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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 8 novembre 2021 26 min

Retour du masque à l'école, liberté de choix des directeurs, mise en retrait de Thomas Sotto... Le "8h30 franceinfo" de Jean-Michel Blanquer

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Jean-Michel Blanquer. Bonjour Marc Pauvel. Ce matin, la majorité des écoliers français fait sa rentrée avec un masque sur le nez. Il est à nouveau obligatoire dans une quarantaine de départements, en plus des 20 où le port du masque à l'école était resté la règle. Que dites-vous tout d'abord aux enfants, aux parents et aux enseignants qui sont parfois un peu déboussolés par ces changements de règles ?

0:23
Jean Michel

Qu'il s'agit d'une règle qu'on a établie dès la fin du mois d'août. On a dit qu'on ferait évoluer le curseur en fonction de la situation sanitaire. Et c'est exactement ce que nous faisons, puisque ces départements sont repartis à la hausse en termes de taux d'incidence. Donc il y a quelque chose de logique. Évidemment, c'est désagréable pour tout le monde d'avoir à repartir vers quelque chose de plus rigoureux. Surtout quand on a eu l'impression que ça allait mieux. Oui, mais on était très clair quand on l'a fait. On a dit que ça peut revenir en arrière. Et de même, on pourra éventuellement repasser dans l'autre niveau.

Mais c'est un peu aussi une façon de s'adapter que l'on a depuis le début. C'est-à-dire qu'on sait qu'en fonction de la situation, il y a tel et tel geste qui sont à avoir. Donc évidemment, je reconnais que ça n'est pas agréable. On aimerait tous que le masque soit enlevé, y compris dans d'autres compartiments de la vie. Mais là, c'est nécessaire. Et donc, je crois que chacun le comprend. Moi, depuis le début de la crise, je suis très admiratif de la capacité d'adaptation de tout le monde. Et tout particulièrement des enfants, d'ailleurs, qui portent bien le masque à l'école primaire comme dans l'enseignement secondaire.

Beaucoup disaient vouloir voir vite venir la fin du masque à l'école primaire. Et donc, c'est normal aussi qu'on essaye de l'enlever quand c'est possible sur le plan de la situation. Mais chacun comprend qu'à partir du moment où la situation repart dans l'autre sens, il faut le remettre.

1:38
Invité

Ça veut dire qu'il y a d'autres départements sous surveillance qui pourraient donc remettre le masque dans les prochains jours ?

1:42
Jean Michel

Oui, on actualise ça, vous savez, chaque semaine. Et donc, chaque lundi, il est possible d'avoir une évolution dans un sens ou dans un autre. Par exemple, la Mayenne, cette semaine, passe de deux en un. C'est le seul département. Oui, mais c'est pour montrer que ce n'est pas un mouvement de masse, c'est un mouvement différencié en fonction de ce qui se passe dans chaque... Je me souviens que la Mayenne, il y a quelques mois, était dans une situation particulièrement difficile. Aujourd'hui, elle est dans une situation meilleure.

2:05
Invité

Mais là, il y a la cinquième vague qui s'annonce. Vous craignez qu'on s'oriente vers un masque partout sur le territoire ?

2:11
Jean Michel

Ce n'est pas inimaginable. Je ne le souhaite pas, évidemment, mais ça pourrait arriver, oui, bien sûr.

2:16
Présentateur

Dans les autres départements, le port du masque en primaire est uniquement facultatif. C'est le mot qu'utilise le site, votre site, le site du ministère de l'Éducation nationale. Facultatif, ça veut dire quoi ? Vous demandez aux élèves de le porter ou pas ? Parce que facultatif, à l'entrée, on l'a sur le nez ou on ne l'a pas sur le nez.

2:32
Jean Michel

Non, non, ça veut dire qu'on n'est pas du tout obligé de le porter. Mais il y a des élèves qui, parfois, préfèrent le garder et dans ce cas, ils le gardent. Y compris en classe. Y compris en classe. C'est ce qui se passait, d'ailleurs. Vous savez, dans les endroits où on est en train de remettre le masque obligatoire, vous aviez encore une partie des élèves qui le gardaient parce qu'ils avaient l'habitude, parce qu'ils voulaient être dans un geste de prudence supplémentaire. Et donc, tout ça est tout à fait acceptable.

2:53
Invité

Au-delà du masque, c'est tout le protocole qui change aussi dans cette quarantaine de départements. On passe au niveau 2 avec l'imitation des brassages, notamment à la cantine, réorganisation des cours de sport aussi. Au niveau de l'aération des salles, comment ça se passe aujourd'hui ? Est-ce qu'il y a un effort particulier qui est fait dans ces établissements ?

3:10
Jean Michel

Vous savez, nous disons toujours vraiment la même chose. C'est-à-dire, rien ne remplace le fait d'ouvrir les fenêtres très régulièrement. Les capteurs de CO2 se généralisent progressivement et permettent donc de mesurer ce qu'il en est. Mais même quand il n'y a pas un capteur de CO2, il y a évidemment un réflexe à moi.

3:24
Invité

Mais que dit le ministère de l'Éducation nationale sur ces capteurs de CO2 ? Il faut vraiment en installer partout ?

3:29
Jean Michel

Oui, là, on a été... Vous le dites à tous les chefs d'établissement ? Oui, c'est un message surtout aux collectivités locales. Parce que ce n'est pas vous qui les payez. Oui, mais nous vous remboursons... Et c'est un des points que soulignent les collectivités locales ? Non, non, nous les remboursons à hauteur de 50 euros par capteur de CO2. C'est un appareil qui coûte 800 euros, hein ? Non, non, non, il coûte en tout. Ça dépend de là où vous l'achetez, mais en gros, il est entre 50 et 150 euros. D'accord. Et donc, nous remboursons une bonne partie aux collectivités locales. Elles le savent, elles jouent dessus.

3:55
Présentateur

Donc, très clairement, aux parents d'élèves qui nous écoutent, qui nous regardent ce matin dans ce nouveau studio tout beau de France Info, vous dites, s'il n'y a pas de capteur de CO2 dans l'établissement de votre enfant, ce n'est pas de ma faute. Non, je dis, ce n'est pas grave. Tournez-vous vers...

4:05
Jean Michel

Non, mais je dis surtout que c'est loin d'être... Vers la mairie. Je sais que médiatiquement, c'est un sujet qu'on a énormément entendu, mais c'est loin d'être le premier des sujets. Le capteur de CO2, c'est juste une vérification, mais de toute façon, rien ne le remplace. Qui permet de savoir si l'air est potentiellement saturé en virus. Il faut de toute façon ouvrir la fenêtre. C'est ça, le sujet. Quelle que soit la situation, il faut brasser l'air.

4:23
Présentateur

Pendant les cours aussi ?

4:24
Jean Michel

Au moins entre deux cours. Ça, c'est tout à fait nécessaire. Et on le dit, c'est très clair dans tous les protocoles que l'on fait. Et ce, depuis le début, si vous voulez. Par ailleurs, les capteurs se généralisent. Ils ont une vertu notamment pédagogique, y compris d'ailleurs quand la crise sera terminée, parce que c'est l'occasion de voir le taux de CO2 dans une salle. C'est bien, mais n'en faisons pas le centre du sujet. C'est loin d'être le cas.

4:44
Invité

Jean-Michel Blanquer, vous vantez l'adaptabilité de l'éducation nationale pour faire face à l'épidémie. Mais il reste des progrès à faire au sujet des tests salivaires, notamment qui doivent permettre de dépister les élèves à l'école. Écoutez Guylaine David, secrétaire générale de l'ASNU IPP-FSU sur France Info. Le ministère annonçait fin août une campagne massive de tests avec 600 000 tests. On est très très loin du compte. On fait à peine 200 000 tests par semaine. On n'a que 50% des parents qui acceptent de faire passer les tests salivaires à leurs enfants. Là, il faut vraiment que le ministère passe la vitesse supérieure. Ça fait longtemps qu'on leur demande.

Il faut vraiment tester massivement et régulièrement les élèves. Il faut une campagne aussi de conviction auprès des parents. Il faut expliquer aussi aux parents à quoi servent les tests. C'est vraiment pour éviter toute contamination dans les écoles et faire un tracing satisfaisant. Il faut vraiment que le ministère passe à la vitesse supérieure, dit-elle. Pourquoi vous n'y parvenez pas ?

5:37
Jean Michel

J'ai rarement entendu une intervention de Mme David disant quoi que ce soit de positif sur l'action du ministère. Donc, de toute façon, je crois qu'il faut quand même faire attention à... Sur les chiffres. Simplement, nous sommes en situation de faire 600 000 tests par semaine. Bien sûr, nous avons mis les moyens nécessaires et ce, depuis assez longtemps en réalité. Vous savez, sans notre capacité de test de toute l'année dernière, c'est-à-dire de l'année 2020-2021, vous n'auriez jamais eu la politique de l'école ouverte que nous avons réussie. La base de ça, avant même qu'il y ait la vaccination, c'était notre capacité à tester.

Et beaucoup de pays ont regardé comment la France avait réussi cela.

6:12
Invité

Très bien, mais vous prometiez 600 000 tests salivaires, on en a 200 000.

6:15
Jean Michel

N'essayons pas d'installer l'image d'un ministère d'éducation nationale qui serait en retard sur le politique de test.

6:19
Présentateur

Alors, pourquoi on en fait 200 000 et pas 600 000 ? Parce qu'il n'y a pas besoin d'en faire plus ? Ou parce que les parents, comme le dit cette syndicaliste qu'on vient d'entendre, ne veulent pas que leurs enfants soient testés ?

6:28
Jean Michel

La réponse est dans la question. En effet, il n'y a pas toujours une acceptation du test. Il y a parfois des complications locales sur la disponibilité des laboratoires. Enfin, ce n'est pas un sujet simple. Mais déjà, réussir à en faire plusieurs centaines de milliers par semaine est déjà une performance technique qu'il faut bien regarder. C'est une mobilisation générale. C'est ce qui nous a permis d'avoir peu de classes fermées ces derniers temps. On était à peine au-dessus de 1000 avant les vacances de la Toussaint. Nous lançons en plus des expérimentations particulières, vous le savez, dans certains endroits pour tester tous les enfants chaque fois qu'il y a un cas.

Donc, c'est une politique qui monte en puissance. Mais en matière de test, comme en matière vaccinale, d'ailleurs, on est un peu en mode diesel, si je peux dire. C'est-à-dire que c'est toujours un peu lent. Non pas parce qu'on ne serait pas volontariste sur le plan technique.

7:11
Présentateur

C'est un diesel qui dure depuis la rentrée, le 8 septembre, on est début novembre.

7:14
Jean Michel

Vous ne pouvez pas forcer des parents à dire oui à un test, même un test totalement non douloureux comme le test salivaire. Donc, voilà, il y a effectivement parfois des choses qui ne sont pas faciles sur le terrain. Mais les moyens sont là pour les tests. La capacité technique est présente. Et encore une fois, ce n'est pas quelque chose d'hier matin. Ça fait des mois et des mois que nous savons faire ce qu'on appelle le contact tracing. Et encore une fois, nous sommes un pays qui le faisons bien. Et ça a été le pilier d'une réussite qui est saluée par le monde entier, c'est-à-dire la France ayant réussi à maintenir ses écoles ouvertes.

7:44
Présentateur

Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation nationale et l'invité de France Info. Il est 8h40, le fil info avec Mélanie Delaunay. Et on poursuit dans un instant avec vous.

7:51
Invité

Le ministre de l'Intérieur attendu à Cannes, dans les Alpes-Maritimes, après l'agression d'un policier. L'homme qui lui a donné un coup de couteau a dit agir au nom du prophète. Le policier n'est pas blessé grâce à son gilet pare-balles. L'agresseur, lui, l'est grièvement touché par le tir d'un agent. Un mois après le rapport sur les abus sexuels au sein de l'Église catholique, les évêques détaillent aujourd'hui à Lourdes comment les victimes de pédocriminalités seront indemnisées. L'épiscopat veut notamment puiser dans les dons récoltés 500 000 euros d'après les informations de France Info.

Confronter ces idées tout en préservant l'unité des Républicains ambition du premier tébat télévisé ce soir entre les cinq candidats à l'investiture de LR pour l'élection présidentielle. Les militants voteront début décembre. Les Etats-Unis rouvrent aujourd'hui leur frontière à tous les voyageurs vaccinés contre le Covid après plus d'un an et demi d'interdiction pour les habitants d'une trentaine de pays dont la France. En prévision, les compagnies aériennes ont augmenté le nombre de vols. Elles attendent beaucoup financièrement de cette réouverture des frontières américaines. France Info

8:56
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel

9:01
Invité

Toujours avec Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale. La loi va permettre aux chefs d'établissement de savoir si un élève est vacciné ou pas au collège et au lycée. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il y aura des contrôles ?

9:12
Jean Michel

Ça veut dire qu'on peut savoir la situation vaccinale d'un élève et ceci permet de mieux gérer les situations quand il y a un cas de Covid dans une classe.

9:20
Invité

Mais on pouvait déjà le savoir si on demandait aux parents ?

9:22
Jean Michel

Oui, c'était une déclaration sur l'honneur, le système qu'on avait élaboré à partir de la rentrée de septembre. On s'aperçoit que c'est insuffisant, qu'il y a des trous dans la raquette, pour le dire ainsi. Et donc c'était beaucoup mieux d'avoir ce contrôle vaccinal. C'est-à-dire des trous dans la raquette, c'est-à-dire qu'il y a des parents qui ne répondaient pas ou des parents qui mentaient sur l'honneur ? Ça a pu arriver qu'il y ait des mensonges, en effet. Donc c'est quand même mieux de pouvoir se baser sur cela, qui n'est quand même pas une dimension très importante de l'état de santé de quelqu'un.

C'est important pour notre sujet, mais ce n'est pas une violation d'un secret très important.

9:56
Présentateur

Très concrètement, le chef d'établissement disposera dans son bureau d'une liste précise des élèves vaccinés et non vaccinés.

10:02
Jean Michel

Il n'aura pas besoin de demander à chaque fois. C'est le but de cette loi dès qu'elle sera promulguée. Donc ça rendra, encore une fois, ça permet d'aller vers l'objectif qui est toujours le nôtre. Notre objectif est très clair, très net depuis le début, c'est-à-dire avoir au maximum les élèves allant à l'école, ou en l'occurrence au collège et au lycée. D'où la politique qui parfois a été critiquée quand je l'ai énoncée fin juillet, à votre micro d'ailleurs, mais qui depuis a quand même fait ses preuves. C'est-à-dire que c'est cette politique qui nous permet de fermer presque aucune classe au collège et au lycée depuis septembre.

Et donc nous voulons la renforcer en disant qu'un élève ne manque le collège ou le lycée que s'il n'est pas vacciné, ou en tout cas tout en n'étant pas cas contact.

10:38
Présentateur

Est-ce qu'Emmanuel Macron va faire demain des annonces, puisqu'il s'exprime à 20h à la télévision, des annonces aussi pour l'école, ou est-ce qu'on connaît tout désormais de la situation actuelle au moins ?

10:47
Jean Michel

Non, vous verrez bien demain ce qu'il dira, mais c'est vrai que... Oui, je t'entends ta chance, mais j'avais assez de chance de... Nous avons demain matin un conseil de défense sur l'ensemble des sujets. Tout n'est pas forcément sur la table. Comme vous le savez, il y a une réactivité au plus près des réalités. Alors on est lundi, l'intervention de mardi, avec le Delta et... Vous verrez de quoi parlera le président, mais je pense que c'est... Voilà, vous verrez.

11:09
Présentateur

La vaccination, par exemple, des enfants, des 5-11 ans, comme viennent de les lancer les Etats-Unis, c'est possible, c'est envisageable ou c'est beaucoup trop tôt ?

11:18
Jean Michel

Non, ce n'est pas envisagé à très court terme. C'est quelque chose que l'on regarde, bien sûr. C'est quelque chose de très sérieux. Les Etats-Unis sont dans une situation un peu différente de la nôtre. On le sait, notamment parce qu'il y a beaucoup plus d'enfants qui sont en situation de comorbité, notamment du fait de l'obésité. Donc on est quand même encore très attentifs, très prudents. Nous n'excluons rien sur ces sujets-là. Mais enfin, nous ne nous précipitons pas.

11:40
Invité

Jean-Michel Blanquer, c'était l'une des annonces importantes d'Emmanuel Macron à Marseille début septembre. Permettre aux directeurs d'école de choisir leurs enseignants, ça ne se fera pas. C'est ce que dit Benoît Payan, le maire de Marseille, qui pense que l'expérimentation est une mauvaise idée. C'était donc une annonce pour rien du président ?

11:57
Jean Michel

Non, c'est une opinion du maire de Marseille qui a le droit de s'exprimer...

12:01
Présentateur

Ça vous fait rire en plus ?

12:02
Jean Michel

Oui, parce qu'il est sorti de ses compétences. Ce n'est pas son domaine. C'est sa vie. C'est l'éducation nationale jusqu'à nouvel ordre qui gère ces questions-là. Et donc, ce qu'il a dit n'est pas exact, tout simplement.

12:13
Invité

Donc ça va se faire ?

12:14
Jean Michel

Oui, bien sûr. Vous savez, en général, quand le président de la République dit quelque chose, nous le faisons derrière. Et c'est en l'occurrence ce qui va se passer. Nous faisons un travail pour que cette expérimentation se passe au service des enfants, des élèves, et pour que les personnels soient heureux dans ce contexte.

12:29
Invité

Mais pourtant, vous entendez les critiques de l'intersyndical, notamment de la quarantaine d'écoles qui sont concernées par cette expérimentation, qui disent qu'il y a le risque d'une école à plusieurs vitesses, le risque de changer le statut des enseignants, des inégalités entre élèves. Vous entendez toutes ces critiques-là ?

12:45
Jean Michel

J'entends toujours toutes les critiques et toutes les observations, et j'en fais mon miel, d'ailleurs, parce qu'il faut savoir écouter, on avance par le dialogue. Mais en l'occurrence, nous sommes habitués à l'éducation nationale, à avoir des positions d'avant-garde expérimentale, a fortiori en éducation prioritaire. Quand on fait le dédoublement des classes, qui bénéficie à 400 000 enfants aujourd'hui, c'est une pointe avancée qui tire tout le système vers le haut. Là, c'est un peu la même chose. C'est-à-dire qu'on doit d'abord...

13:11
Invité

Mais il n'y avait pas la même opposition pour le dédoublement des classes ?

13:12
Jean Michel

Non, bien sûr, mais c'est toujours la même idée, c'est-à-dire l'idée que quand il y a des difficultés particulières, c'est le cas à Marseille, malheureusement, notamment sur le plan bâtimentaire, eh bien, il faut mettre le paquet, comme on dit. Donc, vous le savez, l'État, de manière, pour le coup, tout à fait inédite, va être en soutien de la collectivité pour ce qui relève de ses compétences, c'est-à-dire les bâtiments, arriver à rénover à la vitesse la plus grande possible des bâtiments qui en ont bien besoin.

Et ce faisant, eh bien, on en profite pour avoir un vrai projet éducatif, quelque chose de tonique, de dynamique, et qui signifie des équipes mobilisées, motivées autour d'un nouveau projet d'école dans chacun des 50 cas que nous sommes en train de définir.

13:49
Présentateur

Donc, il y aura bien 50 écoles à la rentrée du mois de septembre à Marseille, où les chefs d'établissement pourront choisir une partie du personnel enseignant ? Oui, mais c'est une des dimensions de l'expérimentation, ce n'est pas la seule. Oui, c'est celle qui attire l'attention, oui, mais c'est... Ça veut dire que les recrutements vont commencer là, quasiment, pour la rentrée de septembre, non ?

14:05
Jean Michel

On va créer des postes à profil pour les écoles concernées, mais surtout, le plus important, c'est d'avoir un projet éducatif, école par école. Vous savez, on se focalise toujours sur des aspects, je dirais, instrumentaux, des aspects de moyens, avant de regarder la finalité. C'est quoi la finalité ? C'est que les élèves soient bien dans des bâtiments rénovés le plus vite possible. Deuxièmement, que les équipes soient heureuses d'être là avec un vrai projet éducatif. Et troisièmement, que, précisément parce que c'est une équipe, ce soit eux qui définissent bien leurs projets.

On met toujours les savoirs fondamentaux au centre, mais il y a aussi toute une série de choses, notamment en termes de culture et de sport. En réalité, que des bonnes choses. Donc ne soyons pas des espèces de magiciens négatifs qui transforment en plomb l'or. Il n'y a que des bonnes nouvelles du côté de Marseille sur ce sujet-là, donc prenons-les comme tels.

14:48
Présentateur

Est-ce que, dans le monde idéal de Jean-Michel Blanquer, les chefs d'établissement devraient avoir la possibilité de payer davantage les enseignants qu'ils recrutent ?

14:57
Jean Michel

Dans le monde idéal, en effet, l'éducation nationale sera capable, et elle commence à le faire, à payer mieux les professeurs, bien sûr.

15:05
Présentateur

C'est-à-dire que l'argent soit aussi un moteur quand on recrute ?

15:09
Jean Michel

Ah non, ce n'est pas ce que je viens de dire. Ce que je viens de dire, c'est de façon générale. Ce qui est certain, c'est qu'il est important de récompenser le mérite, de façon générale, dans notre système. C'est d'ailleurs ce que nous faisons, par exemple, en réseau d'éducation prioritaire renforcé, ce qu'on appelle les RET+. Nous avons, au cours de ce quinquennat, augmenté la prime jusqu'à 3 000 euros par an. Ce qui fait que, vous savez, un thème qui est souvent abordé, quand on dit, oui, on envoie toujours les plus jeunes dans les territoires les plus difficiles, et on dit que les choses ne changent pas, ça n'est pas tout à fait exact.

On a accompli un désengagement présidentiel, qui était d'aller vers cette prime de 3 000 euros. Mais pour la troisième tranche, c'est-à-dire ce qui va au-dessus de 2 000 euros, nous l'avons mis au titre du mérite collectif. C'est-à-dire, quand une école réussit à faire progresser ses élèves, nous récompensons. Je pense que beaucoup de professeurs sentent bien que c'est important de récompenser le mérite. Quand il y a un travail de plus, une responsabilité de plus, nous le faisons de plus en plus. Après, c'est évident qu'il faut un socle salarial important, qu'on doit l'augmenter, ce socle salarial.

C'est ce à quoi je me suis engagé avec le Grenelle de l'éducation, et les premiers pas ont été faits, avec des augmentations de salaire, notamment pour les plus jeunes. Mais ça devra continuer après 2022.

16:15
Invité

Vous parlez d'augmentation, reste qu'il y a encore de nombreux professeurs qui gagnent moins de 2 000 euros. Combien vont toucher l'indemnité à inflation qui a été annoncée par Jean Castex il y a quelques jours ?

16:25
Jean Michel

Alors, sur l'ensemble des personnels, c'est environ un quart de nos personnels qui vont la toucher, d'après mes évaluations. Donc 200 000 personnes ? Oui, c'est autour de 200 000 personnes qui vont être concernées. Nous affinons encore les calculs, qui toucheront au début de l'année prochaine, comme tous les Français.

16:44
Invité

Une question sur la crise de vocation qui touche en ce moment les professeurs, les enseignants. Est-ce qu'on risque une pénurie de professeurs dans les établissements scolaires, Jean-Michel Blanquer, dans les prochaines années, sachant qu'en 20 ans, le nombre d'inscrits au concours de professeurs a diminué de moitié ? Vous êtes inquiet ?

16:59
Jean Michel

C'est un sujet sérieux et c'est un sujet structurel qui vaut pour le monde entier, d'ailleurs. Dans presque tous les pays du monde, vous avez ce sujet-là, souvent même de manière plus grave qu'en France. Mais c'est un des sujets les plus importants qui soit pour le système éducatif. D'où l'importance de bien les payer pour que ce soit attractif, et a fortiori les plus jeunes, puisque c'est le premier salaire qu'ils auront. mais aussi de créer toutes les conditions qui font du bien-être professionnel. C'est un sujet à la fois de grande vigilance pour moi, mais en même temps de relatif optimisme.

C'est-à-dire, je considère que le métier de professeur va faire grand sens au XXIe siècle, qu'on va avoir besoin des professeurs. Beaucoup de métiers vont être remplacés du fait de la numérisation. Pas celui-là. Celui-là, plus le temps va passer...

17:37
Invité

Mais pourtant, dans les faits, il y a une crise d'évocation. Alors qu'est-ce qu'on fait pour le rendre plus attractif ? Il y a l'argent, effectivement...

17:41
Jean Michel

Alors, fort heureusement, la crise d'évocation n'est pas homogène. Il y a des endroits, il y a des domaines sur lesquels il y a encore beaucoup d'attractivité. C'est sur certaines matières. Puis par exemple, vous voyez, pour professeur des écoles... L'allemand, les lettres, oui. Je vais vous donner un exemple, pour être concret. Professeur des écoles, je constate... Il y a deux exemples. Un, vous avez de plus en plus de gens qui, ayant une quarantaine d'années ou un peu plus, décident de faire une deuxième carrière à l'éducation nationale comme professeur des écoles. Et parce qu'ils trouvent énormément de sens à le faire. Ou même comme professeur du second degré, bien sûr.

Ça, c'est un bon phénomène que nous encourageons. Deuxième exemple, tout à l'heure, je serai dans l'académie de Créteil pour une classe préparatoire aux professeurs à des écoles. C'est quelque chose que nous avons créé depuis cette rentrée. Il y en a dans plusieurs endroits de France. Ce qui signifie qu'après le baccalauréat, on propose à des bacheliers, souvent issus d'ailleurs de milieux défavorisés, souvent avec des bourses, de faire un parcours qui, dès la première année et au travers d'une classe préparatoire, les amène sur cinq ans aux professeurs à des écoles. Et nous pensons sourcer, comme on dit, beaucoup plus de candidats de cette façon-là dans la durée.

Donc c'est une stratégie qui ne passe pas. Il y a plusieurs facteurs. Je sais que l'éducation nationale y arrivera, mais c'est vrai que c'est un sujet de grande vigilance.

18:49
Présentateur

Un coup d'œil au fil infos à 8h51 avec Mélanie Delaunay. Et on poursuit dans un instant avec vous, Jean-Michel Blanquer.

18:54
Invité

Ils avaient retiré leur masque avec bonheur avant les vacances de la Toussaint. Les écoliers ont dû le remettre ce matin dans 40 départements. 61 en tout sont concernés par cette obligation en France à cause de la remontée de l'épidémie de Covid. C'est désagréable pour tout le monde, mais nécessaire, dit Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation nationale, invité du 830 France Info. Un policier au volant d'une voiture agressée par un homme armé d'un couteau tôt ce matin à Cannes, dans les Alpes-Maritimes. Le policier n'a pas été blessé grâce à son gilet pare-balles. L'agresseur, lui, a été touché par un tir de riposte. Il est entre la vie et la mort.

Mouvement de grève des cheminots et perturbations sur plusieurs lignes TER aujourd'hui, notamment en Occitanie, Champagne-Ardenne, centre Val-de-Loire. Les cheminots qui dénoncent leurs conditions de travail. Et puis, il faisait partie des favoris de la Transat. Jacques Vabre, le duo Davy Baudard et Louis Burton et leur Imoca, contraints d'abandonner. Ils avaient dématé 10 heures seulement après le départ du Havre. France Info

19:54
Présentateur

Le 830 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.

19:59
Invité

Toujours avec Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale. Il y a quelques jours, lors du lancement du plan de formation des enseignants à la laïcité, vous avez déclaré que les enseignants devaient adhérer aux valeurs de la République et les transmettre ou sortir de ce métier. Qu'est-ce que ça voulait dire, ça ?

20:14
Jean Michel

Quelque chose de très évident, qui vaut depuis le début de la fonction publique en France. Quand il y a eu la création de la notion de service public, vous avez une définition de la fonction publique. Quand vous entrez dans la fonction publique, vous avez des droits et des devoirs. Et le premier d'entre eux, c'est évidemment de respecter les valeurs de la République. Vous comprenez que ça a pu blesser certains enseignants ? Je pense que la plupart de ceux avec qui j'en ai parlé, au contraire, ont trouvé ça très naturel. Après, dans le débat public... Ça fait un peu la France, tu l'aimes ou tu la quittes, version Nicolas Sarkozy. La fonction publique, tu l'aimes ou tu la quittes aussi.

C'est évident. Vous ne pouvez pas entrer dans la fonction publique. Je parlais même plutôt d'y entrer que d'en sortir. Mais au moment où vous y entrez, c'est que vous adhérez aux valeurs. En tant que citoyen, vous avez tout à fait le droit de discuter beaucoup de choses, évidemment.

20:54
Invité

Mais est-ce que vous avez remarqué beaucoup de manquements aux valeurs de la République chez les professeurs ?

21:00
Jean Michel

Non, pas du tout. Alors, pourquoi dire ? Non, mais parce qu'il faut remettre le discours dans le contexte. J'expliquais les devoirs, finalement, que l'on a, et notamment, en l'occurrence, de transmission des valeurs de la République. Je disais, mais de toute façon, quiconque a un problème avec le fait d'avoir à les transmettre, personne ne l'oblige à être professeur. Voilà, c'est aussi basique que cela. Mais donc, vous savez, on a parfois une aptitude en France à faire scandale avec n'importe quoi. Alors, en l'occurrence, il n'y a aucun scandale à dire que lorsqu'on s'engage dans ce métier, on transmet des connaissances et les valeurs de la République. C'est au contraire.

Si vous voulez, je pense que les pères de la Troisième République et de l'école de la Troisième République, comme Jules Ferry ou Jean Zé, se retourneraient dans leur tombe en écoutant des gens protester sur le fait qu'on dise à un professeur « transmet les valeurs de la République ». C'est une évidence. Ça ne se discute même pas.

21:47
Invité

Donc, vous avez rappelé une évidence.

21:48
Présentateur

Le mois dernier, Jean-Michel Blanquer, vous avez invité les établissements scolaires à commémorer l'assassinat de Samuel Paty. Invité, les hommages n'avaient pas de caractère obligatoire. Est-ce que vous avez eu peur d'éventuels incidents dans certains établissements ?

22:01
Jean Michel

Non, pas du tout. Au contraire, on a fait quelque chose de souple pour s'adapter à toutes les situations, mais pas pour qu'il y ait des abstentions. Et d'ailleurs, les retours que l'on a sont bons. Alors, on regarde un peu s'il y a des endroits où il ne s'est rien passé.

22:12
Présentateur

Ça veut dire quoi, s'adapter à toutes les situations dans le cas d'un hommage à un professeur assassiné ?

22:16
Jean Michel

L'hommage était national. Il a d'ailleurs été réussi. Je pense que tout le monde l'a souligné. Mais certains établissements ne l'ont pas fait. Dans la plupart des établissements, ça a été fait. Vraiment, là, ce que vous mentionnez, c'est très rare. Ceci étant, on fait vraiment un retour d'expérience sur cela. Mais là encore, on peut toujours souligner ce qui ne va pas. Mais pour l'essentiel, c'est vraiment un hommage qui a eu lieu et bien lieu. Et ce qui nous était demandé par le terrain, c'était surtout de pouvoir s'adapter, notamment sur le plan horaire, sur le plan de la nature même de ce qui se passait. Ce n'est pas la même chose selon l'âge des enfants.

Mais en aucun cas, la consigne était de s'abstenir, bien sûr que non.

22:50
Invité

Jean-Michel Blanquer, une question d'actualité médiatique et politique. Le journaliste Thomas Soto annonce qu'il se met en retrait des émissions politiques de France 2 en raison d'une liaison amoureuse avec la conseillère en communication du Premier ministre, Jean Castex. Est-ce que vous comprenez cette décision ?

23:06
Jean Michel

C'est toujours une décision personnelle. Ça doit susciter peu de commentaires. Le fait que ce soit un homme me paraît quelque chose de positif, puisque souvent on voit les choses en sens inverse. Donc ça me paraît une bonne nouvelle.

23:18
Invité

Lui, il explique que c'est injuste. Est-ce que pour vous, ce genre de nouvelles renforce la défiance envers la politique, envers la presse ?

23:26
Jean Michel

Je pense que chacun fait son métier, si vous voulez, et que Thomas Soto a son cerveau et son autonomie de pensée. Donc le crédit qu'on peut lui faire, c'est qu'en effet, peu importe sa vie personnelle, il pense exactement la même chose aujourd'hui que ce qu'il pensait hier.

23:39
Invité

Donc il aurait pu rester à l'antenne ?

23:41
Jean Michel

On n'est pas dans mon domaine de compétences, là, même si j'ai une réflexion sur le sujet.

23:44
Invité

Mais vous êtes citoyen ?

23:45
Jean Michel

Oui, je suis citoyen. Je peux réfléchir à cette question. Vous êtes citoyen, Jean-Michel Blanquer,

23:49
Présentateur

et sans rompre un secret, vous avez été vous-même confronté à cette situation. Votre compagne était journaliste politique à BFMTV. Elle est en charge désormais des livres, ce qui n'est pas tout à fait le même domaine, même si parfois se recouper. Est-ce que vous vous êtes posé la question, vous, d'arrêter, vous, votre carrière, pour qu'elle puisse continuer la sienne ? Alors d'abord, je ne parle jamais de ma vie personnelle en thème. C'est pour ça que je vous pose la question, là. Et puis si vous ne voulez pas me répondre, vous ne me répondez pas, je passe à la suivante.

24:13
Jean Michel

Non, je vais vous répondre de façon... Mais c'est de notoriété publique, c'est pour ça. Je vais vous faire une réponse de nature générale, c'est-à-dire que je pense que, et c'est conforme à ma philosophie, si vous voulez, on est tous des êtres qui devons penser par nous-mêmes. C'est à ça que sert l'école, aider quelqu'un à être lui-même par sa pensée. Je pense que ce n'est pas parce que vous êtes le conjoint de quelqu'un que vous pensez la même chose que cette personne, ou même que vous l'influencez. Donc je considère que, normalement, on ne devrait pas avoir ce genre de choses. Et pourtant ?

Et pourtant, c'est ce qui arrive, parce qu'on est dans une société qui n'est pas toujours une société de confiance, mais vous savez, je suis aussi féministe, et je pense que, malheureusement, ce sujet jusqu'à présent, jusqu'à Thomas Soto, a surtout touché les femmes. Je pense qu'on peut faire le crédit à toutes les personnes qui se trouvent dans cette situation de penser par elles-mêmes. Vous savez, on fait toute l'expérience le soir quand on rentre ses soirs et qu'on dîne. On n'est pas d'accord avec son conjoint, forcément. Enfin, chacun vit ça, ou avec son cousin, ou son père, ou sa mère.

25:04
Invité

Quand vous connaissez la défiance des Français envers la presse et envers les politiques, est-ce que ce n'est pas exemplaire d'avoir ce retrait d'antenne, ou pas ?

25:12
Jean Michel

En tout cas, ça se discute, et je pense qu'on arrive parfois à des automaticités qui se discutent, parce que, d'une certaine façon, encore une fois, c'est faire un peu injure à l'autonomie pensée. Je vois très bien Thomas Soto, son indépendance d'esprit, je ne pense pas que ça change quoi que ce soit, que sa vie privée change quoi que ce soit. Mais après, pas à moi d'en décider, c'est évidemment à lui et à ceux avec qui il travaille. Mais je pense qu'on doit réfléchir sur ces questions et faire notamment le crédit à chacun, dans une démocratie, de penser par lui-même. C'est tellement important, ça. Penser par soi-même. Si j'avais un objectif pour l'éducation, c'est bien celui-là.

Lire, écrire, compter, respecter autrui, c'est ça qui permet d'aller vers une capacité à penser par soi-même.

25:54
Présentateur

Merci à vous, Jean-Michel Blanquer. Merci à vous. Et bonne journée. Si vous aimez le 8.30 France Info, on vous conseille Élysée, la bataille, le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr