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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 31 août 2026 7 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & élections

Le "non" de l'Islande à l'Union européenne est "un coup dur", estime l'économiste Sylvie Matelly

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:42InvitéFait
    « C'est un coup dur parce qu'il y avait clairement une dynamique et un espoir autour de la reprise des négociations. »
  • 0:52InvitéFait
    « Ce n'est pas un refus de rejoindre, c'est un refus de reprendre les négociations. »
  • 1:05InvitéPromesse
    « C'est un contre-temps pour les Européens qui, après l'hiver, après, on se souvient de Donald Trump à Davos, et puis à deux reprises qui confondent l'Islande et le Groenland, donc une Islande qui se tourne vers l'Union Européenne avec un petit espoir de se dire, voilà, notre seule planche de salut aujourd'hui, c'est l'Union Européenne et on va reprendre les négociations. »
  • 1:39InvitéFait
    « Ce n'est pas un désaveu non plus, puisque l'Islande est très largement intégrée dans un certain nombre de processus européens et de mécanismes européens. »
  • 2:36InvitéFait
    « Alors, c'est très intéressant de voir le clivage parce qu'il est très ancien et c'est toujours le même. »
  • 2:46InvitéFait
    « La droite est traditionnellement plus conservatrice et plus souverainiste. »
  • 3:01InvitéFait
    « Là où la gauche est plus réformiste et souhaitait s'engager dans ce processus. »
  • 3:14InvitéPromesse
    « De toute façon, on allait faire un référendum d'ici 2027. »
  • 3:34InvitéFait
    « Les jeunes étaient à plus de 60% pour reprendre ces négociations, quand les personnes un peu plus matures, on va dire, souhaitaient surtout rester dans le statu quo. »
  • 4:06InvitéPromesse
    « Elle aurait dû respecter les règles de l'Union Européenne. »
  • 4:13InvitéPromesse
    « Elle aurait dû accepter aussi de laisser venir des bateaux européens pêchés dans ses eaux territoriales. »
  • 4:20InvitéFait
    « C'est l'une des reproches qui a été fait post-référendum ces dernières heures au gouvernement social-démocrate islandais. »
  • 4:44PrésentateurPromesse
    « Qu'aurait apporté l'Islande à l'Union Européenne ? L'île est riche. C'est un pays qui a le PIB par habitant parmi les plus élevés au monde. »
  • 5:02InvitéFait
    « C'est surtout parce qu'en Europe, la plupart des pays les plus, enfin, au PIB par habitant le plus élevé, ont déjà rejoint l'Union Européenne et qu'il ne restait plus que l'Islande. »
  • 5:23InvitéPromesse
    « La seule différence que ça aurait pu faire, c'est sur la monnaie. Parce que l'Islande a encore sa monnaie, la couronne islandaise, que l'inflation y est très élevée. »
  • 6:06InvitéChiffre
    « La Banque centrale d'Islande avait relevé son taux à 8% la semaine dernière. »
  • 6:16InvitéPromesse
    « Non, tout à fait. La première ministre s'était engagée à respecter le résultat du référendum. »

Temps de parole

  • Invité74 %
  • Présentateur26 %

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0:00
Présentateur

Pourquoi les Islandais refusent-ils de rejoindre l'Union Européenne et quelles sont les conséquences pour l'Europe ? C'est la question du jour. À 6h20, la reprise des négociations d'adhésion de l'Islande à l'UE a été rejetée ce week-end par référendum à près de 53%. Bonjour Sylvie Matély. Bonjour. Vous êtes économiste, toute nouvelle professeure à la Schema Business School, c'est une grande école de commerce française. Vous venez de faire votre rentrée, c'était lundi dernier. Jusqu'à peu, vous étiez la directrice de l'Institut Jacques Delors, un centre de recherche sur l'Union Européenne. Pour l'Europe, justement, c'est un coup dur ce rejet de l'Islande ?

0:42
Invité

Alors, c'est un coup dur parce qu'il y avait clairement une dynamique et un espoir autour de la reprise des négociations. Ce n'est pas un refus de rejoindre, c'est un refus de reprendre les négociations. Alors, vous allez me dire que c'est un petit peu la même chose, mais on n'était pas encore dans une acceptation de l'adhésion. Il y aurait eu tout un ensemble de négociations et peut-être le second référendum qui aurait posé la question, est-ce qu'on y entre ou pas, aurait été négatif.

Donc, très clairement, c'est un contre-temps pour les Européens qui, après l'hiver, après, on se souvient de Donald Trump à Davos, et puis à deux reprises qui confondent l'Islande et le Groenland, donc une Islande qui se tourne vers l'Union Européenne avec un petit espoir de se dire, voilà, notre seule planche de salut aujourd'hui, c'est l'Union Européenne et on va reprendre les négociations. Donc, les Européens se sentaient revalorisés, on avait l'impression qu'il s'était passé quelque chose. Donc, c'est plutôt ça qui est remis en cause.

Après, ce n'est pas un désaveu non plus, puisque l'Islande est très largement intégrée dans un certain nombre de processus européens et de mécanismes européens.

1:49
Présentateur

Ce qui explique d'ailleurs en partie le nom à ce référendum, puisqu'elle appartient à l'espace économique, à l'espace Schengen, à l'Erasmus aussi. Ce n'est pas un pays isolé et coupé de l'Europe.

2:00
Invité

Non, c'est un pays qui est très lié à l'Europe, c'est son premier marché d'exportation, c'est son premier débouché, en particulier pour la pêche, qui représente 6% de son PIB et 40% de ses exportations. Donc, il y a des liens qui sont extrêmement étroits, vous l'avez dit, Erasmus, donc les étudiants islandais viennent étudier en Europe et les petits européens vont aussi, ou les jeunes européens, pardon, vont aussi étudier en Islande. Donc, on est vraiment dans des relations qui sont extrêmement proches. L'Islande se pense européenne, l'Islande est européenne, pas Union européenne, mais est européenne plus qu'américaine.

2:32
Présentateur

Mais donc, intégrer l'Union européenne pour des Islandais, ça changerait quoi, finalement ?

2:36
Invité

Alors, c'est très intéressant de voir le clivage parce qu'il est très ancien et c'est toujours le même. La population est très partagée et les Européens, et en particulier les leaders politiques européens, avaient été très prudents dans leur engagement. C'était très très peu engagé, voire pas du tout engagé dans la campagne, parce qu'on sentait que c'était très clivé. Et c'est très clivé. D'un point de vue politique, la droite est traditionnellement plus conservatrice et plus souverainiste.

Là où la gauche est plus réformiste et souhaitait s'engager dans ce processus, et c'était d'ailleurs dans le programme du gouvernement qui est actuellement en place, de la coalition en place menée par les sociodémocrates, il y avait cette idée d'un référendum. Donc, de toute façon, on allait faire un référendum d'ici 2027, et on l'a avancé parce que les événements géopolitiques de l'hiver. On a également les villes, Reykjavik, la capitale, qui a voté massivement pour la reprise des négociations. Là où à l'extérieur, dans les autres parties de l'Islande, on a voté massivement contre l'intégration. Donc, on voit bien ce clivage. Et puis, il y a un clivage jeune et personne plus âgée.

Les jeunes étaient à plus de 60% pour reprendre ces négociations, quand les personnes un peu plus matures, on va dire, souhaitaient surtout rester dans le statu quo.

3:51
Présentateur

Et un secteur, là, où il n'y a vraiment pas de doute, c'est non, non et non, on le disait, c'est la pêche, parce que c'est un pilier de son économie, et qu'en Europe, la pêche, c'est un domaine qui devient communautaire, pas national. Donc, ça veut dire que l'Islande aurait perdu la maîtrise de la pêche, de ses règles de pêche.

4:05
Invité

Oui, tout à fait. Elle aurait dû respecter les règles de l'Union Européenne. Elle aurait dû accepter aussi de laisser venir des bateaux européens pêchés dans ses eaux territoriales. Donc, il y avait un enjeu extrêmement important. Et d'ailleurs, c'est l'une des reproches qui a été fait post-référendum ces dernières heures au gouvernement social-démocrate islandais, c'est de ne pas avoir suffisamment précisé les lignes rouges de la négociation. Peut-être que si on avait précisé que, dans la négociation, on n'accepterait pas de rejoindre l'UE si on ne restait pas en dehors de la politique de pêche, les résultats auraient été plus favorables à l'adhésion.

4:40
Présentateur

Alors, je vous repose la question dans l'autre sens. Qu'aurait apporté l'Islande à l'Union Européenne ? L'île est riche. C'est un pays qui a le PIB par habitant parmi les plus élevés au monde. Ça fait très longtemps maintenant que l'Union Européenne n'a plus accueilli de pays riches. Les derniers, on va dire que c'est 95, l'Autriche, la Finlande, la Suède. L'Europe n'attire plus que des pays, on ne va pas dire des pays pauvres, mais des pays à revenus moyens.

5:02
Invité

C'est surtout parce qu'en Europe, la plupart des pays les plus, enfin, au PIB par habitant le plus élevé, ont déjà rejoint l'Union Européenne et qu'il ne restait plus que l'Islande. Il y a la Norvège aussi. Ça fait partie. Alors, c'est vrai qu'il y a la Norvège, qu'il y a aussi le Royaume-Uni, qui sont des pays très avancés. Mais c'est surtout que, comme l'Islande participait déjà largement, bien évidemment, les Islandais n'ont pas vu la différence. Alors, la seule différence que ça aurait pu faire, c'est sur la monnaie. Parce que l'Islande a encore sa monnaie, la couronne islandaise, que l'inflation y est très élevée. Vous avez dit, le PIB par habitant est très élevé.

C'est l'un des plus élevés du monde. Simplement, c'est aussi le pays le plus cher du monde. Et donc, vous avez une population qui subit, en particulier dans les villes, et c'est pour ça qu'à Reijavi, qu'on a voté pour l'adhésion, qui subit à la fois la volatilité de la couronne, la volatilité du taux de change, mais également cette monnaie extrêmement forte, des taux d'intérêt très élevés. Des taux d'intérêt très élevés. La Banque centrale d'Islande avait relevé son taux à 8% la semaine dernière. Donc, on voit qu'il y avait aussi des enjeux économiques importants pour l'Islande dans ce référendum. Et la suite, c'est quoi ? Là, il n'y a plus de discussion possible avant plusieurs années ?

Non, tout à fait. La première ministre s'était engagée à respecter le résultat du référendum. Donc, elle ne reconvoquera pas un nouveau référendum. Avant la fin de son mandat ? Tout à fait. Tout est bloqué jusqu'en 2028. Et en 2028, s'il y a une alternance, ce sera encore bloqué pour plusieurs années.

6:32
Présentateur

Merci Sylvie Mattelli d'être venue en direct ce matin dans le studio de France Inter. Ancienne directrice de l'Institut Jacques Delors et aujourd'hui, professeure d'économie à la Schéma Business School. Sous-titrage Société Radio-Canada