser une seule : ?

12:18

Ouais.