Appel à la grève de Jean-Luc Mélenchon : «Il veut le bordel généralisé du pays», estime Hervé Morin, président de la région Normandie
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:14OuverteRéponse directe
Il y a quelques semaines, vous disiez qu'une démission d'Emmanuel Macron ferait gagner du temps à la France. Votre position a-t-elle changé ?
- 0:38OuverteRéponse directe
À l'aune de tous ces paramètres, votre position vis-à-vis du couple exécutif n'a pas changé ?
- 2:15RelanceRéponse directe
François Bayrou juge indéfendable l'appel à bloquer la France le 10 septembre. Êtes-vous sur la même position que lui ?
- 3:34OuverteRéponse directe
Jean-Luc Mélenchon appelle à une grève générale le 10 septembre. Est-ce responsable dans le contexte actuel ?
- 5:13ComplaisanteRéponse partielle
Les Français ont besoin de s'exprimer et de manifester. Ce n'est pas illégitime comme mouvement ?
- 6:13OuverteRéponse directe
Bruno Retailleau estime que Jean-Luc Mélenchon a quitté l'arc républicain. Qu'en pensez-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:46Invité politiqueFait
« Non, ça n'a pas changé. Je pense que rendre service au pays serait de faire appel au suffrage universel et aux Français. »
- 0:53Invité politiqueFait
« Il faudrait le faire d'une façon extrêmement simple, dire au parti politique, voilà, vous avez six mois pour vous organiser, pour trouver vos candidats, vous faites des primaires, pas de primaires, enfin bref. »
- 1:14Invité politiqueFait
« On constate tous les jours qu'il suffit d'un appel au blocage pour que tout d'un coup le pays risque de se mettre dans une espèce de panique générale. »
- 1:44Invité politiqueFait
« Bayrou, il fait ce qu'il peut, quoi. Il n'a pas de majorité à l'Assemblée. »
- 1:50Invité politiqueFait
« On a un débat politique qui est pathétique. »
- 1:57Invité politiqueFait
« Est-ce qu'au bout du compte, ce qu'on veut, c'est que ce soit le FMI et nos créanciers qui décident de l'avenir du pays ? »
- 3:01Invité politiqueFait
« Pour l'instant, on a une chance incroyable, c'est qu'on est à l'abri grâce à l'euro, grâce à la solidité de nos partenaires européens. »
- 3:07Invité politiqueChiffre
« Quand même, qu'aujourd'hui, on emprunte plus cher que les Grecs, ça devrait tout de même, à un moment ou à un autre, nous amener à nous dire que ça ne peut pas durer éternellement. »
- 4:00Invité politiqueFait
« Non, ça ne l'est pas, mais c'est sa stratégie depuis des années. »
- 4:07Invité politiqueFait
« Mélenchon souhaite simplement le bordel généralisé du pays pour tenter de tirer les marrons du feu. »
- 4:33Invité politiqueFait
« Je lisais ce matin que peut-être le Parti Socialiste appelait au même mouvement. »
- 4:38Invité politiqueFait
« Vous voyez, vous avez tout de même un sentiment de délitement complet avec, bien sûr, une tentative de récupération. »
- 7:00Invité politiqueFait
« Des candidats, il y en a beaucoup. Il y en a beaucoup qui annoncent qu'ils souhaitent porter un projet devant les Français. »
- 7:22Invité politiqueFait
« Je ne vois pas d'autre solution que celle d'une primaire large de tous ceux qui, globalement, veulent une économie de marché, la restauration de l'État et un système public qui fonctionne. »
- 9:51Invité politiqueFait
« Globalement, Trump, c'est un moment de révélation du déclin européen. »
- 10:01Invité politiqueFait
« La vérité, c'est que l'Europe et les États-Unis, c'était à peu près la même chose il y a 40 ans. »
- 10:18Invité politiqueChiffre
« On consacre moins d'argent à la recherche, à l'innovation, à l'enseignement supérieur que n'en consacrent les Américains ou les Japonais. »
- 10:55Invité politiqueFait
« Et on n'a pas l'influence qui est la nôtre parce qu'on est déclassé économiquement. »
- 11:13Invité politiqueFait
« On écrit l'histoire sans nous et on devient des vassaux. »
Temps de parole
- Hervé Morin69 %
- Présentateur31 %
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8h14 et en direct sur Europe 1, votre invité Charles Lullier, c'est Hervé Morin, président de la région Normandie, les centristes et ancien ministre de la Défense. Bonjour Hervé Morin. Bonjour. Il y a quelques semaines, vous disiez sur Europe 1 et CNews qu'une démission d'Emmanuel Macron ferait gagner du temps à la France. Entre temps, le contexte politique ne s'est pas arrangé, l'opposition parle déjà d'une censure pour septembre. Il y a aussi le risque insurrectionnel avec le mouvement Bloquons-Tout dans trois semaines. Le risque aussi d'un pays déjà malade et totalement à l'arrêt dans quelques semaines.
Alors à l'aune de tous ces paramètres, je présume que votre position n'a pas changé Hervé Morin vis-à-vis du couple exécutif.
Non, ça n'a pas changé. Je pense que rendre service au pays serait de faire appel au suffrage universel et aux Français. Il faudrait le faire d'une façon extrêmement simple, dire au parti politique, voilà, vous avez six mois pour vous organiser, pour trouver vos candidats, vous faites des primaires, pas de primaires, enfin bref. Et puis dans six mois, j'en appellerai aux Français pour qu'on gagne deux ans. Vous vous rendez compte, le temps que la France est en train de perdre, notre décrochage est permanent. On constate tous les jours qu'il suffit d'un appel au blocage pour que tout d'un coup le pays risque de se mettre dans une espèce de panique générale.
Et donc clairement, ce serait rendre service au pays et ce serait rendre service surtout aux Français. Leur dire, voilà, qu'est-ce que vous voulez ? Parce que derrière l'appel au blocage, etc., Bayrou, il fait ce qu'il peut, quoi. Il n'a pas de majorité à l'Assemblée. On a un débat politique qui est pathétique. Est-ce qu'au bout du compte, ce qu'on veut, c'est que ce soit le FMI et nos créanciers qui décident de l'avenir du pays ? Je pense que personne ne le souhaite. À partir de là, il faut que les Français puissent s'exprimer, choisir un président de la République, une majorité parlementaire qui ira avec le président.
Et derrière ça, une transformation des réformes dont on parle depuis des années et qui n'aboutit jamais.
Bon. Alors, François Bayrou juge indéfendable l'appel à bloquer la France le 10 septembre, vu l'état dans lequel se trouve notre pays. Bon. Est-ce que, quand même, vous êtes sur la même position que François Bayrou, qui essaye de raisonner tout le monde, j'ai envie de dire ?
Oui. Très franchement, je me dis, mais est-ce qu'on doit continuer à nous interroger tous les jours sur le moment où, éventuellement, la France va vivre une crise financière ? Il faut bien qu'à un moment ou à un autre, ceux qui nous permettent de finir nos fins de mois, se disent, ce pays-là a compris que ça ne pouvait pas durer éternellement. Pour l'instant, on a une chance incroyable, c'est qu'on est à l'abri grâce à l'euro, grâce à la solidité de nos partenaires européens. Mais, quand même, qu'aujourd'hui, on emprunte plus cher que les Grecs, ça devrait tout de même, à un moment ou à un autre, nous amener à nous dire que ça ne peut pas durer éternellement.
Mais alors que François Bayrou dit qu'on va faire des économies, tout le monde dit qu'il faut faire des économies, c'est ça qui est extraordinaire dans notre pays. Tout le monde dit qu'il faut faire des économies, mais certainement pas moi, c'est toujours la même chose.
Hervé Morin, vous l'avez suivi, Jean-Luc Mélenchon qui essaie de s'approprier cette journée du 10 septembre. Que lui diriez-vous à Jean-Luc Mélenchon dans le contexte dans lequel nous vivons ? Jean-Luc Mélenchon qui a dit qu'il fallait clairement tout bloquer et qu'il fallait une grève générale. Est-ce que c'est réellement responsable, un tel appel, dans le contexte que vous décrivez, Hervé Morin ?
Non, ça ne l'est pas, mais c'est sa stratégie depuis des années. Il n'y a rien de nouveau chez Jean-Luc Mélenchon. Mélenchon souhaite simplement le bordel généralisé du pays pour tenter de tirer les marrons du feu. Chez lui, c'est la même stratégie depuis des années. Ce qui est assez pathétique, c'est de se dire qu'éventuellement vont être associés à son appel des gens qui, a priori, ont exercé des responsabilités dans le pays. Je lisais ce matin que peut-être le Parti Socialiste appelait au même mouvement. On se dit, mais où est le PS de François Mitterrand ? Où est le PS de Michel Rocard ?
Vous voyez, vous avez tout de même un sentiment de délitement complet avec, bien sûr, une tentative de récupération. Et derrière ça, il y a un moment, il n'y a pas d'autre choix que le suffrage universel. C'est aussi que les Français puissent dire ce qu'ils veulent.
Non mais, alors, justement, même si, comme disait Gabriel Attal, les manifestations n'ont jamais permis de remplir un frigo, gageons tout de même que les Français ont besoin de s'exprimer, de manifester et de peut-être exprimer leur souffrance en ce moment. Ce n'est pas non plus illégitime comme mouvement Hervé Morin.
Non mais j'entends, alors écoutez, moi j'ai passé mes vacances en France, j'ai passé mes vacances pour l'essentiel en Normandie, j'entends surtout des Français qui sont inquiets de l'état du pays, qui sont désespérés de voir le débat politique tel qu'il est aujourd'hui. C'est plutôt ça que je vois, avec des Français qui, bien entendu, pour certains sont réellement dans la difficulté, pour d'autres qui se disent, mais quand va-t-on retrouver le sens d'un pays qui a été un pays de travailleurs, des gens qui avaient envie de bosser, de réussir ?
C'est plutôt ça que les Français, une bonne partie de la France silencieuse, celle-ci on ne l'entend jamais, mais elle existe et elle souhaite plutôt le rétablissement de l'ordre, le rétablissement de l'autorité de l'État, elle souhaite que les incivilités soient réellement punies, sanctionnées. C'est ça que j'ai entendu, moi, durant le mois d'août. Je n'ai pas entendu des Mélenchonistes en train d'hurler et de se dire qu'il fallait foutre le pays par terre.
Voilà, et je vais citer Bruno Retailleau, qui estime donc que Jean-Luc Mélenchon a quitté l'arc républicain. Il faisait référence, Bruno Retailleau, à cet appel donc du leader de la France insoumise. J'aimerais vous entendre, Hervé Morin, sur cette proposition d'Aurore Berger, puisque vous parliez de la présidentielle, elle approche à grands pas. Aurore Berger, ministre de l'égalité hommes-femmes, qui appelle à une primaire du bloc central en vue de 2027, avec un objectif, éviter un second tour avec la France insoumise. Est-ce que vous y êtes favorable, vous, à cette primaire du bloc central ?
Car, bon, quand même, vous êtes un centriste, depuis des années on vous connaît, bon, même si vous avez quand même affiché votre soutien à David Lissnard, voilà.
Écoutez, pour moi, j'ai eu cette conversation avec certains leaders des Républicains. Des candidats, il y en a beaucoup. Il y en a beaucoup qui annoncent qu'ils souhaitent porter un projet devant les Français. Et je me dis, mais quelle est la solution pour faire en sorte qu'en effet, on ne se retrouve pas dans le pire des cauchemars, c'est-à-dire un candidat d'extrême-gauche face à un candidat du Rassemblement national ? Et je ne vois pas d'autre solution que celle d'une primaire large de tous ceux qui, globalement, veulent une économie de marché, la restauration de l'État et un système public qui fonctionne.
Sans parler de vous présenter, vous souhaiteriez, Hervé Morin, avoir votre... Je ne suis pas candidat. Je sais, mais est-ce que vous souhaiteriez avoir votre mot à dire dans cette histoire ?
Oui, mais surtout, ce que je veux dire, c'est qu'on n'a pas perdu l'élection présidentielle à cause des primaires. Quand je pense, moi, j'ai toujours été associé aux Républicains ou à l'UMP hier. On a perdu l'élection présidentielle parce qu'on a eu des affaires qui nous sont tombées sur le dos, pour un voile pudique sur tout ça. Mais ce qu'avait fait naître la primaire qui avait désigné François Fillon, c'était, au contraire, un immense mouvement et une immense énergie. Et c'est ça qui nous avait permis, globalement, de dégager un candidat qui, globalement, était appelé à devenir président de la République. Bon, et donc, dire que les primaires nous ont fait perdre, c'est faux.
Quand ce sont des primaires fermées, oui, les primaires fermées font perdre parce qu'on fait désigner quelqu'un par des militants. Donc, on a les propositions les plus farfelues pour plaire à quelques dizaines de milliers de militants d'un parti politique. Et donc là, ce système n'est pas crédible. Mais une primaire ouverte, telle que celle qui avait permis à François Fillon d'être notre candidat, c'est un formidable élan pour gagner une présidentielle ensuite. Et créer des conditions d'une candidature unique qui rassemble tout le monde.
Vous avez été ministre de la Défense sous Nicolas Sarkozy, Hervé Morin. Vous avez évidemment suivi, il y a quelques jours, le dossier Trump, Poutine, Zelensky. Emmanuel Macron s'est exprimé. Il a pris position. Il a occupé le terrain. En revanche, vous vous êtes ému chez nos confrères du JDD il y a quelques jours de son silence, le silence d'Emmanuel Macron concernant les droits de douane imposés par Trump à l'Union Européenne. Il aurait davantage fallu résister. Selon vous, Hervé Morin, c'est le signe d'un déclassement de l'Europe. Selon vous, ce qui s'est passé ?
Globalement, Trump, c'est un moment de révélation du déclin européen. Il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt. La vérité, c'est que l'Europe et les États-Unis, c'était à peu près la même chose il y a 40 ans. Aujourd'hui, l'Europe qui avait fait le choix de ce qu'on appelle le soft power, c'est-à-dire de la norme, du multilittéralisme, du respect d'un certain nombre de valeurs, de règles, et puis de se dire que c'est sur l'intelligence, la matière grise, qu'on va bâtir un monde dans lequel on aura une influence majeure. Sauf qu'on ne s'est même pas donné les moyens d'être un continent du soft power.
Toutes les grandes entreprises de demain sont pour l'essentiel américaine, les GAFAM, l'IA, etc. On consacre moins d'argent à la recherche, à l'innovation, à l'enseignement supérieur que n'en consacrent les Américains ou les Japonais. Et donc, on a renoncé au hard power, c'est-à-dire à la puissance militaire, sauf la France et le Royaume-Uni. Et on n'a pas l'influence qui est la nôtre parce qu'on est déclassé économiquement. Donc très clairement, ce qui se passe aujourd'hui, c'est un moment de révélation absolument brutale pour nous tous Européens, c'est que, grosso modo, on écrit l'histoire sans nous et on devient des vassaux. Voilà.
Et quand Trump dit « on va vous mettre 15% de taxes », on pleurniche, mais au bout du compte... Je vous remercie, Hervé Morin. Voilà. Merci.
Merci infiniment d'avoir été avec nous en direct ce matin sur Europe 1, Hervé Morin. Je précise que vous êtes donc, je le rappelle, président de la région Normandie, les centristes et bien sûr, on l'a dit, ancien ministre de la Défense.